Posté le 28.09.2008 par jubilatedeo
Saint Alaric (+ 973)
Moine à Einsiedeln dans le canton de Schwitz, où il était un portier accueillant et charitable, il se retira solitaire sur une île du lac de Zürich. Malgré son désir, cette solitude connut beaucoup de visiteurs qui venaient entendre ses enseignements.
Saint Bouin (+ 570)
Originaire de la région de Troyes en Champagne, nous savons seulement qu'il passa la majeure partie de sa vie dans une solitude du pays d'Othe. Grandes furent ses austérités que nous connaissons par les visiteurs qui venaient lui demander conseil et par les villageois de qui il recevait sa subsistance, la redonnant souvent à plus pauvre que lui.
Bienheureux Charles de Blois Duc de Bretagne (+ 1364)
Duc de Bretagne et comte de Limoges, il fut célèbre par sa piété dont il n'interrompit jamais les exercices, même sur les champs de bataille. Fait prisonnier, il endura neuf années d'emprisonnement dans la Tour de Londres. Il périt à Auray lors de la guerre de succession de la Bretagne.
Saint Cyprien d'Oustioug (+ 1276)
Il n'était pas sans richesse, mais il les donna toutes quand il entra au monastère de l'Entrée au Temple de la Mère de Dieu à Oustioug en Russie. Devenu higoumène (supérieur), il ne sortait jamais de la clôture du monastère, vivant comme si c'était son dernier jour sur terre. Il veillait avec un amour paternel au progrès spirituel de ses frères, sacrifiant pour eux son temps et ses forces.
Saint Cyriaque Anachorète en Palestine (+ 556)
Il naquit à Corinthe dans une famille chrétienne. A dix-huit, il partit en pèlerinage à Jérusalem et demanda à entrer dans la laure de saint Euthyme. Mais comme on le trouva trop jeune, il dut vivre en dehors dans la solitude, tout en faisant fonction de cuisinier. Il y fut reçu enfin, mais conserva sa vie de solitaire. Des querelles s'étant élevées entre plusieurs monastères voisins, il préféra se retirer à Soukas où il fut ordonné prêtre et sacristain (responsable de l'église et des liturgies). Il resta là trente années, servant la communauté en de multiples tâches, la préservant contre l'hérésie des Origénistes qui égarait alors beaucoup de moines palestiniens. Il se retira dans la solitude pour y vivre ses dernières années et s'endormir dans la paix du Seigneur.
Saint Fraterne évêque d'Auxerre (+ v. 450)
Huitième évêque d'Auxerre, il est traditionnellement considéré comme martyr.
"On croit que cet évêque est le même que saint Saturne à qui saint Germain confiait le soin de son diocèse pendant son absence et qui était prêtre à l’oratoire Saint-Maurice. Il fut ordonné le 26 septembre 448. En 451, les Huns, conduits par Attila, traversèrent la ville d’Auxerre et mirent à mort saint Fraterne, vers la fin du mois de septembre de cette année. On l’inhuma dans l’oratoire de Saint-Maurice, où les cryptes de l’ancienne abbaye de Saint-Germain conservent encore le tombeau du martyr."
Saintes Gaïané et Rhipsimé martyres (4ème s.)
Rhipsimé, martyre à Vagharshapat en Arménie, non loin du siège patriarcal de l'Église apostolique arménienne, avec sainte Gaïané.
Elles sont très populaires dans l'Arménie contemporaine et la légende ne supprime pas leur existence historique, même si bien des épisodes se sont ajoutés à la vie, en raison du culte dont elles sont l'objet depuis des siècles. L'empereur romain Dioclétien aura voulu prendre sainte Rhipsime comme épouse, en raison de sa grande beauté. Elle refusa et s'enfuit en Arménie dans des grottes de l'Ararat. Elle y trouva sainte Gaïané et d'autres vierges qui y menaient la vie monastique. Tiridate, roi d'Arménie, tomba à son tour amoureux de sainte Rhipsimé. Econduit, il lui fit couper la langue, lui fit arracher les yeux et on la brûla avec des torches. Enfin son corps fut découpé. Sainte Gaïané voulut récuperer son corps. Reconnue comme chrétienne avec quelques compagnes, elle eut la tête tranchée. Quand il devint chrétien, le roi Tiridate fit construire trois églises en leur honneur.
Tout n'est pas de l'invention dans cette merveilleuse légende qui fait de sainte Rhipsimé et de ses compagnes une des saintes nationales de l'Arménie chrétienne. Elle était arménienne et l'empereur Dioclétien la trouva fort belle ainsi que ses compagnes qui s'étaient consacrées au Christ. L'empereur voulut aussitôt l'épouser, pour employer un euphémisme. Elles réussirent à s'échapper et à retourner dans leur pays. Le roi Tiridate, qui était encore païen, les remarqua aussi et refusa la demande impériale de faire revenir ces vierges à la cour impériale romaine. A son tour, Tiridate voulut aussi "épouser " Rhipsimé qui refusa comme elle l'avait fait pour Dioclétien. Tiridate la fit brûler vive avec toutes ses compagnes. Leurs reliques sont vénérées près de Vacharchabad, Etchmiadzin, où se trouvent le patriarcat de l'Eglise apostolique arménienne.
Saint Gobdela (4ème s.)
Il était le fils du roi des Perses Sapor II, connu pour ses persécutions contre les chrétiens. Gabdela se convertit à la foi en Jésus-Christ mais n'était pas encore baptisé quand son père découvrit cela. Le roi, furieux, ordonna de le soumettre à la torture. Il fit découper deux lanières de peau de la tête jusqu'aux pieds dans son corps. Sa soeur Kasdoa fut à son tour attirée à la foi. Elle rendit l'âme dès les premières tortures que lui infligea également son père. Gobdela la suivit quelques jours après.
Saint Grégoire l'Illuminateur Apôtre de l'Arménie (+ v. 325)
Confesseur et évêque.
Il est le véritable fondateur de l'Eglise arménienne, même si une tradition sérieuse fait remonter les premières communautés chrétiennes à l'époque apostolique. Ce qui s'appuie sur le fait que les soldats romains envahirent le pays et que les marchands furent aussi les "transporteurs de la foi", comme les lettres de saint Paul nous le disent pour ses amis, fabricants de tentes à Corinthe.
La tradition primitive et constante de cette église reconnaît pour premiers fondateurs les apôtres Saint Thaddée et saint Barthélémy, qu’elle nomme, par antonomase, les Premiers Illuminateurs de l’Arménie.
Saint Grégoire était de la famille royale de Tiridate III. Découvert comme chrétien, il connut d'abord près de quinze ans de cachot, mais à la suite d'une maladie du roi, il revint en grâce auprès du souverain, le convertit et c'est ainsi que l'Arménie fut la première nation à donner la paix à l'Eglise et même à reconnaître le christianisme comme religion d'Etat, 75 ans avant l'empire romain.
Sacré évêque par le métropolite de Cappadoce, il sut instruire les prêtres idolâtres pour les conduire au sacerdoce chrétien.
Afin d'assurer la vie de l'Eglise, il consacra évêque son fils Aristakès.
L’Eglise Apostolique Arménienne lui a consacré trois fêtes, celle de son supplice et de son entrée dans le cachot, celle de la sortie du cachot profond et celle de la découverte des Reliques de Saint Grégoire l'Illuminateur, le samedi avant le 4e dimanche après la Pentecôte.
«La conversion de l'Arménie, qui a eu lieu au début du IV siècle et qui est traditionnellement située en l'an 301, donna à vos ancêtres la conscience d'être le premier peuple officiellement chrétien, bien avant que le christianisme ne soit reconnu comme religion de l'empire romain»
Jean-Paul II : lettre apostolique du Saint Père à l'occasion du 1700e anniversaire du baptême du peuple arménien.
Saint Jan de Dukla Prêtre franciscain conventuel (+ 1484)
Né à Dukla en Galicie polonaise, ou Ruthénie, il fit ses éudes de théologie à Cracovie et entra au couvent de Lemberg (Lviv) de l’Ordre des Mineurs, où il mena une vie cachée et ascétique selon les coutumes des Observantins. Il se donna avec un zèle fervent à l’action pastorale et eut à cœur l’unité des chrétiens. Son culte fut approuvé en 1739.
"Jean de Dukla, dont les reliques accompagnent aujourd'hui notre rencontre. Ce fils spirituel de saint François exerçait ici, à Lviv, le rôle de custode de la custodie de la Rus', et gagna ici la renommée de grand prédicateur et de confesseur, avant de conclure toujours ici sa vie. Aujourd'hui, il revient dans cette ville pour jouir, après plus de cinq siècles, des fruits de sa sainteté dans les coeurs de ce peuple fidèle."
Canonisé le 10 juin 1997 à Krosno (Pologne)
Bienheureux Jean de Gand (+ 1419)
Plus connu sous le nom de l'ermite de Saint Claude, il entra dans l'abbaye de Condat (aujourd'hui Saint Claude). Il fut de ceux qui voulurent réconcilier le roi de France et le roi d'Angleterre, mais en vain. Charles VII aimait à l'écouter, sans plus. C'est au retour d'un de ses voyages à la cour qu'il tomba malade et mourut.
Bienheureux Jean de Montmirail (+ 1217)
Fils du seigneur de Montmirail et de la Ferté-Gaucher en Brie champenoise, il reçut une éducation très soignée et son père le fit entrer à la cour du roi Louis VII. Jean était un esprit gai, vif, ardent au jeu comme au travail. Ce qui n'empêchait pas l'allure martiale du jeune seigneur. Le roi de France Philippe-Auguste appréciait "Jean la Bonté" et se l'attacha comme conseiller. Il épousa une femme de la noblesse. Il n'eût plus alors qu'une passion, la gloire. Son immense fortune, son éducation, ses libéralités, ses hauts-faits guerriers, son esprit faisaient de lui le type par excellence de grand seigneur du Moyen Age. Tout lui souriait. Il rencontra un religieux qui devint son père spirituel et il passa tout d'un coup du comble de l'orgueil au comble de l'humilité. Il renonça bientôt à la cour, se retira d'abord dans ses terres, quitta les conseils du roi et passa son temps aux Offices des chanoines du prieuré de Montmirail. Il se bâtit une solitude, sans pour autant négliger ses devoirs, donnant une bonne éducation à ses six enfants, administrant la justice sur ses terres, et parcourant son domaine pour redresser les torts de ses officiers. Puis, il abandonna ses biens à sa femme et prit l'habit cistercien à l'abbaye de Longpont dans le Soissonnais, renié par sa famille qui le traite comme un fou, rejeté par la cour et moqué par les paysans eux-mêmes. Son dévouement ne reculait jamais même devant les services les plus rebutants. Il avait crucifié sa vie avec celle du Christ.
Bienheureux Lazare de Kyoto (+ 1637)
Chrétien laïc japonais qui fut martyrisé à Nagasaki et que le pape Jean-Paul II a béatifié en 1981, lors de son voyage pastoral à Manille.
Saint Litwin évêque (+ v. 717)
Fondateur du monastère de Mettlach en Rhénanie, sur les bords de la Sarre où il fut inhumé. Il mourut à Reims.
Saint Maurice de Carnoët Abbé en Bretagne (+ 1191)
ou Maurice de Loudéac.
C'est surtout en Bretagne où il naquit à Croixanvec dans le Morbihan qu'on le vénère. Après des études sérieuses à l'Université de Paris, il reçut la charge d'écolâtre. Mais le désir de la solitude l'emporta et il vint frapper à la porte de la jeune abbaye de Langonnet fondée par saint Bernard. Il en fut le premier abbé et le resta durant trente ans. Il repart dans la solitude, mais bientôt on lui demanda de fonder un autre monastère dans la forêt de Carnoët. Il en sera l'abbé pendant 14 ans et en fera un foyer de grand rayonnement spirituel.
Il fut ami et conseiller des ducs de Bretagne. Son culte fut confirmé par Clément XI.
"En 1177 il prit la tête d'un groupe de douze compagnons pour fonder l'abbaye de Clohars-Carnoët. Il y mourut le 29 septembre 1191 et l'abbaye prit ensuite le nom de son fondateur."
Bienheureux Nicolas de Forca
Prêtre dans l'Ordre des Ermites de Saint Jérôme à Rome (+ 1449)
Prêtre, il exerça son ministère durant plusieurs années dans les Abruzzes puis entra dans l'Ordre des Ermites de Saint Jérôme à Rome sur le mont Janicule. Il y fit construire une chapelle dédiée à Saint Onuphre, qui est maintenant un titre cardinalice. Il gouverna longtemps ses frères, attentif à maintenir une vraie solitude.
Saint René Goupil Martyr au Canada (+ 1642)
Médecin, frère lai (laïc) jésuite et coopérateur de saint Isaac Jogues, il était missionnaire chez les Indiens. Il fut tué par un païen d’un coup de hache, à Ossernenon au Canada, le 29 septembre. Sa mémoire est célébrée le 19 octobre.
Il fut canonisé par Pie XI le 29 juin 1930 avec les sept autres martyrs canadiens:
René Goupil (né en Anjou), Isaac Jogues (né à Orléans), Jean de Brébeuf (né à Condé sur Vire) et cinq autres missionnaires jésuites : Antoine Daniel (né à Dieppe), Gabriel Lallement (né à Paris), Charles Garnier (né à Paris), Noël Chabanel (né à Saugues) et Jean Lalande (né à Dieppe). Tous, ils furent cruellement mis à mort par les Iroquois et les Hurons alors qu'ils leur apportaient la paix et la liberté de l'Evangile. Ils ont été canonisés ensemble en 1930 et déclarés patrons secondaires du Canada.
