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jubilatedeo
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Catéchèse catholique -Messe du jour (commentaire et homélie) -Les Saints du jour (leurs vies)
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Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
28.05.2007
Dernière mise à jour :
15.10.2008
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Les Saints du jour

Posté le 13.10.2008 par jubilatedeo
Saint Géraud d'Aurillac Fondateur de l'abbaye d'Aurillac (+ 909)
Gérault ou Gérard.
Son père le destinait à l'Eglise parce qu'il était fragile. Géraud apprit alors la grammaire et le plain-chant. Quand il fut guéri, son père le destina au métier des armes. Il fut alors parfaitement à même de lui succéder comme seigneur d'Aurillac.
Mais, à l'inverse, Géraud résolut de suivre en tout l'Evangile après une tentative de mariage qui échoua. Il voulait rester constamment en présence de Dieu et faisait régner la justice sur ses terres. Il affranchit de nombreux serfs, rendait la justice à jeun pour que le vin n'influe pas sur ses jugements. Il savait pardonner.
On raconte qu'ayant appris que son bailli avait condamné à mort deux malfaiteurs, il les envoya chercher des lianes dans la forêt et de les rapporter pour se faire pendre. Ils ne revinrent jamais car il n'y avait pas de lianes dans le forêt et saint Géraud le savait.
*Saint Odon de Cluny nous a laissé la vie de saint Géraud.

*Deuxième abbé de Cluny (+ 942) Saint Odon était originaire de Tours et en 910, il rejoint le monastère de Cluny que saint Bernon venait de réformer. Il en devient à son tour le Père abbé. Cet homme à la main de fer mais aussi d'une grande bonté et toujours joyeux, va organiser l'influence de son abbaye dans l'Eglise.




Bienheureuse Alexandrine-Marie da Costa (+ 1956)
À Balasar, près de Braga au Portugal, blessée gravement après être tombée pour échapper aux mauvaises intentions de quelqu’un envers elle, elle offrit au Seigneur toutes ses douleurs dans la contemplation de l’Eucharistie pour l’amour de Dieu et de ses frères indigents.
Alexandrina Maria da Costa (1904-1955)
""M'aimes-tu?" - demande Jésus à Simon-Pierre. Celui-ci répond: "Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime". La vie de la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa peut se résumer dans ce dialogue d'amour."
"Elle mourut le 13 octobre 1955, après une vie passée à "aimer, souffrir, réparer", pour le salut des âmes."
(source: site du Vatican)
http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20040425_da-costa_fr.html
Béatifiée par Jean-Paul II le 25 avril 2004.



Saint Benjamin (4ème s.)
Fils d'un marchand et marchand lui-même, il assistait souvent à l'Office Divin. Un jour qu'il entendit la parole de l'Evangile selon lesquelles les riches entreront difficilement dans le Royaume des cieux, il entra dans la pauvreté de la laure des Grottes de Kiev pour en faire l'antichambre du ciel.



Saint Carpos (3ème s.)
et ses compagnons martyrs, les saints Papylos, et Agathodore. Ils refusèrent de livrer aux autorités impériales de Pergame les vases et les vêtements sacrés. Ils connurent alors toutes sortes de supplices : attachés derrière des chevaux au galop, puis attachés à des pieux qu'on éleva à grande hauteur pour devenir une cible facile pour ceux qui leur jetaient des pierres. Enfin, il furent condamnés à marcher avec des sandales de fer clouées aux pieds. Ils préférèrent rester fidèles au Christ.



Sainte Chélidoine ermite (+ 1152)
Née en 1077, son nom de baptême était apparemment Cleridona ('don du destin'). De retour d'un pélerinage à Rome, elle prit le voile au monastère de sainte Scholastique. Elle mena, assure-t-on, une vie solitaire très austère pendant cinquante-deux ans, au service de Dieu seul.
Patrone de la ville de Subiaco dans le Latium.



Sainte Chryssie (+ 1795)
Née chrétienne dans une famille pauvre de Bulgarie, elle était forte belle ce qui bouleversa le coeur d'un turc qui voulu l'épouser. Mais elle n'entendait pas renier sa foi. Il l'enleva. Pendant trois mois, il la fit soumettre aux mauvais traitements de femmes à ses ordres. Ses parents eux-mêmes vinrent la supplier d'accepter cette apostasie. Elle refusa. Alors, dans sa fureur, son prétendant la fit suspendre à un chevalet et engagea tous ceux qui le voulaient à prendre un couteau et à couper un morceau du corps de sainte Chryssie qui mourut ainsi dans d'atroces et longues souffrances.



Saint Coloman Martyr à Melk (+ 1012)
Moine irlandais qui s'en vint en Autriche pour se rendre en Terre Sainte. Les habitants le prirent pour un espion et il eut à souffrir toutes sortes de supplices avant d'être pendu à un arbre. Son corps y resta indemne pendant un an et l'arbre se mit à reverdir. A partir de ce moment, on reconnut son innocence. Son corps est désormais à l'abbaye de Melk où il est vénéré comme martyr.



Saint Comgan abbé (7ème s.)
Fils d'un prince de Leister en Irlande et frère de Saint Kentigern, battu par des tribus voisines, il trouva refuge à Lochaise, près de Skye en Écosse avec sa sœur et ses neveux. Il y fonda un petit monastère et y vécut en grande piété. Il fut enterré dans l’île d’Iona.



Saint Ebbon (+ 740)
Evêque de Sens. Il était originaire de Tonnerre en Bourgogne. Moine de l'abbaye Saint-Pierre le Vif à Sens, il devint évêque de cette ville et la sauva d'un siège des Sarrasins. Le trésor de la cathédrale conserverait quelques vêtements sacerdotaux lui ayant appartenu.



Saints Fauste, Janvier et Martial Martyrs à Cordoue (3ème s.)
Les saints Fauste, Janvier et Martial, martyrs au 3e ou 4e siècle, décorèrent la ville de Cordoue (Espagne) comme d’une triple couronne.



Saint Florent de Thessalonique martyr du IIIe ou IVe siècle (?)
Selon la tradition, il fut brûlé vif après diverses tortures.



Bienheureux Gérard fondateur de l’Ordre de Malte (+ 1120)
Gérard ou Pierre-Gérard de Martigues connu aussi avec le nom Tenque ou Tune...
Il construisit, à Jérusalem, adossé à l’église de Saint-Jean, un hôpital pour accueillir les pèlerins et soigner les malades. Il fut ainsi le fondateur et le premier préposé de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. (On rattache à la forme de l'apostolat de Saint Jean l'Aumônier l'origine de "l'Ordre religieux et militaire des hospitaliers de saint Jean", appelés par la suite les chevaliers de Malte.)
A voir aussi: Histoire de l'Ordre de Malte.
http://www.orderofmalta.org/site//storia.asp?idlingua=3



Saint Léobon ermite (6ème s.)
Originaire du Limousin, il en fut l'un des nombreux ermites, humble et modeste dans ses actions et son langage, pauvre d'esprit et de volonté, chaste de coeur et de corps, ascète et pénitent. Plus tard, il quittera cette région pour aller s'enfoncer davantage encore dans la solitude à Salagnac (24160).
Il est le saint patron de Fursac (23290).
- Un internaute nous communique:
"Léobon est un prénom qui était encore porté au début du 20e siècle en Limousin, particulièrement dans le nord-ouest de la Creuse. Il était un saint ermite de la région de St Léonard de Noblat en Haute-Vienne, qui finit ses jours à Grand-Bourg en Creuse où il y a une chapelle à son nom. L'église de Surdoux est dédiée à Ste-Marie - St-Léobon. Il existait aussi une église St-Léobon à Treignac en Corrèze."
- A lire aussi sur le site du diocèse de Limoges:
http://catholique-limoges.cef.fr/diocese/histoire.php

"la Marche connaît un grand nombre de figures érémitiques :
Saint Sylvain, Saint Léobon, Saint Goussaud"



Saint Nicétas (9ème s.)
Originaire de Paphlagonie, il fut envoyé à la cour impériale pour faire carrière parmi les eunuques. Il reçut une éducation soignée dans les lettres sacrées et profanes. Nommé général des armées en Sicile, il ne put obtenir l'autorisation de quitter l'armée et ce n'est qu'à cinquante ans qu'il put devenir moine, à condition de ne pas quitter la vie impériale. Au temps des querelles iconoclastes, il connut l'exil et c'est ainsi qu'il s'endormit dans la paix de Dieu.



Saint Simpert évêque (+ 807)
ou Simbert.
Originaire de Bavière, ses parents le confièrent aux religieux de Morbach dans les environs de Colmar. Il y fit de solides études, en devint l'abbé, jusqu'au jour où Charlemagne le fit nommer évêque d'Augsbourg. Il répara les désastres causés par l'invasion des Huns, fonda de nombreuses oeuvres caritatives et soutint son clergé dans son oeuvre de ré-évangélisation.



Saint Théophile d'Antioche (+ 181)
Il était évêque de cette ville sous l'empereur Marc Aurèle. Païen converti, de formation grecque et de vaste culture, il composa de nombreux ouvrages pour défendre le christianisme. Un seul, "l'Autolyque", nous est parvenu qui n'est pas sans nous étonner. Son destinataire supposé est un païen qui a besoin d'être instruit et déniaisé. Il pense que les chrétiens mangent des enfants. Alors saint Théophile n'hésite pas à le traiter de "minus habens". "Commencez par soigner les yeux de votre âme en changeant de conduite, alors vous verrez plus clair dans les choses invisibles et votre stupidité, comme jadis la mienne, en diminuera d'autant."
Originaire d'une famille grecque des rives de l'Euphrate, il reçut une excellente éducation classique. Il se convertit à la lecture des Saintes Ecritures. Elu évêque d'Antioche, il gouverna cette métropole de l'Orient en défenseur de la Foi. Nous avons de lui trois livres dédié à un païen, Autolycos. "Si tu me dis : montre-moi ton Dieu, je te répondrai : montre-moi ton âme. Dieu se montre à ceux qui ont les yeux de l'âme grand ouverts. "




Saint Venant Abbé de Saint Martin de Tours (5ème s.)
Un grand thaumaturge dont les historiens retiennent surtout sa sainteté. "Chargé d'années et de mérites, il laissa cette vie mortelle pour aller jouir de l'immortalité dans le ciel." Il est encore honoré de nos jours : 62350 Saint Venant




Notre-Dame de Fatima (fin des apparitions)
Le pape Benoît XV organisait une croisade de prières à Marie Médiatrice de toutes grâces, en vue de sauver le monde alors dévasté par la première Guerre Mondiale. Une semaine plus tard, son appel angoissé recevait une réponse des lèvres mêmes de la divine Médiatrice.
Un dimanche, 13 mai 1917, trois enfants gardent leurs brebis sur les collines de Fatima, au Portugal. Lucie, âgée de 10 ans et ses cousins François et Jacinthe âgés respectivement de le 9 et 7 ans sont les heureux choisis de la Vierge.
En entendant sonner midi au loin, ils s'agenouillent et récitent le chapelet. Leur prière est interrompue par la vue d'un éclair, puis d'un second plus brillant que le premier. Le ciel est cependant sans nuages. O merveille! à quelques pas, sur les branches d'un chêne vert, ils aperçoivent une belle Dame plus étincelante que le soleil. Eblouis autant que terrifiés, les trois enfants veulent s'enfuir, mais la mystérieuse apparition les rassure par un geste de maternelle bonté et leur dit: «N'ayez pas peur, Je ne vous ferai pas de mal.»
Après quelques minutes d'un silence extatique, Lucie ose demander: «Qui êtes-vous? -- Je suis du ciel, répond la céleste vision, Je suis descendue pour vous demander de venir ici, six mois de suite, le 13 de chaque mois.» La Vierge leur recommande de réciter souvent le chapelet. «Vous ajouterez cette prière après le Gloria Patri: «O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer, et conduisez au ciel toutes les âmes, spécialement celles qui ont le plus besoin de Votre miséricorde.» Puis, Elle Se tait et S'éloigne doucement, comme poussée par un zéphir et disparaît dans la lumière du soleil.
A tous les 13 des cinq mois suivants, les enfants ont la joie insigne de revoir la belle Dame. La nouvelle des apparitions se répand rapidement dans la région. Le 13 juillet, la foule des curieux atteint cinq mille et en août, elle se chiffre à près de vingt mille.
Enfin, le 13 octobre, environ soixante-dix-mille personnes accourent malgré la pluie.
Tout à coup, le ciel s'éclaircit, le soleil tremble... se secoue... et se met à tourner sur lui-même à une vitesse vertigineuse, lançant d'énormes faisceaux lumineux et multicolores. Les nuages, les arbres, les rochers prennent les teintes les plus variées. Pendant que la foule haletante contemple ce saisissant spectacle, les trois enfants voient la Très Sainte Vierge accompagnée cette fois de Jésus et de saint Joseph. Ce prodige inouï dura une douzaine de minutes et fut aperçu distinctement à plus de quatre milles à la ronde.
Ce miracle se réalisait exactement au jour, à l'heure et à l'endroit annoncés, pour exciter les hommes à croire à la réalité des apparitions et à obéir au message que la Très Sainte Vierge apportait du Ciel. A Fatima comme à Lourdes, Notre-Dame recommandait la pénitence et la récitation du rosaire. «Si l'on répond à Ma demande de faire pénitence et de prier, la Russie se convertira et vous aurez la paix,» a promis la Vierge Marie. «...Sinon, elle répandra ses erreurs dans le monde, suscitant des guerres et des persécutions à l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.» Mais n'oublions pas que Notre-Dame de Fatima a ajouté: «A la fin, Mon Coeur Immaculé triomphera.»

