Créer un blog Présentation

Nom du blog :
jubilatedeo
Description du blog :
Catéchèse catholique -Messe du jour (commentaire et homélie) -Les Saints du jour (leurs vies)
Description audio !

Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
28.05.2007
Dernière mise à jour :
15.10.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· Au Baptême (2)
· Catéchisme (6)
· Découverte (11)
· Gustave doré (47)
· Histoire de l'Église (2)
· Images (73)
· Imitation de la Bienheureuse Vierge Marie (1)
· L'Eglise et la mission (2)
· L'Esprit Saint (21)
· L'évangile de St Jean (3)
· L'imitation de Jésus-Christ (117)
· La Confession (2)
· Le mal, la souffrance, le silence de DIEU et le mystére du CHRIST (3)
· Le Rosaire (4)
· Le Saint Sacrement (2)
· Les Litanies (10)
· Les Saints (392)
· Livre de la Sagesse (8)
· Meditation (34)
· Petit lexique du Christianisme (1)
· Radio Chretienne (2)
· Saint Augustin d'Hippone (9)
· Saint Ignace de Loyola (1491 - 1556) (12)
· Saint Jean Chrysostome (6)
· Sainte Faustine L' APÔTRE DE LA MISÉRICORDE DIVINE (16)
· sites chretiens (11)
· Traité de la Confiance en la Miséricorde de Dieu (50)
· Video (30)

Navigation

Accueil
Livre d'or jubilatedeo
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· SITES INTERNET BIBLIQUES
· sites chretiens 2
· L'absence de Dieu... une autre forme de présence
· « Soyez sans crainte »
· Demander pardon et pardonner aux autres
· Sites chrétiens
· Le règne de Dieu est tout proche de vous
· le CARÊME : Préparation à la Pâque
· Je suis l'alpha et l'oméga
· Christ Roi

Statistiques



Recherche personnalisée

Derniers commentaires

L'amour
18.09.2008
le dictionnaire biblique
16.09.2008
quizz
08.09.2008
rectifier
01.09.2008
invitation à donner son avis
15.08.2008
question
30.06.2008
Des solutions
16.06.2008
intention
17.05.2008
oups
14.04.2008
reponse pour jubilatedeo
14.04.2008
viens voir !
14.04.2008
INVITATION
07.04.2008
L'homélie du jour
02.03.2008
pouvez vous m'aider je suis perdu?
19.02.2008
Chanson superbe!!!!!!!!!!
03.12.2007
Bonjour
25.11.2007
l'amour
31.10.2007
oui
18.06.2007
bonjour
04.06.2007
RSS

Autres blogs à visiter :

· islamidiens
· untresorgraver
· auto23652
· evangilepourtous
· initiationauserviceetalamourdivin
· lumiereduverite
· oummi
· misjedzieciradosc
· chrysalidebleue
· deroger

L evangile de St Jean

Évangile selon Saint Jean (3éme partie )

Posté le 04.06.2008 par jubilatedeo
LE TRIOMPHE DE LA LUMIÈRE


Non un désaveu mais un complément des Synoptiques

On ne s'étonnera pas de n'y point retrouver, il s'en faut de beaucoup, la totalité du contenu de MATTHIEU MARC et LUC, depuis longtemps diffusé dans toutes les communautés chrétiennes fût-ce, pour l'essentiel, par la prédication orale, lorsque l'Évangile de JEAN est composé et proposé en "livre" il est évident que son auteur tient pour bien connus et communément admis par ses lecteurs les principaux enseignements du Christ, du moins dans leurs grandes lignes, et les principales oeuvres par lui accomplies durant sa vie terrestre.
Ainsi s'explique jusqu'à son silence sur un fait capital : l'acte même par lequel Jésus institua l'Eucharistie ( MATTHIEU, chap. 26, vers. 26-28 ; MARC, c. 14, v. 22-24 ; LUC, c. 22, v. 19-20; cf. 1 CORINTHIENS, c. 11, v. 23-25); alors que le discours sur "le Pain de vie", dont les autres ÉVANGILES ne portent que d'infimes et bien incertains échos, non seulement l'annonce, mais en définit si nettement la nature et l'effet (JEAN, chap. 6, vers. 48-58). C'est que pour tous, dès le tout premier âge de l'Église, il va de soi que cette célébration par excellence du culte chrétien, participation toujours nouvelle au sacrifice unique du Calvaire, est institution du Christ.

