Posté le 01.10.2008 par jubilatedeo
24 Puis il congédia ses frères, qui partirent; et il leur dit: " Ne vous querellez pas en chemin. "
25 Ayant monté de l'Égypte, ils arrivèrent dans le pays de Chanaan, auprès de Jacob, leur père.
26 Ils lui dirent: " Joseph vit encore, c'est même lui qui gouverne tout le pays d'Égypte. " Mais son coeur resta froid, parce qu'il ne les croyait pas.
27 Ils lui rapportèrent alors toutes les paroles que Joseph avait dites. Lorsqu'il eut vu les chariots que Joseph avait envoyés pour le transporter, l'esprit de Jacob, leur père, se ranima, et Israël dit:
28 "C'est assez! Joseph, mon fils, vit encore! j'irai et je le verrai avant de mourir. "
Bible Augustin Crampon chanoine catholique
01 Jacob partit pour l'Egypte avec tout ce qui lui appartenait. Arrivé à Bershéba, il offrit des sacrifices au Dieu de son père Isaac,
02 et Dieu l'appela dans une vision nocturne : « Jacob ! Jacob ! » Il répondit : « Me voici. »
03 Dieu reprit : « Je suis Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains pas de descendre en Égypte, car là-bas je ferai de toi un grand peuple.
04 Moi, je descendrai avec toi en Égypte. Moi aussi, je t'en ferai remonter, et Joseph te fermera les yeux. »
05 Jacob partit de Bershéba. Ses fils l'installèrent, avec leurs jeunes enfants et leurs femmes, sur les chariots que Pharaon avait envoyés pour les prendre.
06 Ils emmenèrent aussi leurs troupeaux et les biens qu'ils avaient acquis au pays de Canaan. C'est ainsi que Jacob se rendit en Égypte avec toute sa descendance.
07 Il emmena en Égypte avec lui ses fils et ses petits-fils, ses filles et ses petites-filles, bref toute sa descendance.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
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Posté le 01.10.2008 par jubilatedeo
Lecture de la lettre de St Paul aux Romains 8, 14-17
Frères, tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : « Abba ! »
C'est donc l'Esprit Saint lui-même qui affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Psaume130 (131), 1, 2, 3
Garde mon âme dans la paix près de toi, mon Dieu.
Seigneur, je n’ai pas le cœur fier
ni le regard ambitieux ;
Je ne poursuis ni grands desseins,
ni merveilles qui me dépassent.
Non, mais je tiens mon âme
égale et silencieuse ;
mon âme est en moi comme un enfant,
comme un petit enfant contre sa mère.
Attends le Seigneur, Israël,
maintenant et à jamais.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,1-5.
Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? es disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? »
Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d'eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c'est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c'est moi qu'il accueille.»
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Saint Léon le Grand (? - vers 461), pape et docteur de l'Église
Sermon 71, pour le résurrection de Seigneur ; PL 54, 388 (trad. Année en fêtes, Migne 2000, p.363 rev. ; cf Orval)
« Celui qui regarde en arrière n'est pas fait pour le royaume de Dieu »
Mes très chers, Paul, l'apôtre des païens, ne contredit pas notre foi lorsqu'il dit : « Même si nous avons connu le Christ selon la chair nous ne le connaissons plus ainsi à présent » (2Co 5,16). La résurrection du Seigneur n'a pas mis fin à sa chair, elle l'a transformée. Le surcroît de sa puissance n'a pas détruit sa substance ; la qualité a changé ; la nature n'a pas été anéantie. On avait cloué ce corps en croix : il est devenu inaccessible à la souffrance. On l'avait mis à mort : il est devenu éternel. On l'avait meurtri : il est de venu incorruptible. Et l'on peut bien dire en effet que la chair du Christ n'est plus celle que l'on avait connue ; car il n'y a plus trace en elle de souffrance ou de faiblesse. Elle reste la même en son essence, mais elle n'est plus la même sous le rapport de la gloire. Pourquoi s'étonner d'ailleurs que saint Paul s'exprime ainsi à propos du corps de Jésus Christ lorsque, parlant de tous les chrétiens qui vivent selon l'esprit, il dit : « Nous ne connaissons plus désormais personne selon la chair ».
Il veut dire par là que notre résurrection a commencé en Jésus Christ. En lui, qui est mort pour tous, toute notre espérance a pris corps. Point de doute en nous ni de réticence, point d'attente déçue : les promesses ont commencé à s'accomplir et nous voyons déjà, avec les yeux de la foi, les grâces dont elles nous combleront demain. Notre nature a été élevée ; alors, dans la joie, nous possédons déjà l'objet de notre foi...
Que le peuple de Dieu prenne donc conscience qu'il est « une création nouvelle dans le Christ » (2Co 5,17). Qu'il comprenne bien qui l'a choisi, et qui il a lui-même choisi. Que l'être renouvelé ne retourne pas à l'instabilité de son ancien état. Que « celui qui a mis la main à la charrue » ne cesse de travailler, qu'il veille au grain qu'il a semé, qu'il ne se retourne pas vers ce qu'il a abandonné... Telle est la voie du salut ; telle est la manière d'imiter la résurrection commencée dans le Christ.
Homélie Messe
Pour répondre aux disciples qui l’interrogent, Jésus appela un « petit enfant » et le plaça au milieu d’eux. Voilà ce que les disciples qui espèrent grandir en sainteté doivent devenir. Dans le Royaume, Jésus est incontestablement « le plus grand », parce qu’il s’est fait le plus petit, il n’a rien retenu pour lui, pas même le rang qui l’égalait à Dieu, et il s’est fait homme, nous ouvrant les chemins de la vie. Le Fils Unique de Dieu, engendré du Père avant les siècles, est descendu à Nazareth, entre Marie et Joseph, pour « grandir en sagesse en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes » (Lc 2, 52).
Aujourd’hui, Jésus met sous nos yeux un petit enfant, celui que nous avons à devenir ; celui qui révèle notre identité profonde. Nous sommes tous appelés à devenir les fils bien-aimés du Père. « L’Esprit Saint lui-même affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » (1ère lect.). Dieu, dans sa bonté, le veut ainsi. C’est pourquoi il nous est nécessaire de devenir comme des petits enfants : il nous faut répondre à la disponibilité de Dieu qui se donne lui-même éternellement par une disponibilité capable d’accueillir ce don divin à chaque instant.
Cette disposition de cœur n’est pas un état, elle est une marche, un apprentissage ; on n’est enfant de Dieu qu’en cherchant toujours à le devenir. On ne le devient qu’en gardant les yeux fixés sur le Christ, notre modèle et notre route. Il nous faut apprendre à ne rechercher que la joie de notre Père des Cieux. Notre seul but, notre seule inquiétude, notre seule récompense est de faire la joie de notre Père. C’est ce qu’on appelle le don de soi. C’est aussi entrer dans la vie divine. La grandeur des fils du royaume est d’être les « héritiers de Dieu », ceux qui reçoivent de lui la capacité de tout donner par amour. Alors débarrassé de soi, le cœur unifié, on comprend la grandeur des enfants de Dieu, on découvre l’Enfant divin et ses trésors de simplicité et de grâce.
Telles sont les « nouvelles lumières », les « sens cachés et mystérieux » que sainte Thérèse de Lisieux a conquis dans sa marche de géant. Sa connaissance des mystères du royaume lui faisait éprouver que tout vient de Dieu, que tout retourne à Lui et demeure en Lui, pour le salut de tous, dans un mystère d'amour miséricordieux. Tel est le cœur de l’enfance spirituelle.
L’esprit d’enfance lui faisait adresser cette prière au Seigneur Jésus : « Ô Petit Enfant ! Mon unique Trésor, je m'abandonne à tes Divins Caprices, je ne veux pas d'autre joie que celle de te faire sourire. Imprime en moi tes grâces et tes vertus enfantines, afin qu'au jour de ma naissance au Ciel, les anges et les saints reconnaissent en ta petite épouse ».
La « petite Thérèse » s’adresse ainsi à ceux qui veulent découvrir la « petite voie » : « Consentez à être ce petit enfant. Par la pratique de toutes les vertus, levez toujours votre petit pied pour gravir l'escalier de la sainteté. Vous n'arriverez même pas à monter la première marche, mais le bon Dieu ne demande de vous que la bonne volonté. Bientôt vaincu par vos efforts inutiles, il descendra lui-même et vous prenant dans ses bras, vous emportera pour toujours dans son royaume ».
Sainte Thérèse, toi dont la bonté et la pureté d’âme ont vaincu le cœur du Père, apprends-nous à devenir comme le petit enfant que Jésus nous donne en exemple. Intercède pour que l’Esprit d’enfance nous assiste dans ce grand projet de Dieu qu’est notre sainteté. Que nous sachions rester disponibles, en tout temps, à l’action de Dieu qui se donne à nous, sans rien retenir pour lui.
Posté le 01.10.2008 par jubilatedeo
SAINTE THÉRÈSE de L'ENFANT-JÉSUS ET DE LA SAINTE-FACE
Vierge, Carmélite, Docteur de l'Eglise (1873-1897)
Une vie tout ordinaire
Par Monseigneur Guy Gaucher, Evêque auxiliaire de Bayeux et Lisieux
La sainteté de Thérèse ne repose pas sur des phénomènes extraordinaires. Elle consiste à "faire de manière extraordinaire des choses tout ordinaires!"
On a beaucoup de mal à se rendre compte que la vie de Thérèse Martin fut tout ordinaire. Parce qu'elle est devenue sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus de la Sainte Face, connue dans le monde entier, avec de très nombreux titres (Patronne universelle des missions, patronne secondaire de France, Docteur de l'Eglise etc.), on oublie qu'elle est passée inaperçue de sa famille, de son entourage, de son Carmel, de son père spirituel... Certes, à Lisieux, on a pu parler d'une jeune fille qui a eu l'audace de parler au Pape Léon XIII lors d'une audience à Rome (un journal national l'avait signalé). Puis elle était entrée au Carmel à quinze ans et trois mois. Mais lorsqu'elle mourut, inconnue, dans un petit Carmel de province, il n'y avait guère que 30 personnes à son enterrement au cimetière de Lisieux. A sa canonisation à Saint Pierre de Rome, il y en aura 500 000, le 17 mai 1925. Alors ?
Alors, oui, une vie très ordinaire et très cachée.
Alençon (1873-1877)
Une famille chrétienne, à Alençon, le père Louis Martin, horloger-bijoutier, la mère, Zélie Guérin, dentellière. Ils ont eu neuf enfants dont quatre sont morts en bas-âge. Restent quatre filles et voilà qu'à quarante ans, la maman est enceinte : Thérèse naît le 2 janvier 1873. Petite fille gaie, vivante, après un an en nourrice (sa mère ne peut la nourrir), elle a une vie heureuse, comblée d'amour par ses parents et ses soeurs. La petite dernière reçoit de sa famille une foi profonde, vivante, charitable. Tout va bien, jusqu'au drame: Zélie Martin meurt d'un cancer du sein (août 1877). Thérèse a quatre ans et demi.
Le choc est très fort pour la petite Thérèse. Elle choisit sa soeur Pauline comme seconde mère mais la blessure est profonde et mettra dix ans à se cicatriser.
Lisieux (1877-1888)
Ayant cinq filles à élever, Monsieur Martin cède aux insistances de son beau-frère Isidore Guérin, pharmacien à Lisieux. Toute la famille Martin s'installe aux Buissonnets. Thérèse y trouve une ambiance chaude mais les cinq années où elle va aller à l'école chez les Bénédictines resteront pour elle "les plus tristes de sa vie". Bonne élève mais timide, scrupuleuse, vivant mal les heurts de la vie scolaire...
Le départ de Pauline au Carmel de Lisieux rouvre la blessure. A dix ans, Thérèse tombe gravement malade : symptômes alarmants d'une régression infantile, hallucinations, anorexie. La médecine renonce. Les familles, le Carmel prient. Le 13 mai 1883, une statue de la Vierge Marie sourit à Thérèse qui est guérie subitement.
L'année suivante, 8 juin 1884, sa première communion est pour elle une "fusion" d'amour. Jésus se donne enfin à elle et elle se donne à Lui. Elle pense déjà à être carmélite. Le départ au Carmel de sa troisième mère, sa soeur Marie, la déstabilise. Elle souffre d'une grave crise de scrupules obsédants, elle demeure hypersensible et "pleureuse à l'excès". Elle aspire à mûrir et à être libérée. La nuit de Noël 1886, la grâce touche son coeur. C'est une véritable "conversion" qui la transforme en femme forte. L'Enfant de la crèche, le Verbe de Dieu, lui a communiqué sa force dans l'Eucharistie.
La voici prête à combattre pour le Carmel, à franchir tous les obstacles : son père, son oncle, l'aumônier du monastère, l'Evêque, le Pape Léon XIII. Car la grâce lui a ouvert le coeur et elle veut sauver les pécheurs avec Jésus qui, sur la Croix, a soif des âmes. Thérèse, à quatorze ans et demi, décide de rester au pied de cette Croix pour "recueillir le sang divin et le donner aux âmes." Telle est sa vocation : "aimer Jésus et Le faire aimer."
En 1887, entendant parler d'un assassin qui a tué trois femmes à Paris, elle prie et se sacrifie pour lui, voulant à tout prix l'arracher à l'enfer. Henri Pranzini est jugé, condamné à être guillotiné. Mais au moment de mourir, il embrasse le crucifix ! Thérèse pleure de joie : exaucée, elle le nomme son "premier enfant".
