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jubilatedeo
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Catéchèse catholique -Messe du jour (commentaire et homélie) -Les Saints du jour (leurs vies)
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Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
28.05.2007
Dernière mise à jour :
15.10.2008
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Les Saints

Les Saints du jour

Posté le 15.10.2008 par jubilatedeo
Sainte Thérèse d'Avila. Pierre-Paul Rubens. XVIIIe.

Sainte THÉRÈSE D’AVILA (1515-1582)

Les Églises catholique et anglicane célèbrent aujourd’hui la mémoire de Thérèse de Jésus, moniale et réformatrice du Carmel.
Thérèse de Cépéda y Ahumada naquit en 1515 à Avila, dans une famille de la noblesse espagnole. Douée d’un tempérament de feu et d’une grande imagination, elle entra à vingt ans au Carmel du lieu, malgré la vive opposition de son père.
Toutes ses passions, Thérèse les fit passer dans sa vie intérieure ; elle connut une profonde intimité avec le Seigneur, mais elle eut aussi affaire à l’aridité, la « nuit des sens ». A quarante ans, grâce à ce qu’elle décrira dans son œuvre comme des expériences mystiques, elle trouva une stabilité spirituelle assurée, malgré sa mauvaise santé physique, conséquence indubitable des conditions de vie des monastères de son temps.
Sous la direction de François de Borgia et de Pierre d’Alcantara, puis de Jean de la Croix, Thérèse entreprit de fonder de petites communautés carmélitaines dans toute l’Espagne pour offrir aux moniales une vie de prière intense. C’est le début de la réforme du Carmel, qui touchera peu après aussi la branche masculine.
Parvenue à une vraie connaissance d’elle-même et de la présence de Dieu dans son âme, Thérèse laissa à la postérité, sur l’ordre de son père spirituel, des traités sur la prière et sur la vie intérieure qui lui ont valu le titre de docteur de l’Église sous le pontificat de Paul VI, en 1970.
Thérèse est morte le 4 octobre 1582 ; on fait mémoire d’elle le 15, parce que, ce jour-là précisément, l’Église d’Occident passa du calendrier julien au calendrier grégorien.

Lecture

Nous pouvons considérer notre âme comme un château qui est fait tout entier d’un seul diamant ou d’un cristal très pur, et qui contient beaucoup d’appartements, ainsi que le ciel, qui renferme beaucoup de demeures…
Considérons donc que ce château a, comme je l’ai dit, beaucoup d’appartements, les uns en haut, les autres en bas et sur les côtés, tandis qu’au centre, au milieu de tous les autres, se trouve le principal, celui où se passent les choses très secrètes entre Dieu et l’âme…
Vous ne devez pas considérer ces demeures comme si elles étaient l’une à la suite de l’autre et à la file. Portez les regards au centre du château. C’est là qu’est la chambre, le palais où habite le Roi…
La porte par où l’on entre dans ce château, c’est l’oraison et la considération…
D’ailleurs, quand il s’agit des choses de l’âme, il faut toujours les voir dans leur plénitude, dans leur largeur et dans leur amplitude, sans craindre d’exagérer, car la capacité de l’âme dépasse de beaucoup tout ce que nous pouvons imaginer ; enfin toutes les parties du château reçoivent la lumière du Soleil qui s’y trouve
(Thérèse de Jésus, Le château intérieur, Premières demeures).





Sainte Aurélie (+ 1027)
ou Aurèle.
Fille de Hugues Capet et sœur du roi Robert le Pieux, elle préfère le Christ à la vie mondaine. Pour cela elle quitte sa famille et rejoint saint Wolfgang, évêque de Ratisbonne, qui accepte sa vocation de solitaire et lui fait construire un ermitage.
Elle est vénérée à Strasbourg.



Saint Barsès évêque d’Édesse en Syrie (4ème s.)
Il fut relégué, à cause de sa foi catholique, par l’empereur arien Valens, en Égypte, aux confins de la Libye, et, épuisé par trois changements de lieu d’exil, acheva sa vie, en 379, un jour inconnu du mois de mars. (martyrologe romain)
"Saint Barsès, évêque d'Édesse en Mésopotamie, fut relégué d'abord dans l'île d'Arade en Phénicie. Mais Valens, ayant appris que les maladies qu'il guérissait par sa parole lui attiraient les peuples en foule, l'envoya en Égypte, à la ville d'Oxyrrhinque; et comme sa réputation y attirait encore tout le monde, il l'envoya en Thébaïde, à une place nommée Philo, sur la frontière des Barbares."
(source: Histoire universelle de l'Eglise Catholique de René François Rohrbacher)
http://books.google.fr/books?id=m-oQAAAAIAAJ&pg=PA59&lpg=PA59&dq=saint+Bars%C3%A8s,+%C3%A9v%C3%AAque+d%E2%80%99%C3%89desse&source=web&ots=3iLx3V0OES&sig=r9GPVweluJeT2SJofVmMI4Yxlrw&hl=fr&sa=X&oi=book_result&resnum=6&ct=result#PPA61,M1



Saint Cannat Evêque de Marseille (+ 487)
ou Gannat. Ce provençal ne voulait s'occuper que de Dieu, mais ses contemporains remarquèrent vite ses vertus et ses qualités. Il leur refusa de devenir leur évêque à Marseille, mais il dût se rendre à l'évidence : c'était la volonté de Dieu. Il gouverna l'Eglise avec bonté. Son corps fut inhumé à Sauzet qui prit très vite le nom actuel de Saint-Cannat.



Saint Euthyme le Jeune Fondateur du monastère de Peristeraï (+ 898)
L'une des plus marquantes figures du monachisme grec du 9ème siècle, il est le fondateur de laures et de monastères. Mais cet ermite de Thessalonique se retire au Mont Athos pour redevenir ermite au seuil de l'éternité.



Saint Gonsalve (+ 1422)
Il naquit à Lagos dans le sud du Portugal, province d'Algarve. L'Ordre des Ermites de Saint Augustin le vénère comme un saint qui, dès sa jeunesse, était d'une telle pureté que nul devant lui n'osait prononcer même une simple allusion qui pût blesser son extrême pudeur. Sa prédication, simple et directe, instruisait "les plus ignorants et les plus simples de la richesse de la Parole de Dieu."



Saint Jean de Souzdal (+ 1373)
C'est le patriarche de Constantinople qui le consacra évêque et lui donna la charge de l'évéché de Souzdal en Russie. Sa parole était simple mais d'une grande profondeur théologique qui lui venait de l'amour de Dieu dont il vivait. Grande fut son influence spirituelle. Quand il fut âgé, il se retira de sa charge et passa ses dernières années dans l'hésychia au monastère de Bogoliobov où il s'endormit en paix.



Saint Konogan (5ème s.)
ou Conocain ou Guénégan ou encore Albin (traduction française du mot breton qui signifie : blanc). Originaire d'Irlande, il s'en fut à l'abbaye de Landevennec dans le Finistère. Il succéda à saint Corentin sur le siège épiscopal de Quimper. Sa vie, sans doute exemplaire, fut ornée de beaucoup de légendes.



Saint Léonard (6ème s.)
Ermite dont l'influence fut grande dans la région du Mans. Sa mémoire se perpétue dans de nombreuses localités : 72590 Saint Léonard des Bois où se trouvait son ermitage, en particulier.



Saint Sévère Evêque de Trèves (+ 447)
Il fut le disciple de saint Loup de Troyes, le compagnon de saint Germain d’Auxerre pour déraciner en Grande Bretagne les erreurs de Pélage, et il annonça aux Germains l’Évangile du Christ.



Sainte Thècle de Kitzingen Abbesse bénédictine, compagne de saint Boniface (+ 790)Parente de sainte Lioba, elle fut, comme elle, moniale à Winborne. Quand saint Boniface, l'évangélisateur de la Germanie, fit appel à elles, elles le suivirent. Sainte Thècle devint abbesse de Kitzingen.



Les Églises font mémoire…

Anglicans : Thérèse d’Avila, pédagogue de la foi
Catholiques d’occident : Thérèse d’Avila, vierge et docteur de l’Église (calendrier romain et ambrosien)
Coptes et Ethiopiens (5 babah/teqemt) : Paul (+351), patriarche de Constantinople, martyr (Église copte) ; Abuna Gabra Manfas Qeddus (XIV-XVe s.), moine (Église d’Ethiopie ; cf.14 mars)
Luthériens : Thérèse d’Avila, docteur de l’Église en Espagne ; Edwige de Silésie (+1243), témoin de la foi
Maronites : Lucien d’Antioche (+312), martyr
Orthodoxes et gréco-catholiques : Lucien, prêtre de la grande Antioche, martyr
Syro-occidentaux : Isaïe d’Alep (IVe s.), ermite
Syro-orientaux : Thérèse d’Avila (Église malabar)





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Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)

Posté le 15.10.2008 par jubilatedeo
Sainte Thérèse d'Avila, saint François-Xavier, saint Philippe de Néri, saint Ignace de Loyola et saint Isidore de Séville aux pieds de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ces saints furent tous canonisés en 1622 par Grégoire XV. Guy François. Le Puy-en-Velay. XVIIe.


Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582)

Thérèse de Cepeda y Ahumada naquit à Avila en Espagne, de parents illustres par leur piété comme par leur noblesse. Nourrie par eux du lait de la crainte du Seigneur, elle fournit dès le plus jeune âge un indice admirable de sa sainteté future.
Comme, en effet, elle lisait les actes des saints Martyrs, le feu du Saint-Esprit embrasa son âme au point que, s'étant échappée de la maison paternelle, elle voulait gagner l'Afrique afin d'y donner sa vie pour la gloire de Jésus-Christ et le salut des âmes. Ramenée par un de ses oncles, elle chercha dans l'exercice de l'aumône et autres œuvres pies une compensation à son désir ardent du martyre ; mais ses larmes ne cessaient plus, de s'être vu enlever la meilleure part.

A la mort de sa mère, la bienheureuse Vierge, suppliée par Thérèse de lui en tenir lieu, exauça le désir de son cœur ; toujours dès lors elle éprouva comme sa vraie fille la protection de la Mère de Dieu. Elle entra, dans sa vingtième année, chez les religieuses de Sainte-Marie du Mont Carmel ; dix-huit années durant, sous le faix de graves maladies et d'épreuves de toutes sortes, elle y soutint dans la foi les combats de la pénitence, sans ressentir le réconfort d'aucune de ces consolations du ciel dont l'abondance est, sur terre même, l'habituel partage de la sainteté.