Bienheureux Richard Rolle Mystique anglais (+ 1349)
Ermite mystique anglais, né à Thornton, vers 1300, il fit ses études à Oxford et à Paris de 1320 à 1326, puis devint ermite à Pickering. Après plusieurs années d'intense méditation, il se mit à parcourir le pays puis s'installa à Hampole où il animait la reflexion spirituelle d'une abbaye cistercienne. Il était connu pour ses écrits lus aux XIV et XVe siècles. Ses oeuvres comprennent des lettres, des commentaires et des traités sur la perfection spirituelle. Son oeuvre la plus connue est sans doute le "chant d'amour".(*)
(*) Le "Chant d’amour" du fameux ermite de Hampole, l’anglais Richard Rolle, est sans doute l’un des écrits les plus originaux du XIVe siècle. Poème en prose traitant du progrès spirituel et témoignage autobiographique d’un moine à la vocation charismatique, ce texte développe une véritable théologie de la prière contemplative.
le site du livre:
http://www.editionsducerf.fr/html/fiche/fichelivre.asp?n_liv_cerf=631
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Posté le 27.09.2008 par jubilatedeo
03 Jacob aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu'il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix.
04 En voyant qu'il leur préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester celui-ci, et ils ne pouvaient plus lui dire que des paroles hostiles.
20 C'est le moment, allons-y, tuons-le, et jetons-le dans une de ces citernes. Nous raconterons qu'une bête féroce l'a dévoré, et on verra ce que voulaient dire ses songes ! »
21 Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains. Il leur dit : « Ne touchons pas à sa vie. »
22 Et il ajouta : « Ne répandez pas son sang : jetez-le dans cette citerne du désert, mais sans le frapper. » Il voulait le sauver de leurs mains et le ramener à son père.
23 Dès que Joseph eut rejoint ses frères, ils le dépouillèrent de la tunique précieuse qu'il portait,
24 ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne, qui était vide et sans eau.
25 Ils s'assirent ensuite pour manger. En levant les yeux, ils virent une caravane d'Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés d'aromates, de baume et de myrrhe qu'ils allaient livrer en Égypte.
26 Alors Juda dit à ses frères : « Quel profit aurions-nous à tuer notre frère et à dissimuler sa mort ?
27 Vendons-le plutôt aux Ismaélites et ne portons pas la main sur lui, car il est du même sang que nous, c'est notre frère. » Les autres l'écoutèrent.
28 Quand la caravane arriva, ils retirèrent Joseph de la citerne, ils le vendirent pour vingt pièces d'argent aux Ismaélites, et ceux-ci l'emmenèrent en Égypte.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Posté le 27.09.2008 par jubilatedeo
Livre d'Ezéchiel 18,25-28.
Parole du Seigneur tout-puissant. Je ne désire pas la mort du méchant, et pourtant vous dites : 'La conduite du Seigneur est étrange.' Écoutez donc, fils d'Israël : est-ce ma conduite qui est étrange ? N'est-ce pas plutôt la vôtre ?
Si le juste se détourne de sa justice, se pervertit, et meurt dans cet état, c'est à cause de sa perversité qu'il mourra.
Mais si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie.
Parce qu'il a ouvert les yeux, parce qu'il s'est détourné de ses fautes, il ne mourra pas, il vivra.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Psaume 24 (25), 4-5ab, 6-7, 8-9
Souviens-toi, Seigneur, de ton amour
Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.
Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ;
dans ton amour, ne m'oublie pas.
Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,1-11.
Frères, s'il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l'on s'encourage dans l'amour, si l'on est en communion dans l'Esprit, si l'on a de la tendresse et de la pitié,
alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l'unité.
Ne soyez jamais intrigants ni vantards, mais ayez assez d'humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes.
Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de lui-même, mais aussi des autres.
Ayez entre vous les dispositions que l'on doit avoir dans le Christ Jésus :
lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu ;
mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement,
il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix.
C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms,
afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux,
et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,28-32.
Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : 'Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne.'
Celui-ci répondit : 'Je ne veux pas.' Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla.
Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : 'Oui, Seigneur !' et il n'y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ».Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu.
Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Clément d'Alexandrie (150-vers 215), théologien
Homélie « Quel riche sera sauvé ? », 39-40 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 141 rev.)
« Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu »
Les portes sont ouvertes à quiconque se tourne sincèrement vers Dieu, de tout son coeur, et le Père reçoit avec joie un fils qui se repent vraiment. Quel est le signe du vrai repentir ? Ne plus retomber dans les vieilles fautes et arracher de ton coeur, par leurs racines, les péchés qui te mettaient en danger de mort. Une fois qu'ils auront été effacés, Dieu reviendra habiter en toi. Car, comme dit l'Écriture, un pécheur qui se convertit et se repent procurera au Père et aux anges du ciel une joie immense et incomparable (Lc 15,10). Voilà pourquoi le Seigneur s'est écrié : « C'est la miséricorde que je désire, et non le sacrifice » (Os 6,6;Mt 9,13). « Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse » (Éz 33,11). « Si vos péchés sont comme la laine écarlate, ils deviendront blancs comme la neige ; s'ils sont plus noirs que la nuit, je les laverai, si bien qu'ils deviendront comme la laine blanche » (Is 1,18).
Dieu seul, en effet, peut remettre les péchés et ne pas imputer les fautes, alors que le Seigneur Jésus nous exhorte à pardonner chaque jour aux frères qui se repentent. Et si nous, qui sommes mauvais, savons donner de bonnes choses aux autres (Mt 7,11), combien plus « le Père plein de tendresse » (2Co 1,3) le fera-t-il ? Le Père de toute consolation, qui est bon, plein de compassion, de miséricorde et de patience par nature, attend ceux qui se convertissent. Et la conversion véritable suppose que l'on cesse de pécher et que l'on ne regarde plus en arrière... Regrettons amèrement donc nos fautes passées et prions le Père pour qu'il les oublie. Il peut, dans sa miséricorde, défaire ce qui a été fait et, par la rosée de l'Esprit, effacer nos méfaits passés.
Homélie Messe
La liturgie de ce jour est un appel à l’espérance. Aucun malheur n’est assez grand pour empêcher le Bon Dieu de nous rejoindre.
Certes, nous dit Ézéchiel, le juste peut chuter, emporté par sa propre perversité, et devenir méchant. Mais ce n’est jamais irrémédiable, car Dieu ne veut pas la mort du méchant mais qu’il vive ! Cette première lecture contient d’ailleurs, à mon sens, la clé de lecture de l’évangile de ce jour. Par la bouche de son prophète, Dieu déploie en effet un plaidoyer, il présente sa propre défense. Dénoncé comme responsable de nos propres turpitudes, le Seigneur réagit : « est-ce ma conduite qui est étrange ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? ». Voilà qui est bien étrange en effet, et qui nous invite à adopter un autre point de vue. Pour comprendre la parabole de Jésus, fallait-il seulement nous concentrer sur l’attitude contrastée des deux frères ? Comment la lirions-nous si nous nous attachions à regarder le visage du Père ?
L’exercice est déroutant car ce visage se fait discret.
Il y a d’abord le dialogue avec le fils aîné. Il dit « non ». Pas question d’aller à la vigne ! Pas question d’obéir comme un valet de pied. Le père doit apprendre qu’il y a quelqu’un en face de lui. C’est tout ce que nous savons de cet entretien, et de ce qui a suivi. Nous ne savons rien de la réaction du père, nous ne savons pas ce qui s’est passé en chemin, quand le fils est parti, quand il a finalement décidé d’aller à la vigne.
Justement, n’est-ce pas le silence du père qui a touché son fils ? Le père n’a pas réagit pas. Sans doute qu’après l’avoir quitté, le fils s’est-il rappelé la conversation, et a-t-il revu le visage étonné de son père. Son regard sans reproche, sans rancœur. Un regard qui s’étonne simplement de ce que le fils choisisse d’agir ainsi. « Est-ce ma conduite qui est étrange ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? » En un mot, le père n’a pas répondu à la violence par la violence. Il n’a pas monté le ton, il n’a pas manifesté son autorité pour obliger son fils à lui obéir. Le fils aîné a fait un bras de fer… mais seul. Le père, lui, l’a laissé partir, comme jadis le père du fils prodigue…
Cette attitude fait tout basculer. Celui que Jésus appelait « un homme », « un homme avait deux fils », maintenant que son aîné entre dans l’obéissance, est désormais appelé un « père ». La filiation ne peut exister qu’une fois la relation d’obéissance vécue. Ainsi quand nous nous rebellons contre Dieu, nous courrons stupidement vers notre mort et nous empêchons le Bon Dieu d’être père…
Voilà pourquoi nous pouvons dire, avec les grands prêtres à qui ce cas est soumis, que ce fils a fait la volonté du père. Il est entré en relation filiale, il ne va pas à la vigne par intérêt mais pour respecter de la parole de son père. L’amour de son père lui a donc fait faire les premiers pas d’un chemin de croissance, d’une sincère conversion.
L’autre fils en revanche dit « oui » d’emblée, mais il n’agit pas en conséquence. Cela porte à considérer qu’il n’a d’autre souci que de présenter une façade correcte. Ce qui prime pour lui, c’est de montrer à son père qu’il est conforme à l’image d’un bon fils. Il pousse d’ailleurs le zèle un peu trop loin. Appeler « Seigneur » celui qu’on peut appeler « père » n’est pas très naturel.
Ce fils construit une image de lui-même, mais il ne se construit pas lui-même. Peu à peu, avec le temps, il est même devenu calculateur. Il sait dire à son père les paroles qui conviennent, qui vont lui plaire. Pire, il n’est pas exclu qu’il s’appuie sur la certitude d’être aimé pour l’image qu’il donne. C’est pourquoi il pense pouvoir se permettre de ne pas aller à la vigne. Son père lui pardonnera bien puisqu’il l’aime. Bref, comme l’autre frère, il n’a pas appris à regarder son père, il n’a pas cherché à le connaître, à le rencontrer, si bien qu’il ne peut plus connaître la vérité ni le bonheur d’être aimé.
S’il l’avait fait, il n’aurait pas pris l’ordre d’aller à la vigne pour lui-même, par rapport à ce que cela réclame de lui. Il aurait essayé de comprendre pourquoi le père l’envoie à la vigne, il se serait demandé ce qu’est cette vigne aux yeux de son père pour qu’il ait choisi d’y envoyer ses fils et non des ouvriers journaliers. Il a donc un projet particulier, il considère donc que la tâche est d’importance, qu’elle est un honneur dont seuls ses fils sont dignes.
C’est à ce point que la parabole nous rejoint. La vigne, nous le savons, est le Royaume inauguré par Jésus. C’est à nous que le Père confie l’honneur de la faire fructifier. Pourtant nous sommes comme les deux fils : notre obéissance filiale est loin d’être parfaite, nous le reconnaissons sans peine. Pour le moins, tirons la leçon que Jésus donne aux grands prêtres et ne laissons pas un endurcissement semblable au leur tenir notre relation à Dieu. Ils incarnent en effet le scandale latent à cette parabole. En voyant son frère travailler à la vigne, celui qui refuse d’y aller ne se laisse pas remettre en question par le choix de son aîné. On peut ne pas comprendre le Bon Dieu, on peut ne pas mesurer la grandeur de son appel sur nous, mais qu’il est triste de ne pas comprendre l’exemple que les saints nous donnent. Le salut est pourtant à portée de nos mains. Jésus ne parle pas d’une récompense future, d’un bonheur lointain. Il dit : « aujourd’hui, ils vous précèdent ».
Alors vite en route ! Mettons-nous sur les chemins du Seigneur que nous indique clairement saint Paul. Pour que notre vie filiale prenne visage, pour que notre vie fraternelle fasse de nous des ouvriers dignes de la mission qui nous est confiée, centrons nos regards sur le Christ. Il est l’image parfaite, celui qui a compris l’intimité de l’amour du Père, celui dont l’obéissance infaillible vient au secours de la nôtre. Cessons d’être préoccupés de nous-mêmes et gardons fidèlement les dispositions que l’on a dans le Christ Jésus, il, lui, est le chemin qui nous conduit au Père, et proclamons, dans l’Eglise des frères qu’il a réconciliés : « Jésus Christ est Seigneur, pour la gloire de Dieu le Père, Amen ».
Fil rouge
La première lecture est magnifique d’espérance. Elle appelle à un chamboulement intérieur, à un remplacement de notre système de repères : « est-ce ma conduite qui est étrange ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? », interroge le Seigneur. Le style est simple et direct. Mais cet échange ne vise pas à boucler la conversation, il veut ouvrir à l’espérance. Même dans le pire, il est encore possible de pratiquer la justice et d’être sauvé. Si le juste peut se tuer par sa propre perversion, il devient alors le méchant de la deuxième partie du texte. Il devient donc celui à qui Dieu tend la main et dont il espère la conversion. S’il y a une condamnation, elle ne peut venir que des hommes, pas de Dieu : « je ne désire pas la mort du méchant ».