Lors d'un pèlerinage en Italie, Thérèse s'aperçoit qu'en dehors de leur "sublime vocation", les prêtres ont leurs petits côtés. Elle saisit qu'il faut beaucoup prier pour eux car ce sont des hommes "faibles et fragiles". Thérèse comprend que sa vocation n'est pas seulement de prier pour la conversion des grand pécheurs mais aussi de prier pour les prêtres. Au cours de ce même pèlerinage, elle demande au Pape d'entrer au Carmel à quinze ans. Réponse évasive, "fiasco", mais le 9 avril 1888, elle quitte à jamais son père, ses soeurs, les Buissonnets, son chien Tom...
Au Carmel (1888-1897)
Un chemin de solitude
Heureuse d'être là "pour toujours", "prisonnière" avec Lui... et 24 soeurs. La vie communautaire, le froid, la prière souvent dans la sécheresse, la solitude affective (même si elle retrouve deux de ses soeurs), elle supporte tout avec ardeur. Sa plus grande souffrance va être la maladie de son père bien-aimé, interné au Bon Sauveur de Caen, hôpital pour malades mentaux. Nouveau drame familial pour Thérèse. Elle s'enfonce dans la prière avec "le Serviteur souffrant" d'Isaïe 53, sur le chemin de la passion de Jésus. Mais le climat spirituel de son Carmel, marqué d'une crainte diffuse de Dieu, vu d'abord comme justicier, lui pèse. Elle aspire à l'Amour quand elle lit la Vive Flamme d'Amour de Saint Jean de la Croix. En 1891 (elle a dix huit ans), un prêtre la lance "sur les flots de la confiance et de l'Amour" sur lesquels elle n'osait avancer, étant plutôt retenue sur ce chemin audacieux, même par sa soeur Pauline, Mère Agnès de Jésus, qui deviendra prieure en 1893.
Son père, revenu dans sa famille, meurt en 1894 : Céline qui le soignait entre à son tour au Carmel.
C'est vers cette époque que la jeune soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus de la Sainte Face (tel est son vrai nom, résumé de sa vocation), découvre, après des années de recherche, la voie de l'enfance spirituelle qui va transformer sa vie. Elle reçoit la grâce d'approfondir la Paternité de Dieu qui n'est qu'Amour Miséricordieux (exprimé en son Fils Jésus incarné). La vie chrétienne n'est autre que la vie d'enfant du Père ("fils dans le Fils"), inaugurée au baptême et vécue dans une confiance absolue. "Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume de Dieu", dit Jésus (Mt 18,3). Par chance, Mère Agnès lui ordonne d'écrire ses souvenirs d'enfance. Thérèse obéit et écrit 86 pages dans un petit cahier.
Alors qu'à son époque les âmes d'élite (rares) s'offraient en victimes à la Justice de Dieu, la "faible et imparfaite" Thérèse s'offre à son Amour Miséricordieux, le 9 juin 1895 au cours de la messe de la Trinité.
Ce don total la "renouvelle", brûle tout péché en elle. En septembre 1896, Thérèse ressent que sa belle vocation ("carmélite, épouse et mère") ne lui suffit plus. Elle éprouve durant sa prière, l'appel de grands désirs : être prêtre, diacre, prophète, docteur (de l'Eglise), missionnaire, martyr... Ces souffrances vont disparaître lorsqu'elle va enfin trouver sa vocation en lisant un passage de Saint Paul sur la charité (1 Corinthiens 13). Alors, tout s'éclaire pour elle et elle peut écrire : "O Jésus mon Amour... ma vocation enfin je l'ai trouvée, ma vocation, c'est l'Amour!... Oui j'ai trouvé ma place dans l'Eglise et cette place, ô mon Dieu, c'est vous qui me l'avez donnée... dans le Coeur de l'Eglise, ma Mère, je serai l'Amour... ainsi je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé !!!..." (Manuscrit B, 3v°) De plus en plus hantée par le souci des pécheurs qui ne connaissent pas cet Amour Miséricordieux, elle entre à Pâques 1896 dans une nuit épaisse où sa foi et son espérance doivent combattre. D'autant plus qu'une tuberculose ronge sa santé et l'affaiblit. Elle use ses dernières forces à enseigner la voie d'enfance aux cinq novices dont elle a la charge et à deux frères spirituels, prêtres missionnaires pour l'Afrique et la Chine.
Vivant cette "com-passion", en union avec la Passion de Jésus à Gethsémani et à la Croix, épuisée par des hémoptysies, elle garde son sourire et son exquise charité qui remonte le moral de ses soeurs, consternées de la voir mourir dans d'atroces souffrances. Par obéissance, elle continue jusqu'à épuisement la rédaction de ses souvenirs dans lesquels, avec une transparente vérité, elle "chante les miséricordes du Seigneur" dans sa courte vie. Priant pour "faire du bien sur la terre, après sa mort, jusqu'à la fin du monde", prophétisant humblement que sa mission posthume sera de "donner sa petite voie aux âmes" et de "passer son Ciel à faire du bien sur la terre", elle meurt le 30 septembre 1897.
Un an après sa mort, paraissait un livre composé à partir de ses écrits : l'Histoire d'une Âme qui allait conquérir le monde et faire connaître cette jeune soeur qui avait aimé Jésus jusqu'à "mourir d'amour". Cette vie cachée allait rayonner sur l'univers. Cela dure depuis plus de cent ans...
Visage de Thérèse de Lisieux
http://therese-de-lisieux.cef.fr/fr/framefr.htm
Son message
http://therese-de-lisieux.cef.fr/fr/framefr.htm
Site officiel du Vatican
THÉRÈSE MARTIN naquit à Alençon, en France, le 2 janvier 1873. Elle fut baptisée deux jours plus tard en l'église Notre-Dame, recevant les noms de Marie Françoise Thérèse. Ses parents étaient Louis Martin et Zélie Guérin. Après la mort de sa mère, le 28 août 1877, Thérèse s'installa avec toute sa famille à Lisieux.
Vers la fin de 1879, elle s'approche pour la première fois du sacrement de la Pénitence. Le jour de la Pentecôte 1883, elle reçoit la grâce insigne de la guérison d'une grave maladie, par l'intercession de Notre-Dame des Victoires. Formée par les Bénédictines de Lisieux, elle fait sa première communion le 8 mai 1884, après une préparation intense, couronnée par une expérience très vive de la grâce de l'union intime avec le Christ. Quelques semaines après, le 14 juin de la même année, elle reçoit le sacrement de la confirmation, accueillant en toute conscience le don de l'Esprit Saint dans une participation personnelle à la grâce de la Pentecôte.
Elle avait le désir d'entrer dans la vie contemplative, comme ses soeurs Pauline et Marie, au Carmel de Lisieux, mais son jeune âge l'en empêchait. Pendant un voyage en Italie, après avoir visité la Maison de Lorette et la Ville éternelle, au cours de l'audience accordée par le Pape aux pèlerins du diocèse de Lisieux le 20 novembre 1887, elle demanda à Léon XIII avec une audace filiale de pouvoir entrer au Carmel à l'âge de quinze ans.
Le 9 avril 1888, elle entra au Carmel de Lisieux. Elle prit l'habit le 10 janvier de l'année suivante et fit sa profession religieuse le 8 septembre 1890, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie.
Au Carmel, elle s'engage sur le chemin de perfection tracé par la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, avec une ferveur et une fidélité authentiques, par l'accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Éclairée par la Parole de Dieu, éprouvée très vivement par la maladie de son père bien-aimé, Louis Martin, qui meurt le 29 juillet 1894, elle avance vers la sainteté, inspirée par la lecture de l'Évangile, plaçant au centre de tout l'amour. Dans ses manuscrits autobiographiques, Thérèse nous a laissé non seulement les souvenirs de son enfance et de son adolescence, mais aussi le portrait de son âme, la description de ses expériences les plus intimes. Elle découvre et communique aux novices qui lui sont confiées la petite voie de l'enfance spirituelle; elle reçoit comme un don spécial la charge d'accompagner par le sacrifice et la prière deux « frères missionnaires ». Elle pénètre toujours plus le mystère de l'Église et sent croître en elle sa vocation apostolique et missionnaire, pour attirer tout le monde à sa suite, saisie par l'amour du Christ, son unique Époux.
Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s'offre en victime d'holocauste à l'Amour miséricordieux de Dieu. Elle rédige alors le premier manuscrit autobiographique qu'elle remet à Mère Agnès le jour de sa fête, le 21 janvier 1896.
Quelques mois après, le 3 avril, dans la nuit entre le jeudi et le vendredi saints, elle souffre d'une hémoptysie, première manifestation de la maladie qui la conduira à sa mort et qu'elle accueille comme une mystérieuse visite de l'Époux divin. Elle entre alors dans une épreuve de la foi qui durera jusqu'à sa mort et dont elle donnera un témoignage bouleversant dans ses écrits. Au mois de septembre, elle achève le manuscrit B qui illustre de manière impressionnante la maturité dans la sainteté à laquelle elle est parvenue, en particulier par la découverte de sa vocation au coeur de l'Eglise.
Alors que sa santé se dégrade et que le temps de l'épreuve se poursuit, elle commence au mois de juin le manuscrit C dédié à Mère Marie de Gonzague; de nouvelles grâces l'amènent à une plus haute perfection et elle découvre de nouvelles lumières pour la diffusion de son message dans l'Église au profit des âmes qui suivront sa voie. Le 8 juillet, elle est transférée à l'infirmerie. Ses soeurs et d'autres religieuses recueillent ses paroles, tandis que s'intensifient ses souffrances et ses épreuves, supportées avec patience, jusqu'à sa mort dans l'après-midi du 30 septembre 1897. «Je ne meurs pas, j'entre dans la vie», avait-elle écrit à son frère spirituel missionnaire, l'Abbé M. Bellier. Ses dernières paroles, « Mon Dieu..., je vous aime!», scellent une existence qui s'éteint sur la terre à l'âge de vingt-quatre ans pour entrer, suivant son désir, dans une phase nouvelle de présence apostolique en faveur des âmes, dans la communion des saints, pour répandre une pluie de roses sur le monde.
Elle fut canonisée par Pie XI le 17 mai 1925 et proclamée Patronne universelle des missions, en même temps que saint François Xavier, par le même Pape, le 14 décembre 1927.
Sa doctrine et son exemple de sainteté ont été reçus par toutes les catégories de fidèles de ce siècle avec un grand enthousiasme, et aussi en dehors de l'Église catholique et du christianisme.
De nombreuses Conférences épiscopales, à l'occasion du centenaire de sa mort, ont demandé au Pape qu'elle soit proclamée Docteur de l'Église, à cause de la solidité de sa sagesse spirituelle, inspirée par l'Évangile, à cause de l'originalité de ses intuitions théologiques où brille sa doctrine éminente, et à cause de l' universalité de la réception de son message spirituel, accueilli dans le monde entier et diffusé par la traduction de ses oeuvres dans une cinquantaine de langues.
Accueillant ces requêtes, le Saint-Père Jean-Paul II a voulu que soit étudiée l'opportunité de déclarer Thérèse de Lisieux Docteur de l'Église universelle par la Congrégation pour les Causes des Saints, compétente en la matière, avec l'avis de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en ce qui concerne sa doctrine éminente. Le 24 août, au terme de la célébration eucharistique de la XII Journée mondiale de la Jeunesse à Paris, en présence de centaines d'Évêques et devant une immense foule de jeunes du monde entier, Jean-Paul II a annoncé son intention de proclamer Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face Docteur de l'Église universelle le 19 octobre 1997, le dimanche où l'on célèbre la Journée mondiale des Missions.
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Posté le 01.10.2008 par jubilatedeo
SAINT RÉMI Archevêque de Reims, Apôtre des Francs (438-533)
La naissance de saint Rémi fut prédite à ses parents déjà avancés en âge par un vieux moine aveugle. Les talents et les vertus de Rémi le firent consacrer archevêque de Reims, à l'âge de vingt-deux ans; sa consécration fut marquée par un prodige: le front de Rémi parut brillant de lumière et fut embaumé d'un parfum tout céleste.
Il montra dès l'abord toutes les vertus des grands pontifes. Les miracles relevèrent encore l'éclat de sa sainteté: pendant ses repas, les oiseaux venaient prendre du pain dans ses mains; il guérit un aveugle possédé du démon; il remplit de vin, par le signe de la Croix, un vase presque vide; il éteignit, par sa seule présence, un terrible incendie; il délivra du démon une jeune fille que saint Benoît n'avait pu délivrer.
L'histoire de sainte Clotilde nous a appris comment Clovis se tourna vers le Dieu des chrétiens, à la bataille de Tolbiac, et remporta la victoire. Ce fut saint Rémi qui acheva d'instruire le prince. Comme il lui racontait, d'une manière touchante, la Passion du Sauveur: "Ah! s'écria le guerrier, que n'étais-je là avec mes Francs pour Le délivrer!" La nuit avant le baptême, saint Rémi alla chercher le roi, la reine et leur suite dans le palais, et les conduisit à l'église, où il leur fit un éloquent discours sur la vanité des faux dieux et les grands mystères de la religion chrétienne. Alors l'église se remplit d'une lumière et d'une odeur célestes, et l'on entendit une voix qui disait: "La paix soit avec vous!"