On comprendra mieux encore que JEAN ne recense ni tous les propos de Jésus, regroupés dans les grands discours des Synoptiques ou illustrés dans les Paraboles, ni toutes les données de sa biographie : il ne fait pas la moindre allusion à "l'Évangile de l'Enfance", fût-ce à la filiation davidique et à la nativité à Bethléem, alors qu'il relève le doute des incrédules sur ce point ; et certains grands moments de la Vie publique elle-même ne sont pas même évoqués, ou le sont de manière si subtilement allusive qu'on ne saurait les identifier avec la moindre assurance : ainsi de la Transfiguration (cf. chap. 12, vers. 28 ?).

Parmi les "oeuvres de puissance" ou "miracles" accomplis par jésus pour authentifier sa mission divine au regard de ceux qui, par interprétation littérale d'oracles prophétiques (ISAÏE, c. 29, v. 18 ; c. 32, v. 3 ; c. 35, v. 5-6 ; c. 42, v. 7 ; etc. - cf. MATTHIEU, c. 11, v. 5 ; LUC, c. 7, v. 22), les attendaient du Messie ou du "Temps messianique", et rapportés en grand nombre par les Synoptiques, JEAN ne retient que quelques-uns. "Signes" particulièrement choisis pour faciliter l'accès à la foi par adhésion aux grandes vérités que précise "l'Évangile spirituel" : sur la mission et la personne du Christ, "vrai Dieu et vrai homme", source de toute Vie et de toute Lumière. Encore ce choix diffère-t-il de celui des trois premiers Évangélistes. II s'arrête parfois aux mêmes faits (ex. : chap. 6, vers. 1-21 = MATTHIEU, c. 14, v. 13-33 ; MARC, c. 6, v. 30-52 ; pour partie, LUC, c. 9, v. 10-17) ; mais dans l'abondance des "signes" donnés par jésus en présence de ses disciples" (cf. JEAN, chap. 20, vers. 30-31), il retient surtout de ceux qu'aucun autre ne cite (chap. 2, vers. 1-11 ; c. 4, v. 46-54 ; c. 5, v. 1-9 ; c. 9, v. 1-7 ; c. 11, v. 1-44 ; etc.).

D'aucuns ont cherché en certains de ces récits particuliers à JEAN la relation d'événements déjà exploités par ses prédécesseurs, mais sollicités de manière différente. A quoi bon hasarder de telles hypothèses ? Celui qui guérit le serviteur du centurion ou le paralytique de Capharnaüm, et ressuscite le fils de la veuve de Naïm ou la fille de Jaïre (MATTHIEU, chap. 8, vers. 5-13 ; c. 9, v. 1-8, 18-19 et 23-25 ; MARC, chap. 2, vers. 1-12 ; c. 5, v. 22-24 et 35-43 ; LUC, chap. 5, v. 17-26 ; c. 7, v. 1-17 ; c. 8, v. 41-42 et 49-55) a pu bien sûr guérir aussi l'enfant d'un officier royal (JEAN, chap. 4, vers. 46-54), ou un infirme de la piscine de Bézatha (chap. 5, vers. 2-9) et ressusciter Lazare (chap. 11, vers. 38-44).

Le temps et le lieu ne prennent qu'exceptionnellement une importance considérable. Comme MATTHIEU, MARC et LUC, et peut-être avec plus de précision qu'eux, l'Évangile de JEAN insiste alors sur l'un et l'autre (ex. JEAN, chap. 13, vers. 1 ; c. 18, v. 28 ; c. 19, v. 14 ; c. 20, v. 1). Mais, lui aussi fidèle assurément dans sa teneur globale, il n'est pas lui non plus le journal de marche rigoureusement daté au jour le jour dont rêveraient nos historiens modernes.

La plupart des critiques estiment cependant que, malgré l'incertitude où nous sommes de lire le texte dans l'ordre où il fut d'abord publié dans les années 95-100 - le chapitre 5 notamment semble avoir été déplacé -, la chronologie selon JEAN, comme le tracé des pérégrinations de jésus et autres localisations qu'il définit ou suggère, serrent de plus près la réalité historique que ne le font les mêmes éléments tirés des Synoptiques, rédigés sur un plan conventionnel exigeant ; rappelons que ce plan répartit en quatre volets le ministère du Christ : dans une phase préparatoire, puis en Galilée, dans une "montée vers Jérusalem", enfin dans la Ville Sainte elle-même. La "Vie publique" y parait tenir tout entière, avec une seule Pâque, en moins de deux ans.