Cette garantie fondamentale assurée, nous n’avons plus de raison de nous cacher notre méchanceté. Le psalmiste est cet homme qui a découvert la tendresse de Dieu et donc ne cherche plus à cacher son propre péché. Il trouve en Dieu les raisons de ne pas désespérer de lui-même et prie le Seigneur de lui enseigner ses voies.
Ce psaume a une autre vertu : celle de nous faire prendre notre place dans le peuple de Dieu. La force du psaume ne vient pas de ce que tout le monde peut s’y reconnaître mais de ce qu’il parle et prie pour tout le monde. La voix individuelle qui s’adresse à Dieu est la voie collective du peuple des croyants. Paradoxalement, nous retrouvons notre unité et notre fraternité dans un besoin commun de salut.
Saint Paul le formule parfaitement dans la deuxième lecture. Notre marche commune sur les chemins du Seigneur n’a rien de convenu, elle n’est pas un habitus social. Elle exige une mise en pratique radicale de notre désir de conversion. Les chemins que nous enseigne le Seigneur sont d’abord ceux de la charité fraternelle, la droiture qu’il faut manifester envers la Loi de Dieu se vérifie dans le groupe de nos frères. C’est dans ce contexte que se présente l’hymne au Christ. Elle débute ainsi : « ayez entre vous les dispositions que l’on doit avoir dans le Christ-Jésus ».
Cette longue préparation donne un contexte de lecture de l’évangile très éclairant. On est certes sensible à la casuistique concernant le « faire la volonté du père ». Mais on comprend mieux que sa clé de lecture est dans sa mise en situation : « un homme avait deux fils ». Les relations fraternelles doivent permettre à chacun de faire la volonté du père, de suivre ses chemins avec droiture.
Le cas en lui-même est facile à comprendre, pour tous. Mais pour le vivre, il faut avoir perçu que nous devons toujours « estimer les autres supérieurs à nous-mêmes ». Les frères de la parabole sont tous deux éloignés de leur père. L’un lui fait l’affront d’un refus, l’autre celui d’un oui obséquieux : « Oui, Seigneur ».
Jésus explique que ceux qui comprennent leur éloignement du Père et changent de vie entrent immédiatement en présence de Dieu. Il ne s’agit pas d’une promesse pour un futur meilleur. « Ils vous précèdent » dit Jésus. Maintenant qu’ils ont changé de vie. Ainsi non seulement la conversion est à portée de main, mais ses fruits sont déjà à cueillir pour qui s’en donne la peine.
Actualisation
Le discours d’Ezéchiel méritait d’être noté car il témoigne d’une chose bien étrange : nous avons mis Dieu en position d’accusé. Dans la première lecture, il a en effet dû présenter sa défense et rappeler la nature de notre relation avec lui. Ce que Jésus fait également dans l’évangile.
Sachons entrer pleinement dans l’exigence de la dimension communautaire de notre foi, et nous comprendrons, en nous découvrant frères, comment Dieu est Père. Ainsi nous éviterons d’être ces « grands prêtres » que condamne l’évangile, ceux qui sont incapables de se découvrir pécheurs, ceux qui ne voient pas dans la conversion de leurs frères une invitation et un stimulant pour la leur.
L’engagement chrétien n’est pas une recette à appliquer. Il est une relation d’amour qui s’approfondit, qui se redit pour se donner davantage. Il faut progresser dans la connaissance de soi, mais pour se donner plus pleinement, pour y découvrir de nouveaux lieux où réaliser le « oui » donné à Dieu.
Posté le 27.09.2008 par jubilatedeo
SAINT VENCESLAS Duc de Bohême, Martyr (+ 936)
Saint Wenceslas eut pour père Wratislas, duc de Bohême, prince vertueux, et pour mère Drahomire, païenne et ennemie acharnée du nom chrétien. Drahomire eut un autre fils appelé Boleslas, qu'elle éleva dans l'idolâtrie.
A la mort de son mari, elle s'empara de la régence et ne s'en servit que pour persécuter la religion chrétienne. A cette vue, le zèle de Wenceslas le décida à prendre, avant sa majorité, les rênes du gouvernement. Il se fit le père des orphelins, le soutien et le défenseur des veuves, la providence des pauvres. Afin de n'être pas reconnu, il portait, de nuit, du bois aux pauvres honteux. Il visitait les prisonniers, rachetait les captifs, consolait et secourait les malheureux.
Wenceslas joignait la piété aux bonnes oeuvres; il assistait à l'office divin du jour et de la nuit; il allait souvent nu-pieds, par le froid et la neige, sans jamais se plaindre de la rigueur de l'hiver. Quelques fois celui qui l'accompagnait la nuit était transi de froid; mais il n'avait qu'à marcher sur les pas de Wenceslas, et aussitôt il sentait une chaleur bienfaisante pénétrer tous ses membres. L'esprit de religion du pieux roi lui faisait honorer les évêques et les prêtres comme Jésus-Christ Lui-même; il les aimait comme des pères, et quand il traitait quelque affaire avec eux, c'était avec une humilité et une déférence profondes. Sa grande dévotion était la dévotion à la Sainte Eucharistie.
Pour témoigner son amour à Jésus-Hostie, il semait de ses propres mains le blé et pressait le vin destinés au Saint Sacrifice de la Messe; son bonheur était de servir à l'autel et de présenter au prêtre le pain, le vin, l'eau et l'encens. La piété de Wenceslas était pour lui la source d'une intrépidité surprenante. Il dut s'opposer aux armes d'un prince voisin qui avait envahi ses États. Pour épargner le sang de ses sujets, il proposa à son ennemi un combat singulier et se présenta presque sans armes devant un adversaire armé jusqu'aux dents. Wenceslas allait être percé par la lance ennemie, quand le prince usurpateur aperçoit près du saint duc deux anges pour le défendre. A cette vue, il se jette à ses pieds et lui demande pardon.
Attiré dans un guet-apens par sa mère et son frère, Wenceslas mourut d'un coup d'épée fratricide, au moment où il priait dans une église.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Biographie
A la mort de son père Vratislas
[1], les Tchèques nommèrent Venceslas
[2] duc de Bohême
[3]. Et, par la grâce de Dieu, sa vie chrétienne était parfaite. Il faisait du bien à tous les pauvres, vêtait ceux qui étaient nus, nourrissait les affamés, recueillait les voyageurs, selon la parole de l'Evangile. Il ne souffrait pas qu'on fasse du tort aux veuves, il aimait tous les hommes, riches et pauvres, il servait les ministres de Dieu, il embellissait beaucoup d'églises.
Mais les seigneurs de Bohême se révoltèrent
[4] et insinuèrent à son frère cadet, Boleslas : « Ton frère Venceslas va te faire assassiner, il conspire avec sa mère et ses soldats. »
Comme il y avait dans toutes les villes des fêtes pour la consécration des églises, Venceslas allait séjourner dans toutes ces villes. Il fit donc son entrée dans la cité de Boleslas, un dimanche, en la fête des saints Côme et Damien. Après avoir entendu la messe, il voulut retourner à Prague. Mais Boleslas le retint avec perfidie, en lui disant : « Pourquoi veux-tu partir, mon frère ?
[5]»
Le lendemain
[6] on sonna la cloche pour les matines. En entendant la cloche, Venceslas dit : Louange à vous, Seigneur, qui m'avez donné de vivre jusqu'à ce matin. Il se leva et se rendit aux matines. Aussitôt Boleslas le rejoignit à la porte. Venceslas le regarda et lui dit : « Mon frère, tu étais hier un bon compagnon pour nous. » Le diable parla à l'oreille de Boleslas et pervertit son cœur. Tirant son épée, Boleslas répondit : « Maintenant, je veux être pour toi un meilleur compagnon, et il lui donna un coup d'épée à la tête. » Venceslas, tourné vers lui, dit alors : « A quoi penses-tu, mon frère ? » Il l'empoigna et le jeta par terre
[7]. Mais un des conseillers de Boleslas accourut et frappa Venceslas à la main. Celui-ci, blessé à la main, épargna son frère et accourut vers l'église. Mais deux assassins l'abattirent à la porte de l'église. Un troisième accourut et de son épée lui transperça le côté. Alors Venceslas expira aussitôt en disant : « En vos mains, Seigneur, je remets mon esprit. »
Récit paléoslave
Le corps de Venceslas fut inhumé dans la petite église des Saints-Côme-et-Damien, à Boleslava, où il y eut tant de miracles que Boleslas dut consentir à le faire tranférer à Prague, dans l’église Saint-Guy (4 mars 932). Venceslas fut canonisé entre 976 et 996 et sa fête fixée au 28 septembre. Il fut considéré comme le patron des armées tchèques. En 1848 et en 1914, il fut le signe de ralliement des nationalistes de Bohême. En 1923, la monnaie d’or du jeune état tchécislovaque fut frappée à son effigie et, en 1929, le millième anniversaire de sa mort fut marqué de fêtes triomphales.
[1] Vratislas I°, fils de Borzivoï, né en 887, devint duc de Bohême à la mort de son frère Zbignev I° (915), et jusqu’à sa mort (920).
[2] Fils aîné de Vratislas I° et de Drahomira, né sans doute vers 907. Il prit personnellement le pouvoir vers 925.
[3] A la mort de son père, la régence fut exercée par sa mère et son éducation fut confiée à sa grand-mère paternelle, sainte Ludmila. Sous un verni chrétien, Drahomira, comme une bonne partie de la noblesse, restait païenne ; elle fit étrangler Ludmila (16 septembre 921) pour écarter de Venceslas de son influence
[4]Dès qu’il eut pris le pouvoir, Venceslas réagit avec force contre ceux qui voulaient rétablir le paganisme : « Canailles, pourquoi m’empêchiez-vous d’apprendre la loi divine de Jésus-Christ, et d’obéir à ses commandements ? Si Dieu vous ennuie, pourquoi empêcher les autres de l’aimer ? Quant à moi, débarrassé de vous, je rejette vos conseils, je désire servir Dieu de tout mon cœur ! » Sa mère, Drahomira, était l’âme des nombreuses intrigues politiques que la noblesse fomentait contre la sage administration de Venceslas. Il l’exila et lui permi de revenir que lorsqu’elle eut abjuré sa néfaste politique. Lorsque le roi de Germanie, Henri l’Oiseleur parut devant Prague (929), Venceslas, voulant être économe du sang de ses sujets, se soumit ; les opposants se groupèrent alors autour de Boleslas, frère de Venceslas qui crut son heure arrivée quand on apprit qu’Henri l’Oiseleur avait été frappé de paralysie (935).
[5]Les conjurés avaient prévu d’assassiner Venceslas lors du banquet, mais, prévenu, il entra dans la salle et leva sa coupe en disant : « En l’honneur du bienheureux archange Michel, en le suppliant de faire entrer nos âmes dans la paix et la jubilation. » Les assistants ne purent que répondre « Amen. » Venceslas but, ermbrassa ses amis et se retira pour une longue prière. L’assassinat était repoussé au lendemain matin.
[6] Au château de Boleslava - Bunzlau - le 28 septembre 929.
[7] Trouvant son frère près de la porte de l’église, Venceslas lui dit : « Puisse le Christ te convier à son banquet éternel, toi qui m’a si bien reçu moi et ma suite. » Boleslas répliqua : « Hier je t’ai servi comme j’ai pu, mais voici comme le frère va servir le frère », et il le frappa à la tête. Venceslas mit la main à son épée en disant : « Comme tu me fais mal ! » puis il jeta son arme à terre : « Tu t’es condamné toi-même. Je pourrais t’écraser comme une mouche, mais la dextre d’un serviteur de Dieu ne doit pas être fratricide. » Alors un conseiller de Boleslas appela ses gens et ils achevèrent Venceslas qui allait vers l’église.
Saints Martyrs de Nagasaki martyrs (+ v. 1635)
A Nagasaki, 15 martyrs, les uns brûlés vifs, d'autres décapités quelques années auparavant et plusieurs autres qui moururent témoins de la foi au Christ.
saint Laurent Ruiz de Manille et quinze compagnons Dominique Ibanez de Erquicia, Jacques Kyushei Gorobioye Tomonaga, Antoine Gonzalez, Michel de Aozaraza, Guillaume Courtet, Vincent Shiwozuka, Luc Alphonse Gorda, Jourdain (Hyacinthe Ansalone) et Thomas Hioji Rokuzayemon Nishi, prêtres dominicains , François Shoyemon, Michel Kurobioye et Matthieu Kohioye, religieux dominicains - Madeleine de Nagasaki, vierge du Tiers-Ordre de Saint-Augustin, Marine de Omura, vierge du Tiers-Ordre dominicain, Lazare de Kyoto, laïc.
Après avoir semé la foi chrétienne dans les Îles Philippines, Formose et les îles du Japon, ils consommèrent leur martyre pour l’amour du Christ à Nagasaki, en vertu d’un décret du chef suprême Togugawa Yemitsu, à des jours différents, de 1633 à 1637, mais sont commémorés dans une même vénération. (source: martyrologe romain)
Saint Guillaume Courtet (+ 1637)
Dominicain martyr au Japon, avec
saint Laurent Ruiz. Il naquit à Sérignan au diocèse de Béziers en 1590 et entra chez les frères prêcheurs à Albi. Il n'était pas encore prêtre qu'il fut chargé d'une chaire de théologie à l'Université de Toulouse tant était grand son savoir. En 1624, il est est prieur du couvent d'Avignon et est envoyé à Madrid pour y établir la réforme de l'Ordre qu'avait entreprise le P. Michaelis. Mais son rêve était d'être missionnaire. En 1634, il est envoyé aux Philippines comme enseignant au collège saint Thomas et, deux ans après nous le trouvons au Japon, où sévissait la persécution. A peine débarqué avec son compagnon Lorenzo Ruiz, ils sont tous deux arrêtés, jugés et condamnés à mort. Ils furent décapités et leurs corps furent incinérés avant d'être jetés au large de Nagasaki. Ils furent canonisés par Jean Paul II le 18 octobre 1987 à Rome.