Le Saint prédit à Clovis et à Clotilde les grandeurs futures des rois de France, s'ils restaient fidèles à Dieu et à l'Église. Quand fut venu le moment du baptême, il dit au roi: "Courbe la tête, fier Sicambre; adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré." Au moment de faire l'onction du Saint Chrême, le pontife, s'apercevant que l'huile manquait, leva les yeux au Ciel et pria Dieu d'y pourvoir. Tout à coup, on aperçut une blanche colombe descendre d'en haut, portant une fiole pleine d'un baume miraculeux; le saint prélat la prit, et fit l'onction sur le front du prince. Cette fiole, appelée dans l'histoire la sainte Ampoule, exista jusqu'en 1793, époque où elle fut brisée par les révolutionnaires. Outre l'onction du baptême, saint Rémi avait conféré au roi Clovis l'onction royale. Deux soeurs du roi, trois mille seigneurs, une foule de soldats, de femmes et d'enfants furent baptisés le même jour.
Saint Rémi devint aveugle dans sa vieillesse. Ayant recouvré la vue par miracle, il célébra une dernière fois le Saint Sacrifice et s'éteignit, âgé de quatre-vingt-seize ans.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Le premier octobre 1049, le pape Léon IX fait la translation du corps de saint Remi dans l’église des Bénédictins de Reims qui reçoit son nom. Chaque année, le premier octobre, le saint roi Louis IX allait assister à l’office solennel chanté par les aveugles à l’hôpital des Quinze-Vingts, fondé en 1260, dont la chapelle était sous le patronage de saint Remi.
Bienheureux Antoine Rewera prêtre et martyr (+ 1942)
Prêtre de Sandomierz, fondateur de la Congrégation des Filles de Saint-François d’Assise, il fut arrêté par la Gestapo, interné à Sandomierz, puis déporté à Auchwitz et enfin à Dachau, où il mourut des suites des mauvais traitements subis.
Béatifié le 13 juin 1999 en Pologne par le pape Jean-Paul II avec d'autres martyrs polonais de la seconde guerre mondiale.
Sainte Arielle (7ème s.)
ou
Urielle.
On dit qu’elle serait la soeur de saint Judicael, roi de Domnonée en Bretagne. Par delà la légende, il y a bien eu une réalité puisqu’un culte lui fut rendu très tôt et qu’une église s’est placée jadis sous son patronage près de Dinan dans les Côtes d’Armor.
Saint Bavon Ermite à Gand (+ 659)
ou
Alowinus.
Seigneur dans le pays de Liège en Belgique, il mena longtemps une vie dissolue. A la mort de sa femme, il rencontra saint Amand qui le convertit et dont il devint le disciple et le collaborateur.
Il passa les trois dernières années de sa vie dans une solitude, à côté du monastère Saint Pierre que l'évêque saint Amand venait de fonder dans un lieu désert appelé Ganda, qui fut le berceau de la ville de Gand.
Vénérable Délia Treteault
fondatrice des Soeurs Missionaires de l'Immaculée-Conception (+ 1941)
Le 3 juin 1902, Délia Tétreault ouvrait à Montréal une École apostolique consacrée à la formation de jeunes filles destinées aux missions. Deux ans plus tard, le 7 décembre 1904, naissait de cette École l'Institut des Sœurs Missionnaires de l'Immaculée-Conception.
Quand Délia Tétreault prononça ses vœux au sein de ce nouvel Institut, elle prit le nom de Marie du Saint-Esprit. Ce choix n'avait pas été fait à la légère. Il exprimait un programme de vie. Délia voulait vivre comme Marie, en se laissant habiter, éclairer et guider par l'Esprit. Elle le fit d'une manière exemplaire.
C'est pourquoi, le pape Jean-Paul II a reconnu l'héroïcité de ses vertus et l'a déclarée Vénérable le 18 décembre 1997.
(Source: diocèse de Montréal)
http://www.diocesemontreal.org/archeveque/homelies_arc/homelies/2002/2002_05_18imc.htm
Elle meurt le 1er octobre 1941 après une longue maladie qui la paralysait.
Voir aussi: Soeurs Missionaires de l'Immaculée-Conception.
http://www.soeurs-mic.qc.ca/engage/relig/nous.htm
Sainte Domane (+ 658)
Epouse de saint Germer, elle vécut saintement avec lui à la cour du roi Dagobert. Plus tard elle résolut, d'un commun accord avec son mari, de se retirer dans la solitude, fille spirituelle de saint Ouen et recluse à Gasny au diocèse d'Evreux.
Saint Domnin (4ème s.)
Né à Thessalonique dans une famille chrétienne, il ne craignait pas de proclamer le Christ. Il fut arrêté et on lui brisa les os les uns après les autres, puis on lui coupa les jambes et il resta ainsi sept jours chantant la gloire de Dieu, avant de la chanter dans l'éternité.
Bienheureux Georges-Edmond René prêtre et martyr (+ 1794)
Chanoine de Vézelay, il fut déporté, sous la Révolution française, à cause de son sacerdoce, sur un bateau négrier, et mourut, épuisé par la fièvre.
Béatifié le 1er octobre 1995 par Jean-Paul II.
http://catholique-sens-auxerre.cef.fr/spip1.9/Les-bienheureux-martyrs-des.html
Les bienheureux martyrs des pontons de Rochefort (diocèse de Sens-Auxerre)
Depuis 1910, chaque deuxième quinzaine d'août, a lieu un pèlerinage en souvenir des prêtres déportés (diocèse de La Rochelle)
http://catholique-larochelle.cef.fr/SAINTS%20EN%20AUNIS/jean-baptiste%20souzy.htm
Saint Gérald Edwards & bienheureux martyrs d'Angleterre
Martyrs en Angleterre (+ 1588)
Saint Gérald Edwards et les bienheureux Robert Wilcox, Édouard Campion, Christophe Buxton, Robert Widmerpool, Raoul Crockett, Édouard James et Jean Robinson.
À Cantorbéry, en 1588, saint Gérald Edwards, prêtre et martyr. Ordonné en France et retourné dans sa patrie, il fut, pour ce motif, détenu longtemps en prison et finalement condamné à la pendaison, sous la reine Élisabeth Ière. Avec lui subirent le même supplice les bienheureux Robert Wilcox et Christophe Buxton, prêtres, eux aussi à cause de leur sacerdoce, et Robert Widmerpool, parce qu’il avait aidé un prêtre.
À Chichester, la même année, les bienheureux Raoul Crockett et Édouard James, prêtres et martyrs, revenus dans leur pays après leurs études au collège anglais de Reims et, pour ce motif, conduits aux supplices du gibet.
À Gipwich, la même année, le bienheureux Jean Robinson, prêtre et martyr, qui avait été père de famille, puis, après la mort de sa femme, avait reçu l’ordination dans son extrême vieillesse, ce qui lui valut d’avoir la couronne du martyre.
Saint Jean Coucouzelle Chantre et moine à la Grande Lavra (Laure)
sur la Sainte Montagne de l'Athos (2ème s.)
Il était originaire de Durazzo en Illyrie. Il vint à la cour impériale des Comnènes où il fut le meilleur des chantres. Il cacha ses origines à l'higoumène jusqu'au jour où sa voix le fit connaître. Durant la semaine, il se retirait dans la solitude et ne revenait au monastère que pour y chanter le dimanche, s'appliquant à chanter dignement la Sainte Mère de Dieu qui lui était apparue.
Bienheureux Louis-Marie Monti religieux laïc,
fondateur des Fils de l’Immaculée Conception (+ 1900)
Il dirigea les Fils de l’Immaculée Conception dans un esprit de charité vers les pauvres et les indigents, en particulier au service des malades et des orphelins, et en veillant à la formation des jeunes.
Béatifié le 9 novembre 2003
"'Et voici que de l'eau sortait de dessous le seuil du Temple... où cette eau pénètre, elle assainit' (Ez 47, 1.9). L'image de l'eau, qui fait revivre toute chose, illumine en effet l'existence du bienheureux Luigi Maria Monti, entièrement consacrée à soigner les blessures du corps et de l'âme des malades et des orphelins. Il aimait les appeler les 'poverelli di Cristo', et il les servait animé par une foi vivante, soutenue par une intense et constante prière. Dans son dévouement évangélique, il s'inspira constamment de l'exemple de la Sainte Vierge et plaça la Congrégation qu'il avait fondée sous le signe de Marie Immaculée."
Homélie de Jean-Paul II
Luigi Maria Monti (1825-1900) - biographie - site du Vatican
http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20031109_monti_fr.html
Saint Meloir (+ 798)
ou
Mélaire. Martyr à Lanmeur au diocèse de Quimper. Petit fils du comte de Cornouailles, il fut assassiné par son oncle, homme jaloux et ambitieux. Ses reliques furent transportées à Paris où elles se trouvent à l'église Saint Jacques du Haut-Pas, et la Bretagne lui garde mémoire dans plusieurs localités : 22980 Saint Méloir.
Saint Michel (8ème s.)
et ses compagnons martyrs à Zobée en Géorgie. Lors de la conquête de la région par l'émir Aleim, ils furent capturés et contraints de renier le Christ, ils bravèrent la mort et furent décapités.
Sainte Montaine (8ème s.)
Abbesse de l'abbaye de Notre-Dame de Bethléem à Ferrières en Gâtinais, dans le diocèse d'Orléans. Certains historiens pensent qu'elle serait la même que sainte Gertrude de Nivelles, mais la distance est grande entre les deux abbayes et d'autres historiens en font une sainte à part entière.
Saint Nizier évêque (+ 561)
ou
Nicet.
Né dans la région de Limoges, il fut le père spirituel de Théodoric Ier, roi d'Austrasie qui le fit évêque de Trêves. L'historien saint Grégoire de Tours nous parle de son admirable sainteté. Il connut l'exil durant quelque temps pour avoir reproché ses fautes au roi Clotaire. Nous avons sa souscription (signature d'approbation) aux conciles de Clermont en 535, au cinquième concile d'Orléans en 549 et au concile de Paris en 551. Il nous reste de lui deux lettres sur l'arianisme et celle où il demande à l'empereur Justinien de lutter contre les hérétiques nestoriens.
Saint Piat (4ème s.)
Originaire de Bénévent en Italie, il évangélisa la région de Chartres mais, selon la légende, il n'y rencontra que des coeurs endurcis. Il se rendit à Tournai et là, en deux mois, trente mille païens se convertirent à sa parole qu'ils ne comprenaient pas. Il fut martyrisé avec plusieurs de ses disciples. Chartres se souvint tout de même de lui, recueillit ses reliques à l'époque des invasions normandes et lui consacra une localité : 28130 Saint-Piat
Saint Romanos le Mélode Poète liturgique byzantin (6ème s.)
Originaire de Syrie, il vint s'installer à Constantinople. Doté d'une voix fort peu harmonieuse, il ne pouvait chanter la gloire de Dieu comme il l'aurait désiré. La Mère de Dieu la lui donna lors d'une vigile de la Nativité à l'église des Blachernes et une douceur ineffable emplit sa bouche. Il orna la liturgie de près de 1000 "kondakia". On lui attribue en particulier celui de la fête de la Nativité :"La Vierge en ce jour enfante l'être suressentiel", qui reste dans le canon des Matines du 25 décembre, ainsi que l'hymne acathiste à la Mère de Dieu.
Saint Sabbas le Stylite (+ 1460)
Il était le fils d'un boïar russe de Kachine et il séjourna dans plusieurs monastères de la région de Tver. Puis il partit pour le mont Athos, s'adonnant seulement à la contemplation de la gloire de Dieu. Il revint en Russie dans une forêt de la région de Novgorod. Le monastère de l'Ascension qu'il y fonda, connut une grande prospérité. Après l'avoir organisé, il s'installa non loin de la sur une colonne qu'il ne quittait que le samedi et le dimanche pour communier aux Saints Mystères et prendre part à la vie commune des frères.
Saint Vulgis (+ 550)
Orphelin dès son enfance, il fut recueilli par saint Rémi qui d'ailleurs lui conféra le baptême. La tradition veut qu'il ait été de ceux qui évangélisèrent les soldats de Clovis. Longtemps collaborateur de saint Rémi, il se retira à Troësnes en Picardie où il vécut ses dernières années.
Saint Wasnon (7ème s.)
ou Wasnulphe.
D'origine écossaise, il fait partie de ce grand courant qui conduisait les chrétiens écossais vers le nord de la France actuelle. Il évangélisa le diocèse de Cambrai et nous savons qu'il mourut au monastère de Sainte-Marie à Condé.
Patron de Condé, (diocèse de Cambrai) - Eglise Saint Wasnon.
Posté le 30.09.2008 par jubilatedeo
01 Joseph ne put se contenir devant tous les gens de sa suite, et il s'écria : « Faites sortir tout le monde. » Quand il n'y eut plus personne auprès de lui, il se fit reconnaître de ses frères.
02 Il se mit à sangloter si fort que les Égyptiens de la maison de Pharaon l'entendirent.
03 Il dit à ses frères : « Je suis Joseph ! Est-ce que mon père vit encore ? » Mais ses frères étaient incapables de lui répondre, tant ils étaient bouleversés de se trouver en face de lui.
04 Alors il leur dit : « Venez près de moi .» Ils s'approchèrent, et il leur dit : « Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour qu'il soit emmené en Égypte.