Ses vertus étaient angéliques ; le zèle de sa charité la poussait, à travailler au salut, non d'elle seule, mais de tous. Ce fut ainsi que, sous l'inspiration de Dieu et avec l'approbation de Pie IV, elle entreprit de ramener la règle du Carmel à sa sévérité première, en s'adressant d abord aux femmes, aux hommes ensuite.

Entreprise sur laquelle resplendit la bénédiction toute-puissante du Dieu de bonté ; car, dans sa pauvreté, dénuée de tout secours humain, bien plus, presque toujours malgré l'hostilité des puissants , l'humble vierge put édifier jusqu'à trente-deux monastères. Ses larmes coulaient sans trêve à la pensée des ténèbres où infidèles et hérétiques étaient plongés ; et dans le but d'apaiser la divine colère qu'ils avaient encourue, elle offrait à Dieu pour leur salut les tortures qu'elle s'imposait dans sa chair.

Tel était l'incendie d'amour divin dont brûlait son cœur, qu'elle mérita de voir un Ange transpercer ce cœur en sa poitrine d'un dard enflammé, et qu'elle entendit le Christ, prenant sa main droite en la sienne, lui adresser ces mots :
" C'est à titre d'épouse que désormais tu prendras soin de mon honneur."
Par son conseil, elle émit le difficile vœu de faire toujours ce qui lui semblerait le plus parfait. Elle a laissé beaucoup d'ouvrages remplis d'une sagesse céleste ; en les lisant, l'âme fidèle se sent grandement excitée au désir de l'éternelle patrie.

Tandis qu'elle ne donnait que des exemples de vertus, telle était l'ardeur du désir qui la pressait de châtier son corps, qu'en dépit des maladies dont elle se voyait affligée, elle joignait à l'usage du cilice et des chaînes de fer celui de se flageller souvent avec des orties ou de dures disciplines, quelquefois de se rouler parmi les épines.
Sa parole habituelle était : " Seigneur, ou souffrir, ou mourir " ; car cette vie qui prolongeait son exil loin de la patrie éternelle et de la vie sans fin, lui paraissait la pire des morts.

Elle possédait le don de prophétie ; et si grande était la prodigalité du Seigneur à l'enrichir de ses dons gratuits, que souvent elle le suppliait à grands cris de modérer ses bienfaits, de ne point perdre de vue si promptement la mémoire de ses fautes. Aussi fût-ce moins de maladie que de l'irrésistible ardeur de son amour pour Dieu qu'elle mourut a Albe, au jour prédit par elle, munie des sacrements de l'Eglise, et après avoir exhorté ses disciples à la paix, à la charité, à l'observance régulière.

Ce fut sous la forme d'une colombe qu'elle rendit son âme très pure à Dieu, âgée de soixante-sept ans, l'an mil cinq cent quatre-vingt-deux , aux ides d'octobre selon le calendrier romain réformé (1). On vit Jésus-Christ assister, entouré des phalanges angéliques, à cette mort ; un arbre desséché, voisin de la cellule mortuaire, se couvrit de fleurs au moment même qu'elle arriva.
Le corps de Thérèse, demeuré jusqu'à ce jour sans corruption et imprégné d'une liqueur parfumée, est l'objet de la vénération des fidèles. Les miracles qu'elle opérait durant sa vie continuèrent après sa mort, et Grégoire XV la mit au nombre des Saints en 1622 en même temps que saint François-Xavier, saint Philippe de Néri, saint Ignace de Loyola et saint Isidore de Séville.

Vous le trouviez déjà dans la souffrance de cette vie, ô Thérèse, le Bien-Aimé qui se révèle à vous dans la mort. " Si quelque chose pouvait vous ramener sur la terre, ce serait le désir d'y souffrir encore plus (Apparition au P. Gratien.)."

" Je ne m'étonne pas, dit en cette fête à votre honneur le prince des orateurs sacrés, je ne m'étonne pas que Jésus ait voulu mourir : il devait ce sacrifice à son Père. Mais qu'était-il nécessaire qu'il passât ses jours, et ensuite qu'il les finît parmi tant de maux ?
C'est pour la raison qu'étant l'homme de douleurs, comme l'appelait le Prophète (Isai. LIII, 3.), il n'a voulu vivre que pour endurer ; ou, pour le dire plus fortement par un beau mot de Tertullien, il a voulu se rassasier, avant que de mourir, par la volupté de la patience : Saginari voluptate patientiae discessurus volebat (Tertull. De Patientia). Voilà une étrange façon de parler. Ne diriez-vous pas que, selon le sentiment de ce Père, toute la vie du Sauveur était un festin, dont tous les mets étaient des tourments ? Festin étrange, selon le siècle, mais que Jésus a jugé digne de son goût. Sa mort suffisait pour notre salut ; mais sa mort ne suffisait pas à ce merveilleux appétit qu'il avait de souffrir pour nous. Il a fallu y joindre les fouets, et cette sanglante couronne qui perce sa tête, et tout ce cruel appareil de supplices épouvantables; et cela pour quelle raison ? C'est que ne vivant que pour endurer, il voulait se rassasier, avant que de mourir, de la volupté de souffrir pour nous (Bossuet, Panegyr. de sainte Thérèse.)."

Jusque-là que, sur sa croix, " voyant dans les décrets éternels qu'il n'y a plus rien à souffrir pour lui : Ah ! dit-il, c'en est fait, tout est consommé (Johan. XIX, 3e.) : sortons, il n'y a plus rien à faire en ce monde ; et aussitôt il rendit son âme à son Père (Bossuet, Ibid.)."

Or, si tel est l'esprit du Sauveur Jésus, ne faut-il pas qu'il soit celui de Thérèse de Jésus, son épouse ? " Elle veut aussi souffrir ou mourir ; et son amour ne peut endurer qu'aucune cause retarde sa mort sinon celle qui a différé la mort du Sauveur (Ibid.)."

A nous d'échauffer nos cœurs par la vue de ce grand exemple.

" Si nous sommes de vrais chrétiens, nous devons désirer d'être toujours avec Jésus-Christ. Or, où le trouve-t-on, cet aimable Sauveur de nos âmes? En quel lieu peut-on l'embrasser ? On ne le trouve qu'en ces deux lieux : dans sa gloire ou dans ses supplices, sur son trône ou bien sur sa croix. Nous devons donc, pour être avec lui, ou bien l'embrasser dans son trône, et c'est ce que nous donne la mort, ou bien nous unir à sa croix, et c'est ce que nous avons par les souffrances ; tellement qu'il faut souffrir .ou mourir, afin de ne quitter jamais le Sauveur. Souffrons donc, souffrons, chrétiens, ce qu'il plaît à Dieu de nous envoyer : les afflictions et les maladies, les misères et la pauvreté, les injures et les calomnies ; tâchons de porter d'un courage ferme telle partie de sa croix dont il lui plaira de nous honorer (Bossuet, Ibid.)."

Vous que l'Eglise présente comme maîtresse et mère à ses fils dans les sentiers de la vie spirituelle, enseignez-nous ce fort et vrai christianisme. La perfection sans doute ne s'acquiert pas en un jour ; et, vous le disiez, " nous serions bien à plaindre, si nous ne pouvions chercher et trouver Dieu qu'après être morts au monde : Dieu nous délivre de ces gens si spirituels qui veulent, sans examen et sans choix, ramener tout à la contemplation parfaite (A l'évêque d'Avila, mars 1577, une des plus gracieuses lettres de la Sainte.) !"

" Mais Dieu nous délivre aussi de ces dévotions mal entendues, puériles ou niaises, comme vous les appeliez, et qui répugnaient tant à la droiture, à la dignité de votre âme généreuse (Vie, XIII.) !"

Vous ne désiriez d'autre oraison que celle qui vous ferait croître en vertus ; persuadez-nous, en effet, du grand principe en ces matières, à savoir que " l'oraison la mieux faite et la plus agréable à Dieu est celle qui laisse après elle de meilleurs effets s'annonçant par les œuvres, et non pas ces goûts qui n'aboutissent qu'à notre propre satisfaction (Au Père Gratien, 23 octobre 1377.)."
Celui-là seul sera sauvé qui aura observé les commandements, accompli la loi ; et le ciel, votre ciel, Ô Thérèse, est la récompense des vertus que vous avez pratiquées, non des révélations ni des extases qui vous furent accordées (Apparition à la Prieure de Véas.).

De ce séjour où votre amour s'alimente au bonheur infini comme il se rassasiait ici-bas de souffrances, faites que l'Espagne, où vous naquîtes, garde chèrement en nos temps amoindris son beau titre de catholique. N'oubliez point la si large part que la France, menacée dans sa foi, eut à votre détermination de rappeler le Carmel à son austérité primitive (Chemin de la perfect. I.). Puisse la bénédiction du nombre favoriser vos fils, non moins que celle du mérite et de la sainteté. Sous toutes les latitudes où l'Esprit a multiplié vos filles, puissent leurs asiles bénis rappeler toujours " ces premiers colombiers de la Vierge où l'Epoux se plaisait à faire éclater les miracles de sa grâce (Fondations, IV.)."

Vous fîtes du triomphe de la foi, du soutien de ses défenseurs, le but de leurs oraisons et de leurs jeûnes (Chemin de la perfect. I, III.) : quel champ immense ouvert à leur zèle en nos tristes jours ! Avec elles, avec vous, nous demandons à Dieu " deux choses : la première, que parmi tant d'hommes et de religieux, il s'en rencontre qui aient les qualités nécessaires pour servir utilement la cause de l'Eglise, attendu qu'un seul homme parfait rendra plus de services qu'un grand nombre qui ne le seraient pas ; la seconde que dans la mêlée Notre-Seigneur les soutienne de sa main, pour qu'ils échappent aux périls et ferment l'oreille aux chants des sirènes... Ô Dieu ayez pitié de tant d'âmes qui se perdent, arrêtez le cours de tant de maux qui affligent la chrétienté et, sans plus tarder, faites briller votre lumière au milieu de ces ténèbres (Chemin de la perfection, I, III.)."

On trouvera la presque totalité des oeuvres de sainte Thérèse d'Avila sur la page de ce site : http://www.jesusmarie.com/therese_d_avila.html

(1) Grégoire XIII avait arrêté que, pour opérer cette réforme, on supprimerait dix jours de l'année 1582, et que le lendemain du 4 octobre s'appellerait le 15 du même mois ; ce fut dans cette nuit historique du 4 au 15 que mourut sainte Thérèse.