Tiré du Message Marial par F.E.C., édition 1947, p. 82-90




Les Églises font mémoire…

Anglicans : Edouard le Confesseur (+1066), roi d’Angleterre
Catholiques d’occident : Marguerite Marie Alacoque (+1690), vierge (calendrier ambrosien) ; Fauste, Janvier et Martial de Cordoue (III-IVe s.), martyrs (calendrier mozarabe)
Coptes et Ethiopiens (3 babah/teqemt) : Simon II (+env.830), 51e patriarche d’Alexandrie (Église copte-orthodoxe) ; Grégoire l’Illuminateur (+env.328), patriarche d’Arménie (Église d’Ethiopie et copte-catholique)
Luthériens : Théodore de Bèze (+1605), théologien à Genève
Maronites : Carpus et Papyle de Pergame (+251), martyrs
Orthodoxes et gréco-catholiques : Carpus et Papyle, martyrs ; Michel (+992), premier métropolite de Kiev (Église russe)




MADELEINE DELBRÊL (1904-1964) témoin

En 1964, Madeleine Delbrêl, témoin de l’Évangile, meurt subitement, alors qu’elle est dans la plénitude de sa maturité humaine et chrétienne.
Madeleine était née à Mussidan, en Dordogne, en 1904. Adolescente, elle avait subi l’influence des libre-penseurs que son père fréquentait, au point d’unir sa voix au choeur de ceux qui proclamaient, ces années-là : « Dieu est mort ».
Mais ce fut précisément à cause de cette affirmation, de la découverte que Dieu n’était pas une nécessité pour sa vie, que Madeleine s’ouvrit à une quête des autres hors du commun, qui la mènera à retrouver aussi l’Autre, Dieu même, d’abord dans la prière, puis dans un rapport vital et quotidien avec l’Évangile.
Après sa conversion, à la fois très sobre et pourtant radicale, Madeleine fit des études d’assistante sociale et se retrouva en 1933 à Ivry, dans un faubourg de Paris déchristianisé et acquis au communisme. C’est à Ivry qu’elle vécut la seconde moitié de sa vie, en simple laïque, partageant sa modeste demeure, une maison ouverte à tous, avec une petite communauté de femmes.
Madeleine sut témoigner de l’Évangile dans le compagnonnage avec les hommes avant tout par sa vie. En effet, elle avait compris que derrière l’athéisme se cachent bien des fautes des chrétiens, souvent prompts à annoncer un Dieu qui soit en opposition avec les autres, plutôt qu’une vérité qui ne peut jamais se donner sans l’autre, du moment qu’elle coïncide, en dernière instance, avec la charité.
Tout au long de sa vie, et ce jusqu’au dernier souffle, Madeleine unit, avec audace et persévérance, l’écoute des raisons de Dieu et l’écoute des raisons des hommes, rayonnant la paix et la joie dans toutes ses rencontres.




Lecture

Il y a une grâce de l’hospitalité. Nous voudrions retrouver sa fraîcheur, telle que la connurent et la vécurent les premières communautés chrétiennes.
L’hospitalité, c’est que les autres soient chez eux chez nous. Aux repas, ils sont attendus quand ils ne sont pas invités. Notre toit est le leur. Leur entrée dans notre vie engage leur entrée dans notre maison.
Ce qui est dans notre maison est à eux quand ils n’en ont pas l ‘équivalent. Ils y sont préférés à nous-mêmes.
L’hôte n’est pas traité selon la justice, mais selon l’amour. Il ne peut pas être jugé, mais estimé dans la miséricorde.
De lui et de nous, l’obligé c’est nous, car peu de mystères évangéliques sont plus riches que celui de l’hospitalité. En lui, nous recevons Jésus dans une sorte de communion collective ; par lui, nous revivons Jésus qui a accompli dans sa vie la loi juive et orientale de l’accueil ; par lui, nous avons l’occasion d’obéir à des préceptes chargés de promesses.

« Là où plusieurs sont rassemblés en mon nom je suis au milieu d’eux ».
Vivre en communauté, c’est exploiter pour le monde une sorte de sacrement. C’est assurer la présence de Jésus.
Le témoignage d’un seul, qu’il le veuille ou non, porte sa propre signature. Le témoignage d’une communauté porte, si elle est fidèle, la signature du Christ.

(Madeleine Delbrêl, Communautés selon l’Évangile).




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Saint Edouard le Confesseur

Posté le 13.10.2008 par jubilatedeo
Saint Edouard le Confesseur Roi d'Angleterre (+ 1066)

Dieu donne souvent les mauvais princes dans sa colère ; mais un bon roi est aussi le présent le plus précieux qu’Il puisse faire à une nation.

" Un roi sage est le soutien du peuple ", dit la Sagesse.

Et l’Ecclésiastique :

" Tel qu’est le juge du peuple, tels sont les ministres ; tel qu’est le prince de la ville, tels sont aussi les habitants. Le roi insensé perdra son peuple ; et les villes se peupleront par la sagesse de ceux qui les gouvernent."
La vérité de ces maximes est confirmée par le bonheur qui accompagna le règne d’Edouard le Confesseur.

Le roi Ethelred II eut d’Elvige, sa première femme, Edmond, surnommé Côte de fer, qui lui succéda. Il épousa depuis Emme, fille de Richard Ier, duc de Normandie ; il en eut deux fils, Alfred et Edouard.
Le règne d’Ethelred fut malheureux parce qu’il fut faible. Les Danois, qui depuis environ soixante ans n’avaient point inquiété la Grande-Bretagne, vinrent l’attaquer de toutes parts, et y commirent d’horribles ravages. Ethelred acheta d’eux une paix honteuse, et ne rougit pas de s’engager à leur payer tous les ans un tribut considérable, qui fut levé par une taxe à laquelle on donna le nom de Danegelt.
Swein, ou Suénon, roi des Danois, fit la conquête de toute l’Angleterre peu de temps après, en 1015. Ce prince mourut la même année, laissant un fils nommé Knut ou Canut (que l’on ne confondra pas avec saint Canut III d’Odensée, roi de Danemark et martyr, petit neveu de ce Canut, dont le père fut Suénon II, et que l’on fête au 19 janvier).

Ethelred, qui s’était retiré en Normandie, revint en Angleterre, lorsqu’il eut été instruit de la mort de Suénon, et il remonta sur le trône ; mais il mourut l’année suivante, laissant encore la Mercie et quelques provinces de ses Etats entre les mains des Danois.
Edmond Côte de fer se présenta pour lui succéder. Malheureusement pour lui, il avait affaire à des ennemis puissants, et il lui fallut livrer plusieurs batailles. Enfin, les choses en vinrent au point que l’on proposa de part et d’autre un traité ; il fut conclu près de Gloucester et l’on arrêta que Canut aurait le royaume de Mercie, de Northumberland (ou Northumbrie) et d’Est-Anglie.
Peu de temps après, Edmond fut indignement assassiné par un Danois qu’il avait comblé de bienfaits. Le Danois Canut profita de cette occasion pour s’emparer de toute l’Angleterre.
Emme s’était retirée en Normandie avec ses deux fils Alfred et Edouard. Canut la demanda en mariage au duc Richard son frère, et elle lui fut accordée ; mais les deux jeunes princes restèrent en Normandie, à la cour de Richard II et de ses successeurs, Richard III, et Guillaume le Conquérant.

Canut régna dix-neuf ans en Angleterre. Il fut magnifique, libéral, brave et zélé pour la religion ; mais l’ambition ternit l’éclat de ses vertus. Il mourut en 1036, et ses Etats furent partagés entre ses enfants : Suénon eut la Norvège, Harold l’Angleterre, et Hardi-Cajut le Danemark.
Alfred et Edouard vinrent de Normandie à Winchester pour voir Emme leur mère. Godwin, qui commandait dans le West-Sex et qui avait contribué principalement à établir l’autorité d’Harold dans cette partie de l’Angleterre, convint avec le roi d’attirer les deux princes à la cour, dans le dessein de les faire périr secrètement. Emme, se défiant de ce qui se tramait, craignit pour ses enfants ; elle se contenta d’envoyer Alfred et garda Edouard près d’elle.
Godwin alla au devant d’Alfred et se saisit de sa personne : il le fit d’abord enfermé au château de Guilford d’où il fut conduit ensuite Ely. On lui creva les yeux, et on le mit dans un monastère où il mourut peu de jours après.
Edouard retourna promptement en Normandie et Emme se retira chez le comte de Flandres.


Après la mort d’Harold, qui arriva en 1039, Hardi-Canut vint en Angleterre avec quarante vaisseaux et s’y fit reconnaître roi. Le prince Edouard y vint aussi de Normandie, et il fut reçu par le nouveau roi avec les égards qui lui étaient dus.
Il demanda vengeance de la mort de son frère ; mais Godwin l’évita, en faisant serment qu’il n’avait point eu part dans la triste fin d’Alfred.

Hardi-Canut, prince vicieux, mourut subitement en 1041. Suénon, autre fils de Canut, existait encore et régnait en Norvège ; mais les Anglais, las de vivre sous la domination de rois étrangers et qui les traitaient avec indignité, résolurent de rétablir sur le trône leurs princes légitimes. C’était l’unique moyen qu’ils eussent de s’affranchir d’un joug pesant qu’ils portaient avec impatience depuis plus de quarante ans. D’un autre côté, les vertus d’Edouard avaient gagné les ennemis de sa famille, et tout le monde s’accordait à vouloir lui rendre la couronne de ses pères. Léofrick, comte de Mercie, Siward, comte de Northumberland, et Godwin, comte de Kent – qui était en même temps gouverneur du royaume de West-Sex, les trois hommes les plus puissants de la nation, furent les principaux auteurs de la révolution qui fit rentrer l’Angleterre sous la domination de ses véritables maîtres.

Edouard avait été formé à l’école de la vertu, et il en avait fait un bon usage. Il savait apprécier à leur juste valeur les biens de ce monde visible. Jamais il n’avait cherhcé de consolation ailleurs que dans la vertu et la religion. Elevé dans le palais du duc de Normandie, il avait su se préserver de la corruption des vices qui régnaient à la cour de ce prince ; il s’appliqua même à acquérir les vertus contraires dès son enfance ; il était fidèle aux pratiques que prescrit le christianisme, et il aimait à converser avec les personnes de piété. Toutes ses actions étaient extérieures portaient l’empreinte de la modestie. Il parlait peu, mais ce n’était ni par ignorance, ni par défaut de talent ; tous les historiens s’accordent en effet à dire qu’il était d’une gravité et d’une sagesse au-dessus de son âge. Son amour pour le silence venait donc d’un fond d’humilité et de la crainte de perdre le recueillement ou de tomber dans les fautes qu’entraîne ordinairement la démangeaison de parler. Son caractère était composé de l’heureux assemblage de toutes les vertus chrétiennes et morales. On distinguait cependant en lui une douceur admirable, qui avait sa source dans une humilité profonde et dans une tendre charité qui embrassait tous les hommes. Il était aisé de s’apercevoir qu’il était entièrement port à lui-même : de là cette horreur pour l’ambition et pour tout ce qui pouvait flatter les autres passions.

S’il monta sur le trône de ses ancêtres, c’est qu’il y fut appelé par la volonté de Dieu ; aussi ne se proposa-t-il d’autre but que de faire aimer la religion et de venir au secours d’un peuple malheureux. Il était si éloigné de tout sentiment d’ambition, qu’il déclara refuser la plus puissante monarchie, si, pour l’obtenir, il fallait faire couler le sang d’un seul homme. Les ennemis mêmes de la famille royale se réjouirent de le voir sur le trône. Tous se félicitaient d’avoir un saint pour roi, surtout après tant de malheurs sous le poids desquels la nation avait gémi ; ils espéraient que les maux publics et particuliers allaient être réparés par sa piété, sa justice et sa bienfaisance.
Edouard fut sacré le jour de Pâques de l’année 1042, à l’âge d’environ 40 ans.

Malgré les circonstances critiques dans lesquelles il monta sur le trône, son règne fut l’un des plus heureux qu’on eut jamais vus. Les Danois même établis en Angleterre le craignaient, l’aimaient et le respectaient. Quoiqu’ils se regardassent comme maîtres du pays en vertu d’un prétendu droit de conquête, qu’ils en eussent été maîtres pendant quarante ans, et qu’ils eussent rempli de leurs colonies les royaumes de Northumberland, de Mercie et d’Est-Anglie, on ne les vit cependant s’agiter nulle part, et depuis le temps dont nous parlons, il ne fut plus question d’eux en Angleterre.
Pontan, un de leurs historiens, calomnie les Anglais, lorsqu’il les accuse d’avoir massacré tous les étrangers sous le règne d’Edouard. Une pareille entreprise aurait été aussi dangereuse qu’injuste et barbare ; son exécution aurait sans doute fait plus d’éclat qu’un massacre arrivé sous Ethelred II, dans un temps où les Danois étaient moins puissants et moins nombreux.

