Posté le 23.09.2008 par jubilatedeo
Sainte Thècle libérant Este de la peste.
SAINTE THÈCLE Vierge et Première Martyre (Ier siècle)
Sainte Thècle est une martyre du temps des Apôtres. Les saints Pères l'ont appelée avec enthousiasme la femme apostolique, la fille aînée de saint Paul, la protomartyre parmi les femmes, comme saint Étienne fut le protomartyr parmi les hommes. Thècle, très versée dans la philosophie, dans les sciences et dans les belles-lettres, fut convertie par saint Paul, à Iconium. Elle voulut rester vierge et fut dénoncée comme chrétienne par le jeune homme qui aspirait à sa main. Condamnée au feu, dans l'amphithéâtre, à la demande de sa mère, elle vit Notre-Seigneur lui apparaître sous les traits de saint Paul, puis remonter au Ciel comme pour lui en tracer le chemin. Pleine alors d'un courage tout nouveau, elle s'arme du signe de la Croix et monte, rayonnante de joie et de beauté, sur le bûcher; bientôt les flammes l'entourent de toutes parts, mais sans la toucher, et la foule étonnée aperçoit la victime pleine de vie et priant Dieu; nouveau miracle: un nuage s'abat sur le bûcher et en éteint les flammes.
Bientôt Thècle put revoir l'apôtre saint Paul et être confirmée par lui dans la foi. L'ayant suivi à Antioche, elle fut bientôt accusée de nouveau et condamnée aux bêtes. On lâcha contre elle, dans l'amphithéâtre, une lionne furieuse et affamée; mais celle-ci, loin de dévorer sa victime, vint lui lécher les pieds; ni la rage de la faim, ni les excitations des bourreaux, ni les clameurs du peuple ne purent réveiller son instinct carnassier. "La lionne, dit saint Ambroise, vénéra sa proie et fut pénétrée d'une compassion dont les hommes s'étaient dépouillés."
Peu de jours après, la jeune martyre fut exposée au même supplice; on lança sur elle des lions et des ours; aussitôt la lionne qui l'avait épargnée une première fois courut vers elle et lui lécha les pieds. Un ours s'avança, mais la lionne le mit en pièces; un lion, voulut aussi se précipiter sur la victime; mais une lutte acharnée se livra entre la lionne et lui, et il périrent tous les deux. Le préfet la fit alors jeter dans une fosse remplie de serpents. A peine y fut-elle précipitée, qu'un globe de feu consuma tous les reptiles, et la Sainte fut délivrée. L'ordre fut donné d'attacher chacun de ses pieds à des taureaux furieux, pour l'écarteler; les bêtes, excitées par des aiguillons rougis au feu, bondirent en mugissant; mais les liens de la vierge se brisèrent, et elle resta sans blessure. Le préfet étonné, lui demanda l'explication de ces prodiges: "Je suis, dit-elle, la servante de Dieu, Maître de l'univers." Thècle, rendue à la liberté, revint dans sa patrie pour y prêcher la foi, et y mourut à l'âge de quatre-vingts ans.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
autre biographie :
Avant sa conversion
Sainte Thècle, dont le culte est resté si populaire dans l'Eglise universelle, a mérité de tous les siècles les plus grandes louanges. Les Saints Pères l'ont appelée : la femme apostolique, la fille aînée de Saint Paul, la protomartyre parmi les femmes comme Saint Etienne fut le protomartyr des hommes.
Dieu qui l'avait destinée à être, dans la suite des temps, le modèle de toutes les vierges, la fit naître au moment même où Notre-Seigneur accomplissait l'oeuvre de notre rédemption, à iconium (cette ville s'appelle maintenant Konya (Turquie)), en la province de Cilicie. Ses parents, comptés parmi les plus nobles et les plus riches de la ville, lui firent étudier les belles - lettres et la philosophie, et à l'âge de dix-huit ans, la fiancèrent à un jeune seigneur, appelé Thamyris, héritier d'une des plus grandes familles de l'Asie. ils n'attendaient plus que le temps de célébrer ce mariage, quand Dieu, pendant ce délai, envoya à iconium Paul et Barnabé, qui firent connaître a Thècle l'Epoux céleste auquel elle était réservée.
Saint Paul à iconium - Conversion de Thècle
Les deux Apôtres, chassés d'Antioche, secouèrent la poussière de leurs pieds sur cette ville et vinrent à iconium.
Onésiphore, homme vertueux, apprenant l'arrivée de Paul, quitta sa demeure avec son épouse Lectra, leurs enfants Finnia et Zénon, pour aller au-devant de l'Apôtre. Tite leur en avait déjà parlé et fait pour ainsi dire le portrait, mais leurs yeux ne l'avaient point encore vu ; aussi cherchaient-ils avec une curiosité inquiète dans tous les passants, les signes qu'ils avaient reçus. Bientôt ils virent s'avancer un homme de petite taille, la tête chauve, les jambes légèrement courbées, les sourcils joints et le nez aquilin : c'était Paul. « Je te salue, s'écrie Onésiphore, ministre de celui en qui est toute bénédiction. La grâce soit avec toi, dit l'Apôtre, et avec ta maison. »
Onésiphore conduisit Paul et Barnabé dans sa demeure ; aussitôt ils firent la prière en commun, rompirent la pain, et commencèrent la prédication de la parole de Dieu, aux personnes fort désireuses de leur salut, assemblées dans la maison d'Onesiphore. Thècle entendit raconter tant de merveilles de l'Apôtre, on lui fit un récit si avantageux de ce qui se passait dans ces saintes réunions, qu'elle employa toutes sortes d'adresses pour y avoir entrée, mais elle ne put réussir, car sa mère ne la perdait jamais de vue. Elle s'établit à une fenêtre contiguë à la demeure du disciple ; de là elle recueillait avec avidité les discours de l'Apôtre. Elle désirait ardemment accompagner les femmes et les vierges admises en présence du saint prédicateur, car de sa fenêtre elle n'entendait que des paroles, et ses yeux n'avaient jamais pu voir les traits de Paul.
Théoclia, tel était le nom de sa mère, voyant que rien ne pouvait arracher sa fille de ce lieu, fait mander Thamyris ; celui-ci tout joyeux s'empresse d'arriver ; il croit que le temps des noces est fixé. quelle ne fut pas sa surprise, quand Théoclia lui apprit l'obstination de Thècle à rester assise à la fenêtre, suspendue aux lèvres d'un étranger, qui trouble la ville par ses discours trompeurs : « Va, parle-lui, dit-elle, car Thècle est perdue pour toi. » Thamyris vint le premier auprès de Thècle et bientôt après la mère arriva. Ni leurs paroles flatteuses, ni leurs menaces ne purent un instant ébranler la résolution de la jeune fille.
Fureur de Thamyris
Thamyris, irrité, s'éloigna de la maison pour aller observer ceux qui se rendaient à la demeure d'Onésiphore. Au milieu de la rue, il vit deux hommes en querelle. « Etrangers, qu'avez-vous ? s'écrie Thamyris ; et dites-moi quel est ce personnage qui instruit ici tant d'hommes et de femmes, et promet de grandes récompenses à ceux qui embrassent sa doctrine ? » Démas et Hermogènes, deux faux disciples remplis d'hypocrisie, qui avaient accompagné Paul à iconium, lui répondirent ; « Puisque tu es l'un des magistrats de la ville, nous te le ferons connaître. Disciple de ce Jésus de Galilée, il veut enseigner la doctrine de son Maître, mais par ses maximes merveilleuses il séduit les peuples, met le désordre dans les familles en abolissant le mariage. - Venez dans ma maison, interrompit Thamyris, nous en parlerons plus à l'aise. » Un festin splendide leur fut préparé ; tout y était en abondance et les richesses étalées avec profusion. Les deux fourbes qui espéraient une récompense, s'ils parvenaient a livrer l'Apôtre prirent la parole : « Thamyris, ordonne de conduire devant le gouverneur Castellius, ce nouveau philosophe qui trouble ainsi la ville. Nous, nous annoncerons que c'est un imposteur et que ses prédictions ne sont jamais accomplies. » Jaloux et colère, Thamyris, à la tête des magistrats, des geôliers, de Juifs armés de bâtons, court à la maison d'Onésiphore : « Tes discours jettent le désordre dans iconium, dit-il à Paul, pervertissent les jeunes gens ; suis-moi devant le gouverneur. - qu'il disparaisse ce magicien, vociférait la foule ; par ses maximes nouvelles, il veut changer la face du monde. »
Paul devant le gouverneur
Debout en présence de Castellius, le saint Apôtre fut d'abord accusé par Thamyris. Le proconsul inquiet, ne trouvait aucun motif suffisant pour le condamner. Alors Démas et Hermogènes dirent à Thamyris : « Dénonce-le comme chrétien, peut-être son nouveau culte lui vaudra la peine de mort. » Le gouverneur se fit amener Paul : « qui es-tu lui demanda-t-il et qu'enseignes-tu ? - Le Dieu tout-puissant, le seul qui mérite nos adorations et nos sacrifices, nous a aimés jusqu'à envoyer son fils unique sur la terre, pour nous sauver et nous arracher du péché. Je suis envoyé pour vous annoncer son Evangile, qui peut seul guérir les maux du monde vieilli par le péché. Si j'obéis à Dieu, proconsul, en quoi suis-je coupable ? » Castellius impatienté fit enchaîner et jeter Paul en prison. « qu'on le garde là, dit-il, jusqu'à ce que je puisse l'entendre à loisir. »
Comment Thècle rejoint Paul - Elle est trahie
Thècle ignorait ce qui s'était passé. Les bruits confus de la foule, le silence de Paul la jetèrent dans une grande inquiétude. Bientôt après, instruite du sort de l'Apôtre, son amour de la vérité lui fit découvrir le moyen de se rendre aux pieds de son maître. Déjà complètement détachée des choses d'ici-bas, elle vendit ses bijoux et ses pierres précieuses et, avec leur prix, parvint à gagner le portier de la maison paternelle qui lui ouvrit les portes pendant la nuit. Elle se dirigea vers la prison, donna un miroir d'argent au geôlier et fut introduite près de l'Apôtre. Assise à ses pieds, attentive au récit des merveilles de Dieu, elle gravait dans son coeur les préceptes qu'elle entendait. L'exemple de Paul, souffrant avec courage, plein de confiance dans la puissance de Dieu, fortifiait sa foi, et souvent ses larmes arrosaient les chaînes du prisonnier.
Théoclia inquiète sur le sort de son enfant, députa ses serviteurs dans toutes les directions. Elle la croyait perdue, quand le portier avoua que pendant la nuit elle s'était dirigée vers la prison. Des eunuques furent envoyés et en effet ils trouvèrent la jeune fille aux genoux de l'étranger. A cette nouvelle, la foule se rassembla et dénonça au proconsul ce qui venait d'avoir lieu. Castelius envoya chercher Paul et le fit comparaître à son tribunal. Pendant ce temps, Thècle restée seule à la prison, baisait avec respect le siège où Paul était assis pour l'instruire, et ses larmes baignaient les traces de ses pas.
Thècle au tribunal
Castelius ordonna de la faire sortir. Pleine de joie, Thècle s'empressa de venir au tribunal où l'attendait le gouverneur. Au dehors, les païens soulevés par les Juifs, redoublaient ces cris : « A mort le magicien, le séducteur ! » Charmé de l'éloquence de Paul, Castellius écoutait avec plaisir les récits des miracles du Christ et admirait la sublimité de ses enseignements. Théoclia s'écria alors au sein de l'assemblée : « Brûle Thècle au milieu du cirque. Elle viole les lois. que cet exemple remplisse de crainte tous ceux qui se sont laissés enchaîner par la doctrine de cet étranger. »
Le proconsul ne fit pas la moindre opposition car le peuple ameuté menaçait de le dénoncer à l'empereur s'il ne livrait pas les chrétiens au supplice. Dans un moment de crainte, Castellius ordonna donc de faire paraître la jeune vierge. immobile, les regards fixés sur Paul, elle ne répondit rien aux accusations insensées du proconsul, aux menaces de sa mère et aux promesses de son fiancé. Castellius, à la vue de la joie qui rayonnait sur le front de l'Apôtre et de la vierge, se troubla, quitta le tribunal en ordonnant de flageller Paul et de le chasser d'iconium.
Le gouverneur se rendit au théâtre. Les païens soulevés par les Juifs l'accompagnaient, demandant à grands cris la mort du magicien, du séducteur.
Paul venait à peine d'être conduit hors de la ville que Thècle reçut l'ordre de se rendre au lieu du supplice.
Notre-seigneur lui apparaît et la préserve du feu
Dans le trajet du tribunal au cirque, les menaces d'un peuple exalté, la pensée d'un supplice si cruel, ne purent diminuer en rien la joie qu'elle ressentait de mourir pour Jésus-Christ, mort pour moi, disait-elle, il y a très peu de temps. Le sort de l'Apôtre seul venait l'inquiéter. Ses regards se portaient souvent de part et d'autre et cherchaient sa présence. C'est alors que Notre-Seigneur, sous les traits de Paul, lui apparut au milieu du cirque. Paul vient assister à ma mort, se dit-elle, il craint que le courage ne m'abandonne. Ses yeux voulurent se fixer sur la vision, mais Notre-Seigneur s'éleva aussitôt dans le Ciel. Dépouillée de ses vêtements, la jeune vierge fut amenée au milieu du cirque où s'élevait un immense bûcher. L'éclat de la beauté toute céleste qui s'épanouissait sur son visage arracha des larmes au gouverneur ; mais les cris d'un peuple en délire le forcèrent d'exécuter un ordre qu'il aurait voulu révoquer. Thècle monta sur le bûcher, fit sur elle le signe de la croix, puis livrant son corps aux flammes elle priait Dieu de recevoir son âme dans son saint paradis ; déjà le feu l'entourait de toutes parts. Le peuple croyait que la victime était consumée, quand soudain les flammes se divisèrent et laissèrent entrevoir le corps intact de la jeune vierge qui tenait les deux mains levées vers le Ciel. Dieu ne voulut pas laisser plus longtemps sa servante en spectacle. En un instant un épais nuage obscurcit le ciel, s'abattit tout entier sur le bûcher, et mit le désordre parmi les spectateurs. Les flammes furent complètement éteintes. Thècle miraculeusement délivrée fut reçue dans la maison d'un fervent chrétien de la ville ; elle passa plusieurs jours sans savoir ce qu'était devenu le saint Apôtre, mais Dieu ne la priva pas longtemps de cette consolation.