05 Mais maintenant ne vous affligez pas, et ne regrettez plus de m'avoir vendu, car c'est pour vous conserver la vie que Dieu m'a envoyé le premier. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Posté le 30.09.2008 par jubilatedeo
Livre de Job 3,1-3.11-17.20-23.
Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance.
Il parla ainsi :
« Qu'ils périssent, le jour qui m'a vu naître et la nuit qui a déclaré : 'Un homme vient d'être conçu !'
Pourquoi ne suis-je pas mort dès le ventre maternel, n'ai-je pas péri aussitôt après ma naissance ?
Pourquoi s'est-il trouvé deux genoux pour me recevoir, deux seins pour m'allaiter ?
Maintenant je serais étendu dans le calme, je dormirais d'un sommeil reposant,
avec les rois et les arbitres de la terre qui se bâtissent des mausolées,
ou avec les princes qui possédaient de l'or en abondance et remplissaient d'argent leurs demeures.
Ou bien, comme l'enfant mort-né que l'on enfouit dans la terre, je n'aurais pas connu l'existence, comme les petits qui n'ont pas vu le jour.
C'est là, au séjour des morts, que prend fin l'agitation des méchants, c'est là que reposent ceux qui sont exténués.
Pourquoi donner la lumière à un malheureux, la vie à ceux qui sont pleins d'amertume,
qui aspirent à la mort sans qu'elle vienne, qui la recherchent plus avidement qu'un trésor ?
Ils se réjouiraient, ils seraient dans l'allégresse, ils exulteraient s'ils trouvaient le tombeau.
Pourquoi donner la vieà l'homme qui ne trouve plus aucune issue, et que Dieu enferme de toutes parts ? »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Psaume 87 (88), 2-3, 4-5, 6, 7-8
Que ma prière vienne jusqu'à toi, Seigneur !
Seigneur, mon Dieu et mon salut,
dans cette nuit où je crie en ta présence,
que ma prière parvienne jusqu'à toi,
ouvre l'oreille à ma plainte.
Car mon âme est rassasiée de malheur,
ma vie est au bord de l'abîme ;
on me voit déjà descendre à la fosse,
je suis comme un homme fini.
Ma place est parmi les morts,
avec ceux que l'on a tués, enterrés,
ceux dont tu n'as plus souvenir,
qui sont exclus, et loin de ta main.
Tu m'as mis au plus profond de la fosse,
en des lieux engloutis, ténébreux ;
le poids de ta colère m'écrase,
tu déverses tes flots contre moi.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,51-56.
Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem.
Il envoya des messagers devant lui ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem.
Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire ? »
Mais Jésus se retourna et les interpella vivement.
Et ils partirent pour un autre village.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église
Sermon sur le psaume 64 (trad. cf En Calcat)
« On refusa de l'accueillir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem »
Il y a deux cités ; l'une s'appelle Babylone, l'autre Jérusalem. Le nom de Babylone signifie « confusion » ; Jérusalem signifie « vision de paix ». Regardez bien la cité de confusion pour mieux connaître la vision de paix ; supportez la première, aspirez à la seconde.
Qu'est-ce qui permet de distinguer ces deux cités ? Pouvons-nous dès a présent les séparer l'une de l'autre ? Elles sont emmêlées l'une dans l'autre et, depuis l'aube du genre humain, s'acheminent ainsi vers la fin des temps. Jérusalem est née avec Abel, Babylone avec Caïn... Les deux villes matérielles ont été construites plus tard, mais elles représentent symboliquement les deux cités immatérielles dont les origines remontent au commencement des temps et qui doivent durer ici-bas jusqu'à la fin des siècles. Le Seigneur alors les séparera, lorsqu'il mettra les uns à sa droite et les autres à sa gauche (Mt 25,33)...
Mais il y a quelque chose qui distingue, même maintenant, les citoyens de Jérusalem des citoyens de Babylone : ce sont deux amours. L'amour de Dieu fait Jérusalem ; l'amour du monde fait Babylone. Demandez-vous qui vous aimez et vous saurez d'où vous êtes. Si vous vous trouvez citoyen de Babylone, arrachez de votre vie la convoitise, plantez en vous la charité ; si vous vous trouvez citoyen de Jérusalem, supportez patiemment la captivité, ayez espoir en votre libération . En effet, beaucoup de citoyens de notre sainte mère Jérusalem (Ga 4,26) étaient d'abord captifs de Babylone...
Comment peut s'éveiller en nous l'amour de Jérusalem notre patrie, dont les longueurs de l'exil nous ont fait perdre le souvenir ? C'est le Père lui-même qui, de là-bas, nous écrit et rallume en nous par ses lettres, qui sont les Saintes Ecritures, la nostalgie du retour.
Homélie Messe
« Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem ». Notre-Seigneur est pleinement conscient que son « Heure » est venue. Loin de fuir, il fait face courageusement. Littéralement : « il fixa fermement son visage sur la route qui devait le mener à Jérusalem ». Sans doute Jésus se souvient-il des paroles du prophète Isaïe, qu’il murmure dans son cœur pour se donner courage : « Le Seigneur vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages ; c’est pourquoi j’ai rendu mon visage dur comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50, 7). Jésus n’attend pas passivement l’instant fatidique de son arrestation : il prend l’initiative et va au-devant de sa Pâque en se rendant délibérément à Jérusalem où il doit offrir sa vie pour le salut du monde.
L’expression « être enlevé de ce monde » peut surprendre : par sa mort, Jésus va en effet être soustrait au regard de ses ennemis ; mais les disciples découvriront qu’en réalité il aura été élevé par son Père dans la gloire (cf. Ac 1, 1). C’est donc en qualité de Messie que Notre-Seigneur se rend dans la ville sainte pour y accomplir les Ecritures. Jésus semble pressé d’atteindre le terme du voyage : il prend au plus court, traversant la Samarie, territoire que les Juifs évitaient en raison de l’hétérodoxie des croyances de ce peuple mélangé. Les Samaritains sont en effet les descendants des tribus venues d’Assyrie, importées au moment de la chute du Royaume du Nord (en 722) et de la déportation de sa population. Chemin faisant, Notre-Seigneur poursuit son ministère de prédicateur ambulant et envoie des émissaires pour annoncer sa venue et rassembler les foules. La réaction des Samaritains était prévisible : ils refusent d’accueillir un Rabbi en pèlerinage vers la cité sainte des frères ennemis, qui est en concurrence avec leur propre lieu de culte, situé sur le Mont Garizim.
Rejeté par les (semi-)païens, Jésus devra l’être également par ses coreligionnaires pour entrer dans sa gloire. Il faut qu’il soit d’abord « élevé de terre » (Jn 12, 32) et rassemble autour de l’étendard de la Croix « les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52), avant de pouvoir faire descendre sur ses disciples « une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur eux. Alors ils seront ses témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). C’est donc pour féconder la future mission de ses Apôtres que Notre-Seigneur va affronter sa Passion. Le psaume 125 doit sans aucun doute nourrir la prière silencieuse de Jésus : « Qui sème dans les larmes, moissonne dans la joie. Il s’en va en pleurant, il jette la semence ; il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes » (Ps 125, 5-6). L’entourage du Seigneur est cependant loin de communier à ses dispositions intérieures. Enfermés dans leur conception humaine d’un Messie glorieux à qui rien ne résiste, et se souvenant qu’Elie avait fait tomber le feu du ciel sur les soldats envoyés par le roi Akhazias (II R 1, 10-14), les disciples envisagent de venger l’affront fait à leur Maître. Sûrs d’être investis de sa puissance, ils lui proposent de détruire le village samaritain qui a refusé l’hospitalité au Messie de Dieu. Une fois de plus, leur réaction manifeste combien il leur était difficile - comme pour nous d’ailleurs - d’accueillir la Parole de Jésus dans une « bonne terre » (Lc 8, 8), c’est-à-dire dans un cœur désencombré de ses a priori et disposé à se laisser instruire. Pourtant, tout au long de ses enseignements, Notre-Seigneur n’a cessé d’insister sur le caractère bienveillant de sa mission. Depuis son discours-programme à Nazareth où il se présente comme « envoyé [de la part de Dieu] pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres » (Lc 4, 8), jusque sur la croix où il intercède pour ses bourreaux - « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 3-4) - Jésus nous révèle la tendresse miséricordieuse du Père : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 10). Mais il faudra que les disciples soient confrontés au drame de la Croix pour que « les écailles tombent de leurs yeux » (cf. Ac 9, 18) ; puis qu’ils soient bouleversés par la Résurrection pour se convertir à l’inouï de Dieu dans la lumière de l’Esprit : « “Vous n’avez donc pas compris ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ?” Et, en partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur expliqua, dans toute l’Ecriture, ce qui le concernait » (Lc 24, 25-27).
« Seigneur, dans ce monde qui te rejette, qu’il est difficile de garder cette attitude de compassion et de bienveillance que tu as toujours manifestée à l’égard de tes détracteurs. Ne permets pas que nous en rajoutions à ta souffrance en étant cause de conflits, de divisions, voire de violence. “Reprends-nous vivement” lorsque nous prétendons défendre le Royaume de l’amour au moyen des armes de ce monde, et apprends-nous à invoquer sur ceux qui refusent de t’accueillir, le seul Feu que tu consens à répandre sur terre : celui de ton Esprit de charité et de paix. »
Posté le 30.09.2008 par jubilatedeo
SAINT JÉRÔME Prêtre, Docteur de l’Église (340-420)
Je suis à la fois, disait Jérôme, philosophe, rhéteur, grammairien, dialecticien, expert en hébreu, grec et latin ; il fut aussi un polémiste redoutable, parfois injuste, tel ce jour où il invectiva saint Augustin, son cadet d’à peine cinq ans : Ecoute mon conseil, jeune homme : ne viens pas, dans l'arêne des Ecritures, provoquer un vieillard ! Tu troubles mon silence. Tu fais la roue avec ta science.
« Hierônumos en grec (celui dont le nom est sacré) ; Hieronymus, en latin, fils d'Eusèbe, je naquis à Stridon, ville maintenant détruite par les Goths, mais qui se situait alors sur les confins de la Dalmatie et de la Pannonie (Hongrie) », écrit-il, en 392, à la dernière page du De viris illustribus, ajoutant : « Je suis né chrétien, de parents chrétiens. Dès le berceau, je fus nourri du lait catholique. » Il dit encore de lui-même : « Je suis à la fois philosophe, rhéteur, grammairien, dialecticien, expert en hébreu, grec et latin. »
Enfant unique pendant treize ans, Jérôme fut terriblement gâté par les siens jusqu’à ce que naquissent sa sœur et son frère. Il étudia à Milan, puis à Rome où il suivit les cours du célèbre grammairien Aelius Donatus. Elève doué mais difficile et facétieux, Jérôme respira les parfums de cette ville puissante, maîtresse du monde, alors gouvernée par Julien l'Apostat. Admirateur de Cicéron, il déclamait les grands plaidoyers les exordes sonores qui lui servirent lors d’un stage auprès des tribunaux. Il se lia avec Bonose et Rufin, deux compagnons d'étude. Avec soin et à grands frais, il acquit des livres et, peut-être, goûta-t-il de furtifs amours au milieu des danses des jeunes filles romaines.
Cependant, confia-t-il dans son commentaire d’Ezéchiel (XI 5) « Quand j’étais à Rome, jeune étudiant ès-arts libéraux, j’avais accoutumé, le dimanche, avec d’autres de même âge et de même résolution, de visiter les tombeaux des apôtres et des martyrs. Souvent nous entrions dans ces cryptes creusées dans les profondeurs de la terre où l’on avance entre des morts ensevelis à droite et à gauche le long des parois. Tout est si obscur que la parole du Prophète est presque réalisée : qu’ils descendent vivants dans les enfers ! Ici et là, une clarté venue d’en-haut tempère l’horreur des ténèbres : moins une fenêtre qu’un trou foré, croirait-on, par la clarté qui tombe. Puis, pas à pas, on revient, et dans la nuit noire qui vous entoure, le vers de Virgile est obsédant : Tout suscite l’horreur et le silence même. » Il reçut le baptême, en 366, sans doute des mains du pape Libère.
Jérôme, hébergé par son ami Bonose, séjourna d'abord à Trèves, résidence impériale de Valentinien I°, où il approfondit la théologie ; en 373, il était à Aquilée, centre économique et littéraire, où, avec Rufin et Bonose, il fonda une académie sous l'égide de l'évêque Chromatius ; « les clercs d’Aquilée forment comme un chœur de bienheureux », dira-t-il dans la Chronique.