La Grande Thérèse

Personne ne s’étonnera que sainte Thérèse d’Avila attachât une importance primordiale à la présence de Jésus dans l’Hostie consacrée qu’elle se réjouissait d’étendre en multipliant les chapelles par ses fondations. Ainsi, à propos de l’érection du monastère Saint-Joseph d’Avila (1562), elle écrivait : « Ce fut pour moi comme un état de gloire quand je vis qu’on mettait le très saint Sacrement dans le tabernacle » ; en se rappelant la fondation du monastère Saint-Joseph de Medina del Campo (1567), elle confiait : « Ma joie fut extrême jusqu’à la fin de la cérémonie. C’est pour moi, d’ailleurs, une consolation très vive de voir une église de plus où se trouve le très saint Sacrement » ; se souvenant de la fondation du monastère Saint-Joseph de Salamanque (1570), elle notait : « A peine mise en route, toutes les fatigues me paraissent peu de chose ; je considère celui pour la gloire de qui je travaille ; je songe que dans la nouvelle fondation le Seigneur sera fidèlement servi, et que le très saint Sacrement y résidera. C’est toujours une consolation spéciale pour moi, de voir s’élever une église de plus (...). Beaucoup sans doute ne songent pas que Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, se trouve réellement présent au très saint Sacrement de l’autel dans une foule d’endroits ; et cependant ce devrait être là pour nous un grand sujet de consolation. Et certes j’en éprouve souvent une très vive, quand je suis au chœur et que je considère ces âmes si pures tout occupées de la louange de Dieu. »

Cependant, sainte Thérèse d’Avila redoutait beaucoup que le Saint Sacrement fût profané : « Allant un jour à la communion, je vis des yeux de l’âme, beaucoup plus clairement que je n’aurais pu le faire des yeux du corps, deux démons d’un aspect horrible. Ils semblaient serrer avec leurs cornes la gorge d’un pauvre prêtre. En même temps que cet infortuné tenait en ses mains l’hostie qu’il allait me donner, je vis mon Seigneur m’apparaître avec cette majesté dont je viens de parler. Evidemment mon Seigneur était entre des mains criminelles, et je compris que cet âme se trouvait en état de péché mortel (...). Je fus si troublée que je ne sais comment il me fut possible de communier. Une grande crainte s’empara de moi ; si cette vision venait de Dieu, sa Majesté, me semblait-il, ne m’aurait pas montré l’état malheureux de cette âme. Mais le Seigneur me recommanda de prier pour elle. Il ajouta qu’il avait permis cela pour me faire comprendre quelle est la vertu des paroles de la consécration, et comment il ne laisse pas d’être présent sous l’hostie, quelque coupable que soit le prêtre qui prononce ces paroles. » Lors de la fondation du monastère Saint-Joseph de Medina del Campo (1567), la chapelle n’était pas protégée : « J’étais le jour et la nuit dans les plus grandes anxiétés. J’avais cbargé, il est vrai, des hommes de veiller toujours à la garde du Saint Sacrement ; mais je craignais qu’ils ne vinssent à s’endormir. Je me levais la nuit, et par une fenêtre je pouvais me rendre compte de tout, à la faveur d’un beau clair de lune. »



De l'Enfer

Etant en oraison, je me trouvai en un instant, sans savoir de quelle manière, transportée dans l'Enfer. Je compris que Dieu voulait me faire voir la place que les démons m'y avaient préparée, et que j'avais méritée par mes péchés. Cela dura très peu, mais quand je vivrais encore de longues années, il me serait impossible d'en perdre le souvenir.

Je demeurai épouvantée, et quoique six ans à peu près se soient écoulés depuis cette vision, je suis en cet instant saisie d'un tel effroi en l'écrivant, que mon sang se glace dans mes veines. Au milieu des épreuves et des douleurs, j'évoque ce souvenir, et dès lors tout ce qu'on peut endurer ici-bas ne me semble plus rien, je trouve même que nous nous plaignons sans sujet.

Je le répète, cette vision est à mes yeux, une des plus grandes grâces que Dieu m'ait faite, elle a contribué admirablement à m'enlever la crainte des tribulations et des contradictions de cette vie, elle m'a donné du courage pour les souffrir, enfin, elle a mis dans mon coeur la plus vive reconnaissance envers Dieu qui m'a délivrée, comme j'ai maintenant sujet de le croire, de maux si terribles dont la durée doit être éternelle.

Je m'arrête souvent à cette pensée ; nous sommes naturellement touchés de compassion quand nous voyons souffrir une personne qui nous est chère, et nous ne pouvons nous empêcher de ressentir vivement sa douleur quand elle est grande. Qui pourrait donc soutenir la vue d'une âme en proie pour une éternité à un tourment qui surpasse tous les tourments ? Quel coeur n'en serait déchiré ? Emus d'une commisération si grande pour des souffrances qui finiront avec la vie, que devons-nous sentir pour des douleurs sans terme ? Et pouvons-nous prendre un moment de repos, en voyant la perte éternelle de tant d'âmes que le démon entraîne chaque jour avec lui dans l'Enfer ?

Sainte Thérèse d'Avila




Le monde est en feu ...
Ce n’est pas l’heure de traiter avec Dieu d’affaires de peu d’importance ...

L'Eau Vive

Au chapitre XXI du Chemin de la Perfection
de sainte Thérèse d'Avila

Il y a longtemps que j'ai écrit ce qui précède, sans avoir jamais eu le loisir de le continuer. Si je voulais savoir ce que j'ai dit, je devrais me relire ; mais pour ne pas perdre de temps, je continuerai comme je pourrai, sans me préoccuper de mettre une liaison avec ce qui précède.

Les deux voies

La méditation

Les personnes qui ont un jugement rassis, qui sont déjà exercées à la méditation et peuvent se recueillir, ont à leur disposition une foule de livres excellents, composés par des auteurs de mérite. Celles d'entre vous qui sont dans ce cas se tromperaient donc si elles faisaient quelque cas de ce que je vais dire sur l'oraison. Elles ont en effet sous la main des livres qui leur retracent pour chaque jour de la semaine les mystères de la vie et de la Passion de Notre-Seigneur, des méditations sur le jugement, sur l'enfer, sur notre néant renferment une doctrine et une méthode excellentes en ce qui concerne le fondement et le but de l'oraison. Je n'ai rien à dire à celle qui suivent ce genre d'oraison, ou qui y sont déjà habituées. Par un chemin aussi sûr, le Seigneur les conduira au port de la lumière, et des commencements aussi bons les amèneront à une fin excellente. Quiconque suivra cette voie trouvera repos et sécurité : quand la pensée a une assiette stable, on connaît une paix entière.



L'eau vive

Mais il est un point dont je voudrais parler afin de donner quelques conseils, si Dieu m'en accorde la grâce. S'il ne me l'accorde pas, je voudrais du moins vous faire comprendre que beaucoup d'âmes souffrent du tourment dont je vais parler, afin que vous ne vous attristiez point dans le cas où vous seriez de ce nombre.

Il y a des âmes dont l'esprit est très instable ; elles ressemblent à des chevaux qui ne sentent plus le frein et qu'on ne saurait arrêter. Elles vont ici ou là, et son toujours dans l'agitation, soit que cela provienne de leur nature, soit que Dieu le permette ainsi. J'en suis touchée de la plus vive compassion. On dirait des personnes desséchées par une soif brûlante qui aperçoivent au loin une source d'eau vive et qui, quand elles veulent en approcher, trouvent des ennemis qui leur barrent l'accès au commencement, au milieu et au bout du chemin qui y conduit. Il arrive qu'à force de lutter, et lutter ferme, elles triomphent des premiers ennemis ; mais elles se laissent vaincre par les seconds, et elles aiment mieux mourir de soif que de lutter encore pour boire un eau qui doit leur coûter si cher. Elles cessent tout effort, elles perdent courage. D'autres âmes qui ont assez de valeur pour vaincre les seconds ennemis, n'en n'ont plus aucune devant les troisièmes, et peut-être n'étaient-elles plus qu'à deux pas de la source d'eau vive dont Notre-Seigneur a dit à la Samaritaine : Celui qui en boira n'aura plus jamais soif.

Oh ! qu'elle est juste, qu'elle est vraie, cette parole prononcée par Celui qui est la Vérité même ! L'âme qui boit de cette eau n'a plus soif des choses de cette vie ; elle sent en elle une autre soif qui va croissant pour les choses de l'autre vie et dont la soif naturelle ne saurait nous donner la moindre idée. Mais qui dira combien l'âme est altérée de cette soif ! Car elle en comprend tout le prix, et bien que cette soif soit un supplice terrible, elle apporte avec elle une suavité qui est son propre apaisement. Elle ne tue point ; elle éteint seulement le désir des choses de la terre, et rassasie l'âme des eau, une des plus grandes grâces qu'il puisse accorder à l'âme, c'est de la laisser encore tout altérée. Chaque fois qu'elle boit de cette eau, elle désire toujours plus ardemment en boire encore.



Les effets de l'eau vive

L'eau vive rafraîchit

Parmi les nombreuses propriétés que doit avoir l'eau, il y en a trois qui se présentent maintenant à mon esprit et qui conviennent à mon sujet. L'une, c'est de rafraîchir. Quelle que soit la chaleur que nous ayons, elle disparaît dès que nous nous mettons à l'eau. Un grand feu même ne résiste pas à son action - si ce n'est celui qui, étant produit par le goudron, n'en devient que plus actif. O grand Dieu ! quelle merveille qu'un feu qui s'enflamme davantage par l'eau quand il est fort, puissant et au-dessus des éléments, car l'eau qui lui est opposée, loin de l'éteindre, l'active encore plus ! Ce me serait un grand secours de pouvoir m'entretenir ici avec quelqu'un qui sût la philosophie et qui me rendît compte de la propriété des choses. Je pourrais alors m'expliquer su ce sujet qui m'émerveille. Mais je ne sais comment l'exposer, et peut-être même que je ne l'ai pas bien compris.

Lorsque Dieu vous appelle, mes sœurs, à boire de cette eau, en compagnie de celles d'entre vous qui jouissent déjà d'une pareille faveur, vous goûterez ce que je dis. Vous comprendrez comment le véritable amour de Dieu, s'il est fort, s'il est libre des choses de la terre et plane au-dessus d'elle, est incontestablement le maître des éléments et du monde. Quant à l'eau qui tire son origine d'ici-bas, soyez sans crainte, elle n'éteindra pas ce feu de l'amour de Dieu. Ce n'est point là son affaire, bien qu'elle lui soit opposée ; car ce feu est déjà maître absolu et il ne lui est soumis en rien. Ne vous étonnez donc point, mes sœurs, si j'ai tant insisté dans ce livre pour vous stimuler à acquérir une telle liberté.