Si l’on demande ce que devinrent ceux dont il s’agit, nous répondrons que s’étant mêlés avec les Anglais, ils ne firent plus bientôt qu’un même corps de peuple avec eux, à l’exception de quelques uns d’entre eux qui retournaient de temps en temps dans leur patrie.

Suénon, fils de Canut, qui régnait en Norvège, équipa une flotte pour venir attaquer l’Angleterre. Edouard mit son royaume en état de défense, et envoya en Danemark Gulinde, nièce de Canut, de peur que si elle restait en Angleterre elle ne favorisât secrètement l’invasion projetée.

Sur ces entrefaites, le roi de Danemark, appelé aussi Suénon, fit une irruption dans la Norvège et fit ainsi échouer l’expédition contre les Anglais. Peu de temps après, Suénon fut détrôné par Magnus, fils d’Olaüs le Martyr, que Canut le Grand avait dépouillé de la Norvège.

En 1046, des pirates danois se présentèrent à Sandwich, puis sur les côtes d’Essex ; mais la vigilance des principaux officiers d’Edouard les força de se retirer avant qu’ils eussent pu ravager le pays, et ils n’osèrent plus reparaître par la suite.

Edouard n’entreprit qu’une seule guerre, qui eut pour objet de rétablir Malcolm, roi d’Ecosse, et qui se termina par une victoire glorieuse. Il y eut quelques mouvements à l’intérieur du royaume, mais ils furent apaisés avec autant de promptitude que de facilité. On vit alors ce que peut un roi qui est véritablement le père de ses sujets. Tous ceux qui approchaient de sa personne essayaient de régler leur conduite sur ses exemples. On ne connaissait à sa cour i l’ambition, ni l’amour des richesses, ni aucune de ces passions qui, malheureusement, sotn si communes parmi les courtisans et qui préparent peu à peu la ruine des Etats. Edouard paraissait uniquement occupé du soin de rendre ses peuples heureux et d’établir une société qui favorisât le salut du plus grand nombre de ses sujets.

Il diminua les impôts et chercha tous les moyens de ne laisser personne en souffrance. Comme il n’avait point de passion à satisfaire, tous ses revenus étaient employés à récompenser ceux qui le servaient fidèlement, à soulager les pauvres, à doter les églises et les monastères. Il fit un grand nombre de fondations dont le but était de faire chanter à perpétuité les louages de Notre Seigneur Jésus-Christ ; les divers établissements qu’il fit ne furent jamais à la charge du peuple. Les revenus de son domaine lui suffisaient pour toutes les bonnes œuvres qu’il entreprenait. On ne connaissait point encore les taxes, ou l’on y avait recours qu’en temps de guerre ou de nécessités pressantes. Le saint roi abolit le Danegelt.

Les grands du royaume, s’imaginant que le saint roi avait épuisé ses finances par ses aumônes, levèrent une somme considérable sur leurs vassaux sans l’en prévenir, et la lui apportèrent comme un don que lui faisaient ses peuples pour l’entretien de ses troupes, et pour les autres frais occasionnés par les dépenses publiques.
Saint Edouard, ayant appris ce qui s’était passé, remercia ses sujets de leur bonne volonté et voulut que l’on rendît l’argent à tous ceux qui avaient contribué à former la somme. Toute sa conduite annonçait qu’il était parfaitement maître de lui-même ; il avait une égalité d’âme qui ne se démentait dans aucune circonstance, sa conversation était agréable mais toujours accompagnée d’une majesté qui inspirait le respect. Il aimait, il est vrai, surtout parler à Dieu et des choses spirituelles.

Edouard avait toujours fait une estime particulière de la pureté, et il conserva cette vertu sur le trône par l’amour de la prière, par la fuite des occasions, par la pratique de l’humilité et de la mortification. Il veillait avec soin sur tous ses sens et prenait les précautions les plus sages pour se garantir de la moindre souillure. Cependant on désirait le voir marié, et il ne put résister aux instances que la noblesse et le peuple lui faisaient à cet égard.

Godwin mit tout en œuvre pour que le choix du prince se fixât sur Edithe, sa fille, qui joignait une vertu éminente à toutes les qualités du corps, de du cœur et de l’esprit. Une chose arrêtait le roi : c’est qu’il avait fait vœu de garder une chasteté perpétuelle. Il se recommanda à Dieu, puis il découvrit à celle qu’on lui proposait pour épouse l’engagement qu’il avait contracté. Edithe entra dans ses vues, et ils convinrent l’un et l’autre qu’ils vivraient dans l’état du mariage comme frère et sœur.
C’est par un effet de la calomnie que quelques écrivains ont attribué la résolution de saint Edouard à la haine qu’il aurait portée à Godwin. De tels sentiments sont incompatibles avec la haute vertu dont il faisait profession ; il était d’ailleurs incapable de traiter, avec l’injustice qu’on lui suppose, un princesse accomplie, à laquelle il s’était uni par les liens les plus sacrés.

Godwin était le sujet le plus riche et le plus puissant du royaume. Canut l’avait fait général de son armée, l’avait créé comte de Kent et lui avait fait épouser sa belle-sœur. Il fut ensuite grand trésorier de duc de West-Sex, c’est-à-dire général de toutes les armées au midi de la Mercie. Dévoré par l’ambition, il viola souvent les lois divines et humaines. Swein, le plus jeunes de ses fils, marcha sur ses traces et porta même le libertinage jusqu’aux excès les plus coupables. Edouard le punit par l’exil, mais il lui pardonna dans la suite. Godwin lui-même, s’étant rendu coupables de plusieurs crimes, fut menacé de proscription s’il ne paraissait pas devant le roi alors qu’il était à Gloucester.

Il refusa d’abord et prit la fuite ; mais il revint bientôt avec une armée pour attaquer le roi. Quelques uns de ses amis demandèrent sa grâce, et, quoique Edouard fut vainqueur, il lui pardonna et le rétablit dans son premier état.

Pendant la rébellion de Godwin, on crut nécessaire de renfermer Edithe dans un monastère de peur qu’on ne ses servit de sa dignité pour exciter les vassaux et les amis de son père. Malgré cette précaution, saint Edouard n’en était pas moins attaché à la reine, qui de son côté l’aimait tendrement, et ils vécurent toujours l’un de l’autre dans l’union la plus intime et la plus parfaite.

En 1053, le comte Godwin fut emporté par une mort subite. Harold, son fils, lui succéda dans toutes ses dignités. Il vainquit le roi des Gallois méridionaux, qui faisaient des incursions dans les Etats de saint Edouard. Quelques années après, ce prince fut fait prisonnier et mis à mort par le roi des Gallois septentrionaux. Celui-ci envoya la tête de son ennemi à Harold, afin qu’il la présenta à Edouard. Le saint roi, naturellement généreux, laissa ces provinces conquises par ses troupes, dans le Pays de Galles, aux deux frères du prince qui venait de périr.

En 1058, saint Edouard perdit le pieux et brave Siward. C’était lui qui, l’année précédente, avait rétabli Malcolm III sur le trône d’Ecosse, dont l’usurpateur Macbeth l’avait dépouillé. Dans cette guerre, Siward donna la plus haute idée de son courage. Quelqu’un lui ayant appris que son fils avait été tué sur le champ de bataille, il demanda s’il était blessé par devant ou par derrière ; et comme on lui assura qu’il était tombé les armes à la main et qu’il était blessé par devant, il se consola en disant qu’il avait toujours souhaiter ce genre de mort pour lui et pour son fils. Sa vertu était d’autant plus solide qu’il était d’un caractère bouillonnant et impétueux. Il fut enterré dans l’église Sainte-Marie de York.

Quelques temps après, Léofrick mourut aussi ? C’était un homme d’une piété éminente et d’une prudence consommée. Les abondantes aumônes qu’il distribua aux pauvres, les églises qu’il bâtit ou répara, le célèbre monastère qu’il fonda à Coventry, furent les monuments publics de son zèle et de sa charité ; mais il joignit encore à ses vertus une humilité profonde. Les privilèges qu’il accorda à la ville de Coventry ont rendu son nom immortel dans le pays. Saint Edouard trouvait autant de secours que de consolation dans les pieux et sages conseils de ce grand homme. Algard, fils de Léofrick, fut fait duc de Mercie ; mais il ne se montra pas digne de son père.

Saint Edouard le Confesseur s’est surtout rendu célèbre par ses lois ? Il adopta ce qu’il y avait d’utile dans celles que l’on suivait alors et fit les changements et les additions qu’il crut nécessaires. Depuis, son code devint commun à toute l’Angleterre sous le nom de Lois d’Edouard le Confesseur, titre par lequel elles sont distinguées de celles que donnèrent les rois normands. Elles font partie du droit britannique, excepté en quelques points qui depuis ont subi des changements. Les peines infligées aux coupables par ces lois ne sont point sévères, elles reconnaissent peu de crimes punissables de mort ; les amendes y sont déterminées d’une manière fixe et ne dépendent point de la volonté des juges. Elles pourvoient à la sûreté publique et assurent à chaque particulier la propriété de ce qu’il possède. On était rarement dans le cas de sévir, parce qu’on veillait à l’observation des lois et que la justice était bien administrée.

L’écrivain Gurdon de commenter :
" La sage administration du pieux roi avait autant et même plus de pouvoir sur le peuple que le texte des lois."

" Edouard le Confesseur, ce grand et sage législateur, régnait dans le cœur de ses sujets. L’amour, l’harmonie, l’intelligence qu’il y avait entre lui et l’assemblée générale de la nation, produisirent un bonheur qui devint la mesure de celui que le peuple désirait les siècles suivants. Les barons anglais et normands en appelaient à la loi et au gouvernement d’Edouard."

On a vu peu de princes qui se soient montrés aussi zélés qu’Edouard pour le bonheur de leurs peuples. Il prenait spécialement les malheureux sous sa protection, faisait observer les lois, et voulait que la justice fut rendue avec autant de d’intégrité que de promptitude. Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, fut lui-même le témoin des vertus et de la sagesse de son parent, lorsqu’en 1052 il vint le voir en Angleterre.
Saint Edouard, pendant son exil en Normandie, avait fait vœu d’aller visiter le tombeau de saint Pierre à Rome, si Dieu mettait fin aux malheurs de sa famille. Lorsqu’il se fut solidement établi sur le trône, il prépara de riches offrandes pour l’autel du Prince des Apôtres, et disposa tout pour se mettre en état de passer en Italie. Ayant convoqué ensuite l’assemblée générale de la nation, il y déclara l’engagement qu’il avait contracté, et fit sentir l’obligation où il était de témoigner à Dieu sa reconnaissance. Il proposa ensuite les moyens qui lui paraissaient les plus propres à faire fleurir le commerce et à maintenir la paix ; il finit par mettre ses sujets sous la protection du Ciel. Les principaux de l’assemblée alléguèrent les raisons les plus fortes pour le dissuader de l’exécution de son dessein. Après avoir loué sa piété, ils lui représentèrent avec larmes les dangers auxquels l’Etat serait exposé ; qu’on aurait à craindre tout à la fois les ennemis du dedans et du dehors ; qu’ils s’imaginaient déjà voir toutes les calamités tomber sur le royaume.

Edouard fut si touché de leurs raisons et de leurs prières, qu’il promit, avant de rien entreprendre, de consulter Léon IX, qui occupait alors la chaire de Pierre. Il envoya à Rome, pour ce sujet, Aëlred, archevêque d’York, Herman, évêque de Winchester, et deux abbés. Le Pape, persuadé que le roi ne pouvait quitter ses Etats sans exposer son peuple à de grands dangers, le dispensa de l’accomplissement de son vœu ; mais ce fut à condition qu’il distribuerait aux pauvres l’argent qu’il aurait dépensé en venant à Rome, et qu’il bâtirait ou doterait un monastère en l’honneur de saint Pierre.
Sébert, roi des Est-Angles, avait fondé la cathédrale de Saint-Paul de Londres. Quelques auteurs lui ont aussi attribué la fondation d’un monastère en l’honneur de saint Pierre, qui était hors les murs et au couchant de la ville. On dit que ce monastère occupait l’emplacement d’un ancien temple d’Apollon, qu’un tremblement de terre avait renversé : mais le silence de saint Bède le Vénérable fait croire qu’il fut bâti quelques années plus tard par quelque particulier et qu’il était peu de chose dans son origine. On l’appelait Torney. Des Danois l’ayant détruit, le roi Edgard le fit reconstruire. Saint Edouard, après l’avoir réparé, y fit des donations considérables ; il voulut encore qu’il fut honoré d’exemptions et de privilèges ; ce qu’il obtint du pape Nicolas II en 1059. On lui donna le nom de Westminster, à cause de sa situation. Il est devenu fort célèbre depuis par le sacre des rois et par la sépulture des grands hommes du royaume. C’était l’abbaye la plus riche de toute l’Angleterre lorsqu’on y détruisit tous les monastères.
Saint Edouard faisait sa résidence à Winchester, à Windsor et à Londres, mais plus communément à Islip, dans la province d’Oxford, où il était né. Anciennement les seigneurs du royaume demeuraient à la campagne et vivaient parmi leurs vassaux ; ils n’allaient à la cour qu’aux grandes fêtes et dans quelques occasions extraordinaires. La fête de Noël était une des principales où la noblesse se rendait auprès du roi. Saint Edouard la choisit pour la dédicace de la nouvelle église de Westminster, afin que la cérémonie s’en fît avec plus de solennité. Les personnes les plus qualifiées du royaume y assistèrent. Le roi signa l’acte de fondation, et y fit insérer à la fin de terribles imprécations contre ceux qui oseraient violer les privilèges de son monastère.
Plusieurs historiens rapportent divers miracles opérés par saint Edouard. Un lépreux le pria instamment de le porter sur son dos royal dans l’église de Saint-Pierre, disant que ce saint avait promis qu’il guérirait par ce moyen. Ce bon prince se prêta à cette cérémonie rebutante et obtint ainsi la guérison du malade. Par le signe de la croix, il guérit une femme d’une tumeur chancreuse reconnue incurable. Trois aveugles ont recouvré la vue en s’appliquant l’eau dont le prince s’était servi pour se laver les mains. Saint Edouard mérita un jour de voir Notre Seigneur Jésus-Christ pendant le saint sacrifice de la messe et de recevoir visiblement sa bénédiction.
Après le Prince des Apôtres, celui des saints auquel saint Edouard avait le plus de dévotion était saint Jean l’Evangéliste, ce parfait modèle de la pureté et de la charité.