Quand, pour d’obscures raisons, le groupe se disloqua, Jérôme partit à Antioche de Syrie où, un jour du carême 375, il tomba si gravement malade qu'on le crut aux portes de la mort. Ce lui fut une expérience mystique : « En esprit, je m'imaginai transporté devant le tribunal du Souverain Juge. Voici la confrontation. Interrogé sur ma conduite, je déclare : Je suis chrétien. - Tu mens, me réplique le Juge suprême : Tu es cicéronien, non pas chrétien ; là où est ton trésor, là aussi est ton cœur. Je m'exclame alors : Seigneur, si jamais je retiens les livres du siècle, c'est que je t'aurai renié. » (Epître XX 30). Rétabli mais sans cesse taraudé par fautes passées, il se retira dans la solitude de Chalcis, au sud de Beroea (Alep) ; il s’imposait une rude ascèse mais, en même temps, il s’adonnait à l’étude du grec et de l'hébreu. « Combien de fois, installé au désert, en cette vaste solitude torréfiée d'un ardent soleil, affreux habitat offert aux moines, je me suis cru mêlé aux plaisirs de Rome ! ... Les jeûnes avaient pâli mon visage, mais les désirs enflammaient mon esprit, le corps restant glacé. Devant ce pauvre homme déjà moins chair vivante que cadavre, grondaient seulement les incendies de la volupté. » (Lettre CCXXVII, à Eustochium)
Dans sa solitude, les âpres controverses sur la Trinité, ne manquèrent pas de lui parvenir ; il écrivit par deux fois au pape Damase, sans recevoir la moindre réponse. Pour accepter d’être ordonné prêtre par Paulin d'Antioche, en 378, Jérôme, soucieux de son indépendance, avait posé deux conditions aussi singulières que paradoxales : ne pas être astreint aux fonctions ministérielles pastorales et demeurer libre de ses mouvements. Cependant, se jugeant indigne de monter à l'autel, il ne célèbra jamais la messe.
En 379, il partit auprès de saint Grégoire de Nazianze qui réorganisait l’Eglise de Constantinople. Jérôme traduisit et compléta la Chronique d'Eusèbe de Césarée et les Homélies d’Origène. Epiphane de Salamine et Paulin d’Antioche, convoqués à Rome pour un concile sur les affaires d'Orient, emmenèrent Jérôme qu’ils présentèrent au Pape (382). Le pape Damase vit tout le parti qu’il pouvait tirer de ce moine érudit, en provenance de Constantinople qui venait de lui dédier une traduction des Deux homélies d'Origène sur le Cantique ; il l’engagea comme conseiller pour les affaires d'Orient et consulteur biblique : Révisez donc le texte peu satisfaisant des Evangiles, lui demanda-t-il : Je m'y appliquerai d'après les sources complémentaires : manuscrits grecs et textes en hébreu. Ce fut fait, avec une correction complète du Psautier.
Connaissez-vous Jérôme, demandait-on à Rome, ce stupéfiant érudit ? Savez-vous qu'il donne des conférences très doctes et fort suivies ? - En quel lieu je vous prie ? - Mais sur l'Aventin, au palais de la veuve Marcella et de la noble Albine, sa mère. Bientôt, les dames de la société dont Paula et ses deux filles, Eustochium et Blésilia, coururent se faire conseiller par le savant personnage, rassembleur de matrones qui ne manqua pas de se faire de solides ennemis parmi les jaloux qui, à la mort de Damase (11 décembre 384) dénoncèrent ce moine, coqueluche des dames ; ulcéré, Jérôme qui proclamait que la virginité consacrée doit rester reine, rugit contre Helvidius qui prétendait que tous les états de vie se valent. Sois la cigale des nuits ! Veille comme le passereau, sur un toit désert... Ne faut-il pas pleurer et gémir, quand le serpent nous présente encore le fruit défendu ? Que me veux-tu, volupté qui passe si vite ? ... Je t'en conjure, ma chère Eustochium, ma fille, ma souveraine, ma compagne, ma soeur... Je t'appelle de ces noms puisque mon âge, ta vertu, notre profession, me le permettent ... Laisse, au-dehors, errer les vierges folles (S. Matthieu XXV 8-13). Reste au dedans. Ferme la porte et prie(Epître XXII 18 : Voeux à Eustochium, vierge fidèle).
Au mois d’août 385, calomnié et persécuté, à bout de patience, il secoua sur l'ingrate Rome la poussière de sessandales (Matthieu VI 11) : D'après eux, je serais donc : fourbe, séducteur, suppôt de Satan... Il en est qui me baisent les mains et, d'autre part, me déchirent d'une langue de vipère. Ils affectent de me plaindre mais, au tréfonds, ils se réjouissent de mon malheur... l'un calomnie ma démarche et mon rire ; l'autre soupçonne ma simplicité... Et je vécus près de trois ans avec ces Romains ! C'est à la hâte que je vous confie ces souffrances. Je m'embarque aujourd'hui, triste et les yeux gonflés de larmes (Epître XLV à Asella).
Parti vers la Palestine avec une dizaine de dames romaines, il logea chez Epiphane de Salamine, à Chypre, où Paula et Eustochium vinrent le rejoindre avant qu’il partît pour l’Egypte. En Alexandrie, il consulta Didyme l'aveugle, voyant spirituel, exégète subtil et vulgarisateur génial (Lettre CXII 4). Les pèlerins enthousiasmèrent et édifièrent les monastères de Nitrie, puis ils entrèrent en Terre-Sainte. Notre chère Paula y fit visite de la crèche du Sauveur. Quand elle vit la sainte retraite de la Vierge et l'étable, elle protesta en ma présence qu'elle voyait, comme si elle les eût sous les yeux : l'Enfant enveloppé de langes, le Seigneur vagissant dans l'étable, les mages l'adorant, l'étoile brillant sur la crèche, la Vierge devenue mère, Joseph lui prodiguant ses soins, les pasteurs veillant de nuit, pour contempler la vérité du Verbe (Epître CVIII 6, 14 : éloge funèbre de Paula).
Depuis 377, après avoir séjourné six ans en Egypte, près de Didyme l’aveugle, Tyrannius Rufin d'Aquilée, l’ami de Jérôme, ordonné prêtre par l’évêque Jean, s’était établi à Jérusalem comme conseiller spirituel de Mélanie l'ancienne, noble dame romaine, avec qui, sur le Mont des Oliviers, il animait un monastère double (moines d'un côté et moniales de l'autre) ; en 386, Jérôme et Paula imitèrent son exemple à Bethléem : Jérôme priait, se mortifiait, étudiait, travaillait manuellement, faisait la direction spirituelle de ses moniales : Cette solitude m'est un vrai paradis !
Dès 389, il a révisé la version latine de l'Ancien Testament, selon les Hexaples d'Origène (du grec Hexaplos, sextuple : texte en hébreu, même version en lettres grecques, quatre versions grecques différentes). Vint ensuite un seconde révision du Psautier pour le rendre plus conforme à la Septante (version grecque établie, entre 250 et 130 avant J. C. , par 70 rabins d'Alexandrie), puis le Livre de Job, les Paralipomènes et les livres salomoniens.
En même temps, sous la conduite du juif Baranina, Jérôme se remit à l'étude systématique de l'hébreu et entreprit une nouvelle relecture annotée de l'Ancien Testament, recherchant à en rendre le mot, la pensée et le style, mais se heurtant à la pauvreté du latin, soit pour sauvegarder l'hebraïca veritas, soit pour rendre la nuance grecque. Pour ma part, non seulement je confesse mais encore je professe, sans gêne et tout haut : quand je traduis les Grecs - sauf dans les Saintes Ecritures où l'ordre des mots est aussi un mystère - ce n'est pas un mot par un mot mais une idée par une idée que j'exprime. (Lettre LVII 5, adressée à Pammachius ).
Origène (+ 254), fut un puissant génie dont l'œuvre gigantesque fut amplement exploitée par les Pères cappadociens et latins : saint Athanase l’opposa aux ariens, saint Grégoire de Nysse y puisa sa mystique, saint Hilaire de Poitiers s’en imprégna, saint Ambroise le plagia, et saint Augustin s'en pénètra ; saint Jérôme lui-même se déclara tributaire d’Origène le Grand, après que saint Grégoire de Naziance le réputa la pierre qui nous aiguise tous, et que Didyme l’aveugle l’appela le maître des églises après l’apôtre. Il n’en reste pas moins que la doctrine origéniste, conservée par Evagre le Pontique et professée par des moines égyptiens et palestiniens est hétérodoxe
[1].
Au début de 393, le moine Artabius visitant les monastères, présenta un formulaire accablant contre Origène qui erra, sur les questions dogmatiques : trinité, incarnation, résurrection, jugement dernier. Jérôme signa la condamnation que Rufin refusa. A Pâque, Epiphane de Salamine, en pèlerinage à Jérusalem, accusa l'évêque Jean d'origénisme. L'opinion publique s'agita, des bagarres éclatèrent dans la basilique du Saint-Sépulcre entre moines de clans opposés. Soutenu par Rufin Jean durcit sa position, tandis qu’Epiphane se retirait à Bethléem, dans un monastère hiéronymite. Pour conjurer le schisme, le subtil Théophile, patriarche d'Alexandrie, força Rufin et Jérôme à la réconciliation, mais, en réalité, tous deux campaient sur leurs positions.
Retourné à Rome, Rufin publia une traduction des Principes d'Origène, en biffant les passages qu'il jugeait contraires à la foi chrétienne, réputés simples interpolations faites par des mains étrangères. Il écrivit à Jérôme : Jadis admiratif d'un génie, premier mainteneur de l'Eglise après les apôtres, tu le pourfends aujourd'hui ! Indigne volte-face ! A quoi Jérôme répliqua : J'ai loué sa doctrine et son intelligence, non pas sa foi : j'approuve le philosophe et je désapprouve l'apôtre. Rufin adressa sa première Apologie au pape Anastase (400) et, cinq ans plus tard, il rédigea la deuxième pour répondre aux objections de Jérôme. Rufin poursuivit ses travaux jusqu'à sa mort (410), laissant vociférer le lion de Bethléem qui le qualifiait de scorpion, hydre, serpent, porc aux grognements indécents. La question dogmatique ne sera close qu'en 553, au II° concile de Constantinople.
Voilà qu’un dangereux exalté, le moine Pélage (360-422), venu de Grande-Bretagne, s’établit successivement à Rome, en Afrique et en Palestine. C’était un disciple d'Origène qui commentait les épîtres de saint Paul selon une exégèse fallacieuse dont on pouvait conclure que le péché originel ne serait qu'un mythe, puisque, même avant sa faute, Adam aurait été créé mortel et déjà sujet à la concupiscence ; donc, après la chute, parce que le vouloir et le faire de l'homme serait demeurés intacts, le baptême n’effacerait que les péchés actuels et ce serait une simple d'entrée dans l'Eglise.
Dans les Dialogues contre les pélagiens, Jérôme réfuta ces propositions hérétiques et accentua ses critiques dans la Lettre à Ctésiphon. Il félicitera saint Augustin de ses pamphlets antipélagiens. Les hérétiques réagirent vivement, surtout Julien d'Eclane, réfugié en Orient, et la lutte fut si féroce que certains commentateurs attribuèrent aux troupes pélagiennes une expédition punitive contre les monastères hiéronymiens (416) où l’on tua un diacre et incendia les bâtiments ; assiégé dans une tour fortifiée, Jérôme échappa de justesse : Notre maison, par rapport aux ressources matérielles, fut complètement ruinée par les persécutions des hérétiques. Toutefois, le Christ est avec nous. La demeure reste donc remplie de richesses spirituelles. Mieux vaut mendier son pain que de perdre la foi (Conclusion de l'épîtreCXXIV).
Pendant quinze ans, de rudes coups accablèrent le vieil exégète acharné à son travail, mais taraudé par des maux d'estomac. Paula mourut le 26 janvier 404 : Adieu, Paula. Par tes prières, tu soutenais la viellesse défaillante d'un homme qui tant te vénéra. Maintenant que ta foi et tes oeuvres t'unissent au Christ, tu intercèderas plus facilement pour lui. En 410, quand le wisigoth Alaric envahit l'Italie et pilla Rome. le vieux patriote vit, dans ce crépuscule des aigles, l'écroulement d'un monde : Elle s'est donc éteinte, la lumière la plus brillante de tous les continents. Plus précisément, l'empire vient d'avoir la tête tranchée. Pour dire l'entière vérité : en une ville, c'est l'univers entier qui périt (Prologue au commentaire sur Ezéchiel ", XXV 16 a). A la fin de l'année 418, la deuxième fille de Paula, Eustochium, meurt subitement : Cette mort soudaine me laisse désemparé. Elle a changé ma vie. Effectivement, à partir de là, et pendant deux ans, Jérôme, d'ordinaire si loquace, se tait. Nous ne savons rien des derniers jours de Jérôme qui mourut en 419 ou en 420, âgé, dit la Chronique de Prosper, de quatre-vingt-onze ans.
[1] La création est conçue comme un acte éternel. La toute puissance et la bonté de Dieu ne peuvent jamais rester sans objet d’activité. Dans une émanation éternelle, le Fils procède de Dieu et du Fils procède le Saint-Esprit. Un monde d’esprits également parfaits a précédé le monde visible actuel, mais a fait défection une partie de ces esprits à qui appartenaient aussi les âmes préexistantes, et c’est pourquoi ces esprits ont été exilés dans la matière créée seulement alors. Les différences entre les hommes sur la terre et la mesure des grâces que Dieu donne à chacun, se règlent sur leur culpabilité dans un monde antérieur. Les âmes de ceux qui ont commis des péchés sur la terre, vont après la mort dans un feu de purification, mais peu à peu toutes, aussi les démons, montent de degré en degré pour, finalement, entièrement purifiées, ressus¬citer dans des corps éthérés, et Dieu sera tout en tous.
Lettre à Fabiola
Quiconque est versé dans la science des divines écritures et reconnaît dans leurs lois et leurs témoignages des liens de vérité, pourra combattre ses adversaires, les enchaîner, les réduire en captivité, puis, d'anciens ennemis et de misérables captifs, faire des enfants de Dieu.