N'est-ce pas une chose merveilleuse qu'une pauvre sœur de Saint-Joseph puisse arriver à exercer un empire sur la terre et les éléments ? Quoi d'étonnant que les saints en aient disposé à leur gré, avec la grâce de Dieu ? Saint Martin voyait le feu et les eaux lui obéir. Saint François commandait même aux oiseaux et aux poissons. Beaucoup d'autres saint ont eu le même pouvoir. On comprenait clairement qu'ils n'avaient tant d'empire sur toutes les choses de la terre, que parce qu'ils s'étaient appliqués à les mépriser et s'étaient soumis eux-mêmes de tout leur cœur et de toutes leurs forces au souverain Maître du monde. Ainsi donc, je le répète, l'eau qui jaillit d'ici-bas n'a aucun pouvoir contre ce feu de l'amour divin. Les flammes de ce dernier sont trop hautes ; il ne prend pas son origine dans une chose si basse.

Il y a d'autres feux qui proviennent d'un faible amour de Dieu. Le premier accident les éteint. Mais il n'en est pas de même de celui dont je parle. La mer tout entière des tentations viendrait-elle à se précipiter sur lui, qu'il continuerait du ciel, elle saurait encore moins l'éteindre, car cette eau et de ce feu ne sont point opposés. Ils sont du même pays. Ne craignez pas qu'ils se fassent aucun mal ; chacun de ces deux éléments contribuera, au contraire, à l'effet de l'autre. Car les larmes qui coulent à l'heure de la véritable oraison sont une eau qui, envoyée par le roi du ciel, active ce feu et le fait durer. A son tour, ce feu aide l'eau à rafraîchir. O grand Dieu, quel spectacle ! quelle merveille ! Un feu qui rafraîchit ! Eh oui, il en est ainsi. Il glace même toutes les affections du monde, quand il est arrosé par les eaux vives du ciel, je veux dire, par cette source d'où découlent les larmes dont je viens de parler, larmes qui sont un pur don, et non le fruit de notre industrie.

Il est donc bien clair que cette eau nous enlève toute fièvre et toute affection pour les choses du monde. Elle nous empêche, en outre, de nous y arrêter, à moins que ce ne soit pour chercher à embraser les autres de ce feu ; car ce feu ne se contente pas de sa nature d'agir dans une sphère étroite ; il voudrait, si c'était possible, consumer le monde entier.



L'eau vive purifie

La seconde propriété de l'eau est de laver ce qui est sale. Sans eau pour nettoyer, dans quel état serait le monde ! Or, sachez-le, il y a autant de vertu dans cette eau vive, cette eau céleste, cette eau claire, quand elle est très limpide et sans aucune fange, et qu'elle tombe du ciel ; il suffit d'en boire une seule fois, et je regarde comme certain qu'elle rend l'âme nette et pure de toutes ses fautes. Car, ainsi que je l'ai dit, cette eau, je veux dire l'oraison d'union, est une faveur entièrement surnaturelle, qui ne dépend point de notre volonté. Dieu ne la donne à l'âme que pour la purifier, la rendre nette, et la délivrer de toute la fange ainsi que de toutes les misères où ses fautes l'avaient plongée.

Les douceurs dont nous jouissons par l'entremise de l'entendement dans la méditation ordinaire seront, malgré tout, comme une eau qui coule sur la terre. On ne la boit pas à sa source même ; elle rencontre forcément des impuretés sur sa route, auxquelles nous nous arrêtons ; elle rencontre forcément des impuretés sur sa route, auxquelles nous nous arrêtons ; elle n'est plus aussi pure ni aussi limpide. Le nom d'eau vive ne convient donc pas, d'après moi, à cette oraison que l'on fait lorsque l'on discourt à l'aide de l'entendement ; car l'âme a beau faire des efforts, elle s'attache toujours, malgré elle, à quelque chose de terrestre, entraînée qu'elle est par son corps et la bassesse de sa nature.

Je veux expliquer davantage ma pensée. Nous méditons sur le monde ou la fragilité de ses biens pour les mépriser ; et, sans nous en douter, nous nous occupons de plusieurs choses qui nous plaisent en lui. Nous souhaitons les fuir, mais nous nous arrêtons au moins quelque peu à la pensée de ce qui a été, ou sera, de ce que nous avons fait ou de ce que nous ferons ; il en résulte alors qu'en songeant à nous délivrer du danger, nous nous y exposons parfois de nouveau. Ce n'est pas à dire qu'il faille renoncer à ces considérations ; mais il faut nous tenir dans la crainte et ne pas cesser d'être sur nos gardes.

Ici, dans l'oraison surnaturelle, le Seigneur se charge de ce soin, parce qu'il ne veut pas de fier à nous sur ce point. Telle est l'estime qu'il a de notre âme que, dans le temps où il lui réserve quelque faveur, il ne la laisse pas se mêler de choses capables de nuire à son progrès. Dans l'espace d'un instant, il la met à ses côtés, et lui révèle plus de vérités, lui communique sur toutes les choses du monde des connaissances plus claires qu'elle n'aurait pu en acquérir après bien des années, parce que notre vue n'est pas dégagée et que nous sommes aveuglés par la poussière de la marche. Mais dans l'oraison surnaturelle, le Seigneur nous transporte au but de notre course, sans que nous sachions comment.



L'eau vive désaltère

L'autre propriété de l'eau consiste à nous désaltérer et à étancher notre soif. La soif, en effet, exprime, ce me semble, le désir d'une chose dont le besoin est tellement pressant que nous mourons si nous en sommes privés. Chose étrange, si l'eau nous manque, c'est la mort ; et d'un autre côté, si nous en buvons avec excès, c'est encore la mort : car c'est ainsi que meurent beaucoup de noyés.

O mon Seigneur ! Que ne m'est-il donné d'être engloutie dans cette eau vive pour y perdre la vie ! Mais, comment ? cela est-il possible ? Oui. Notre amour pour Dieu, notre désir de Dieu peuvent grandir au point que notre nature y succombe ; aussi y a-t-il des personnes qui en sont mortes. Pour moi, j'en connais une qui eût été dans ce cas si Dieu ne s'était empressé de la secourir en lui donnant de cette eau vive avec tant d'abondance qu'il la tira pour ainsi dire hors d'elle-même pour la faire entrer dans le ravissement. Je dis qu'il la tira, pour ainsi dire, hors d'elle-même, car elle trouve alors le repos qu'elle désire. Il lui semble étouffer, tant elle éprouve d'aversion pour le monde, et elle ressuscite en Dieu ; Sa Majesté la rend alors capable de jouir d'un bien qu'elle n'aurait pu posséder sans mourir, si elle n'eût été n'y a rien en notre souverain Bien qui ne soit parfait, il ne nous donne rien qui ne soit pour notre avantage. Il peut donner l'eau en très grande abondance, car il n'y a jamais d'excès dans ce qui vient de sa main. S'il en donne beaucoup, il rend l'âme apte, comme je l'ai dit, à en boire beaucoup, semblable au verrier qui donne au vase la capacité nécessaire pour contenir ce qu'il veut y mettre.

Quant au désir, comme il vient de nous, il n'est jamais sans quelque imperfection, s'il contient quelque chose de bon il le doit à l'assistance du Seigneur ; et comme nous manquons de discernement, la peine où nous sommes étant suave et pleine de délices, nous croyons ne pouvoir jamais nous rassasier de cette peine. Nous prenons cette nourriture sans mesure ; nous excitons encore ce désir autant que nous le pouvons ; et quelquefois on en meurt. Heureuse mort, certes ! mais si l'on avait continué à vivre, on eût peut-être aidé d'autres personnes à mourir du désir de cette mort. Selon moi, nous devons redouter les ruses du démon. Il voit les dommages que cette sorte de personnes de lui occasionnent en restant sur la terre. Il les tente, les pousse à des mortifications inopportunes pour ruiner leur santé, c'est là un grand point pour lui.

L'âme arrivée à cette soif ardente de Dieu doit donc se tenir avec soin sur ses gardes, parce qu'elle aura cette tentation ; si elle ne meurt pas de cette soif, elle ruinera sa santé. Elle laissera malgré elle transpirer au dehors les sentiments qui l'animent et qu'elle devrait à tout prix tenir secrets. Parfois ses efforts seront inutiles, et elle ne pourra les tenir aussi cachés qu'elle le voudrait. Néanmoins, elle doit prendre garde à ne pas exciter ces ardents désirs pour ne pas les augmenter, et y couper court doucement par quelque autre considération. Peut-être notre nature elle-même se montrera-t-elle parfois aussi active que l'amour de Dieu, car il y a des personnes qui se portent avec une extrême ardeur vers tout ce qu'elles désirent, alors même que ce serait quelque chose de mauvais ; celles-là, à mon avis, ne sont pas très conformes à la mortification, qui pourtant nous est utile en tout. Mais ne semble-t-il pas déraisonnable de mettre un frein à une chose de mauvais ; celles-là, à mon avis, ne sont pas très conformes à la mortification, qui pourtant nous est utile en tout. Mais me semble-t-il pas déraisonnable de mettre un frein à une chose si excellente ? Non, car je ne dis pas qu'il faille étouffer ce désir, mais que nous devons le modérer par une autre qui nous aidera peut-être à gagner autant de mérite.

Je veux vous donner une explication qui fera mieux comprendre ma pensée. Il nous vient un vif désir, comme à S. Paul, d'être délivrés de cette prison du corps et de nous voir avec Dieu. Pour modérer une peine qui part d'un motif si élevé et bien grande mortification ; et encore on n'y réussit pas complètement. Parfois cette angoisse sera telle qu'elle enlèvera presque le jugement. C'est ce que j'ai constaté, il n'y a pas si longtemps, chez une personne impétueuse par nature et cependant habituée à briser sa volonté, et qui me semble avoir perdu tout bon sens, comme on a pu le voir dans certaines circonstances. Je l'ai vue un instant comme hors d'elle-même, tant sa peine était profonde et tant elle faisait d'efforts pour la dissimuler. Quand ces souffrances étreignent l'âme, il faut, alors même qu'elles viendraient de Dieu, pratiquer l'humilité et craindre. Nous ne devons pas nous imaginer que notre charité est assez vive pour nous jeter dans de telles angoisses. De plus, il ne serait pas mal, à mon avis, que l'âme, si elle le peut, et elle ne le pourra pas toujours, change l'objet de son désir.