Voici à ce sujet une histoire charmante.
Saint Edouard ne refusait jamais l’aumône qu’on lui demandait au nom de saint Jean l’Evangéliste. Un jour, n’ayant rien autre chose, il donne son anneau à un étranger qui le priait au nom de saint Jean. Quelque temps après, deux Anglais qui allaient à Jérusalem visiter le Saint Sépulcre, s’égarèrent un soir et se trouvèrent surpris par la nuit. Comme ils ne savaient plus que devenir, un vénérable vieillard les remit dans leur chemin, les conduisit à la ville, et leur dit qu’il était le disciple bien-aimé de Notre Seigneur Jésus-Christ ; qu’il chérissait singulièrement leur prince, Edouard, à cause de sa chasteté, et qu’il les assisterait aussi dans tout leur voyage à sa considération. Ensuite il leur remit entre les mains la bague que ce prince avait donnée au pauvre pèlerin pour l’amour de lui, les assurant que c’était lui-même déguisé en pauvre qui l’avait reçue. Il les chargea de la lui rapporter à leur retour en Angleterre et de dire au saint roi qu’il viendrait le chercher au bout de six mois pour le mener avec lui à l’Agneau sans tâche.

Le roi reçut de ces deux pèlerins sa bague et les promesses de saint Jean en fondant en larmes et en louant Dieu pour une faveur si insigne.
S’étant trouvé mal à la cérémonie de dédicace de l’église de Westminster dont nous avons parlé plus haut, il n’y assista pas moins jusqu’à la fin ; mais fut obligé de se mettre au lit à l’issue de la cérémonie. Il ne pensa plus dès lors qu’à se préparer à la mort par des actes fervents de piété et par la réception des sacrements ? Tous les seigneurs de sa cour témoignaient la douleur la plus vive. Voyant la reine fondre en larmes, saint Edouard lui dit :

" Ne pleurez plus ; je ne mourrai point, mais je vivrai ; j’espère en quittant cette terre de mort entrer dans la terre des vivants pour y jouir du bonheur des saints."

Il la recommanda ensuite à Harold et à d’autres seigneurs, et il leur déclara qu’elle était resté e vierge. Il expira tranquillement le 5 janvier 1066, dans la 64e année de son âge et après un règne de 23 ans.

Nombres (12, 16 et 13, 1-2 et 16-27) - Les envoyés retournent de Canaan

Posté le 12.10.2008 par jubilatedeo
Nb 12:16-

Après cela, le peuple partit de Haséroth, et ils campèrent dans le désert de Pharan.


Nb 13:1-2

1 Yahweh parla à Moïse, en disant:
2 «Envoie des hommes pour explorer le pays de Chanaan, que je donne aux enfants d'Israël. Vous enverrez un homme par chacune des tribus patriarcales; que tous soient des princes parmi eux.»


Nb 13:16-27

16 -- Tels sont les noms des hommes que Moïse envoya pour explorer le pays. Moïse donna à Osée, fils de Nun, le nom de Josué.
17 Moïse les envoya pour explorer le pays de Chanaan; il leur dit: «Montez là par le Négeb; et vous monterez sur la montagne.
18 Vous examinerez le pays, ce qu'il est, et le peuple qui l'habite, s'il est fort ou faible, peu nombreux ou considérable;
19 ce qu'est le pays où il habite, s'il est bon ou mauvais; ce que sont les villes où il habite, si elles sont ouvertes ou fortifiées;
20 ce qu'est le sol, s'il est gras ou maigre, s'il y a des arbres ou non. Ayez bon courage, et prenez des fruits du pays.» C'était le temps des premiers raisins.
21 Ils montèrent et explorèrent le pays, depuis le désert de Sin jusqu'à Rohob, sur le chemin d'Emath.
22 Ils montèrent dans le Négeb et allèrent jusqu'à Hébron, où étaient Achiman, Sisaï et Tholmaï, enfants d'Enac. Hébron avait été bâtie sept ans avant Tanis d'Egypte.
23 Arrivés à la vallée d'Escol, ils coupèrent une branche de vigne avec sa grappe de raisin, et ils la portèrent à deux au moyen d'une perche; ils prirent aussi des grenades et des figues.
24 On donna à ce lieu le nom de vallée d'Escol, à cause de la grappe que les enfants d'Israël y coupèrent.
25 Au bout de quarant jours, ils revinrent d'explorer le pays.
26 Ils allèrent et se rendirent auprès de Moïse et d'Aaron, et de toute l'assemblée des enfants d'Israël, à Cadès, dans le désert de Pharan. Ils leur firent un rapport, ainsi qu'à toute l'assemblée, et leur montrèrent les fruits du pays.
27 Voici le récit qu'ils firent à Moïse: «Nous sommes allés dans le pays où tu nous as envoyés. C'est vraiment un pays où coulent le lait et le miel, et en voici les fruits.


Bible Augustin Crampon chanoine catholique

Revêtir le vêtement de noce

Posté le 12.10.2008 par jubilatedeo
Livre d'Isaïe 25,6-9.

Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l'univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l'humiliation de son peuple ; c'est lui qui l'a promis.
Et ce jour-là, on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c'est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Psaume 22 (23), 1-2a, 2b-3, 4, 5, 6

Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.

ou

Prés de toi, Seigneur, sans fin nous vivrons.

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 4,12-14.19-20.

Frères, je sais vivre de peu, je sais aussi avoir tout ce qu'il me faut. Être rassasié et avoir faim, avoir tout ce qu'il me faut et manquer de tout, j'ai appris cela de toutes les façons.
Je peux tout supporter avec celui qui me donne la force.
Cependant, vous avez bien fait de m'aider tous ensemble quand j'étais dans la gêne.
Et mon Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse, dans le Christ Jésus.
Gloire à Dieu notre Père pour les siècles des siècles. Amen.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,1-14.

Jésus disait en paraboles :
« Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils.
Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir.
Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités : 'Voilà : mon repas est prêt, mes boeufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce.'
Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ;
les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville.
Alors il dit à ses serviteurs : 'Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes.
Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce.'
Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce,
et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?' L'autre garda le silence.
Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.'
Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon 90 ; PL 38, 559s


Revêtir le vêtement de noce

Quel est le vêtement de noce dont parle l'Évangile ? Très certainement cette robe est une chose que seuls possèdent les bons, ceux qui doivent participer au festin... Seraient-ce les sacrements ? le baptême ? Sans le baptême, personne ne parvient jusqu'à Dieu, mais certains reçoivent le baptême et n'arrivent pas jusqu'à Dieu... Peut-être est-ce l'autel ou ce que l'on reçoit à l'autel ? Mais en recevant le Corps du Seigneur certains mangent et boivent leur propre condamnation (1Co 11,29). Qu'est-ce donc ? le jeûne ? Les méchants jeûnent aussi. La fréquentation de l'église ? Les méchants vont à l'église comme les autres...

Qu'est-ce donc que ce vêtement de noce ? L'apôtre Paul nous dit : « Les préceptes n'ont d'autre fin que la charité qui naît d'un coeur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sans feinte » (1Tm 1,5). Le voilà le vêtement de noce. Il ne s'agit pas de n'importe quel amour, car souvent on voit des hommes malhonnêtes en aimer d'autres..., mais on ne voit pas chez eux cette charité « qui naît d'un coeur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sans feinte » ; or, c'est cette charité-là qui est le vêtement de noce.

« J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, dit l'apôtre Paul, s'il me manque l'amour, je ne suis que de l'airain qui résonne, une cymbale retentissante... J'aurais beau être prophète, connaître tous les mystères et toute la science, et avoir la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien » (1Co 13,1-2)... J'aurais beau avoir tout cela, dit-il, sans le Christ « Je ne suis rien »... Combien de biens sont inutiles, si un seul bien vient à manquer ! Si je n'ai pas l'amour, j'aurais beau distribuer tous mes biens, confesser le nom du Christ jusqu a verser mon sang (1Co 13,3), cela ne servirait à rien, puisque je peux agir ainsi par amour de la gloire... « S'il me manque l'amour, cela ne sert à rien. » Voilà le vêtement de noce. Examinez-vous : si vous l'avez, approchez avec confiance du banquet du Seigneur.


Homélie Messe

Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils » : voilà qui devrait nous rassurer quant aux intentions de Dieu à notre égard ! Conformément au protocole, ceux qui avaient eu l’honneur d’être « invités », sont avertis très officiellement par les serviteurs du roi que le grand jour est enfin arrivé. Stupéfaction : ils refusent de venir ! Chacun d’eux poursuit ses occupations comme si de rien n’était ; certains même passent leur mauvaise humeur sur les pauvres émissaires du roi, trahissant ainsi la vraie raison de leur refus : ils n’ont aucune envie de partager la joie d’un roi pour lequel ils nourrissent plutôt du mépris, du ressentiment, voire de la haine. Aussi la réponse ne se fait-elle pas attendre et les présomptueux vont payer très cher leur insoumission.
On pourrait objecter que la réaction du roi ne fait qu’entretenir la spirale de la violence ; s’il représente Dieu nous avons intérêt à nous tenir à l’écart ! Mais cette interprétation ne respecterait pas le genre littéraire utilisé par Jésus : le sens d’une parabole ne se livre pas au terme d’une étude analytique ; il jaillit plutôt d’une saisie d’ensemble du récit, sur l’horizon annoncé par le narrateur. Dieu à vrai dire n’a pas besoin de sévir contre ceux qui lui résistent : en refusant d’entrer dans la fête en réponse à son invitation, ils choisissent eux-mêmes de demeurer sous « le voile de deuil qui les enveloppe et sous le linceul qui les couvre » ; car c’est à ce banquet de noces où il fait alliance avec son peuple, que « le Seigneur effacera l’humiliation de la mort, et essuiera les larmes sur tous les visages » (1ère lect.). Dieu est le Seigneur de la vie, et il désire la donner en partage à ceux qui s’approchent de lui pour la recevoir ; mais ceux qui refusent de répondre à son appel, s’enferment eux-mêmes dans les ténèbres de la mort.
Cependant, cet échec ne décourage pas le roi, qui tient absolument à ce que la salle de noce soit bondée ! Puisque ceux qui étaient invités de longue date n’ont pas voulu répondre à l’appel, faisant eux-mêmes la preuve de leur indignité, il se tourne vers le tout-venant parmi ses sujets. Il envoie ses serviteurs « à la croisée des chemins », les chargeant d’inviter tous ceux qu’ils rencontreraient, sans faire de tri entre « les mauvais et les bons ». On devine sans peine la surprise de ceux-ci ! Le stratagème semble réussir puisque les serviteurs parviennent à remplir la salle de ces convives improvisés.
Qui sont-ils dans la perspective de cette parabole qui nous parle des conditions d’accès au Royaume ? Si nous identifions les invités au peuple élu, alors le « tout venant » ne peut rassembler que les païens de tout bord, c'est-à-dire les hommes en attente de la Révélation, qui errent sur des chemins sans issue depuis que le péché les a égarés loin de Dieu. Aussi le récit aurait-il pu se terminer ici - comme c’est d’ailleurs le cas dans l’Evangile de Luc - annonçant que l’échec de la prédication de Jésus auprès des juifs, ouvrirait aux nations les portes du Royaume.
Or voici que Matthieu fait mémoire d’un troisième volet, tout à fait inattendu, de la parabole : après le refus des invités de la première heure, l’accueil improvisé des passants, l’épisode du vêtement de noce semble en effet en contradiction avec ce qui précède. Jésus ne vient-il pas de préciser que la salle rassemblait « les mauvais comme les bons » interpellés sans discernement le long de la route ? Ces invités de dernière minute, rassemblés à la hâte, qui n’ont pas eu le temps de se changer pour venir à la fête, comment le roi peut-il exiger qu’ils portent un « vêtement de noce » ? La logique interne du récit nous invite à nous élever à une interprétation symbolique de ce fameux habit, qui conditionne la participation aux réjouissances. Disons que quelque chose différencie cet homme des autres convives et c’est ce « quelque chose » qu’il s’agit de préciser.
« Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement de noce ? » L’entrée en matière est plus que bienveillante de la part d’un roi s’adressant à un quelconque de ses sujets. L’étonnement du Maître de maison est sincère et sa question attend une réponse. Aussi la surprise ne fait-elle que croître devant le silence de cet individu, qui ne tente même pas de balbutier une quelconque excuse. Son silence résonne comme un refus de dialogue, et par le fait même, il révèle la vraie nature du fameux « vêtement de noce » manquant. L’invitation ne consistait pas seulement à consommer le repas destiné aux invités de la première heure, pour éviter que la nourriture ne se perde ; l’appel adressé par le roi était une invitation à entrer dans son intimité en devenant l’ami de l’Epoux. Le vêtement de noce symbolise l’homme nouveau, engendrée dans la foi au Fils, dont le Père célèbre les noces avec l’humanité réconciliée. Le silence de cet homme trahit qu’il n’est pas « né de l’eau et de l’Esprit » (Jn 3, 5), et ne participe pas à l’hymne d’action de grâce qui jaillit du cœur des rachetés : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : (en son Fils, Jésus-Christ) il nous a sauvés ! » (Is 25, 6-9).
Ce que Jésus présente dans la parabole comme une sanction prononcée par le roi, n’est en fait que l’explicitation des conséquences de nos propres choix : en refusant d’entrer en relation avec Dieu notre Père, nous nous enfermons nous-mêmes dans le mutisme et la solitude ; en refusant d’entrer dans sa joie, nous nous murons dans la tristesse, nous nous enfonçons dans les ténèbres, nous nous condamnons « aux pleurs et aux grincements de dents ».
« Voilà : tout est prêt : venez au repas de noce » : aujourd’hui retentit à nouveau à nos oreilles cet appel pressant du Seigneur. Saurons-nous saisir cette opportunité qui nous est offerte et accepter l’invitation ? Mais n’oublions pas l’habit de noce : pour nous en revêtir, il faudra peut être nous désencombrer de quelques vêtements inutiles ! Sachons comme Saint Paul, « vivre de peu » en ce monde qui passe, en veillant à « avoir tout ce qu’il nous faut » (2nd lect.) dans le monde à venir. Il est un temps pour « aller à son champ et à son commerce » ; et il est un temps pour répondre à l’appel du Roi qui nous invite à le rencontrer au banquet des noces de son Fils. Heureux les invités au festin du Royaume !