Après tout un itinéraire de prédicateur et de professeur de théologie en Languedoc, en Europe, en Asie, Guillaume Courtet accomplit sa vocation au témoignage total de sa foi sur une colline de Nagasaki
Famille et enfance
Guillaume Courtet nait à Sérignan en Languedoc (alors au diocèse de Béziers) en 1590 (ou à la fin de 1589) [1].
Son père Jehan Cortet (devenu Courtet pour garder la prononciation occitane lors de la francisation du langage au XVIème siècle ?) semble être "deuxième consul" à Sérignan en 1581. De son mariage avec Barbe Malaure sont issus au moins 4 enfants: Antoine, Marguerite, Guillaume et Alix.[2] (cf. page généalogie).
Probablement élève de l'école des chanoines de Sérignan, on peut supposer à Guillaume une jeune enfance heureuse au sein d'une famille plutôt aisée. Une plaque dans la "carriera dels salanquiers" indique l'emplacement de sa maison natale. Ses historiens ont relaté une vocation précoce pour les missions lointaines. Sa démarche et ses écrits le confirmeront.
Guillaume a douze ans lorsque sa mère décède. L'année suivante il est choisi comme parrain au baptême d'un fils de Lort, famille seigneuriale de Sérignan depuis un demi siècle. Cela semble témoigner de la bonne réputation dont il jouissait das sa ville natale. Il est alors élève à Béziers, vraisemblablement au collège des jésuites.
Itinéraire religieux en Languedoc
A 15 ans, Guillaume part à Toulouse pour des études de philosophie et de théologie.. Il est déjà décidé à devenir religieux dominicain. A 17 ans, le 15 août 1607 il est admis au noviciat du couvent d'Albi et c'est le 15 août 1608 qu'il y prononce ses vœux de "frère prêcheur", plus précisément dans la toute jeune congrégation de saint Louis qu'a formée Sébastien Michaëlis.
Guillaume retourne alors à Toulouse continuer ses études et se préparer au sacerdoce. Comme à Albi, sa vie exemplaire et ses dispositions intellectuelles le font remarquer de ses supérieurs. A 22 ans il est nommé "lecteur" (professeur) de théologie et commence ainsi une activité d'enseignement qu'il poursuivra toute sa vie et autour du globe. Son père est décédé l'année précédente en 1611.
C'est vraisemblablement le succès de ces activités qui qui conduira l'Ordre à lui confier en 1624 la charge de prieur du grand couvent d'Avignon. Il quitte alors Toulouse avec plusieurs de ses disciples[3] pour cet important ministère. En deux ans de priorat, le couvent accueillera 10 nouveaux arrivants.
L'Europe du nord au sud
Deux ans plus tard Guillaume est nommé "commissaire" de l'ordre en Europe du Nord avec une mission difficile (qui lui vaudra bien des iniquités et même une "humiliation fâcheuse"[4]) de propagation de la réforme de Michaëlis. C'est de cette période que date sa merveilleuse lettre (à Adriani) de 1628 récemment retrouvée[5]. Il y demande, 9 années avant son martyr, d'être envoyé vers les pays les plus difficiles. Il accepte le risque d' "endurer les supplices auxquels je me veux exposer". Il rajoute qu'il a "toujours" eu ce désir.
La route sera longue. En ces temps seuls l'Espagne et le Portugal peuvent organiser des missions lointaines.. Avec l'accord de ses supérieurs Guillaume va changer de congrégation et arriver à Madrid en 1628. Il va devoir également changer de nom et et devient padre Thomas de Santo Domingo. Il attendra cinq ans de plus avant de pouvoir s'embarquer vers l'Orient. Ces années espagnole seront marquées par sa préparation (physique, intellectuelle, spirituelle) à sa mission au Japon et une charge d'enseignement en théologie. Il y est aussi confesseur de l'ambassadeur de France et conseiller spirituel de la reine d'Espagne (Isabelle, fille d'Henri IV).
Le clandestin du Japon
A la fin de 1634, Guillaume est enfin autorisé avec une vingtaine d'autres religieux à s'embarquer pour les Philippines via le Mexique. Ils arrivent à Manille, alors sous domination espagnole, le 24 juin 1635. Et là tout en préparant sa mission au Japon il est à nouveau professeur de théologie à l'université Saint-Thomas.
Partir pour le Japon n'était pas simple. Le christianisme y avait été très bien accueilli avec l'arrivée de saint François Xavier le 15 août 1549. Quarante années plus tard on y comptait 200 000 fidèles lorsque commencèrent les persécutions[6]. Après les 26 premiers martyrs crucifiés en 1597, c'est une véritable politique d'éradication totale du christianisme qui se met en place. Elle s'accompagne d'une fermeture quasi complète du pays. Cette persécution durera plus deux siècles et demi et fera peut-être 200 000 martyrs. Ponctuellement, les appels de détresse des chrétiens japonais demandant des prêtres parvenaient toutefois à Manille. Le départ du groupe du père Courtet fut probablement accéléré pour répondre à ces appels.
Le débarquement au Japon se devait d'être clandestin. Le départ de Manille aussi car interdit par le gouverneur espagnol qui craignait des représailles japonaises : il fit détruire une première embarcation construite en cachette. Mais le 10 juin 1636, Guillaume Courtet, trois autres prêtres et deux laïques réussissent à s'embarquer sur une jonque rachetée à un japonais. Les trois prêtres sont Miguel Aozaraza, Antonio Gonzalez (espagnols) et Vincente Shiwozuka (japonais). Un des deux chrétiens laïques est lorenzo Ruiz, père de trois enfants, qui fuit (vraisemblablement innocent) la justice espagnole. L'autre est "Lazarre" de Kyoto, un lépreux japonais expulsé de son pays en raison de sa maladie et de sa religion. Au sortir de la baie une bourrasque mit à mal ce navire dont l'équipage avait peut-être été recruté hâtivement. Il dût relâcher dans une île pour réparer les avaries et et repartir quelques jours après.
C'est un mois plus tard le 10 juillet 1636, que le père Courtet et ses cinq compagnons débarquèrent le plus discrètement possible sur une île de l'archipel de Liou-Kiou. La mission dont le détail est mal connu dura moins d'un mois et demi.. Malgré les précautions des chrétiens locaux, le groupe fut repéré et arrêté. Emprisonnés à Kagoshima, ils vont rester enfermés durant un an avant d'être transférés à Nagasaki en septembre 1637 pour le procès.
Le but du voyage
L'horreur et la durée des tortures infligées durant deux semaines pour tenter d'obtenir des apostasies publiques sont difficiles à évoquer. Guillaume eut à subir le supplice de l'eau (ingurgitée et régurgitée de force de multiples fois), celui des alênes (grosses aiguilles enfoncées entre chair et ongle dans tous les doigts des mains), ceux de la potence et de la fosse asphyxiante. Guillaume résista sans faillir. Au matin du 27 septembre 1637, il fut retiré vivant de la fosse. Désespérant d'atteindre leur but, les juges firent décapiter les trois qui survivaient. Le père Courtet mourut vraisemblablement le dernier. Son corps comme celui de ses compagnons fut aussitôt brûlé et les cendres dispersées sur la mer.
Les témoins ne manquaient pas à ces supplices publics. La plupart étaient évidemment des japonais. En 1650 les dominicains de Manille établirent un mémoire contenant une liste de 104 témoins portugais[7] (le port de Nagasaki entretenait encore quelques échanges commerciaux avec l'occident). Ce sont ces marins qui ont rapporté des récits des tortures qui ont pu être rapidement sauvegardés. C'est aussi grâce à eux que nous connaissons certaines paroles des martyrs.
Le père Courtet lui-même au milieu des tourments précisa la motivation des missionnaires. Il nous est en effet rapporté queles bourreaux s'étonnant de ce qu'ils soient venus au Japon alors qu'ils ne pouvaient pas ignorer le sort qui les attendait, "le P. Guillaume ayant entendu conjura les assistans de dire de sa part aux juges qu'ils n'estoient pas si ennemis de la vie que le désir de mourir les eusse conduit au Japon ; que le but de leur voyage n'estoit pas d'y laisser la vie mais d'y prescher l'Évangile de Jésus-Christ vray Dieu"[8].
Saint Lucas Alonso del Espiritu Santo (+ 1633)
Né en 1594 à Carracedo (Astorga)
Prêtre, Dominicain, Martyr du
Groupe des 16 martyrs de Nagasaki (Japon – 1633-37)
Il a vécu à Manille et y a enseigné au Collège Saint Thomas. Ministère à Cagayan.
Au Japon en 1623, 10 ans de ministère dans les risques et les épreuves. Arrêté en 1633 à Osaka et tué à Nagasaki après être torturé.
Béatifié le 18.02.1981 à Manille (Philippines) par Jean Paul II
Saint Alkison (+ 561)
Evêque de Nicopolis, il résista à l'empereur Anastase Ier qui soutenait les monophysites. Comme il était resté inflexible, il fut emprisonné à Constantinople où il mourut prisonnier des mauvais traitements qu'on lui avait fait subir.
Saint Alode évêque d'Auxerre (+ v. 465)
Aleu, Alodius, Elodius, Eladius, Hellodius
évêque d'Auxerre quelques années après saint Germain... Les documents varient et les dates y sont approximatives.
Saints Alphée, Alexandre et Zosime martyrs (4ème s.)
martyrs à Calydon de Pisidie.
Saint Auxence (12ème s.)
Il était chef d'une troupe de mercenaires grecs au service des barons francs durant la deuxième Croisade (1147-1149). Arrivés à Jérusalem, ils décidèrent de mener une vie ascétique dans la vallée du Jourdain, mais ils durent quitter les lieux à cause des troubles que leur causaient les Arabes et des vexations que leur infligeaient les Latins. Ils s'embarquèrent pour l'île de Chypre, se dispersant par petits groupes pour trouver Dieu dans le silence. Saint Auxence y mena la contemplation dans une petite grotte et s'y endormit en paix.
Saint Bernardin de Feltre (+ 1494)
Franciscain, protecteur des pauvres pour lesquels il fonda des "monts de piété" destinés à soutenir ceux qui tombaient dans la misère et ne pouvaient supporter l'usure des banques. Il fut un grand prédicateur et sa prière lui en donnait la richesse et la profondeur.
Saint Chamond martyr (+ 657)
ou
Ennemond.
Né à Lyon vers 620 au sein d'une famille noble sous le règne du roi mérovingien Clotaire II, il fut sans doute remarqué par Saint-Eloi et devint conseiller du roi Clovis II, il fut élevé au siège archiépiscopal de Lyon. Mais Ebroïn, maire du palais, dont les méthodes cruelles causèrent tant de meurtres, résolut de le faire disparaître. Alors qu'il se rendait à la cour pour se justifier, il fut assassiné en 663 près de Châlon-sur-Saône sur les ordres du maire du palais Ebroin. Son corps fut ramené à Lyon et repose dans l'église Saint Nizier. Le Saint est aussi vénéré à Bellegarde-en-Forez, Verrières et Champdieu. L'église stéphanoise garde aussi une relique. La ville proche de ce meurtre prit le nom du saint archevêque : 42400 Saint-Chamond.
Saint Chariton abbé (+ v. 350)
Assidu à la prière et aux jeûnes et fondateur de plusieurs laures dans le désert, dont celle de la Vieille Laure, près de Bethléem.
"Chariton est né à Iconium, en Asie-Mineure, sous le règne de l'empereur romain Aurélien (270-276). Dioclétien, tolérant jusque vers 304 envers les chrétiens, entama alors une féroce répression. Chariton, connu pour sa piété, fut capturé par les soldats de l'empereur et mené devant le consul. Fidèle à sa foi, Chariton fut torturé, puis jeté en prison. Délivré de prison à la mort de Dioclétien, il se réfugia en Egypte jusqu'au fameux édit de Constantin de 313, qui accordait la liberté de culte aux chrétiens... Chariton, qui ne désirait en ce monde que la suavité de l'union à Dieu dans la solitude, se retira au-dessus de la Laure, dans une grotte si difficile d'accès qu'on ne pouvait y monter qu'avec des échelles... Il adressa un testament spirituel à ses disciples, dans lequel il indiquait la voie sûre pour parvenir à l'union avec Dieu: c'est-à-dire l'ascèse liée à l'humilité et à la charité envers tous."
Saints Chuniald et Gisilaire prêtres (8ème s.)
Prêtres de Salzbourg en Autriche, missionnaires probablement d'origine irlandaise, qui apportèrent leur aide à l’évêque de Salzbourg saint Rupert.
Sainte Dode d'Astarac Dans le Gers (?)