C'est plutôt trois, avec au moins trois célébrations de la Pâque (cf. chap. 2, vers. 13 et 23 - c. 6 ,v. 4. c. 11, v. 55 ; c. 12, v. 1 ; c. 13, v. 1 ; c. 18, v. 28, etc.) que lui accorde l'Évangile de JEAN. De plus, les diverses allées et venues de Jésus qu'il mentionne ne semblent relever quant à elles d'aucune convention. Quant au long séjour à Jérusalem, commencé à la fête des Tabernacles (octobre - cf. chap. 7, vers. 10), seulement interrompu par une retraite en Pérée (cf. chap. 10, vers. 40-42), et qui mène à la condamnation (dès chap. 11, vers. 50), puis au Calvaire à la veille de la Pâque (probablement avril - cf. chap. 19, vers 14), il explique mieux l'exaspération progressive de la haine vouée par les princes des prêtres et les pharisiens au "dangereux novateur" qui prêche et agit sous leurs yeux. Sans doute JEAN précise-t-il enfin avec raison que l'ultime repas pris par Jésus au milieu de ses disciples, à la veille de sa Passion, eut lieu "avant la fête de la Pâque" (chap. 13, vers. 1), du moins selon la date prévue par le calendrier officiel. Alors que la lettre des Synoptiques parait donner la dernière Cène pour le repas rituel du "premier jour des Azymes" ; même s'il faut interpréter "au premier jour AVANT les Azymes", le fait impliquerait que jésus et d'autres condamnés furent exécutés au Golgotha durant la fête elle-même. Hypothèse invraisemblable. Le festin eucharistique, au regard de tous les Évangélistes, est bien un "repas pascal", mais celui de la Pâque chrétienne, dont le Christ est "l'agneau immolé".

Ainsi "l'Évangile spirituel" apporte-t-il lui-même un précieux appoint à l'histoire, et singulièrement sur les circonstances de la Passion. On y trouvera d'autres richesses en chacun de ses trois volets.

Dans le premier (chap. 1, vers 19 à chap. 12) dominent les témoignages qui portent sur la révélation du Christ à tous les hommes de bonne volonté ; dans le second (chap. 13 à chap. 17), ceux qui concernent surtout la préparation des Apôtres à leur mission évangélique ; dans le dernier enfin (chap. 18 à chap. 21), ceux qui touchent à la Passion, à la Mort et à la Résurrection du Sauveur.



--

Évangile selon Saint Jean (2éme partie)

Posté le 03.06.2008 par jubilatedeo
"La vie et la lumière des hommes..."

"l'évangile spirituel"