« Seigneur tu m’invites à “habiter ta maison pour la durée de mes jours” et je n’en aurais cure ? “Tu prépares la table pour moi” et je la bouderais ? Tu m’invites à entrer dans ta joie, et à “me reposer sur des prés d’herbe fraîche”, et je resterais enfermé dans mes tristesses ? “Tu es le berger qui me fait revivre” et je serais complice des ténèbres et de la mort » (Ps 22,23) ? Que ta Parole me réveille de mes torpeurs, qu’elle ouvre mes oreilles à ton appel : “Tout est prêt : venez au repas de noce” ; qu’elle me donne la force de m’arracher à mes inerties, dans la certitude que “je peux tout supporter avec celui qui me donne la force” ; et que je te rende grâce de tout mon cœur en proclamant à pleine voix : “Gloire à Dieu notre Père pour les siècles des siècles. Amen !” (2nd lect.) »

Fil rouge

Le fil rouge de la liturgie de ce jour pourrait être la bienveillance divine à notre égard : « Dieu subvient magnifiquement à tous nos besoins selon sa richesse dans le Christ Jésus » (2nd lect.). Il est le bon Berger qui conduit son troupeau vers les eaux tranquilles et le fait revivre » (Ps 22). La promesse ne se limite pas au seul peuple élu : elle est universelle : le Seigneur « enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours ». Tous sont convoqués au festin que le Dieu de l’univers prépare sur sa montagne. La bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse pour toutes ses œuvres ; encore faut-il que nous ouvrions notre cœur à son appel et acceptions d’y répondre. La parabole racontée par Jésus nous fait comprendre que c’est à ce niveau que s’opèrent les clivages. Les fils de la promesse se savaient invités aux noces ; mais lorsque les émissaires du roi leur annonce que le grand jour est enfin arrivé, ils refusent de se rendre à la fête, de se réjouir avec le roi pour les noces de son fils. Méprisant l’invitation, ils s’en vont à leurs ouvrages après avoir molesté les serviteurs du roi.

Selon un procédé littéraire classique, les conséquences de leur refus sont présentées comme une punition divine, sans que nous puissions en conclure pour autant que c’est Dieu qui sanctionne : le Seigneur énonce plutôt les malheurs auxquels s’exposent ceux qui choisissent de demeurer sous « le voile de deuil qui les enveloppe et sous le linceul qui les couvre ». Car c’est au cours de ce banquet de noces où il fait alliance avec son peuple, que « le Seigneur voulait effacer l’humiliation de la mort, et essuyer les larmes sur tous les visages » (1ère lect.). Dieu est le Seigneur de la vie, et il désire la donner en partage à ceux qui s’approchent de lui pour la recevoir ; mais ceux qui refusent de répondre à son appel, s’enferment eux-mêmes dans les ténèbres de la mort.

Le refus des uns ouvre la porte aux autres : « les mauvais comme les bons » qui traînaient « aux croisées des chemins » ne s’attendaient pas à une telle aubaine. Pourtant pour eux aussi il y a une condition d’accès : L’invitation ne consiste pas seulement à consommer le repas destiné aux invités de la première heure, pour éviter que la nourriture ne se perde ; l’appel adressé par le roi est une invitation à entrer dans son intimité en devenant l’ami de l’Epoux. Le vêtement de noce symbolise l’homme nouveau, engendré dans la foi au Fils, dont le Père célèbre les noces avec l’humanité réconciliée. Le silence de cet homme trahit qu’il n’est pas « né de l’eau et de l’Esprit » (Jn 3, 5), et ne participe pas à l’hymne d’action de grâce qui jaillit du cœur des rachetés. En refusant d’entrer en relation avec Dieu notre Père, nous nous enfermons nous-mêmes dans le mutisme et la solitude ; en refusant d’entrer dans sa joie, nous nous murons dans la tristesse, nous nous enfonçons dans les ténèbres, nous nous condamnons « aux pleurs et aux grincements de dents ».

Actualisation

« Voilà : tout est prêt : venez au repas de noce » : aujourd’hui retentit à nouveau à nos oreilles cet appel pressant du Seigneur. Saurons-nous saisir cette opportunité qui nous est offerte et accepter l’invitation ? Mais n’oublions pas l’habit de noce : pour nous en revêtir, il faudra peut être nous désencombrer de quelques vêtements inutiles ! Sachons comme Saint Paul, « vivre de peu » en ce monde qui passe, en veillant à « avoir tout ce qu’il nous faut » (2nd lect.) dans le monde à venir. Il est un temps pour « aller à son champ et à son commerce » ; et il est un temps pour répondre à l’appel du Roi qui nous invite à le rencontrer au banquet des noces de son Fils. Heureux les invités au festin du Royaume !

Les Saints du jour

Posté le 12.10.2008 par jubilatedeo
Sainte Spérie (+ 760)
Espérie ou Exupérie.
Elle naquit dans la demeure seigneuriale de Saint-Sérène, dont la localité actuelle est Saint-Céré. Elle refusa de se marier pour se donner toute à Jésus-Christ et se retira dans la solitude dans les environs de Aynac. Son frère la rechercha pour la faire revenir sur sa décision, ce qu'elle refusa et, avec un cousin, il la tua au lieu-dit "Le ruisseau des Barbares." Son corps fut enseveli dans une crypte, sous l'église paroissiale de Saint-Céré.

Sainte Espérie (+ 760)
ou Exupérie, patronne de Saint-Céré dans le Quercy. Sa famille qui avait des biens, des terres et un château, voulait qu'elle en soit l'héritière. Elle refusa le mariage, s'enfuit avec une compagne et se travestit en paysanne. Elle put ainsi rester longtemps dans cette solitude. Son frère était persuadé que ce départ avait d'autres raisons que le service du Seigneur. Il parcourut le Rouergue et l'Aquitaine pour connaître le lieu de son séjour et ce n'est que bien plus tard qu'il la retrouva. Il était accompagné de celui qui soupirait après elle depuis tant d'années et qui, furieux de se voir opposer un nouveau refus, la décapita en lui disant :"Tu seras mon épouse ou tu ne le seras d'aucun."





Saint Wilfrid Archevêque d'York (+ 709)
Depuis les invasions anglo-saxonnes, l'Eglise était divisée comme le pays. D'un côté les Bretons ou celtes de vieille chrétienté qui refusaient l'envahisseur. De l'autre les Angles et les Saxons. L'Eglise celte refusait l'archevêque anglais de Cantorbery et vivait pratiquement autonome. L'Eglise anglo-saxonne fondée par saint Augustin, cent ans auparavant, était soumise au siège romain. Ce fut grâce à saint Wilfrid et à quelques autres que ces chrétientés fusionnèrent au VIIème siècle et que l'unité religieuse régna dans le pays. Mais la vie de Wilfrid fut très mouvementée. Moine de Lindisfarn, le jeune garçon poursuivit ses études à Cantorbery. Un saint moine, Benoît Biscop, le prit alors comme accompagnateur pour aller à Rome. Et ce voyage fut, pour saint Wilfrid, le début de toute une série. Lorsque les voyageurs passèrent par Lyon, l'évêque de ce diocèse, Delphin le retint auprès de lui une année entière. A Rome, il se familiarisa avec la pratique de la liturgie et, en rentrant en Angleterre, il se fit l'apôtre de la liturgie romaine. Il fonda le monastère de Ripon en Angleterre. Devenu évêque d'York, il fit entrer au couvent la femme du roi Egfrid qui ne le lui pardonna pas et l'empêcha de rester dans son diocèse. Saint Wilfrid connut ainsi l'emprisonnement puis, par deux fois, l'exil dont il profita pour évangéliser le Sussex, la Hollande et même l'Austrasie où il faillit devenir évêque de Strasbourg. Il put enfin retourner dans son pays et y passer à peu près tranquillement les quatre dernières années de sa vie. Un historien anglais écrit de lui :"Il a fait tant de bien qu'on lui pardonne aisément ses imperfections et ses foucades."

Autre biographie :

n fait extraordinaire signale la naissance de saint Wilfrid; la maison de ses parents semble enveloppée dans un incendie; les voisins, effrayés, accourent pour éteindre le feu, mais ils s'aperçoivent avec admiration que le feu s'élance vers le ciel sans rien consumer. C'est ainsi que brûlera le flambeau du zèle de Wilfrid dans la sainte Église de Dieu.
Tout jeune encore, il résolut de se donner au Seigneur. Après un court séjour dans un couvent, s'apercevant que certains usages, contraires à ceux de Rome, s'étaient glissés dans les cérémonies, il se décida à visiter le tombeau des saints Apôtres, afin de bien discerner la vérité au centre même de la lumière. Wilfrid fut un des premiers Anglo-Saxons qui eurent le bonheur de faire le voyage de Rome, alors si long et si pénible. Bientôt le pieux pèlerin aura beaucoup d'imitateurs, et ce pèlerinage sera en grand honneur en Angleterre, grâce à son exemple.
A Rome, son premier soin est de visiter les tombeaux vénérés et de prier, dans les sanctuaires les plus sacrés, pour la conversion entière de sa patrie. Sa prière est exaucée, car il remplacera lui-même dignement le grand moine et pontife, nommé Augustin, qui, à la voix de saint Grégoire le Grand, avait porté aux Anglo-Saxons les prémices de la foi. Après un séjour de quelques années dans les Gaules, Wilfrid rentre enfin dans sa patrie, où son dévouement aux usages de Rome lui attire des ennemis et des admirateurs. Il n'a que trente ans, quand le pieux roi Alfred lui fait accepter l'évêché d'York.
Sous sa houlette, l'Évangile prend, dans ce pays, un développement merveilleux: les monastères se multiplient, de magnifiques cathédrales s'élèvent sur le sol anglo-saxon; le saint évêque préside lui-même à la construction de ces édifices grandioses qui ravissent d'admiration des populations à demi barbares, chez lesquelles l'on ne connaissait encore que les édifices de bois.
L'évêque civilisateur ne se bornait pas à l'organisation matérielle: il réformait les moeurs de son troupeau et faisait régner, avec Jésus-Christ, la paix, la justice et la charité. Un jour qu'il donnait la confirmation, une pauvre femme le supplia de ressusciter son enfant mort; Wilfrid, ému de ses larmes, bénit l'enfant et lui rendit la vie.
Incapable de céder à la peur et de manquer à sa conscience, le vaillant pontife est déposé et exilé plusieurs fois; on lui rend enfin justice, et il achève sa carrière en paix.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.