Qu'elle se persuade que si elle continuait à vivre sur cette terre, elle servirait Dieu davantage et éclairerait quelque âme qui sans cela était perdue ; si elle travaillait à servir Dieu ainsi, elle acquerrait de nouveaux mérites et pourrait un jour posséder Dieu plus pleinement ; enfin elle doit être remplie de crainte à la pensée qu'elle l'a encore bien peu servi. Ce sont là de bons motifs de consolation pour l'aider à supporter une telle épreuve et calmer son chagrin. Elle gagnera, en outre, de nombreux mérites, puisqu'elle veut demeurer sur la terre avec sa peine afin de glorifier Dieu davantage. Je la compare à une personne qui se trouverait sous le coup d'une terrible épreuve ou d'un chagrin profond, et que je consolerais par ces paroles : Prenez patience, et remettez-vous entre les mains de Dieu ; que sa volonté s'accomplisse en vous, car le plus sûr est de nous abandonner en tout à sa Providence.

Mais le démon ne favorise-t-il pas de quelque manière un tel désir de voir Dieu ? C'est là une chose possible. Cassien, si je ne me trompe, rapporte en effet qu'un ermite de vie très austère se laissa persuader qu'il devait se jeter dans un puits afin d'aller voir Dieu au plus tôt. A mon avis, cet ermite ne devait pas avoir servi le Seigneur avec perfection et humilité. Le Seigneur, en effet, est fidèle, et il n'aurait pas permis que cet homme fût assez aveuglé pour ne pas comprendre une chose aussi évidente. Il est clair que, lorsque le désir vient de Dieu, loin de pousser au mal il apporte avec lui la lumière, le discernement, la mesure ; cela est évident ; mais le démon, notre mortel ennemi, ne néglige rien pour chercher à nous nuire ; et dès lors qu'il déploie tant d'activités, ne cessons jamais d'être en garde contre lui. C'est là un point très important pour beaucoup de choses ; il l'est en particulier pour abréger le temps de l'oraison, si douce qu'elle soit, lorsque les forces du corps nous trahissent ou que la tête n'y trouve que fatigue ; la modération est très nécessaire en tout.

Pourquoi, mes filles ai-je voulu vous montrer le but à atteindre et vous exposer la récompense avant le combat lui-même, en vous parlant du bonheur que goûte l'âme quand elle boit à cette fontaine céleste, et s'abreuve à ces eaux vives ? C'est afin que vous ne vous affligiez pas des travaux ni des obstacles de la route, que vous marchiez avec courage et que vous ne succombiez pas à la fatigue ; car, ainsi que je l'ai dit, il peut se faire qu'étant déjà arrivés jusqu'au bord de la fontaine, vous n'ayez plus qu'à vous pencher pour y boire, mais que vous abandonniez tout et perdiez un bien si précieux, en vous imaginant que vous n'avez pas la force d'y parvenir et que vous n'y êtes point appelées.

Veuillez considérer que le Seigneur appelle tout le monde. Or, il est la Vérité même ; on ne saurait douter de sa parole. Si son banquet n'était pas pour tous, il ne nous appellerait pas tous, ou alors même qu'il nous appellerait, il ne dirait pas :

Je vous donnerai à boire. Il aurait pu dire : Venez tous, car enfin vous n'y perdrez rien, et je donnerai à boire à ceux qu'il me plaira. Mais, je le répète, il ne met pas de restriction ; oui, il nous appelle tous. Je regarde donc comme certain que tous ceux qui ne resteront pas en chemin boiront de cette eau vive. Plaise au Seigneur, qui nous le promet, de nous donner la grâce de le chercher comme il faut ! Je le lui demande par sa bonté infinie.


Ecrits de Sainte Thérèse

Ô mon Seigneur et mon Bien ! Je ne puis parler de la sorte sans verser des larmes et sentir mon âme inondée de bonheur. Vous voulez, Seigneur, demeurer avec nous comme vous demeurez au Sacrement de l'autel. Je puis le croire en toute vérité, puisque c'est un point de notre foi, et c'est à bon droit que je puis me servir de cette comparaison. Et si nous n'y mettons obstacle par notre faute, nous pouvons mettre en vous notre bonheur. Vous-même, vous mettez votre bonheur à demeurer en nous, puisque vous nous l'assurez en disant : " Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes ! " 0 mon Seigneur, quelle parole que celle-là. Chaque fois que je l'ai entendue, elle a toujours été pour moi, même au milieu de mes grandes infidélités, la source des consolations les plus vives. Mais, ô mon Dieu, serait-il possible de trouver une âme qui, après avoir reçu de vous des faveurs si élevées, des joies si, intimes, et compris que vous mettiez en elle vos délices, vous ait offensé de nouveau, et ait oublié tant de faveurs et tant de marques de votre amour dont elle ne pouvait douter puisqu'elle en voyait les effets merveilleux ? Oui, cela est possible, je l'affirme. Il y a une âme qui vous a offensé, non pas une fois seulement, mais souvent, et cette coupable, c'est moi, ô mon Dieu. Plaise à votre Bonté, Seigneur que je sois la seule âme de cette sorte, la seule qui soit tombée dans une malice si profonde et qui ait manifesté un tel excès d'ingratitude ! Sans doute, vous avez daigné dans votre infinie Bonté en tirer quelque bien et plus ma misère a été profonde, plus aussi elle fait resplendir le trésor incomparable de vos miséricordes. Et avec combien de raison ne puis-je pas les chanter éternellement ! Je vous en supplie, ô mon Dieu, qu'il en soit ainsi, que je puisse les chanter et les chanter sans fin ! Vous avez daigné me les prodiguer avec tant de magnificence ! Ceux qui le voient en sont étonnés. Moi-même j'en suis souvent ravie, et je puis mieux alors vous adresser mes louanges ! Si une fois revenue à moi je me trouvais sans vous, ô Seigneur, je ne pourrais rien. … Ne le permettez pas, Seigneur. Ne laissez pas se perdre une âme que vous avez achetée au prix de tant de souffrances.



Autobiographie, chapitre XIV,10



Ô mon espérance ! ô mon Père et mon Créateur, et mon vrai Seigneur et Frère ! Quand je songe que vous dites que vos délices sont d'être avec les enfants des hommes, mon âme se réjouit énormément. 0 Seigneur du ciel et de la terre, et quelles paroles que celles-là pour qu'aucun pécheur ne perde confiance ! Vous manque-t-il, Seigneur, par hasard, quelqu'un avec qui prendre vos délices, pour que vous cherchiez un petit ver aussi malodorant que moi ? Cette voix qui s'est fait entendre lors du Baptême de Votre Fils, a dit que vous mettiez en Lui vos complaisances. Alors, Seigneur, devons-nous lui être tous égaux ? Ô quelle infinie miséricorde, et quelle faveur tellement au-dessus de nos mérites. Et tout cela, nous l'oublierions, nous les mortels ? Vous, ô mon Dieu, souvenez-vous de notre extrême misère, et regardez notre faiblesse car vous savez tout.



Exclamation N°7/A



Ô mon âme, considère la grande joie et le grand amour qu'éprouve le Père à connaître son Fils, et le Fils à connaître son Père, et l'ardeur avec laquelle le Saint-Esprit s'unit à eux, et comment aucune de ces trois Personnes ne peut se départir de cet amour ni de cette connaissance, parce qu'elles sont toutes les trois une même chose. Ces souveraines personnes se connaissent, elles s'aiment et elles sont les délices les unes des autres. De quelle utilité peut donc être mon amour ? Pourquoi le voulez-vous, ô mon Dieu, quel gain y trouvez-vous ? 0, Vous, soyez béni, soyez béni, vous, ô mon Dieu, pour toujours. Que toutes les choses chantent vos louanges, Seigneur, éternellement, car vous êtes éternel.



Exclamation N°7/B



Réjouis-toi, ô mon âme, de ce qu'il y ait quelqu'un qui aime Dieu comme Il le mérite. Réjouis-toi, de ce qu'il y ait quelqu'un qui connaisse sa bonté et sa souveraineté. Remercie-le de nous avoir donné sur terre quelqu'un qui le connaît comme le connaît son Fils unique. Sous cette protection, tu pourras t'approcher de ton Dieu et le supplier, puisque Sa Majesté prend en toi ses délices. Que toutes les choses d'ici-bas soient impuissantes à t'empêcher de prendre tes délices et à te réjouir dans les grandeurs de ton Dieu, en voyant combien il mérite d'être aimé et loué demande-lui de t'aider, afin que tu contribues quelque peu à ce que son nom soit béni, et que tu puisses dire avec vérité : "Mon âme chante les grandeurs et les louanges du Seigneur".



Exclamation N°7/C



Ô Seigneur, ô mon Dieu, comme vous avez les paroles de vie ! Tous les mortels y trouveraient ce qu'ils désirent, s'ils voulaient l'y chercher. Mais quoi d'étonnant, ô mon Dieu, que nous oubliions vos paroles, dès lors que nos œuvres mauvaises nous rendent aliénés et malades ? 0 mon Dieu, mon Dieu, Dieu créateur de tout l'univers, qu'est-ce que tout le créé, si vous, Seigneur, vouliez créer encore ? Vous êtes le Tout-Puissant, vos œuvres sont incompréhensibles. Faites donc, Seigneur, que ma pensée ne s'éloigne jamais de vos paroles. Vous dites : " Venez à moi, vous tous qui souffrez et pliez sous le fardeau, et je vous consolerai ". Que voulons-nous de plus, Seigneur ? Que demandons-nous, que cherchons-nous ? Pourquoi les gens du monde se perdent-ils, si ce n'est parce qu'ils cherchent du repos ? 0 grand Dieu, ô grand Dieu, qu'est-ce que cela, Seigneur ? Oh ! quelle pitié, oh ! quel aveuglement que nous cherchions le repos là où il est impossible de le trouver.



Exclamation N°8/A



Ayez pitié, Créateur, de vos pauvres créatures. Considérez que nous ne nous comprenons pas, que nous ne savons pas ce que nous désirons, ni ne parvenons à trouver ce que nous demandons. Donnez-nous, Seigneur, la lumière, considérez qu'elle nous est plus nécessaire qu'à l'aveugle-né, car celui-ci désirait voir la lumière, et ne le pouvait pas. Maintenant, Seigneur, on ne veut pas voir. Oh ! est-il mal plus incurable ? C'est ici, ô mon Dieu, que doit se montrer votre pouvoir, ici doit se manifester votre miséricorde. Oh ! quelle chose âpre je vous demande, ô mon vrai Dieu, que vous aimiez celui qui ne vous aime pas, que vous ouvriez à celui qui ne vous appelle pas, que vous donniez la santé à celui qui se plaît à être malade et recherche la maladie. Vous dites, ô mon Seigneur, que vous venez chercher les pécheurs. Eh bien, les voilà, Seigneur, les vrais pécheurs. Ne regardez pas notre aveuglement, mon Dieu, mais le sang que votre Fils a versé abondamment pour nous. Que resplendisse votre miséricorde au milieu d'une si insondable malignité. Considérez, Seigneur, que nous sommes votre œuvre, que votre bonté et votre miséricorde nous secourent.