Nous ne connaissons d'elle ni la vie, ni l'époque. Il reste, pour seule mémoire, un village dans le Gers : 32170 Sainte-Dode
Sainte Eustochium Fille de sainte Paule (+ 418)
Comme sa mère, elle se fit religieuse sous la direction de saint Jérôme et toutes deux le suivirent en Orient. Elles se succédèrent à la tête du monastère de Bethléem où l'étude et la méditation de la Bible étaient particulièrement à l'honneur.
Saint Exupère (+ 415)
Evêque de Toulouse qui entreprit la construction de la célèbre basilique Saint Sernin. Saint Jérôme, qui lui dédia son commentaire sur le prophète Zacharie, soulignait ainsi sa charité lors de l'invasion des Vandales dans le midi de la France : "Le saint évêque a faim tandis qu'il nourrit les autres. Son visage est marqué par les jeûnes, mais il est surtout torturé par la faim des autres. Il a tout donné aux pauvres qui sont les entrailles du Christ."
Saint Fauste de Riez Abbé de Lérins (+ 485)
On pense qu'il serait né en Angleterre vers 405. Il devint abbé de Lérins en 433, puis évêque de Riez en 462. Il était très instruit et saint Sidoine Apollinaire le félicitait dans une de ses lettres "d'avoir épousé la Philosophie en ayant eu bien soin de se convertir auparavant." Saint Fauste écrivit beaucoup contre les hérétiques, même s'il n'était pas toujours très orthodoxe. A l'en croire, on n'aurait pas dû recevoir à la pénitence les pécheurs qui attendent d'être à toute extrémité pour se convertir. Le bon larron, à ce titre, n'eût point trouvé grâce à ses yeux.
Saint Laurent de Ripafretta (+ 1457)
Originaire de Toscane dans la région de Pise, il entra dans l'Ordre de Saint Dominique. Il fut de ceux qui réformèrent à cette époque l'Ordre qui en avait grand besoin. Il conduisit le jeune Fra Angelico dans le rude sentier de la perfection religieuse. Si grande fut sa discrétion dans la conduite de sa charge de vicaire général de l'Ordre que nous n'en savons que le style :"un ministère d'amour et de paix." Une telle charge se vit en effet dans le silence des relations fraternelles et discrètes avec chacun des frères. Les faits sont là : beaucoup de jeunes frères, de nombreuses fondations et d'anciennes renouvelées. Il s'ouvrit à la Vérité qu'il servait en Jésus-Christ, entouré de ses frères.
Sainte Lioba Abbesse bénédictine à Schornsheim (+ 782)
Parente de saint Boniface, elle quitta l'Angleterre, son pays natal, pour fonder des monastères en Germanie. Il l'installa d'abord dans le monastère de Bischofheim, la maison de l'évêque, non loin de Mayence, puis, à sa mort, elle se retira dans un des monastères voisins qu'elle avait fondé à Schonersheim. Charlemagne avait beaucoup d'estime pour elle et Hildegarde, l'épouse impériale, aimait la consulter.
Bienheureux Nicétas Budka evêque et martyr (+ 1949)
Mykyta (Nicétas), né en 1877 à Dobromirka dans la région de Zbarazh. Il exerça son ministère d’abord au Canada puis en Ukraine parmi les fidèles catholiques de rite byzantin, gréco-catholique. En 1905, après avoir obtenu ses diplômes de théologie à Vienne et Innsbruck, il est ordonné prêtre par le métropolite Andrej Sheptytsky. Le 14 octobre 1912, il est consacré évêque à Lviv. La même année il est nommé par le Saint-Siège premier Exarque apostolique (évêque) des Ukrainiens catholiques du Canada. En 1928, il devient évêque auxiliaire de l'archevêque greco-catholique à Lviv. Le 11 avril 1945, le gouvernement communiste l'arrête et le condamne à 8 ans de prison. Il meurt martyr le 1er octobre 1949 dans un camp de concentration à Karaganda, au Kazakhstan.
Béatifié le 27 juin 2001 à Lviv (Ukraine) par Jean Paul II.
Saint Salonius Évêque de Gênes (+ v. 459)
Fils de saint Eucher de Lyon, il mena d’abord la vie monastique à Lérins, puis, devenu évêque, s’attacha à la doctrine du pape saint Léon le Grand et écrivit une exposition mystique de deux livres des Écritures.
Saint Siméon évêque (+ v. 1120)
Évêque de Die dans l’actuel diocèse de Valence. Il ne reste que quelques souvenirs de son long épiscopat, mais l’imagination des biographes remplaça facilement les documents perdus à travers les siècles.
Saint Simon de Roxas (+ 1624)
Le P. Simón de Rojas , de l'Ordre Trinitaire, est né à Valladolid, en Castille (Espagne), le 28 octobre 1552. A l'âge de 12 ans, il entra dans le couvent des Trinitaires de sa ville natale, où il fit sa profession religieuse le 28 octobre 1572; il étudia à l'université de Salamanque de 1573 à 1579; il fut ordonné prêtre en 1577; il enseigna la philosophie et la théologie à Tolède de 1581 à 1587; de 1588 jusqu'à sa mort, il a été supérieur de plusieurs couvents de sa province et fut envoyé comme visiteur apostolique, deux fois dans sa province et une fois en Andalousie: il exerça ces charges avec grande prudence. Le 14 avril 1612, il fonda la Congrégation des Esclaves du Très Doux Nom de Marie: en 1619, il fut nommé précepteur des Infants d'Espagne; le 12 mai 1621, il fut élu Provincial de Castille; le 1 janvier 1622, il fut choisi comme confesseur de la Reine Isabelle de Bourbon; il mourut le 29 septembre 1624.
Sa canonisation, en cette année mariale, glorifie ce grand serviteur de Marie, comparé par Lope de Vega à Saint Bernard de Clairvaux et à Saint Ildephonse de Tolède.
Ce fut sa maman, la vertueuse Constance, qui fit germer dans son âme l'amour de Marie. Le culte qu'elle rendait continuellement à NotreDame avec son mari Grégoire, nous fait comprendre pourquoi Simon, quand il prononça à l'âge de 14 mois ses premières paroles s'écria: "Ave Maria". Il ne faisait que répéter la prière que ses parents récitaient si fréquemment.
Il était très heureux quand il pouvait visiter les sanctuaires consacrés à Marie; il la priait instamment, imitait ses vertus, chantait ses louanges et mettait en relief son importance dans le mystère de Dieu et de l'Eglise. A travers ses études théologiques, il comprit toujours davantage la mission de Marie et sa coopération avec la Trinité au salut du genre humain et à la sanctification de l'Eglise. Il vécut ses voeux religieux à l'exemple de Marie. Il croyait que pour être à Dieu comme Marie, il fallait être son esclave, ou mieux, esclave de Dieu en Marie; c'est pourquoi, il institua la Congrégation des Esclaves de Marie, à la plus grande gloire de la Trinité, à la louange de Notre-Dame, au service des pauvres. Pour lui, être esclave de Marie signifiait une appartenance totale à Elle: "Totus tuus", pour être uni plus intimement au Christ et, en Lui, par l'Esprit, au Père.
La Congrégation qu'il a fondée avait un caractère laïcal: elle était ouverte à toutes les catégories sociales. Les inscrits, parmi lesquels figuraient même le roi et ses enfants, s'engageaient à glorifier Marie, en aidant les pauvres, ses fils de prédilection. Son oeuvre vit encore en Espagne. Celui qu'on considère comme un des plus grands contemplatifs de son époque, prouve dans son ouvrage: "La prière et ses grandeurs" que la dimension contemplative doit aller de pair avec la vie active et se réaliser par les oeuvres de miséricorde. Fidèle au charisme trinitaire, il promut la rédemption des esclaves, assista tous les pauvres qu'il rencontrait, réconforta infirmes, prisonniers et marginaux de tous genres. Quand on lui proposa des fonctions à la Cour, il n'accepta qu'à la condition de pouvoir continuer à se consacrer à "ses" pauvres, qu'il secourait à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.
Multiples ont été les manifestations de son amour envers la Vierge Marie. Tous les peintres, qui ont fixé son image sur la toile, mettent sur ses lèvres la salutation: "Ave, Maria", qu'il prononçait si fréquemment qu'on l'appelait: "Le Père Ave Maria". Il fit imprimer par milliers des images de Notre-Dame avec l'inscription "Ave, Maria", les envoyant partout, même à l'étranger. Il fit confectionner des chapelets très simples avec 72 grains azur unis par une cordelette blanche - les symboles de l'Assomption et de l'Immaculée - en souvenir des 72 ans de la vie de Marie, selon la croyance de son époque, et les envoya même en Angleterre. Profitant de son influence à la Cour, il fit écrire en lettres d'or sur la façade du palais royal de Madrid la salutation angélique: "Ave, Maria". Le 5 juin 1622, il obtint du Saint Siège l'approbation de l'office et de la messe qu'il avait composés en l'honneur du Nom de Marie, et que, plus tard, Innocent XI étendit à l'Eglise universelle.
A sa mort, les honneurs funèbres qu'on lui rendit eurent l'aspect d'une canonisation anticipée. Pendant 12 jours, les plus célèbres orateurs de Madrid exaltèrent ses vertus et sa sainteté. Le Nonce du Pape, impressionné par tous les signes de vénération qu'on lui rendait, ordonna quelques jours après sa mort qu'on commence les procès en vue de sa glorification par l'Eglise. Le 25 mars 1735, Clément XII réconnut l'héroicité de ses vertus et Clément XIII le proclama bienheureux le 19 mai 1766. Aujourd'hui, 3 juillet 1988, avant de conclure l'année mariale, le Pape Jean-Paul II inscrit dans le catalogue des saints ce grand serviteur de Marie et père des pauvres.
Saint Thiémont (+ 1101)
Evêque de Salzbourg, il partit à la croisade avec Godefroy de Bouillon parce qu'il avait été chassé de son siège par ses fidèles. Fait prisonnier par les Turcs, il refusa de renier sa foi et fut massacré par eux.
Saint Zama évêque (4ème s.)
Vénéré comme le premier archevêque de Bologne en Émilie.
Les Églises font mémoire…
Catholiques d’occident : Venceslas (IX-Xe s.), martyr (calendrier romain et ambrosien)
Coptes et Éthiopiens (18 tut/maskaram) : Second jour de la Croix glorieuse ; Eustache de Sarabi (+1352), moine (Église d’Éthiopie)
Luthériens : Lioba (+782), évangélisatrice de la Rhénanie ; Adolf Clarenbach (+1529), témoin jusqu’au sang à Cologne
Maronites : Chariton de Palestine (+350), confesseur
Orthodoxes et gréco-catholiques : Chariton de Palestine, moine et confesseur ; Joseph (XVI-XVIIe s.), métropolite de Timisoara (Église serbe)
Posté le 26.09.2008 par jubilatedeo
1 Jacob leva les yeux et regarda, et voici, Esaü venait, ayant avec lui quatre cents hommes. Ayant distribué les enfants par groupes auprès de Lia, auprès de Rachel et auprès des deux servantes,
2 il plaça en tête les servantes avec leurs enfants, puis Lia avec ses enfants, et enfin Rachel avec Joseph.
3 Lui-même passa devant eux, et il se courba vers la terre sept fois, jusqu'à ce qu'il fût proche de son frère Esaü.
4 Esaü courut à sa rencontre, l'embrassa, se jeta à son cou et le baisa; et ils pleurèrent.
5 Puis, levant les yeux, Esaü vit les femmes et les enfants, et il dit: " Qui sont ceux que tu as là? " Jacob répondit:
6 " Ce sont les enfants que Dieu a accordés à ton serviteur. " Les servantes s'approchèrent, elles et leurs enfants, et se prosternèrent.
7 Lia et ses enfants s'approchèrent aussi, et ils se prosternèrent; ensuite s'approchèrent joseph et Rachel, et ils se prosternèrent.
8 Et Esaü dit: " Que veux-tu faire avec tout ce camp que j'ai rencontré? " Et Jacob dit: " C'est pour trouver grâce aux yeux de mon seigneur. "
9 Esaü dit " Je suis dans l'abondance, mon frère; garde ce qui est à toi. "
10 Et Jacob dit " Non, je te prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, accepte mon présent de ma main; car c'est pour cela que j'ai vu ta face comme on voit la face de Dieu, et tu m'as accueilli favorablement.
11 Accepte donc mon offrande qui t'a été amenée, car Dieu m'a accordé sa faveur et je ne manque de rien. " Il le pressa si bien qu'Esaü accepta.
12 Esaü dit: " Partons, mettons-nous en route; je marcherai devant toi. "
13 Jacob répondit: "Mon seigneur sait que les enfants sont délicats, et que je suis chargé de brebis et de vaches qui allaitent; si on les pressait un seul jour, tout le troupeau périrait.
14 Que mon seigneur prenne les devants sur son serviteur, et moi, je suivrai doucement, au pas du troupeau qui marche devant moi, et au pas des enfants, jusqu'à ce que j'arrive chez mon seigneur, à Séir. "
Bible Augustin Crampon chanoine catholique
Posté le 26.09.2008 par jubilatedeo
Livre de l'Ecclésiaste 11,9-10.12,1-8.
Réjouis-toi, jeune homme, dans ton adolescence, et sois heureux aux jours de ta jeunesse. Suis les sentiers de ton cœur et les désirs de tes yeux !Mais sache que pour tout cela Dieu t'appellera au jugement.