Le Prologue (chap. 1, vers. 1-18) est un morceau de gloire de l'Écriture chrétienne. II proclame celle du "Verbe" divin. En grec o Logos, qui signifie "la Parole" ou "la Raison", dans la perspective optimiste où celle-ci dicte celle-là. Le terme appartient au vocabulaire philosophique bien connu des milieux de quelque culture à Éphèse, où doit écrire l'Évangéliste, comme dans tout le monde hellénistique alors sous l'empire de Rome
Les stoïciens avaient fait de cette "Raison" divine l'âme de l'univers. Les auteurs inspirés des livres Sapientiaux assimilaient volontiers cette "Parole" de Dieu à l'éternelle Sagesse, parfois personnifiée (ex. PROVERBES, chap. 8 ; SAGESSE. chap. 7 à 9 ; ÉCCLESIASTIQUE, chap. 24), par laquelle le Seigneur crée et gouverne le monde, protège, enseigne et dirige les hommes. Or, dans la première moitié du 1er s. de notre ère, Philon d'Alexandrie avilit quelque peu les deux pensées, bien qu'il tente la synthèse des deux cultures dont elles sont nées : il fait du Logos un être spirituel, intermédiaire entre Dieu et sa créature, mais qui n'est à proprement parler ni de nature divine ni de nature créée ; conception dont s'inspire la gnose. C'était viser à la fois trop haut et trop bas : le "Verbe" célébré par le Prologue de JEAN est pleinement Dieu par génération éternelle, et pleinement homme par l'Incarnation.
Aucun esprit humain, si affiné fût-il, ou si préparé par l'Écriture ancienne à la présence du Très-Haut parmi son peuple, ne pouvait imaginer de lui-même l'humanité ainsi projetée en Dieu, et Dieu si près des siens. Il y fallait la révélation nouvelle. Celle qu'apporte, en venant "habiter parmi nous", "le Fils unique du Père..., plein de grâce et de vérité..., vie et lumière des hommes". Et il la fait connaître par son Évangile.
Chaque Évangéliste présente cette même "Bonne Nouvelle" selon son génie propre et, nous l'avons noté, selon les besoins estimés de ceux à qui il s'adresse. Le génie de Jean le pousse à la recherche de la doctrine à travers les événements vécus et les paroles entendues, qui ont fait l'objet d'une longue méditation sous l'influx de l'Esprit-Saint (" II vous enseignera toutes choses" : cf. JEAN, chap. 14, vers. 26 ; " Il vous guidera vers la vérité entière" : cf. c. 16, v. 13) lorsque paraît le quatrième Évangile : quinze à trente ans, ou plus, après MATTHIEU, MARC et LUC.

Ainsi relèvera-t-on, par exemple, que le récit de la guérison du paralytique de Bézatha conduit au discours sur les rapports divins entre le Père et le Fils (chap. 5) ; et le récit de la multiplication des pains, au discours sur le "Pain de vie" (chap. 6). Que la relation des débats avec les scribes et les pharisiens (chap. 7, vers. 14 à chap, 8, vers. 59) amène trois déclarations capitales par quoi le Christ se définit lui-mène : Source d'eau vive (chap. 7, vers. 37-38), Lumière du monde (c. 8, v. 12), Éternel dans son authentique filiation divine ("Je suis", drap. 8, vers. 24, 28 et 58 ; cf. c. 13, v. 19 ; ainsi s'annonce Yahvé : cf. EXODE, chap. 3, vers. 14 ; ISAÏE c. 43. s. 10 ci 13, etc.).
Que l'exposé de la querelle faite au malheureux délivré de sa cécité physique à la piscine de Siloé aboutit à l'enseignement sur la cécité morale de ceux qui refusent la lumière de la foi (JEAN, chap. 9). Ou que le récit, encore, de la résurrection de Lazare (chap. 11, vers. 1-45) illustre la parole clé du salut, prononcée par le Sauveur "Je suis la Résurrection et la Vie..." (vers. 25).

Souvent des remarques insérées dans le propos soulignent le sens qu'il prend une fois projeté dans l'ensemble du message évangélique, éclairé par l'expérience de l'événement, la réflexion personnelle et les lumières de l'Esprit. Au sujet de l'allusion du Christ au Temple qu'il reconstruirait en trois jours : "Il parlait du Temple du son corps" qui ressuscitera des morts, le troisième jour en effet ( "le premier de la semaine" après l'ensevelissement à la veille du sabbat -- chap. 2, vers. 21-22 ; cf. c. 19, v. 31 et c. 20, v. 1); de l'entrée triomphale du "roi d'Israël" à Jérusalem : les disciples n'y verront l'accomplissement des Écritures qu'après la glorification de Jésus (par sa Passion et sa Résurrection -- chap., 12, vers. 16 ; cf. vers. 23) ; de la prophétie de Caïphe : le grand prêtre "ne dit pas cela de lui -même car il annonçait la mort de Jésus, et non seulement "pour la nation" de l'ancien Israël, mais pour réunir en un seul peuple tous "les enfants de Dieu" rachetés par cette mort (chap. 11, vers. 51-52; cf. c. l0, v. 16)...

On découvrira bien d'autres passages où apparaît l'auteur attentif aux valeurs doctrinales, et aux explications utiles à leur appréhension à travers actes et paroles.