Saint Jérôme
Lettre de saint Jérôme à la sœur de sa mère, Castorina
« Celui qui hait son frère est un meurtrier » (S. Jean III 15). Telle est la claire affirmation de Jean, apôtre et évangéliste, et il la fait à juste titre car il n’est que trop vrai que le meurtre naît souvent de la haine. Son épée peut n’avoir jamais frappé un coup et pourtant celui qui hait, est déjà, dans son cœur, un meurtrier. Je vous en prie, dites-vous, pourquoi tout ce préambule ? Simplement pour vous demander avec insistance que nous enterrions les vieux ressentiments et préparions à Dieu un cœur pur où il puisse établir sa demeure. « Frémissez, nous dit David, mais ne péchez pas » (Psaume IV 5). L’apôtre explique ce verset avec plus de détails : « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère » (S. Paul aux Ephésiens IV 26). Dites-moi, comment allons-nous affronter le jour du jugement ? Le soleil est témoin qu’il s’est couché sur notre co1ère non pas un jour, mais pendant bien des années. « Si tu présentes ton offrande à l’autel, dit Notre-Seigneur dans l’Evangile et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l’autel et va d’abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande » (S. Matthieu V 23). Malheur à moi, vil misérable ! dois-je dire. Mais malheur également à vous ? Pendant tant d’années, ou nous n’avons point présenté d’offrandes à l’autel, ou nous en avons présenté tout en continuant à nourrir des griefs sans motif. Comment avons-nous jamais pu faire nôtre la prière quotidienne « Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (S. Matthieu VI 12), alors que le cœur et la langue étaient tellement en désaccord, la supplication en contradiction avec la conduite ? C’est pourquoi je renouvelle maintenant la requête que je vous ai adressée dans ma précédente lettre l’an dernier. Conservons tous deux cette paix que nous a léguée Notre-Seigneur, et puisse le Christ jeter un regard favorable sur mon désir et sur votre intention. Bientôt l’harmonie rétablie ou l’harmonie brisée recevra sa récompense ou sa punition devant son Tribunal. Mais si vous me repoussez maintenant, ce qu’à Dieu ne plaise, la faute n’en retombera pas sur moi ; car une fois que vous l’aurez lue, cette lettre assurera mon acquittement.
La Legende dorée de Jacques de Vogarine
SAINT JÉRÔME
Jérôme tire son étymologie de gerar, saint, et de nemus, bois, comme on dirait bois saint, ou bien de norna, qui veut dire loi. C'est pour cela que sa légende dit que Jérôme signifie loi sainte. En effet il fut saint, c'est-à-dire, ferme, ou pur, ou couvert de sang, ou destiné aux fonctions sacrées, comme l’on dit des vases sacrés du temple, qu'ils sont destinés à des usages saints. Il fut saint, c'est-à-dire, ferme en bonnes oeuvres, à cause de la longanimité de sa persévérance, et pur en son esprit : et couvert de sang, par la méditation de la passion du Seigneur : il fut consacré à de saints usages, en interprétant et en expliquant l’Écriture sainte. Il signifie bois; parce qu'il habita quelque temps dans un bois; il veut dire loi, par rapport à la discipline régulière qu'il enseigna, à ses moines, ou bien encore parce qu'il expliqua et interpréta la loi sainte. Jérôme signifie encore, vision de beauté, ou juge des discours. La beauté est multiple; la première est la spirituelle, qui réside dans l’âme; la seconde est la morale, qui consiste dans l’honnêteté des mœurs ; la troisième est l’intellectuelle, qui est la beauté des anges : la quatrième est la supersubstantielle, qui appartient à Dieu; 1a cinquième est la céleste, qui réside dans la patrie des saints. Jérôme vit en lui et posséda cette quintuple beauté. Il posséda la spirituelle, dans ses différentes vertus; la morale, par l’honnêteté de sa vie ; l’intellectuelle, dans sa pureté éminente ; la supersubstantielle, dans son ardente charité ; la céleste, dans sa charité éternelle ou excellente. Il fut juge, des discours, des siens et de ceux des autres ; des siens, en ne parlant qu'avec poids ; de ceux des autres, en approuvant ce qu'ils contenaient de vrai, en réfutant ce qui s'y rencontrait de faux, et en exposant les choses douteuses.
Jérôme fut le fils d'un homme noble nommé Eusèbc, et originaire de la ville de Stridonie, sur les confins de la Dalmatie et de la Pannonie. Jeune encore, il alla à Rome où il étudia à fond les lettres grecques, latines et hébraïques. Son maître de grammaire fut Donat, et celui de rhétorique, l’orateur Victorin. Il s'adonnait nuit et jour à l’étude des saintes Ecritures. Il y puisa avec avidité ces connaissances qu'il répandit dans la suite avec abondance. A une époque, il le dit dans une lettre à Eustachius, comme il passait le jour à lire Cicéron et la nuit à lire Platon, parce que le style négligé des livres des Prophètes ne lui plaisait pas, vers le milieu du carême, il fut saisi d'une fièvre tellement subite et violente, que son corps se refroidit, et la, chaleur vitale s'était retirée dans sa poitrine. Déjà qu’on préparait ses funérailles, quand tout à coup, il est traîné au tribunal du souverain juge qui lui demanda quelle était sa qualité, il répondit ouvertement qu'il était chrétien. « Tu mens, lui dite juge; tu es cicéronien, tu n'es pas chrétien car où est ton trésor, là est ton coeur. » Jérôme se tut alors et aussitôt le juge le fit fouetter fort rudement Jérôme se mit à crier : « Ayez pitié de moi, Seigneur, ayez pitié de moi. » Ceux qui étaient présents se mirent en même temps à prier le juge de pardonner à ce jeune homme. Celui-ci proféra ce serment : « Seigneur, si jamais je possède des livres profanes, si j'en lis, c'est que je vous renierai. » Sur ce serment, il fut renvoyé et soudain il revint à la vie. Alors il se trouva tout baigné de larmes, et il remarqua que ses épaules étaient affreusement livides des coups reçus devant le tribunal de Dieu. Depuis, il lut les livres divins avec le même zèle qu'il avait lu auparavant les livres païens. Il avait vingt-neuf ans quand il fut ordonné cardinal prêtre dans l’église romaine. A la mort du pape Libère, Jérôme fut acclamé par tous digne du souverain pontificat. Mais ayant repris la conduite lascive de quelques clercs et des moines, ceux-ci, indignés à l’excès, lui tendirent des pièges. D'après Jean Beleth, ce fut au moyen d'un vêtement de femme qu'ils se moquèrent de lui d'une façon honteuse. En effet Jérôme s'étant levé comme de coutume pour les matines trouva un habit de femme que ses envieux avaient mis auprès de son lit, et croyant que c'était le sien, il s'en revêtit et s'en alla ainsi à l’église. Or, ses ennemis avaient agi de la sorte afin qu'on crût à la présence d'une femme dans la chambre du saint. Celui-ci, voyant jusqu'où ils allaient, céda à leur fureur et se retira chez saint Grégoire de Nazianze, évêque de la ville de Constantinople Après avoir appris de lui les saintes lettres, il courut au désert et il y souffrit pour J.-C. tout ce qu'il raconte lui-même à Eustochium en ces termes : « Tout le temps que je suis resté au désert et dans ces vastes solitudes qui, brûlées par les ardeurs du soleil, sont pour les moines une habitation horrible, je me croyais être au milieu des délices de Rome. Mes membres déformés étaient recouverts d'un cilice qui les rendait hideux; ma peau, devenue sale, avait pris la couleur de la chair des Ethiopiens. Tous les jours se passaient dans les larmes ; tous les jours des gémissements, et si quelquefois un sommeil importun venait m’accabler, la terre nue servait de lit à mes os desséchés. Je ne parle point du boire ni du manger, quand les malades eux-mêmes usent d'eau froide, et quand manger quelque chose de cuit est un péché de luxure : et tandis que je n'avais pour compagnons que les scorpions et les bêtes sauvages, souvent je me trouvais en esprit dans les assemblées des jeunes filles ; et dans un corps froid, dans une chair déjà morte, le feu de la débauche m’embrasait. De là des pleurs continuels. Je soumettais ma chair rebelle à des jeûnes pendant des semaines entières. Les jours et les nuits étaient tout un le plus souvent, et je ne cessais de me frapper la poitrine que quand le Seigneur m’avait rendu à la tranquillité. Ma cellule elle-même me faisait peur, comme si elle eût été le témoin de mes pensées. Je m’irritais contre moi, et seul je m’enfonçais dans les déserts les plus affreux. Alors, Dieu m’en est témoin, après ces larmes abondantes il me semblait quelquefois être parmi les chœurs des anges. » Il fit ainsi pénitence pendant quatre ans, après quoi il revint à Bethléem, où il s'offrit à rester comme un animal domestique auprès de la crèche du Seigneur. Il relisait les ouvrages de sa bibliothèque qu'il avait rassemblée avec le plus grand soin, ainsi que d'autres livres; et jeûnait jusqu'à la fin du jour. Il réunit autour de lui un grand nombre de disciples, et consacra quarante-cinq ans et six mois à traduire les Ecritures ; il demeura vierge jusqu'à la fin de sa vie. Bien que dans cette légende, il soit dit qu'il fut toujours vierge, il s'exprime cependant ainsi dans une lettre à Pammachius : « Je porte la virginité dans le ciel, non pas que je l’aie. » Enfin sa faiblesse l’abattit au point que couché en son lit, il était réduit, pour se lever, à se tenir par les mains à une corde attachée à une poutre, afin de suivre comme il le pouvait, les offices du monastère.
Une fois, vers le soir, alors que saint Jérôme était assis avec ses frères pour écouter une lecture de piété, tout à coup un lion entra tout boitant dans le monastère. A sa vue, les frères prirent tous la fuite; mais Jérôme s'avança au-devant de lui comme il l’eût fait pour un hôte. Le lion montra alors qu'il était blessé au pied, et Jérôme appela les frères en leur ordonnant de laver les pieds du lion et de chercher avec soin la place de la blessure. On découvrit que des ronces lui avaient déchiré la plante des pieds. Toute sorte de soins furent employés et le lion guéri, s'apprivoisa et resta avec la communauté comme un animal domestique. Mais Jérôme voyant que ce n'était pas tant pour guérir le pied du lion que pour l’utilité qu'on en pourrait retirer que le Seigneur le leur avait envoyé, de l’avis des frères, il lui confia le soin de mener lui-même au pâturage et d'y garder l’âne qu'on emploie à apporter du bois de la forêt. Ce qui se fit : car l’âne ayant été confié au lion, celui-ci, comme un pasteur habile, servait de compagnon à l’âne qui allait tous les jours aux champs, et il était son défenseur le plus vigilant durant qu'il paissait çà et là. Néanmoins, afin de prendre lui-même sa nourriture et pour que l’âne pût se livrer à son travail d'habitude, tous les jours, à des heures fixes, il revenait avec lui à la maison. Or, il arriva que comme l’âne était à paître, le lion s'étant endormi d'un profond sommeil, passèrent des marchands avec des chameaux : ils virent l’âne seul et l’emmenèrent au plus vite. A son réveil, le lion ne trouvant plus son compagnon, se mit à courir çà et là en rugissant. Enfin, ne le rencontrant pas, il s'en vint tout triste aux portes du monastère, et n'eut pas la hardiesse d'entrer comme il le faisait d'habitude, tant il était honteux. Les frères le voyant rentrer plus tard que de coutume et sans l’âne, crurent que, poussé par la faim, il avait mangé cette bête; et ils ne voulurent pas lui donner sa pitance accoutumée, en lui disant : « Va manger ce qui t'est resté de l’ânon, va assouvir ta gloutonnerie. » Cependant comme ils n'étaient pas certains qu'il eût commis cette mauvaise action, ils allèrent aux pâtures voir si, par hasard, ils ne rencontreraient pas un indice prouvant que l’âne était mort, et comme ils ne trouvèrent rien, ils vinrent raconter le tout à saint Jérôme. D'après les avis du saint, on chargea le lion de remplir la fonction de l’âne ; on alla couper du bois et on le lui mit sur le dos. Le lion supporta cela avec patience: mais un jour qu'il avait rempli sa tâche, il alla dans la campagne et se mit à courir çà et là, dans le désir de savoir ce qui était advenu de son compagnon, quand il vit venir au loin des marchands conduisant des chameaux chargés et un âne en avant. Car l’usage de ce pays est que quand on va au loin avec des chameaux, ceux-ci afin de pouvoir suivre une route plus directe, soient précédés par un âne qui les conduit au moyen d'une corde attachée à son cou. Le lion ayant reconnu l’âne, se précipita sur ces gens avec d'affreux rugissements et les mit tous en fuite. En proie à la colère, frappant avec force la terre de sa queue, il força les chameaux épouvantés d'aller par devant lui à l’étable du monastère, chargés comme ils l’étaient. Quand les frères virent cela, ils en informèrent saint Jérôme : « Lavez, très chers frères, dit le saint, lavez les pieds de nos hôtes ; donnez-leur à manger et attendez là-dessus la volonté du Seigneur. » Alors le lion se mit à courir plein de joie dans le monastère comme il le faisait jadis, se prosternant aux pieds de chaque frère. Il paraissait, en folâtrant avec sa queue, demander grâce pour une faute qu'il n'avait pas commise. Saint Jérôme, qui savait ce qui allait arriver, dit aux frères : « Allez, mes frères, préparer ce qu'il faut aux hôtes qui viennent ici. » Il parlait encore quand un messager annonça qu'à la porte se trouvaient des hôtes qui voulaient voir l’abbé. Celui-ci alla les trouver; les marchands se jetèrent de suite à ses pieds, lui demandant pardon pour la faute dont ils s'étaient rendus coupables. L'abbé les fit relever avec bonté et leur commanda de reprendre leur bien et de ne pas voler celui des autres. Ils se mirent alors à prier saint Jérôme d'accepter la moitié de leur huile et de les bénir. Après bien des instances, ils contraignirent le saint à accepter leur offrande. Or, ils promirent de donner aux frères, chaque année, une pareille quantité, d'huile et d'imposer la même obligation à leurs héritiers .