Prière d'offrande

Souveraine Majesté, Éternelle Sagesse,
Bonté douce à mon âme,
Dieu, mon Seigneur,
Qu'ordonnez-vous qu'il soit fait de moi ?
Je suis vôtre puisque vous m'avez créée,
Vôtre, puisque vous m'avez rachetée,
Vôtre, puisque vous m'avez supportée,
Vôtre, puisque vous m'avez appelée,
Vôtre, puisque vous m'avez attendue,
Vôtre, puisque je ne me suis pas perdue..
Voici mon cœur, Je le remets entre vos mains



Voici mon corps, ma vie, mon âme,
Ma tendresse et mon amour…
Si vous me voulez dans la joie,
Par amour pour vous je veux me réjouir
Si vous me commandez des travaux,
Je veux mourir à l'ouvrage.
Dites-moi seulement où, comment et quand.
Parlez, ô doux Amour, parlez.
Je suis vôtre, pour vous je suis née,
Que voulez-vous faire de moi ?

Les Saints du jour

Posté le 14.10.2008 par jubilatedeo
à partir de la gauche, Innocent II, Saint Laurent et Saint Calliste
Rome, Santa Maria in Trastevere


SAINT CALIXTE Ier Pape et Martyr (+ 222)

A la mort de saint Zéphirin, Calixte, Romain, fut élevé au Siège apostolique. Il ne fallait point, pour gouverner l'Église, à une époque si tourmentée, un pasteur moins sage ni moins vaillant. Il rendit le jeûne des Quatre-Temps, qui remontait aux Apôtres, obligatoire dans toute l'Église.

C'est sous son règne que l'on commença à bâtir des temples chrétiens, qui furent détruits dans les persécutions suivantes. Il fit creuser le cimetière souterrain de la voie Appienne, qui porte encore aujourd'hui son nom et qui renferme tant de précieux souvenirs, entre autres le tombeau de sainte Cécile, la crypte de plusieurs Papes, des peintures qui attestent la conformité de la foi primitive de l'Église avec sa foi actuelle.

De nombreuses conversions s'opérèrent sous le pontificat de saint Calixte. La persécution ayant éclaté, il se réfugia, avec dix de ses prêtres, dans la maison de Pontien. La maison fut bientôt enveloppée par des soldats qui reçurent la défense d'y laisser rentrer aucune espèce de vivres. Pendant quatre jours, le Pape Calixte fut privé de toute nourriture; mais le jeûne et la prière lui donnaient des forces nouvelles. Le préfet, redoublant de cruauté, donna l'ordre de frapper chaque matin le prisonnier à coups de bâton, et de tuer quiconque essayerait de pénétrer pendant la nuit dans sa maison.

Une nuit, le prêtre martyr Calépode, auquel Calixte avait fait donner une sépulture honorable, apparut au Pontife et lui dit: "Père, prenez courage, l'heure de la récompense approche; votre couronne sera proportionnée à vos souffrances."

Parmi les soldats qui veillaient à la garde du prisonnier, il y avait un certain Privatus, qui souffrait beaucoup d'un ulcère; il demanda sa guérison à Calixte, qui lui dit: "Si vous croyez de tout coeur en Jésus-Christ et recevez le baptême au nom de la Sainte Trinité, vous serez guéri. – Je crois, reprit le soldat, je veux être baptisé, et je suis sûr que Dieu me guérira." Aussitôt après l'administration du baptême, l'ulcère disparut sans laisser de trace. "Oui, s'écrie le nouveau chrétien, le Dieu de Calixte est le seul vrai Dieu; les idoles seront jetées aux flammes, et le Christ régnera éternellement!" Le préfet eut connaissance de cette conversion et fit fouetter Privatus jusqu'à la mort. Par son ordre, Calixte, une grosse pierre au cou, fut jeté de la fenêtre d'une maison dans un puits.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.


Autre Biographie :

La principale source biographique de saint Callixte, le livre IX des Philosophoumena, attribuées à saint Hippolyte, est un pamphlet, une caricature qui le présente comme homme industrieux pour le mal et plein de ressources pour l'erreur, qui guettait le trône épiscopal.

D’abord esclave de Carpophore, chrétien de la maison de César, qui lui confia des fonds importants pour ouvrir une banque dans le quartier de la piscine publique (les futurs thermes de Caracalla). Des chrétiens lui remirent leur économies qu’il dilapida avant de fuir pour s'embarquer à Porto. Rejoint par Carpophore, Callixte se jeta à l'eau, mais repêché, il fut condamné à tourner la meule. Carpophore, poursuivi par les créanciers de Callixte, l’envoya récupérer de l'argent déposé chez des Juifs. Les Juifs traînèrent Callixte comme chrétien et perturbateur de l'ordre public devant le préet Fuscien (185-189) ; Carpophore protesta que Calliste n'était pas chrétien, mais seulement banqueroutier. Callixte fut flagellé et envoyé comme forçat aux mines de Sardaigne.

Marcia, maîtresse de l'empereur Commode et chrétienne de cœur, demanda au pape Victor la liste des déportés en Sardaigne. Un eunuque, le prêtre Hyacinthe, se rendit dans l'île et fit libérer tous les détenus mais Callixte qui était absent de la liste n’obtint que plus tard son élargissement. Le pape Victor lui donna une pension mensuelle et l’envoya à Antium où, pendant une dizaine d'années, Calliste se cultiva. Le successeur de Victor, Zéphyrin, fit rentrer Calliste à Rome, l'inscrivit dans son clergé et le nomma diacre, chargé de gérer le cimetière. Callixte organisa un nouveau cimetière via Appia, sans pour autant fermer les catacombes de Priscille sur la via Salaria. Calliste lui a laissé son nom.

Financier, un homme d'action, d'administration et de gouvernement, plutôt que théologien, Callixte était l’opposé d’Hippolyte, prêtre de brillante doctrine. Lorsque Callixte fut élu à la succession de Zéphyrin, Hippolyte rallia une partie du clergé romain et fit opposition jusqu'en 235.

Pour parer les accusations d'Hippolyte qui l’accusait de montrer le Père comme souffrant avec le Fils, Callixte condamna Sabellius, père du monarchianisme où l’on distinguait mal les personnes de la Trinité. Sans condamner Hippolyte à proprement parler, Callixte s'éleva contre ses théories qui semblaient subordonner le Logos, le Christ, à Dieu : elles lui paraissaient suspectes de dithéisme, c’est-à-dire d'introduire une dualité entre la nature divine du Père et celle du Fils. De son mieux, avec une terminologie encore incertaine, Callixte proclamait la foi traditionnelle.

Selon Hippolyte, Callixte était d'un laxisme écœurant, pardonnant sur tout pour grossir son parti ; il accueillait les transfuges des sectes, admettait dans son clergé les bigames (les remariés), laissait des clercs prendre femme, reconnaissait (contre la loi civile) les mariages entre hommes de vile condition et femmes nobles. Autant d’accusations dont nous n’avons pas de preuves.

Callixte mourut très probablement le 14 octobre 222, si l’on en croit la table philocalienne des Depositiones martyrum (336) où il est mentionné avec les papes Pontien, Fabien, Corneille, et Xyste II. Callixte mourut sous l'empereur Alexandre Sévère, qui ne persécuta point les chrétiens, mais sa Passio le fait jeter dans un puits, au Transtévère, par des furieux.

Il se pourrait donc que saint Callixte ait péri lynché dans une bagarre : cela expliquerait son absence, vraiment surprenante, du cimetière qui était sa chose, son entreprise de prédilection, de la catacombe où reposent les papes du troisième siècle.

Les chrétiens le portèrent au plus près, via Aurelia, au cimetière de Calépode, le iuxta Callistum où le pape Jules I° (337-352) éleva la basilique Sainte-Marie au Transtévère. Son corps aurait été porté en France à Cysoing (Nord) au IXe siècle. Avant 900, un abbé de Cysoing le donna à Notre-Dame de Reims.





Bienheureuse Marie Poussepin
Fondatrice de la congrégation des Dominicaines de la Présentation (+ 1744)

Née le 14 octobre 1653 à Dourdan en pays chartrain, elle s'occupe tout d'abord de la fabrique familiale dont elle fait l'une des principales entreprises de France, en tout cas, l'une des plus avancées sur le plan social. Elle laisse l'entreprise à ses frères pour fonder la congrégation des Dominicaines de la Présentation, religieuses qu'elle destine au service des paroisses et à l'éducation des jeunes filles en milieu rural. Son dynamisme s'accompagnait d'une grande humilité et d'une grande charité envers tous ceux et celles qu'elle approchait.
Décédée le 24 janvier 1744.
Béatifiée le 20 novembre 1994.
Voir aussi:
Le saint dominicain du jour par le frère Franck Dubois (Rennes).
http://www.dominicains.info/article.php3?id_article=383


Sainte Angadrême abbesse (+ v. 695)
Abbesse du monastère construit par saint Évroult près de Beauvais et appelé l’Oratoire, parce qu’il comprenait plusieurs lieux de prière, où sans interruption se faisait le service du Seigneur.
Sainte Angadrême est patronne principale de Beauvais, patronne secondaire du diocèse de Beauvais-Noyon-Senlis
"Angadrême, originaire de Thérouanne, appartenait à la famille des comtes de Boulogne (Pas-de-Calais). Voyant un de ses cousins Lambert se consacrer à la vie monastique en l’Abbaye de Fontenelle, elle fit en secret le vœu de virginité. Son père, accédant à son désir, lui fit construire un monastère, tout près de l’oratoire de saint Evroult.
Elle quitta ce monde vers la fin du VIIe siècle (14 octobre).
La date du 27 juin, retenue pour sa fête, rappelle la procession instituée par Louis XI en reconnaissance de la protection de sainte Angadrême, quand Beauvais fut assiégée en 1472."
(source: diocèse de Beauvais)
http://catho60.cef.fr/histoire/temoins/Ste_Angadreme/Ste_Angadreme.htm

A lire: Histoire du diocèse de Beauvais de Charles Delettre
http://books.google.fr/books?id=GkMAAAAAMAAJ&pg=PA261&lpg=PA261&dq=sainte+Angadr%C3%AAme&source=web&ots=Zvc7znfxOw&sig=BNpWuZWy-r8NT8Bv7NE8uWP4mqQ&hl=fr&sa=X&oi=book_result&resnum=4&ct=result#PPA264,M1

«Angadrême fit paraître en elle toutes les vertus d’une religieuse longtemps exercée à la pratique des conseils évangéliques.
Ses conversations et ses exemples exprimaient la plus tendre piété, et la charité la plus ardente.
On ne la distinguait des autres que par sa plus grande abnégation d’elle-même, et sa plus grande docilité aux ordres de ses supérieurs.»
abbé Delettre




Saint Burchard Evêque de Wurtzbourg (+ 752)
Originaire d'Angleterre, il rejoignit saint Boniface qui évangélisait les peuples germaniques et qui en fit l'évêque de Wurtzbourg. Saint Burchard multiplia les monastères comme lieux de rayonnement de la foi et de l'évangélisation.