Afin de mieux servir son dessein, sans doute regroupe-t-il lui aussi tels ou telles de ceux-ci ou de celles-là, pour constituer des ensembles sur un même sujet, ou transmettre toute une série d'enseignements sur une même lancée. Sans doute use-t-il généralement, pour traduire les discours même du Christ. d'une langue un peu abstraite. Plus sensible aux auditeurs de bonne culture qu'au petit peuple de Galilée ou de Jérusalem en général, ou aux pêcheurs du lac de Génésareth en particulier. Sans doute se plaît-il à donner aux faits ou aux circonstances qui s'y prêtent une vertu de symbole, ou à exploiter le caractère typique des personnages et de leur comportement, dans la présentation qu'il en fait. Mais il s'agit là de forme, de procédés littéraires. Quant à la substance même de l'œuvre nul ne saurait douter de la fidélité du "témoin véridique",

Évangile selon Saint Jean (1ére Partie )

Posté le 02.06.2008 par jubilatedeo
LE TRIOMPHE DE LA LUMIÈRE ( Évangile de Jean )

"l'évangile spirituel"


lORSQU'IL caractérise le quatrième Évangile en le disant "spirituel", Clément d'Alexandrie, cité par Eusèbe, n'entend certes pas suggérer que les trois autres manquent de substantielle nourriture pour la spiritualité chrétienne. Mais l'épithète souligne que JEAN entraîne ses lecteurs plus avant que ne le font MATTHIEU, MARC et LUC, à la découverte des divins mystères de la Révélation nouvelle. Ainsi cet Évangile, qui témoigne comme les précédents de la vie historique et de l'enseignement du Christ sans avoir avec les Synoptiques les mêmes liens d'interdépendance dont ceux-ci tirent leur large concordance, fournit-il au Nouveau Testament un apport original, complémentaire, et singulièrement précieux.

A l'époque où s'exprime à ce sujet le grand docteur devenu le chef de l'école des catéchètes d'Alexandrie (vers 200), seuls quelques non conformistes doutent de l'authenticité scripturaire de "l'Évangile de JEAN", attestée par la liste des ouvrages que l'Église recevait pour inspirés vers l'an 180 (d'après le canon dit "de Muratori", traduction latine du VIII° s. d'un document grec primitif). Il apparaît d'ailleurs que la chrétienté en son entier ait accepté, dès sa publication, pour Écriture sacrée ce texte très tôt répandu tant en Occident qu'en Orient ; on décèle son impact dans la littérature chrétienne à partir des premières décennies du II° s.
La découverte d'un fragment bien identifiable dans un papyrus égyptien daté de ces années-là invite, compte tenu du temps nécessaire à la diffusion jusqu'en Égypte, à situer dans les dernières années du I° s. la rédaction de l'ouvrage. Les données proposées par l'analyse critique de celui-ci s'accommodent d'un auteur juif hellénisant sans prouesse, mais averti des disciplines d'avant-garde du judaïsme cultivées notamment par les cénobites de Qumrân probablement esséniens, aussi bien que des courants de pensée et des modes d'expression de l'hellénisme oriental du temps.

De fait, la tradition la plus ancien ne donne le plus souvent Éphèse ( beaucoup plus rarement Antioche ) pour lieu d'origine du quatrième Évangile, qu'elle attribue de façon quasi unanime à l'apôtre Jean, frère de Jacques et fils de Zébédée : celui qui fut, avec André, disciple de Jean-Baptiste (cf. JEAN, chap. 1, vers. 35-37) avant d'être appelé par le Christ au nombre des "Douze".

Une tradition encore, dont l'origine est elle aussi attestée depuis le II" s., veut qu'après le concile apostolique de Jérusalem (ACTES, chap. 15), l'apôtre jean ait résidé "en Asie", et qu'au retour de sa captivité au bagne impérial de Patmos où il aurait achevé l'APOCALYPSE (vers 95), il se soit fixé jusqu'à sa mort à Éphèse, capitale de "l'Asie romaine". Il y aurait de quelque manière fait un livre de "son Évangile", jusqu'alors prêché aux Églises de cette province sur lesquelles il veillait.