Éloigne de ton coeur le chagrin, écarte de ta chair la souffrance !Car l'adolescence et le printemps de la vie sont vanité.
Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les jours mauvais, et qu'approchent les années dont tu diras :« Je ne les aime pas » ;
avant que s'obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent encore après la pluie ;
au jour où tremblent les gardiens de la maison, où se courbent les hommes vigoureux ;où les femmes, l'une après l'autre, cessent de moudre, où le jour baisse aux fenêtres ;
quand la porte est fermée sur la rue, quand s'éteint la voix de la meule, quand s'arrête le chant de l'oiseau, et quand se taisent les chansons ;
lorsqu'on redoute la montée et qu'on a des frayeurs en chemin ;lorsque l'amandier s'épanouit, que la sauterelle s'alourdit, et que le câprier laisse échapper son fruit ;lorsque l'homme s'en va vers sa maison d'éternité, et que les pleureurs sont déjà au coin de la rue ;
avant que le fil d'argent se détache, que la lampe d'or se brise, que la cruche se casse à la fontaine, que la poulie se fende sur le puits ;
et que la poussière retourne à la terre comme elle en vint, et le souffle à Dieu qui l'a donné.
Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste, tout est vanité !
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Psaume 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17
D'âge en âge, Seigneur, tu as été notre refuge !
Tu fais retourner l'homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d'Adam ! »
A tes yeux, mille ans sont comme hier,
c'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit.
Tu les as balayés : ce n'est qu'un songe ;
dès le matin, c'est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.
Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos coeurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l'ouvrage de nos mains.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (9, 43b-45).
Comme tout le monde était dans l'admiration devant tout ce que faisait Jésus, il dit à ses disciples : « Mettez-vous bien en tête ce que je vous dis là : le Fils de l'homme va être livré aux mains des hommes. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles, elles restaient voilées pour eux, si bien qu'ils n'en saisissaient pas le sens, et ils avaient peur de l'interroger sur ces paroles.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Cardinal Joseph Ratzinger [Pape Benoît XVI]
Sermons Carême 1981, n°3 (trad. Au commencement, Fayard 1986, p. 64)
« Le fils de l'homme va être livré aux mains des hommes »
Quand les soldats romains eurent flagellé Jésus, couronné d'épines et revêtu d'un manteau de dérision, ils l'ont ramené à Pilate. Ce militaire au coeur dur a été apparemment bouleversé à la vue de cet homme détruit, brisé. Il l'a présenté à la foule, l'invitant à la pitié, en déclarant : « Idou ho anthropos ; Ecce homo » que nous traduisons habituellement par « Voici l'homme ! » (Jn 19,5) Mais cela veut dire plus exactement en grec : « Voyez, ceci est l'homme ! » Dans la bouche de Pilate, ces mots étaient ceux d'un cynique qui voulait dire : « Nous nous glorifions d'être des hommes, mais maintenant, regardez donc, le voilà, ce ver de terre, c'est l'homme ! Qu'il est méprisable, qu'il est petit ! » Dans ces mots cyniques, l'évangéliste Jean a tout de même reconnu des paroles prophétiques qu'il a transmises à la chrétienté.
Oui, Pilate a raison quand il dit : « Voyez, ceci est l'homme ! » En lui, en Jésus Christ, nous pouvons lire ce qu'est l'homme, le projet de Dieu, et quel traitement nous lui réservons. En Jésus déchiré, nous pouvons voir combien l'homme peut être cruel, petit et mesquin. En lui, nous pouvons lire l'histoire de la haine de l'homme et celle du péché. Mais en lui, en son amour qui souffre pour nous, nous pouvons voir encore davantage la réponse de Dieu : Oui, ceci est l'homme, que Dieu a aimé jusqu'à la poussière, que Dieu a aimé au point de le suivre jusqu'à l'ultime souffrance de la mort. Jusque dans le dernier abaissement, il reste l'appelé de Dieu, le frère de Jésus Christ, appelé à prendre part à l'amour éternel de Dieu.
La question « Qu'est-ce que l'homme ? » trouve sa réponse dans l'imitation de Jésus Christ. En mettant nos pas dans les siens, nous pouvons apprendre jour après jour ce qu'est l'homme, dans la patience de l'amour et de la souffrance avec Jésus Christ, et devenir ainsi des hommes. Ainsi, nous voulons lever les yeux vers celui que Pilate, que l'Église nous présentent. L'homme, c'est Lui. Prions-le afin qu'il nous apprenne à devenir véritablement des hommes, à être des hommes.
Homélie Messe
bondissant sur la confession de foi de Saint Pierre, Jésus avait essayé une première fois d’annoncer sa Passion désormais proche ; mais en vain : le premier des Apôtres n’avait pas pu entendre cette prophétie qui n’entrait pas dans ses vues sur les conditions de l’avènement du Règne de son Maître. Entre la première et la seconde annonce que nous venons d’entendre, se situent la Transfiguration et la libération-guérison d’un enfant possédé. D’une part une confirmation par le Père de l’identité profonde de Jésus : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai élu, écoutez-le » (9, 36) ; de l’autre une guérison suivie d’un geste symbolique : « Jésus menaça l’esprit impur, il guérit l’enfant et le remit à son père » (9, 43).
L’inclusion de ces épisodes entre les deux annonces de la Passion du Fils de l’homme, nous invite à établir un lien étroit entre les événements relatés et la Pâque de Notre-Seigneur : par sa Passion victorieuse, Jésus va nous arracher à l’emprise de l’ennemi qui nous tient en son pouvoir, et nous remettre à son Père afin qu’il soit aussi notre Père.
Dieu désire faire de nous ses enfants : tel est le cœur de la Bonne Nouvelle ; et c’est pour réaliser ce dessein de salut qu’il a envoyé son Fils unique, car lui seul est « digne de prendre le livre et d’en ouvrir le sceau » (Ap 5, 2). Or, comment a-t-il « remporté la victoire, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David » (Ap 5, 5) ? Ni par puissance, ni par force, mais par la folie de la Croix (1 Co 1,18). C’est par son immolation que l’Agneau triomphe ; c’est par l’effusion de son sang qu’il « rachète pour Dieu des hommes de toute tribu, langue, peuple et nation » (Ap 5, 9).
Voilà ce que nous avons « à bien nous mettre en tête nous aussi : le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes » pour triompher de la violence aveugle par sa patience et sa douceur ; pour tuer la haine par le glaive de l’amour et de la miséricorde. Si nous voulons travailler et nous mettre en peine avec Jésus pour le salut du monde, il nous faut réentendre ce qu’il vient de dire à ses proches quelques versets plus haut : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même et prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive » (Lc 9, 23).
« Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles, elles restaient voilées pour eux ». Ils ne pouvaient pas envisager que le Messie se fasse proche de l’homme au point de s’en rendre solidaire dans la souffrance et la mort. Le pouvons-nous davantage de nos jours ? Un Dieu qui s’humilie à ce point entre-t-il dans nos vues sur ce que devrait être sa toute-puissance ? Pourtant que vaudrait pour nous l’amour de Dieu s’il était incapable de nous arracher à la tombe ? Et comment nous en arracherait-il sans y descendre ? Certes nous pouvons adhérer rationnellement à cette explication ; et néanmoins, nous aussi, « nous avons peur d’interroger le Maître sur ces paroles » concernant sa Passion, tant elles heurtent notre a priori et révèlent notre peur de la souffrance.
Puisse la Parole de Dieu triompher de nos résistances et nous donner l’audace de l’espérance afin de pouvoir discerner, au cœur des épreuves et des contradictions qui nous accablent, l’aube du jour de Dieu qui s’annonce. Jour de joie et de victoire pour ceux qui se seront engagés de tout leur cœur dans le combat de l’amour contre la haine, du pardon contre la rancœur, de la réconciliation contre la discorde, fusse au prix de leur propre vie : « Qui veut sauver sa vie la perdra ; mais qui perd sa vie à cause de moi la sauvera » (Lc 9, 24).
« Seigneur, Père Saint, toi seul peut nous révéler l’insondable mystère de la Rédemption et nous faire pressentir dans la folie de la Croix de ton Fils, la révélation de son Amour miséricordieux. Envoie sur nous l’Esprit de vérité, car sans lui, nous sommes aussi démunis que les Apôtres et nous ne comprenons pas davantage qu’eux les Paroles de Jésus. Que le Paraclet nous conduise à la vérité toute entière en dévoilant pour nous le sens caché des Ecritures. Nous t’en prions, Père : plonge-nous dans le Feu de Pentecôte, car comment pourrions-nous témoigner au cœur du monde de la victoire du Ressuscité, si nous ne vivons pas de sa vie ? »
Posté le 26.09.2008 par jubilatedeo
SAINT VINCENT de PAUL Prêtre, Fondateur d'Ordres (1581-1660)
Ce Saint, dont le nom est devenu synonyme de charité, est l'une des plus pures gloires de la France et de l'humanité tout entière. Il naquit à Pouy, près de Dax, le 24 avril 1581. Ses parents faisaient valoir une petite ferme et vivaient du travail de leurs mains. Les premières années de Vincent se passèrent à la garde des troupeaux. Un jour qu'il avait ramassé jusqu'à trente sous, somme considérable pour lui, il la donna au malheureux qui lui parut le plus délaissé. Quand ses parents l'envoyaient au moulin, s'il rencontrait des pauvres sur sa route, il ouvrait le sac de farine et leur en donnait à discrétion.
Son père, témoin de sa charité et devinant sa rare intelligence, résolut de s'imposer les plus durs sacrifices pour le faire étudier et le pousser au sacerdoce: "Il sera bon prêtre, disait-il, car il a le coeur tendre." A vingt ans, il étudie la théologie à Toulouse et reçoit bientôt le grade de docteur.
Un an après son ordination au sacerdoce, il se rend à Marseille pour recueillir un legs que lui a laissé un de ses amis. Au retour, voyageant par mer pour se rendre à Narbonne, il est pris par des pirates et emmené captif en Afrique. Sa captivité, d'abord très dure et accompagnée de fortes épreuves pour sa foi, se termina par la conversion de son maître, qui lui rendit la liberté. C'est alors que Vincent va se trouver dans sa voie.
Les circonstances le font nommer aumônier général des galères, et il se dévoue au salut de ces malheureux criminels avec une charité couronnée des plus grands succès. La Providence semble le conduire partout où il y a des plaies de l'humanité à guérir.
A une époque où la famine et les misères de toutes sortes exercent les plus affreux ravages, il fait des prodiges de dévouement; des sommes incalculables passent par ses mains dans le sein des pauvres, il sauve à lui seul des villes et des provinces entières. Ne pouvant se multiplier, il fonde, en divers lieux, des Confréries de Dames de la Charité, puis l'ordre des Filles de la Charité, plus connues sous le nom des Soeurs de Saint-Vincent-de-Paul. Nulle misère ne le laisse insensible; il trouve le moyen de ramasser lui-même et de protéger partout des multitudes d'enfants exposés à l'abandon et à la mort, et mérite le nom de Père des enfants trouvés.
Il a formé des légions d'anges de charité; mais il lui faut des légions d'apôtres, et il fonde les Prêtres de la Mission, destinés à évangéliser la France et même les peuples infidèles.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Fondateur de la congrégation de la Mission et des Filles de la Charité (+ 1660)
Monsieur Vincent n'oubliera jamais que, quand il était petit, il gardait les porcs dans la campagne landaise. Il en rougissait à l'époque et s'il voulut devenir prêtre, ce fut surtout pour échapper à sa condition paysanne. Plus tard, non seulement il l'assumera, mais il en fera l'un des éléments de sa convivialité avec les pauvres et les humiliés. A 19 ans, c'est chose faite, il monte à Paris parce qu'il ne trouve pas d'établissement qui lui convienne. Le petit pâtre devient curé de Clichy un village des environs de Paris, aumônier de la reine Margot, précepteur dans la grande famille des Gondi. Entre temps, il rencontre Bérulle qui lui fait découvrir ce qu'est la grâce sacerdotale et les devoirs qui s'y rattachent. Il appellera cette rencontre "ma conversion". Il renonce à ses bénéfices, couche sur la paille et ne pense plus qu'à Dieu. Dès lors son poste de précepteur des Gondi lui pèse. Il postule pour une paroisse rurale à Châtillon-les-Dombes et c'est là qu'il retrouve la grande misère spirituelle et physique des campagnes françaises. Sa vocation de champion de la charité s'affermit. Rappelé auprès des Gondi, il accepte et enrichit son expérience comme aumônier des galères dont Monsieur de Gondi est le général. Ami et confident de saint François de Sales, il trouve en lui l'homme de douceur dont Monsieur Vincent a besoin, car son tempérament est celui d'un homme de feu. Pour les oubliés de la société (malades, galériens, réfugiés, illettrés, enfants trouvés) il fonde successivement les Confréries de Charité, la Congrégation de la Mission (Lazaristes) et avec sainte
Louise de Marillac, la Compagnie des Filles de la Charité. Plus que l'importance de ses fondations, c'est son humilité, sa douceur qui frappe désormais ses contemporains. Auprès de lui chacun se sent des envies de devenir saint. Il meurt, assis près du feu, en murmurant le secret de sa vie :"Confiance ! Jésus !".
Louise est la nièce du chancelier royal Michel de Marillac et du maréchal Louis de Marillac, arrêtés tous deux et condamnés à mort par Richelieu après la "Journée des Dupes" du 10 novembre 1630. Fille naturelle d'un grand seigneur, elle est élevée par les religieuses dominicaines de Poissy. En 1613, mariée à un simple bourgeois, elle devient Mademoiselle Le Gras. Son fils Michel lui donnera beaucoup de soucis. A 34 ans, elle se retrouve veuve. C'est alors qu'elle rencontre saint Vincent de Paul. Subjuguée par la charité contagieuse du prêtre, elle devient rapidement sa collaboratrice dans toutes ses actions charitables. En 1633, ils fondent ensemble la "Compagnie des Filles de la Charité", appelée communément Soeurs de Saint Vincent de Paul. Louise, supérieure de la nouvelle communauté, oriente les soeurs vers tous les exclus de son temps : elle crée des petites écoles pour les fillettes pauvres; elle organise l'accueil et l'éducation des enfants trouvés; elle développe la visite à domicile pour les malades pauvres; elle envoie des soeurs auprès des galériens... Une passion l'habite : l'amour de l'homme créé à l'image de Dieu et racheté par le sang de son Fils unique. Comme Monsieur Vincent, elle mourra à la tâche. Son corps repose à Paris au 140 rue du Bac.
Méditation
Nous savons par expérience que les fruits des missions sont très grands, parce que les besoins des pauvres gens des champs sont extrêmes, constatait par expérience saint Vincent de Paul. Ces fruits si abondants sont-ils durables ? Or les missions ne sont souvent que des feux de paille qui s'éteignent dès que les missionnaires ont disparu : Les évangélisés, dit encore M. Vincent, oublient facilement les connaissances qu'on leur a données et les bonnes résolutions qu'ils ont prises, s'ils n'ont de bons pasteurs qui les entretiennent dans le bon état où on les a mis ; les missions seront toujours fragiles et passagères, si l'action des missionnaires n'est pas soutenue par l'action du Clergé, parce que, souligne-t-il, la déprévation ecclésiastique est la cause principale de la ruine de l'Eglise. .. Si un bon prêtre peut faire beaucoup de grands biens, oh ! qu'un mauvais prêtre apporte de mal. Le succès même des missions qu’il engagea posait le problème de la réforme du Clergé, et c'est de l'expérience des missions que sont nés les exercices d'ordinands pour préparer les futurs prêtres aux saints ordres.
Bossuet suivit ces exercices et fut un si bon élève que, dans les quatre dernières années de la vie de saint Vincent de Paul, il les prêcha. Quand il rencontra saint Vincent de Paul, Bossuet qui avait vingt-cinq ans, regarda cette rencontre comme l'élément capital de sa jeunesse, tant il y gagna spirituellement ; son art oratoire bénéficia des conseils d'un homme qui n'avait certes pas son talent, mais qui, d'instinct ennemi de la rhétorique sacrée, lui apprit à éviter ce que M. Vincent appelait les périodes carrées, l'éloquence cathédrante, le ton déclamatoire et chantant . Dans une lettre adressée au pape Clément XI, Bossuet écrira : Quand attentifs, nous l'écoutions parler dans quelque conférence, nous sentions s'accomplir en lui ce mot de l'apôtre : Si quelqu'un parle, que ses paroles soient comme des paroles de Dieu.
Convaincu que huit jours à dix jours de retraite, sont bien peu de chose pour se préparer au sacerdoce, saint Vincent de Paul partageait cette conviction avec le cardinal de Richelieu, et grâce à leur collaboration, on obéit enfin au décret Cum adolescentium aetas publié en 1563 par le Concile de Trente qui n'avait reçu en France qu’un commencement d'exécution. En accord avec saint Vincent de Paul qu’il estimait au plus haut point, le cardinal de Richelieu pratiquait avec obstination la politique de l'unité française si compromise par les guerres de religion, et s’il voulait la conversion des protestants, il n’entendait pas les convertir par la force : les voies les plus douces, disait-il, sont celles qu'il estime les plus convenables pour tirer les âmes de l'erreur, l'expérience nous faisant connaître que souvent aux maladies de l'esprit les remèdes ne servent qu'à les aigrir davantage.
Saint Vincent de Paul représentant au Cardinal que, dans le diocèse de Luçon, il y a quantité d'hérétiques faute d'avoir jamais ouÏ parler de Dieu dans l'Eglise catholique, lui montra la nécessité d'établir des séminaires ; Richelieu l'exhorta à ouvrir un établissement et, pour l'y encourager, lui envoya mille écus, avec quoi M. Vincent ouvrit le collège des Bons-Enfants (février 1642), en même temps qu'il créait pour les jeunes clercs le Petit Saint-Lazare. En 1647, saint Vincent de Paul proposa à l'évêque de Dax, Jacques Desclaux, la fondation d'une maison pour la formation des clercs : Si vous, Monseigneur, ordonnez que nul ne sera reçu aux saints ordres, qui n'ait passé six mois pour le moins dans votre séminaire, dans quinze ans vous aurez la consolation de voir que votre clergé aura changé de face.
Toute la vie religieuse en dépend et, dans son Encyclique sur le sacerdoce, le Pape Pie XI cite saint Vincent de Paul : Nous avons beau penser, affirmait l'aimable saint de la charité, saint Vincent de Paul, nous trouverons toujours que nous n'aurons jamais pu contribuer à quelque chose de plus grand qu'à faire un bon prêtre.
A la misère du peuple il a fait don de la Fille de charité.
A la misère du clergé il a fait don des Prêtres de la Mission et des Séminaires.
Quel est le don le plus merveilleux ? C'est aux yeux de la foi, le don d'un prêtre selon le coeur du Christ.
Ecoutons saint Vincent : Le caractère des prêtres est une participation du sacerdoce du Fils de Dieu... C'est un caractère tout divin et incomparable, une puissance sur le corps de Jésus-Christ que les Anges adorent et un pouvoir de remettre les péchés des hommes.
Contribuer à former de bons ecclésiastiques, c'est l'ouvrage le plus difficile, le plus relevé, le plus important. Et ici nous retrouvons la spiritualité de saint Vincent : Former des prêtres c'est imiter le Christ qui pendant sa vie mortelle semble avoir pris à tâche de faire douze bons prêtres qui sont ses apôtres, ayant voulu pour cet effet demeurer plusieurs années avec eux pour les instruire et pour les former à ce divin ministère.
Si, au quinzième siècle, un Vincent de Paul avait paru et réalisé cette réforme capitale du Clergé par les Séminaires, l'Eglise eût fait l'économie d'un schisme dont la Semaine d'Unité, nous rappelle chaque année le souvenir douloureux.
Saint Adérit (3ème s)
Deuxième évêque de Ravenne, il favorisa la croissance de l'Evangile semé par son prédécesseur. Il était grec d'origine et il succéda à saint Apollinaire.
Saints Adolphe et Jean Martyrs à Cordoue (+ 825)
Deux frères, nés d'un père maure et d'une mère chrétienne. Ils reçurent la couronne du martyre à Cordoue dans la persécution des Maures, au temps de l’émir Abd ar-Rahman II.
Saint Anthime l'Ibère (+ 1716)
Originaire de Géorgie, il fut esclave des Turcs de longues années à Constantinople. Il y apprit le grec, l'arabe, le turc et le slavon. Une fois affranchi, il s'installa à proximité du Patriarcat pour enseigner l'art des icônes brodées et des sculptures sur bois. En 1690, il fut appelé en Valachie, apprit l'art de la typographie et de l'imprimerie à Bucarest et dans son monastère de Snagov, grâce à quoi il eut une intense activité d'éditeur et d'écrivain. Il fut mis à la tête de la typographie princière. Nommé métropolite d'Hongrie-Valachie, il fut un pasteur doux et paisible. Il organisa dans tout le pays des écoles où l'enseignement était dispensé gratuitement aux enfants des familles démunies. Il fonda le monastère de Tous-les-Saints à Bucarest, appelé actuellement, monastère de Saint Anthime. Accusé par les Turcs en 1716 d'avoir intrigué pour rattacher la Valachie à l'empire autrichien, il fut aveuglé et envoyé en exil au monastère du Sinaï. Sur le chemin, il subit maints supplices de la part des soldats de l'escorte qui, finalement, le noyèrent dans un des affluents du Danube.
Sainte Aquiline (+ 1764)
Martyre originaire de Thessalonique, elle naquit dans une famille dont le père chrétien s'était converti à l'Islam et la mère était restée chrétienne. Lorsqu'elle eut dix-huit ans, son père lui demanda de se convertir à l'Islam. Elle refusa. Pris de peur pour lui-même, il la livra aux autorités turques en leur disant d'en faire ce qu'elles voulaient. Aucune menace n'ébranla sainte Aquiline, qui fut soumise trois fois à la bastonnade. Quand elle fut réduite à la dernière extrémité, elle fut reconduite à sa mère qui s'inquiéta de savoir si elle n'avait pas abandonné le Christ. "J'ai gardé la confession de notre foi." Et c'est dans ses bras qu'elle rendit son âme à Dieu.
Saint Bonfils évêque (+ v. 1115)
ou
Bonfilius.
Né à Osimo en Italie, il devint moine et abbé du monastère Notre-Dame à Storace. Devenu évêque de Foligno, il s'en fut en pèlerinage où il passa dix ans en Terre sainte, revint en Italie. A son retour, il trouva un autre évêque à Foligno, se retira comme simple moine au monastère de Storaco, dont il avait été abbé, et mourut enfin dans la solitude à Fara, près de Cingoli dans les Marches.
Saint Callistrate et ses compagnons martyrs (3ème s.)
Il était soldat et fut dénoncé comme chrétien. Le chef de sa légion le fit étendre à terre, et lui enfonçant un entonnoir dans la bouche, le força à boire toute une bassine d'eau. D'autres soldats se déclarèrent également chrétiens et subirent tous divers tourments. Aucun n'était encore baptisé. Jetés dans une piscine profonde, pieds et mains liés, ils prièrent pour que cette eau deviennent pour eux celle du saint Baptême. Ils furent ensuite coupés en morceaux dans leur prison.
Saint Elzéar de Sabran et la bienheureuse Delphine, son épouse (+ 1323)
On ne peut pas le séparer de sa femme, sainte Delphine, même si on la fête quelques semaines plus tard, le 26 novembre. Mais rien ne vous empêche de les fêter tous deux ensemble, comme Dieu les a voulus dans la vie. Elle avait quinze ans et lui treize lorsqu'ils furent mariés et ces deux prédestinés menèrent ensemble une vie de pénitence et de prière, sans que personne ne s'en aperçut et sans négliger aucune des obligations mondaines de leur état, car il était comte de Sabran dans le Gard Provencal et homme de confiance du roi de Naples, Robert le Sage. C'est d'ailleurs au cours d'une de ces missions de confiance qu'il mourut à Paris en allant demander pour le roi de Naples, la main d'une princesse française.
Il fut canonisé par le pape Urbain V qui était son neveu.
Delphine passa d'abord les vingt premières années de veuvage à la cour de Naples, puis regagna sa Provence natale. Elle fut enterrée à Apt, auprès de son époux.
On les y honore encore de nos jours.
Saints Florentin et Hilaire (3ème s.)
Martyrs en Bourgogne. Ils étaient soldats et servaient le Christ. Comme ils refusaient d'offrir l'encens à l'empereur en signe d'obéissance, ils eurent la langue coupée et connurent d'autres supplices avant d'être décapités. Certains historiens veulent que leur martyre ait été consommé lors des invasions des Vandales. Une localité commémore leur mémoire, quelle que soit l'époque de leur existence : 89600 Saint Florentin
Sainte Hiltrude Vierge à Liessies, dans le Hainaut (9ème s.)
Moniale. Ses parents voulaient la marier à un seigneur bourguignon, mais sainte Hiltrude s'arrangea pour que ce soit sa soeur qui l'épousa ce qu'elle fit d'ailleurs de bon coeur. Quant à Hiltrude, elle put suivre l‘appel de Dieu, passant dix-sept ans dans la retraite, près du monastère de Liessies que son père avait fondé et dont son frère Gontrand fut le premier abbé.
Bienheureux Jean-Baptiste Laborier du Vivier diacre et martyr (+ 1794)
Jean-Baptiste Laborier du Vivier, diacre et chanoine de Mâcon, martyr sous la Révolution française. Parce qu’il avait refusé de signer la Constitution civile du clergé, il fut déporté, dans des conditions inhumaines, dans la baie devant le port de Rochefort. Il y mourut d’une grave maladie.
Béatifié le 1er octobre 1995 par Jean-Paul II.
Bienheureux Laurent de Ripafratta dominicain (+ v. 1456)
Originaire de Toscane dans la région de Pise, il entra dans l’Ordre de Saint Dominique. Maître et ami de Saint Antonin de Florence, avec le bienheureux Jean Dominici, il fut de ceux qui réformèrent à cette époque l’Ordre qui en avait grand besoin. Il conduisit le jeune Fra Angelico dans le rude sentier de la perfection religieuse. Si grande fut sa discrétion dans la conduite de sa charge de vicaire général de l’Ordre que nous n’en savons que le style: "un ministère d’amour et de paix." Une telle charge se vit en effet dans le silence des relations fraternelles et discrètes avec chacun des frères. Les faits sont là: beaucoup de jeunes frères, de nombreuses fondations et d’anciennes renouvelées. Il s’ouvrit à la Vérité qu’il servait en Jésus-Christ, entouré de ses frères. Il était particulièrement assidu à entendre en confession les pécheurs qui venaient le rencontrer dans son couvent de Pistoie en Toscane.