Autrefois chacun chantait à l’église ce qu'il voulait mais l’empereur Théodose, d'après Jean Beleth (ch. XIX), pria le pape Damase de confier à quelque savant le soin de régler l’office ecclésiastique. Le pape qui savait saint Jérôme instruit à fond dans les langues grecque et hébraïque et dans toutes les sciences, le chargea de cette rédaction. Alors saint Jérôme partagea le psautier entre les féries et assigna à chacune d'elles un nocturne particulier ; il institua de chanter à la fin de chaque psaume le Gloria Patri, selon que le rapporte Sigebert. Ensuite il mit dans un ordre convenable les épîtres et les évangiles qu'on devait chanter dans tout le cours de l’année, enfin tout ce qui concerne l’office, excepté le chant. De Bethléem il envoya son travail au souverain Pontife qui en fit de grands éloges ainsi que les cardinaux et qui en confirma l’usage pour la suite. Après quoi saint Jérôme se fit construire un tombeau à l’entrée de la grotte où Notre-Seigneur fut enseveli; et ce fut là, après avoir accompli quatre-vingt-dix ans et six mois, qu'il reçut la sépulture. On voit quel profond respect eut pour lui saint Augustin par les lettres qu'il lui adressa. Dans l’une, d'elles, il lui écrit en ces termes : « Au, seigneur très cher, et très honoré, et honorable ami Jérôme, Augustin, salut, etc. » Autre part, il écrit ainsi de lui : « Le prêtre Jérôme, très versé dans le grec, le latin et l’hébreu, vécut jusqu'à une extrême vieillesse dans les saints lieux, se livrant à l’étude des saintes lettres. La sublimité de ses discours brille de l’Orient à l’Occident comme la lumière du soleil. » Saint Prosper en ses chroniques en parle ainsi: « Jérôme, prêtre illustre dans le monde entier, habitait Bethléem, il rendit des services à l’église par son génie éminent et ses travaux. » Le saint parle aussi de soi-même en ces termes à Albigensis : « Il n'y a rien que je n'aie évité avec soin dès mon enfance comme l’esprit d'orgueil et la fierté de caractère qui attirent la colère de Dieu.». Il dit autre part : « J'ai de l’appréhension dans les choses qui paraissent certaines. » Plus loin: « Dans le monastère, nous exerçons l’hospitalité de tout tueur; tous ceux qui viennent à nous, excepté les hérétiques, nous les recevons avec un visage gai et nous leur lavons les pieds à leur arrivée. Isidore s'exprime ainsi dans son livre des Etymologies * : « Jérôme possédait trois langues; son interprétation est préférée à celle des autres, parce qu'il saisit mieux la valeur des termes, et que ses expressions sont claires et nettes ; en outre, parce qu'il est chrétien, il est plus sûr. » Sévère Sulpice, disciple de saint Martin, dans un de ses dialogues, parle, en ces termes, de saint Jérôme, son contemporain : « Saint Jérôme, indépendamment du mérite de sa foi et de ses vertus, était instruit dans le
latin, le grec et même l’hébreu, à tel point que personne n'oserait se comparer à lui pour telle science que ce fût : ses combats et ses luttes contre les méchants étaient de tous les jours et de tous les instants : les hérétiques le haïrent parce que toujours il les attaqua; les clercs le haïrent parce qu'il reprit leurs crimes et leur manière de vivre : mais les gens de bien, sans exception, ne cessent de l’admirer et de l’aimer. En effet, tous ceux qui le pensent hérétique sont des extravagants. Toujours occupé à lire, toujours au milieu des livres, il ne se repose ni le jour, ni, la nuit. Toujours ou bien il lit ou bien il écrit. » Ainsi qu'on peut s'en assurer par ce qu'il en dit lui-même, il eut à souffrir d'un grand nombre de persécuteurs et de détracteurs. Mais il supporta de bon coeur ces persécutions. C'est ce qu'il écrit à Asella : « Je rends grâce à Dieu d'être digne de la haine du monde. On se moque de moi comme d'un malfaiteur; mais je sais que, pour arriver au ciel, il faut supporter la bonne comme la mauvaise renommée. Plût à Dieu que, pour le nom de mon Seigneur et pour la justice, la foule entière des infidèles me poursuivît. Que le monde ne peut-il s'élever encore avec plus de fureur pour m’avilir ! Je n'espère qu'une récompense: c'est de mériter les éloges de J.-C. et la réalisation de ses promesses. Il est doux, il est bon d'être éprouvé, quand on peut en attendre la rémunération de J. -C. dans le ciel. Les malédictions ont beau être grandes, si elles sont compensées par les encouragements de Dieu. » Il mourut vers l’an du Seigneur 398.
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http://jesusmarie.free.fr/jerome.html
Saint Aristakes (4ème s.)
et ses successeurs. Pendant près d'un siècle, les successeurs de saint Grégoire à la tête de l'Eglise apostolique arménienne (catholicos) furent aussi ses descendants, le célibat n'étant pas imposé alors à aucun degré de la hiérarchie. Le fils cadet de saint Grégoire l'illuminateur, Aristakès, participa à l'oeuvre missionnaire de son père et nous le trouvons parmi les Pères du concile de Nicée en 325. Il fut assassiné par Archelaos, gouverneur de Sophrène, à qui il reprochait sa vie dissolue. Saint Varthanès, également fils de saint Grégoire lui succéda et échappa de peu à une tentative d'assassinat. Saint Houssik, fils de saint Varthanès, après avoir mené la vie monastique, devint à son tour catholicos en 342. Reprochant au roi Tiran les désordres de la cour, persistance tenace des moeurs païennes, il fut arrêté et bastonné jusqu'à la mort. Saint Nersès, petit-fils de saint Houssik, formé lui aussi à Césarée de Cappadoce, réunit le premier concile national arménien à Achtichat. Il organisa des établissement de bienfaisance, des léproseries, fonda des monastères et des centres de formation pour l'éducation ecclésiastique, et réglementa le mariage et la vie conjugale, encore très païenne. Mais ses relations avec le roi se dégradèrent au point qu'il fut empoisonné par lui au cours d'un festin. Saint Sahak, fils de saint Nersès, inspira à saint Mesrop la création d'un alphabet et d'une écriture arménienne, libérant ainsi l'Eglise arménienne de la culture étrangère et ouvrant la voie à une culture arménienne riche et originale.
Saint Conrad d'Urach Abbé de Citeaux, cardinal-légat en Allemagne (+ 1227)
Abandonnant la riche prébende de chanoine qu'il avait en Allemagne, il se fit moine à Villers en Belgique et devint abbé de Clairvaux en 1214, supérieur de Cîteaux en 1217. Promu cardinal deux ans plus tard, il remplit d'importantes missions en divers pays et fut chargé de prêcher la sixième croisade en 1224 à travers l'Allemagne. Il ne lui manquait plus que d'être pape, mais il refusa à la mort d'Honorius III. Quelques mois plus tard, il mourut à Rome en disant :" Que ne suis-je resté moine à Villers, faisant chaque semaine la vaisselle à la cuisine !" Les historiens rapportent cet épisode significatif de sa spiritualité : alors qu'il qu'il était légat du Saint Siège en Languedoc, il entendit un curé qui se plaignait de ce que les Dominicains venaient confesser dans sa paroisse. Il lui demanda :"Combien avez-vous de paroissiens ? - neuf mille lui répondit le curé - Homme téméraire déclara Conrad, au jugement de Dieu vous aurez à rendre compte de toutes ces âmes. Ne vous plaignez pas que les Pères vous allègent le fardeau."
Bienheureuse Félicia Meda clarisse (+ 1446)
Elle naquit à Milan. Encouragée par l'exemple d'un de ses frères et de l'une de ses soeurs, elle se consacre au Seigneur, clarisse dans le monastère de Sainte-Ursule à Milan, dont elle viendra l'abbesse en 1425. En 1439, sur les conseils de saint Bernardin de Sienne, elle devient abbesse des Clarisses du Corpus Domini de Pisaro, dans les Marches. Elle y vécut une vie religieuse austère, dans le jeûne et la prière. Atteinte d'une grave maladie, elle meurt quatre ans plus tard, dans la sérénité de la foi et de l'espérance. Son culte fut approuvé en 1812.
Saint Francois de Borgia Duc de Gandie, général de la Compagnie de Jésus (+ 1572)L'Histoire retient surtout les scandales de son grand-père, le pape Alexandre VI Borgia. La mère de François est fille illégitime d'un archevêque de Saragosse lequel d'ailleurs est un bâtard du roi Ferdinand le Catholique. Dans cette famille va naître une fleur de sainteté. A 19 ans, Charles-Quint en personne le marie à la portugaise Eleonore de Castro. François est un grand personnage: duc de Gandie, grand-veneur de l'Empereur, écuyer de l'Impératrice, gouverneur de Catalogne. Père de huit enfants, il perd son épouse alors qu'il a 36 ans. Deux ans plus tard, il change de cap, entre chez les jésuites et devient "maître général de la Compagnie" à 55 ans. Il s'impose comme "second fondateur", un père indulgent et ferme, profondément aimé de ses frères. Sous son gouvernement, les Jésuites se répandent dans toute l'Europe et dans les missions lointaines. Il leur donne un grand dynamisme et fait de son Ordre l'un des grands artisans de la Contre-Réforme.
Fils aîné du duc Jean de Borgia, François naquit en 1510 à Gandie, dans le royaume de Valence. Après une éducation raffinée à la cour de l'empereur Charles-Quint, il épousa en 1529 Éléonore de Castro, dont il eut huit fils. En 1542, il succéda à son père comme duc de Gandie; mais après la mort de sa femme il renonça à son duché. Il entrant dans la Compagnie de Jésus, et, ses études de théologie achevées, y fut ordonné prêtre en 1551. il fut élu troisième Général en 1565. Il fit beaucoup pour la formation et la vie spirituelle de ses religieux, pour les collèges qu'il fit fonder en divers lieux et pour les missions, remarquable par l’austérité de sa vie et son don d’oraison. Il meurt à Rome le 30 septembre 1572 et fut canonisé par Clément X en 1671.
Voir aussi sur le site de la province de France des Jésuites.
http://www.jesuites.com/histoire/saints/francoisborgia.htm
Quel grand remède pour tous nos maux que de méditer la Croix du Christ!
Bienheureux Frédéric Albert
Fondateur de la congrégationdes sœurs Vincentiennes de Marie Immaculée (+ 1876)
Il naît à Turin (Italie) en 1820 dans une famille de militaires au service de la maison de Savoie qui gouverne alors le Piémont. Il pense d'abord à devenir soldat, puis il s'oriente vers le sacerdoce, attiré par la figure emblématique du bienheureux Sébastien Valfré considéré comme le père du clergé de Turin au 18ème siècle. Ordonné en 1843, il est nommé à la cour de Savoie, estimé pour sa prédication et sa direction spirituelle, mais il s'occupe aussi des pauvres fort nombreux à l'époque. Il est l'ami de Saint Jean Bosco et reste fidèle au pape Pie IX et à son évêque exilé mais il n'hésite pas à suggérer des solutions pour aplanir les difficultés. Nommé curé à Lanzo, il restera jusqu'à sa mort. C'est alors que sa charité pastorale se manifeste pleinement. Il est en dialogue constant avec toutes les catégories de personnes, surtout celles en difficulté morale. Il refuse d'être nommé évêque de Pinerolo et obtient de ne pas l'être pour continuer à se consacrer à Lanzo. Il fonde un orphelinat et la Congrégation des Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul de l’Immaculée Conception. En travaillant à repeindre la voûte d'une chapelle, il tombe du haut des échafaudages et meurt après deux jours d'agonie, à l'âge de 56 ans.
Béatifié le 30 septembre 1984 à Rome par Jean Paul II
Dans son homélie de béatification, Jean-Paul II déclare: "Son esprit de foi et son obéissance sans réserve au Pape et à l'évêque, sa charité sacerdotale firent de lui un élément d'équilibre parmi les membres du clergé et un pasteur zélé particulièrement attentif aux jeunes et aux pauvres. En le considérant, on se rend compte de manière évidente qu'il est possible de répondre aux exigences concrètes de l'homme, précisément parce qu'on est un fidèle serviteur du Christ et de l'Eglise."
Bienheureux Guillaume de Bruxelles (+ 1236)
Abbé de l'abbaye cistercienne de Villiers en Brabant au diocèse de Namur, puis abbé de Clairvaux. Il mourut en Allemagne après avoir été emprisonné par l'empereur Frédéric qui lui reprochait sa fidélité à l'Eglise romaine.
