Posté le 25.09.2008 par jubilatedeo
1Laban se leva de bon matin; il baisa ses fils et ses filles et les bénit; puis il partit, pour retourner dans sa maison.
2 Jacob poursuivit son chemin, et des anges de Dieu le rencontrèrent.
3 En les voyant, il dit: " C'est le camp de Dieu! " et il donna à ce lieu le nom de Maha-ïm.
4 Jacob envoya devant lui des messagers vers Esaü, son frère, au pays de Seïr, dans la campagne d'Edom.
5 Il leur donna cet ordre: " Voici ce que vous direz à mon seigneur, à Esaü: Ainsi parle ton serviteur Jacob: J'ai séjourné chez Laban et j'y suis resté jusqu'à présent,
6 J'ai des boeufs et des ânes, des brebis, des serviteurs et des servantes, et j'en fais informer mon seigneur, pour trouver grâce à tes yeux. "
7 Les messagers revinrent auprès de Jacob en disant: " Nous sommes allés vers ton frère Esaü, et il marche à ta rencontre avec quatre cents hommes. "
8 Jacob eut une grande frayeur et fut dans l'angoisse. Il partagea en deux camps les gens qui étaient avec lui, les brebis les boeufs et les chameaux,
9 et il dit: " Si Esaü rencontre l'un des camps et le frappe, le camp qui restera pourra être sauvé. "
10 Jacob dit: " Dieu de mon père Abraham, Dieu de mon père Isaac, Yahweh, qui m'avez dit: Retourne en ton pays et au lieu de ta naissance, et je te ferai du bien
11 je suis trop petit pour toutes les grâces et pour toute la fidélité dont vous avez usé envers votre serviteur; car j'ai passé ce Jourdain avec mon bâton, et maintenant je suis devenu deux camps.
12 Délivrez-moi, je vous prie, de la main de mon frère, de la main d'Esaü; car je crains qu'il ne vienne me frapper, la mère avec les enfants.
13 Et vous, vous avez dit: Je te ferai du bien et je rendrai ta postérité pareille au sable de la mer, si nombreux qu'on ne peut le compter. "
14 Jacob passa là cette nuit. Et il prit de ce qu'il avait sous la main, pour faire un présent à Esaü, son frère:
15 deux cents chèvres et vingt boucs, deux cents brebis et vingt béliers,
16 trente chamelles qui allaitaient, avec leurs petits, quarante vaches et dix taureaux, vingt ânesses et dix ânons.
Bible Augustin Crampon chanoine catholique
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Posté le 25.09.2008 par jubilatedeo
Livre de l'Ecclésiaste 1,2-11.
Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout est vanité !
Quel profit l'homme retire-t-il de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ?
Une génération s'en va, une génération arrive, et la terre subsiste toujours.
Le soleil se lève, le soleil se couche ;il se hâte de retourner à sa place, et de nouveau il se lèvera.
Le vent part vers le midi, il tourne vers le nord ;il tourne et il tourne, et il recommence à tournoyer.
Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est pas remplie ;dans le sens où vont les fleuves, les fleuves continuent de couler.
Tout discours est fatigant, on ne peut jamais tout dire. L'oeil n'a jamais fini de voir, ni l'oreille d'entendre.
Ce qui a existé, c'est cela qui existera ;ce qui s'est fait, c'est cela qui se fera ;il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Y a-t-il une seule chose dont on dise :« Voilà enfin du nouveau ! »- Non, cela existait déjà dans les siècles passés.
Seulement, il ne reste pas de souvenir d'autrefois ;de même, les événements futurs ne laisseront pas de souvenir après eux.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Psaume 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17
D'âge en âge, Seigneur, tu as été notre refuge !
Tu fais retourner l'homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d'Adam ! »
A tes yeux, mille ans sont comme hier,
c'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit.
Tu les as balayés : ce n'est qu'un songe ;
dès le matin, c'est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ;
le soir, elle est fanée, desséchée.
Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos coeurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l'ouvrage de nos mains.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,7-9.
Hérode, prince de Galilée, apprit tout ce qui se passait, et il ne savait que penser, parce que certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d'entre les morts.
D'autres disaient : « C'est le prophète Élie qui est apparu. » D'autres encore : « C'est un prophète d'autrefois qui est ressuscité. »
Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l'ai fait décapiter ; mais qui est cet homme dont j'entends tellement parler ? » Et il cherchait à le voir.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Saint Ambroise (vers 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église
Commentaire sur l'évangile de St Luc, I, 27 (trad. SC 45, p.60)
« Hérode cherchait à le voir »
Le Seigneur n'est vu en ce monde que lorsqu'il le veut. Quoi d'étonnant ? A la résurrection même, il n'est donné de voir Dieu qu'à ceux qui ont le coeur pur : « Bienheureux les coeurs purs, car ce sont eux qui verront Dieu » (Mt 5,8). Que de bienheureux il avait énumérés déjà, et pourtant il ne leur avait pas promis cette possibilité de voir Dieu. Si donc ceux qui ont le coeur pur verront Dieu, assurément les autres ne le verront pas...; celui qui n'a pas voulu voir Dieu ne peut voir Dieu.
Car ce n'est pas dans un lieu que l'on voit Dieu, mais par un coeur pur. Ce ne sont pas les yeux du corps qui cherchent Dieu ; il n'est pas embrassé par le regard, ni atteint par le toucher, ni entendu en conversation, ni reconnu à sa démarche. On le croit absent et on le voit ; il est présent et on ne le voit pas. D'ailleurs, les apôtres eux-mêmes ne voyaient pas tous le Christ ; c'est pourquoi il leur a dit : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas encore ? » (Jn 14,9) En effet, quiconque a connu « quelle est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur -- l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance » (Ep 3,18-19), celui-là a vu aussi le Christ, il a vu aussi le Père. Car nous autres ce n'est pas selon la chair que nous connaissons le Christ (2Co 5,16) mais selon l'Esprit : « L'Esprit qui est devant notre face, c'est l'Oint du Seigneur, le Christ » (Lm 4,20). Qu'il daigne, en sa miséricorde, nous combler de toute la plénitude de Dieu, afin que nous puissions le voir !
Homélie Messe
Les bruits courent au sujet de Jésus. Qui est-il vraiment ? La question de l’identité de Jésus, qui est au centre de l’évangile, se pose à tout le monde. Voilà sans doute l’enseignement le plus surprenant de ces quelques versets. Ceux qui doivent prendre position par rapport à la personne de Jésus ne sont pas seulement ceux qui cherchent à le suivre et ceux qui veulent approfondir son enseignement : tout homme est appelé à se décider. Même Hérode, le roi cynique.
Tout le monde n’a certes pas le même rapport à la parole du Seigneur, tout le monde n’a pas la même façon de l’accueillir. Pour Hérode, elle n’est qu’une rumeur atténuée par l’épaisseur des murs de son palais et déformée par les fantasmes des intermédiaires. Ainsi, aucun élément pur n’arrive à lui. « Certains » – il n’y a pour Hérode aucun témoin formellement identifiable, pas de référence fiable – prétendent que Jésus serait Jean-Baptiste ressuscité. La comparaison est flatteuse, Jean-Baptiste étant, de tous les prophètes, le plus grand dans le Royaume. Mais elle révèle aussi une peur latente : Jean a été injustement exécuté ; ne pourrait-il trouver un moyen de se faire justice lui-même, en ressuscitant d’entre les morts ?
On entendait aussi différentes variations sur ce thème : « d’autres » avançaient qu’il s’agissait d’Élie, dont le retour était attendu. Jean-Baptiste, Élie, ou un autre : ce sont plusieurs façons de dire qu’un prophète exceptionnel marchait sur les routes des hommes. Mais tous ces regards sont tournés vers le passé, ils évoquent médiocrement « un prophète d’autrefois ».
Hérode reste perplexe. Il reste raisonnable : « Jean, je l’ai fait décapiter », il est donc mort et quand on meurt, c’est pour longtemps. Il ne veut donc pas prêter crédit aux hypothèses qui font appel à une résurrection d’un prophète des temps passés ; pour lui, Jésus est un homme, bien vivant, un homme qu’il ne connaît pas et qui l’intrigue, un homme dont il « entend tellement parler ».
Ces questions montrent les limites d’une mauvaise recherche du Seigneur. Hérode, qui « apprend » des choses par la rumeur publique, qui « entend » parler des miracles et des enseignements, cherche pourtant à « voir » Jésus. Il se trompe de registre parce qu’il n’est pas dans une recherche sincère de la vérité. Hérode se contente des on-dit parce qu’il n’est pas disposé à entendre la parole de vérité. Il ne s’intéresse pas à la personne de Jésus mais aux pouvoirs dont la rumeur le pare. D’ailleurs, dans les versets que nous méditons aujourd’hui, le nom de Jésus n’apparaît pas une seule fois. Hérode et son entourage s’occupe d’un personnage fantasmatique qui n’a rien à voir avec le Seigneur.
La question d’Hérode, « mais qui est cet homme ? », dévoile donc une mauvaise curiosité envers le Seigneur. Hérode veut accéder à la connaissance d’un pouvoir qui se donne en spectacle, il veut maîtriser une force ostentatoire. Il veut mettre la main sur le Seigneur sans chercher à le connaître, sans chercher à le rencontrer.
Seigneur Jésus, par ton Esprit d’amour, purifie nos cœurs. Rends nos oreilles sourdes aux bruits de ce monde qui propage à ton sujet des idées étriquées. Détourne nos yeux des théories du passé, de ce monde qui ne peut que vieillir, et initie-nous à la nouveauté de ton évangile. Donne-nous la vraie connaissance de ton Nom qui nous sauve. Entretiens en nous une sainte curiosité qui nous pousse à te connaître, à te rencontrer pour mieux t’aimer. Tu es notre Seigneur et notre Dieu, notre salut vient de toi.
Posté le 25.09.2008 par jubilatedeo
Saint Nicolas de Flue Ermite en Suisse (+ 1487)
Cet herbager du centre de la Suisse, du canton d'Unterwald, eut une grande influence dans les cantons de langue germanique qui ont été à la naissance de la Confédération hélvétique. Malgré son penchant pour la méditation solitaire, il ne suivit pas immédiatement ce qui était sa vocation première. Il épousa une femme courageuse, Dorothée Wiss, qui lui donna cinq filles et cinq fils. Il tenait sa place dans la vie politique du canton comme conseiller, mais aussi comme officier dans l'armée. Mais ce bon père de famille, cet homme d'un grand civisme, se retire dans un lieu solitaire pour prier chaque fois qu'il le peut. A cinquante ans, n'y tenant plus, il se laisse happer par la contemplation. Il demande à sa femme et à ses grands enfants l'autorisation de se consacrer entièrement à Dieu. Permission accordée qui devrait mériter à Dorothée aussi la reconnaissance de l'Eglise pour l'héroïcité de ses vertus. Nicolas s'enfonce dans la prière. Les visions mystiques deviennent de plus en plus nombreuses. Son jeûne est absolu, scrupuleusement vérifié par des espions de l'évêque du lieu. Curieusement, plus il s'isole, plus il influence la politique de son pays. On vient lui demander conseil, il dicte ses recommandations, toujours en faveur de la paix et de la concorde. Et c'est ainsi qu'il sauva sa patrie en 1471, lors de l'invasion de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne qui voulait l'annexer et, en 1481, quand il rédigea en une nuit une constitution qui empêcha Unterwald de quitter les autres cantons, au risque de la désagrégation de la confédération.
Canonisé le 15 mai 1947.
En Suisse, le 25 septembre, Solennité de saint Nicolas de Flue, célébrée le 21 mars dans l'Église universelle.
Prière de saint Nicolas de Flue
Ô mon Dieu et mon Seigneur,
prends-moi à moi, et donne-moi tout en propre à toi.
Ô mon Dieu et mon Seigneur,
arrache de moi tout ce qui me sépare de toi.
Ô mon Dieu et mon Seigneur,
donne-moi tout ce qui m'attire à toi.
"Seigneur Dieu, enlevez-moi tout ce qui m’éloigne de vous. Seigneur Dieu, donnez-moi tout ce qui me rapproche de vous. Prenez-moi à moi et donnez-moi tout à vous "
Pour écouter sa vie :
http://www.exultet.net/eshop/pages-product_music_info/product-949/pnicolas-buttet-nicolas-de-fluee-saint-sa-vie.html
Bienheureux Hermann Contract Ecolâtre à Reichenau (+ 1054)
Il était perclus et on lui donna le surnom de "Contractus". Fils du comte von Alshausen dans le pays de Bade en Allemagne, il vécut toute sa vie à l'abbaye de Reichenau. Il ne pouvait marcher seul, sa langue remuait peu et ses mains avaient peine à tenir quoi que ce soit. Mais il fut sans aucun doute l'un des plus grands savants de son temps. On l'appelait aussi "la Merveille du siècle". Mathématiques et astronomie, histoire et poésie, rien ne lui était étranger. Il inventa un astrolabe, une machine à calculer, plusieurs instruments de musique. "Chantre de la Vierge Marie, il composa le chant "Ave Maris stella" et on lui attribue non sans raison "l'Alma Redemptoris Mater" et le "Salve Regina". Il disait de lui: "Je suis le rebut des pauvres du Christ qui marche à la traîne des philosophes, plus lent d'esprit qu'un ânon."