Saint Marc (1er s.)
appelé également Jean dans les Actes des Apôtres (Actes 12. 12), il est distinct de saint Marc l'Evangéliste. Les Eglises d'Orient en font un évêque de Byblos. Elles célèbrent en même temps que lui, saint Aristarque disciple de saint Paul (Colossiens 4. 10) et le juriste saint Zénon (Tite 3. 13).
Saint Sabbatios (+ 1435)
Moine pendant de longues années au monastère de Saint Cyrille du Lac Blanc en Russie, il se retira plus au nord au monastère de Valaam où il devint un modèle de zèle spirituel. Mais cette renommée devint, à ses yeux, un obstacle dans sa quête de Dieu. Une nuit il s'échappa pour rejoindre l'île déserte de Solovki, située à deux jours de navigation dans la Mer Blanche, plus au nord. Au moment de s'embarquer, les habitants cherchèrent à l'en dissuader, l'île était trop inhospitalière à leurs yeux. Il y eut d'abord un compagnon, saint Germain qui le quitta dix ans après et saint Sabbatios resta seul, dans ce froid boréal, menant une vie ascétique que Dieu seul connut. Très âgé, il revint sur le continent afin de pouvoir communier aux Saints Mystères et à la Sainte Communion dont il était privé depuis son départ de Valaam. Ayant communié, il remit son âme à Dieu.
L'année suivante, saint Germain revint à Solovki et fonda un monastère dans lequel vécurent de nombreux saints et d'innombrables martyrs.
Les Églises font mémoire…
Anglicans : Vincent de Paul, fondateur de la Congrégation des missions (Lazaristes)
Catholiques d’occident : Vincent de Paul, prêtre (calendrier romain et ambrosien) ; Adolphe et Jean de Cordoue (+env. 824), martyrs (calendrier mozarabe)
Coptes et Éthiopiens (17 tut/maskaram) : La Croix glorieuse
Luthériens : Vincent de Paul, bienfaiteur dans le Sud de la France
Maronites : Lin I (Ier s.), pape; Cléophas (Ier s.), apôtre
Orthodoxes et gréco-catholiques: Callistrate et ses 49 compagnons (+304), martyrs; Anthime Ivireanul (+1716), évêque et martyr (Église roumaine)
Les Églises appartenant aux patriarcats de Jérusalem, de Moscou, de Serbie et de Géorgie, ainsi que les monastères du Mont Athos, qui suivent le calendrier julien même pour les fêtes à date fixe, célèbrent aujourd’hui l’Exaltation universelle de la Croix précieuse et vivifiante.
Posté le 26.09.2008 par jubilatedeo
23 Cette nuit-là, Jacob se leva, il prit ses deux femmes, ses deux servantes, ses onze enfants, et passa le gué du Yabboq.
24 Il leur fit traverser le torrent et il fit passer aussi tout ce qui lui appartenait.
25 Jacob resta seul. Or, quelqu'un lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore.
26 L'homme, voyant qu'il ne pouvait pas le vaincre, le frappa au creux de la hanche, et la hanche de Jacob se démit pendant ce combat.
27 L'homme lui dit : « Lâche-moi, car l'aurore s'est levée. » Jacob répondit : « Je ne te lâcherai que si tu me bénis. »
28 L'homme lui demanda : « Quel est ton nom ? - Je m'appelle Jacob. -
29 On ne t'appellera plus Jacob, mais Israël (ce qui signifie : Fort contre Dieu), parce que tu as lutté contre Dieu comme on lutte contre des hommes, et tu as vaincu. »
30 Jacob lui fit cette demande : « Révèle-moi ton nom, je t'en prie. » Mais il répondit : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? » Et à cet endroit il le bénit.
31 Jacob appela ce lieu Pénouël (ce qui signifie : Face de Dieu), car il disait : « J'ai vu Dieu face à face, et j'ai eu la vie sauve. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Posté le 26.09.2008 par jubilatedeo
Livre de l'Ecclésiaste 3,1-11.
Il y a un moment pour tout, et un temps pour chaque chose sous le ciel :
un temps pour engendrer, et un temps pour mourir ;un temps pour planter, et un temps pour arracher.
Un temps pour tuer, et un temps pour soigner ;un temps pour détruire, et un temps pour construire.
Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ;un temps pour gémir, et un temps pour danser.
Un temps pour lancer des pierres, et un temps pour les ramasser ;un temps pour s'embrasser, et un temps pour s'abstenir.
Un temps pour chercher, et un temps pour perdre ;un temps pour garder, et un temps pour jeter.
Un temps pour déchirer, et un temps pour recoudre ;un temps pour se taire, et un temps pour parler.
Un temps pour aimer, et un temps pour haïr ;un temps pour faire la guerre, et un temps pour faire la paix.
Quel profit le travailleur retire-t-il de toute la peine qu'il prend ?
J'ai vu toutes les occupations que Dieu donne aux hommes.
Toutes les choses que Dieu a faites sont bonnes en leur temps. Dieu a mis toute la durée du temps dans l'esprit de l'homme, et pourtant celui-ci est incapable d'embrasser l'oeuvre que Dieu a faite du début jusqu'à la fin.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Psaume 143 (144), 1a.2abc, 3-4
Béni soit le Seigneur, mon rocher !
Béni soit le Seigneur, mon rocher !
Il est mon allié, ma forteresse,
ma citadelle, celui qui me libère ;
il est le bouclier qui m'abrite.
Qu'est-ce que l'homme, pour que tu le connaisses, Seigneur,
le fils d'un homme, pour que tu comptes avec lui ?
L'homme est semblable à un souffle,
ses jours sont une ombre qui passe.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,18-22.
Un jour, Jésus priait à l'écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un prophète d'autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. »
Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne,
en expliquant : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Paul VI, pape de 1963-1978
Homélie à Manille, 29/11/70 (trad. DC 1576, p.1115 © copyright Libreria Editrice Vaticana)
« Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je »
Le Christ ! Je sens la nécessité de l'annoncer, je ne peux pas le taire : « Malheur à moi, si je n'annonçais pas l'Evangile ! » (1Co 9,16) Je suis envoyé par lui pour cela ; je suis apôtre, je suis témoin. Plus est loin le but et difficile la mission, plus est pressant l'amour qui m'y pousse (2Co 5,14). Je dois proclamer son nom : Jésus est le Christ, Fils du Dieu vivant (Mt 16,16). Il est celui qui nous a révélé le Dieu invisible, il est le premier-né de toute créature, il est le fondement de toute chose (Col 1,15s). Il est le Maître de l'humanité et le Rédempteur : il est né, il est mort, il est ressuscité pour nous ; il est le centre de l'histoire et du monde. Il est celui qui nous connaît et qui nous aime ; il est le compagnon et l'ami de notre vie. Il est l'homme de la douleur et de l'espérance ; il est celui qui doit venir et qui sera un jour notre juge et aussi, nous l'espérons, la plénitude éternelle de notre existence, notre béatitude.
Je n'en finirais plus de parler de lui : il est la lumière, il est la vérité ; bien plus, il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Il est le Pain, la Source d'eau vive répondant à notre faim et à notre soif (Jn 6,35;7,38) ; il est le Pasteur, notre guide, notre exemple, notre réconfort, notre frère. Comme nous, et plus que nous, il a été petit, pauvre, humilié, travailleur, malheureux et patient. Pour nous, il a parlé, il a accompli des miracles, il a fondé un Royaume nouveau où les pauvres sont bienheureux, où la paix est le principe de la vie ensemble, où ceux qui ont le coeur pur et ceux qui pleurent sont exaltés et consolés, où ceux qui aspirent à la justice sont exaucés, où les pécheurs peuvent être pardonnés, où tous sont frères.
Jésus Christ : vous en avez entendu parler, et même, pour la plupart, vous êtes déjà des siens, vous êtes chrétiens. Eh bien ! A vous, chrétiens, je répète son nom, à tous je l'annonce : Jésus Christ est « le commencement et la fin, l'alpha et l'oméga » (Ap 21,6). Il est le roi du monde nouveau ; il est le secret de l'histoire, la clé de notre destin ; il est le Médiateur, le pont entre la terre et le ciel...; le Fils de l'homme, le Fils de Dieu..., le Fils de Marie... Jésus Christ ! Souvenez-vous : c'est l'annonce que nous faisons pour l'éternité, c'est la voix que nous faisons résonner par toute la terre (Rm 10,18) et pour toute la suite des siècles.
Homélie Messe
Ces versets - et ceux qui vont suivre - constituent la charnière entre la première et la seconde partie de l’Évangile de saint Luc, qui en compte trois. Le premier volet du triptyque était centré sur la question : « Qui donc est cet homme qui parle avec autorité et commande avec puissance aux esprits mauvais ? » (cf. Lc 4, 37). Le second volet, qui commence au verset 9, 51 nous présentera la montée de Jésus à Jérusalem ; le troisième nous introduira au mystère du vainqueur de la mort et nous orientera vers le temps de l’Église, dont nous parlera le livre des Actes des Apôtres.
« Jésus priait à l’écart » : Luc ne précise pas le lieu du dialogue, car sa géographie est exclusivement centrée sur Jérusalem où le Christ doit accomplir sa Pâque. Par contre, il précise le lieu « théologique » d’où va surgir non seulement la question posée par Jésus à ses disciples, mais bien plus encore son cheminement pascal. Ce lieu n’est autre que la prière du Fils, qui repose dans le Cœur du Père où il puise la force de « prendre avec courage la route de Jérusalem » (Lc 9, 51). Saint Luc insiste tout particulièrement sur la prière de Jésus : il précise que « Jésus priait » au moment de recevoir le baptême (Lc 3, 21) ; il prie avant d’appeler ses apôtres (6, 12) ; il prie avant de monter à Jérusalem pour y accomplir la volonté de son Père (9, 18) ; il prie au moment d’être immergé dans le « baptême » (12, 50) de sa mort (22, 41).
Dans la première partie de l’Évangile, ce sont les hommes qui s’interrogent sur l’identité de Jésus. Celle-ci ne leur sera cependant révélée qu’au terme de la seconde partie : au sommet du Sacrifice rédempteur c’est un païen, un centurion romain, qui, voyant la manière dont Jésus avait expiré, « rendait gloire à Dieu » en confessant : « sûrement cet homme était un juste » (Lc 23, 47). Il est même le seul « Juste », celui qui nous justifie, c’est-à-dire qui nous donne accès à sa propre intimité filiale avec son Père, dans l’Esprit.
Mais avant de monter résolument à Jérusalem, Jésus prend l’initiative d’interroger lui-même ses disciples sur son identité, afin de les inviter à orienter leur regard non pas vers le pain de la terre que le Seigneur vient de multiplier en surabondance (Lc 9, 10-17), mais vers le Sacrifice eucharistique que préfigure ce pain. Jésus pose deux questions bien distinctes.
La première concerne le cercle des sympathisants extérieurs au groupe des disciples : « Pour la foule, qui suis-je ? » La réponse ne manque pas d’intérêt : « Un prophète ressuscité ». L’allusion à la Résurrection situe Jésus dans la perspective de l’espérance messianique la plus audacieuse ; mais l’erreur de la foule consiste à réduire Notre-Seigneur à une « résurgence » du passé : « un prophète d’autrefois qui serait ressuscité ». Pour « la foule », la Résurrection n’est pas devant, comme objet d’espérance, terme du cheminement et ouverture à la nouveauté du Royaume ; mais elle est derrière, reléguée dans un passé révolu. Elle n’arracherait donc pas à la caducité de ce monde, et en ce sens elle serait vaine. La venue de Jésus s’inscrirait dans la répétition stérile du même.
La seconde question, adressée au cercle des intimes, tranche par son caractère personnel : « Et vous que dites-vous ? Pour vous qui suis-je ? » Contrairement à l’habitude, ce n’est pas le disciple qui pose la question au maître, mais c’est ce dernier qui prend l’initiative. Le disciple est invité à se laisser interroger et à se prononcer sur l’identité de son Maître, afin de pouvoir accéder, dans sa réponse, au statut de compagnon qu’il revendique. Comme la réponse à cette interrogation est constitutive de l’Église, il est important que ce soit Pierre qui la formule au nom de tous : « Le Messie de Dieu ». La suite du récit nous montrera cependant que Pierre n’a pas (encore) compris que le Messie qui vient de Dieu, doit retourner à Dieu par le chemin de sa Pâque, pour que sa mission puisse porter son fruit dans nos vies. Aussi Jésus reprend-il « vivement » son apôtre, comme il interpelle « vivement » les démons qui proclament une identité messianique ambigüe. Cette incompréhension va perdurer jusque sur la croix, où le démon tentera une ultime fois de détourner Notre-Seigneur de sa mission rédemptrice en lui faisant miroiter une gloire toute humaine : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même s’il est le Messie de Dieu, l’Elu ! » (Lc 23, 35).
Contrairement à nous qui cherchons à tout prix à « sauver » notre vie, Jésus la donne délibérément - « Nul ne me prend ma vie, mais c’est