Cinq Mille Martyrs (+ 404)
L'époque contemporaine nous a habitués à ces déportations et à ces massacres par milliers que ce soit en Afrique, en Asie ou en Europe. Les persécuteurs ariens, au 5ème siècle en faisaient tout autant et, dans la région de Tunis, ce sont des évêques, des prêtres, des diacres et des laïcs qui confessèrent leur foi en Jésus-Christ, proclamant la Sainte Trinité en un seul Dieu.
Quatre mille neuf cent soixante-six saints martyrs et confesseurs de la foi en Afrique. En 483,dans la persécution vandale, évêques, prêtres et diacres de l’Église de Dieu, et une foule du peuple fidèle avec eux, furent envoyés en exil sur l’ordre du roi arien Hunnéric en haine de la vérité catholique, dans des endroits affreusement désertiques et à la fin, après divers supplices, reçurent le martyre. Parmi eux les évêques Cyprien et Félix, principaux prêtres du Seigneur





Saint Edwin Roi de Northumbrie (+ 633)
Encore païen, cet anglais, roi de Kent, demanda en mariage une chrétienne Ethelburge. Avec le temps et au travers des événements qui marquaient son règne, il rejoignit la foi de son épouse, instruit par saint Paulin, l'évêque d'York. Il aida ainsi à la fondation de l'Eglise anglo-saxonne. Il n'en rencontra pas moins des oppositions violentes tant de la part de nombreux Anglo-Saxons demeurés païens que des Bretons chrétiens qui refusaient toujours la présence de ces envahisseurs étrangers à leur Grande-Bretagne. Il fut tué lors d'une bataille à Hatfield et sa mort fut considérée comme un martyre.





Saint Gérin (+ 466)
Martyr au diocèse de Tarbes à l'époque de l'invasion des Goths ariens qui ravagèrent le sud de la France pour imposer leur foi hérétique. Il fut décapité à Tarbes sur le pont de l'Adour. Il vivait à l'époque de saint Gaudens.





Bienheureux Jacques d'Ulm Dominicain, artiste peintre-verrier (+ 1491)
Né dans une famille de négociants, il fut d'abord peintre sur verre à Ulm en Allemagne, s'en fut en pèlerin à Rome et, faute d'argent, s'engagea dans les armées du roi d'Aragon. Après quatre années de service, dégoûté par la vie licencieuse des camps, il quitte l'armée et se met à la disposition d'un bourgeois de Capoue. Voulant revenir dans son pays, il s'arrête à Bologne. Il y rencontre les dominicains et cela change sa vie. Il avait trente quatre ans, il entre dans l'Ordre comme frère laïc. Il y fut un religieux humble et exemplaire. Il y reprit ses talents de verrier et orna beaucoup d'églises de ses oeuvres. On lui doit même l'invention de plusieurs coloris de vitraux par ses recherches sur l'oxyde d'argent.





Saint Juvenal de Riazan (+ 1937)
Il était apparenté à la famille impériale russe. Sacré évêque d'abord de Toula puis de Koursk. Il résista courageusement aux profanations causées par les bolcheviques. Il fut déporté vers le Grand Nord. Libéré quelque temps, il fut à nouveau arrêté et déporté à Solovki où, avec des milliers d'autres martyrs, il rejoignit la paix de Dieu.





Le Bon Larron
Les Eglises d'Orient fêtent aujourd'hui ce compagnon du Christ sur le calvaire. "Aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis." la première canonisation dans l'histoire de l'Eglise. La preuve que la reconnaissance de son péché même tardive peut vous ouvrir l'amour éternel quand cette reconnaissance est faite par amour. L'Eglise d'Occident l'appelle saint Dismas et le fête le 27 octobre.
Evangile selon saint Luc (XXIII 39-43)
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! Mais l'autre lui fit de vifs reproches : Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal. Et il disait : Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne. Jésus lui répondit : Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis.

Homélie sur la Croix et le Bon Larron
« Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne » (Luc, XXIII 42). Le larron n'a pas osé faire cette prière avant d'avoir déposé par son aveu le fardeau de ses péchés. Tu vois, chrétien, quelle est la puissance de la confession ! II a avoué ses péchés et le paradis s'est ouvert. II a avoué ses péchés et il a eu assez d'assu¬rance pour demander le Royaume après ses brigandages.
Songes-tu à tous les bienfaits que la croix nous procure ? Tu veux connaître le Royaume ? Dis-moi : Que vois-tu donc ici qui y ressemble ? Tu as sous les yeux les clous et une croix, mais cette croix même, disait Jésus, est bien le signe du Royaume. Et moi, en le voyant sur la croix, je le proclame roi. Ne revient-il pas à un roi de mourir pour ses sujets ? Lui-même l'a dit : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jean X 11). C'est également vrai pour un bon roi : lui aussi donne sa vie pour ses sujets. Je le proclamerai donc roi à cause du don qu'il a fait de sa vie. « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume ».
Comprends-tu maintenant comment la croix est le signe du Royaume ? Si tu le veux, voici encore une autre preuve. Le Christ n'a pas laissé sa croix sur la terre, mais il l'a soulevée et emportée avec lui dans le ciel. Nous le savons parce qu'il l'aura près de lui quand il reviendra dans la gloire. Tout cela pour t'apprendre combien est vénérable la croix qu'il a appelée sa gloire (...)
Lorsque le Fils de l'homme viendra, « le soleil s'obscurcira et la lune perdra son éclat » (Matthieu XXIV 29). Il régnera alors une clarté si vive que même les étoiles les plus brillantes seront éclipsées. Les étoiles tomberont du ciel. « Alors paraîtra dans le ciel le signe du Fils de l'homme » (Matthieu XXIV 29-30).
Tu vois quelle est la puissance du signe de la croix ! (...) Quand un roi entre dans une ville, les soldats prennent les étendards, les hissent sur leurs épaules et marchent devant lui pour annoncer son arrivée. C'est ainsi que des légions d'anges et d'archanges précéderont le Christ, lorsqu'il descendra du ciel. Ils porteront sur leurs épaules ce signe annonciateur de la venue de notre Roi.
Saint Jean Chrysostome





Saint Maximilien de Lorch Evêque (+ 284)
En faveur des pauvres, il se défit de sa fortune que l'on estime considérable pour l'époque. Elu évêque de Lorch, et confirmé dans cette charge par le pape Sixte II, il donnera le témoignage suprême de sa vie, décapité pour avoir refusé de sacrifier aux idoles.





Bienheureux Romain Sitko prêtre et martyr (+ 1942)
Prêtre de Tarnow, arrêté pendant l’occupation de la Pologne par le régime nazi, il fut interné et succomba aux mauvais traitements subis au camp de concentration d’Auschwitz (Oswiecin), près de Cracovie.
Béatifié par Jean-Paul II avec 107 autres martyrs polonais à Varsovie le 13 juin 1999.





Saint Séraphin d'Ascoli (+ 1604)
A dix ans, Félix gardait les moutons d'un paysan de son village de Montegranaro dans les Marches en Italie. Il avait le temps de prier. A quinze ans, il devint aide-maçon d'un patron qui le battait parce qu'il trouvait que le temps de la prière était du temps perdu pour le travail. Un jour quil travaillait pour une châtelaine, celle-ci remarqua la tristesse du jeune maçon qui lui répondit :"J'aimerais aller vivre au fond d'un bois pour ne penser qu'à Dieu." Elle obtint son entrée chez les capucins de Todi. Mais ils n'avaient besoin ni de gardiens de moutons ni de maçons. Alors ils le firent attendre, puis, une fois admis, ils lui rappelèrent, par leur mépris, qu'il était en surcharge. Frère Séraphin, de son nom de religieux, ne tarda pas à les étonner. Il ne savait pas lire, mais il savait expliquer l'Evangile comme si le Saint-Esprit était venu le lui commenter. Il guérissait et ses extases furent étonnantes. Six ans après sa mort, le pape Paul V permit qu'on allumât des lampes à son tombeau: c'était reconnaître sa sainteté.





Bienheureux Thomas Bullaker prêtre franciscain et martyr (+ 1642)
Jean-Baptiste Bullaker, né à Midhurst dans le Sussex, Angleterre, étudia au collège Royal Anglais de Valladolid en Espagne. Franciscain en 1622, ordonné à Valladolid vers 1627. Il retourna en Angleterre où il exerça son ministère pendant 12 années.
Arrêté par deux fois, sous le roi Charles Ier, il fut condamné à mort en raison de son sacerdoce. Il fut pendu, noyé et écartelé le 12 octobre 1642 à Tyburn, Angleterre.
Béatifié le 22 novembre 1987 par Jean Paul II.




Saint Vanne évêque de Verdun (+ 525)
Accepté comme évêque par Clovis qui venait de prendre la ville de Verdun, nous savons seulement qu'il fut un bon évêque d'autant plus qu'il avait la faveur du roi des Francs.
Pour le reste, la légende suppléa l'histoire.
Fêté le 12 octobre dans le diocèse depuis 1976, avec son prédécesseur Saint Saintin



Les Églises font mémoire…

Anglicans : Wilfrid de Ripon (+709), évêque, missionnaire ; Elizabeth Fry, réformatrice des prisons ; Edith Cavell (+1915), infirmière
Catholiques d’occident : Edwige (+1243), religieuse (calendrier ambrosien)
Coptes et Ethiopiens (2 babah/teqemt) : Arrivée en Egypte de Sévère d’Antioche (Église copte-orthodoxe) ; Grégoire de Nysse (+395), évêque (Église copte-catholique)
Luthériens : Elizabeth Fry, bienfaitrice en Angleterre
Maronites : Probe, Tharaque et Andronic d’Anazarbe (+304), martyrs
Orthodoxes et gréco-catholiques : Probe, Tharaque et Andronic, martyrs ; Onuphre Garegeli (+1773), moine (Église géorgienne)



ELIZABETH FRY (1780-1845) témoin
L’Église anglicane fait aujourd’hui mémoire d’Elizabeth Fry, réformatrice des prisons.
Elizabeth Gurney naquit à Earlham (Norfolk) en 1780. Elle épousa à 20 ans Joseph Fry, commerçant à Londres et quaker de stricte observance. Admise comme ministre dans la Société des Amis, Elizabeth devint une prédicatrice de renom.
Quand elle eut connaissance des conditions misérables qui régnaient alors dans les établissements pénitentiaires de son pays, elle prit la décision de se dévouer par tous les moyens à alléger le déplorable état des détenus de Newgate.
En 1820 Elizabeth fut au nombre des fondateurs du refuge de nuit pour les sans-abri de Londres et, cette année-là, elle entreprit de voyager par toute l’Europe avec la volonté de se battre pour la réforme des prisons dans tous les pays du Vieux Continent.
Elizabeth Fry puisa son inspiration dans une radicalité évangélique peu commune ; elle ne cessa son combat qu’avec la mort qui survint le 12 octobre 1845.

Elizabeth Fry haïssait la peine de mort, et même si d’assister à une exécution lui usait les nerfs, elle demeurait là, chaque fois, en prière avec les femmes condamnées à mort dans la prison de Newgate, jusqu’au moment de leur exécution. Les prisonniers alors étaient souvent condamnés à mort pour avoir volé des sommes modiques ou pour quelque falsification : elle les faisait asseoir délibérément devant elle, aux premières places dans les réunions de prière.
(Richard Symonds, Bien plus que des rubis)

Exode (19, 19-25) - Moïse descend du Sinaï

Posté le 11.10.2008 par jubilatedeo
19 Le son de la trompe devenait de plus en plus fort. Moïse parla, et Dieu lui répondit par une voix.
20 Yahweh descendit sur la montagne de Sinaï, sur le sommet de la montagne, et Yahweh appela Moïse sur le sommet de la montagne, et Moïse monta.
21 Yahweh dit à Moïse: "Descends, et défends expressément au peuple de rompre les barrières vers Yahweh pour regarder, de peur qu'un grand nombre d'entre eux ne périssent.
22 Que même les prêtres, qui s'approchent de Yahweh, se sanctifie, de peur que Yahweh ne les frappe de mort."
23 Moïse dit à Yahweh: "Le peuple ne pourra pas monter sur la montagne de Sinaï, puisque vous nous en avez fait la défense expresse, en disant: pose des limites autour de la montagne, et sanctifie-la."
24 Yahweh lui dit: "Va, descends, tu remonteras ensuite avec Aaron; mais que les prêtres et le peuple ne rompent point la barrière pour monter vers Yahweh, de peur qu'il ne les frappe de mort."
25 Moïse descendit vers le peuple et lui dit ces choses.

Bible Augustin Crampon chanoine catholique

Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la

Posté le 11.10.2008 par jubilatedeo
Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 3,22-29.

Frères, d'après l'Écriture, tout a été enfermé sous la domination du péché, et ainsi c'est l'accomplissement de la promesse qui a été donné aux croyants par la foi en Jésus Christ.
Avant que vienne le temps de la foi, nous étions des prisonniers, enfermés sous la domination de la loi de Moïse, en attendant l'heure où la foi serait révélée.
Ainsi, pour que nous devenions des justes par la foi, la Loi, comme un surveillant, nous a menés jusqu'au Christ.
Et maintenant qu'est venu le temps de la foi, nous ne sommes plus sous la domination de ce surveillant.
Car en Jésus Christ, vous êtes tous fils de Dieu par la foi.
En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ;
il n'y a plus ni juif ni païen, il n'y a plus ni esclave ni homme libre, il n'y a plus l'homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu'un dans le Christ Jésus.
Et si vous appartenez au Christ, c'est vous qui êtes la descendance d'Abraham ; et l'héritage que Dieu lui a promis, c'est à vous qu'il revient.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Psaume 104 (105), 2-3, 4.6, 5.7

Le Seigneur se souvient pour toujours de son alliance.

Chantez et jouez pour lui,
redites sans fin ses merveilles ;
glorifiez-vous de son nom très saint :
joie pour les coeurs qui cherchent Dieu !

Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face,
vous, la race d'Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu'il a choisis.

Souvenez-vous des merveilles qu'il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu'il prononça.
Le Seigneur, c'est lui notre Dieu :
ses jugements font loi pour l'univers.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible





Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,27-28.

Comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : « Heureuse la mère qui t'a porté dans ses entrailles, et qui t'a nourri de son lait ! »
Alors Jésus lui déclara : « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Église
Sermon 31 sur le Cantique des Cantiques (trad. Emery rev.)


« Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la
part du Seigneur » (Lc 1,45)


Les hommes de l'ancienne alliance étaient sous le régime des symboles. Pour nous, par la grâce du Christ présent dans la chair, la vérité elle-même s'est mise à resplendir. Et pourtant, par rapport au monde à venir, nous vivons encore d'une certaine manière dans l'ombre de la vérité. L'apôtre Paul écrit : « Partielle est notre connaissance, partielle notre prophétie » (1Co 13,9) et « Non, je n'estime pas avoir déjà saisi » (Ph 3,13). En effet, comment ne pas faire de différence entre celui qui marche par la foi et celui qui se trouve dans la claire vision ? Ainsi « le juste vit de la foi » (Ha 2,4;Rm 1,17) -- c'est le bienheureux qui exulte dans la vision de la vérité ; maintenant l'homme saint vit encore à l'ombre du Christ... Et elle est bonne, cette ombre de la foi ; elle filtre la lumière aveuglante pour notre regard encore enténébré et prépare notre oeil à supporter la lumière. Il est écrit en effet : « Dieu a purifié leurs coeurs par la foi » (Ac 15,9). La foi donc n'a pas pour effet d'éteindre la lumière, mais de la conserver. Tout ce que les anges contemplent à découvert, l'ombre de la foi le garde pour moi ; elle le fait reposer dans son sein pour le révéler au moment voulu. N'est-ce pas une bonne chose qu'elle tienne enveloppé ce que tu ne peux pas encore saisir sans voile ?

D'ailleurs la mère du Seigneur vivait elle aussi dans l'ombre de la foi, puisqu'on lui a dit : « Heureuse es tu, toi qui as cru » (Lc 1,45). Et du corps du Christ elle a aussi reçu une ombre, selon le message de l'ange : « La puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre » (Lc 1,35). Cette ombre n'a donc rien de méprisable puisque c'est la puissance du Très-Haut qui la projette. Oui vraiment, il y avait dans la chair du Christ une force qui couvrait la Vierge de son ombre, afin que l'écran de ce corps vivifiant lui permette de supporter la présence divine, de soutenir l'éclat de la lumière inaccessible, chose impossible à une femme mortelle. Cette puissance a dompté toute force adverse ; la force de cette ombre chasse les démons et protège les hommes. Puissance vraiment vivifiante et ombre vraiment rafraîchissante ! Et nous, c'est bien dans l'ombre du Christ que nous vivons, puisque nous marchons par la foi et que nous recevons la vie en étant nourris de sa chair.



Homélie Messe

La controverse autour de l’exorcisme d’un « démon muet » accompli par Jésus (Lc 11, 14), avait fait ressurgir la question : « d’où lui vient cette autorité ? » Vient-elle d’en-haut comme il le prétend, puisqu’il affirme chasser les démons « par le doigt de Dieu » ; ou vient-elle d’en bas, c’est-à-dire : expulse-t-il les démons « par Béelzéboul, le chef des démons » ? Le très bref passage qui est proposé à notre méditation aujourd’hui s’inscrit dans le prolongement de cette problématique.
« Jésus était en train de parler » : il est maître de la parole, puisqu’il est capable de la rendre à un muet. Mais par le fait même il se révèle « maître en humanité », tant il est vrai que l’homme est avant tout l’« être de la parole ». En rendant la parole au muet, il lui a redonné accès à son humanité ; il l’a fait renaître.
« Une femme éleva la voix pour lui dire » : pour se faire entendre du milieu de la foule, elle doit crier, de manière à dominer la voix de Jésus et l’obliger à s’interrompre pour l’écouter. Son message ne comporte pas d’information particulière : il s’agit plutôt d’une jubilation. Peut-être s’agit-il de la mère du jeune homme muet que Jésus vient de libérer ? Quoi qu’il en soit, il est question dans son intervention de maternité et d’enfantement. Cette femme proclame bienheureuse la mère de Jésus, qui a enfanté un tel fils. Implicitement, elle rapporte donc l’autorité de Notre-Seigneur à sa généalogie terrestre ; auquel cas cette autorité lui viendrait « d’en bas ». Non pas du Prince des ténèbres comme le suggéraient les pharisiens, mais de sa nature humaine, qu’il a reçue de celle « qui l’a porté dans ses entrailles et qui l’a nourri de son lait ».
« Alors Jésus lui déclara » : Notre-Seigneur rebondit sur ce cri d’émerveillement pour poursuivre son effort de révélation à la fois de son identité et de sa mission.
« Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » Le « plutôt » indique clairement que Jésus entend corriger ce que cette femme vient de dire. Il commence par passer du singulier au pluriel : la femme béatifiait sa mère ; Jésus, lui, déclare bienheureux les auditeurs de la parole de Dieu. Notre-Seigneur élargit donc la perspective : il ne nie pas que sa mère mérite d’être déclarée bienheureuse, mais il corrige la raison ; ce n’est pas d’abord en raison de sa maternité charnelle, mais parce qu’elle « entend la parole de Dieu et qu’elle la garde ». Le bonheur ne consiste pas dans le fait d’enfanter un homme disposant d’un tel pouvoir, mais dans la capacité de s’ouvrir à la parole de Dieu, de se laisser recréer par elle, et de demeurer dans sa lumière en la gardant précieusement - c’est-à-dire en la mettant en pratique. Autrement dit : « Bien plus heureux ceux qui renaissent d’en-haut, qui se laissent engendrer à la vie divine par l’accueil de la parole de Dieu, que ceux qui enfantent dans la chair de ce monde ».
Par la même occasion, Jésus réoriente la recherche engagée sur l’origine de son autorité. Par son cri d’émerveillement, cette femme avait interrompu la prédication du Seigneur, trahissant ainsi qu’elle ne l’écoutait pas vraiment, car on n’interrompt pas un Maître qui enseigne. Délicatement Jésus la reprend sur ce point : « Heureux plutôt ceux qui écoutent… » - nous attendions : « …ce que je dis, et qui gardent ma parole ». En déclarant « heureux ceux qui entendent la parole de Dieu », Notre-Seigneur révèle explicitement l’origine de sa parole, et dès lors sa propre origine : sa parole est celle de Dieu parce qu’il est son Fils, son Unique, celui qu’il nous a envoyé pour que nous puissions renaître « non pas de la chair et du sang ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme, mais de Dieu » (Jn 1, 13).

« “Seigneur, Père Saint, tu as semé pour le juste une lumière et pour le cœur simple une joie” (Ps 96) : ta Parole de vie qui fait de nous tes fils en nous unissant à ton Fils unique Jésus Christ, notre Seigneur. Envoie sur nous l’Esprit Saint : qu’il nous introduise dans la vérité tout entière de cette “Parole vivante qui demeure” (1 P 1, 23). Puissions-nous la désirer, comme des enfants nouveau-nés avides de lait pur (cf. 1 P 2, 2), afin que nous puissions “grandir pour arriver au salut” (Ibid.). Nous pourrons alors te rendre grâce tous les jours de notre vie “en rappelant ton nom très saint” (Ps 96). »

Fête de la maternité divine de la bienheureuse Vierge Marie

Posté le 11.10.2008 par jubilatedeo
Couronnement de la Très sainte Vierge Marie. Sano di Pietro. XIVe.


En 431, un concile général convoqué à Ephèse proclama et définit le dogme de la Maternité divine de la très Sainte Vierge. Jusque-là, il n'avait jamais été contesté qu'il y avait deux natures en Notre-Seigneur : la nature divine et la nature humaine, mais qu'il n'y a qu'une seule personne. Notre-Dame étant la Mère de l'unique personne de Jésus-Christ, a le droit d'être appelée Mère de Dieu, au même titre que nos mères, qui, bien qu'elles n'aient point formé nos âmes, mais seulement nos corps, sont cependant appelées les mères de l'homme tout entier, corps et âme. Car, si l'homme n'est homme qu'en tant que son âme est unie à son corps, Jésus-Christ n'est réellement Jésus-Christ qu'autant que Sa Divinité est unie à Son Humanité.

En 1931, à l'occasion du quinzième centenaire du grand concile d'Ephèse, Pie XI institua la fête que nous célébrons aujourd'hui.


La Maternité divine de Marie L'élève au-dessus de toutes les créatures. L'Église honore en ce jour cet incomparable privilège accordé à Marie, dogme fondamental de notre sainte religion. Grande est la dignité de la mère! Mais combien plus digne de vénération est celle de la Mère du Fils de Dieu qui a engendré dans le temps Celui qui est engendré du Père de toute éternité !

" Il y a dans cette maternité, dit saint Thomas, une dignité en quelque sorte infinie, puisqu'Elle a pour Fils Celui que les anges adorent comme leur Dieu et leur Seigneur. Cette suréminente dignité est la raison d'être de Son Immaculée Conception, de Son élévation au-dessus des anges, de la toute-puissance de Son crédit auprès de Dieu."

Cette élévation donne à Marie une autorité qui doit inspirer notre confiance envers Celle que l'Église appelle Mère de Dieu, Mère du Christ, Mère de la divine grâce, Mère très pure, Mère très chaste, Mère aimable, Mère admirable, Mère du Créateur, Mère du Sauveur.

En nous faisant vénérer ainsi la très Sainte Vierge, l'Église veut susciter en nos âmes un amour filial pour Celle qui est devenue notre propre Mère par la grâce. Marie nous a tous enfantés au pied de la croix. Notre prérogative de frères adoptifs de Jésus-Christ doit éveiller en nos coeurs une confiance illimitée envers Marie qui nous a adoptés sur le Calvaire, lorsqu'avant de mourir, le Sauveur nous a présenté à la Co-rédemptrice, en la personne de saint Jean, comme les enfants qu'Il désirait La voir adopter, disant :
" Mère, voilà Votre fils ; fils, voilà votre Mère !"
Ces paroles sont comme le legs testamentaire du Christ.

" Que peut-on concevoir au-dessus de Marie ? demande saint Ambroise, quelle grandeur surpasse celle qu'a choisie pour Mère Celui qui est la grandeur même ?"
" Il a plu à Dieu d'habiter en Vous, ô Marie, dit saint Bernard, lorsque de la substance de Votre chair immaculée, comme du bois incorruptible du Liban, le Verbe S'est édifié une maison par une construction ineffable. C'est en Vous, ô Mère unique et bien-aimée qu'Il S'est reposé et qu'Il a versé sans mesure, tous Ses trésors..."


" C'est par la Très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c'est aussi par elle qu'il doit régner dans le monde.
Marie a été très cachée dans sa vie : c'est pourquoi elle est appelée par le Saint-Esprit et l'Eglise Alma Mater : Mère cachée et secrète. Son humilité a été si profonde qu'elle n'a point eu sur la terre d'attrait plus puissant et plus continuel que de se cacher à elle-même et à toute créature, pour n'être connue que de Dieu seul."

Saint Louis-Marie Grignon de Montfort.
Traité de la vraie dévotion à la très sainte Vierge Marie.

Les Saints du jour

Posté le 11.10.2008 par jubilatedeo
Bienheureux Jean XXIII Pape (259 ème) (+ 1963)
Angelo Giuseppe Roncalli (Sotto il Monte, près de Bergame, Italie, 25 novembre 1881 – Rome, 3 juin 1963) fut élu pape le 28 octobre 1958 sous le nom de Jean XXIII (en latin Ioannes XXIII, en italien Giovanni XXIII). Il mit en œuvre le concile Vatican II (1962-1965), dont il ne vit pas la fin car il mourut le 3 juin 1963, deux mois après avoir achevé l'encyclique Pacem in Terris. Béatifié par Jean-Paul II à l'occasion du Jubilé de l'an 2000, il est désormais le « bienheureux pape Jean XXIII » pour l'Église catholique. Sa fête a lieu le 11 octobre, jour de l'ouverture de Vatican II


Ses débuts

Angelo Giuseppe Roncalli né en 1901 dans une famille nombreuse de quatorze enfants et dans un milieu modeste, il entre au séminaire à l'âge de douze ans. Il y suit le cursus ecclésiastique classique. En 1904, il est ordonné prêtre. Peu après, il est nommé secrétaire de Mgr Giacomo Radini-Tedeschi, nouvel évêque de Bergame, et reste à son service jusqu'à la mort de ce dernier en 1914. Pendant cette période, il s’occupe aussi de l'enseignement auprès du séminaire de Bergame.
En 1915, il est incorporé dans le service des santés des armées, avant de devenir aumônier militaire. Après la guerre, il devient directeur spirituel du séminaire de Bergame.
En 1921, il entre dans la curie romaine, dans la Congrégation pour la propagation de la foi (plus connue sous le nom de Propaganda Fide). En 1925, Pie XI le promeut évêque et l'envoie en Bulgarie, terre orthodoxe, en tant que visiteur, puis délégué apostolique. Il occupe ensuite le même poste à Istanbul entre 1935 et 1944, ce qui lui permet de sauver, pendant l'Occupation, des victimes du nazisme. Il a d'ailleurs envoyé une lettre au roi Boris de Bulgarie pour qu'il désapprouve la déportation de 25000 juifs de Sofia.
En 1945, il succède comme nonce apostolique à Paris à Mgr Valerio Valeri, compromis avec le régime de Vichy. Il règle avec succès le problème des autres évêques compromis avec le régime de Vichy, dont le gouvernement français demandait la substitution. Pie XII devra accepter seulement les démissions de trois prélats: les évêques de Mende, Aix-en-Provence et Arras.
En 1953, sa carrière diplomatique s'achève, et il retourne à sa première vocation pastorale : il est nommé patriarche de Venise, puis cardinal.