L'oeuvre du "disciple que jésus aimait"

Il est donc raisonnable d'admettre, en si bonne compagnie, que l'apôtre jean est bien l'auteur principal de l'Évangile qui porte son nom. Même si quelques modernes dont l'avis est souvent fondé sur des textes, peu ou insuffisamment explicites, de Papias (évêque d'Hiéropolis, II° s.) et d'Eusèbe (évêque de Césarée, IV° s.), voient en jean l'Évangéliste ° Jean le Presbytre" ; lequel aurait compté parmi les "disciples" du Christ, sans appartenir au collège des Douze. Il est vrai que d'autres, plus nombreux, défendent une position moins tranchée, pour l'essentiel conciliable avec le consentement des anciens. Tout en reconnaissant l'origine johannique de cet Évangile d'abord diffusé oralement, et donc progressivement adapté dans sa forme aux appétits spirituels et aux besoins des auditoires, avant d'être consigné par écrit --comme il en fut de tous, et plus longtemps de celui-ci puisque le dernier en date --, ils estiment que le texte dont nous disposons n'est peut-être pas de la main même de l'apôtre, mais de l'un de ses fils selon la foi et l'Esprit...

Mais peut-être l'auteur principal a-t-il été assisté par plusieurs : ceux qui authentifient l'ouvrage en soulignant que le témoin de tout ce qui fait sa teneur est "le disciple que Jésus aimait" (chap. 21, vers. 7 et 20 ; cf. c. 13, v. 23 ; c. 19, v. 26 ; c. 20, v. 2), et en affirmant que "son témoignage est véridique" (chap. 21, vers. 24).

Qui pourrait être ce disciple de prédilection, autre qu'un des trois qui reçurent les marques les plus éclatantes de la confiance du Maître ?... C'est-à-dire Pierre et les deux fils de Zébédée, seuls conviés par le Christ à se tenir à ses côtés en certaines circonstances solennelles ; telles celles qui révèlent sa toute-puissance sur la vie et la mort (cf. MARC, c. 5, v. 37 ; LUC. c. 8, v. 51), et le mystère de sa double nature : dans la gloire bien divine de la Transfiguration (cf. MATTHIEU, c. 17, v. 1 ; MARC, c. 9, v. 2 ; LUC, c. 9, v. 28) en présence "de Moïse et d'Elie" ("la Loi et les Prophètes"), vivants symboles de l'Ancien 'Testament venu du fond des âges à la rencontre du Nouveau ; puis dans les angoisses bien humaines de l'agonie au jardin de Gethsémani (cf. MATTHIEU, c. 26, v. 37 ; MARC, c. 14. v. 33), à la veille du sacrifice sur la Croix.

Or il ne peut s'agir ni de Jacques, frère de Jean, exécuté par Érode Agrippa Ier (cf. ACTES, c. 12, v. 1-2), lui-même mort en 44, c'est-à-dire plus d'un demi-siècle avant la rédaction du quatrième Évangile, ni de Pierre, vraisemblablement martyrisé à Rome dans les années 64-67, et du reste nettement distingué en toute occasion (ex. JEAN, chap. 21, vers. 7 et 20) du "disciple que jésus aimait". Celui-ci serait donc bien Jean, que seul son Évangile ne cite jamais par son nom, mais dont le critère d'identification se trouve proposé avec une touchante insistance par les témoins de son propre témoignage (chap. 21, vers. 20 et 24), apparemment soucieux de lever toute équivoque fondée sur la délicate discrétion de l'apôtre.


Sans doute ce chapitre 21 que conclut leur assertion est-il un ajout à l'œuvre déjà achevée; celle-ci comporte d'ailleurs d'autres brefs passages manifestement greffés, de manière moins voyante, dans le corps d'une première rédaction :
celui qui rapporte l'épisode de la femme adultère (chap. 7, vers. 53 à chap. 8, vers. 11) est le plus important et le moins contesté. Mais le fait que le livre ait été, probablement à plusieurs reprises, retouché, peut-étre remanié, et sûrement complété, par l'auteur en personne, par des collaborateurs qu'il a pu approuver ou des continuateurs autorisés à qui seraient dues quelques annotations (ex.: chap . 5, ers. 4) ou bribes recueillies de la tradition orale, ne change bien sûr rien à la valeur scripturaire, reconnue par l'Église, de l'ensemble tel qu'il nous est transmis ; et pas davantage au crédit que lui accordent les historiens de la littérature chrétienne du premier âge.

En son état, l'Évangile de JEAN s'impose globalement, par l'unité d'inspiration et de langage, comme une oeuvre homogène ; au demeurant fort bien structurée, du moins clans les grandes lignes de sa composition.
Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus