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jubilatedeo
Description du blog :
Catéchèse catholique -Messe du jour (commentaire et homélie) -Les Saints du jour (leurs vies)
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Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
28.05.2007
Dernière mise à jour :
15.10.2008
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Imitation de la Bienheureuse Vierge Marie

IMITATION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE

Posté le 23.01.2008 par jubilatedeo
QUE L'IMITATION DE LA B. V. MARIE CONSISTE À REPRODUIRE SES VERTUS ET SA VIE



PREMIÈRE PARTIE

Des titres et privilèges de Marie, dans sa vie figurée et dans sa vie sur la terre,

représentée par les mystères joyeux.

Chapitre 1 au chapitre 10.

DEUXIÈME PARTIE

Des vertus et des pratiques de Marie, dans sa vie sur la terre,

représentée par les mystères douloureux.

Chapitre 11 au chapitre 20.

TROISIÈME PARTIE

Des triomphes et des gloires de Marie, dans sa vie céleste,

représentée par les mystères glorieux.

Chapitre 21 au chapitre 30.


TRAITÉ EXTRAIT

DES OEUVRES DE THOMAS A KEMPIS

PRÉFACE.

Lis, ô mon fils, ou plutôt chante en lisant,

Ces doux versiculets en l'honneur de Marie.

Prends-les comme un viatique pour l'âme:

Prends-les comme on prend un bâton de voyage:

Lis souvent et relis, avec dévotion, en priant.

Que Jésus et Marie soient pour toi dans la vie,

En tout temps, en tout lieu la seule compagnie,

De peur que tu ne t'égares, solitaire, ou dévies,

Dispersant au dehors les parfums du dedans.

Tu trouveras ici, bref discours sur Marie.

Mais discours plein de douceur à méditer,

Et discours plein de force pour te bien protéger.

Médite-le souvent et souvent aussi prie,

En disant de tout cœur: Je vous salue, Marie.

THOMAS A KEMPIS. Soliloques de l'Âme.






PREMIÈRE PARTIE

MYSTÈRES JOYEUX



CHAPITRE I

DE L'IMITATION DE LA VIERGE MARIE

SOMMAIRE – I. Qu'il faut imiter Marie. – II. Quelles sont les vertus à imiter dans Marie. – III. Prière du dévot imitateur de Marie

I

1. Beaucoup de jeunes filles, dit l'auteur de la Sagesse, ont amassé des richesses, mais vous, ô Marie, vous les surpassez de beaucoup toutes en richesse. Enfants, soyez de fidèles imitateurs de Jésus, sur la terre, et des imitateurs parfaits de Marie.

2. Il importe beaucoup, il importe pour votre salut, pour l'honneur de Jésus et la gloire de Marie, que vous soyez toujours dévots en vos oraisons, sobres dans vos paroles, réservés dans vos regards, enfin, scrupuleusement disciplinés dans vos œuvres.

II

3. Voulez-vous donc louer dignement Marie, voulez-vous la louer en toute magnificence ?

Soyez simples, comme les simples enfants de Dieu, sans tromperies, sans envie, sans critique,

sans murmure et sans aucune suspicion. Supportez toutes choses contraires, avec charité,

avec grande patience et grande humilité.

4. Pour Jésus, pour Marie, pour imiter les Saints, veillez ici-bas, veillez et soyez vous-mêmes saints. A qui sait offrir sa vie à la Divine Trinité, tout ce qui est amer, ici-bas, parait doux,

et tout ce qui semble lourd apparaît très léger. Tel est le fruit du souvenir de Marie et de Jésus.

Prière

5. Marie, ô douce Mère de mon Jésus, je vous prie, daignez ouvrir à votre pauvre serviteur

et votre compassion toute maternelle, et votre charité toute remplie de douceur.

Versez en mon cœur, une goutte de votre tendresse, afin que je puisse vous aimer, d'un cœur pur, vous, ô Mère, la plus douce de toutes les mères, afin que je puisse vous imiter et imiter Jésus.

6. Écoutez-moi, ô Mère, écoutez-moi, ô Marie, je vous dis à genoux: Ave Marie.

Le ciel se réjouit et la terre sourit,

quand le cœur dit: Ave Marie.

Satan au loin s'enfuit et tout l'enfer frémit,

quand le cœur dit: Ave Marie.

Le monde paraît petit et la chair a tressailli,

quand le cœur dit: Ave Marie.

La tristesse s'enfuit, l'allégresse sourit,

quand le cœur dit: Ave Marie.

La tiédeur disparaît, et l'amour reparaît,

quand le cœur dit: Are Marne.

La dévotion s'accroît et la componction naît,

quand le cœur dit: Ave Marie.

L'espérance jaillit et la consolation grandit,

quand le cœur dit: Ave Marie.

L'âme entière revit et l'amour s'attendrit,

quand le cœur dit: Ave Marie.

7. Tant et si grande est la douceur de cette oraison, qu'elle ne saurait être traduite en vocalisation.

Aussi, de nouveau, je fléchis les genoux devant vous, ô Marie, ô Vierge, ô Mère remplie de suavité,

et je vous dis et redis avec révérence et dévotion Ave Marie, Ave! Recevez cette pieuse salutation,

et avec elle recevez-moi, ô Mère, dedans votre giron ! (Discours XXV.)

Homélie

Du modèle et de l'imitation

I. -- Imiter c'est reproduire un modèle: mais le modèle peut être plus grand ou plus petit que la reproduction. Ainsi en est-il dans l'imitation de Jésus, de Marie et des Saints. Les modèles ici sont plus grands que nature. Nous pouvons, néanmoins, arriver à leur ressembler en reproduisant leur vie.

II. -- La vie est une complexité de vertus et de défauts, de forces et d'instincts. Nul n'est mauvais par nature, mais selon qu'on s'élève ou qu'on s'abaisse, on devient bon ou mauvais. On peut dire que la voie du milieu n'existe pas -- il faut choisir le vice ou la vertu -- pour pratiquer la vertu il faut un effort: c'est le sens du mot latin: virtus; pour suivre le vice, il suffit de se

laisser aller: c'est le sens du mot latin: vitium.
III. -- L'âme chrétienne, en face du divin modèle qu'est Marie, s'exalte elle-même et s'excite à la pratique des vertus qu'elle admire dans celle qui est à la fois, un modèle sublime et une maîtresse admirable, un exemplaire et une mère.

Méditation

Du travail de la sanctification

C'est une science que de savoir regarder un modèle et c'est un art que de pouvoir le reproduire: cet art et ce travail sont tout le secret de la vie spirituelle.

La considération, c'est la méditation ou la contemplation, l'étude des harmonies divines. Nous vibrons à l'égal des Saints, et pour vibrer il faut souffrir: c'est pourquoi la douleur apprend plus que la jouissance. Celui qui n'a pas souffert, que sait-il ? Un cœur qui aime a déjà été entrouvert par un glaive. Frappe-toi le cœur, c'est là qu'est le génie, disait le poète: c'est là aussi qu'est la sainteté.

PRATIQUE – Porter une médaille de Marie, aussi belle que possible, est un moyen de rappeler sans effort que pour imiter, il faut faire un effort.

PENSÉE – A qui aime Marie, tout paraît doux et tout semble léger: Amara dulcia fiunt, gravia levia veniunt.






CHAPITRE II

DES DEVOIRS ENVERS MARIE

SOMMAIRE -- I. Comment il faut s'unir à Marie par le cœur, par les paroles, par les œuvres. -- II. Fruits de cette union mystique. -- III. Prière pour demander cette union de cœur.

I

1. Choisissez-vous, mon fils, avant toutes choses, Marie pour mère, pour avocate et pour modèle: saluez-la, tous les jours, par la salutation de l'Ange: cette salutation lui agrée entre toutes.

Si parfois le démon vous tente et vous détourne de vos devoirs de dévot serviteur de Marie, ne cessez point, pour cela, de l'invoquer toujours.

Pensez toujours à Marie, redites le nom de Marie, honorez Marie, glorifiez en tout Marie, inclinez-vous devant Marie, remettez-vous à Marie.

2. Demeurez avec Marie, méditez avec Marie, réjouissez-vous avec Marie, pleurez avec Marie, travaillez avec Marie, veillez avec Marie, agissez avec Marie, reposez-vous avec Marie.

Avec Marie, portez Jésus entre vos bras :

habitez Nazareth avec Marie, allez à Jérusalem, allez avec Marie, cherchez pareillement Jésus avec Marie.

Demeurez près de la croix avec Marie, pleurez Jésus, pleurez-le avec Marie, ensevelissez Jésus au tombeau avec Marie, ressuscitez avec Jésus et avec Marie. Montez au ciel avec Jésus et avec Marie, demeurez en la vie et la mort toujours avec Marie.

II

3. Si vous savez bien penser et agir de la sorte, vous avancerez rapidement dans la perfection: Marie vous protégera de sa toute puissance, et Jésus vous exaucera dans sa douce clémence.

C'est bien peu, c'est un rien, que ce que nous faisons, et bien cependant, si nous le faisons avec Marie, nous monterons peu à peu vers Dieu notre père, et nous trouverons près de lui consolation et joie.

4. Heureux celui qui sait garder toujours près de lui Jésus et Marie comme hôtes de sa table, consolateurs de ses peines, secours dans ses dangers, conseils dans ses doutes, protecteurs à sa mort.

Heureux celui qui se considérant en ce monde, comme un voyageur et comme un étranger, garde pour compagnon Jésus et pour hôte Marie.

III

5. O Mère, je viens à vous, rempli d'espérance, je viens vous rappeler la joie exultante, que, vous apporta jadis l'archange Gabriel, quand, fléchissant devant vous ses genoux, il salua votre virginité, en disant avec respect: je vous salue, Marie, le Seigneur est avec vous.

Cette salutation je vous la redis, ô Mère, avec le cœur de tous les fidèles et si je le pouvais, avec la voix, afin qu'ainsi, toutes les créatures chantent avec moi, du plus profond de leur âme et de leur être.

Ave Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie, ô Mère, entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni, sur la terre et au ciel, aujourd'hui et toujours.

(Soliloque de l'âme, ch. XVIII.)




Homélie

Des titres et des fonctions de Marie

I. -- Nos devoirs envers Marie ressortent des titres et des fonctions de Marie elle-même. Ses titres sont les plus beaux et les plus doux: d'abord celui de mère, qu'on prononce avec amour à tout âge; ensuite, celui d'avocate, qu'on invoque avec espoir en toute difficulté; enfin, le titre de modèle, qu'on considère avec admiration et extase.

II. -- Les fonctions sont en rapport avec ses titres: les noms donnés par Dieu sont à la fois une évocation et une création des qualités signifiées par les noms et les titres eux-mêmes. Ainsi Marie, en vertu de ses titres, exerce ses fonctions de mère qui console, soutient et nourrit, d'avocate qui conseille, dirige et défend, enfin, de modèle qui exalte et qui attire.

III. – Dans une prière exultante de joie et pleine d'amour, le fidèle demande à Marie de lui apprendre à prier comme prient les anges. La prière, ici-bas, crie, pleure ou se tait: la prière, au ciel, est une vision, une contemplation et une extase.

Méditation

De la vie surnaturelle

Vivre, c'est monter, c'est s'élever au-dessus de la terre: voyez les fleurs qui vivent et celles qui sont mortes. L'homme aime tant à vivre qu'il veut vivre deux fois: de là l'amour, ce qu'il y a de plus beau sur la terre.

Cette vie terrestre n'est cependant pas toute la vie: il y a la vie de l'âme, sans laquelle l'amour lui-même n'est rien. L'amour qui ne paraît pas immortel ne satisfait pas les cœurs. Cette vie qui ne meurt point c'est la vie surnaturelle, la vie de la grâce.

Marie nous a été donnée pour modèle et pour mère, dans cette vie nouvelle ajoutée à la vie terrestre. Qui n'a pas connu ce désir de monter toujours plus haut, n'a pas a encore vécu. Vivons donc non pour mourir, mais pour arriver à l'immortalité.

PRATIQUE -- L'usage du chapelet, son port seul lui-même, sont des pratiques qui aident l'âme à s'élever vers les pensées du ciel.

PENSÉE -- Vivre avec Marie, c'est vivre dans la sécurité et le bonheur du ciel: Bene et secure ambulat qui

Mariam in corde portat.






CHAPITRE III

DES VERTUS ET DES OFFICES

D'UN BON SERVITEURDE MARIE

SOMMAIRE: -- I. Vertus intérieures du cœur. – II. Vertus extérieures du corps. -- III. Pratiques externes de dévotion. -- IV. Prière pour demander la consolation dans les peines.

I

1. Voulez-vous faire toujours, ce qui plaît à Marie ? Soyez humble, patient, chaste et réservé en tout, plein de mansuétude, homme d'intérieur, rempli de zèle, peu versé au dehors, recueilli. Lisez souvent, souvent écrivez, et plus souvent, priez.

Le service de Marie ne doit vous paraître, ni long, ni pénible, mais au contraire, toujours délectable, toujours plein d'allégresse et toujours empressé. Servir de cœur et d'esprit une telle maîtresse, est toujours œuvre pie et utile au salut.

2. Les plus faibles hommages sont agréés par elle, à l'égal des plus solennels, quand ils sont offerts avec amour, avec spontanéité, avec dévotion. Elle sait que nous ne pouvons donner beaucoup, et elle ne requiert pas de ses fils des choses impossibles.

Souveraine miséricordieuse et reine de mansuétude, elle est mère avant tout, et mère, elle ne sait pas ne pas avoir compassion des petits et des pauvres, elle qui a donné au monde la miséricorde en Jésus.

II

3. Apprenez donc à invoquer Jésus en tout, et vous serez aidé ès périls de l'âme et du corps. Ayez toujours Jésus au cœur, dans l'allégresse, vous ne serez jamais noyé par l'humaine détresse.

Dites souvent l'Ave: vous y trouverez joie et paix: aucune prière n'est plus belle que le Pater; aucune n'est plus suave et plus douce que l'Ave. Priez comme pria l'ange devant Marie;

travaillez comme travaille un serviteur fidèle, et vous aurez au ciel votre couronne et votre page. Celui qui sait nourrir son âme de prière, celui qui sait prier avec les textes sacrés,

ne connaîtra jamais l'aridité dans la dévotion. Attachez ainsi à toujours avoir en honneur

les noms de Jésus et Marie sur les lèvres et dans le cœur.

III

4. Partout où vous irez, partout où vous vous trouverez, implorez toujours Jésus et invoquez Marie.

Ayez comme règle de vie et comme appel de secours, cette pieuse invocation: Dirigez, ô mon Dieu, dirigez toujours ma voie en votre présence. Bien toujours agit et toujours bien se porte, celui qui dans son cœur Jésus et Marie porte. Chantez ces deux noms, chantez-les dans vos cœurs, chantez-les sur vos lèvres, chantez-les sur vos mains, Que vos regards les prient, que vos yeux les implorent, que Vos, bras les serrent, que vos genoux les adorent.

Prière

5. O Marie, ô Mère pleine de miséricorde, recevez près de vous, votre serviteur errant, sans consolations, au milieu de ses tribulations.

Voyez, ô ma Souveraine, voyez mon affliction, et ouvrez-moi votre cœur plein de consolation. Voici que je clame et je prie en détresse, et ne veux ne m'éloigner ni vous abandonner jusques à ce que vous ayez eu pitié de moi.

6. Je sais, ô Mère, votre incomparable suavité, je sais l'élan maternel de votre cœur divin, je sais l'abondance de l'amour qui le remplit, et que je puis avoir en vous toute espérance.

Aussi, je me réfugie près de vous, ô ma Mère,

afin que, dans les joies ainsi que dans les peines je puisse recevoir vos bienveillants secours et entendre vos maternelles consolations.

(Vallée des lys, chap. XIII.)

Homélie

Vertus que doit pratiquer un bon

serviteur de Marie

I. -- Les latins avaient deux mots, pour désigner les bonnes actions à accomplir dans la vie: le mot vertu pour désigner une action faite avec effort et bonne volonté, et le mot office pour caractériser une action accomplie par devoir mais sans attachement du cœur. Ce qui est demandé ici, au bon serviteur de Marie, ce sont des vertus, c'est-à-dire des actes méritoires, des élans du cœur et non pas seulement des offices que peuvent remplir les domestiques eux-mêmes. Ce sont d'abord les vertus. intérieures: l'humilité, la patience, la pureté.

II. -- Ce sont ensuite les vertus extérieures ou vertus de l'action, l'effort dans le travail, l'élévation dans la pensée, l'union dans l'oraison mentale, le zèle dans la prière vocale.

III. -- Ces vertus réunies doivent animer toutes les pratiques de dévotion, si nous voulons que ces pratiques soient des actes spirituels de vertu méritoires et non pas seulement des offices matériels de travail rémunéré. Ainsi agissait Marie: ainsi devons-nous agir nous-mêmes.

IV. -- Le serviteur demande donc à Marie, qui est une mère et un modèle, de !'aider dans ce travail et de le consoler au milieu des difficultés du travail.