Un pape de transition ?

Le règne de Pie XII avait été très long (19 ans), et marqué par une centralisation progressive du pouvoir. Les cardinaux souhaitaient donc à la fois une rupture avec le style de gouvernement imposé par feu Pie XII, et marquer un temps de réflexion face aux changements amorcés dans l'Église.
Après trois jours de conclave et dix tours de scrutin infructueux, le cardinal Roncalli apparut comme un « pape de transition » idéal. Habile diplomate, francophile, il était d'origine modeste, chérissait son activité pastorale et faisait preuve d'un tempérament bonhomme. Il fut donc élu pape le 28 octobre 1958. Il choisit le nom de « Jean XXIII » (Ioannes XXIII), succédant en cela à Jean XXII (1244-1334), devenu pape en 1316, lui aussi à l'issue d'une élection mouvementée et chez qui on avait également vu un « pape de transition » en raison de son âge (72 ans), mais qui régna 18 ans [1]. Jean XXIII fut couronné le 4 novembre.
Dès le début de son pontificat, il mit l'accent sur l'aspect pastoral de sa charge ; c'est ainsi qu'il fut le premier, depuis Pie IX, à quitter le Vatican après son élection, ce qui lui permit d'assumer pleinement son titre d'évêque de Rome, souvent négligé par ses prédécesseurs. Il prit solennellement possession de la basilique Saint-Jean du Latran et visita les paroisses romaines.

Un pape réformateur

Le 25 janvier 1959, Jean XXIII convoqua le deuxième concile du Vatican, vecteur d'une importante modernisation de l'Église catholique. Il engagea également la réforme du Code de droit canonique, datant de 1917. La préparation du concile fut confiée à la Secrétairerie d'État. Une Secrétairerie pour l'unité des chrétiens fut créée, et eut pour résultat la présence de plusieurs dizaines d'observateurs d'Églises chrétiennes non catholiques.
Le 11 octobre 1962, le concile, couramment désigné depuis lors sous le nom de « Vatican II », fut ouvert. Jean XXIII y prononça un très important discours, rédigé personnellement pour sa plus grande partie :

« L'humble successeur du Prince des apôtres qui vous parle, le dernier en date, a voulu en convoquant ces importantes assises donner une nouvelle affirmation du magistère ecclésiastique toujours vivant et qui continuera jusqu'à la fin des temps. Par le Concile, en tenant compte des erreurs, des besoins et des possibilités de notre époque, ce magistère sera présenté aujourd'hui d'une façon extraordinaire à tous les hommes qui vivent sur la Terre. (...) Ce qui est très important pour le Concile œcuménique, c'est que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit conservé et présenté d'une façon plus efficace. »

Jean XXIII a demandé que la question des relations de l'Église catholique avec les Juifs soit abordée au concile. Plus généralement, les conclusions très substantielles de ce concile ont abouti à inviter les Catholiques, tout en rappelant leur devoir de fidélité à leur foi, à faire preuve de tolérance envers les fidèles des autres religions. Elles affirmaient, dans la déclaration Nostra Ætate, et ce d'ailleurs dans la lignée du Concile de Trente, que ni les Juifs du temps du Christ, ni les Juifs d'aujourd'hui ne pouvaient être considérés comme plus responsables de la mort de Jésus que les Chrétiens eux-mêmes.
En septembre 1962, un cancer fut diagnostiqué. Jean XXIII s'efforça de permettre au concile de continuer son travail. Le 11 avril 1963, il promulgua l'encyclique Pacem in terris[2], adressée à tous les hommes de bonne volonté, condamnant la notion de « guerre juste ». Le 11 mai il reçut le prix Balzan pour son engagement en faveur de la paix. Ce fut sa dernière apparition publique, il mourut en effet le 3 juin 1963, jour de la fête de la Pentecôte.

Sa mort

Tombeau de Jean XXIII, dans la Basilique Saint-Pierre de RomeLes premières alertes sur la santé du pape surviennent en novembre 1962. À partir de cette date l'état de santé du Pape retient l'attention des médias car étant très faible, il est régulièrement victime de « crises » qui l'affaiblissent de jour en jour.
Atteint d'un cancer de l'estomac et de la prostate, il est victime d'une hémorragie le 28 mai 1963. À ce moment Radio Vatican transmet chaque jour l'état de santé du pape en indiquant sa température et son pouls défaillants. Le pape, entre lucidité et inconscience, continue toutefois de tenir son rôle jusqu'aux derniers moments. À l'issue d'une longue agonie il meurt le 3 juin 1963.
Il fut béatifié le 3 septembre 2000 par Jean-Paul II. Depuis lors, son corps repose sous un autel de la basilique Saint-Pierre[3].

HOMÉLIE DU SAINT PÈRE JEAN PAUL II
http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/documents/hf_jp-ii_hom_20000903_beatification_fr.html


Les Encycliques:

MATER ET MAGISTRA
http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_15051961_mater_fr.html

PACEM IN TERRIS
http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_11041963_pacem_fr.html

SACERDOTII NOSTRI PRIMORDIA
http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_j-xxiii_enc_19590801_sacerdotii_fr.html




Saint Firmin Disciple, ami et biographe de saint Césaire d'Arles (+ 553)
Originaire de Narbonne, il est disciple et ami de saint Césaire d'Arles. A 22 ans, il est l'un des premiers évêques de l'ancien diocèse d'Uzès dans le Gard. Nous le trouvons parmi les signataire du concile d'Orléans en 541. Sa réputation d'orateur et de théologien s'étendit jusqu'en Italie. Il meurt à l'âge de 37 ans.




Saint Agilbert (+ 680)
Evêque de Paris. Originaire sans doute de la région de Meaux en France, nous le trouvons quelque temps plus tard en Irlande. Il gouverna son diocèse avec vigilance. Il aida sa soeur sainte Telchide à fonder l'abbaye de Jouarre, où il mourut d'ailleurs.



Saint Alexandre Sauli Barnabite (+ 1592)
Issu d'une noble famille gênoise fixée à Milan, il reçut une excellente éducation humaniste. A 17 ans, il entre chez les Barnabites que venait de fonder Antoine Marie Zaccaria. Prêtre à 22 ans, il est professeur puis doyen de la faculté de théologie de Milan et supérieur de sa congrégation. Conseiller et père spirituel de saint Charles Borromée, il est nommé par saint Pie V, évêque d'Aleria en Corse. La Corse est en proie à des guerres qui opposent les Gênois colonisateurs et les Corses qui veulent l'indépendance. Il consacre à ce pauvre diocèse vingt et un ans d'une intense activité pastorale. Ce fin lettré sait admirablement parler aux paysans. A Bastia, il ouvre un séminaire, secourt les pauvres, écrit un "catéchisme modèle". Un an avant sa mort, il est littéralement arraché à cette Corse qu'il aime pour rejoindre l'évêché de Pavie. Il meurt en léguant une grande part de sa fortune à la cathédrale de son ancien diocèse, au séminaire et aux pauvres de l'île.



Saint Anastase (+ 666)
Prêtre, apocrisiaire de l’Église romaine, compagnon de saint Maxime le Confesseur dans sa confession de foi et dans son exil. Il rendit son âme à Dieu près du camp de Schemaris dans les monts du Caucase, alors qu’il disait dans la sainte assemblée : “Aux saints, les saints mystères”.
"Saint Anastase l'apocrisiaire, disciple de saint Maxime, ayant été séparé de son maître et de l'autre saint Anastase, fut conduit en diverses forteresses et promené pendant sept mois par tous les pays des Lazes, où il marchait à pied et demi-nu, mourant de faim et de froid. Enfin, celui qui commandait dans le pays ayant été chassé, son successeur, nommé Grégoire, le traita mieux et le mit dans un monastère, où il lui donnait abondamment toutes les choses nécessaires. Saint Anastase y fut visité par Etienne, trésorier de l'église de Jérusalem, qui parcourut tout le pays des Lazcs, des Apsiles et des Abasges, publiant partout quelle était la doctrine catholique et quelle est l'hérésie des monothélites, et dissipant les calomnies répandues contre saint Anastase. Etienne mourut dans ces courses apostoliques, le premier janvier 663, chez le prince des Abasges. De ce troisième exil, saint Anastase écrivit l'année suivante à Théodose, prêtre de Gangre et moine à Jérusalem, lui racontant ce qui lui était arrivé jusqu'alors, et le priant de lui envoyer les actes du concile tenu à Rome par le pape saint Martin; car il voulait profiter de son exil pour faire connaître la doctrine catholique. Avec cette lettre, il lui envoie, de son côté, des passages de saint Hippolyte, évêque de Porto, près fle Rome, et martyr, pour établir les deux volontés et les deux opérations en Jésus-Christ. Saint Anastase écrivit lui-même cette lettre, d'une manière qui fut tenue pour miraculeuse. Car, comme on lui avait coupé la main, il fit attacher au bout de son bras deux petits bâtons, dont il tenait la plume, et il fit de la même manière plusieurs autres écrits. Ce qui était plus merveilleux encore, c'est que, quoiqu'on lui eût coupé la langue jusqu'à la racine, il parlait distinctement. Enfin, il mourut dans la forteresse de Thusume, au pied du mont Caucase, le dimanche onze octobre 666, après avoir fait un grand nombre de miracles et de conversions."
(source: Histoire universelle de l'église catholique - René François Rohrbacher)
http://books.google.fr/books?id=ucVDAAAAIAAJ&pg=PA231&lpg=PA231&dq=anastase+666&source=web&ots=4mEHxarC6J&sig=YUT6e6ZCMgBwoUM4EPGxMjJM5tU&hl=fr&sa=X&oi=book_result&resnum=1&ct=result#PPA230,M1



Saint Andronic (+ 304)
et les saints Taracus et Probus, martyrs célèbres en Orient. De Cilicie à Tarse puis à Mopsuete, ils furent conduits prisonniers. Sans égard pour son grand âge, on brisa la mâchoire de Tarachus à coups de pierres. Probus ne connut aucun interrogatoire, il fut immédiatement frappé à coups de nerfs de boeuf. Andronic le plus jeune, fut suspendu à une potence et on lui incisa les jambes avec des lames effilées. Quelques jours plus tard, devant leur persévérance à confesser Jésus-Christ, Tarachus fut suspendu la tête en bas au-dessus d'une épaisse fumée, Probus fut soumis aux fers rouges et l'on força Andronic à manger des viandes offertes aux idoles. Enfin, ils furent jetés en pâture dans l'arène. Les gladiateurs les achevèrent.



Bienheureux Ange Ramos Velasquez religieux salésien et martyr (+ 1936)
Victime de la persécution religieuse au cours de la guerre civile espagnole à Barcelone.
Il fut béatifié par Jean-Paul II, en mars 2001, avec 31 autres Salésiens.



Saint Bruno de Cologne Evêque de Cologne (+ 965)
Un véritable "Bottin" mondain: fils de l'empereur Henri Ier l'Oiseleur et de sainte Mathilde, frère de l'empereur Otton le Grand, il joue un rôle prépondérant dans l'empire franc tant sur le plan religieux que sur le plan politique. Il meurt à Reims au retour d'une mission auprès d'Hugues Capet.



Saint Canice abbé (+ v. 599)
Cainnech ou Kenneth
Né en Irlande du Nord, il fut formé à la vie monastique sous Saint Finien de Clonard puis de saint Cadoc, au pays de Galles.
De retour en Irlande, il fonda le monastère d'Agahanoe et peut-être celui de Kilkenny.
Plus tard, il prêcha en Ecosse sous saint Colomba et fût le premier à bâtir une église à l'endroit actuel du village de Saint-André.



Sainte Emmanuelle Sainte Soledad Torrès (+ 1887)
Sainte Maria Soledad Torrès Acosta, née à Madrid le 2 Décembre 1826, et baptisée sous le nom d’Emmanuelle (Manuela), entra à vingt-cinq ans chez les « Servantes de Marie » garde-malades, institut naissant où elle reçut le nom de Soledad (1851). Très tôt nommée supérieure par le directeur spirituel, elle secourut son prochain avec ses compagnes, au péril de sa vie, dans une Espagne troublée par de sanglants conflits politiques et ravagée par le choléra. A sa mort, le 11 Octobre 1887, à Madrid, la Société des Servantes de Marie comptait quarante-six maisons. En 1970, la Mère Soledad Torrès fut canonisée par Paul VI.
"Emmanuelle ou Soledade selon qu'on préfère son nom de baptême ou son nom de religieuse. Elle naquit à Madrid et y mourut, fon