Saint Céleste
Deuxiéme évêque de Metz, à la fin du 3ème ou au début du 4ème siècle. Son corps repose à Marmoutier (Bas-Rhin)



Saint Cosmas (+ 760)
Poète et théologien, il était originaire de Jérusalem. Dans sa jeunesse, il connut une misère extrême et c'est le père de saint Jean Damascène qui le recueillit et prit soin de son éducation en lui faisant parcourir tout le cycle des études religieuses et profanes. Il fut moine à la laure de Saint-Sabbas en même temps que saint Jean Damascène. Il composa de nombreux "tropaires" d'une grande élégance littéraire, que l'on chante encore. Il fut évêque de Maiuma de Gaza.



Saint Dominique (+ 1060)
Ermite surnommé "l'encuirassé" à cause des instruments de pénitence qu'il portait sur lui en réaction contre la décadence morale du clergé de son époque. Il vécut d'abord dans les Marches d'Ancône dans la solitude et un rigoureuse pénitence. Il portait directement sur sa chair une cuirasse de fer qu'il ne quittait que pour se donner la discipline en expiation de ses fautes et en réparation de celles des autres chrétiens.Son père spirituel lui permet de partir pour Font-Avellano dans la province de Spolète, où il prit le chemin du ciel.



Saint Donatien (+ 389)
ou Donat, huitième évêque de Reims. On ne savait rien de lui avant que n'ait eu lieu la translation de ses reliques en 863. Baudouin Ier, comte de Flandre les transféra de l'église saint Agricol de Reims à l'église de Notre-Dame à Bruges où son culte est encore vivant.



Sainte Enora (7ème s.)
ou Henora, ou Honora, ou Enor est parfois rattachée à Eleanor ou Eleonore qui ont la même origine latine : Honoratus.
Ancienne patronne de Languengar, elle recevait un culte très ancien à la chapelle de Lézargon, à Plestin les Grèves, qui se trouve près de Saint Efflam. Cette chapelle était en ruine vers 1802.
Elle vivait au 7ème siècle. On raconte que son père l'ayant forcée à épouser saint Efflam, elle refuse, d'accord avec Efflam, de mener vie commune. On peut voir sa statue dans l'église de Plestin, et dans la chapelle de Trézeny. Un vitrail la représente dans l'église Notre-Dame d'Espérance à Saint-Brieuc.




Saint Fortunat évêque de Todi en Ombrie (+ v. 542)
Comme le rapporte le pape saint Grégoire le Grand, il brilla de la grâce d’une immense vertu dans l’aide apportée aux malades et ses dons pour chasser les esprits mauvais.



Sainte Fortunate (+ 303)
ou Fortunée à Ajaccio. Elle était de Césarée de Palestine où elle fut martyrisée sous Dioclétien. Son corps fut sans doute porté à Naples où il aurait été retrouvé en 1564. Son culte s'étendit dans les diocèses voisins et jusqu'en Corse en raison des liens qui unissaient l'île à Naples.



Saint Ignace Agallianos (+ 1566)
Prêtre marié dans l'île de Lesbos, il consacré sa vie à la copie des manuscrits. Après la mort de sa femme et de ses enfants, à la suite d'une épidémie, il devint moine et son monastère fut un centre de vie religieuse et culturelle à Lesbos. Consacré évêque de Mithymne, il fut un pasteur paisible et attentif à ses fidèles et aux Divins Mystères.



Bienheureux Jacques Laigneau de Langellerie prêtre et martyr (+ 1794)
Prêtre marié dans l'île de Lesbos, il consacré sa vie à la copie des manuscrits. Après la mort de sa femme et de ses enfants, à la suite d'une épidémie, il devint moine et son monastère fut un centre de vie religieuse et culturelle à Lesbos. Consacré évêque de Mithymne, il fut un pasteur paisible et attentif à ses fidèles et aux Divins Mystères.



Saint Just de Lyon evêque (+ 390)
Diacre de Vienne, Justus (ou Just) devint en 350 le treizième évêque de Lyon. On sait qu'il participa au concile de Valence en 374 et à celui d'Aquilée en 381. Peu après, il s'exila dans le désert de Scété en Egypte.
Il mourut en Egypte quelques années plus tard, bientôt suivi par son clerc Saint Viateur, qui l'avait accompagné.
Les Lyonnais allèrent chercher leurs corps et les ensevelirent dans un mausolée de la grande nécropole de Saint-Irénée - Saint-Just, à l'emplacement de l'actuel jardin archéologique, rue des Macchabées.
Voir: association culturelle des sanctuaires de Saint-Irénée et Saint-Just.
http://www.lyon-st-irenee.org/?rub=stjust



Sainte Ménehould (+ 490)
Originaire de Saint Dizier en Champagne. "Elle remplissait de l'huile de toutes les vertus la lampe de son âme afin d'être toujours prête à se présenter devant l'Epoux lorsqu'il lui plairait de l'appeler à lui." Son biographe lui-même est ainsi très discret. A peine ose-t-il d'ajouter : "Rien n'égalait sa profonde humilité, sa douceur, sa miséricorde envers les pauvres, son entier détachement envers les choses de ce monde." Elle et ses deux soeurs rivalisèrent d'une sainte ardeur sur les sentiers de la perfection : 51800 Sainte Menehould



Saint Nicolas de Tchernigov (+ 1143)
Il fut le premier des princes russes à entrer dans la vie monastique, malgré les pressions de sa famille et de ses proches. Il accepta les plus humbles tâches à la laure des Grottes de Kiev, persévérant dans le jeûne et l'hésychasme.



Sainte Parascève (+ 1050)
Une des saintes les plus populaires en Roumanie et en Bulgarie. Elle s'était enfuie de la Thrace (née à Epibatai, non loin de Constantinople), son pays, en désaccord avec ses parents. Elle donnait aux pauvres les jolies robes que ses parents lui achetaient, les échangeant contre les haillons des mendiants. Son père courut après elle pendant dix ans. Il la retrouva enfin à Jérusalem, mais elle venait de partir la veille. Elle retourna à Constantinople et gagna enfin Caricatia en Turquie. Son père découvrit son refuge deux ans après. Elle venait de mourir et déjà les pèlerins accouraient sur son tombeau.



Bienheureux Romain Lysko prêtre et martyr (+ 1949)
Au temps de la persécution sous le régime soviétique, il fut détenu en prison, subit des tortures atroces, et aurait été emmuré vivant.
"Roman Lysko est né le 14 août 1914 à Horodok, dans la région de Lviv. Diplômé de l'Académie théologique de Lviv, il passe une jeunesse heureuse avec sa femme. Le 28 août 1941, il est ordonné prêtre par le métropolite Andrej Sheptytsky. Le 9 septembre 1949, il est arrêté par le NKVD et mis en prison à Lviv où il est torturé et meurt le 14 Octobre 1949."
(source: InfoCatho - le voyage de Jean-Paul II en Ukraine 2001)
http://infocatho.cef.fr/fichiers_html/jp2/ukrainebeatif.html
Roman Lysko, Prêtre de l'Archieparchie de Lviv des Ukrainiens (1914-1949) béatifié le 27 juin 2001 (site du Vatican)
http://www.vatican.va/news_services/liturgy/documents/20010626_beatif_ucraina_fr.html


Saint Rothad (+ 886)
Evêque d'Arras et Cambrai, il administra son diocèse dans un temps de perturbations et de misères extraordinaires, au milieu des invasions normandes. Arras et Cambrai furent dévastées et incendiées. Saint Rothad n'a pas accompli des actions éclatantes, mais il aida, simplement et comme il put, son peuple dans ces circonstances lugubres. Ce peuple lui proclama hautement sa reconnaissance en lui décernant le titre de saint.



Les Églises font mémoire…

Catholiques d’occident : Callixte 1er (IIIe s.), pape et martyr (calendrier romain et ambrosien)
Coptes et Ethiopiens (4 babah/teqemt) : Bacchus (+env. 300), compagnon de Serge, martyr (Église copte) ; Abreha et Asbeha (IVe s.), rois d’Axoum (Église d’Ethiopie)
Luthériens : Jacques le Notaire (+env.430), martyr en Perse
Maronites : Gervais et Protais (IIIe s.), martyrs ; Calixte 1er, pape
Orthodoxes et gréco-catholiques : Nazaire, Gervais, Protais et Celse de Milan, martyrs ; Cosmas de Maiouma (+760), hymnographe ; Parascève la Jeune (Xe s.), moniale (Église roumaine) ; Abiatar, prêtre, et Sidonie (IVe s.) ; Myrian III (IVe s.), roi de Géorgie et Nana son épouse (Église géorgienne)

Les Saints du jour

Posté le 13.10.2008 par jubilatedeo
Saint Géraud d'Aurillac Fondateur de l'abbaye d'Aurillac (+ 909)
Gérault ou Gérard.
Son père le destinait à l'Eglise parce qu'il était fragile. Géraud apprit alors la grammaire et le plain-chant. Quand il fut guéri, son père le destina au métier des armes. Il fut alors parfaitement à même de lui succéder comme seigneur d'Aurillac.
Mais, à l'inverse, Géraud résolut de suivre en tout l'Evangile après une tentative de mariage qui échoua. Il voulait rester constamment en présence de Dieu et faisait régner la justice sur ses terres. Il affranchit de nombreux serfs, rendait la justice à jeun pour que le vin n'influe pas sur ses jugements. Il savait pardonner.
On raconte qu'ayant appris que son bailli avait condamné à mort deux malfaiteurs, il les envoya chercher des lianes dans la forêt et de les rapporter pour se faire pendre. Ils ne revinrent jamais car il n'y avait pas de lianes dans le forêt et saint Géraud le savait.
*Saint Odon de Cluny nous a laissé la vie de saint Géraud.