Méditation

De la vie active

La vie est comme le feu: elle ne se conserve qu'en se communiquant; les anciens la représentaient par une flamme et c'est bien, en effet, la vérité. Pour vivre il faut agir: la vie active suppose la volonté et l'effort. Marie a connu et pratiqué cette vie, comme l'ont pratiquée tous les Saints.

La vie qui s'écoule toute seule, désenchante et engendre l'ennui: taedium vitae. Malheur à l'âme qui se laisse vivre sans s'élever ! Celui-là aura le plus vécu, qui aura le plus agi, par son cœur, par son âme et par son corps, par l'amour, par la pensée et par les œuvres.

Est-il pour cela plus beau modèle que Marie, au Temple, à Nazareth, au Calvaire, chez saint Jean ? Tel a vécu longtemps, qui a peu vécu, dit un sage. Vivons donc comme Marie et avec Marie.

PRATIQUE. -- Ne point passer un jour sans accomplir un effort, au moins sur une petite chose.

PENSÉE. -- La vie tiède est une vie fade: vivez comme Marie: Aspice Mariam, contemplare et mirare.






CHAPITRE IV

DES GRANDEURS ET DES GLOIRES DE MARIE

SOMMAIRE: – I. Grandeurs et gloires au ciel et sur terre. – II. Conditions à remplir pour mériter ses faveurs -- III. Prière pour demander de ne pas être oublié par elle.

I

1. Quelle est celle qui monte du désert de ce monde toute embaumée des délices du paradis ? Plus grande que le ciel, vous avez, ô Marie, sous vos pieds, le monde, et vous siégez près de Dieu, sur le trône d'honneur que vous donne Jésus.

Votre miséricorde qui surpasse toute miséricorde m'attire cependant vers vous, car vous êtes toujours, le secours et la consolation de ceux qui souffrent.

2. J'ai besoin d'être consolé, ô Mère, et fortifié; j'ai plus encore, besoin de la grâce de votre fils Jésus, car je sens que sans elle je ne puis rien achever.

Vous pouvez, ô ma Mère, si vous le voulez, vous pouvez me relever et m'aider de vos secours puissants, et me réconforter de vos abondantes consolations. Je me sens environné de tentations partout, aussi je cours à vous, car je sens que près de vous je trouve le secours en même temps que la pitié.

II

3. Et si je puis approcher de votre majesté et vous saluer avec révérence et honneur, je sens aussi qu'il me faut approcher avec amour. Il n'est point de louange que je puisse vous offrir,

mais plutôt des supplications que j'aie à vous présenter.

Celui qui veut s'approcher de vous avec irrévérence, sera confondu: je veux donc aller à vous, ô Mère, avec confiance, avec respect, avec humilité, afin de mériter votre clémence et votre secours.

4. Oui, c'est avec respect, avec amour et confiance que je viens, ô Marie, vous offrir à mon tour, la salutation que l'ange vous offrit à genoux.

Je vous l'offre, les bras étendus et les mains levées, je vous l'offre des milliers et des milliers de fois, et je demande à tous de vous l'offrir aussi pour moi, car je sais que je ne puis offrir rien de plus doux.

III

5. O Mère, aimée plus que toutes les mères, ô Marie, si parfois j'ai pu vous oublier, je le regrette et le pleure aujourd'hui.

Mais vous, oh ! ne m'oubliez pas, vous qui seule avez enfanté la miséricorde en enfantant Jésus.

Je vous salue à genoux, je m'incline devant vous, je joins les mains et me prosterne à terre, afin que vous entendiez avec plus d'amour ma prière. Je dis devant vous et je veux redire toujours: je vous salue pleine de grâce, le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre toutes les femmes, ô Mère, et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni !

(Soliloque de l'âme, chap. XXIII.)

Homélie

De l'éminente dignité de la Mère de Dieu

I. -- La dignité d'une personne ou d'un être se mesure à sa fonction. Or il n'est point sur terre, ni même dans le Ciel, de fonction égale à celle de la maternité divine de Marie. Marie est vraiment Théotokos, Mère de Dieu en même temps que Mère du Sauveur, car en Jésus la divinité et l'humanité sont unies substantiellement. Il n'est donc point de dignité supérieure à la dignité de Marie.

II. -- Cette éminente dignité de mère confère à Marie des prérogatives divines en même temps qu'elle lui infuse des tendresses humaines supérieures aux plus ravissantes tendresses des mères de la terre. Même au point de vue physique de la fonction, de la beauté de la femme et de la mère, Marie est au-dessus de toutes celles qui ont brillé dans le monde par leurs charmes et leurs attraits. S. Denys l'aréopagite, athénien affiné et disciple de saint Paul, étant allé à Jérusalem et ayant vu Marie, la trouva si belle qu'il voulut se prosterner devant elle comme devant une déesse -- ainsi devons-nous faire en esprit.

III. -- C'est ce que promet, avec enthousiasme, le disciple dans la prière qu'il adresse à Marie.

Méditation

De l'emploi du temps

Entre le passé qui nous échappe et l'avenir qui ne nous appartient pas, il y a le présent que seul nous tenons: c'est le temps de l'action et du devoir: Le bien employer, c'est embellir sa vie; le gaspiller, c'est mourir avec lui.

La première règle pour bien employer le temps, c'est d'abord, de l'employer et de ne point le perdre. -- C'est ensuite, de l'employer à temps et de ne point agir à tort et à travers. C'est enfin, de l'employer utilement et non point sans but et sans règle: ne rien ajourner, ne rien remettre à plus tard. C'est le secret par excellence de la réussite.

Marie, ici encore, peut nous servir de modèle. Elle fut par excellence, la femme forte et la maîtresse diligente, dont parle l'Écriture: elle réalisa, avec perfection, la devise des nobles romaines: Domi mansit, lanam fecit. Marie, en effet, fut à la fois israélite par la naissance et romaine par l'adoption: elle est le type parfait de la femme, au double sens de : femina et de mulier. Reproduisons ce modèle et ce type.

PRATIQUE. -- Saint François de Sales rachetait par une aumône chaque heure qu'il croyait avoir perdue ou mal employée: imitons-le.

PENSÉE. -- La pensée de Marie est une consolation et une protection: Solamen et dictamen







CHAPITRE V.

DE NOS DEVOIRS ENVERS MARIE

SOMMAIRE: -- I. Devoirs concernant la pensée. -- II. Devoirs intéressant l'action. -- III. Prière pour demander la confiance.

I

1. Il vous faut, ô mon fils, encore bien apprendre à vous élever vers Dieu, à l'exemple de Marie.

Il vous faut, vous appuyer sur leur aide puissante et non point seulement vous fier à vos forces, de peur d'être entraîné en bas par vos passions.

Tous les jours, vous devez, par des pensées nouvelles, vous élever et tendre vos désirs vers le ciel, vers le ciel où vous voyez Marie votre reine, auprès du Roi Jésus et de la cour des anges.

2. Hélas ! cependant souvent encore notre infirmité nous fera descendre dans cette vallée de larmes !

C'est alors surtout qu'il nous faudra faire des efforts et élever la voix, en des appels fréquents, vers Marie qui est la mère de miséricorde, afin qu'elle dise à son Fils miséricordieux, combien notre âme manque du vin de la ferveur, combien elle a besoin du parfum de la piété,

pour pouvoir le louer comme il convient à Dieu. Car lui seul, en effet, s'empresse à secourir

ceux qui pour lui plaire ont méprisé le monde, et ceux qui sont, pour lui, méprisés dans le monde, à cause de son nom et de son saint Évangile.

II

3. Il importe souvent, en effet, de connaître un refuge où pouvoir s'abriter contre les ouragans, en face des tempêtes de la tribulation.

Or, il n'est nulle part, de lieu plus assuré, ni de port plus tranquille que le sein de Marie.

De même qu'il n'est pas de courrier plus rapide, pour nous soustraire aux coups de l'ennemi, qu'une prière ardente, montant de la plaine vers le fort tout armé de la Vierge Marie. Ce fort est celui-même où Jésus est entré, pour y revêtir un corps, pareil à une armure, afin de chasser loin le prince des ténèbres.

4. Entrez donc" vous aussi, dedans la forteresse, afin d'être à l'abri de ceux qui vous assaillent.

Restez sous le manteau de la Vierge Marie; vous serez protégé par les bras d'une mère. Oui, la prière de Marie met en fuite la tourbe acharnée des ennemis méchants: son aide nous arrache aux périls imminents.

Près d'elle, le pauvre trouve une demeure, le malade, un remède, l'âme triste, un repos. Près d'elle, celui qui chancelle trouve l'appui, et celui qui est abandonné, le secours.

5. Oui, c'est un bien, un très grand bien pour vous si vous vous savez montrer digne à ce point, en même temps que rempli d'attentions, pour plaire en toute chose à la Vierge Marie.

Vous méritez ainsi, ses grâces ici-bas, et sa gloire là-haut, en compagnie des saints.

Attachez-vous à elle et ne la quittez point, jusqu'à ce qu'elle vous ait accordé sa bénédiction, pour vous conduire au ciel.

6. O Marie, ô maîtresse remplie de clémence, au nom de l'amour pur et de l'attachement, que je repose à vos pieds, donnez, je vous prie, à mon cœur, un élan nouveau de confiance !

La crainte me poursuit et le doute me ronge: le désespoir m'assaille au fort des tentations: une chose seule peut encore me consoler: c'est que j'ai demandé à être entendu de vous, et que je me confie, ô mère, à votre cœur.

(Enchiridion monastique, IV.)

Homélie

I. – Devoir : le devoir est un âpre mot quand il désigne l'obligation qui lie tout homme à sa charge -- il devient un mot plein de douceur, quand il s'applique aux attentions volontaires que le cœur suggère pour un être aimé. Nos devoirs envers Marie doivent être ainsi. Ces devoirs si doux sont ceux d'un fils envers sa mère, d'un ami pour son amie. La pensée du ciel est une force, comme la pensée de l'amour est un entraînement. Élever ses pensées c'est s'élever tout entier: Altius cogita !

II. -- Il en est de la vie de l'âme, comme de la vie courante; bien penser est le commencement de bien faire. Avoir de grandes pensées, c'est préparer de grandes actions, L'exemple de Marie, ici, est plus qu'une démonstration -- c'est une attraction et un secours. Marie, dit l'Évangile, conservait toutes ces grandes pensées dans son cœur. Comme le dit Pascal, en effet, les grandes pensées viennent du cœur -- ce sont celles qui créent l'action. On a trop souvent reproché à la mystique de n'être qu'un rêve -- la mystique de l'Imitation est une action, car elle est la perfection.

III. --Cette action est ardue et souvent décourageante; aussi, l'âme demande à Marie la confiance, pour pouvoir atteindre le but de la vie spirituelle, qui est le ciel.

Méditation

Sur les beautés de Marie

Le rêve de toute âme serait de voir Marie dans sa splendeur céleste. Dante fit ce rêve et chercha à le traduire dans son Paradis. Il nous représente Marie sous la figure d'une auréole d'or immaculée et il ne la nomme que par des noms de fleurs "rose épanouie", "lis plein de blancheur", "tige parfumée", "arbre odorant", "lyre qui chante", "saphir qui brille", "flamme qui monte", "arche qui s'élève". Il ne la voit qu'au milieu des fleurs, entourée d'étoiles, couronnée de splendeurs. Elle résume pour lui, tout ce qui charme ici-bas, dans la figure d'une jeune fille, d'une vierge -- la grâce qui s'étend en reflets, la beauté qui rayonne en éclats, l'amour qui jaillit en élans.

Devant cet éblouissement, le poète ferme les paupières et se met à genoux, en étendant les bras. Ainsi, semble-t-il, devons-nous faire, pour contempler les beautés de Marie.

"Regarde, lui dit alors S. Bernard, la figure de celle qui ressemble le plus à Jésus: elle seule, par son éclat, pourra te dispenser de voir le Christ." Marie est belle, en effet, comme sont belles toutes les âmes, par le reflet du Christ en nous.

PRATIQUE -- Imiter les Saints qui portaient les devises et les insignes de Marie, comme le scapulaire et le chapelet.

PENSÉE. -- Le souvenir de Marie est secours et une élévation. Adjuvat et sublevat.






CHAPITRE VI

DE LA PUISSANCE ET DES POUVOIRS DE MARIE

SOMMAIRE: -- I. Intervention de Marie pour nous. -- II. Nos obligations envers elle. -- III. Prière pour lui demander la lumière et la protection.

I

I. Marie est, à l'égard de ses pieux serviteurs, fidèle en ses promesses et généreuse dans ses dons. Elle jouit de la vénération des anges, et cependant elle agrée les offrandes des hommes. Elle s'attendrit aux larmes des malheureux, compatit aux douleurs de ceux qui souffrent, vient en aide aux combats de ceux qui sont tentés et s'incline toujours vers tous ceux qui la prient.

Tous ceux qui vont avec confiance et dévotion se réfugier auprès d'elle et invoquent son nom, trouvent en elle l'abondance et la consolation.

Reine, elle commande aux anges dans le ciel, et peut les envoyer au secours des malheureux.

2. De même, elle a l'empire partout sur les démons et peut les empêcher de nuire à ses serviteurs,

Oui, les démons redoutent la reine du ciel, et son nom seul suffit pour les mettre en déroute.

Ils tremblent au nom terrible et saint de Marie, devant ce nom qui fait la joie des chrétiens, et n'osent plus, désormais, se montrer devant nous, ni tenter de nouveau leurs assauts captieux.

Dès qu'ils entendent ce nom saint retentir, comme devant un éclat de la foudre du ciel,

ils tremblent, se prosternent et s'enfuient.

Et plus souvent ce nom est par nous prononcé plus il est invoqué avec dévotion et piété plus vite aussi les démons s'écartent loin de nous.

II

3. C'est donc pour nous un devoir sacré entre tous, que d'aimer en tout temps, le saint nom de Marie.

Il doit être, pour tous les fidèles, un culte pour les religieux, une méditation, pour les gens du monde, une dévotion" pour les pécheurs, une vénération, pour ceux qui souffrent, une consolation, dans tous les dangers enfin, une protection.

Marie est, en effet, toute proche de Dieu: toute chère à son Fils bien-aimé Jésus: toute puissante dans son intercession en faveur des infortunés fils d'Adam, à la fin d'obtenir et pardon et secours.

Dans toutes les circonstances de la vie, elle peut intervenir près de son fils pour obtenir miséricorde aux coupables.

Elle est, elle aussi, comme Jésus lui-même, toujours écoutée, pour l'honneur qui lui est dû.

4. Ainsi donc, que tout pieux chrétien s'empresse de se réfugier en hâte auprès de Marie, s'il veut échapper aux naufrages du monde et parvenir au port de l'éternel salut.

Nous pouvons attendre, en effet, beaucoup d'elle, car, bien que placée au-dessus de nous tous, elle aime à s'incliner vers le moindre de nous, heureuse de se dire avocate des malheureux, et plus heureuse encore, mère des orphelins.

5. O Marie, douce mère, mère aimée, entre toutes, vous êtes l'étoile à l'horizon des mers, l'étoile qui sourit aux nautoniers perdus, l'étoile qui conduit au havre de la paix.

Qu'elle monte vers vous, qu'elle monte, ô Marie, ma naïve prière ! Et qu'il s'élève aussi

l'élan de mon désir, vers vous, ô ma reine adorée. Défendez ma cause au tribunal de votre fils,

car nul, devant lui, ne se trouve innocent.

(Sermons aux Novices, XXIII.)

Homélie

De la protection de Marie

La puissance et le pouvoir ne sont intéressants dans les mains d'un protecteur que s'il les exerce en faveur des protégés.

I. -- L'intervention de Marie pour nous, pauvres pécheurs, est nécessaire dans tous les états de la vie.

Mais surtout au moment des tentations -- alors surtout sa protection nous est utile. -- Les tentations ne nous viennent pas seulement du dehors; elles naissent en nous-mêmes .plus encore qu'autour de nous.

II. -- Quelles sont-elles ? Chacun les sait et les connaît. Allons donc à Marie au moment de ces luttes intimes, pour lui demander un secours et pour y recevoir une consolation -- Solamen et dictamen.

III. -- Le fidèle demande ici à la Mère, la lumière pour connaître Sa voie et l'aide pour pouvoir bien la suivre. Allons à Marie, comme à une mère et comme à une reine.

Méditation

Du rôle de la Mère en Marie

Ce qui fait la grandeur et le charme de la maternité dans la femme, c'est la douleur et la tendresse: la douleur qui déchire le cœur, comme elle déchire son corps, pour donner la vie: la tendresse qui enchaîne l'enfant à la mère et la mère à l'enfant, de façon à ne former qu'un être, comme ils ne forment qu'une seule chair.

Tous ces caractères se retrouvent physiquement dans la maternité humaine de Marie, dans ses relations avec Jésus, et mystiquement, dans la maternité spirituelle de Marie vis-à-vis des chrétiens et plus spécialement des religieuses et des religieux.
Le poème de l'amour maternel, que chaque mère vit, souvent sans le savoir, se trouve dans Marie, avec plus de grandeur et plus d'éclat. Il faut savoir le comprendre et le méditer pour mieux le sentir et le traduire dans la vie: c'est le but de la méditation.

PRATIQUE. -- Offrir chaque jour à Marie, un sacrifice, si petit qu'il soit.

PENSÉE – La mère est, dans la vie, la nacelle et l'étoile: Stella et nacella.






CHAPITRE VII

DES GRANDEURS ET DES PRIVILÈGES DE MARIE

SOMMAIRE -- I. Grâces éminentes dont Dieu l'a revêtue. -- II. Privilèges uniques dont il l'a comblée. -- III. Prière pour lui demander sa grâce et sa médiation.

I

I. Pour arriver à connaître, du moins en partie, la grandeur et la dignité de la Vierge Marie, voyez, en abrégé, les grâces éminentes, dont Dieu l'a revêtue, en l'exaltant éminemment au-dessus des anges et des saints dans le ciel, au-dessus de tous les hommes sur la terre.

Elle est la Vierge sainte, elle est la mère aimée, dont il est dit, dans l'Église, par tout l'univers, "vous êtes élevée, sainte Mère de Dieu, plus haut que les anges, sur le trône des cieux".

Repassez avec soin, et les faits et les gestes des antiques patriarches: c'est de leur tronc qu'est née Marie, vierge et mère à la fois, telle une rose sans épine, au milieu des buissons.

2. De même que jadis fut figuré le Christ, dans sa naissance, dans sa mort et dans sa vie, par les patriarches, les prophètes et les rois, par les juges, les prêtres et les lévites, par des docteurs, enfin et par les scribes, en paroles, en symboles et en signes:

De même aussi, par une ordination divine fut annoncée pareillement, la Vierge Marie, par les vierges célèbres des temps passés, par les mères illustres, les veuves exemplaires, et par toutes les femmes vivant en sainteté.

3. Au témoignage des Saintes Écritures, Marie fut de tout temps, et demeure toujours, la vierge la plus sainte entre toutes les vierges, la femme la plus belle entre toutes les femmes, la mère la plus suave entre toutes les mères, la fille la plus pure entre toutes les filles, la maîtresse la plus douce entre toutes les maîtresses, la reine la plus illustre entre toutes les reines.
Dans elle se retrouvent en même temps. pour y vivre et briller d'un éclat sans pareil,
toute beauté virginale et tout charme moral, toute pensée divine et tout amour du cœur,
toute œuvre de vertu, tout bien de sainteté.

4. Marie n'eut jamais, avant elle, semblable, elle n'a point, aujourd'hui, sa pareille, elle n'aura plus, désormais, son égale.

De même que jadis, parmi les temples saint, celui de Salomon fut le mieux décoré, le plus riche, le plus célèbre, l'unique; ainsi, le temple symbolique de Marie surpasse en excellence les temples des saints et mérite, à lui seul plus d'amour et de gloire.

Prière

5. O Marie, étoile qui brille dans le ciel, vierge, Reine des cieux, souveraine du monde, nulle femme ne peut vous être comparée, quelles que soient les vertus dont le ciel l'ait ornée,

car vous êtes l'unique au milieu des élus.

Dieu le Père vous vit, dès avant tous les siècles, et vous créa sur terre, en les temps révolus, pour faire de vous, la mère de son Fils.

6. O miracle ineffable, ô joie inespérée !

Ce Fils du Dieu vivant, pour sauver l'univers, devient votre fils même et vous êtes sa mère.

Vous devenez ainsi, notre médiatrice, et la médiatrice de l'univers entier. O Marie, la plus belle de toutes les femmes, que l'univers entier vous glorifie donc, vous honore, vous chante et vous aime.

Que toute créature redise vos louanges, au ciel et sur terre, maintenant et toujours

(Sermons aux Novices, XXV.)

Homélie

De l'éminente dignité de la Mère de Dieu

I. -- Dans le langage évocateur de la poésie, quand nous avons comparé Dieu au soleil, nous assimilons Marie à la lune, comme à l'astre qui vient tout de suite après le plus grand.
Ainsi en est-il dans la réalité: Marie est, après Dieu, la plus belle et la plus grande merveille de l'univers.
La dignité et la grandeur d'un être humain viennent de ses fonctions.

Quelle grandeur plus sublime, quelle dignité plus éclatante que celles de "Mère de Dieu" ? Les Grecs avaient créé exprès, pour la désigner; un mot, qui ne s'applique qu'à Marie seule: Théotokos "celle qui crée un Dieu".

Tandis que les. autres créatures, sont créées par Dieu.

II. – Dans l'énumération des privilèges de Marie, la beauté, la douceur, la tendresse, la puissance, la force et la majesté, rien de pareil ne se trouve ici-bas. De même que le Temple de Salomon était seul dans le monde, ainsi Marie est unique dans l'ordre de la création. Mais si la grandeur effraye d'ordinaire, ici elle attire, car à la grandeur s'attache la tendresse, et la tendresse d'une mère.

III. – Aussi l'auteur demande à Marie, dans la prière finale, le secours de sa puissance et la protection de son amour: Tutamen et solamen.




Méditation

Des grandeurs et des tendresses de Marie

L'énumération des privilèges de, Marie est son plus bel éloge, dit S. Germain. Vous êtes ô ma mère, le panégyrique de tous les siècles et de toutes les sphères. Vous êtes grande et vous êtes puissante, vous êtes souveraine et vous êtes maîtresse, vous êtes reine et vous êtes femme, vous êtes celle qu'on nomme toujours et vous êtes celle qu'on ne peut nommer à sa valeur; vous êtes la mère et vous êtes l'ineffable.

Vos tendresses sont celles d'un cœur virginal, insérées dans une chair de mère. De même que la mère nous donne de son âme et de son corps, à la fois, en nous formant dans son sein, ainsi vous nous donnez de votre cœur et de votre substance, quand nous recevons Jésus, votre dans l'Eucharistie.

O grandeur inaccessible l O tendresse ineffable l

PRATIQUE – Réciter souvent les Litanies de la Sainte Vierge, qui sont le résumé de ses grandeurs.

PENSÉE. – O Marie, vous surpassez en grandeur et en suavité, toutes les créatures: Tu supergressa es universas, ô Maria !






CHAPITRE VIII

DES BEAUTÉS ET DES ILLUSTRATIONS DE MARIE

SOMMAIRE: – 1. Dans sa nation et dans sa race. – II. Chez tous les peuples et en tous lieux. – III. Prière pour demander l'espérance et la consolation.

I

1. 0 Marie, vierge illustre, vierge sans tache, engendrée de la race féconde des patriarches, nourrie dans la descendance sainte des prêtres,

ô Marie, honorée de la dignité des pontifes, annoncée par le chœur des prophètes, héritière de la grandeur des rois, fille illustre de la maison de David, gloire suprême de la tribu de Juda,

Héroïne sacrée du peuple vaillant d'Israël, symbole vivat de la nation sainte, enfant miraculeuse de parents bénits, vous méritez la gloire et la louange, vous méritez la tendresse et l'amour.

2. Vous êtes un trésor parmi toutes les femmes, vous qui, dès avant. que commencent les siècles, avez été choisie pour la mère de Dieu.

Les patriarches vous ont désirée, ô Marie, les prophètes voyants vous ont annoncée, les justes et les rois vous ont interpellée, le peuple d'Israël a soupiré pour vous, jusqu'au jour où vous êtes enfin apparue, ô Marie, pour le salut de ce monde en déclin.

II

3. Votre nom est proclamé dans tout l'univers, ô Marie ! Du lever au coucher du soleil, chez toutes les nations, les Juifs et les Gentils, les Grecs et les Latins, les Romains et les Scythes,

partout il est annoncé avec l'Évangile.

Partout aussi, et à tous les jours, votre nom est prêché dans les églises et les chapelles,

dans les cloîtres et les champs, dans les déserts. Il est redit par les petits et par les grands,

par les prêtres et les docteurs, par les prédicateurs, qui tous, également, cherchent à vous louer.

4. Oui, ô Marie, ensemble le chœur des justes unit ses accords et ses voix pour chanter vos attraits, votre grâce et votre sainteté.

Leur amour est si grand, leur prière si douce, qu'ils peuvent sans se lasser jamais, chanter, contempler, méditer et fêter vos mystères, au souvenir des paroles de la Sagesse: Ceux qui me mangent ont encore faim de ce pain: ceux qui me boivent ont soif encore de ce vin.

Prière

5. Venez donc, ô Marie, douce vierge que j'aime ! Venez, mon espérance et ma consolation !

Venez, car près de vous, quand j'entends votre voix, il me semble déjà posséder tous les biens,

il me semble être aussi à l'abri de tout mal.