Il a toujours porté le titre de bienheureux, reconnu ainsi par les Bollandistes et non par le martyrologe romain.
Saint Aunachaire Evêque d'Auxerre (+ 605)
ou
Aunaire. Evêque d'Auxerre, il participa à plusieurs conciles provinciaux et s'appliqua en particulier à rénover la discipline liturgique et morale de son diocèse.
Saintes Aurélie et Néomésie vierges
Selon la légende, nées en Asie mineure, ces soeurs se rendirent en pélerinage en Palestine puis à Rome.
Un violent orage leur permit d'échapper à l'attaque des Sarrazins à Capoue.
Elles sont représentées sur des peintures dans la cathédrale d'Anagni où se trouvent leurs reliques.
Saint Céolfrid Abbé à Langres (+ 716)
Né en 642. Moine bénédictin à Gilling puis à Ripon, invité par saint Benoit Biscop au monastère de Wearmouth et Jarrow dont il devint abbé.
Il aida saint Bede qui devint son biographe.
Il est aussi à l'origine du Codex Amiatinus (Bible - Vulgate latine) oeuvre qu'il offrit au pape Grégoire II, qui appartint au monastère Saint Sauveur d'Amiata et qui est conservé à Florence.
Codex of Amiatinus
Il mourut à Langres en Champagne.
Saint Cléophas Disciple du Christ au bourg d'Emmaüs (1er s.)
L'un des soixante-douze disciples du Seigneur. Il fut l'un des deux qui rencontrèrent le Christ sur le chemin d'Emmaus où le Seigneur lui-même leur expliqua le pourquoi de la Passion et de la Résurrection. Au soir de la route, il célébra avec eux la sainte Eucharistie, quelques jours seulement après la Cène du Seigneur au soir du Jeudi-Saint avec les apôtres.
...L'un des deux, nommé Cléophas, répondit : «Tu es bien le seul de tous ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer les événements de ces jours-ci.» Lc 24, 13-53
...près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la soeur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jn 19, 25
Saint Défendant (+ 290)
Il appartenait à la Légion thébéenne et avait échappé au massacre avec quelques compagnons. Ils furent rattrapés et décapités sur les bords du Rhône. Leur culte se répandit dans les diocèses de Turin et de Novare, en Sardaigne et en Corse.
Saint Ermenfroi (+ 670)
Chancelier du roi Clotaire II, il s'éloignait des intrigues de la cour. Peu à peu son coeur se rapprochait de l'idéal monastique. Il quitta le roi pour se retirer d'abord dans ses terres avec son frère Waldelène. Il y mena une vie calme et tranquille. Il lui fallut quelque temps pour se décider à rejoindre l'abbaye de Cusance au diocèse de Besançon dont il devint l'abbé, rattachant alors le monastère à celui de Luxeuil et y introduisant la Règle de Saint Colomban.
Sainte Euphrosyne de Souzdal (+ 1205)
Fille du prince Michel de Tchenigov, elle revêtit l'Habit monastique au monastère de la Très Sainte Mère de Dieu des Blachernes à Souzdal où elle vécut en parfaite obéissance et union à Dieu cette vie religieuse, illuminant son âme par la prière ardente et l'écoute de la Parole de Dieu.
Bienheureux Finbarr évêque (+ 610)
Évêque de Cork en Irlande et abbé, fondateur du monastère d’Etargehael près de Cork, célèbre par son enseignement et sa sainteté. Il fut le premier évêque de Cork et mourut à Cloyne.
Saint Firmin Premier évêque d'Amiens (4ème s.)
Le père et la mère de saint Firmin, qui étaient des plus riches et des plus considérables de la ville de Pampelune, en Espagne, à la fin du 1er siècle, furent convertis à la foi par saint Honestus, prêtre de Toulouse et disciple de saint Saturnin. Convaincus que de la première éducation dépend ordinairement le reste de la vie, ils mirent leur fils entre les mains de ce saint ecclésiastique, qui l'instruisit et le prit pour compagnon de ses courses apostoliques.
Prêtre à vingt-quatre ans, Firmin eut tant de succès dans ses prédications, que saint Honorat, successeur de saint Saturnin à Toulouse l'ordonna évêque, pour évangéliser les païens. L'évêque missionnaire parcourut les Gaules, évangélisa Agen, Clermont, Angers, Beauvais, essuyant plusieurs fois la persécution, battu de verges, chargé de chaînes, jeté dans les cachots.
Amiens fut la dernière et la plus glorieuse étape de l'apôtre, qui y fixa son siège. Dès les premiers jours, le sénateur Faustinien fut converti avec toute sa famille. Firmin joignait aux charmes de son éloquence le témoignage invincible d'une multitude de miracles. Un jour c'est un homme borgne qui en est l'objet; le lendemain, ce sont deux lépreux; puis des aveugles, des boiteux, des sourds, des muets, des paralytiques, des possédés du démon. Peu de temps après son arrivée, les temples de Jupiter et de Mercure furent complètement déserts. Firmin eut la tête tranchée.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Saint Gédéon Ancien Testament : "Yerubbaal", fils de Yoash,
Juge dans la tribu de Manassé (14ème s. av JC.)
Juge en Israël, il en fut également le général à la tête des armées qui permirent aux tribus de ne pas être envahies par les Madianites.
Quand il eut reçu du Seigneur le signe de la rosée sur la toison, il détruisit l’autel de Baal avec la force de Dieu et délivra le peuple d’Israël de la main de ses ennemis.
Sainte Ketevan de Georgie, martyre (1624)
Ketevan était l'épouse du roi David de Kakesia et mére du roi Teimuraz qui devait succéder à son père.
Elle fut persécutée, en raison de sa foi orthodoxe, par le roi de Perse, le shah musulman Abbas Ier, et passa prés de dix ans en prison dans la ville de Shiraz.
ketevan y rencontra des missionnaires augustiniens originaires du Portugal qui furent tellement impressionnés par son témoignage de fidélité au christiannisme qu'ils proposérent au pape de Rome de la canoniser dés aprés sa mort.
Aprés une longue captivité où jamais sa foi ne faillit, pas plus que celle de ses compagnons, le shah prit la décision de la mettre devant l'alternative suivante : la conversion à l'islam ou la mort.
Ketevan n'eut pas la moindre hésitation et pleine de sérénité, elle se livra à ses bourreaux qui ne lui épargnérent pas une longue série de tortures avant de lui porter le coup fatal.
Bienheureux Marc Criado martyr (+ 1569)
Né à Andujar en Andalousie, il entra dans l’Ordre de la sainte Trinité pour la rédemption des captifs. Il fut arrêté les monts d’Alpujarras, près de Grenade en Andalousie par les Maures qui le tuèrent parce qu'il refusait de renier Jésus-Christ fils de Dieu.
Saint Ostent (+ 1068)
ou
Austinde. Archevêque d'Auch, il connut un ministère épiscopal tourmenté. Il rétablit la vie des évéchés de Bazas, Dax, Bayonne, Lectoure, après l'invasion des Sarrasins d'Espagne. Mais les luttes entre les princes francs et les princes d'Armagnac et de Gascogne se répercutèrent sur les droits de l'Eglise que saint Ostent dut défendre contre les empiètements des seigneurs. Nous avons sa souscription lors d'un concile à Jacca en Espagne.
Saint Paphnuce le Grand Anachorète en Egypte (+ 303)
Anachorète en Egypte, il fut capturé, lors des persécutions de l'empereur Dioclétien, et condamné à être crucifié à un palmier après avoir subi le supplice de la roue qui lui brisa tous les os. Beaucoup de ceux qui virent ses souffrances se convertirent et, à leur tour, donnèrent le témoignage suprême du martyre.
Saints Paul,Tatte et leurs enfants martyrs (4ème s.)
Paul et Tatte, son épouse, Sabinien, Maxime, Ruf et Eugène, leurs enfants.
Accusés de professer la religion chrétienne, ils furent arrêtés à Damas. Battus de verges et rendirent leur âme à Dieu après avoir enduré d’autres supplices.
Saint Principius évêque (5ème s.)
ou
Prince.
Douzième évêque de Soissons et abbé, frère de saint Remi de Reims. Il correspondait avec saint Sidoine Apolllinaire et nous avons plusieurs lettres de celui-ci adressées à l'évêque de Soissons, dont l'une quelques temps avant sa mort. Conseiller de sainte Clotilde, il l'encouragea dans les démarches de la reine auprès de Clovis.
Saint Serge de Radonège Ermite,
fondateur du monastère de la Trinité-Saint-Serge (+ 1392)
Né à Rostov au nord de Moscou, le jeune Barthélémy (le futur moine Serge) émigre à Radonège avec les siens, fuyant l'avance des Tatares. Le garçon, peu doué pour les études, ne rêve que de vie monastique. A la mort de ses parents, il se retire avec son frère aîné dans la forêt pour y vivre en ermite au milieu des loups et des ours. Les deux frères bâtissent une chapelle dédiée à la Sainte Trinité. Avec le temps, l'ermitage devient un monastère (le monastère de la Sainte Trinité), peuplé de moines vivant une pauvreté radicale dans une grande liberté. Le patriarche de Constantinople dont dépend alors la Russie, impose à Serge l'adoption de la Règle cénobitique du Studion, qui instaure entre les moines une vie commune plus stricte. Serge se soumet à regret. Il ne reste pas confiné dans son monastère. Il se sent responsable de son pays en pleine ébullition politique. Les princes sollicitent ses conseils et ses prières. En 1380, il bénit le grand-prince Dimitri de Moscou avant la bataille de Koulikovo qui inaugure la fin du joug mongol en Russie. On pourrait la comparer en France à la bataille de Poitiers sur les Musulmans. Il mène encore des missions de conciliation entre les princes russes et fonde de nombreux autres monastères. Le monastère de la Trinité Saint Serge, à 70 kms de Moscou resta même aux jours les plus sombres du soviétisme un grand pèlerinage et l'un des centres théologiques et spirituels de l'Eglise Russe.
Il fut canonisé en 1452.
Saint Solenne (+ v. 533)
Evêque de Chartres, conseiller très écouté de Clovis, il assista à son baptême avec saint Rémi et saint Vaast.
Les Églises font mémoire…
Anglicans : Lancelot Andrewes, évêque de Winchester, auteur spirituel ; Serge de Radonège (+1392), réformateur du monachisme en Russie
Catholiques d’occident : Anatole (II-IIIe s.) et tous les saints évêques de Milan (calendrier ambrosien)
Coptes et Éthiopiens (15 tut/maskaram) : Translation des reliques d’Etienne à Jérusalem (Église copte)
Luthériens : Paul Rabaut (+1794), témoin de la foi en France
Maronites : Paphnuce (IVe s.), moine
Orthodoxes et gréco-catholiques : Euphrosyne d’Alexandrie (Ve s.), moniale ; Ketevan, martyr ; Dosithée de Tbilissi (XVIIIe s.), martyr (Église géorgienne)
Syro-orientaux : Tahmazgerd (+445), martyr (Église assyrienne)
Posté le 24.09.2008 par jubilatedeo
4Jacob dit aux, bergers: " Mes frères, d'où êtes-vous? " ils répondirent: " Nous sommes de Haran. "
5 Il leur dit: " Connaissez-vous Laban, fils de Nicher? " Ils répondirent: " Nous le connaissons. "
6 Il leur dit: " Est-il en bonne santé? " Ils répondirent: " Il est en bonne santé, et voici Rachel, sa fille, qui vient avec ces brebis. "
7 Il dit: " Voici, il est encore grand jour, et ce n'est pas le moment de rassembler les troupeaux; abreuvez les brebis et retournez les faire paître. "
8 Ils répondirent: " Nous ne te pouvons pas jusqu'à ce que tous les troupeaux soient rassemblés et qu'on roule la pierre de dessus l'ouverture du puits; alors nous abreuverons les brebis. "
9 Il s'entretenait encore avec eux, lorsque Rachel arriva avec les brebis de son père: car elle était bergère.
10 Dès que Jacob vit Rachel fille de Laban, frère de sa mère, et les brebis de Laban, frère de sa mère, il s'approcha, roula la pierre de dessus l'ouverture du puits, et abreuva les brebis de Liban, frère de sa mère.
11 Et Jacob baisa Rachel et il éleva la voix et pleura.
12 Jacob apprit à Rachel qu'il était frère de son père, qu'il était fils de Rebecca; et elle courut l'annoncer à son père.
13 Quand Laban eut entendu parler de Jacob, fils de sa soeur, il courut au-devant de lui, et l'avant pris dans ses bras, il lui donna des baisers et l'amena dans sa maison. Jacob raconta à Laban toutes ces choses,
14 et Laban lui dit: " Oui, tu es mes os et ma chair. " Et Jacob demeura avec lui un mois entier.
15 Alors Laban dit à Jacob Est-ce que, parce que tu es mon frère, tu me serviras pour rien? Dis-moi quel sera ton salaire. "
16 Or Laban avait deux filles; l'aînée se nommait Lia, et la cadette Rachel.
17 Lia avait les yeux malades; mais Rachel était belle de taille et belle de visage.
18 Comme Jacob aimait Rachel il dit: " Je te servirai sept ans pour Rachel, ta fille cadette."
19 Et Laban dit: " Mieux vaut te la donner que la donner à un autre; reste avec moi.
Bible Augustin Crampon chanoine catholique
Posté le 24.09.2008 par jubilatedeo
Livre des Proverbes 30,5-9.
Toute parole de Dieu est garantie ;c'est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui leur refuge.
N'ajoute rien à sa parole : il te le reprocherait comme un mensonge.
Seigneur, je ne te demande que deux choses, ne me les refuse pas avant que je meure !
Éloigne de moi le mensonge et la fausseté, ne me donne ni la pauvreté ni la richesse :accorde-moi seulement de quoi subsister.
Car, dans l'abondance, je pourrais te renier en disant : « Le Seigneur n'existe pas. »Et, dans la misère, je pourrais devenir un voleur, et profaner ainsi le nom de mon Dieu.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Psaume 118 (119), 29.72, 89.101, 104.163
Ta parole, Seigneur, une lampe sur mes pas.
Détourne-moi de la voie du mensonge,
fais-moi la grâce de ta loi.
Mon bonheur, c'est la loi de ta bouche,
plus qu'un monceau d'or ou d'argent.
Pour toujours, ta parole, Seigneur,
se dresse dans les cieux.
Des chemins du mal, je détourne mes pas,
afin d'observer ta parole.
Tes préceptes m'ont donné l'intelligence :
je hais tout chemin de mensonge.
Je hais, je déteste le mensonge ;
ta loi, je l'aime.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,1-6.
Jésus convoqua les Douze, et il leur donna pouvoir et autorité pour dominer tous les esprits mauvais et guérir les maladies ;
il les envoya proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons.
Il leur dit : « N'emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n'ayez pas chacun une tunique de rechange.
Si vous trouvez l'hospitalité dans une maison, restez-y ; c'est de là que vous repartirez.
Et si les gens refusent de vous accueillir, sortez de la ville en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Saint Jean Chrysostome (vers 345-407), évêque d'Antioche puis de Constantinople, docteur de l'Église
4e Homélie sur 1 Corinthiens ; PG 61, 34-36
«
Ta majesté suprême est proclamée par la bouche des enfants, des tout petits » (Ps 8,3)
La croix a gagné les esprits au moyen de prédicateurs ignorants, et cela dans le monde entier. Il ne s'agissait pas de questions banales, mais de Dieu et de la vraie foi, de la vie selon l'Évangile, et du jugement futur. La croix a donc transformé en philosophes des gens simples et illettrés. Voilà comment « la folie de Dieu est plus sage que l'homme, et sa faiblesse, plus forte » (1Co 1,25).
Comment est-elle plus forte ? Parce qu'elle s'est répandue dans le monde entier, qu'elle a soumis tous les hommes à son pouvoir et qu'elle a résisté aux innombrables adversaires qui voulaient faire disparaître le nom du Crucifié. Au contraire, ce nom s'est épanoui et s'est propagé ; ses ennemis ont péri, ont disparu ; les vivants qui combattaient un mort ont été réduits à l'impuissance... En effet, ce que des publicains et des pêcheurs ont pu réussir par la grâce de Dieu, les philosophes, les orateurs, les rois, bref la terre entière, dans toute son étendue, n'a même pas été capable de l'imaginer... C'est en pensant à cela que l'apôtre Paul disait : « La faiblesse de Dieu est plus forte que tous les hommes ». Autrement, comment ces douze pêcheurs, pauvres et ignorants, auraient-ils pu imaginer une telle entreprise?
Homélie Messe
Dans la finale de la longue section consacrée, depuis le verset 14 du chapitre 4, à la prédication en Galilée, Luc va s’attacher tout particulièrement aux liens qui relient Jésus à ses apôtres. Dans notre péricope, nous voyons Jésus convoquer et envoyer les douze proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons. On est frappé dans cet évangile par l’impression de légèreté, de liberté qui s’en dégage : « N’emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun une tunique de rechange ». L’apôtre part, désencombré de tout souci matériel, de tout attachement autre que celui qui le relie à son Seigneur. C’est le seul lien qu’il garde mais un lien qui loin de le paralyser, le pousse au contraire en avant parce qu’il lui donne l’assurance de pouvoir compter sur son Maître à chaque instant.
La pauvreté de l’apôtre interpelle. Elle interroge sur ce qui le fait vivre et lui donne cette joie, ce dynamisme et cette force. Elle annonce une richesse qui dépasse les biens de ce monde : la vie du Royaume de Dieu. Condition de celui qui annonce le Royaume, elle se révèle ainsi condition d’accès au Royaume.
Condition d’accès au Royaume, la pauvreté l’est en tant qu’elle libère le cœur et l’esprit pour permettre d’entrer dans la dynamique de l’Amour et du partage. Car, de quoi vit-on dans le Royaume si ce n’est de la Charité ! A côté d’une pauvreté matérielle subie et négative, sans cesse à combattre, il existe une pauvreté matérielle positive qui, une fois choisie, libère, élève et rend disponible pour les réalités du Royaume.
Il apparaît dès lors cohérent que celui qui annonce le Royaume de l’Amour de Dieu vive une pauvreté effective et choisie. Jésus ne nous l’a-t-il pas lui-même montré, lui qui s’est fait proche des pauvres pour les enrichir de sa pauvreté ! Toute sa vie, de la Crèche à la Croix, a été marquée par le dépouillement. C’est bien par sa pauvreté et son abaissement volontaire qu’il nous a ouvert les portes du Royaume et du salut. Saint Paul l’a bien compris lorsque dans son épître aux habitants de Philippe il les invite à imiter le dépouillement du Seigneur Jésus lui-même : « Comportez-vous ainsi entre vous, comme on le fait en Jésus Christ : lui qui est de condition divine n'a pas considéré comme une proie à saisir d'être l'égal de Dieu. Mais il s'est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes, et, reconnu à son aspect comme un homme, il s'est abaissé, devenant obéissant jusqu'à la mort, à la mort sur une croix. C'est pourquoi Dieu l'a souverainement élevé et lui a conféré le Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse, dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que le Seigneur, c'est Jésus Christ, à la gloire de Dieu le Père. » (Ph 2, 5-9)
Nous voyons combien la pauvreté que Jésus nous invite à saisir, sans l’exclure pour autant, est bien plus qu’un simple renoncement aux biens matériels. Elle est une marche à sa suite, lui auquel nous sommes appelés à nous identifier pour nous faire les relais de son Amour auprès de nos frères en humanité.
C’est appel à choisir d’être pauvre avec le Christ ne cessera jamais de résonner dans le cœur de tout chrétien et de l’Eglise tout entière parce qu’il relève de l’essence missionnaire et apostolique de celle-ci. C’est bien ce qu’exprime le Concile Vatican II lorsqu’il nous dit : « La mission de l’Eglise continue et développe au cours de l’histoire la mission du Christ lui-même, qui fut envoyé pour annoncer aux pauvres la bonne nouvelle ; c’est donc par la même route qu’a suivie le Christ lui-même que, sous la poussée de l’Esprit du Christ, l’Eglise doit marcher, c’est-à-dire par la route de la pauvreté, de l’obéissance, du service et de l’immolation de soi jusqu’à la mort, dont il est sorti victorieux par sa résurrection. Car c’est ainsi dans l’espérance qu’ont marché tous les apôtres, qui ont achevé par leurs multiples tribulations et souffrances ce qui manque à la passion du Christ au profit de son Corps qui est l’Eglise (Col 1, 24)… » (Ad Gentes 5)
« Seigneur, fais-nous la grâce de devenir à la suite de tes apôtres de véritables disciples de ton amour et de ta miséricorde. Conduis-nous sur le chemin du dessaisissement de nous-mêmes pour que nous rendions un témoignage de toi toujours plus authentique. »
Posté le 24.09.2008 par jubilatedeo
NOTRE-DAME de la MERCI
Parmi les Ordres religieux qui furent fondés sous le patronage de la Reine des Anges, un des plus illustres a été celui de Notre-Dame de la Merci. La très Sainte Vierge manifesta Sa volonté de voir cet Ordre s'établir, en apparaissant à saint Pierre Nolasque, à saint Raymond de Pennafort et à Jacques Ier, roi d'Aragon. Au commencement du XIIIe siècle, la plus grande partie de l'Espagne était sous le joug des Sarrasins, qui tenaient enfermés dans les cachots une multitude de chrétiens, dans le but de leur faire renier leur foi.
C'est pour mettre fin à cette calamité que Marie établit l'oeuvre de la Rédemption des captifs. Le 1er août 1218, la Reine du Ciel apparut à saint Pierre Nolasque, qui était alors en prière: "Mon fils, lui dit-Elle, Je suis la Mère de Dieu; Je viens chercher des hommes qui veuillent, à l'exemple de Mon Jésus, donner leur vie pour le salut et la liberté de leurs frères captifs. Je désire que l'on fonde en Mon honneur un Ordre de religieux dans ce but. Quand tu me priais avec larmes de porter remède aux souffrances des captifs, Je présentais à Mon Fils tes voeux ardents, et c'est Lui qui M'envoie vers toi. – Je crois d'une foi vive que Vous êtes la Mère du Dieu vivant et que Vous m'apparaissez pour le soulagement des pauvres chrétiens esclaves; mais qui suis-je, moi, pour accomplir cette oeuvre? – Ne crains rien, Je serai avec toi, et bientôt s'accomplira ce que Je demande."
Le lendemain, Pierre Nolasque rendit compte de sa vision à saint Raymond de Pennafort, son confesseur, qui lui dit: "J'ai eu la même vision que vous." Le roi Jacques, les rencontrant dans la cathédrale, leur communiqua une vision semblable. Il n'y avait pas à hésiter. Quelques jours plus tard, l'oeuvre commença, de par l'ordre et avec la protection du roi, qui désigna Pierre Nolasque pour être le chef de la nouvelle institution. L'évêque donna au fondateur l'habit blanc, avec le scapulaire qui, conformément aux instructions de la Sainte Vierge, devait être le costume des religieux de la Merci. Saint Pierre Nolasque fit alors le voeu solennel de se donner en otage aux Turcs, s'il était nécessaire, pour la rédemption des captifs chrétiens, voeu que tous ses religieux devaient faire également. En peu d'années, cet Ordre, si conforme aux besoins de l'époque produisait des fruits admirables.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Notre-Dame de la Merci
Historique
Dans l’expression Notre-Dame de la Merci, le mot Merci traduit l’espagnol merced qui signifie grâce, ou le latin merces qui signifie rançon. A l’origine de l’Ordre des Mercédaires
[1] qui s’occupèrent de racheter les chrétiens captifs des musulmans, Notre-Dame apparut à saint Pierre Nolasque
[2], à saint Raymond de Penyafort
[3] et au roi Jacques I° d’Aragon
[4].
Au milieu de la nuit du 1° août 1218, alors que l’Eglise célébrait la fête de Saint-Pierre-aux-Liens, la vierge Marie, accompagnée d’anges et de saints, apparut à saint Pierre Nolasque et lui dit : Mon fils, je suis la Mère du Fils de Dieu qui, pour le salut et la liberté du genre humain, répandit tout son sang en souffrant la mort cruelle de la Croix ; je viens ici chercher des hommes qui veuillent, à l’exemple de mon Fils, donner leur vie pour le salut et la liberté de leurs frères captifs. C’est un sacrifice qui lui sera très agréable. Je désire donc que l’on fonde en mon honneur un Ordre dont les religieux, avec une foi vive et une vraie charité, rachètent les esclaves chrétiens de la puissance et de la tyrannie des Turcs, se donnant même en gage, s’il est nécessaire, pour ceux qu’ils ne pourront racheter autrement. Telle est, mon fils, ma volonté ; car, lorsque dans l’oraison tu me priais avec des larmes de porter remède à leurs souffrances, je présentais tes vœux à mon Fils qui, pour ta consolation et pour l’établissement de cet Ordre sous mon nom, m’a envoyée du ciel vers toi. Saint Pierre Nolasque répondit : Je crois d’une foi vive que vous êtes la Mère du Dieu vivant et que vous êtes venue en ce monde pour le soulagement des pauvres chrétiens qui souffrent dans une barbare servitude. Mais que suis-je, moi, pour accomplir une œuvre si difficile au milieu des ennemis de votre divin Fils et pour tirer ses enfants de leurs cruelles mains ? Et Notre-Dame de lui répondre : Me crains rien, Pierre, je t’assisterai dans toute cette affaire et, pour que tu aies foi en ma parole, tu verras bientôt l’exécution de ce que je t’ai annoncé et mes fils et mes filles de cet Ordre se glorifieront de porter des habits blancs comme ceux dont tu me vois revêtue. En disant cela, la Vierge disparut.
Pierre Nolasque passa en prière le reste de la nuit puis rejoignit Raymond de Penyafort qui lui dit : J’ai eu cette nuit la même vision que vous : j’ai été aussi favorisé de la visite de la Reine des anges et j’ai entendu de sa bouche l’ordre qu’elle me donnait de travailler de toutes mes forces à l’établissement de cette religion et d’encourager dans mes sermons les catholiques fidèles à venir en aide à une œuvre de charité si parfaite. C’est pour remercier Dieu et la très sainte Vierge que j’étais venu si matin à la cathédrale. Le roi Jacques I° d’Aragon entra alors dans la cathédrale et leur dit : La glorieuse Reine des anges m’est apparue cette nuit, avec une beauté et une majesté incomparables, m’ordonnant d’instituer, pour la rédemption des captifs, un Ordre qui porterait le nom de Sainte-Marie de la Merci ou de la Miséricorde ; et, comme je connais en toi, Pierre Nolasque, un grand désir de racheter les esclaves, c’est toi que je charge de l’exécution de cette œuvre. Pour toi, Raymond, dont je sais la vertu et la science, tu seras le soutien de l’Ordre par tes prédications.
[1] Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Merci pour la Rédemption des captifs.
[2] Issu de la noble famille des Nolasco, apparenté par sa mère aux comtes de Toulouse et aux rois d’Aragon, Pierre Nolasque, né vers 1189 au mas des Saintes-Puelles, dans l’ancien diocèse de Saint-Papoul, après avoir renoncé au mariage pour se consacrer à Dieu, rejoint les armées de Simon de Montfort. A la bataille de Muret où le roi Pierre d’Aragon est tué, son fils, Jacques, âgé de six ans, est fait prisonnier ; Simon de Monfort le met sous la garde de Pierre Nolasque puis les envoie tous deux en Espagne. Loin de la cour, Pierre Nolasque enseigne son royal élève et lui montre l’exemple de sa piété et de sa charité.
[3] Né près de Barcelone, au le château familial de Villafranca de Penades (vers 1175), Raymond de Penyafort, parent des comtes de Barcelone et des rois d'Aragon, étudie à l'école cathédrale de Barcelone où il enseigne la rhétorique et la logique ; il étudie le droit à Bologne où, reçu docteur, il enseigne (1216). L'évêque de Barcelone le recrute pour le séminaire de son diocèse (1219). A Viterbe, saint Dominique leur donne quelques uns de ses frères. A Barcelone, chanoine de la cathédrale, prévôt du chapitre, archidiacre, grand vicaire et official (1220), il donne grande solennité à l'Ascension et travaille au soin des pauvres. Le Vendredi Saint 1222, il quitte le clergé séculier pour les Dominicains, sans perdre son influence sur l'évêque de Barcelone. A cette époque, il écrit la Summa de pænitentia, premier ouvrage du genre, qui rassemble les cas de conscience à l'usage des confesseurs. Lorsque Pierre Nolasque fonde l'Ordre de la Merci (1223), dans la cathédrale de Barcelone, en présence de l'évêque et de Jacques I° d'Aragon, il donne l'habit aux premiers mercédaires dont il rédige la règle pour quoi il obtient l'approbation de Grégoire IX (1235). En 1229, le cardinal de Sainte-Sabine, envoyé comme légat en Espagne pour prêcher la croisade contre les Maures et mettre en application les décrets du quatrième concile du Latran, s'adjoint Raymond de Penyafort qui fait si bien qu'on le charge de prêcher dans les provinces d'Arles et de Narbonne. En 1230, Grégoire IX en fait son confesseur et son chapelain ; nommé pénitencier, il instaure l'Inquisition en Aragon, révise les décrétales et en fait établir la nouvelle collection promulguée par la bulle Rex pacificus (5 septembre 1234). Il refuse l'archevêché de Tarragone et rentre en Aragon pour absoudre Jacques I° qui a malmené l'évêque élu de Saragosse ; il quitte Barcelone pour rejoindre, à Bologne, le chapitre général de son Ordre qui l'élit maître général (1238). Il fait établir de nouvelles constitutions dominicaines, en usage jusqu'en 1924. Il demande à saint Thomas d'Aquin de rédiger la Somme contre les gentils. Il se démet de sa charge (1240) et retourne au couvent de Barcelone d'où il partit souvent pour prêcher et pour conseiller Jacques I°. Pour former les missionnaires, il fonde des écoles de langues, comme l'école arabe de Tunis (1245) et l'école d'hébreu de Murcie (1266). Entre les rois d'Aragon et de Castille, il meurt à Barcelone le 6 janvier 1275 ; l'archevêque de Tarragone demande, dès 1297, sa canonisation qui ne sera faite par Clément VIII que le 29 avril 1601.
[4] Jacques I° d’Aragon, dit le Conquérant, fils de Pierre II, né à Montpellier en 1206, est fait prisonnier à la bataille de Muret où mourut son père (1213) et remis par Simon de Montfort à Pierre Nolasque qui l’élève. Allié au roi de Castille dont il épouse la fille, Eléonore (1221), il conquiert une partie du royaume musulman de Valence (1225) qu’il prendra tout entier (1253). Il conquiert les Baléares (1229-1235). Au profit du comte Thibault de Champagne, il renonce au royaume de Navarre que lui a laissé Sanche VII. Au traité de Corbeil (1256), saint Louis renonce en sa faveur aux comtés de Barcelone et de Roussillon et à la seigneurie de Montpellier. En 1262, il partage ses Etats entre ses deux fils : Pierre obtient l’Aragon, la Catalogne et Valence ; Jacques obtient Majorque, le Roussillon, la Cerdagne et Montpellier. Il meurt en 1276.
Posté le 24.09.2008 par jubilatedeo
Saint Silouane l'athonite (+ 1938)
Syméon, fils d'lvan Antonov, paysan de la Province de Tambov, naît en 1866 dans le village de Chovsk. La famille est nombreuse ; outre le père et la mère elle se compose de cinq garçons et deux filles. C'est une famille simple et pieuse. Le père est illettré mais une foi profonde éclaire toute sa vie. Comme beaucoup de paysans de son pays il aime offrir l'hospitalité aux marchands, aux voyageurs, aux pèlerins surtout, qui parcourent l'immensité de la terre russe.
Il a dix-neuf ans quand il trouve la foi. Il pense sans cesse à Dieu et prie beaucoup en versant des larmes. Il sent qu'il change intérieurement et éprouve un attrait pour la vie monastique. Mais son père lui refuse la permission de se rendre au Monastère des Grottes de Kiev :" Fais d'abord ton service militaire, ensuite tu seras libre d'y aller." Cet état exceptionnel dure trois mois puis Syméon se remet à vivre comme les autres jeunes gens de son village : il sort avec les filles, joue de l'accordéon, boit de la vodka... Si tout le village apprécie ce beau garçon au caractère paisible qui sème la joie autour de lui, il est cependant encore loin d'être un saint.
Syméon s'éprend d'une jeune fille et, avant même qu'il soit question de mariage, il leur arrive, un soir, ce qui arrive souvent. Le lendemain, au travail, son père lui dit doucement : "Mon petit, où étais-tu hier soir ? Mon coeur me faisais mal." Ces douces paroles pénètrent dans l'âme de Syméon.
Une autre fois, alors que le père travaille aux champs avec ses grands fils, c'est au tour de Syméon de faire le repas et, oubliant que c'est un vendredi, il prépare un plat de viande de porc. Tous en mangent sans rien dire. Six mois plus tard, - on est déjà en hiver - un jour de fête, le père, souriant doucement, lui dit : "Mon petit, te souviens-tu comment tu nous as donné à manger du porc un jour que nous étions aux champs ? C'était pourtant un vendredi. Je l'ai mangé, sais-tu, comme si c'était de la charogne." - "Pourquoi ne m'as-tu rien dit alors ?" -" Je ne voulais pas te blesser mon petit."
Plus tard, devenu moine, il dira : "Je ne suis pas parvenu à la mesure de mon père. Il était tout à fait illettré. Même quand il disait le Notre père, qu'il avait appris à force de l'entendre à l'église, il en prononçait certains mots de travers. Mais c'était un homme plein de douceur et de sagesse."
Déjà à cette époque il est doué de cette robustesse et de cette formidable force physique qui l'aideront beaucoup à accomplir des travaux ascétiques exceptionnels et nombreux. Un jour de Pâques, après une copieux repas avec beaucoup de viande, alors qu'il reste seul à la maison avec sa mère, elle lui propose une omelette. Et le voici engloutissant à lui seul un plat de cinquante oeufs. Certains soirs de fête, il va à l'auberge avec ses frères et compagnons de travail et il lui arrive de boire jusqu'à trois litres de vodka sans jamais devenir ivre. A cette même époque il est encore capable de soulever de grands poids et même de prendre à mains nues un chaudron de soupe bouillante pour le porter du fourneau sur la table où mange son équipe.
Après un certain temps passé de manière impure, alors qu'il est assoupi dans un léger sommeil, il voit un serpent qui se glisse dans sa bouche et pénètre dans son corps. Il se réveille en proie à un violent dégoût et entend aussitôt une voix d'une beauté et d'une douceur extraordinaire : " Tu as avalé un serpent en rêve et cela te répugne. De même je n'aime pas voir ce que tu fais. " Bouleversé Syméon a aussitôt la conviction profonde que cette voix est celle de la Sainte Vierge. Jusqu'à la fin de ses jours il rendra grâce à la Mère de Dieu qui a daigné le visiter et le relever dans sa chute. "Maintenant j'ai vu combien le Seigneur et la Mère de Dieu ont pitié des hommes."
Ce second appel, survenu peu de temps avant le début de son service militaire joue un rôle décisif dans le choix de la voie qu'il va suivre désormais. Syméon est affecté dans le bataillon du génie de la Garde impériale. Une veille de fête, il est en ville avec trois camarades, dans un grand restaurant populaire, baigné de lumières et de musique. Ils mangent, boivent et devisent gaiement, mais Syméon est silencieux. L'un d'eux lui demande: - "A quoi penses-tu donc ?" - "Je pense que nous sommes, en ce moment, installés dans un restaurant, nous mangeons, nous buvons de la vodka, nous écoutons de la musique et nous nous amusons, alors que, pendant ce temps, au Mont Athos on célèbre les vigiles ; les moines vont prier pendant toute la nuit."Il pense vraiment beaucoup à la Sainte Montagne et y envoie même de l'argent.
Alors qu'approche la fin de son service, il se rend avec le secrétaire de sa compagnie chez le père Jean de Cronstadt pour lui demander ses prières et sa bénédiction. Il écrira de lui : "Son apparence était celle d'un homme ordinaire, mais la grâce divine donnait à son visage une splendeur semblable à celle d'un Ange, et on désirait le regarder." Mais ce jour-là ils ne le trouvent pas. Et tandis que le secrétaire lui écrit une longue lettre dans un style recherché, Syméon laisse seulement ces quelques mots: "Mon père, je veux devenir moine. Priez pour que le monde ne me retienne pas."
Son service terminé, il réalise son dessein et parvient au Mont-Athos à l'automne de 1892.
Saint Pantéléimon, le monastère des russes (ou rossikon) qui accueille Syméon, est une communauté cénobitique qui compte alors 2000 moines sur une population d'environ 9000 personnes : nombreux ouvriers et innombrables pèlerins qui ne cessent de déferler de Russie par bateaux entiers venant d'Odessa.
Il manifeste alors un grand repentir et, tout inexpérimenté qu'il soit, entreprend un dur combat ascétique. Plus jamais. jusqu'à la fin de sa vie, il ne permettra à une pensée impure de pénétrer dans son coeur. Il est alors affecté au moulin. Tout le jour il travaille avec courage à transporter des sacs de farine et la nuit il reste en prière, s'efforçant de dormir le moins possible.
Très vite des pensées de vanité, des pensées de doute sur son salut font glisser l'angoisse dans son coeur. Alors les démons commencent à lui apparaître, tantôt l'exaltant, tantôt le précipitant dans l'abîme. Et lui leur parle naïvement comme à des hommes; et il s'entend répondre par l'un deux: "Nous ne disons jamais la vérité." Les mois passent. Il lutte mais ses forces psychiques faiblissent, son courage l'abandonne ; le plus souvent l' horreur et le désespoir envahissent son âme. Comment résister à tant d' assaut avec de simples forces humaines ? Et le frère Syméon s'effondre. .
Il est dans sa cellule, en fin d'après-midi, avant les Vêpres. Il pense: "Dieu est inexorable, on ne peut pas le fléchir !" Il éprouve un sentiment de délaissement absolu ; son âme est plongée dans les ténèbres d'une angoisse infernale. Il passe près d'une heure dans cet état, Et voici qu'en réponse à sa détresse, le Seigneur apparaît au jeune novice pendant les Vêpres dans la chapelle du saint Prophète Elie, à droite des Portes Royales, là où se trouve l'icône du Sauveur, Syméon voit le Christ Vivant. Le doux regard du Christ rayonnant de joie, pardonnant tout et infiniment bon attire à lui l'être tout entier de Syméon. Il se sent exténué ; il ne pourrait en supporter davantage sans mourir, et le Seigneur disparaît. La vision terminée la douceur de l'amour divin transporte son esprit dans une contemplation de la divinité au-delà de toute image de ce monde.
Après avoir connu la joie de la résurrection et une félicité toute pascale Syméon sent faiblir l'action perceptible de la grâce ; et la paix et la joie cèdent le pas à la perplexité et à la crainte de perdre le don reçu.
Quinze années d'alternance de grâce et d' abandon commencent. Entre temps il fait profession avec le nom de Silouane (Sylvain en français). Il écrira : " Si le Seigneur ne m'avait fait connaître au commencement de quel amour il aime les hommes, je n'aurais jamais supporté une seule de ces nuits, et j'en ai eu une multitude , "
V ers 1906, au cours d'une de ces nuits terribles, il ne parvient pas, malgré ses efforts, à la prière pure. Il se lève pour faire des prosternations, l'immense silhouette d'un démon s'interpose devant les icônes attendant qu'il s'incline devant lui. Silouane s'assied à nouveau, penche la tête, le coeur douloureux et fait cette prière: " Seigneur, Tu vois que les démons m'empêchent de prier avec un esprit pur. Inspire-moi ce que je dois faire pour que les démons me quittent."
Et le Seigneur lui répond dans son âme : "Les âmes orgueilleuses souffrent toujours des démons."
"Seigneur, apprends-moi ce que je dois faire pour que mon âme devienne humble."
Et de nouveau, dans son coeur, il reçoit cette réponse : "Tiens ton esprit en enfer, et ne désespère pas."
Ce moine presque illettré, qui n'a été à l'école que deux hivers, écrit avec des mots très simples des textes courts d'une beauté bouleversante:
Dieu et toutes les choses célestes ne peuvent être connu qu'à travers le Saint Esprit.
Le Seigneur a un immense amour pour l'homme qu'il nous est donné de connaître dans le Saint Esprit.
Le Saint Esprit est l'esprit d'humilité, de paix et d'intégrité ; le Saint Esprit est l'esprit de compassion et d'amour des ennemis.
Comment un moine, isolé du monde sur cette Sainte Montagne, peut-il ainsi avoir dans sa prière le souci du salut de tous les hommes ?
Et il prie ardemment, longuement, chaque jour, avec des larmes:
"Je te prie, Seigneur, miséricordieux afin que tous les peuples de la terre te connaissent par ton Saint Esprit."
Il exercera la charge d'économe jusqu'à sa mort. Il a sous sa surveillance jusqu'à 200 ouvriers. Chaque matin il fait le tour des ateliers et donne ses instructions aux contremaîtres, dans les grandes lignes. Son coeur souffre pour ces ouvriers contraints par la misère à quitter parents, famille, pays, pour gagner quelques sous. Aussi il n'est jamais derrière eux à les presser, à les surveiller comme font les autres économes qui veillent aux intérêts du Monastère. Et par son attitude et sa prière il gagne l'amour de ces pauvres gens à qui il laisse liberté et responsabilité.
Il dit: "Le Seigneur aime tous les hommes et a pitié d'eux."
Rempli de l'Esprit du Christ et il a pour tous un amour compatissant. Il vit la souffrance des hommes, du monde entier, et sa prière n'a pas de fin. Il est prêt à verser son sang pour la paix et le salut des hommes. Et il le verse en vérité dans sa prière. Témoin de l'amour de Dieu pour l'humanité, sa vie est un véritable martyre. Son coeur est blessé et c'est en toute vérité qu' il peut écrire:
"Prier pour les hommes, c'est verser son sang."
Silouane cultive particulièrement l'humilité et recherche par-dessus tout l'Humilité du Christ. Conséquence de la parole du Seigneur qu'il ne cesse de mettre en pratique : "Tiens ton esprit en enfer, et ne désespère pas" il peut dire : "C'est du Seigneur que mon âme a appris l'humilité... nulle parole ne saurait décrire combien le Seigneur est bon."
Jamais il ne contredit quelqu'un ; jamais il ne juge. Si l'on s'oppose à lui, si l'on ne comprend pas ce qu'il veut dire, aussitôt il se tait. Un père est-il critiqué devant lui : il assume sa défense et ramène la paix. Il possède la vraie liberté de ceux qui se tiennent constamment en Dieu.
Il voyage aussi pour visiter quelques monastères. Lors d'un de ces voyages en chemin de fer, il se trouve assis en face d'un marchand. L'homme tire de sa poche un étui à cigarettes, l'ouvre et en propose au père Silouane. Celui-ci refuse et le marchand l'interroge : "Pourquoi refusez-vous ? considérez-vous cela comme un péché ? Silouane ne répond pas et l'homme poursuit en parlant du plaisir qu'apporte la cigarette. Devant le mutisme persistant de son vis-à-vis il ajoute qu'il est utile de fumer en bien des circonstances :"quand vous avez un problème commercial, cela vous aide à le résoudre ; quand vous êtes fatigué, vous prenez une cigarette et cela vous délasse ; etc..." Et Silouane garde toujours le silence.
Après un temps, il lui dit :"Voilà ce que je vous dirai : avant d'allumer une cigarette, dites une prière."Aussitôt le marchand s'exclame :" Mais ça ne va pas de dire une prière avant de prendre une cigarette !" Alors Silouane : "Eh bien , chaque action avant laquelle on ne peut dire une prière, il vaut mieux ne pas la faire."
Nous l'avons déjà dit, Silouane est porté par l'Esprit Saint à l'amour de toute la Création. Il loue le Seigneur pour la beauté de son oeuvre. Il se repent amèrement d'avoir à moitié écrasé une mouche et d'avoir versé de l'eau bouillante sur des chauves-souris.
L'amour du prochain, chez Silouane, s'étend à l' humanité entière. Il accomplit en cela le précepte évangélique : "Et moi je vous dis : aimez vos ennemis. "
Selon lui, celui qui n'a pas l'amour des ennemis n'a pas encore connu Dieu dans le Saint Esprit. Aussi, en toutes circonstances manifeste-t-il sa compassion pour les hommes : il prie pour les vivants, pour les défunts, et même pour ceux qui ne sont pas encore nés. Il est d'une charité pleine de délicatesse. Il intercède, et Dieu écoute sa prière. Cela aboutit parfois à des miracles. Il raconte ainsi sa propre expérience - mais par humilité comme s'il s'agissait du récit d'un autre ascète.
Par une nuit très sombre une tempête secoue violemment les barques de pêche dans le port. Les hommes sont affolés et ne savent que faire. Il a une telle peine pour eux qu'il prie : "Seigneur, apaise la tempête, calme les flots, aie pitié de ton peuple qui souffre, et sauve-le." La tempête cesse, la mer se calme, les hommes rendent grâce à Dieu. Et Silouane témoigne : "Autrefois je pensais que le Seigneur n'accomplissait de miracles qu'en réponse aux prières des saints, mais, maintenant, j'ai compris que le Seigneur fait aussi des miracles pour le pécheur aussitôt que son âme s'humilie. Plusieurs, par inexpérience, disent que tel Saint a fait un miracle, mais j'ai compris que c'est le Saint Esprit demeurant en l'homme qui accomplit les miracles. "
Les années passent. Après la guerre, les autorités grecques ayant fermé l'accès au Mont-Athos aux russes soviétiques, le Monastère de Saint Pantéléimon voit son recrutement se tarir. On enterre de 30 à 40 moines par an. Vers le début des années trente ils ne sont plus que 6oo. Mais la vie commune continue, et les offices, et la Prière. Alors les nombreux charismes au Moine au Grand Habit Silouane se développent, dans la discrétion, en faveur de ceux qui s'adressent à lui, - éventuellement par lettre: prophétie, discernement (clairvoyance), guérison. Mais c'est surtout son immense charité qui enveloppe tous ceux qui viennent à lui. Certes, même parmi ses frères moines il y en a qui continuent à l' ignorer, mais parmi ses correspondants et visiteurs on compte des théologiens, des archimandrites, des moines d'autres monastères (surtout des Serbes de Chilandari et du Skite de Saint Sabbas), et même des évêques. Plusieurs lui rendront témoignage après sa mort paisible, survenue à l'infirmerie au Monastère, pendant les matines, le 24 septembre 1938 (11 septembre du calendrier julien en usage sur la Sainte Montagne)
Quelques jours plus tôt, alors que visiblement il souffre beaucoup et qu'il refuse encore d'aller à l'infirmerie, il répond à son disciple qui lui demande s'il va mourir : " Je n'ai pas encore atteint l'humilité." Installé seul dans une chambre de l'infirmerie, il communie chaque jour, car telle est la coutume du Monastère pour les grands malades. Pendant tout ce temps il garde le silence. Le 23 au soir, son confesseur, le père Serge, vient lire le " Canon de la Mère de Dieu", prière d'intercession pour le départ de l'âme . Vers minuit, il demande au père infirmier : - "On lit les matines ?" - "Oui, avez-vous besoin de quelque chose ?" .-" Non, merci; je n'ai besoin de rien." Ce simple dialogue et le fait qu'il entende les matines - à peine perceptibles de l'endroit où il se trouve - montre sa sérénité et la pleine possession de ses facultés. L'infirmier revient vers la fin des matines et il est extrêmement étonné de le trouver mort. Il est environ deux heures du matin. Il sera enterré le jour même à quatre heures de l'après-midi.
L'initiateur au grand mouvement de renouveau spirituel dans l'Eglise orthodoxe serbe en notre siècle, l'évêque Nicolas (Vélimirovic), écrivit dans sa revue missionnaire une notice nécrologique intitulée: "Un homme d'un grand amour" dans laquelle il dit notamment :
"De ce merveilleux moine, on ne peut dire qu'une chose : c'est une âme remplie de douceur. Je ne suis pas le seul à avoir ressenti cette douceur, mais tout pèlerin au Mont Athos qui l'avait rencontré ressentait la même chose.
Silouane était un homme fort, de haute taille ; il avait une grande barbe noire et, au premier abord, son aspect extérieur ne le rendait pas très attirant pour celui qui ne le connaissait pas. Mais il suffisait d' une seule conversation pour aimer cet homme... Il parlait de l'immense amour de Dieu pour les hommes et amenait les pécheurs à se juger eux-mêmes sévèrement... Cet admirable ascète était un simple moine, mais plein d'amour pour Dieu et son prochain. De toutes parts de la Sainte Montagne, de nombreux moines accouraient vers lui pour recevoir ses conseils... Ils ont tous été douloureusement frappés par ce départ. Longtemps, très longtemps, ils se souviendront de l'amour du père Silouane et de ses sages conseils.
Pour moi aussi, le père Silouane fut une très grande aide spirituelle. Je sentais combien sa prière me fortifiait.
A chacune de mes visites à la Sainte Montagne, je me hâtais d'aller lui rendre visite... Le livre de sa vie est tout émaillé des perles de la sagesse et de l'or de l'amour.
C'est un livre immense et incorruptible."
C'est à son très proche disciple et témoin, le Père Sophrony, qui a pieusement recueilli ses écrits et en a montré toute la valeur théologique et spirituelle que nous devons de connaître "le livre de sa vie". Il témoigne :
Saint Silouane était pris tout entier par la vision de la Divinité du Christ, par la "douceur" du Saint Esprit, et il faisait passer cette vision dans sa vie. Le Saint Esprit le rendit vraiment semblable au Christ qu'il lui avait été accordé de voir et de la ressemblance duquel il parlait si souvent citant le grand apôtre de l'amour : "nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu'il est"
(1 Jean 3.2 )
Quelques Pensées de Saint Silouane:
"Celui qui veut prier sans cesse doit être courageux et sage, et pour tout demander conseil à son père spirituel. Si le père spirituel n’a pas passé lui-même par l’expérience de la prière, interroge-le tout de même, et pour ton humilité le Seigneur aura pitié de toi et te gardera de toute erreur. Mais si tu te dis : " Ce père spirituel doit être inexpérimenté, car il est trop affairé, je vais donc me diriger moi-même à l’aide de livres ", tu es sur une voie dangereuse et au seuil de l’illusion spirituelle. J’en connais plusieurs qui se sont ainsi trompés dans leurs pensées, et, à cause de leur mépris pour leur père spirituel, ils n’ont pas progressé. Ils oublient que, dans le sacrement, c’est la grâce du Saint-Esprit qui agit et que c’est elle qui nous sauve. Ainsi l’Ennemi trompe les ascètes pour qu’il n’y ait pas de vrais hommes de prière, mais le Saint-Esprit éclaire notre esprit quand nous suivons les conseils de nos pasteurs."
"Pourquoi élevez-vous la voix vers moi, mes enfants ?
Le Seigneur vous aime, et il vous a donné les commandements.
Observez-les ; aimez-vous les uns les autres,
Et vous trouverez la paix en Dieu.
À toute heure, repentez-vous de vos péchés,
Pour que vous puissiez rencontrer le Seigneur.
Le Seigneur a dit : " J'aime ceux qui m'aiment,
Et je glorifierai ceux qui me glorifient."
"Car le Seigneur est en moi et m'a rendu semblable à lui.
Le Seigneur glorifie l'homme et le rend semblable à lui."
Saint Anathlon évêque (1er s.)
Quoique l'Eglise de Milan soit connue comme Eglise de saint Ambroise, les plus anciens catalogues citent Anatalone di Milano comme premier évêque de Milan, envoyé par saint Barnabé, (le compagnon de Saint Paul) dont il était le disciple. Il aurait évangélisé toute la région milanaise, y compris Brescia, où il mourut.
Saint Anatole évêque (2ème s.)
Les plus anciens catalogues le citent comme premier évêque de Milan, envoyé par saint Barnabé, dont il était le disciple. Il évangélisa toute la région milanaise, y compris Brscia, où il mourut.
Saints Andoche, Thyrse et Félix Martyrs à Saulieu, en Bourgogne (2ème s.)
Andoche, prêtre, et Thyrse, diacre de Smyrne, furent envoyés par saint Polycarpe pour prêcher l'Evangile dans la région d'Autun. Et ce fut là qu'il moururent martyrs pour la foi dont il témoignait avec Félix, un riche commerçant qui les hébergeait.
Leur culte reste vivant dans cette région de Saulieu
L'abbatiale Saint-Andoche. Saint Andoche était un prêtre grec qui évangélisa la région avec ses compagnons le diacre Thyrse et le marchand Félix. Ils subirent le martyre en 177. Trois églises se sont succédées sur leurs reliques : en 306, en 747 et en 1119. Cette dernière fut édifiée au 12è siècle en subissant l'influence de l'architecture clunisienne. Le choeur fut brûlé par les anglais pendant la guerre de Cent Ans. Les chapelles élevées sur les flancs de la nef sont du 15è siècle. Le portail sculpté est du 19è.
Saint Antoine Gonzalez prêtre et martyr (+ 1637)
Prêtre de l’Ordre des frères Prêcheurs et martyr.
Envoyé au Japon avec cinq compagnons et mis dans les fers peu de temps après, il subit deux fois le supplice de l’eau et, pris de fièvre, précéda les autres dans la mort, sur ordre de Tokugawa Yemitsu.
Canonisé par Jean-Paul II en 1987.
Bienheureux Anton Martin Slomýek évêque (+ 1862)
Évêque de Lavant-Maribor en Slovénie. Il prit le plus grand soin de la vie chrétiene des domestiques et de la formation du clergé et appliqua toutes ses forces en faveur de l’unité de l’Église. Né dans une famille de paysans, la Slovénie fait alors partie de l'Empire austro-hongrois. Ordonné prêtre, il prêche des missions populaires, devient directeur de séminaire. Soucieux également de culture, il enseigne le Slovène et écrit beaucoup pour les enfants et les adultes. Nommé évêque de Lavant, dont le siège se trouvait en Autriche à St Andrav, il a un souci particulier pour la formation permanente des prêtres. Pionnier de l'œcuménisme dans sa région, il crée la Confrérie des saints Cyrille et Méthode dont le but est de prier pour l'unité des chrétiens. Il récuse les procédés violents d'accession à l'indépendance nationale, et prépare son pays à la liberté par un travail de formation culturelle, travaillantà la diffusion de la langue slovène et suscitant d'indispensables réformes sociales. Il est un véritable père spirituel de la nation. Dans cette démarche, il veut associer l'amour de la patrie et la convivialité avec des hommes d'autres cultures, nationalités et religions. Il est le premier béatifié de Slovénie.
"Fidèle et docile à l'Eglise, Anton Martin Slomýek se révéla profondément ouvert à l'œcuménisme et fut l'un des premiers en Europe centrale à s'engager pour l'unité des chrétiens...
Il était parfaitement conscient de l'importance que possédait la formation intellectuelle des personnes, en particulier des jeunes, pour l'avenir de la nation...
Il eut soin de la langue slovène, il sollicita des réformes sociales opportunes, il promut l'élévation culturelle de la nation, il se prodigua de toutes les façons possibles afin que son peuple puisse occuper une place honorable dans le concert des autres nations européennes."
homélie du pape Jean-Paul II, le 19 septembre 1999
« On dit: "le monde a vieilli, le genre humain va à la dérive, l'Europe s'approche de sa fin". Et bien: oui, si nous abandonnons l'humanité à son chemin naturel, à son orientation fatale; non, si la force qui provient d'en haut, qui est conservée dans la religion de Jésus, dans son Eglise, se répand à nouveau dans tous les milieux du genre humain et leur redonne la vie ».
Bienheureuse Colombe Gabriel
Fondatrice des Sœurs Bénédictines de la Charité (+ 1926)
Joanna Matylda, en religion soeur Colombe, était née à Stanislawow en Pologne en 1858. Moniale et abbesse, à la tête d'un monastère de Lviv, elle fut calomniée injustement, gagna Rome, où, vivant avec joie dans la pauvreté, elle fonda la Congrégation des Sœurs bénédictines de la Charité, ainsi que l’œuvre sociale appelée “la Maison de famille” pour les jeunes ouvrières pauvres ou éloignées de leur famille.
Béatifiée le 16 mai 1993 à Rome par Jean-Paul II.
Saint Coprios (6ème s.)
Il fut découvert, nouveau-né, sur un tas de fumier à la porte du monastère de Saint Théodose en Palestine, auprès de sa mère morte dans son accouchement. Recueilli par les moines, il passa toute sa vie dans ce monastère, perpétuellement adonné à la prière et opérant d'étonnants miracles.
Bienheureux Dalmace Moner (+ 1341)
Né près de Girone en Catalogne, il entra dans l’Ordre des Prêcheurs ou dominicains, Il aimait la solitude et le silence. Son culte fut confirmé en 1721.
« Le frère qui parle avec son ange »
Que dit-on de vous bienheureux frère Dalmace Moner ?
Cher frère Dalmace, les amoureux de la Sainte-Baume savent en général qu’une autre grotte du massif porte votre nom et que vous êtes dominicain ; mais leurs connaissances vont rarement plus loin.
« Le frère qui parle avec son ange » : c’est ainsi que vos biographes parlent de vous ; sans doute parce que vous aimiez beaucoup la nature et que vous admiriez les beautés du ciel ; mais je croirais beaucoup plus volontiers que c’est à cause de votre goût pour la prière, pour la contemplation et la vie érémitique.
Est-ce ce goût qui vous a amené jusqu’à la Sainte-Baume ? Ne serait-ce pas surtout sainte Marie-Madeleine ? Certains disent que vous vouliez vivre à son imitation, car vous aviez adopté un genre de vie des plus ascétiques, et que souvent vos supérieurs étaient obligés de vous ramener à la raison, car votre santé avait à en souffrir.
J’oubliais de dire que vous êtes un homme du XIVe siècle (1291-1341), né catalan, à Gérone, et que vous avez vécu dans cette grotte environ trois ans ; certains diront que ce n’est pas beaucoup ; en réalité vous y seriez resté bien plus longtemps si vos supérieurs l’avaient accepté ! Mais, estimant que l’expérience avait assez duré, ils vous prièrent de réintégrer votre couvent. Cependant, une fois pris le virus magdaléen, vous n’avez eu de cesse que de vous installer un petit ermitage dans une grotte du jardin du couvent de Gérone, et c’est là que vous êtes mort à l’âge de cinquante ans.
Pourquoi vous parler de cet illustre inconnu ? Tout simplement parce que, sa fête liturgique tombant le lundi 24 septembre, nous voudrions vous proposer de vous réjouir avec nous des grâces magdaléennes données jadis à ce frère, grâces qu’il nous faut aujourd’hui encore demander instamment ; ce jour-là, la messe, célébrée à 11 h, tout spécialement à vos intentions personnelles, aura lieu à l’ « autel de la falaise » (vous n’aurez donc pas les fameuses 150 marches à monter, car cet autel se trouve dans le prolongement du garage de la Grotte). L’office sera suivi d’un pique-nique tiré du sac (n’oubliez pas d’amener vos pliants) et d’une visite commentée de la grotte du Bienheureux.
Saint Etienne de Serbie (+ 1224)
Couronné premier roi de Serbie par son frère saint Sabas, lui-même premier archevêque de Serbie, il éleva l'Orthodoxie à un haut niveau dans son peuple et inspira l'idéal évangélique de son royaume. L'Eglise fait également mémoire de son fils saint Vladislas, roi de Serbie, et de David son neveu qui fonda le monastère de Brodarevo en Serbie.
Saint Galaction (+ 1612)
Fils d'un boïard pieux et cultivé, il dut être soustrait au tsar Ivan IV le Terrible qui le recherchait. Il s'installa ensuite à Vologda où il apprit le métier de cordonnier, se maria et mena une vie heureuse. Lorsque son frère Dimitri devint l'un des familiers du tsar, Galaction refusa de le rejoindre et continua à vivre de l'ouvrage de ses mains. A la mort de son épouse, il prit l'Habit monastique et mena une vie ascétique. En 1612, lors de l'invasion polono-lituanienne, il fut frappé à coups de glaive, eut la tête fracassée par une poutre et mourut deux jours plus tard humblement et discrètement.
Saint Gérard de Csanad Evêque de Csanad et martyr (+ 1047)
Moine bénédictin vénitien, il devint évêque de Csanad en Hongrie, à la demande du roi saint Etienne. Après la mort du roi, les guerres de succession amenèrent au pouvoir le prince André qui voulut rétablir l'idolâtrie. Au cours d'une des missions d'évangélisation que saint Gérard menait avec deux autres évêques, ils furent tous trois agressés par des païens opposés à leur ministère. Gérard fut précipité du haut d'une falaise au bord du Danube et il y sacrifia sa vie. Les autres deux évêques furent martyrisés avec lui.
Saint Germer (+ 658)
Seigneur franc, il fit de solides études à l'école épiscopale de Beauvais et devint l'un des conseillers écoutés du roi Dagobert, en même temps que saint Eloi. Marié par le roi, il resta ainsi longtemps dans la vie civile, devenant ensuite conseiller du roi Clovis II. Il multiplia les monastères dans le Beauvaisis. Il obtint du roi de pouvoir quitter la cour et d'entrer au monastère de Flay qu'il avait fondé avec sa fortune personnelle de seigneur de la cour. Il y vécut lui-même dans la pauvreté et y mourut. L'abbaye devint le centre d'une gros bourg : 60850 Saint Germer de Fly.
Saint Loup de Lyon (+ 542)
qui d'anachorète devint évêque de cette ville. Il eut beaucoup à souffrir des troubles qui suivirent la mort de Sigismond, roi de Bourgogne et ne put remplir paisiblement ses fonctions épiscopales que lorsque la ville de Lyon passa sous la domination franque. Il présida le 3ème concile d'Orléans en 538.
Saint Nicandre de Pskov (+ 1581)
Né dans une famille chrétienne de la région de Pskov en Russie, il entra dans la vie monastique à l'âge de dix-sept ans. Puis il se retira dans un endroit désert pour vivre en tête-à-tête avec Dieu. Il y resta quinze ans, mais comme sa renommée grandissait, il préféra rejoindre le monastère de Krypetsk pour y vivre la paix. Ce qui, une fois encore, lui fut impossible. Il retourna donc dans son désert. Le même cycle de visiteurs recommença. Saint Nicandre retourna dans son monastère, puis le quitta une fois de plus pour le désert. Il y passa les quinze dernières années de sa vie et s'endormit dans la paix du Seigneur.
Notre-Dame des Grâces
Nuestra Senora de las Mercedes
En République dominicaine, le culte de la Vierge a deux manifestations primordiales: celle de la Vierge de La Altagracia (fêtée le 21 janvier) qui est la patronne du pays et celle de la Vierge de Las Mercedes (24 septembre).
Saint Pacifique (+ 1720) Capucin à San Severino
Prêtre franciscain dans la Marche d'Ancône en Italie. Professeur de philosophie, il fut aussi un brillant prédicateur. A trente cinq ans, il devint infirme, impotent, sourd et aveugle. Il dut cesser toute activité extérieure. Il grandit alors dans une intense vie intérieure offrant à Dieu ces souffrances qui l'attachaient à la croix du Christ, comme les stigmates de son Père saint François.
Bienheureux Robert de Knaresborough Ermite près d'York (+ 1180)
Issu d'une famille aisée, ordonné sous-diacre, il passait son temps dans les églises et les monastères puis intégra l'abbaye cistercienne de Newminster. Sa sainteté et sa discipline étaient données en exemple. Il devint ensuite ermite près de Saint Giles et mena une vie austère... Sa réputation s'étendit et attirait beaucoup de pélerins.
Saint Rustique évêque (+ v. 446)
ou Rusticus.
Évêque de Clermont en Auvergne.
Déjà prêtre dans cette cité, il reçut l’honneur de l’épiscopat, à la joie du peuple.
L'élection de saint Rustique (vers 424), huitième évêque de Clermont, fut accompagnée d'une circonstance assez singulière, qui nous est transmise par Grégoire de Tours et qui donnera une idée de la manière dont s'accomplissait quelquefois cet acte important.
«Après la mort de Vénérand, septième évêque d'Auvergne, il y eut de grands débats entre les citoyens pour l'élection de son successeur. Un dimanche on était assemblé pour cet objet, lorsqu'une femme vouée à Dieu et voilée se présente hardiment: Écoutez-moi, prêtres du Seigneur, dit-elle, sachez qu'aucun de ceux qu'a choisis le peuple ici présent n'est agréable à Dieu; mais le Seigneur désignera lui-même celui qu'il appelle. Ne troublez, ne froissez point le peuple; attendez patiemment; à cette heure le Seigneur dirige ici les pas de celui par lequel il veut que votre église soit gouvernée. Au même instant, arrive un prêtre du diocèse, nommé Rustique; à sa vue, la même femme s'écrie: Voilà celui que le Seigneur a destiné pour être pontife; qu'il soit ordonné évêque. Elle parlait encore, que tout le peuple se mit à crier: Il en est digne, il est juste qu'il le soit. On le fit asseoir dans la chaire épiscopale, et il gouverna saintement son diocèse.»
Bienheureux William Spencer et Robert Hardesty martyrs (+ 1589)
Guillaume Spencer, prêtre et Robert Hardesty, condamnés à mort, sous la reine Élisabeth Ière, Guillaume parce qu’il était prêtre catholique romain et Robert Hardesty parce qu’il l’avait reçu chez lui. Ils subirent ensemble le supplice de la pendaison à York.
Saint Ysarn Abbé de Saint-Victor de Marseille (+ 1048)
ou
Isarn.
Originaire de Toulouse, il entra au monastère de Saint Victor de Marseille sous la Règle de Saint Cassien. Devenu abbé, il construisit une nouvelle église qui fut consacrée par le pape Benoît IX. Il s'en fut aussi en Espagne pour racheter aux Sarrasins les moines de Lérins qui avaient été emmenés en captivité après la dévastation de leur monastère. Austère pour lui-même, bienveillant et pacifique pour les autres, il restaura la vie régulière dans le monastère de Saint Victor.
Posté le 23.09.2008 par jubilatedeo
10 Jacob était parti de Bershéba et se dirigeait vers Harrane.
11 Surpris par le coucher du soleil, il s'arrêta à l'endroit où il était, pour y passer la nuit ; il prit une pierre pour la mettre sous sa tête, et c'est là qu'il dormit.
12 Il eut un songe : une échelle était dressée sur la terre, et son sommet touchait le ciel ; des anges de Dieu montaient et descendaient.
13 Le Seigneur se tenait près de lui. Il lui dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d'Abraham ton père, le Dieu d'Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants.
14 Tes descendants seront nombreux comme la poussière du sol, ils se répandront à l'orient et à l'occident, au nord et au midi ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre.
15 Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t'abandonnerai pas avant d'avoir accompli ce que je t'ai promis. »
16 Jacob sortit de son sommeil et s'écria : « Vraiment, le Seigneur est dans ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Posté le 23.09.2008 par jubilatedeo
Livre des Proverbes 21,1-6.10-13.
Le Seigneur dispose du coeur du roi comme on règle un canal d'irrigation, il le dirige où il veut.
Chacun trouve que sa propre conduite est droite, mais c'est le Seigneur qui pèse les coeurs.
Accomplir la justice et le droit, cela plaît au Seigneur plus que le sacrifice.
Regarder de haut, se rengorger :ainsi brillent les méchants, mais ce n'est que péché.
Les plans de l'homme actif lui assurent du profit, mais l'homme trop pressé est toujours perdant.
Une fortune acquise à force de mensonge :illusion fugitive, qui conduit à la mort.
Le méchant ne désire que le mal ;il n'a pas pitié de son prochain.
L'homme simple acquiert la sagesse quand il voit punir le moqueur. Il acquiert la connaissance quand il voit instruire le sage.
Le juste surveille la bande des méchants ;il les condamne au malheur.
Celui qui ferme ses oreilles à la clameur des pauvres criera lui-même sans obtenir de réponse.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Psaume 118 (119), 1.27, 30.34, 35.44
Conduis-moi Seigneur, sur le chemin de ta loi.
Heureux les hommes intègres dans leurs voies
qui marchent suivant la loi du Seigneur !
Montre-moi la voie de tes préceptes,
que je médite sur tes merveilles.
J'ai choisi la voie de la fidélité,
je m'ajuste à tes décisions.
Montre-moi comment garder ta loi,
que je l'observe de tout coeur.
Guide-moi sur la voie de tes volontés,
là, je me plais.
J'observerai sans relâche ta loi,
toujours et à jamais.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8,19-21.
La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu'à lui à cause de la foule.
On le fit savoir à Jésus : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. »
Il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l'Église
Derniers Entretiens, 21/08/1897 (OC, Cerf DDB 1996, p.1102)
"Elle vivait de foi comme nous"
Que j'aurais bien voulu être prêtre pour prêcher sur la Sainte Vierge ! Une seule fois m'aurait suffi pour dire tout ce que je pense à ce sujet.
J'aurais d'abord fait comprendre à quel point on connaît peu sa vie. Il ne faudrait pas dire des choses invraisemblables ou qu'on ne sait pas ; par exemple que, toute petite, à trois ans, la Sainte Vierge est allée au Temple s'offrir à Dieu avec des sentiments brûlants d'amour et tout à fait extraordinaires ; tandis qu'elle y est peut-être allée tout simplement pour obéir à ses parents... Pour qu'un sermon sur la Sainte Vierge me plaise et me fasse du bien, il faut que je voie sa vie réelle, pas sa vie supposée ; et je suis sûre que sa vie réelle devait être toute simple. On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir ses vertus, dire qu'elle vivait de foi comme nous, en donner des preuves par l'Evangile où nous lisons : « Ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait » (Lc 2,50). Et cette autre, non moins mystérieuse : « Ses parents étaient dans l'admiration de ce qu'on disait de lui » (Lc 2,33). Cette admiration suppose un certain étonnement, ne trouvez-vous pas ?
On sait bien que la Sainte Vierge est la Reine du Ciel et de la terre, mais elle est plus mère que reine, et il ne faut pas dire à cause de ses prérogatives qu'elle éclipse la gloire de tous les saints, comme le soleil à son lever fait disparaître les étoiles. Mon Dieu ! que cela est étrange ! Une mère qui fait disparaître la gloire de ses enfants ! Moi je pense tout le contraire, je crois qu'elle augmentera de beaucoup la splendeur des élus. C'est bien de parler de ses prérogatives, mais il ne faut pas dire que cela... Qui sait si quelque âme n'irait pas même jusqu'à sentir alors un certain éloignement pour une créature tellement supérieure et ne se dirait pas : « Si c'est cela, autant aller briller comme on pourra dans un petit coin ».
Ce que la Sainte Vierge a de plus que nous, c'est qu'elle ne pouvait pas pécher, qu'elle était exempte de la tache originelle, mais d'autre part, elle a eu bien moins de chance que nous, puisqu'elle n'a pas eu de Sainte Vierge à aimer, et c'est une telle douceur de plus pour nous.
Homélie Messe
Jésus vient d’achever son enseignement sur l’accueil de la Parole dans nos vies par cet appel à la vigilance : « Faites attention à la manière dont vous écoutez » ; sous-entendu : soyez ces « bonnes terres », qui, « ayant entendu la Parole dans un cœur bon et généreux la retiennent et portent du fruit par leur persévérance » (Lc 8, 15). On peut supposer que Marie et « les frères de Jésus » - c’est-à-dire ses cousins - ont écouté son enseignement sur le parvis de la maison, mêlés à la foule trop nombreuse pour tenir à l’intérieur. Puis lorsque le Maître eut terminé, ils ont cherché à le rejoindre, en essayant de se frayer un chemin entre les malades qui se pressaient autour de Jésus pour le toucher et se faire guérir par lui. Quoi de plus naturel pour une mère que de désirer embrasser son Fils, et pour ses proches de vouloir le saluer ? Les disciples ont reconnu Marie et signalent sa présence à Jésus, tout absorbé par son ministère de compassion. Notre-Seigneur a sans aucun doute levé la tête et scruté la foule du regard, y cherchant la silhouette bien-aimée. La découvrant, son visage s’est illuminé d’un sourire rayonnant auquel Marie a répondu avec tendresse. Tout en gardant les yeux plongés dans ceux de sa mère, Jésus a interprété cet échange silencieux par ces quelques mots : « Ma mère et mes frères ce sont ceux qui entendent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique ».
Qui mieux que Marie a écouté la Parole de Dieu et l’a mise en pratique, elle qui « l’a accueillie par la foi dans son cœur avant de la concevoir dans son sein par l’action de l’Esprit Saint » (saint Augustin) ? Par deux fois saint Luc souligne la vigilance intérieure de la Vierge : « Marie retenait toutes ces paroles-événements et les méditait dans son cœur » (Lc 2, 19) ; « Sa mère gardait dans son cœur toutes ces paroles-événements » (Lc 2, 51). Nous traduisons le grec rhema par « parole-événement » car il s’agit d’une parole agissante, qui tend à se faire événement - pourvu que nous la laissions agir dans nos vies. C’est précisément ce que Notre-Seigneur attend de nous : que nous accueillions sa Parole « pour ce qu’elle est réellement : non pas une parole d’homme mais la Parole de Dieu qui est à l’œuvre en nous les croyants » (1 Th 2, 13). Heureux sommes-nous si nous la recevons dans un cœur disponible et dans « l’obéissance de la foi » (Rm 1, 5) : elle sera en nous germe de vie divine ; « car Dieu nous a fait renaître non pas d’une semence périssable mais d’une semence impérissable : sa Parole vivante qui demeure » (1 P 1, 23).
Cette vie divine engendrée en nous par l’action de la grâce n’est autre que la vie du Christ Jésus lui-même. Le Verbe de Dieu en effet, est devenu participant de notre nature humaine pour que nous puissions devenir participants de sa nature divine (cf. 2 P 1, 4). C’est ainsi que mystérieusement mais bien réellement, nous devenons non seulement « frères » de Jésus - puisque nous sommes engendrés par la volonté du même Père - mais également « mère » du Christ, en tant que nous lui permettons de poursuivre en nous son mouvement d’incarnation, jusqu’à l’achèvement de son Corps total. C’est pourquoi « comme des enfants nouveau-nés, soyons avides de la Parole comme d’un lait pur qui nous fera grandir pour arriver au salut » (1 P 2, 2).
« Seigneur Jésus, jour après jour tu t’offres à moi dans ta Parole et dans tes sacrements, pour me nourrir de ta propre vie divine. Et moi je boude ces dons comme des aliments méprisables. Arrache-moi à ma tiédeur, à mon indifférence coupable ; et donne-moi faim et soif du Pain du ciel et de la Coupe du salut afin que je puisse être reçu au sein de la famille de ton Père et notre Père, de ton Dieu et notre Dieu (cf. Jn 20, 17) ».
Posté le 23.09.2008 par jubilatedeo
Biographie
- Le 25 mai 1887, naissance de Francesco Forgione, huitième enfant d'une humble famille paysanne de Pietrelcina. La foi y est profonde et vécue au fil des heures.
- Francesco garde les brebis avec les enfants de son âge mais, lui, le Rosaire à la main. Dès cinq ans, tandis qu'il prie, il voit l'Invisible, il sent la présence effective de son ange gardien. Mais les apparitions, pense ce petit enfant, sont des faits ordinaires arrivant à tous.
Les apparitions et tentations diaboliques apparaissent en même temps.
- Il communie à l'âge de 11 ans, et est confirmé le 27 septembre 1899, événement qui restera toujours gravé dans sa mémoire.
- Se rendant à l'église tous les jours, enfant de chœur, sa conduite exemplaire étonnait, d'autant plus qu'elle est déjà marquée par une ascèse sévère : sa maman le surprendra dans sa chambre, couché à même le sol, une pierre sous la tête.
1903
- A l'âge de 15 ans, une vision lui fait comprendre sa mission : il aura à combattre l'esprit du mal.
- Le 22 janvier 1903, il entre au noviciat des Capucins de Morcone, et prend le nom de Frère Pio da Pietrelcina. Il poursuit sa formation, " novice exemplaire, ponctuel dans l'observance de tout. "
- Il prononce ses premiers voeux l'année suivante, et ses voeux solennels quatre ans plus tard, le 27 janvier 1907, " à la seule fin de tendre au bien de son âme et de se consacrer totalement à Dieu ", selon le document officiel.
- Après les premiers voeux ont commencé les études dans différents couvents : rhétorique à Sant'Elia a Pianisi (1904-1905), philosophie à San Marco la Catola (1905-1906) et Sant'Elia a Pianisi (1906-1907), théologie à Serracapriola (1907-1908), Montefusco (1908-1909) et Gesualdo (fin 1909).
1910
- Fra Pio reçoit les ordres mineurs (19 décembre 1908) et le sous-diaconat (21 décembre 1908) à Benevento ; il est ordonné diacre dans l'église conventuelle de Morcone le 18 juillet 1909.
- Il est ordonné prêtre le 10 août 1910, dans une chapelle de la cathédrale de Benevento. Il célèbre sa première messe à Pietrelcina le 14 août.
- A la mi-mai 1909, Fra Pio avait dû interrompre ses études en raison de sa santé, et ses supérieurs l'envoyèrent se reposer dans sa famille à Pietrelcina. Il y demeurera jusqu'au 17 février 1916.
- A Pietrelcina, il aide le curé, mais il doit surtout lutter contre sa mystérieuse maladie. Il mène une vie d'ascèse et de prière intenses, où il vit une purification spirituelle radicale. Ce sont des années de correspondance assidue avec le Père Agostino, son directeur spirituel, et le Père Benedetto, le provincial des capucins de Foggia.
- A la mi-octobre 1911, il essaie de vivre au couvent de Venafro, où il est soumis à d'incessantes vexations diaboliques et à un redoublement de sa maladie. Il retourne vite à Pietrelcina.
- Le 5 mars 1915, il obtient une permission du Saint-Siège de vivre hors d'un couvent pour se soigner. C'est une solution moyenne, alors qu'a été envisagée un moment sa sortie de l'ordre, en raison de cette incapacité de vivre avec ses frères.
1916
- Depuis plusieurs années, notamment par l'intermédiaire des Pères Agostino et Benedetto, Padre Pio est devenu le directeur spirituel de plusieurs personnes. L'une d'elles est Rafaellina Cesare. Celle-ci obtient qu'il vienne à Foggia pour l'assister dans sa maladie. C'est en fait le départ définitif de Pietrelcina, le 17 février 1916.
- Le climat de Foggia ne lui convenant pas du tout, le 28 juillet, il part se reposer quelques temps au couvent voisin de San Giovanni Rotondo. Puis il y repart au début du mois de septembre. Il n'en bougera plus jusqu'à sa mort en 1968.
1918
- Le 30 mai 1918, Padre Pio obtient la grâce de la Blessure d'amour. Le 5 août de la même année, se produit le phénomène de la transverbération du coeur. Et
le 20 septembre, ce sont les stigmates.
- Les stigmates, malgré la répugnance de Padre Pio à en parler, ne restèrent pas secrets, et le bruit se répandit très vite. Les foules affluent, venant de plus en plus loin. Ce fut le début du ministère de cinquante années, avec la messe et la confession pour pôles majeurs.
- Les stigmates attirent aussi l'attention de l'Elgise et la curiosité des scientifiques. Trois médecins vinrent à plusieurs reprises examiner les plaies.
- En 1921, courut le bruit que Padre Pio serait transféré dans un autre couvent. La population de San Giovanni se rebella, et le Padre resta. En souvenir de cet accueil chaleureux, il demanda, pour autant que cela était en son pouvoir, à être enterré à San Giovanni.
1923
- Dans un premier temps, les autorités ecclésiales regardèrent d'un bon oeil ce qui se passait à San Giovanni Rotondo. Le Pape Benoît XV déclara que Padre Pio était l'un de ces hommes que Dieu envoie de temps en temps pour convertir les foules.
- Cependant, dès 1921, afin d'éviter les abus, le Saint-Office transmit certaines normes auxquelles Padre Pio devait se soumettre, dont l'interdiction de continuer à bénéficier de la direction spirtuelle du Père Benedetto.
- Le 31 mai 1923, ce furent de véritables sanctions, dont l'interdiction de célébrer en public. Padre Pio s'y soumit le 15 juin, mais, devant les menaces de la foule, ses supérieurs l'autorisèrent à célébrer dans la chapelle du couvent dès le lendemain.
- Le 23 mai 1931, en raison d'éléments extérieurs, le Saint-Office interdit tout ministère sacerdotal à Padre Pio, excepté la célébration de la messe dans une chapelle intérieure du couvent et en privé. Le couvent de San Giovanni Rotondo est placé sous la juridiction directe du supérieur général.
1933
- Pendant Deux années, Padre Pio vit dans la solitude et la souffrance, dans l'obéissance absolue, intensifiant encore sa vie de prière et passant de longues heures à la bibliothèque du couvent.
- Le 16 juillet 1933, il peut de nouveau célébrer la messe en public, et à partir de 1934 il reprend les confessions. L'afflux des foules recommence, ainsi que la vie " normale " du Padre.
- A partir de la fin de la deuxième guerre mondiale, le nombre de pèlerins devint très important. On pensa alors à construire une église plus grande ; elle fut consacrée le 1er
1940
- Le 9 janvier, Padre Pio exprime devant des amis son désir que soit construit à San Giovanni Rotondo un hôpital, qui soit un lieu de soin du corps et de réconfort des âmes. La guerre empêche les travaux, qui commencent en 1947. Le 5 mai 1956, le cardinal Lercaro bénit la Casa Sollievo della Sofferanza, la " Maison du soulagement de la Souffrance ".
- Suite aux appels répétés de Pie XII pendant la guerre, Padre Pio lance, conjointement à l'hôpital, les Groupes de prière. Ces groupes (qui portent aujourd'hui son nom) doivent être " des viviers de foi, des foyers d'amour où le Christ est présent chaque fois qu'ils se réunissent pour la prière et l'agapè eucharistique", dira-t-il en 1966.
1968
- La santé de Padre Pio décline : son organisme est usé. Parfois, il ne peut célébrer le matin dans la chapelle du couvent. Mais alors, il faisait l'effort de parler, par micro, aux fidèles rassemblés sur la place de l'église pour l'Angelus.
- Le 7 août 1959, alors qu'il est très faible depuis mai, il demande à la Vierge de Fatimà, dont la statue passe par San Giovanni Rotondo, de lui rendre la santé. Il est exaucé.
- A partir de janvier 1968, la marche lui devient pénible ; il utilise alors un fauteuil roulant.
- Septembre 1968 : des milliers de fidèles se rassemblent pour le cinquantième anniversaire des stigmates et le 4° congrès international des Groupes de prière. Le 22 septembre, Padre Pio célèbre sa dernière messe.
- Le 23 septembre, à 2 heures du matin, il reçoit le sacrement des malades. Une demi-heure plus tard, il meurt, le chapelet dans les mains et les noms " Jésus, Marie " sur les lèvres.
Les stigmates
Le récit de la stigmatisation
" Je me trouvais dans le chœur après la célébration de la messe, lorsque je fus surpris par une paix qui ressemblait à un doux sommeil. Tous les sens intérieurs et extérieurs, et pas seulement les facultés de l'esprit, se trouvaient dans une paix indescriptible… Tout cela se passa en l'espace d'un éclair. Tandis que cela se produisait, je vis devant moi un mystérieux personnage, semblable à celui que j'avais vu le soir du 5 août, à la seule différence qu'il avait les mains et le côté qui saignaient. Sa vue m'atterra ; je ne saurais dire ce que je ressentis à cet instant, et je serais mort si le Seigneur n'était pas intervenu pour soutenir mon cœur qui bondissait dans ma poitrine. Le Personnage disparut, et je m'aperçus que mes mains, mes pieds et mon côté saignaient…"
Padre Pio, dans une lettre au Père Benedetto, le 22 octobre 1918
Que sont les stigmates ? Qu'en penser ?
Que sont les stigmates ? Le mot "stigmate", du latin stigma, désigne un signe imprimé sur le corps au moyen d'un instrument pointu ou d'un fer rouge. Ainsi étaient marqués, dans l'Antiquité, les animaux et les esclaves, car ils appartenaient à un maître. Dans la tradition chrétienne, ce mot désigne les blessures, analogues à celles du Christ en croix, apparues spontanément sur le corps d'un simple mortel ; les stigmates expriment l'appartenance, ou mieux l'intimité avec le Christ.
Saint François d'Assise semble avoir été le premier stigmatisé de l'histoire ; il est en tout cas le premier à avoir été reconnu comme tel par l'Église. Plus récemment, on peut penser à Marthe Robin.
Les stigmates apparaissent sous la forme de plaies aux mains, aux pieds, au côté et parfois comme une couronne d'épines autour de la tête. Ils sont évolutifs, ils saignent par moments et peuvent disparaître.
Qu'en penser ? Médecins, neurologues, psychologues ont des interprétations souvent contradictoires. Il y a, semble-t-il, des cas manifestes de supercherie, où les marques sont créées ou entretenues par mutilation ou application des substances chimiques corrosives. Cela peut s'accompagner d'une maladie psychologique chez la personne, qui est alors prise à son propre piège ; la supercherie s'exerce à l'insu et au détriment de la personne elle-même.
Restent cependant des cas où de tels éléments ou motifs ne peuvent ête décelés, et qui sont ainsi des énigmes contre lesquelles butent les investigations des scientifiques.
Cette première étape médicale et psychologique est toujours suivie par l'Eglise, tout du moins dans l'époque moderne.
Examens des stigmates de Padre Pio
De nombreux examens ont eu lieu qui, tous, ont abouti au constat suivant : Les marques ne sont pas créées ou entretenues par mutilation ou à l'aide de substances chimiques ; leur origine et leur permanence (aucune cicatrisation, écoulement de sang frais et parfumé) sont inexplicables en l'état des connaissances médicales ; enfin, Padre Pio n'est ni un malade mental ni un affabulateur, mais une personne à la spychologie équilibrée.
Quel sens ? Quelle reconnaissance par l'Eglise ?
L'Église engage rarement son autorité sur la véracité de stigmates. Plus souvent, elle exprime une grande prudence, notamment sur les phénomènes de dévotion qui se développent autour des stigmatisés ; prudence qui peut aller jusqu'à la mise à l'écart des personnes sur lesquelles elle a autorité. Ce fut le cas de Padre Pio, "mis à distance" pendant une dizaine d'années, de 1923 à 1933.
Quand, à la suite de cette prudence et d'enquêtes, le soupçon de fraude est écarté, la question pour les Chrétiens est moins celle du comment des stigmates que de leur sens.
Les stigmates sont la marque corporelle d'une grâce d'union que Dieu accorde à certaines âmes très avancées dans la contemplation de Jésus souffrant sur la croix pour expier les péchés du monde. Les stigmatisés sont les témoins vivants du Rédempteur, des participants actifs de cette rédemption, dans la prière d'intercession, dans le don ou la réception des sacrements.
Procédure de reconnaissance
Dans l'histoire, l'Eglise s'est prononcée de manière explicite en faveur de deux stigmatisés : saint François d'Assise et sainte Catherine de Sienne. Ce qui ne veut bien évidemment pas dire que les autres stigmatisés sont des faux stigmatisés.
A la suite de la canonisation de Padre Pio, en juin 2002, une procédure de reconnaissance officielle des stigmates par l'Eglise a débuté.
La canonisation :
Comment Padre Pio est-il devenu saint ?
23 septembre 1968
Le soir de la mort de Padre Pio, le Postulateur général des Capucins (celui qui est chargé de promouvoir les canonisations pour l'Ordre Capucins) se rend à San Giovanni. Il est impressionné par la foule présente. Il décide toutefois d'attendre 5 ans avant d'entreprendre toute démarche officielle, pour voir si la renommée de sainteté de Padre Pio ira en diminuant ou en augmentant.
9 novembre 1969
Le Postulateur général, le Père Bernardino da Siena, décide de lancer plus vite l'enquête, parce qu'une campagne de presse diffamatoire a été menée, accusant l'Eglise et l'Ordre capucin de continuer à persécuter Padre Pio même après sa mort. Il demande donc officiellement à l'évêque de Lucera et administrateur apostolique de Manfredonia, Mgr Antonio Cunial, l'ouverture du procès en béatification. L'évêque accepte la demande et appelle tous ceux qui avaient bien connu Padre Pio à témoigner, par écrit et sous serment. De son côté, l'Ordre Capucin se met à rassembler les écrits de leur frère.
1973 - 1980
En 1973, les autorités remettent à la Congrégation pour la Cause des Saints un premier ensemble de documents, qui est considéré comme faible et insuffisant.
En 1980, la postulation remet un dexième ensemble de documents, rapports et témoignages. Le dossier est jugé, cette fois-ci, important et intéressant.
29 novembre 1982
Après avoir examiné l'ensemble des documents et après avoir obtenu l'accord de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (en ce qui concerne la droiture des écrits de Padre Pio), la Congrégation pour la Cause des Saints permet à l'évêque de Manfredonia, Mgr Valentino Vailati, d'ouvrir la cause de béatification. L'évêque nomme un tribunal ecclésiastique et la commission historique.
20 mars 1983
Ouverture officielle du procès en vue de la reconnaissance de la vie et des vertus de Padre Pio, dans l'église Sainte-Marie-des-Grâces de San Giovanni Rotondo. 69 témoins sont entendus, sur trois ans : évêques, capucins, prêrtres séculiers, religieux et laïcs. Les recherches de la commission historique demandèrent plus de temps.
13 février 1990
Le dossier de l'enquête diocésaine (104 volumes) est remis à la Congragétion pour la cause des Saints. Commençe alors un travail d'examen du dossier au sein de la Congrégation vaticane, avec le Père Cristiforo Bove, conventuel, comme rapporteur.
18 décembre 1997
Deux instances différentes approuvent (13 juin et 21 octobre) l'opinion selon laquelle Padre Pio a exercé les vertus chrétiennes de manière héroïque, comme c'est l'habitude. Le 18 décembre, en présence du Pape Jean-Paul II, le décret des vertus héroïques est déclaré. Il faut maintenant présenter un miracle pour que Padre Pio soit déclaré bienheureux.
21 décembre 1998
Le décret reconnaissant le miracle est proclamé, après que la commission diocésaine, la Congrégation pour la Cause des Saints, une commission médicale, le conseil spécial des théologiens et la session ordinaire des pères Cardinaux et Evêques se sont tous prononcés positivement sur le cas présenté par les Capucins.
Le miracle de la béatification
Il s'agit de la guérison survenue, en 1995, en faveur de Consiglia De Martino, atteinte d'une tumeur au cou due à un épanchement lymphatique. Après avoir prié Padre Pio, il apparut une réduction de la tumeur. Les mèdecins qui auscultèrent la malade constatèrent la disparition totale de la tumeur au cou.
2 mai 1999 Béatification de Padre Pio
L'Archevêque de Manfredonia, Mgr Vincenzo D'Addario, avec le Postulateur, demande au Saint-Père que l'on béatifie Padre Pio.
Après avoir écouté une notice biographique, le Saint-Père proclame la formule de béatification :
"Nous, en accueillant le désir de Notre Frère Vincenzo D'Addario, Archevêque de Manfredonia, et de beaucoup d'autres Frères dans l'Episcopat et de beaucoup de fidèles, après avoir eu l'avis de la Congrégation pour la Cause des Saints, avec Notre Autorité Apostolique, Nous accordons que le Vénérable Serviteur de Dieu Pio de Pietrelcina soit appelé dorénavant Bienheureux, et que l'on puisse célébrer sa fête dans les lieux et selon les règles établies par le droit, chaque année, le jour de sa naissance au ciel, le 23 septembre.
Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit."
Le Padre Pio ayant été proclamé Bienheureux, commença alors la procédure en vue de la canonisation. Il fallait montrer combien la figure de Padre Pio intéressait l'Eglise entière, et non pas seulement son Ordre religieux ou la région dan