Onésiphore fut chassé d'iconium avec toute sa famille en même temps que saint Paul. Retirés dans une caverne non loin de la ville, ils jeûnaient et priaient. Au bout de quelques jours, les enfants d'Onésiphore dirent au saint Apôtre : « Père, la faim commence a nous faire souffrir et nous n'avons rien pour acheter du pain . » Leur père en effet avait abandonné toutes ses richesses pour suivre le ministre du christ. Paul ne pouvait voir souffrir ceux qui avaient tout laissé pour embrasser les maximes de l'Evangile. il se dépouilla de son manteau et ordonna aux enfants d'aller acheter du pain. Sur leur chemin Zénon et Simmia aperçurent une jeune fille dont les larmes et la tristesse annonçaient la grande douleur. Simmia dit à son frère : « N'est-ce pas la jeune Thècle ? Oh ! non, mon frère, reprit Zénon, elle a confessé qu'elle était chrétienne et Castellius l'a fait brûler vive. » Simmia ne crut pas à la parole de Zénon et s'avançant près de la jeune fille il lui dit : « Thècle, où vas-tu ? - Je cherche Paul, répondit-elle, depuis que Dieu m'a sauvée des flammes. - Viens, nous te conduirons à lui , car il a longtemps pleuré et prié pour toi. » Les deux enfants firent leurs provisions et conduisirent Thècle auprès des serviteurs du christ. Paul priait à genoux. Aussitôt la jeune vierge fit à Dieu cette prière : « Maître tout-puissant, soyez béni, vous m'avez épargnée au milieu des flammes pour que je puisse revoir votre fidèle ministre. » A ces mots, Paul qui ne l'avait pas encore aperçue, se retourna et bénit le ciel de l'avoir exaucé. La joie occasionnée par la délivrance et le retour de la jeune fille fit oublier les souffrances endurées jusqu'alors. Pendant les agapes, les discours du Saint-Apôtre sur les oeuvres et les miracles du Sauveur, augmentaient la foi et la charité des frères. il continua à instruire et à prémunir Thècle contre des épreuves bien plus terribles à cause des dons extérieurs dont le ciel l'avait comblée.
Antioche - nouveau supplice
Dieu avertit Paul de quitter iconium et de se rendre à Antioche. il prit avec lui Thècle. Bénissant Onésiphore et sa famille il le pria de retourner dans sa maison. Alexandre, l'un des principaux magistrats d'Antioche, voulut épouser Thècle, et pour cela chercha à gagner l'Apôtre par des promesses. Celui-ci repoussa son or, ce qui blessa le gouverneur et fut l'occasion de nouveaux châtiments. Thècle refusa la main d'Alexandre et fut admise parmi les veuves et les vierges de la ville.
L'éclat de ses vertus la fit bientôt remarquer. Après une nouvelle accusation, on la condamna aux bêtes. En attendant le jour du supplice, une veuve nommée Triphéna dont la fille Falconilla venait de mourir, demanda au gouverneur de recueillir la jeune vierge chez elle. La loi permettait d'exaucer ce genre de prière. Au jour indiqué Triphéna conduisit elle-même sa fille adoptive jusqu'au lieu du supplice. Celle-ci fut amenée au milieu de l'amphithéâtre et aussitôt on lâcha une lionne furieuse. Oubliant sa férocité naturelle, l'animal vint doucement caresser de sa langue les pieds de sa victime. Depuis longtemps elle n'avait pas mangé ; mais ni la rage de la faim, ni les artifices des bourreaux, ni les huées du peuple qui, seules étaient capables de la mettre en furie, ne purent réveiller son instinct carnassier. « La lionne, dit saint Ambroise, adora sa proie, et calmant sa fureur, elle se revêtit des sentiments de la compassion naturelle dont les hommes s'étaient dépouillés. » Le gouverneur ordonna de faire rentrer les bêtes et Triphéna reconduisit sa fille dans sa maison. [...] sa mère et lui dit : « Thècle, servante du Christ, peut m'ouvrir par ses prières, les portes du ciel. » A son réveil Triphéna se fit instruire et pria Thècle de secourir sa soeur ; bientôt après, une vision montra la félicité de Falconilla dans le ciel.
La vierge attendait avec bonheur le jour de sa délivrance. Alexandre vint la chercher à la maison de Triphéna : « Tu veux, lui dit celle-ci, faire entrer une seconde fois le deuil dans ma maison ; privée de mon époux et de ma fille, tu mets le comble à ma douleur en torturant celle qui fait la consolation de mes vieux jours. » Emu jusqu'aux larmes, Alexandre s'éloigna. A cette nouvelle, le préfet donna l'ordre à ses soldats de lui amener la vierge. Triphéna lui prit la main et dit : « Hier, j'ai accompagné ma fille au tombeau, aujourd'hui c'est toi, ma chère Thècle, que je conduis aux bêtes. » La martyre, les larmes aux yeux, pria le Seigneur de donner à Triphéna une digne récompense de son amour.
Thècle jetée une seconde fois aux bêtes - Mort de Triphéna
Arrachée des bras de sa mère, Thècle fut placée au milieu du stade. On lança d'abord sur elle des lions et des ours ; aussitôt la lionne qui l'avait épargnée la première fois, courut vers elle et lécha ses pieds. Un ours s'avança, mais la lionne le mit en pièces. Puis ce fut le tour d'un lion habitué à se nourrir de chair humaine ; après une longue lutte, les deux animaux expirèrent pendant que la vierge priait les mains levées au ciel. Le préfet la fit alors jeter dans une fosse remplie de toute espèce de serpents. A peine y fut-elle précipitée qu'un globe de feu consomma tous les reptiles, et la Sainte fut délivrée.
Alexandre dit au préfet : « qu'on attache cette femme à des taureaux furieux pour qu'ils l'écartèlent. » Les deux pieds de la Vierge furent attachés chacun à un taureau et les bourreaux armés d'aiguillons très pointus et de fers rougis au feu excitaient les animaux. Ceux-ci s'élancèrent en poussant d'affreux mugissements ; les liens se brisèrent et notre Sainte resta encore seule au milieu du stade.
A la vue de tant de supplices, Triphéna expira, et sa mort effraya les spectateurs, surtout les magistrats qui demandèrent la délivrance de Thècle. Le préfet, étonné de ce prodige, demanda à la jeune martyre pourquoi les animaux avaient tant de respect pour elle. Elle répondit : « Je suis la servante de Dieu maître de l'univers. » Alors parut un décret du proconsul : « Je remets en liberté Thècle qui adore le vrai Dieu et dont la puissance nous a paru admirable. »
Triphéna revient à la vie
A cette nouvelle ce ne furent que cris de joie et d'actions de grâce. « il n'y a qu'un Dieu vrai, le Dieu de Thècle. » Celle-ci fut conduite en présence de Triphéna, et, au milieu des acclamations, la morte se ranima : « Je crois à la résurrection des morts, s'écrie-t-elle, je crois que ma fille Falconilla est vivante, » et en disant ces mots, elle s'élança dans les bras de la martyre. Elle retourna ensuite dans sa maison où Thècle instruisait les personnes désireuses de leur salut.
Thècle apôtre à iconium
La joie était grande parmi les chrétiens d'Antioche de posséder la servante de Dieu, mais celle-ci n'avait qu'un désir : revoir Paul. [...] annonça que le saint Apôtre était à Myre. Accompagnée de plusieurs disciples elle s'y rendit et trouva Paul instruisant les païens, étonnés des miracles que ses mains opéraient. L'Apôtre la conduisit aussitôt dans la maison d'un fervent disciple. Thècle raconta les grâces dont Dieu l'avait comblée, et comment elle était sortie victorieuse des supplices. Puis elle ajouta : « Maintenant Dieu me veut à iconium. - Va enseigner sa parole » dit Paul en la bénissant.
Thècle vint à iconium, se dirigea d'abord vers la maison d'Onésiphore et baisa en versant d'abondantes larmes le siège où Paul était assis quand il lui apprenait le chemin du bonheur. Thamyris était mort dans la fleur de l'âge peu après le départ de sa fiancée. Théoclia vivait encore. Pour l'amener à la foi, la bienheureuse martyre employa tous les moyens, mais sa mère refusa de croire à ses paroles. C'est alors qu'elle quitta iconium pour venir à Daphné et de là à Séleucie.
Non loin de la ville elle se pratiqua un petit ermitage et y finit ses jours. A l'âge de 80 ans, elle quitta cette vie de souffrance pour aller recevoir de son Epoux céleste la double couronne du martyre et de la virginité. Elle mourut dans la ferveur de l'oraison, comme une chaste colombe qui trouve son repos dans les trous de la pierre, autrefois son asile et son sanctuaire, maintenant son sépulcre.
Culte et reliques
Les plus grands docteurs de l'Eglise se sont plu à exalter les vertus éclatantes de l'héroïque fille de saint Paul. Saint Augustin dans son livre contre Fauste, saint Ambroise, dans son traité des vierges, saint Jérome, saint Jean Chrysostome, saint Grégoire de Nysse, saint Epiphane et beaucoup d'autres, dans leurs écrits ou du haut de la chaire ont mis toute leur éloquence à célébrer les louanges de notre Sainte. La haute estime qu'on avait de sa vertu, faisait qu'anciennement, pour relever le mérite d'une femme et la distinguer du commun, on disait qu'elle était une autre Thècle. C'est ainsi que saint Grégoire de Nysse se plaisait à nommer sa soeur Macrine.
Saint Grégoire de Nazianze se rendit à Séleucie pour visiter son tombeau et l'on y accourait de divers endroits, à cause des nombreux miracles que Dieu opérait par son intercession. Les païens, les infidèles eux-mêmes, allaient la prier et souvent ils obtenaient le secours qu'ils demandaient. On implore d'ordinaire l'assistance de sainte Thècle pour demander au ciel de nous préserver de l'incendie et de nous être favorable.
L'Eglise dans l'oraison pour recommander à la miséricorde divine les âmes des agonisants fait cette prière : « Nous vous supplions, Seigneur, que comme vous avez délivré la bienheureuse Thècle vierge et martyre de trois cruels tourments, vous ayez aussi la bonté de délivrer cette âme et de lui faire la grâce de jouir avec vous des biens célestes. » L'empereur Zénon éleva à Séleucie une superbe église en l'honneur de la martyre ; l'assistance de Thècle lui avait permis de recouvrer l'empire. Ses restes précieux d'abord conservés à Séleucie, reposent maintenant dans l'église métropolitaine de Tarragone en Espagne.
SAINT LIN de VOLTERRA Pape et martyr (+ 67)
Saint Lin était le fils d'un homme fort considérable de la ville de Volterra, en Toscane. Il se convertit à Rome où saint Pierre prêchait l'Evangile. Aussitôt après sa conversion, saint Lin renonça à tous ses biens et quitta son père. Il donna de si grandes preuves de son zèle, de son érudition et de sa prudence, que le chef des apôtres l'employa à la prédication de la parole de Dieu et à l'administration des sacrements. Saint Paul parle de saint Lin au chapitre IVe de sa seconde Epître à Timothée et le place entre les principaux chrétiens de la ville de Rome.
Envoyé dans les Gaules pour y porter le flambeau de la foi, le bonheur de l'avoir pour premier évêque échut à la ville de Besançon dont le nombre des fidèles s'accrut de jour en jour. Un jour, les païens célébrèrent une fête solennelle en l'honneur de leurs faux dieux auxquels ils offraient beaucoup de sacrifices. Brûlant de zèle pour la gloire de Dieu et le salut de ces pauvres âmes, saint Lin entreprit de les détourner de ce culte abominable. Fendant la foule des idolâtres, il leur dit courageusement: «Que faites-vous, mes chers enfants? Quelle marque de divinité voyez-vous dans ces simulacres que vous adorez? Ce ne sont que des statues qui n'ont ni esprit, ni sentiment, et qui ne représentent que des hommes dont l'incontinence et l'impiété ont été toutes publiques. Ces idoles de pierre et de cuivre ne méritent nullement vos respects. C'est à Dieu seul, créateur du ciel et de la terre que vous devez immoler des victimes. Quittez donc ce culte sacrilège et acquiescez aux vérités que je vous prêche.»
Ces paroles prononçées avec une ferveur inspirée retentirent comme un violent coup de tonnerre qui renversa par terre l'une des colonnes du temple avec l'idole qu'elle soutenait, la réduisant en poussière. Un prodige si éclatant aurait dû ouvrir les yeux aux idolâtres et leur faire reconnaître la vérité de la religion que saint Lin leur annonçait. Hélas, au lieu de profiter de la grâce qui leur était offerte, les incroyants fermèrent leurs coeurs à la parole de Dieu et se jetèrent tumultueusement sur saint Lin qu'ils chassèrent à l'heure même de la ville de Besançon.
L'apôtre retourna à Rome où saint Pierre s'en servit utilement pour le gouvernement de l'Eglise. Il s'acquitta avec tant de soin de toutes les fonctions qui lui furent assignées qu'après la mort du prince des apôtres, on le choisit pour lui succéder dans la charge de pasteur suprême. Dans cette sublime fonction, saint Lin donna d'excellents témoignages de son zèle et de sa vigilance pastorale. Il écrivit deux relations du martyre de saint Pierre et de saint Paul. Nous tenons aussi de lui l'histoire de la dispute du prince des apôtres avec Simon le Magicien. Pour l'affermissement de l'Eglise naissante et l'avancement de la chrétienté, saint Lin créa quinze évêques et dix-huit prêtres.
Le Bréviaire romain dit que la foi et la sainteté de ce souverain pontife furent si grandes qu'il ressuscita des morts et chassa les démons des corps de plusieurs énergumènes. Après avoir gouverné l'Eglise pendant un an, trois mois et douze jours, saint Lin versa son sang qui servit de semence à de nouveaux chrétiens. On enterra sa précieuse dépouille au Vatican, auprès des restes de saint Pierre.
Saint Constant Sacristain à Ancône, en Italie (5ème s.)
Il était sacristain de l'église Saint Etienne d'Ancône en Italie et avait une foi "à déplacer les montagnes" selon la parole de l'Evangile. Un jour qu'il n'avait plus d'huile pour ses lampes d'autel, il y mit de l'eau et, à sa prière, les mèches brûlèrent toute la journée comme si c'était de l'huile. C'est le pape saint Grégoire le Grand qui, dans ses "Dialogues" nous révèle l'existence et le comportement de ce serviteur de Dieu qu'il considérait comme un saint.
Saint Adamnan (+ 704)
L'un des plus grands successeurs de saint Columba à la tête de l'abbaye d'Iona en Ecosse. Son influence fut grande sur la société et l'Eglise de son temps.
Saint André de Syracuse martyr (+ v. 881)
et ses compagnons martyrs les saints Jean, Pierre et Antoine.
Originaires de Syracuse, ils furent emmenés prisonniers lors d'une incursion des Arabes d'Afrique du Nord. Pierre et Antoine étaient encore jeunes. Ils feignirent de se soumettre aux usages musulmans. Mais ils ne purent rester ainsi cachés longtemps. Abrachim, qui était fort cruel, l'apprit. Il les fit mettre au pilori et ils reçurent d'abord quatre cents coups de verges sur les pieds. Puis ils furent attachés sur un âne et, dépouillés de tous leurs vêtements, promenés dans toute la ville pour être la risée de la foule. Revenus en prison, ils subirent à intervalles réguliers ce genre de tortures. Enfin l'ignoble tyran leur fit arracher les parties les plus intimes de leur corps et leur fit mettre dans la bouche. Jean et Antoine succombèrent à ces douleurs. Jean leur père eût la gorge tranchée. André, lui, resta plus longtemps en prison jusqu'à ce que son corps fût tout desséché par la soif et la faim. On le fit enfin sortir et Abrachim, monté sur un cheval, un javelot à la main, se précipita au galop sur le saint et le transperça de part en part.
Bienheureuse Bernardine Marie Jablonska (+ 1940)
Fondatrice de la Congrégation des Sœurs Servantes des pauvres, à Cracovie en Pologne, qui eut toujours le souci des pauvres et des malades.
Bernardina Maria Jablonska a été béatifiée par Jean-Paul II le 6 juin 1997.
Bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin (+ 1851)
Emilie Tavernier est née à Montréal, au Canada, le 19 février 1800, de parents modestes, mais vertueux et travailleurs. Elle est la dernière des quinze enfants issus de l'union Tavernier-Maurice; ils partirent bientôt pour le ciel, mais ils laissèrent à leurs enfants une éducation chrétienne marquée par la présence de la Providence en leur vie.
A l'âge de 4 ans, Emilie fut confiée à une tante paternelle qui reconnut déjà en sa pupille une propension sensible pour les pauvres et les malheureux.
Chez son frère devenu veuf, elle se porte à son secours — elle a 18 ans — sans aucune rémunération, mais à la seule condition d'avoir une table toujours ouverte pour les mendiants qui se présentent, — table qu'elle nomme avec amour: «la Table du Roi».
En 1823, elle épouse Jean-Baptiste Gamelin, un pomiculteur de profession en qui elle a trouvé un ami des pauvres qui rejoint ses propres aspirations. Trois enfants naissent en leur foyer, mais il est assombri par le décès de ceux qu'elle accueille avec amour et dévouement, y compris celui de son époux, avec qui elle vivait heureuse et fidèle à l'engagement matrimonial qui était le leur.
Quoique confrontée à ces multiples épreuves, elle ne se replie pas sur sa souffrance, mais elle trouve en la Vierge des Douleurs le modèle qui orientera toute sa vie!
Sa prière et sa contemplation de la Vierge au pied de la croix lui ouvrent la voie à une charité toute compatissante pour tous ceux qui sont en proie à une souffrance, quelle qu'elle soit. Son époux, ses enfants, ce sont eux maintenant!
Un pauvre déficient intellectuel et sa vieille maman ouvrent la liste de ceux qui bénéficieront, non seulement des ressources que lui a léguées son époux, mais plus encore de son temps, de son dévouement, de son bien-être, de ses loisirs, de sa santé même. Sa maison devient la leur, et elle multipliera les refuges pour abriter leur indigence. Personnes âgées, orphelins, prisonniers, immigrés, sans-travail, sourds-muets, jeunes ou couples en difficultés, handicapés physiques ou intellectuels connaissent bien sa demeure qu'on appelle spontanément: «Maison de la Providence», parce qu'elle même est une «vraie providence».
A domicile, comme à la prison, auprès des malades comme des bien-portants, Emilie est accueillie parce qu'elle apporte réconfort et assistance. Elle est vraiment l'Evangile en action: «Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites».
Parentes et amies se groupent autour d'elle pour la seconder et l'aider; d'autres par ailleurs, s'expliqueront mal un tel dévouement jusqu'à dire: «Madame Gamelin n'avait pas assez de folles, d'autres s'ajoutent», en voyant s'ouvrir un nouveau refuge.
Quinze années durant, elle multipliera ses actes «héroïques» de dévouement, sous l'œil reconnaissant et approbateur de l'évêque Jean-Jacques Lartigue d'abord, puis du second évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget. Une existence si précieuse pour leurs ouailles ne pourrait disparaître, sans une relève assurée.
Lors d'un voyage à Paris, en 1841, l'évêque Bourget sollicite des Filles de Saint-Vincent de Paul, quelques recrues pour l'œuvre de Madame Gamelin, afin d'établir les bases d'une communauté religieuse. Sur leur réponse affirmative, Montréal verra se lever un nouvel édifice pour les accueillir. Mais, en dernière heure, les religieuses attendues ne viennent pas et la Providence a d'autres desseins.
L'œuvre de Madame Gamelin subsistera envers et malgré tout!
L'évêque Bourget en appellera à son propre diocèse et les recrues canadiennes seront dirigées chez Madame Gamelin qui les formera à l'œuvre de charité compatissante qu'elle assume avec tant de dévouement, à la mission de Providence qu'elle proclame en des actes qui parlent plus fort encore que des paroles.
En la Maison de la Providence, des Sœurs de la Providence naissent dans l'Eglise de Montréal, et Emilie Tavernier-Gamelin joindra le groupe des premières religieuses comme novice d'abord, puis comme leur mère et leur fondatrice. La première profession reli-gieuse eut lieu le 29 mars 1844.
Et les besoins des pauvres, des malades, des immigrés etc. ne cessent de grandir, dans une ville, dans une société, en voie de développement.
La Communauté naissante connaîtra ses heures sombres, quand des décès en temps d'épidémie viendront diminuer ses effectifs, quand l'évêque Bourget mettra en doute, sous l'influence d'une religieuse ombrageuse, la bonne volonté même de la supérieure, mais la fondatrice restera debout au pied de la croix, à l'exemple de la Vierge des Douleurs, son modèle depuis les heures pénibles de sa viduité. L'évêque Bourget reconnaîtra lui-même sa grandeur d'âme et sa générosité poussée jusqu'à l'héroïsme.
La nouvelle communauté grandira, elle aussi, pour répondre aux besoins de l'heure: les Sœurs de la Providence verront leur nombre se multiplier jusqu'à 50, au moment où la Fondatrice elle-même succombera, victime de l'épidémie du choléra, en 1851, huit ans seulement après le lancement de la communauté de la Providence. Ses filles recueilleront sur ses lèvres mourantes, l'ultime testament de leur mère: humilité, simplicité, charité, surtout charité.
Depuis ces modestes débuts, 6147 jeunes filles se sont engagées à la suite d'Emilie Tavernier-Gamelin; on les retrouve aujourd'hui au Canada, aux Etats-Unis, au Chili, en Argentine, en Haïti, au Cameroun, en Egypte, aux Philippines et au Salvador.
Par le Pape Jean-Paul II, sa vertu héroïque fut promulguée le 23 décembre 1993 et, après la reconnaissance officielle d'un miracle attribué à son intercession, le 18 décembre 2000, le Souverain Pontife proclame sa béatification le 7 octobre 2001, la proposant au peuple de Dieu comme un modèle de sainteté, par une vie toute vouée au service de ses frères et sœurs les plus démunis de la société. Sa fête liturgique est fixée au 23 septembre, jour anniversaire de son décès en 1851.
«Plus vous ferez mémoire de Mère Gamelin, plus vous vivrez de son esprit.
Vous trouverez toujours dans ce souvenir la source de charité qui unit les coeurs, la force qui produit le dévouement et le désir de pratiquer les vertus qui ont brillé en elle, surtout dans l'exercice de la charité.»
(Mgr Ignace Bourget, 4 septembre 1876)
Bienheureux Guy de Durnes Disciple de saint Bernard de Clairvaux (+ 1157)
Disciple de saint Bernard de Clairvaux, il fut chargé par lui de fonder le monastère de Notre-Dame de Cherlieu au diocèse de Besançon. Les moines y devinrent si nombreux qu'il fonda plusieurs monastères dont certains existent encore, comme celui d'Acey (diocèse de Besançon) et celui de Hauterive (diocèse de Genève-Lausanne).
A la demande de saint Bernard, il révisa le chant liturgique cistercien qui fut approuvé par le chapitre général de 1150.
Bienheureuse Hélène Duglioli (+ v. 1523)
Originaire de Bologne, elle fut une épouse exemplaire pendant trente ans. Devenue veuve, elle supporta avec courage toutes les contradictions qui lui vinrent de sa famille et de sa belle-famille. Le pape Léon XII approuva le culte qu'on lui rendait de temps immémorial.
Saint Jean de Konitsa (+ 1814)
Il naquit dans une famille musulmane dont le père était membre de l'ordre des Derviches et sheikh réputé. Il devint lui-même derviche de Yssouf l'Araba, maître de l'Etolie en Grèce. Il le suivit durant les guerres turques contre les Russes. Mais, il vivait dans la droiture de sa conscience et c'est ainsi que peu à peu il se rapprocha de l'Evangile et demanda le baptême, ce que les chrétiens lui refusèrent longtemps par peur. A la mort de son maître, il se retira dans l'île d'Ithaque, se maria et, restant caché, travailla comme garde-champêtre. Découvert comme chrétien, il fut arrêté, subit maints mauvais traitements et vexations et fut enfin décapité.
Bienheureux Joseph Stanek prêtre et martyr (+ 1944)
Joseph Stanek, polonais, était prêtre polonais dans la Société de l'apostolat catholique, dite encore des Pallottins. Il continua son apostolat avec zèle, à Varsovie, même après l'invasion de la Pologne par les troupes nazies en septembre 1939. Lors de l'insurrection de Varsovie, il devint aumônier des insurgés à Czerniakow. Lorsque le danger fut plus pressant, on lui proposa de se sauver en passant le fleuve sur un ponton. Mais il ne voulut pas saisir l'occasion, estimant de son devoir de prêtre de se rendre utile aux combattants, aux insurgés, aux blessés et aux mourants. Arrêté, alors qu’il venait négocier la capitulation des insurgés, il fut pris par les militants nazis et pendu en soutane, devant deux cents personnes, à Varsovie.
Béatifié à Varsovie par Jean-Paul II le 13 juin 1999 en même temps que 107 autres martyrs polonais.
Saint Libère Pape (36 ème) de 352 à 366 (+ 366)
Son pontificat fut marqué par la défense de saint Athanase d'Alexandrie, ce qui lui valut d'être exilé en Thrace par l'empereur Constance qui avait soudoyé plusieurs centaines d'évêques orientaux et occidentaux au concile de Milan pour faire déposer saint Athanase. Mais, après deux années d'exil, il le désavoua, abandonnant, de concession en concession, l'attitude courageuse qu'il avait eue jusque là. Revenu à Rome, il travailla à la réconciliation et à l'apaisement. Saint Hilaire de Poitiers le soutint et ils travaillèrent tous deux au rétablissement de l'union entre l'Orient et l'Occident. L'Annuaire pontifical ne le reconnaît plus comme saint.
Saint Nicolas l'Epicier (+ 1672)
Fils d'un commerçant épicier de Constantinople, il devint lui-même épicier avec son père. Il recevait son instruction d'un maître musulman qui voulut l'entraîner dans la foi islamique. Ce qu'il refusa, malgré les menaces. Enfin, dans un de ses exercices de lecture, il lut des textes du Coran, sans se douter ce qu'ils étaient. Considéré comme ayant accepté l'Islam, il dut s'en défendre et fut accusé de parjure. Ce pourquoi, après 65 jours de prison, sans eau ni nourriture, il fut exécuté par décapitation.
Bienheureux Pierre Acotanto (+ v. 1187)
Né à Venise, il voua sa vie au service des malades. Quelques anées avant sa mort, il se retira à l'abbaye de Saint-Grégoire-Majeur de Venise. Il refusa par humilité la charge d’abbé et préféra vivre reclus dans le cloître. Son culte fut approuvé par Clément VIII.
Saint Sossus Diacre et martyr en Campanie (+ 305)
Selon ce que rapporte le pape saint Symmaque, Sossus voulut soustraire son évêque à la mort, mais fut massacré avec lui, et obtint, au même prix, la même gloire.
Saints Zacharie et Elisabeth parents de saint Jean-Baptiste (1er s.)
Quand Élisabeth reçut chez elle Marie, sa cousine, elle fut remplie de l’Esprit Saint et salua la mère du Seigneur, bénie entre toutes les femmes. Le prêtre Zacharie, rempli de l’Esprit des prophètes à la naissance de son fils, proclama la louange du Dieu rédempteur et annonça la venue prochaine du Christ, Soleil levant.
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Posté le 22.09.2008 par jubilatedeo
19 Jacob dit à son père : « Je suis Ésaü, ton premier-né ; j'ai fait ce que tu m'as dit. Viens donc t'asseoir, mange de mon gibier, et tu me béniras. »
20 Isaac lui dit : « Comme tu as trouvé vite, mon fils ! » Jacob répondit : « C'est que le Seigneur, ton Dieu, a favorisé ma chasse. »
21 Isaac lui dit : « Approche donc, mon fils, que je te palpe, pour savoir si tu es bien mon fils Ésaü ! »
22 Jacob s'approcha de son père. Celui-ci le palpa et dit : « La voix est celle de Jacob, mais les mains sont celles d'Ésaü. »
23 Il ne reconnut pas Jacob car ses mains étaient velues comme celles de son frère Ésaü, et il le bénit.
24 Il dit encore : « C'est bien toi mon fils Ésaü ? » Jacob répondit : « C'est bien moi.»
25 Isaac reprit : « Apporte-moi le gibier, mon fils, je le mangerai et je te bénirai. » Jacob le servit, et il mangea. Jacob lui présenta du vin, et il but.
26 Isaac dit alors : « Viens m'embrasser, mon fils. »
27 Comme Jacob venait l'embrasser, Isaac respira l'odeur de ses vêtements, et il le bénit en disant :
«Voici que l'odeur de mon fils
est comme l'odeur d'un champ que le Seigneur a béni.
28 Que Dieu te donne la rosée du ciel et la fertilité de la terre,
froment et vin en abondance !
29 Que les nations te servent,
que les peuples se prosternent devant toi.
Sois un chef pour tes frères,
que les fils de ta mère se prosternent devant toi.
Maudit soit qui te maudira,
béni soit qui te bénira ! »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Posté le 22.09.2008 par jubilatedeo
Livre des Proverbes 3,27-34.
Mon Fils, ne refuse pas ton aide à celui qui la mérite, quand tu as les moyens de l'accorder.
Ne dis pas, quand tu as de quoi donner :« Va-t'en, tu reviendras, je donnerai demain. »
Ne travaille pas au malheur de ton prochain, alors qu'il vit sans méfiance auprès de toi.
Ne cherche pas querelle sans raison à quelqu'un qui ne t'a pas fait de mal.
Ne porte pas envie à l'homme violent, n'adopte pas ses procédés.
Car le Seigneur a horreur des gens tortueux, tandis que les hommes droits sont parmi ses intimes.
La malédiction du Seigneur est sur la maison du méchant, mais il bénit la demeure du juste.
Il se moque des moqueurs, mais il accorde aux humbles sa grâce.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Psaume 14 (15), 1a.2, 3bc-4ab, 4d-5
Le juste habitera ta maison, Seigneur.
Seigneur, qui séjournera sous ta tente ?
Celui qui se conduit parfaitement,
qui agit avec justice
et dit la vérité selon son coeur.
Il ne fait pas de tort à son frère
et n'outrage pas son prochain.
A ses yeux, le réprouvé est méprisable
mais il honore les fidèles du Seigneur.
Il ne reprend pas sa parole.
Il prête son argent sans intérêt,
n'accepte rien qui nuise à l'innocent.
Qui fait ainsi demeure inébranlable.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8,16-18.
Comme la foule se rassemblait autour de Jésus, il disait en parabole : « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière.
Car rien n'est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.
Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il paraît avoir. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Soeurs Missionnaires de la Charité
No Greater Love (trad. Il n'y a pas de plus grand amour, Lattès 1997, p. 23)
« Faites attention à la manière dont vous écoutez »
Écoute en silence. Parce que ton coeur déborde de milliers de choses, tu ne peux pas y entendre la voix de Dieu. Mais dès lors que tu te mets à l'écoute de la voix de Dieu dans ton coeur pacifié, celui-ci se remplit de Dieu. Cela requiert beaucoup de sacrifices. Si nous pensons, voulons prier, il faut nous y préparer. Sans délai. Il ne s'agit là que des premières étapes vers la prière, mais à ne pas les accomplir avec détermination, jamais nous n'atteindrons l'ultime étape, la présence de Dieu.
C'est pourquoi l'apprentissage doit être parfait dès le début : l'on se met à l'écoute de la voix de Dieu dans son coeur ; et, dans le silence du coeur, Dieu se met à parler. Puis, de la plénitude du coeur monte ce que la bouche doit dire. Là s'opère la jonction. Dans le silence du coeur, Dieu parle et tu n'as qu'à l'écouter. Puis, une fois ton coeur entré en plénitude, parce qu'il se retrouve empli de Dieu, empli d'amour, empli de compassion, empli de foi, il revient à ta bouche de se prononcer.
Souviens-toi, avant de parler, qu'il est nécessaire d'écouter et seulement alors, du tréfonds d'un coeur épanoui, peux-tu parler et Dieu t'entendre.
Homélie Messe
Le Seigneur Jésus vient de donner l’explication de la parabole du semeur ; il insiste à présent sur l’importance de bien écouter la parole :
« faites attention à la manière dont vous écoutez », nous dit-il.
Cet avertissement est clairement en lien avec le devenir du grain dans les différentes sortes de terrain où il tombe, comme nous l’avons médité samedi dernier. Mais Jésus montre aujourd’hui que la croissance dépend directement de la manière dont il prendra corps dans nos vies. Les enseignements de Jésus nous révèlent les secrets du Royaume, mais ils ne sont pas destinés à être cachés ou à n’être connus que de certains privilégiés, dont nous serions. Non, ces secrets doivent être révélés à tout homme.
Or le premier mode de propagation de l’enseignement de Jésus est sa mise en pratique : « voyez comme ils s’aiment », nous dit ailleurs l’évangile ! La lumière reçue, qui déchire nos propres ténèbres intérieures et nous place dans le dynamisme de la résurrection, est faite pour être mise sur le lampadaire qu’est une vie exemplaire. Ainsi, elle rejoindra tout homme qui cherche dans la nuit et à qui elle est destinée.
Que Jésus prenne le temps de développer cette nouvelle image pour décrire notre rapport à sa parole, nous enseigne également sur la nature de cette parole qui est lumière pour les hommes. Puisqu’elle est faite pour être mise sur le lampadaire, elle ne peut être traitée autrement sans dommage. C'est-à-dire que celui qui tenterait de la mettre « sous un couvercle » ou « en dessous du lit » l’étoufferait et la perdrait pour lui-même.
Nous comprenons dès lors l’insistance de Jésus : « faites attention à la manière dont vous écoutez ». Il ne faut pas écouter pour savoir mais pour connaître, il ne faut pas accueillir la parole de Jésus pour être informé mais pour en vivre. La parole est divulguée par la vie de ceux qui l’ont reçue.
Faire fructifier ainsi la Parole est d’ailleurs un cercle vertueux : plus on la reçoit et plus on la met en pratique, plus on devient capable de la recevoir et de la mettre en pratique. Au contraire, si elle reste lettre morte, même le peu que l’on croit savoir est perdu, car la parole de Jésus n’apporte pas une science mais la connaissance de celui qui l’énonce ; elle n’est pas un discours sur Dieu mais le visage du Père qui se dévoile.
Si la mise en pratique fait partie de l’écoute que Jésus attend de nous, elle fait aussi partie de la connaissance que la parole apporte. En effet, les enseignements de Jésus sont une source inépuisable. Ils nous comblent, quel que soit notre maturité spirituelle. Mais en les mettant en pratique, une maturité nouvelle est acquise, une lumière nouvelle nous éclaire, qui donne de comprendre autrement et plus profondément la parole reçue. Ainsi, vivre les enseignements de Jésus donne de pouvoir les écouter. « Cela qui a, recevra encore ».
Quand à celui qui en reste à un discours, celui pour qui la parole reste abstraite et n’a pas de lien avec la vie, il s’étiole et s’assèche. La parole n’est plus un ferment de vie pour lui. Bien qu’il ait accueilli la parole, « il perd ce qu’il paraît avoir ».
Seigneur Jésus, nous avons un profond désir de briller dans la nuit comme des repères pour mener nos frères les hommes à te rencontrer. Renouvelle notre façon d’écouter ta parole, de vivre tes sacrements, pour que nous portions un fruit qui fasse grandir l’Église tout entière.
Posté le 22.09.2008 par jubilatedeo
Les Saints Erasme et Maurice (Saint Maurice est au premier plan à droite)
Mathis Grünewald (1525)
Munich, Alte Pinakothek
SAINT MAURICE et ses compagnons Martyrs (+ 286)
Le 22 septembre 286 vit un spectacle à la fois sublime et épouvantable: une légion romaine entière, général en tête, immolée par un barbare empereur pour n'avoir pas voulu renoncer à Jésus-Christ. Cette légion était la Légion Thébéenne; ce général, saint Maurice, et ce tyran, Maximien. La Légion Thébéenne portait ce nom parce qu'elle avait été recrutée en Thébaïde. Elle fut du nombre de celles que l'empereur emmena combattre la Gaule en révolte. Après le passage des Alpes, un sacrifice solennel fut ordonné. La légion chrétienne, ne voulant pas y prendre part, se retira près du lieu appelé aujourd'hui Saint-Maurice-d'Agaune. L'empereur les enjoignit de se réunir à l'armée pour la fête. Mais Maurice et ses compagnons, se rappelant qu'il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, se virent dans la triste nécessité de désobéir.
Cette désobéissance, n'était pas, pour ces braves soldats, vainqueurs sur vingt champs de bataille, un acte de félonie, mais un acte d'héroïque loyauté. Aussitôt le prince barbare donna l'ordre de décimer la légion. A voir ce bataillon de six mille hommes rangés en ordre de combat, ayant à sa tête Maurice, à cheval, avec ses brillants officiers, Exupère, Maurice et Candide, il semble qu'on eût pu craindre une résistance par la force; mais non, les disciples de Jésus-Christ ne cherchaient et n'attendaient qu'une victoire pacifique, la victoire sur le monde, et la conquête du Ciel par le martyre. Les noms des soldats sont jetés dans les casques des centurions; six cents sur six mille vont périr; les victimes désignées embrassent leurs camarades, qui les encouragent et qui envient leur sort; bientôt le sacrifice est consommé, et la plaine ruisselle du sang des martyrs.
Les survivants persistent à se déclarer chrétiens, et la boucherie recommence; six cents nouveaux élus rougissent de leur sang les rives du Rhône. Les autres sauront mourir jusqu'au dernier; mais ils envoient au tyran un message avec une lettre admirable: "Empereur, nous sommes vos soldats; nous sommes prêts à combattre les ennemis de l'empire; mais nous sommes aussi chrétiens, et nous devons fidélité au vrai Dieu. Nous ne sommes pas des révoltés, nous aimons mieux être des victimes que des bourreaux: mieux vaut pour nous mourir innocents que de vivre coupables." Maximien, désespérant d'ébranler leur constance, les fit massacrer tous en masse.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
Saint Cosmas Moine bulgare (+ 1323)
D'origine bulgare, il se fit moine au monastère bulgare de Zographou. Il reçut plusieurs fois l'illumination de la Sainte Mère de Dieu et dès lors se rangea dans le silence. Il connut aussi de graves tentations, mais mourut en paix dans le Seigneur.
Saint Emmeran Evêque en Bavière (+ 652)
Evêque, il évangélisa la Bavière. Son nom reste attaché à l'abbaye bénédictine de Kleinelfdorf qui s'éleva plus tard sur son tombeau et devint le but d'un pèlerinage. Il mourut martyr de la foi.
Saint Félix IV Pape (54 ème) de 526 à 530 (+ 530)
Félix IV, pape de 526 à 530. (ou Felix III, Felix II ayant été déclaré antipape)
Il termina la controverse sur la grâce au second concile d'Orange en 529 en condamnant le semi-pelagianisme.
Il fit construire à Rome, l'église St-Côme-St-Damien.
Saint Florent Frère de saint Florian (+ 440)
Moine et prêtre qui chassa les serpents du paganisme en apportant l'Evangile dans la région de Saumur. Il serait le frère de saint Florian, apôtre de la Bavière. Il passa sa vie dans la solitude, allant quelquefois dans les villages pour travailler au salut de son prochain. Il est honoré dans plusieurs localités. 49410 Saint Florent le Vieil.
Saint Ignace de Santhià prêtre capucin (+ 1770)
Ignace de Santhià, Lorenzo Maurizio — tel est son nom de baptême — naît le 5 juin 1686 à Santhià (Vercelli). C'est le quatrième des six enfants de la famille aisée de Pier Paolo Belvisotti et de Maria Elisabetta Balocco. Orphelin de père à sept ans, sa mère pourvoit à sa formation le confiant à don Bartolomeo Quallio, prêtre pieux et savant, de sa parenté. Se sentant appelé à la vie ecclésiastique, Lorenzo Maurizio, à l'issue des cours primaires, part en 1706 pour suivre à Vercelli sa formation philosophique et théologique. Ordonné prêtre à l'automne 1710, à Vercelli, il y séjourne comme chapelain-précepteur auprès de la noble famille Avogadro. Au cours de ses premières années de sacerdoce, il prend part à l'apostolat des Jésuites, notamment dans leurs missions populaires. Il connaîtra ainsi celui qui deviendra son directeur spirituel, le père jésuite Cacciamala.
Santhià, sa ville natale, désirant se l'approprier, le nomma chanoine-recteur de sa célèbre collégiale. A leur tour, les Avogrado le choisirent comme curé de la paroisse de Casanova Elvo, dont ils jouissaient du droit de patronage. Cependant, presque âgé de trente ans, don Belvisotti est à la recherche de bien d'autres objectifs. Faisant fi de ces deux nominations ainsi qu'aux bénéfices qui y étaient attachés, il entre le 24 mai 1716 au couvent-noviciat des Capucins de Chieri (Turin) et prend le nom de fr. Ignace de Santhià, avec l'espoir de se consacrer plus tard aux missions à l'étranger.
Sa ferme volonté de tendre à la perfection, son observance totale, spontanée et joyeuse de la vie capucine lui attirent aussitôt l'admiration même des plus anciens religieux du noviciat. Après les années de formation capucine à Saluzzo, à Chieri et à Turin au Mont des Capucins, lors du Chapitre Provincial du 31 août 1731, il est nommé maître des novices au couvent de Mondovì (Cuneo). Il accomplit durant treize années cette fonction où, au travers de son enseignement et par son témoignage, Ignace offre à la Province du Piémont 121 nouveaux membres, dont quelques uns moururent en odeur de sainteté.
Ayant eu vent des souffrances endurées par le Père Bernardino Ignazio de la Vezza, un de ses ex‑novices, missionnaire au Congo et du risque de voir s'interrompre son activité, Ignace alla se prosterner devant le Saint Sacrement pour s'offrir tout simplement: “Jésus‑Christ, mon Seigneur, si vous désirez que le mal dont souffre ce bon ouvrier tombe sur moi qui suis un bon à rien, faites‑le. Je l'accepte volontiers pour votre plus grande gloire”. Le missionnaire dès lors reprenait son ministère, le mal ayant disparu, tandis que pour Ignace débutaient les souffrances qui le contraignirent à renoncer à sa charge.
L'obéissance à ses supérieurs, à laquelle jamais il ne se déroba, le poussa à assumer les fonctions d'aumônier en chef des armées du roi de Sardaigne Charles-Emmanuel III en guerre contre les forces franco-espagnoles (1745-1746). Il assista ainsi les soldats blessés ou contagieux dans les hôpitaux d'Asti, d'Alexandrie et de Vinovo où les malades atteints de blessures très graves, les corps déchiquetés s'empilaient dans les salles. Dans cet univers de souffrances, père Ignace était l'ange consolateur. “Il courait de salle en salle, de lit en lit, poussé par un amour indéfectible”, lit-on dans un document écrit par un témoin.
La guerre terminée, il rejoint le couvent du Mont des Capucins pour la dernière période de sa vie (1747-1770). Avec une incommensurable générosité, une très grande humilité, un intense amour, Ignace partage son ministère pastoral entre le couvent et la ville de Turin: il prêche, confesse et, malgré son grand âge et ses souffrances, il descend la colline où s'élève le couvent, parcourt les rues de la cité à la rencontre des pauvres et des malades avides de ses paroles de réconfort et de sa bénédiction.
Il aimait le silence, le recueillement, les veilles prolongées devant le Tabernacle, mais il savait aussi se retrousser les manches pour se mettre au service des infirmes et des pauvres de la communauté. “Le Paradis — avait-il coutume de dire — n'est pas fait pour les fainéants. Mettons-nous donc au travail!”.
Pendant ce temps se multipliaient les prodiges. Les gens du peuple l'appelaient “le saint du Mont”, tandis que grandissait la vénération des plus grands personnages du Piémont, de la famille régnante à l'archevêque de Turin, Giovanni Battista Roero, du cardinal Vittorio Delle Lanze, du grand chancelier Carlo Luigi Caisotti de Sainte Victoire au maire de la ville.
“Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur...”. Ce sont là les paroles de Jésus et, à l'instar de tous les saints, le père Ignace agissait de telle sorte pour que ces paroles n'aient pas été prononcées en vain par le Sauveur. Quant à l'humilité, elle était enracinée dans son cœur, vivante dans sa manière d'agir et de parler.
Il savait que l'humilité procédait d'une connaissance, sincère et nette de Dieu et de soi-même. A cause de cela, il ne manquait pas l'occasion d'étudier, d'admirer la bonté et la grandeur de Dieu, d'approfondir la conscience de sa propre petitesse. Jusqu'à ses dernières années, il se livra aux tâches les plus humbles de la vie du couvent.
Il passa les deux dernières années de sa vie à l'infirmerie conventuelle, continuant de bénir, de confesser, de conseiller ceux qui venaient à lui. Son ardent désir de Dieu, alimenté par la contemplation du Crucifié et de la lecture de l'Évangile, le dévorait. Désormais, sa vie apparaissait comme absorbée et transformée en ce Crucifix qui aimantait son regard.
Le 22 septembre 1770, fête de saint Maurice, son patron et celui de la province capucine du Piémont, fr. Ignace s'éteignait calmement dans sa cellule à l'âge de 84 ans. La nouvelle de sa mort se répandit rapidement. Le concours de gens, qui vinrent rendre hommage à sa dépouille était tellement énorme que le Supérieur du couvent, craignant la ruée incontrôlée de la foule, fit célébrer les funérailles de bon matin avant l'heure prescrite.
Sa renommée de sainteté et les nombreux miracles attribués à son intercession accélérèrent les formalités de la canonisation. En 1782, le procès apostolique fut introduit, mais des retards dus aux aléas de la Révolution Française, aux suppressions des Ordres religieux qui s'ensuivirent au XIXe siècle, firent traîner les choses. Le 19 mars 1827, Léon XII reconnut l'héroicité des vertus de notre frère et seulement le 17 avril 1966, après plus d'un siècle de silence presque total, Paul VI procéda à la béatification solennelle.
“Le Paradis — avait-il coutume de dire — n'est pas fait pour les fainéants. Mettons-nous donc au travail ! ”.
Saint Jonas de Iachera (7ème s.)
Il fut le fondateur du monastère de l'Annonciation de la Sainte Mère de Dieu dans un endroit désert, nommé Iachéra, en Russie, sous le règne du tsar Ivan le Terrible. Son rayonnement spirituel lui valut le profond respect de la famille impériale et l'estime des saints comme saint Irénarque de Solovki qui aidèrent le monastère.
Bienheureux Joseph Marchandon prêtre et martyr (+ 1794)
Prêtre sulpicien et martyr, sous la Révolution française, à cause de son refus de signer la Constitution civile du clergé. Il fut déporté sur l’île Madame, au large du port de Rochefort, entassé avec de nombreux autres prêtres sur un bateau négrier. Il y mourut de privation et de maladie.
Béatifié le 1er octobre 1995 par Jean-Paul II.
Saint Lô Evêque de Coutances (+ v. 565)
ou
Laud.
Evêque de Coutances, il en fut le premier pasteur. Il donna ses terres familiales pour y construire des monastères et des églises. Nous le trouvons parmi les signataires du 5ème concile d'Orléans. Le château familial devint une ville : 50000 Saint Lô.
Laud aurait été choisi par le peuple chrétien comme évêque de Coutances avant d’avoir atteint l’âge de trente ans, nécessaire à l’époque pour accéder à cette charge. Certains pensent qu’il aurait été élu par l' archevêque de Rouen.
Dès son élection il organisa dans son diocèse de nombreuses paroisses et il obtint du roi Childebert que Briovère et sa région soient détachés du diocèse de Bayeux. Il installa à Briovère une villa où il se plaisait à résider.
Il est probable qu’il joua un rôle de premier plan dans l’organisation de l’Église Franque.
Il meurt vers 565.
Le premier lieu de sépulture aurait été l’église St Pierre St Paul de la Luzerne (canton de St Lô).
Les reliques de Saint-Lô se trouvaient à Angers à la suite des invasions normandes (IX ème siècle), d’abord au château puis dans la fameuse croix en or à deux croisillons dite «croix de Saint-Lô» dont la forme figure dans les armes de la province de Lorraine.
Grâce à Jacques de Matignon, l’église Notre-Dame recouvrait les reliques en 1679. Sauvées de la profanation en 1794 par les abbés Jéhan et Hébert, elles furent également sauvées de la destruction en 1944 par Mgr de Chivré.
Dans l’église Notre-Dame deux vitraux modernes, la porte nord du parvis et une statue de pierre évoquent sa figure.
Bienheureux Othon de Freising évêque (+ 1158)
Évêque de Freising - Münich.
Il est auteur de la Gesta Frederici Imperatoris. Il appartient à la dynastie germanique de haut rang des Babenberg. Grand observateur de son temps, il est à l'origine d'une des sources les plus consultées pour l'histoire du Moyen-Age. Ses écrits contribuaient à la gloire de l'empereur romain germanique. Il mourut sous l’habit monastique qu’il n’avait jamais quitté au cours de son épiscopat au monastère cistercien de Morimond qui était dans l'obédience de l'abbaye de Freising.
"Othon, fils du margrave d'Autriche saint Léopold. Il venait d'achever ses études à Paris et retournait dans son pays lorsqu'une halte à Morimond le détermina à s'y fixer. Il fut moine pendant dix ans quand il se vit obligé d'accepter l'évêché de Freising en Bavière; c'est ainsi qu'il prit part à la seconde croisade avec son frère l'empereur Conrad. Il resta fermement attaché à l'Ordre de Cîteaux dont il porta toujours l'habit et mourut à Morimond alors qu'il se rendait au Chapitre général."
Saint Phocas Martyr à Sinope (2ème s.)
Saint Phocas naquit dans la ville de Sinope, au bord de la mer Noire, d'un père nommé Pamphile, constructeur de bateaux, et d'une mère nommée Marie.
Dès qu'il sortit de l'erreur païenne, Dieu lui accorda la grâce d'accomplir des miracles. Il devint Evêque de Sinope et amena, tant par ses paroles que par ses miracles, de nombreux païens à la vraie foi.
Un jour, Dieu lui révéla que le moment du Martyre était venu : «Une coupe a été préparée pour toi, tu dois maintenant la boire». Il comparut devant le gouverneur Africanus et confessa avec audace sa Foi au Christ vrai Dieu et vrai homme. Comme Africanus avait blasphémé le Nom du Christ et fait torturer le Saint, il y eut un tremblement de terre. Le gouverneur mourut. Mais, à la demande de sa femme, le Saint, miséricordieux , le releva par sa prière. Il fut conduit à l'empereur Trajan (vers l'an 101), qui le fit écorcher puis jeter dans un bain surchauffé, où le Saint remit son âme à Dieu.
Après sa mort, Phocas fit encore de nombreux miracles.
Saint Saintin ou Sanctinus Evêque (4ème s.)
Ce nom est dérivé du latin Sanctus, parce qu'on ne connait pas son véritable nom.
Evêque de Meaux (?), un des premiers évangélisateurs de la région de Verdun au 4ème siècle (?).
Sainte Salaberge Abbesse à Laon (+ 670)
Mère de famille chrétienne, elle devint veuve très jeune une première fois et fut contrainte par ses parents à un second mariage où elle connut le bonheur d'une parfaite union scellée dans la charité mutuelle et le service des pauvres. Elle devint successivement mère de cinq enfants, puis elle employa une grande partie de son patrimoine à fonder un couvent à Laon, sur les conseils de l'abbé de Luxeuil.
Saint Sophrone (+ 1813)
Il reçut au baptême le nom de Stoïko et, après ses études, se maria et fut ordonné prêtre. Il enseignait la science divine aux enfants du séminaire et traduisit pour le peuple la Vie des Saints en bulgare. Elevé à la dignité épiscopale, il put s'exiler en Roumanie grâce au métropolite Dosithée de Hongro-Valachie. Enfin, il vint à Bucarest d'où il rejoignit Dieu dans la contemplation éternelle.
"Il prêchait en néo-bulgare, et son attitude nationale provoqua son exil en terre roumaine, à Bucarest (1803-1813), moins directement soumise à l'Empire ottoman, et sous le protectorat de la Russie. Son " Kyriakodromion ", collection de sermons pour toute l'année, parut à Rîmnicu Vîlcea en néo-bulgare : premier ouvrage imprimé dans cette langue."
Saint Sylvain (1er s.)
Trop belle est la légende pour qu'on ne la mentionne pas. Il serait le Zachée de l'Evangile et s'en vint l'annoncer à Levroux dans le Berry, à la demande de saint Pierre.
Posté le 21.09.2008 par jubilatedeo
54 Le lendemain, l'intendant dit aux parents de Rébecca :
56 «Ne me retardez pas, laissez-moi m'en aller. »
58 Ils appelèrent Rébecca et lui dirent : « Veux-tu partir avec cet homme ? » Elle répondit : « Oui, je partirai. »
59 Alors ils laissèrent Rébecca et sa nourrice s'en aller avec l'intendant d'Abraham et ses hommes.
60 Ils bénirent Rébecca en lui disant : « O toi, notre soeur, puisses-tu devenir la mère d'un peuple innombrable ! Que ta descendance occupe les places fortes de ses ennemis ! »
61 Aussitôt, Rébecca et ses servantes montèrent sur les chameaux, et suivirent l'intendant. Celui-ci emmena donc Rébecca.
62 Isaac habitait alors le Néguev.
63 Il était sorti à la tombée du jour, lorsque, levant les yeux, il vit arriver des chameaux.
64 Rébecca, levant les yeux elle aussi, vit Isaac. Elle sauta à bas de son chameau
65 et dit à l'intendant : « Quel est cet homme qui vient dans la campagne à notre rencontre ? » L'intendant répondit : « C'est mon maître. » Alors elle prit son voile et se cacha le visage.
66 L'intendant rendit compte à Isaac de tout ce qu'il avait fait.
67 Isaac introduisit Rébecca dans sa tente ; il l'épousa, elle devint sa femme, et il l'aima, et Isaac se consola de la mort de sa mère.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Posté le 21.09.2008 par jubilatedeo
Livre d'Isaïe 55,6-9.
Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche.
Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur.
Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Psaume 144 (145), 2-3, 8-9, 17-18
Proche est le Seigneur de ceux qui l'invoquent.
Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Il est grand, le Seigneur, hautement loué ;
à sa grandeur, il n'est pas de limite.
Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses oeuvres.
Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Il est proche de ceux qui l'invoquent,
de tous ceux qui l'invoquent en vérité.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 1,20-24.27.
Frères, soit que je vive, soit que je meure, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon corps. En effet, pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j'arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien partir pour être avec le Christ, car c'est bien cela le meilleur ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire.
Quant à vous, menez une vie digne de l'Evangile du Christ.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,1-16.
Jésus disait cette parabole : « En effet, le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d'accord avec eux sur un salaire d'une pièce d'argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures, il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans travail.
Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.'
Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d'autres qui étaient là et leur dit : 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?'
Ils lui répondirent : 'Parce que personne ne nous a embauchés.' Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.'
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : 'Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.'
Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent.
Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent.
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
'Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !'
Mais le maître répondit à l'un d'entre eux : 'Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ?
Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi :
n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un oeil mauvais parce que moi, je suis bon ?'
Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible
Saint Ephrem (vers 306-373), diacre en Syrie, docteur de l'Église
Diatessaron, 15, 15-17 (trad. SC 121, p.273 rev.)
« N'ai-je pas le droit de disposer de mes biens comme il me plaît ? »
Ces hommes étaient prêts à travailler mais « personne ne les avait embauchés » ; ils étaient laborieux, mais oisifs par manque de travail et de patron. Ensuite, une voix les a embauchés, une parole les a mis en route et, dans leur zèle, ils n'ont pas convenu d'avance du prix de leur travail comme les premiers. Le maître a évalué leurs travaux avec sagesse et les a payés autant que les autres. Notre Seigneur a prononcé cette parabole pour que personne ne dise : « Puisque je n'ai pas été appelé pendant ma jeunesse, je ne peux pas être reçu ». Il a montré que, quel que soit le moment de sa conversion, tout homme est accueilli... « Il sortit le matin, à la troisième, à la sixième, à la neuvième et à la onzième heure » : on peut comprendre cela du début de sa prédication, puis du cours de sa vie jusqu'à la croix, parce que c'est « à la onzième heure » que le larron est entré dans le Paradis (Lc 23,43). Pour qu'on n'en incrimine pas le larron, notre Seigneur affirme sa bonne volonté ; si on l'avait embauché, il aurait travaillé : « Personne ne nous a embauchés ».
Ce que nous donnons à Dieu est bien indigne de lui et ce qu'il nous donne bien supérieur à nous. On nous embauche pour un travail proportionné à nos forces, mais on nous propose un salaire plus grand que celui que notre travail mérite... Il agit de la même façon envers les premiers et les derniers ; « ils reçurent chacun une pièce d'argent » portant l'image du Roi. Tout cela signifie le pain de la vie (Jn 6,35) qui est le même pour tout homme ; unique est le remède de vie pour ceux qui le prennent.
Dans le labeur de la vigne, on ne peut pas reprocher au maître sa bonté, et on ne trouve rien à redire de sa droiture. Dans sa droiture, il a donné comme il avait convenu, et dans sa bonté, il s'est montré miséricordieux comme il l'a voulu. C'est pour enseigner cela que notre Seigneur a prononcé cette parabole, et il a résumé tout cela par ces mots : « N'ai-je pas le droit de faire ce que je veux dans ma maison ? »
Homélie Messe
Les plans de Dieu dépassent toujours, et souvent de loin, les plans des hommes. L’oracle du prophète Isaïe l’affirme de façon très claire : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins […]. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. » (Cf. 1ère lecture) L’esprit humain est petit, fragile et sujet à l’erreur. L’homme ne devrait-il pas être conscient que Dieu a ses projets et que c’est à lui de les accueillir et non pas l’inverse ?
Cette vérité est contenue dans l’évangile de ce dimanche qui nous présente le Règne de Dieu comme le maître d’un domaine qui va embaucher des ouvriers pour sa vigne : « Le Royaume de Dieu est comparable au maître d’un domaine qui sortit au petit jour afin d’embaucher des ouvriers à sa vigne. » Seuls les premiers sont embauchés sur un contrat précis ; aux autres il est uniquement certifié qu’ils recevront ce qui est juste. Aux derniers rien n’est précisé, sinon d’aller eux aussi à la vigne. Vient le soir et le moment de rémunérer chacun. Le Maître ménage alors l’effet de surprise en commençant par payer les derniers ouvriers, à qui il donne une pièce d’argent, c’est-à-dire ce qui correspond au salaire d’une journée de travail, pour terminer par ceux qui ont commencé à l’aube, et qui reçoivent eux aussi le même salaire. Un sens naturel de la justice nous porterait à penser que les ouvriers qui ont supporté le poids de toute la journée devraient recevoir plus que ceux qui ont travaillé seulement quelques heures. Mais si nous considérons les choses de plus prêt nous voyons qu’il n’y a aucune injustice dans l’attitude du maître. Celui qui a travaillé toute la journée a reçu ce qui lui avait été promis : « une pièce d’argent ». Du coup, donner le même salaire tant à celui qui a travaillé une heure qu’à celui qui a travaillé onze heures n’est pas injustice mais pure générosité.
La thématique des plans de Dieu rejoint ainsi celle de la gratuité de son Amour qui surpasse de loin les mérites humains. Cet amour parce qu’il est divin est un et ne peut se diviser. C’est la symbolique qu’ont retirée les Pères de l’Eglise de l’unique pièce d’argent distribuée à chacun. En outre, cet amour a comme finalité la vie de celui à qui il est destiné. En effet, une pièce d’argent était, à l’époque, le minimum qui permettait à une famille de vivre. En donnant cette somme à chacun, le maître manifeste qu’il se montre plus inquiet de la vie de ses ouvriers que de l’application d’une stricte justice distributive. La thématique des projets de Dieu rejoint à ce point celle du salut et de la vie éternelle que Dieu veut offrir en plénitude à chacun.
Nous comprenons qu’en fait de projets de Dieu, fondamentalement il n’en existe qu’un seul auquel tous les autres se ramènent : celui de nous sauver. Et Dieu nous le manifeste à travers un Amour infini et inconditionnel. Dieu n’est pas un comptable qui, en fonction de nos mérites, nous donnerait plus ou moins part à sa vie éternelle. Quand il donne la vie, il donne tout parce qu’il se donne. Il ne peut faire autrement parce que c’est sa nature de se donner et de ne rien retenir pour lui. Et cela, il le fait sans condition parce qu’il est pure gratuité, pur don.
Cette bonté et cette générosité se révèlent aussi dans une patience infatigable qui prend le temps de nous inviter sans cesse à l’accueillir et ce jusqu’à la dernière seconde de notre vie.
Mais la délicatesse de Dieu ne s’arrête pas là. Il souhaite notre participation à la construction de son projet de salut. Il ne veut pas que nous soyons des spectateurs passifs sur la place, que nous demeurions sans rien faire. Il désire que nous soyons des collaborateurs actifs, ouvriers de sa vigne : hommes qui souffrent de la soif et de la chaleur et qui marquent d’un rythme et d’une empreinte chrétienne la société humaine, la vie publique. Il désire que nous adoptions les mêmes mœurs, que nous ayons le même regard et les mêmes pensées que lui vis-à-vis de nos frères en humanité. Il désire que nous travaillions avec lui à inviter tous les hommes à son Royaume éternel. Les derniers arrivés seront tout autant les bienvenus dans la maison du Père que les premiers. Leur place demeure réservée à la Table du Royaume.
Mais dans la perspective de construire le Royaume, l’important n’est pas d’arriver à la première ou à la dernière heure. L’important est de prendre conscience que du moment où nous sommes appelés, notre vie reste définitivement orientée vers le Royaume de Dieu. Si nous sommes arrivés parmi les premiers, notre fatigue contribuera sans doute mystérieusement à faire fléchir les retardataires pour qu’ils s’engagent eux aussi à travailler à la vigne du maître et puissent ainsi avoir part au Royaume éternel.
Ne cherchons pas dans les événements qui nous arrivent à connaître quels sont les plans de Dieu car ils nous dépasseront toujours. La meilleure manière d’y adhérer et surtout de ne pas y faire obstacle c’est de vivre, comme nous invite saint Paul dans la deuxième lecture, en Christ et de mener une vie digne de son Evangile. Cette vie en Christ, greffée sur la générosité infinie de l’Amour et de la patience divine, amène saint Paul à préférer continuer à travailler à l’œuvre du Seigneur auprès des Philippiens plutôt que de mourir et de rejoindre définitivement le Seigneur. Ce n’est pas pour autant qu’il perd le Christ. Au contraire, il le trouve peut-être même davantage en choisissant de ne pas vivre pour soi mais de travailler au salut de ses frères.
« Seigneur, tu as voulu que toute la loi consiste à t’aimer et à aimer son prochain : donne-nous de garder tes commandements, et de parvenir ainsi à la vie éternelle » (Cf. Collecte de la messe)
Posté le 21.09.2008 par jubilatedeo
SAINT MATTHIEU Apôtre (Ier siècle)
Saint Matthieu était probablement Galiléen de naissance. Il exerçait la profession de publicain ou de receveur des tributs pour les Romains, profession très odieuse parmi les Juifs. Son nom fut d'abord Lévi. Il était à son bureau, près du lac de Génésareth, où apparemment il recevait le droit de péage, lorsque Jésus-Christ l'aperçut et l'appela. Sa place était avantageuse; mais aucune considération ne l'arrêta, et il se mit aussitôt à la suite du Sauveur. Celui qui l'appelait par Sa parole le touchait en même temps par l'action intérieure de Sa grâce.
Lévi, appelé Matthieu après sa conversion, invita Jésus-Christ et Ses disciples à manger chez lui; il appela même au festin ses amis, espérant sans doute que les entretiens de Jésus les attireraient aussi à Lui. C'est à cette occasion que les Pharisiens dirent aux disciples du Sauveur: "Pourquoi votre Maître mange-t-Il avec les publicains et les pécheurs?" Et Jésus, entendant leurs murmures, répondit ces belles paroles: "Les médecins sont pour les malades et non pour ceux qui sont en bonne santé. Sachez-le donc bien, Je veux la miséricorde et non le sacrifice; car Je suis venu appeler, non les justes, mais les pécheurs."
Après l'Ascension, saint Matthieu convertit un grand nombre d'âmes en Judée; puis il alla prêcher en Orient, où il souffrit le martyre. Il est le premier qui ait écrit l'histoire de Notre-Seigneur et Sa doctrine, renfermées dans l'Évangile qui porte son nom. – On remarque, dans l'Évangile de saint Matthieu, qu'il se nomme le publicain, par humilité, aveu touchant, et qui nous montre bien le disciple fidèle de Celui qui a dit: "Apprenez de Moi que Je suis doux et humble de coeur." On croit qu'il évangélisa l'Éthiopie. Là, il se rendit populaire par un miracle: il fit le signe de la Croix sur deux dragons très redoutés, les rendit doux comme des agneaux et leur commanda de s'enfuir dans leurs repaires.
Ce fut le signal de la conversion d'un grand nombre. La résurrection du fils du roi, au nom de Jésus-Christ, produisit un effet plus grand encore et fut la cause de la conversion de la maison royale et de tout le pays. On attribue à saint Matthieu l'institution du premier couvent des vierges. C'est en défendant contre les atteintes d'un prince une vierge consacrée au Seigneur, que le saint Apôtre reçut le coup de la mort sur les marches de l'autel.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
autre Biographie :
Le nom de Matthieu que l'on a traduit du grec Maththios ou Matthios, vient de l'hébreux Matt'yah, abréviation de Mattatyah, qui signifie don de Yahvé, comme Matthias, Mattathias et Matthan.
On sait que saint Matthieu, auteur du premier évangile, est un des douze apôtres du Seigneur
[1], qu'il est fils d'Alphée et porte d'abord le nom de Lévi.
Il semble originaire de Capharnaüm
[2] où il est publicain
[3] et tient le bureau de péage
[4], c'est-à-dire le bureau où l'on perçoit le portorium, à la fois douane, octroi et péage entre les états du roi Hérode Antipas et de son frère, le tétrarque Philippe
[5]. Chacun connaît les récits de son appel par Jésus :
Evangile selon saint Matthieu IX 9 : « Et, passant plus loin, Jésus vit, assis au bureau du péage, un homme appelé Matthieu. Et il lui dit : Suis-moi. Et, se levant, il le suivit. »
Evangile selon saint Luc V 27-29 : « Et après cela il sortit, et il remarqua un publicain du nom de Lévi, assis au bureau du péage, et il lui dit : Suis-moi. Et, quittant tout, se levant, il le suivait. Et Lévi lui fit une grande réception dans sa maison. »
Evangile selon saint Marc II 13-14 : « Et il sortit de nouveau le long de la mer. Et toute la foule venait vers lui, et il les enseignait. Et en passant, il vit Lévi, le [fils] d'Alphée, assis au bureau du péage. Et il lui dit : Suis-moi. Et se levant, il le suivit. »
(Textes liturgiques)
La tradition hagiographique
[6], reprise par Rufin, saint Eucher de Lyon et Socrate dit qu'il passa un temps en Egypte avant que d'aller dans la capitale d'Ethiopie, Naddaver, où il fut accueilli par cet eunuque, haut fonctionnaire de la Candace
[7], que le diacre Philippe avait baptisé. Or, il y avait dans cette ville deux habiles magiciens, Zaroës et Arfaxat, qui trompaient les habitants en leur causant des maladies qu'ils savaient guérir ; saint Matthieu ne tarda pas à découvrir leurs sortilèges et à désabuser le peuple dont beaucoup se convertirent.
Quand Matthieu eut ressuscité le prince héritier Euphranor, le roi et la reine, avec toute la maison royale et tout ce qui comptait dans la province reçurent le baptême. Iphigénie, fille du roi d'Ethiopie et quelques unes de ses compagnes, firent vœu de virginité et se retirèrent dans une maison particulière qui devint le premier monastère du pays.
Le roi Eglippe étant mort, son frère Hirtace s'empara du royaume et, pour mieux asseoir son pouvoir, voulut d'épouser Iphigénie. Hirtace eut recours à saint Matthieu qui lui répondit : Vienne votre Majesté au discours que je vais faire aux vierges chrétiennes rassemblées avec Iphigénie et vous verrez vous-même avec quel zèle je vais remplir vos ordres ; saint Matthieu fit un tel éloge de la virginité, invitant ses filles à mourir plutôt qu'à y renoncer, qu'Hirtace se résolut à le faire mourir. Les bourreaux arrivèrent alors que saint Matthieu finissait la messe, ils montèrent à l'autel et le tuèrent.
Le corps de saint Matthieu fut d’abord conservé avec beaucoup de vénération dans la ville de Naddaver où il avait enduré le martyre. En 956, il fut transféré à Salerne, dans le Royaume de Naples. Comme on se trouvait alors souvent en péril de guerre et que l’on craignait que quelqu’un s’emparât furtivement des reliques, on cacha le corps de saint Matthieu dans un endroit secret connu de quelques personnes. Près de cent vingt ans plus tard, sous le pontificat de saint Grégoire VII, on découvrit le caveau secret ce dont le Pape félicita Alfane
[8], archevêque de Salerne. De Salerne, le chef de saint Matthieu fut transporté en France et déposé dans la cathédrale de, Beauvais ; une partie de ce chef fut donnée au monastère de la Visitation Sainte-Marie de Chartres. La relique de Beauvais disparut pendant la révolution française (1793).
[1] Saint Marc III 18, saint Luc VI 15, saint Matthieu X 3 et Actes des Apôtres I 13
[2] Capharnaüm (le village de Nahum) aujourd'hui Tell-Hum : ville de Galilée située au nord-ouest du lac de Gennésareth (lac de Tibériade ou mer de Galilée), à quatre kilomètres de l'embouchure du Jourdain dans le lac, qui appartient aux territoires du tétrarque Hérode Antipas. Capharnaüm (aux confins des états d'Hérode Antipas et de d'Hérode Philippe II) est un poste de douane sur la route de la Gaulanitide tenu par le publicain Lévi, fils d'Alphée, le futur apôtre Matthieu (S. Matthieu IX 9, S. Marc II 13-17, S. Luc V 27-32) ; la ville est gardée par une garnison romaine commandée par le centurion du Domine non sum dignus (S. Matthieu VIII 5-13, S. Luc VII 1-10). Au début de sa vie publique, Jésus y établit son centre d'action, y fit de nombreux miracles et y prêcha dans la synagogue. Il vint habiter à Capharnaüm qui est au bord de la mer, dans le territoire de Zabulon et de Nephtali, pour que s'accomplît ce qui avait été annoncé par Isaïe, le prophète, quand il dit : " Pays de Zabulon et pays de Nephtali, chemin de la mer, pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations, le peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière, et pour ceux qui étaient assis dans le sombre pays de la mort une lumière s'est levée " (S. Matthieu IV 13-16).
[3] Sous aucun régime la levée de l'impôt n'a été un moyen de se concilier la faveur populaire. Les exactions et les vexations dont les publicains se rendaient coupables, n'avaient fait qu'accroître cette impopularité, inhérente à la fonction ; Hérondas affirme que chaque demeure frissonnait de peur à leur vue. Autant du Publicains, autant de voleurs, disait d'eux le comique Xénon, en cela fidèle interprète du sentiment public dans le monde gréco-romain où Lucien les assimilait à ceux qui tenaient des maisons de débauche et Cicéron les appelait les plus vils des hommes. Le monde juif ne pensait pas autrement : la littérature rabbinique associe les publicains, réputés traitres et apostats puisqu'ils violent les observances de pureté légale, aux voleurs et aux meurtriers ; on accole publicains et pécheurs (S. Matthieu IX 10), publicains et païens (S. Matthieu XVIII 17), publicains et prostituées (S. Matthieu XXI 31). Le Talmud leur interdit les fonctions de juges ou de témoins dans les procès. Quand Jean-Baptiste avait commencé à prêcher, plusieurs de ces fonctionnaires de l'impôt étaient allés le trouver pour se faire baptiser : Maître, que devons-nous faire ? lui avait-il demandé. N'exigez rien de plus que la taxe fixée, leur avait-il répondu, laissant clairement entendre que telle n'était pas leur pratique habituelle (S. Luc III 12-13). L'impopularité du métier n'empêchait pas qu'il ne fût fort recherché, la perspective du gain imposant facilement silence aux susceptibilités de l'amour-propre. Avec une souveraine indépendance, Jésus veut se choisir un disciple parmi les membres de cette corporation méprisée.
[4] Capharnaüm, située sur une des routes principales qui reliaient Damas à la Méditerranée et à l'Égypte, elle possédait un bureau où l'on percevait à la fois les droits de douane, d'octroi et de péage. Suivant la méthode pratiquée dans l'empire romain, ces taxes avaient été affermées par Hérode, pour une somme déterminée, à de riches particuliers ou à des compagnies qui se chargeaient de percevoir directement, non sans y ajouter des taxes pour couvrir leurs frais et se ménager un bénéfice. Ces fermiers de l'impôt public avaient reçu le nom de publicains, qui se donnait aussi à leurs agents subalternes (ils étaient appelés portitores à Rome). Ces impôts (portorium ou teloneum) portaient sur les marchandises, les individus et les moyens de transport, hormis ce qui servait à l'armée ou au fisc ; ils étaient levés aux frontières d'un état (douane), à la sortie d'une ville (octroi) et sur des points déterminés de passage comme l'entrée d'une route ou d'un pont (péage).
[5] Saint Marc II 14-15, saint Luc V 27, saint Matthieu IX 9.
[6] Saint Ambroise et saint Paulin de Nole parlent d'une prédication en Perse, d'autres parlent du Pont, de la Syrie, de la Macédoine et même de l'Irlande.
[7] Candace (en grec Kandake, du méroïte Kantake) que les Actes des Apôtres (VIII 27) donnent comme nom à la reine d'Ethiopie, n'est en fait pas un nom, mais un titre attribué aux reines de Méroé, l'Ethiopie des Romains, dont la capitale était Napata (Pline : Histoire naturelle, XVIII 6 ; Strabon : Géographie, XVII, 1, 54).
[8] Alfano I°, archevêque de Salerne, théologien, philosophe, poète, médecin et musicien. Originaire de Salerne, il y étudia la médecine. Il entra au monastére de Sainte-Sophie de Bénévent (1054), puis à celui du Mont-Cassin (1056) où il fit des études classiques et théologiques. Il parut à la cour du pape Victor II, où il se fit remarquer par ses connaissances musicales et médicales. Au Mont-Cassin se trouvaient déjà Fredéric de Lorraine et Didier, ses deux amis, comme lui savants et lettrés. Frédéric étant devenu le pape Étienne IX (1057) et Didier l’abbé du Mont-Cassin, Alfano accepta le siège archiépiscopal de Salerne (1058) et fut consacré par Étienne IX. Sous son épiscopat, l'Église de Salerne fut enrichie de nombreux privilèges par les papes et les princes et reçut de notables accroissements spirituels et matériels : droit pour ses archevêques d'user du pallium, de nommer et de consacrer leurs onze évêques suffragants ; droit de primauté sur les métropoles de Cosenza, Conza et Acerenza. Sous l'épiscopat d'Alfano fut bâtie la cathédrale qui fut dédiée à saint Matthieu, dont on venait de retrouver les restes. L'édifice fut consacré par saint Grégoire VII (1085). L'archevéque réorganisa aussi son chapitre, qui se composa de vingt-huit chanoines, dont vingt-quatre portèrent le titre de cardinaux-prétres, et quatre celui de cardinaux-diacres. Alfano prit part à plusieurs conciles où il se lia d'amitié avec Hildebrand (futur Grégoire VII), dont il partageait les desseins de réforme ecclésiastique, et dont il seconda les efforts dans sa lutte pour la liberté de l'Église. En 1062 ou 1063, il fit, avec l’évêque Bernard de Palestrina, un pèlerinage en Palestine. Il rendit des services diplomatiques aux princes normands qui gouvernaient le sud de l’Italie, et fut peu ou prou mêlé aux grandes affaires de son temps. Lorsque Grégoire VII fut chassé de Rome, Alfano le reçut à Salerne. Alfano mourut le 9 octobre 1085 et fut enseveli dans sa cathédrale, près de son Grégoire VII, mort le 25 mai de la même année. Alfano jouit d'un renom de sainteté, justifié par les pratiques d'une vie austère et bienfaisante. « Il passait le carême sans manger plus de deux fois par semaine et sans reposer sur un lit. Les témoins de sa vie racontèrent sa mort comme celle des saints. On assura qu’il avait vu en songe une échelle qui, du bord de sa couche allait jusqu'au ciel, et que deux jeunes hommes vêtus de blanc l'invitaient à monter. » Parmi les devoirs d'une vie si remplie, Alfano trouva le temps de cultiver la médecine, la philosophie, la poésie, l’éloquence et l’hagiographie, laissant des œuvres dans toutes ces branches du savoir. On conserve encore de lui un sermon sur saint Matthieu.
Saint Alexandre Martyr sur la voie Claudienne (2ème s.)
Martyr sur la voie Claudienne, aux environs de Rome. Il souffrit les chaînes, le chevalet et les ongles de fer avant d'être décapité. Le pape saint Damase fit transférer son corps dans la ville même de Rome et composa pour lui une épitaphe.
Saint Cadoc (6ème s.)
Moine gallois, il fonda de nombreux monastères, en particulier celui de Llandcarvan dans la région de Cardiff, qui fut une pépinière de saints. Il vint en Bretagne et vécut avec saint Gildas dans une île du golfe du Morbihan. De retour dans son pays, il protégea ses compatriotes bretons contre les envahisseurs saxons, ce qui lui valut d'être assassiné par eux. Les Gallois vénèrent ce saint évêque comme un martyr.. Il est aussi très populaire en Bretagne où de nombreuses chapelles lui sont dédiées, neuf dans le Finistère, sept dans les Côtes d'Armor et cinq dans le Morbihan.
Saint Castor d'Apt Evêque d'Apt (+ 420)
Fondateur de l'abbaye de Mananque puis évêque de l'ancien siège épiscopal d'Apt, actuellement au diocèse de Nîmes. Il fut d'abord avocat et, marié avec une femme très religieuse, il mena, avec elle, une vie toute monastique. Puis il choisit la Règle monastique de saint Jean Cassien pour le monastère dont il était devenu abbé. Il accepta à contre-coeur l'épiscopat et il gouverna, en des temps difficile, son troupeau.
Sainte Déborah Ancien Testament : Prophétesse et juge d'Israël
Voir le livre des Juges, chap 4 et chap 5.
"Pour le Seigneur, moi, je veux chanter, je veux célébrer le Seigneur, Dieu d'Israêl" le cantique de Débora
Saints Eusèbe, Nestabe et Zenon (+ 362)
trois frères qui, durant la persécution déclenchée par Julien l'Apostat, furent massacrés par une troupe de païens parce qu'ils refusaient de revenir au culte des idoles.
Saints François Jaccard et Thomas Tran Van Thien Martyrs à Hué, en Annam (+ 1838)François Jaccard naquit le 6 septembre 1799 à Onion, en Haute-Savoie.
Ses parents ac-cueillirent ainsi leur premier en-fant après vingt ans de mariage, et ils voyaient en cette naissance un « signe du Seigneur » ; cet enfant allait probablement devenir prêtre.
Toutefois, pour ce faire, il fallait étudier et la condition estudiantine des campagnes n’étaient pas favorable à un tel projet. Il lui fallut donc de la persévérance et plusieurs tentatives de scolarisation dans différents établissement.
Il étudia finalement au petit séminaire Saint-François de Sales à Mélan, où la lecture donnée au réfectoire était centrée sur les Lettres édifiantes et les Annales de la Propagation de la Foi ; puis il se rendit au grand séminaire de Chambéry, ultime étape avant d’entrer comme acolyte au Séminaire des Missions Etrangères en août 1821. Il fut ordonné prêtre le 15 mars 1823, et il lui a été aussitôt proposé d’assumer la charge de directeur du Séminaire ; il refusa, en demandant instamment d’être envoyé dans les contrées à évangéliser.
Son départ pour la Cochinchine eut lieu le 10 juillet 1823 ; le 23 du même mois, il embarqua à Bordeaux pour le Cap de Bonne-Espérance et Calcutta. Son voyage dura cinq mois durant lesquels il sympathisa avec les matelots.
François Jaccard dut patienter plusieurs mois à Calcutta avant de pouvoir rejoindre Macao, siège de la Procure des Missions en Extrême-Orient et escale obligée pour rejoindre la Chine et le Vietnam. Il en profita alors pour exercer un ministère pastoral à Chandernagor, satellite français de l’importante ville, où ses services furent largement appréciés, au point que le gouverneur lui proposa de prendre la direction d’un collège qui devait être bâti prochainement.
Ainsi, sur la route qui devait le conduire en Extrême-Orient, les directeurs du Séminaire de Paris avaient projeté de le maintenir en France, puis le gouverneur et les français en résidence en Inde lui proposèrent un poste dans un collège. Mais c’était sans compter sur la détermination du jeune François qui, le 20 août 1824, monta à bord d’un navire
anglais à destination de Macao. Ce fut ensuite à la mer de faire des siennes et d’alterner entre tempêtes et calme plat ; le vaisseau arriva finalement à Macao le 25 novembre. Le jeune Jaccard était parti seize mois auparavant !
Le missionnaire quitta la procure de Macao fin mai 1825. Il embarqua sur une jonque chinoise à destination du Vietnam, et plus précisément du Nord du Vietnam : le Tonkin, qu’il allait falloir traverser dans toute sa longueur pour atteindre le sud : la Cochinchine, sa mission.
L’empire du Vietnam avait été créé au début du siècle par Gia Long, qui avait réuni les deux royaumes de la Cochinchine et du Tonkin ; durant les vingt années de son règne, le jeune empire vivait dans la paix et la liberté religieuse. Après le décès de Gia Long, en 1820, Minh Mang, son successeur, prit des dispositions hostiles à l’égard des chrétiens. Ce fut la fin de la paix religieuse au Vietnam.
François Jaccard, dès les premiers jours de son arrivée en mission, a vécu dans la discrétion. Il étudia la langue au collège de Phuong-ruou, proche de la capitale impériale, Huê, et à la fin de 1826, il était alors à même de commencer ses travaux apostoliques.
Son supérieur, le père Taberd, fut heureux d’accueillir son jeune confrère, qui augmentait d’un tiers l’effectif missionnaire de la Cochinchine. De fait, ne s’y trouvait à cette époque que Gagelin (27 ans) et Taberd (31 ans).
Au mois de juillet 1827, il dû se rendre à Hué pour servir de traducteur et d’interprète au roi Minh Mang, qui espérait, en ayant les missionnaires sous la main, pouvoir s’en débarrasser aisément. Il obtint de résider dans une ville voisine, à Duong-son, et, tout en faisant des traductions, il exerça son ministère et instruisit des séminaristes. En 1830, des habitants de Duong-son, à l’instigation du roi, l’accusèrent d’avoir conduit les chrétiens au pillage de leurs maisons. Cette calomnie n’était qu’un prétexte, qu’ils changèrent bientôt, ils attaquèrent le missionnaire en lui reprochant d’être un prédicateur d’une religion fausse, prohibée par les lois du royaume.
Après plusieurs arrêts qui ne satisfirent pas le prince résolu à perdre le jeune prêtre, les juges le condamnèrent à la peine capitale. Par politique, Minh Mang commua cette peine à l’enrôlement dans sa milice. La sentence ne fut pas appliquée, Jaccard fut seulement obligé de résider à Huê.
Nommé provicaire en 1832, il fut, le 20 décembre de la même année, choisi comme coadjuteur par Mgr Taberd.
En ce qui concerne Minh Mang, un événement survenu en août 1832 va lui faciliter la tâche. Le Premier mandarin Lê Van Duyêt, ancien précepteur de l’empereur, maréchal de l’Empire et vice-roi de la Basse Cochinchine venait de mourir à Saigon. Il tenait en haute estime le christianisme et les missionnaires. C’est le prestige de cet homme qui retenait depuis des années l’action de l’Empereur. L’avis des autres mandarins et de sa propre mère était moins pris en compte que celui du maréchal. Ainsi, sa mort libéra le souverain et l’édit de persé- cution générale contre les chrétiens fut promulgué le 6 janvier 1833. Le père Gagelin fut ensuite emprisonné à la citadelle de Huê et son procès eut lieu sans sa présence.
Quand à Jaccard, il profita de sa situation de « résidence forcée dans la capitale » pour aller visiter les missionnaires, français et italien, Delamotte et Odorico. Il mit Gagelin au courant de la suite des événements, lui annonçant son prochain supplice par la corde, et poursuivit une correspondance épistolaire avec lui. Gagelin subit le martyre en octobre 1833. Aussitôt, Jaccard fut arrêté et condamné à mort comme prédicateur de l’Évangile. Cependant, à la demande de l’impératrice mère, on ne l’exécuta pas ; sa peine fut encore commuée, et cette fois, en une détention illimitée dans la prison d’Aï-lao. Il y resta deux ans dans les conditions les plus difficiles. Peu à peu, on se relâcha de la première sévérité ; il en profita pour convertir un pirate emprisonné avec lui, pour entrer en rapport avec des Laotiens, recueillir quelques renseignements sur leur pays, et commencer la composition d’un vocabulaire de la langue ciampoise.
Mais Minh Mang n’en avait pas encore fini avec son premier interprète. Avant de l’envoyer en villégiature, il lui demanda d’écrire aux rebelles du Sud retranchés dans la citadelle de Saigon. En effet, suite à la profanation de la tombe du vice-roi sur ordre de l’Empereur, un vent de rébellion commençait à se faire sentir. Parmi les opposants, on pouvait dénombrer des chrétiens et Minh Mang demanda à Jaccard de les rappeler à leur devoir à l’égard du pouvoir impérial. Ainsi, il écrivit une lettre dans laquelle il évoquait l’obligation de loyauté du chrétien envers le roi, « même persécuteur », ce que Minh Mang désapprouva. Il corrigea finalement la lettre lui-même, signa du nom du missionnaire et expédia la lettre.
Début 1835, on le transféra à la prison de Cam-lo. De là, il pouvait communiquer plus aisément, mais toujours en secret, avec les chrétiens. Le roi le chargea d’un grand nombre de traductions, et lui ordonna d’enseigner le français à huit jeunes gens.
Dans l’empire, rien ne s’arrangeait. Jaccard apprit le supplice du père Marchand à Huê. Grâce à l’indulgence des mandarins de la prison, il continua de correspondre avec deux autres futurs martyrs : Mgr Borie au Tonkin et Mgr Cuenot en Cochinchine. Ce dernier conseilla à Jaccard de s’évader, ce qu’il refusa afin d’éviter des représailles contre les chrétiens. Ainsi déclara-t-il : « Les mandarins de Cam-lo ne manqueraient pas de payer ma fuite de leur tête, et ceux de la province n’en seraient pas quitte à bon marché. Je vous assure que j’aurais un petit scrupule de causer tant de mal à des gens qui ne m’en font point ; car, tout en se soumettant aux ordres de leur maître, ils ne les exécutent pas à la rigueur. Ils savent bien que j’ai des communications avec le dehors ; ils gardent là-dessus le silence et me traitent assez humainement.»
En février 1838, Ming Mang craignant qu’il n’entretînt des relations avec un missionnaire, le père Candalh, qui avait ouvert une école près de Cam-lo, le fit conduire à Quang-tri, chef-lieu de la province du même nom. Là on lui ordonna de nouveau, et bien inutilement, d’apostasier.
Enfin, après avoir été plusieurs fois soumis à la torture, il fut condamné pour la troisième fois à la peine capitale. Le 21 septembre 1838, il fut étranglé avec le jeune chrétien Thomas Thien, en un lieu appelé Gian-bieu, non loin de Quang-tri.
Le corps, fut emporté par un futur martyr, le médecin Simon Hoà, qui l’inhuma dans sa propriété à Nhu-ly ; il fut ensuite envoyé au Séminaire des Missions Etrangères en 1846.
Déclaré Vénérable par décret du 19 juin 1840, François Jaccard a été béatifié par Léon XIII. Le bref de béatification est du7 mai 1900, et les solennités furent célébrées en l’église Saint-Pierre de Rome le 27 mai suivant, et canonisé le 19 juin 1988.
Saint Gérulphe (+ v. 750)
Un adolescent que son oncle aurait tué d’un coup d’épée près de Tronchiennes en Flandre, pour récupérer son héritage. Il fut considéré comme un martyr. Au moment de sa mort, il pardonna à son assassin.
Saint Grégoire de Tallard (+ 404)
Grégoire de Tallard serait venu de Grande Arménie en Provence et serait mort à Tallard. Un pèlerinage annuel le célèbre en septembre. Grégoire d’Amnice (puis de Tallard), existe-t-il ? Est-il possible qu’un évêque arménien vienne en Gaule à cette époque là ?
Bienheureux Jean Prandotha (+ 1266)
Evêque de Cracovie et vigilant pasteur. Il sut endiguer la secte des Flagellants. Il s'occupa surtout de l'accroissement du Royaume de Dieu sans autre mérite que de répondre pleinement et à tout moment aux appels de Dieu et de ses fidèles.
Saint Jonas Ancien Testament : Prophète
Un des 'douze petits prophètes' de l'Ancien Testament.
Le livre de Jonas décrit
chap 1: sa vaine fuite devant la parole de Dieu,
chap 2: sa chute au fond de l'abîme (à l'intérieur d'un gros poisson) et sa prière au Seigneur qui le sauve,
chap 3: la conversion des habitants de Ninive et le pardon de Dieu,
chap 4: la colère de Jonas et les explications du Seigneur (la plante qui l'abrite du soleil puis se dessèche)...
Saint Joseph de Zaonikiev (+ 1612)
Paysan de la région de Vologda en Russie, il menait une vie modeste quand il commença à perdre la vue. Il demande l'intercession de la Mère de Dieu et, devant son icône, il retrouva la pleine vision de ses yeux. Devant ce miracle, les villageois édifièrent une chapelle et quelques cellules pour un monastère dont notre saint refusa de devenir le premier higoumène en feignant la simplicité d'esprit. Il vécut ainsi trente ans dans la prière, les privations ascétiques et la joie.
Saint Landelin Abbé à Crespin, près de Valenciennes (+ 686)
Ses brigandages le rendaient célèbre en Artois. Puis, poussé par la grâce, il se convertit et décida de vivre en reclus à Lobbes dans le Hainaut, puis à Crespin. Ces ermitages devinrent, par la suite, d'ntenses foyers de vie monastique.
Moine irlandais, il vint en Alsace puis il passa le Rhin et s'établit solitaire dans la région de Fribourg in Brisgau. Quelques années plus tard, un chasseur du seigneur des environs le prit pour un des malfaiteurs qui infestaient la région et le tua. Découvert mort par un paysan, il fut inhumé non loin de là au monastère d'Ettenheim (Ettenheimmunster).
Saint Laurent Imbert et ses compagnons,
Pierre Maubant et Jacques Chastan, martyrs en Corée (+ 1839)
et ses compagnons de martyr, Jacques Chastan et Pierre Maubant, tous trois missionnaire de la Société des Missions Etrangères de Paris. Pierre Maubant était né en Normandie à Vassy. Après deux années de ministère en France, il part pour le Setchoan en Chine occidentale puis gagne la Corée. Il y retrouve Laurent Imbert, né à Marignane, fonde un séminaire à la frontière du Tibet où il réside douze ans, puis gagne la Corée, comme évêque, vicaire apostolique. Jacques Chastan est originaire des Alpes de Haute-Provence et rejoint la chrétienté coréenne après dix années en Chine. Afin d'éviter l'arrestation de plusieurs chrétiens, ils se livrent aux autorités. Chargés de chaînes, brisés par les tortures habituelles, ils sont condamnés à la décapitation. Laurent Imbert est âgé de 43 ans, Jacques Chastan et Pierre Maubant 36 ans. D'autres responsables chrétiens de la mission les suivent dans le martyre le lendemain.
Bienheureux Marc Scalabrini prêtre (+ 1498)
ou
Marc de Modène.
Prêtre de l’Ordre des Prêcheurs, il sut ramener un grand nombre d’égarés sur le chemin de la justice et de la vérité dans le nord et le centre de l'Italie. Il mourut à Pesaro dans les Marches.
Son culte fut approuvé en 1857.
Sainte Maure (+ 850)
Une jeune chrétienne de vingt-trois ans qui consacra sa jeunesse à secourir toutes les misères. Les pauvres de la région et l