Au souvenir de votre douce clémence, je viens me réfugier sous votre égide, ô Marie, vous qui savez toujours donner aux infirmes, la force, aux captifs, la liberté, soyez. pour moi toute miséricordieuse, soyez par votre amour, une mère pour moi ! Ainsi je sentirai, pour l'avoir éprouvé, combien vous savez consoler avec charme

Et combien vous pouvez défendre avec succès, tous ceux qui sont fidèles à vous servir.

(Soliloque de l'âme, ch. V.)

Homélie

De la splendeur de la race en Marie

I. -- La beauté parfaite porte un nom nouveau, c'est la splendeur: la splendeur est elle-même une vertu. Toute vertu a, en effet, un côté actif et un côté passif: elle produit des œuvres que nous voyons et elle est produite par des causes que nous ne voyons pas. En Marie, la splendeur et l'illustration opèrent ces merveilles qui font naître l'amour et l'admiration, qui entraînent les cœurs et élèvent les âmes. Laissons-nous entraîner vers Marie: Trahimur ad te, chante la Liturgie.

II. -- Cette splendeur provient, en Marie, de sa race et de sa descendance. Elle est l'héritière d'une lignée royale qui remonte de Joachim, à Salomon, à David, à Jessé, à Abraham, à Adam. Tige fleurie, rameau bénit qui portera le fruit divin de l'Eucharistie: Caro Christi, caro Mariae, dit S. Augustin.

III. -- Aussi, demandons-nous à Marie, avec le pieux auteur de l'Imitation, l'espérance qui est un bercement de consolation, attendant la réalisation de l'amour au ciel où nous verrons notre mère et notre reine dans toute sa splendeur.

Méditation

De la beauté féminine

La beauté n'est pas seulement un éclat, elle est aussi une harmonie: c'est cette harmonie des proportions qui constitue la perfection. L'homme qui posséderait cette harmonie serait l'homme parfait. Mais il y a dans la beauté de la femme un épanouissement plus lumineux et une grâce plus délicate, qui constituent le charme. Qu'elle soit reine on bergère, grande dame ou simple ouvrière, une femme peut s'affiner toujours plus qu'un homme et arriver à cette beauté harmonieuse des gestes sinon des formes, qui fera son charme particulier.

Ne doutez pas que ce soit là une vertu, au lieu d'une coquetterie, si elle est employée au service du bien et au perfectionnement de l'âme. Tout cela demande un effort, et un effort est toujours un acte de vertu. Cultivez donc, comme dit S. François de Sales, et votre visage et votre cœur, afin que le feu qui jaillit en ce cœur, illumine votre visage de l'éclat céleste, pareil à celui de notre divine mère Marie, la plus belle de toutes les femmes.

PRATIQUE -- Faire tous les jours un effort, pour être gracieux envers tous.

PENSÉE. -- Vous êtes toute belle, ô Marie: Tota pulchra es, Maria !






CHAPITRE IX

DES FIGURES ET DES SYMBOLES DE MARIE

SOMMAIRE -- I. Excellence et. perfection de Marie. -- II. Images et figures. -- III. Symboles et ressemblances. -- IV. Prière pour demander sa miséricorde et sa compassion.

I

I. Honneur, louange et gloire au Dieu, Très-Haut, qui vous donne, ô Marie, une grâce plus grande que celle de toutes les femmes dans ce monde, et qui vous donne, dans l'autre, une place de gloire, auprès de son trône, au ciel le plus élevé,

Au-dessus de tous les chœurs des anges et des saints.

2. O glorieuse et admirable Vierge Marie, mère, tout à la fois, et fille de votre Dieu, vous méritez tout honneur et toute gloire.

Vous êtes la plus grande, dans votre humilité, la plus belle dans votre virginité, la plus ardente dans votre charité, la plus résignée dans votre patience. .

Vous êtes ta plus douce dans votre miséricorde, la plus enflammée dans votre prière, la plus profonde dans votre méditation, la plus haute dans votre contemplation, la plus sensible dans votre compassion, la plus éclairée dans votre conseil, la plus puissante dans votre secours.

II

3. Vous êtes, ô Marie, la demeure de Dieu,

Et vous êtes encore, ô Marie, la porte du ciel, le jardin des délices, la source des grâces, la gloire des anges, le salut des hommes.

Vous êtes l'art de la vie, l'éclat des vertus, la lumière du jour, l'espoir des malheureux, la santé des malades, la mère des orphelins.

4. O vierge des vierges, toute belle et suave, vous avez encore dans vous, ô Marie, l'éclat de l'étoile, le charme de la rose, la beauté de l'aurore, la douceur de la lune, la profondeur de la perle, l'éclat du soleil.

III

5. Et vous êtes aussi, ô Vierge toute douce, pure dans votre vie, pareille à la brebis, simple dans votre cœur, semblable à la colombe, prudente à la façon d'une noble maîtresse, soumise à l'égal d'une humble servante.

O Marie, arbre saint, cèdre altier et sublime, vigne chargée de grappes, figuier couvert de fruits, cyprès haut et fort, palmier plein de gloire, en vous se trouvent réunis tous les biens, par vous nous sont promis tous les bonheurs.

6. Nous accourons donc tous près de vous, ô Marie, comme des fils auprès d'une mère adorée, comme des orphelins près d'une mère qu'on aime.

Par vos mérites, protégez-nous contre tout mal, par vos prières, délivrez-nous de tout péril !

Prière

7. O Marie, rose d'or, suave et belle à la fois, qu'elles montent jusqu'à vous, mes instantes prières

Voici que je frappe à la porte de votre demeure, assuré d'obtenir votre miséricorde

au milieu de mes peines et mes tribulations. Oui, vous êtes la mère des miséricordes, et vous donnez au pécheur l'espoir du pardon.

Votre tendresse, ô Marie, et votre bonté dépassent tout ce qu'on peut dire ici-bas. Vous êtes élevée au-dessus de la gloire, au-dessus des honneurs que possèdent les saints, plus haut que les vertus, la bénignité, la douceur et le charme des esprits bienheureux.

8. Et, s'il n'en était pas ainsi, ô Marie, comment pourriez-vous verser aux malheureux, tant de douceurs et tant de consolations, tant d'espérance et tant de contrition ?

Non, vous ne pourrez être épuisée jamais, car en vous naît la source de toute bonté. Vous êtes l'ornement des cieux, la joie des saints, et vous êtes le tabernacle du Saint des saints.

Nos ancêtres, vers vous ont longtemps soupiré, vous, la mère choisie et la vierge élue, pour accorder à tous le pardon sur la terre, et pour donner à tous le bonheur dans le ciel.

(Les Trois Tabernacles, chap. III.)

Homélie

Des images et des ressemblances

entre la Mère et les enfants





I. -- Les images et les figures de Marie, dans l'Histoire et dans la vie, sont données pour nous faire aimer et admirer notre mère, mais aussi pour nous rappeler que nous devons lui ressembler. -- Là ressemblance, même physique, entre la mère et les enfants, est un fait d'adaptation autant que de race. -- Nous pouvons par la contemplation, arriver à cette ressemblance avec Marie, qui appartient aux enfants d'une même mère.

II. -- Si on n'arrive pas à la ressemblance parfaite, on peut du moins, parvenir à une reproduction générale du modèle, qui en fait une image -- L'Écriture donne, de Marie; les images les plus douces et les plus grandioses. Elle est la demeure de Dieu, le jardin des délices, la porte du ciel, l'étoile du matin, le salut des infimes, la mère des pécheurs. Elle est la grâce et la suavité: elle est le rêve et la réalité de toute tendresse.

III. -- C'est le cantique du cœur, c'est la cantilène de la poésie que nous lui redisons avec l'auteur de l'Écriture, en la saluant comme une mère admirable.

Méditation

Du modèle et de l'imitation

Le modèle dans la peinture, est un sujet contemplé et aimé, que l'artiste cherche à reproduire le plus exactement qu'il peut, ou du moins, à imiter dans les plus grandes lignes.

Ainsi devons-nous faire en contemplant Marie.-- Pour nous former à son image, il faut nous transformer, car elle est la beauté et nous sommes la laideur: elle est formée d'une parcelle de la divinité et nous sommes façonnés d'une motte d'argile.

Mais l'argile est modelable et l'empreinte divine y met un rayon de lumière et de feu, quand elle se laisse pénétrer -- Ouvrons donc nos cœurs, ouvrons nos âmes à l'influence de la grâce. -- Il est d'autant plus aisé de le faire, que nous sommes entre les bras d'une mère.

PRATIQUE. -- Méditer, chaque jour, un mystère de la vie de Marie: Contemplare et mirare.

PENSÉE. -- Plus nous ressemblons à Marie, plus nous nous élèverons vers Dieu.