Saint Honorius Cinquième archevêque de Cantorbéry (+ 653)
Disciple de saint Augustin de Cantorbery, missionnaire des Anglo-saxons, il était romain de naissance. Saint Grégoire le Grand l'associa au groupe de saint Augustin à qui il succéda dans la charge épiscopale.
Saint Ismeon évêque (+ 1120)
ou
Ismidon.
Evêque de Die dans l'actuel diocèse de Valence. Il ne reste que quelques souvenirs de son long épiscopat, mais l'imagination des biographes remplaça facilement les documents perdus à travers les siècles.
Homme pacifique et généreux, qui, poussé par un ardent amour des lieux saints, fit deux fois le pèlerinage de Jérusalem. "Fidèle à ses devoirs, sage dans ses jugements, discret dans ses conseils, prompt à secourir, tel nous apparaît saint Ismidon", disent de lui les "actes" de sa vie.
Bienheureux Jean-Nicolas Cordier prêtre et martyr (+ 1794)
Ancien jésuite, à cause de la suppression de la Compagnie, il exerça le ministère sacerdotal dans le pays de Verdun et, sous la Révolution française, refusant la Constitution civile du clergé, il fut déporté sur l’île Madame, dans la baie devant le port de Rochefort. Il y connut des conditions inhumaines, privé de son bréviaire et du bâton qui lui était nécessaire, raillé et malmené par ses geôliers. Il mourut à l’âge de quatre-vingt-cinq ans.
Béatifié le 1er octobre 1995 par Jean-Paul II.
Saints Léopard et Ours Martyrs à Soleure, en Suisse (4ème s.)
qui reçurent le même jour la couronne du martyre, le premier, officier de la maison de Julien l'Apostat, à Rome et le second à Soleure, en Suisse.
Saint Michel de Kiev (+ 992)
Premier métropolite de Kiev et de toute la Russie, il dirigea la jeune Eglise russe à l'époque du saint prince Vladimir qu'il avait baptisé avec toute sa famille. Il était grec et fut envoyé à Kiev par le patriarche de Constantinople. Son oeuvre fut immense et difficile. C'était un pasteur plein de zèle apostolique qui porta l'Evangile jusqu'à Novgorod et Rostov-Veliki. C'était aussi un sage conseiller du prince dans les affaires de l'Etat.
Saint Simon (+ 1082)
Originaire de Crépy-en-Valois, il fut élevé à la cour de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie. Il hérita de son père, Raoul de Péronne, les comtés du Valois, d'Amiens, de Montdidier et plusieurs autres possessions en Champagne ce qui portait ombrage au roi de France, Philippe Ier. Une guerre s'en suivit. Simon avait vingt ans et pendant trois années tint tête au roi de France. Les troupes de Philippe ravageaient le Valois, les troupes de Simon dévastaient les terres royales. Sur les conseils du pape Grégoire VII, il renonça à cette guerre, épousa la fille du comte d'Auvergne. Plus tard, en accord avec elle, il remit ses domaines à sa soeur, comtesse de Vermandois, et les deux époux entrèrent chacun dans la vie religieuse. Moine de Saint Oyend, dans le Jura, actuellement Saint Claude, il partit en pèlerinage en Terre Sainte, puis à Rome. Et c'est là, devant la Confession de Saint Pierre
[1] qu'il fut atteint de la maladie qui le conduisit à la mort. Il reçut les sacrements de l'Eglise de la main même du pape Grégoire VII. Saint Simon de Crépy-en-Valois avait à peine 32 ans.
[1]Le célèbre autel monumental de la basilique se situe à l’aplomb de cette sépulture appelée "confession de saint Pierre". Le mot "confession" fait référence à la mort violente par laquelle l’apôtre a confessé - c’est-à-dire manifesté explicitement - son attachement au Christ. L’autel de la confession représente un lieu hautement significatif pour le ministère pontifical.
Posté le 28.09.2008 par jubilatedeo
17Pharaon dit alors à Joseph: " Dans mon songe, voici, je me tenais sur le bord du fleuve,
18 et voici que du fleuve montaient sept vaches grasses de chair et de belle apparence, et elles se mirent à paître dans la verdure.
19 Et voici qu'après elles montaient sept autres vaches, maigres, fort laides d'aspect et décharnées; je n'en ai point vu de pareilles en laideur dans tout le pays d'Egypte.
20 Les vaches maigres et laides dévorèrent les sept premières vaches, celles qui étaient grasses;
21 celles-ci entrèrent dans leur ventre, sans qu'il parût qu'elles y fussent entrées; leur aspect était aussi laid qu'auparavant.
22 Et je m'éveillai. Je vis encore en songe, et voici sept épis qui s'élevaient sur une même tige, pleins et beaux;
23 et voici, sept épis chétifs, maigres et brûlés par le vent d'orient, qui poussaient après ceux-là.
24 Et les épis maigres engloutirent les sept beaux épis. J'ai raconté cela aux scribes, et aucun d'eux ne me l'explique. "
25 Joseph dit à Pharaon: " Le songe de Pharaon est un; Dieu a fait connaître à Pharaon ce qu'il va faire.
26 Les sept belles vaches sont sept années, et les sept beaux épis sont sept années, c'est un seul songe.
27 Les sept vaches chétives et laides qui montaient après elles sont sept années, et les sept épis vides, brûlés par le vent d'orient, seront sept années de famine.
28 Telle est la parole que j'ai dite à Pharaon
29 Dieu a fait voir à Pharaon ce qu'il va faire. Voici, sept années de grande abondance vont venir dans tout le pays d'Égypte.
30 Sept années de famine viendront ensuite, et l'on oubliera toute cette abondance dans le pays d'Égypte, et la famine consumera le pays.
31 On ne s'apercevra plus de l'abondance à cause de cette famine qui suivra dans le pays; tant elle sera grande.
32 Et si le songe a été répété à Pharaon deux fois, c'est que la chose est décidée de la part de Dieu, et que Dieu se hâtera de l'exécuter.
33 Maintenant, que Pharaon trouve un homme intelligent et sage, et qu'il l'établisse sur le pays d'Égypte.
Bible Augustin Crampon chanoine catholique
Posté le 28.09.2008 par jubilatedeo
Lecture de l'Apocalypse de St Jean (12,7-12a)
Il y eut alors un combat dans le ciel : celui de Michel et de ses anges contre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec l'aide des siens, mais ils furent les moins forts et perdirent leur place dans le ciel. Oui, il fut rejeté, le grand Dragon, le serpent des origines, celui qu'on nomme Démon et Satan, celui qui égarait le monde entier. Il fut jeté sur la terre, et ses anges avec lui.
Alors j'entendis dans le ciel une voix puissante, qui proclamait : « Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, et le pouvoir de son Christ ! Car l'accusateur de nos frères a été rejeté, lui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. Et eux, ils l'ont vaincu par le sang de l'Agneau et le témoignage de leur parole. Dépassant l'amour d'eux-mêmes, ils sont allés jusqu'à la mort. Ciel, sois donc dans la joie, ainsi que vous tous qui demeurez aux cieux.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Psaume 137 (138), 1-2a, 2bc-3, 4-5
Je chanterai le Seigneur, en présence des anges.
De tout mon coeur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.
Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.
Tous les rois de la terre te rendent grâce
quand ils entendent les paroles de ta bouche.
Ils chantent les chemins du Seigneur :
« Qu'elle est grande, la gloire du Seigneur ! »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,47-51.
Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare : « Voici un véritable fils d'Israël, un homme qui ne sait pas mentir. »
Nathanaël lui demande : « Comment me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. »
Nathanaël lui dit : « Rabbi, c'est toi le Fils de Dieu ! C'est toi le roi d'Israël ! »
Jésus reprend : « Je te dis que je t'ai vu sous le figuier, et c'est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. »
Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l'homme. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église
Homélies sur l'Evangile, 34, 8-9 (trad. bréviaire)
« Bénissez le Seigneur, vous ses anges, au service de sa parole » (Ps 102,20)
Qu'il y ait des anges, beaucoup de pages de la Sainte Écriture l'attestent... Mais il faut savoir que le mot « ange » désigne leur fonction : être des messagers. Et on appelle « archanges » ceux qui annoncent les plus grands événements. C'est ainsi que l'archange Gabriel a été envoyé à la Vierge Marie ; pour ce ministère, pour annoncer le plus grand de tous les événements, il s'imposait d'envoyer un ange du plus haut rang...
Pareillement, lorsqu'il s'agit de déployer une puissance extraordinaire, c'est Michel qui est envoyé. En effet, son action comme son nom, qui veut dire : « Qui est comme Dieu ? », font comprendre aux hommes que nul ne peut faire ce qu'il appartient à Dieu seul de réaliser. L'antique ennemi, qui a désiré par orgueil de se faire semblable à Dieu, disait : « J'escaladerai les cieux ; au-dessus des étoiles j'érigerai mon trône ; je serai semblable au Très-Haut » (Is 14,13). Mais l'Apocalypse nous dit qu'à la fin des temps, lorsqu'il sera laissé à sa propre force, avant d'être éliminé par le supplice final, il devra combattre contre l'archange Michel : « Il y eut un combat dans le ciel : Michel et ses anges combattirent contre le Dragon. Et le Dragon lui aussi combattait avec ses anges ; mais il n'eut pas le dessus ; il fut précipité en bas » (Ap 12,7).
A la Vierge Marie, c'est donc Gabriel, dont le nom signifie « Force de Dieu », qui a été envoyé ; ne venait-il pas annoncer celui qui a voulu se manifester dans une condition humble, pour triompher de l'orgueil du démon ? C'est donc par la « Force de Dieu » que devait être annoncé celui qui venait comme « le Dieu des armées, le vaillant des combats » (Ps 23,8). Quant à l'archange Raphaël, son nom signifie « Dieu guérit ». En effet, c'est lui qui a délivré des ténèbres les yeux de Tobie, les touchant comme un médecin venu d'en haut (Tb 11,17). Celui qui a été envoyé pour soigner le juste en son infirmité mérite bien d'être appelé « Dieu guérit ».
Homélie Messe
La réalité des anges, créatures spirituelles, est un donné évangélique. La révélation biblique au sujet des anges s’éclaire progressivement avec celle de Jésus. En lisant attentivement l’évangile, nous découvrons dans ces créatures non pas des expressions de la divinité, comme le voudrait un syncrétisme religieux toujours plus actuel, mais des créatures au service de Dieu pour notre salut.
Jésus lie en effet explicitement les anges avec sa Révélation et son Mystère si bien que nous ne pouvons pas comprendre ce que sont les anges en dehors de notre foi dans le Christ.
« Vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au –dessus du Fils de l’Homme » (Cf. Evangile). A Nathanaël, Jésus se révèle comme le Fils de l’Homme, exprimant ainsi simultanément - en référence à Dn 7, 13 - sa divinité et son humanité. La nouveauté de l’Incarnation rédemptrice réside en ceci que les cieux se sont ouverts, que le Verbe de Dieu qui demeure dans le sein du Père s’est fait chair, qu’il a planté sa tente parmi nous (Jn 1, 14).
Ce mystère porte son fruit de vie au matin de Pâques lorsque se réalise notre restauration dans l’amitié divine annoncée dans le ciel ouvert par Jésus au moment de son Incarnation.
Ce sont les anges qui sont les premiers à passer à travers cette frontière qui avant Jésus était infranchissable pour l’homme se révélant ainsi messagers de notre salut accompli dans le Verbe de Dieu fait chair. De l’Annonciation, en passant par la Nativité, nous les retrouvons à la Résurrection et ce seront encore eux qui nous annonceront le retour glorieux de notre Seigneur lorsqu’il « viendra dans sa gloire, et tous les Anges avec lui, pour siéger sur son trône de gloire » (Mt 25, 31).
Ce salut, les anges nous aident aussi à l’accueillir en chacune de nos vies. Car s’il a été accompli dans la mort et la résurrection de notre Seigneur, il demande à être actualisé en chacun de nous.
Les anges combattent avec nous afin que ne prévale pas la logique mortifère de l’antique serpent tel qu’il nous est décrit dans le livre de l’Apocalypse et que nous ne tombions pas dans les embûches insidieuses qu’il nous tend.
Dans ce service de la réalisation du dessein divin de notre salut, saint Michel, saint Gabriel et saint Raphaël, que nous fêtons aujourd’hui, tiennent une place toute particulière. Chaque fois qu’il est besoin d’un déploiement de force, c’est Michel qui est envoyé à notre secours. Gabriel, quant à lui, nous aide à ne pas oublier Celui qui est venu comme le Dieu des armées, le vaillant des combats, pour nous arracher aux ténèbres de la mort et du péché. Et si par malheur l’Ennemi venait à nous blesser, Raphaël vient nous soigner et nous guérir tout comme il le fit pour les yeux de Tobie.
« Seigneur, dans ta sagesse admirable, tu assignes leurs fonctions aux anges et aux hommes : fais que nous soyons protégés sur cette terre par ceux qui dans le ciel servent toujours devant ta face » (Collecte de la fête de ce jour).
Posté le 28.09.2008 par jubilatedeo
Les Trois Archanges et Tobie
Francesco Botticini (vers 1470)
Florence, Offices
SAINT MICHEL ARCHANGE et tous les saints Anges
Avec saint Michel, l'Église,