CHAPITRE X

DE LA DIVINE MATERNITÉ DE MARIE

SOMMAIRE:-- I. Merveille de grandeur pour Marie. -- II. Merveille de tendresse pour le monde. -- III. Prière pour demander la protection de Marie.

I

l. Voici qu'une merveille nouvelle apparaît dans la création, de par Dieu sur la terre: une femme enveloppe un homme dans sa chair.

Quelle est cette merveille, ô Seigneur Jésus, sinon votre conception par l'Esprit-Saint

et votre nativité de la Vierge Marie ?

C'est la nativité non encore entendue ici-bas: elle n'a pas encore eu de semblable sur terre, elle n'aura point jamais de pareille.

0 sainte et vraiment bienheureuse nativité qui met en fuite l'ancienne iniquité, et qui porte au monde une nouvelle sainteté.

2. Levez-vous, mère nouvelle, chantez, ô Marie, vous êtes la femme dont parle le prophète, vous êtes celle qui par votre enfantement méritez cette gloire ineffable, cette gloire indicible, car vous avez porté dedans vos entrailles, ô Immaculée, enfermé dans le sein virginal, celui que l'univers entier ne saurait contenir: vous êtes devenue ainsi, plus que tout l'univers.

Car cet enfant divin qui se fait votre fils, dès votre sein déjà nous apparaît un homme, sinon par la grandeur de son corps façonné, du moins par la vertu de sa divinité cachée.

Oui, votre fils, Jésus, ô bienheureuse mère, du jour de sa conception première, fut rempli déjà de grâce et de vérité.

II

3. Parlez donc, parlez au cœur de votre serviteur, ô maîtresse, car votre serviteur écoute !

Vous êtes ma souveraine, ô Marie, et bien plus, je le dis avec confiance, vous êtes ma mère, et Jésus, votre fils, est devenu mon frère. Oui, vous l'avez enfanté, non point pour le garder à vous seule, mais bien pour le donner au monde.

Aussi je ne veux plus donner le nom de mère à une autre que vous, ô Marie, sur la terre, car vous êtes la mère de Dieu et ma mère. Il n'est point ici-bas de femme égale à vous

par la puissance et la beauté, par la grandeur, pas la mansuétude, par la charité, par la douceur, par la compassion, par la fidélité, enfin, et par l'amour.

III

4. Je veux aujourd'hui, vous choisir pour ma mère, et je veux, ô Marie, me confier entièrement à vous.

Je voudrais que ce choix fût confirmé par vous a jamais; car il suffit pour moi, ô Marie,

de pouvoir être uni avec vous pour toujours. Je me réjouirai grandement dans votre nom, alors seulement et je dirai en les magnifiant, vos louanges pendant l'éternité, ô Marie !

(La vallée des lys, chap. VII)

Homélie

Des fonctions de la mère

I. -- Le rôle de la mère est non seulement de donner la vie mais de l'embellir. Une parcelle de son être est transmise par la mère à l'enfant. C'est la merveille de la création qui se renouvelle.

La filiation spirituelle a quelque chose aussi de cette création. C'est pourquoi, les enfants de Marie portent en eux, un rayon du ciel. Comme Jésus, qui était fait de la chair de Marie, nous pouvons être faits de son cœur. Marie est vraiment la Mère de Dieu: Théotokos, celle qui a enfanté un Dieu, comme dit l'Église grecque. Mais elle est aussi la Mère des hommes, Mater viventium, comme le chante l'Église latine.

II. – Après nous avoir fait naître à la vie de la grâce Marie nous aide à perfectionner en nous cette vie surnaturelle. La perfection se compose d'un tout harmonieux: le plus petit défaut dépare le modèle. Il faut donc s'attacher à faire disparaître toute imperfection. Y pensons-nous toujours ?

III. -- L'auteur demande à Marie, de l'aider à atteindre ce but et à réaliser ce vœu: ressembler à sa mère.

Méditation

De la tendresse maternelle

et de la tendresse filiale

L'amour du père est un acte de force, remuant et actif: L'amour de la mère est un élan de compassion, vibrant et passif: il porte un nom spécial, qui s'appelle la tendresse.

La tendresse est un amour fait d'inclination et de prévenances. Elle est toute douceur et toute grâce: elle est quelque chose de féminin.

S'il en est ainsi dans le cœur de la mère, il en est de même dans le cœur de l'enfant. Nous aimons d'un amour différent le père et la mère. L'amour du père est, le plus souvent, un acte de réflexion; l'amour de la mère est toujours un élan du cœur.

Ainsi en est-il dans la vie spirituelle. C'est ce qui fait que la dévotion à Marie est quelque chose de toujours doux et suave, quelque chose qui vient du cœur. Or, nous vivons plus par le cœur que par l'esprit.

PRATIQUE. -- Garder et regarder avec foi, les images et les médailles.

PENSÉE. -- Il faut penser à la mère, pour s'élever au-dessus des tentations.








DEUXIÈME PARTIE

MYSTÈRES DOULOUREUX

CHAPITRE XI

DU PIEUX PATRONAGE DE MARIE

SOMMAIRE: -- I. Grandeur et beauté de l'aide de Marie. -- II. Puissance et fécondité de sa protection. – III. Prière pour lui demander son secours.

I

I. Heureux celui qui sait prendre, dès cette vie, et Jésus et Marie, et les anges et les saints, pour guides au chemin et conseils dans le doute, pour maîtres au travail, et lecteurs au repos, pour compagnons chez lui et amis au dehors, pour aides aux combats et secours aux périls, pour patrons à la mort et juges au jugement, pour avocats près de Dieu et héritiers an ciel.

2. Vous, qui voulez quitter le monde et ses attraits, que Jésus et Marie soient vos seules amours: que Dieu soit votre père et Jésus votre frère: que Marie, désormais, soit votre unique mère.

Prenez pour anis, les anges, pour frères, les malheureux pour compagnons, les humbles et les pauvres.

3. Voilà la famille sainte et la race féconde, que Dieu fonde pour vous et qu'il aime.

Elle a pour base, la foi; pour force, l'espérance; pour ornements, la patience et la charité. Tressaillez donc et chantez, âme fidèle, comme chanta jadis, Marie devant Dieu, en tressaillant au jour de sa grande allégresse quand descendit en elle Jésus, son Sauveur.

Louez le Seigneur, louez-le grandement et dites à Marie: Je me réfugie aujourd'hui près de vous, ô ma mère, et requiers humblement votre appui. Vous pouvez, ô Marie, obtenir de Jésus, tout ce que vous voudrez lui demander pour nous.

III

4. Si vous êtes avec nous pour lutter, ô Marie, qui donc oserait se lever contre nous ?

Et si vous nous donnez votre protection, qui donc, jamais pourra nous repousser ? Étendez, sur moi, étendez vos bras, ô Marie, car je veux établir mon refuge à leur ombre. Dites à mon âme: je suis ton avocate, ne crains rien. Comme une mère console ses fils, ainsi je vous consolerai vous, ô mon enfant,

Combien vos paroles sont douces, ô Marie, et combien votre voix me console, ô ma mère ! Donnez à mon cœur, de l'entendre toujours.

(Les Dévotes Oraisons, Or. III.)

Homélie

De l'influence de la femme et

de la mère dans le monde

I. -- Le souvenir, comme la vue, de la mère, est le plus puissant excitateur de la bonté dans le monde. La vie des peuples civilisés est tout entière organisée pour plaire à la femme: la poésie, l'art, la mode, tout est fait pour elle. On peut dire aussi que c'est elle qui fait naître la poésie et l'art, quand elle sait l'inspirer.

A ce point de vue, l'influence de Marie se trouve marquée dans les plus beaux chefs-d'œuvre de l'architecture et de la peinture dans le monde. Rien n'est beau sans la mère dans la vie.

II. -- La femme possède un charme de plus quand elle est mère. L'histoire des peuples est faite des récits héroïques et des belles actions accomplies par l'amour maternel. Ni les Grecs, ni les Romains ne seraient arrivés au degré de civilisation et de beauté que nous admirons, sans le culte de la maternité.

La Religion chrétienne est, elle aussi, plus grande, plus belle et plus attrayante, à mesure que le culte de Marie, la mère et la femme idéale, se développe et s'inscrit dans la pratique et .dans l'art.

Méditation

De la puissance de la femme

Volontiers, de par sa nature même, la femme aime à protéger et à embrasser, comme pour défendre et attirer à elle. C'est que la puissance de la femme est dans son attrait et dans sa fonction: tandis que le pouvoir de l'homme n'est que dans sa force. Les anciens avaient symbolisé ces fonctions en donnant aux rois un sceptre de fer et aux reines un sceptre de fleurs. L'un domine par sa force, l'autre par sa grâce.

La grâce est une puissance à laquelle rien ne résiste: un sourire peut briser ou transformer une vie. Que la femme chrétienne se serve de cette puissance pour le bien. La piété, dit S. François de Sales, doit rendre la femme plus gracieuse encore, car elle doit avoir et la grâce divine et la gracieuseté humaine.

PRATIQUE. -- Chercher à reproduire, même dans la forme extérieure, la grâce royale de Marie.

PENSÉE. – Marie est la beauté et la grâce: Speciosa et formosa.






CHAPITRE XI

DES JOIES ET DES ALLÉGRESSES DE MARIE

SOMMAIRE: -- I. Excellence et grandeur de ses allégresses. -- II. Comment nous pouvons y participer. ~ III. Prière pour demander la joie du cœur et la sérénité de l'âme.

I

1. Aucune langue, ici-bas, ne pourra dire les allégresses et les joies de la Vierge Marie:

Aucune raison, jamais, ne pourra comprendre l'abondance de ses jouissances de vierge, la grandeur de ses consolations de mère: Car, plus l'infusion de la grâce est abondante, plus aussi le don de l'allégresse est nombreux: de même, plus les visites de Dieu sont fréquentes, et plus aussi le désir et l'amour sont ardents.

2. Imitez donc, vous aussi, la mère du Sauveur, afin d'être comptés au nombre de ses enfants.

Cherchez, de même, avec attention, à marcher sur les pas de Marie au chemin des vertus, afin de parvenir à la gloire avec elle.

II

3. Ayez grande douleur pour vos tiédeurs passées, pour vos défauts, hélas ! non encore domptés.

Priez ensuite, afin que toutes les créatures glorifient le Seigneur et observent ses lois. Enfin, remerciez pour les divins bienfaits accordés par la voie de la Mère de Dieu.

4. Rendez-lui tout honneur et toute révérence, car, si la loi naturelle oblige les enfants à aimer notre mère selon la chair, combien plus devons-nous témoigner d'affection et montrer de tendresse à la Mère de grâce ? C'est un devoir d'aimer entre toutes les mères, celle qui est, à la fois, la Mère de Dieu, la Mère de l'Église et notre propre Mère.

Prière

5. Comment pourrai-je être triste en mon cœur quand vous lui dites vos consolations, ô Marie

Comment pourrait-il craindre l'ennemi, celui qui peut, à tout instant, recourir à vous Inclinez donc, ô Mère remplie de tendresse, inclinez vos oreilles à mes humbles prières!

Inclinez-vous, ô Mère, remplie de tendresse, comme Rebecca, vers votre serviteur, et donnez-lui quelques gouttes à boire.

Versez en moi une part, si petite soit-elle, de cette grâce et de cette douce consolation

qui est en vous mystérieusement cachée.

Elle est, en tous les temps, désirable pour tous, elle est toujours, de même, agréable à recevoir; elle m'est indispensable en ce moment.

La goutte la plus légère instillée sur mes lèvres, par vous, ô Marie, m'apparaît si puissante à la fois, et si grande en son excellence, que tous les plaisirs en dehors d'elle ici-bas, semblent vils, sans valeur et pareils au néant.

(Les Dévotes Oraisons, Or. III.)

Homélies

Des joies et des réjouissances chrétiennes

La joie est un sentiment qui agrandit le cœur et le fait battre avec plus de force. La joie dilate, exalte et magnifie. La tristesse, au contraire, resserre et diminue la vie

I. -- Marie, qui eut dans sa vie, tant de causes de tristesses et tant de sujets de douleurs, est appelée cependant par l'Écriture : la mère de la sainte allégresse: Mater pulchrae laetitia. L'allégresse est la vertu qui fait éclater au dehors, la joie, pour réjouir les autres. C'est donc un acte de vertu qui suppose un effort et un don de soi-même.

II. -- Marie, plus qu'aucune créature, eut ce don et pratiqua cette vertu. L'art chrétien, comme l'histoire religieuse, nous montre toujours la Vierge au milieu des fleurs, rayonnante de la lumière. C'est une image, mais c'est l'image d'une réalité sereine.

III. -- Nous sommes attirés par cette sérénité et le cœur est pris dans la contemplation divine. Aussi demandons-nous, comme une grâce, la joie et l'allégresse du cœur, pour les traduire au dehors par les réjouissances chrétiennes, qui dilatent les âmes.

Méditation

Du bon caractère

Le caractère se forme, comme se forme toute habitude de vertu. Avoir un bon caractère c'est être sur le chemin de la perfection.

Le bon caractère est tout d'abord, caractère, c'est-à-dire ferme et stable et non point changeant et variable, Il est, en second lieu, bon, ce qui veut dire, délectable aux autres.

Seuls les gens qui respirent la joie, ont un bon caractère. Les gens qui rechignent en tout, comme dit le langage courant, ne sont jamais d'un caractère agréable. Ils sont à charge aux autres et à eux-mêmes.

Formez votre caractère, pour qu'il soit stable, policez-le, pour qu'il soit doux: matez-le, pour qu'il soit serviable. Vous serez alors, à l'image de Marie, exultante de joie et magnifiant Dieu, dans votre vie de tous les jours.

PRATIQUE. -- Pour former le caractère, il faut souvent savoir le briser, en faisant ce qui plaît le moins.

PENSÉE. -- Gaude et laetare, virgo Maria. Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, ô Marie !






CHAPITRE XIII

DES EXULTATIONS ET DES TRESSAILLEMENTS

DE MARIE.

SOMMAIRE: -- I. Comment Jésus est la source de ses exultations. -- II. Comment nous pouvons avoir part à ses tressaillements. -- III. Prière pour demander la grâce de la contemplation.

I. Mon âme a tressailli devant Dieu, mon Sauveur.
Tressaillez encore, tressaillez, ô Marie, car vous donnez au monde les joies de son salut.

Réjouissez-vous, ô Mère Immaculée, car vous gardez l'honneur de la virginité.

Exultez d'allégresse, vierge devenue mère, car, seule, vous avez été préservée des malédictions qui pèsent sur les femmes.

2. Vous pouvez vraiment tressaillir devant Dieu.

Car celui que la terre et le ciel réunis, ô Marie, ne peuvent contenir, vous l'avez dedans vous.

Vous le réchauffez, vous-même, dans vos bras.

Vous le placez, vous seule, avec joie dans sa crèche, vous seule encore, ô Mère, pouvez adorer Jésus, votre fils, né de vous, dans le temps.

Celui qui, au-dessus de vous, avant le temps, possède Dieu pour père dans l'éternité.

Vous seule aussi rendez les devoirs de mère au Dieu qui vous confère la maternité. Vous seule, enfin, pouvez exulter vraiment en celui qui vous rend et sublime et céleste.

II

3. Que le ciel et la terre vous louent donc, ô Marie, que toutes les créatures redisent vos louanges!

Que tout mon être tressaille en votre présence, que mon âme vous exalte, ô Mère aimée !

La langue est impuissante à dire vos grandeurs et l'esprit à concevoir vos émerveillements.

Aussi je ne puis que m'incliner humblement devant vous, ô Marie, et vous dire en priant: recevez-moi dans vos bras, ô ma Mère, écoutez avec amour les soupirs de mon cœur. Et recevez avec moi, tout ce qui m'appartient.

Mon âme est haletante à la vue de Jésus, car elle sait qu'en lui seul se trouve son bonheur.

Montrez-moi donc ce trésor de mystère que vous gardez caché dedans vous, ô Marie

4- Oui, je crois qu'il est le fils unique du Père, et je crois aussi, qu'il est votre fils premier-né, mystérieusement né de votre virginité.

Je sais qu'il est mon Dieu, mon sauveur et mon père et je sais qu'il a voulu vous prendre pour sa mère.

Oh ! je veux le voir par vous, votre fils, ô Marie, et je le veux, ensuite, adorer dans vos bras.

Ô Mère, vous l'avez enveloppé de langes, aussi, ne peut-il pas être vu sans votre aide.

Et si vous ne daignez nous le montrer vous-même, qui méritera de le regarder jamais ? Par vous seule nous avons accès près du Fils, et par le Fils nous arrivons auprès du Père.

5. Montrez-moi donc Jésus: il suffit à mon âme.

Je ne cherche et ne veux avoir d'autre père que Jésus, votre fils, mon Sauveur et mon Dieu.

Ô Mère, j'ai désiré d'un grand désir voir ce .Jésus, que vous, vous aimez plus que tous!

Mon âme soupire et veut le contempler, mon cœur tressaille et veut le posséder..

6. Si vous



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