*Deuxième abbé de Cluny (+ 942) Saint Odon était originaire de Tours et en 910, il rejoint le monastère de Cluny que saint Bernon venait de réformer. Il en devient à son tour le Père abbé. Cet homme à la main de fer mais aussi d'une grande bonté et toujours joyeux, va organiser l'influence de son abbaye dans l'Eglise.




Bienheureuse Alexandrine-Marie da Costa (+ 1956)
À Balasar, près de Braga au Portugal, blessée gravement après être tombée pour échapper aux mauvaises intentions de quelqu’un envers elle, elle offrit au Seigneur toutes ses douleurs dans la contemplation de l’Eucharistie pour l’amour de Dieu et de ses frères indigents.
Alexandrina Maria da Costa (1904-1955)
""M'aimes-tu?" - demande Jésus à Simon-Pierre. Celui-ci répond: "Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime". La vie de la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa peut se résumer dans ce dialogue d'amour."
"Elle mourut le 13 octobre 1955, après une vie passée à "aimer, souffrir, réparer", pour le salut des âmes."
(source: site du Vatican)
http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20040425_da-costa_fr.html
Béatifiée par Jean-Paul II le 25 avril 2004.



Saint Benjamin (4ème s.)
Fils d'un marchand et marchand lui-même, il assistait souvent à l'Office Divin. Un jour qu'il entendit la parole de l'Evangile selon lesquelles les riches entreront difficilement dans le Royaume des cieux, il entra dans la pauvreté de la laure des Grottes de Kiev pour en faire l'antichambre du ciel.



Saint Carpos (3ème s.)
et ses compagnons martyrs, les saints Papylos, et Agathodore. Ils refusèrent de livrer aux autorités impériales de Pergame les vases et les vêtements sacrés. Ils connurent alors toutes sortes de supplices : attachés derrière des chevaux au galop, puis attachés à des pieux qu'on éleva à grande hauteur pour devenir une cible facile pour ceux qui leur jetaient des pierres. Enfin, il furent condamnés à marcher avec des sandales de fer clouées aux pieds. Ils préférèrent rester fidèles au Christ.



Sainte Chélidoine ermite (+ 1152)
Née en 1077, son nom de baptême était apparemment Cleridona ('don du destin'). De retour d'un pélerinage à Rome, elle prit le voile au monastère de sainte Scholastique. Elle mena, assure-t-on, une vie solitaire très austère pendant cinquante-deux ans, au service de Dieu seul.
Patrone de la ville de Subiaco dans le Latium.



Sainte Chryssie (+ 1795)
Née chrétienne dans une famille pauvre de Bulgarie, elle était forte belle ce qui bouleversa le coeur d'un turc qui voulu l'épouser. Mais elle n'entendait pas renier sa foi. Il l'enleva. Pendant trois mois, il la fit soumettre aux mauvais traitements de femmes à ses ordres. Ses parents eux-mêmes vinrent la supplier d'accepter cette apostasie. Elle refusa. Alors, dans sa fureur, son prétendant la fit suspendre à un chevalet et engagea tous ceux qui le voulaient à prendre un couteau et à couper un morceau du corps de sainte Chryssie qui mourut ainsi dans d'atroces et longues souffrances.



Saint Coloman Martyr à Melk (+ 1012)
Moine irlandais qui s'en vint en Autriche pour se rendre en Terre Sainte. Les habitants le prirent pour un espion et il eut à souffrir toutes sortes de supplices avant d'être pendu à un arbre. Son corps y resta indemne pendant un an et l'arbre se mit à reverdir. A partir de ce moment, on reconnut son innocence. Son corps est désormais à l'abbaye de Melk où il est vénéré comme martyr.



Saint Comgan abbé (7ème s.)
Fils d'un prince de Leister en Irlande et frère de Saint Kentigern, battu par des tribus voisines, il trouva refuge à Lochaise, près de Skye en Écosse avec sa sœur et ses neveux. Il y fonda un petit monastère et y vécut en grande piété. Il fut enterré dans l’île d’Iona.



Saint Ebbon (+ 740)
Evêque de Sens. Il était originaire de Tonnerre en Bourgogne. Moine de l'abbaye Saint-Pierre le Vif à Sens, il devint évêque de cette ville et la sauva d'un siège des Sarrasins. Le trésor de la cathédrale conserverait quelques vêtements sacerdotaux lui ayant appartenu.



Saints Fauste, Janvier et Martial Martyrs à Cordoue (3ème s.)
Les saints Fauste, Janvier et Martial, martyrs au 3e ou 4e siècle, décorèrent la ville de Cordoue (Espagne) comme d’une triple couronne.



Saint Florent de Thessalonique martyr du IIIe ou IVe siècle (?)
Selon la tradition, il fut brûlé vif après diverses tortures.



Bienheureux Gérard fondateur de l’Ordre de Malte (+ 1120)
Gérard ou Pierre-Gérard de Martigues connu aussi avec le nom Tenque ou Tune...
Il construisit, à Jérusalem, adossé à l’église de Saint-Jean, un hôpital pour accueillir les pèlerins et soigner les malades. Il fut ainsi le fondateur et le premier préposé de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. (On rattache à la forme de l'apostolat de Saint Jean l'Aumônier l'origine de "l'Ordre religieux et militaire des hospitaliers de saint Jean", appelés par la suite les chevaliers de Malte.)
A voir aussi: Histoire de l'Ordre de Malte.
http://www.orderofmalta.org/site//storia.asp?idlingua=3



Saint Léobon ermite (6ème s.)
Originaire du Limousin, il en fut l'un des nombreux ermites, humble et modeste dans ses actions et son langage, pauvre d'esprit et de volonté, chaste de coeur et de corps, ascète et pénitent. Plus tard, il quittera cette région pour aller s'enfoncer davantage encore dans la solitude à Salagnac (24160).
Il est le saint patron de Fursac (23290).
- Un internaute nous communique:
"Léobon est un prénom qui était encore porté au début du 20e siècle en Limousin, particulièrement dans le nord-ouest de la Creuse. Il était un saint ermite de la région de St Léonard de Noblat en Haute-Vienne, qui finit ses jours à Grand-Bourg en Creuse où il y a une chapelle à son nom. L'église de Surdoux est dédiée à Ste-Marie - St-Léobon. Il existait aussi une église St-Léobon à Treignac en Corrèze."
- A lire aussi sur le site du diocèse de Limoges:
http://catholique-limoges.cef.fr/diocese/histoire.php

"la Marche connaît un grand nombre de figures érémitiques :
Saint Sylvain, Saint Léobon, Saint Goussaud"



Saint Nicétas (9ème s.)
Originaire de Paphlagonie, il fut envoyé à la cour impériale pour faire carrière parmi les eunuques. Il reçut une éducation soignée dans les lettres sacrées et profanes. Nommé général des armées en Sicile, il ne put obtenir l'autorisation de quitter l'armée et ce n'est qu'à cinquante ans qu'il put devenir moine, à condition de ne pas quitter la vie impériale. Au temps des querelles iconoclastes, il connut l'exil et c'est ainsi qu'il s'endormit dans la paix de Dieu.



Saint Simpert évêque (+ 807)
ou Simbert.
Originaire de Bavière, ses parents le confièrent aux religieux de Morbach dans les environs de Colmar. Il y fit de solides études, en devint l'abbé, jusqu'au jour où Charlemagne le fit nommer évêque d'Augsbourg. Il répara les désastres causés par l'invasion des Huns, fonda de nombreuses oeuvres caritatives et soutint son clergé dans son oeuvre de ré-évangélisation.



Saint Théophile d'Antioche (+ 181)
Il était évêque de cette ville sous l'empereur Marc Aurèle. Païen converti, de formation grecque et de vaste culture, il composa de nombreux ouvrages pour défendre le christianisme. Un seul, "l'Autolyque", nous est parvenu qui n'est pas sans nous étonner. Son destinataire supposé est un païen qui a besoin d'être instruit et déniaisé. Il pense que les chrétiens mangent des enfants. Alors saint Théophile n'hésite pas à le traiter de "minus habens". "Commencez par soigner les yeux de votre âme en changeant de conduite, alors vous verrez plus clair dans les choses invisibles et votre stupidité, comme jadis la mienne, en diminuera d'autant."
Originaire d'une famille grecque des rives de l'Euphrate, il reçut une excellente éducation classique. Il se convertit à la lecture des Saintes Ecritures. Elu évêque d'Antioche, il gouverna cette métropole de l'Orient en défenseur de la Foi. Nous avons de lui trois livres dédié à un païen, Autolycos. "Si tu me dis : montre-moi ton Dieu, je te répondrai : montre-moi ton âme. Dieu se montre à ceux qui ont les yeux de l'âme grand ouverts. "




Saint Venant Abbé de Saint Martin de Tours (5ème s.)
Un grand thaumaturge dont les historiens retiennent surtout sa sainteté. "Chargé d'années et de mérites, il laissa cette vie mortelle pour aller jouir de l'immortalité dans le ciel." Il est encore honoré de nos jours : 62350 Saint Venant




Notre-Dame de Fatima (fin des apparitions)
Le pape Benoît XV organisait une croisade de prières à Marie Médiatrice de toutes grâces, en vue de sauver le monde alors dévasté par la première Guerre Mondiale. Une semaine plus tard, son appel angoissé recevait une réponse des lèvres mêmes de la divine Médiatrice.
Un dimanche, 13 mai 1917, trois enfants gardent leurs brebis sur les collines de Fatima, au Portugal. Lucie, âgée de 10 ans et ses cousins François et Jacinthe âgés respectivement de le 9 et 7 ans sont les heureux choisis de la Vierge.
En entendant sonner midi au loin, ils s'agenouillent et récitent le chapelet. Leur prière est interrompue par la vue d'un éclair, puis d'un second plus brillant que le premier. Le ciel est cependant sans nuages. O merveille! à quelques pas, sur les branches d'un chêne vert, ils aperçoivent une belle Dame plus étincelante que le soleil. Eblouis autant que terrifiés, les trois enfants veulent s'enfuir, mais la mystérieuse apparition les rassure par un geste de maternelle bonté et leur dit: «N'ayez pas peur, Je ne vous ferai pas de mal.»
Après quelques minutes d'un silence extatique, Lucie ose demander: «Qui êtes-vous? -- Je suis du ciel, répond la céleste vision, Je suis descendue pour vous demander de venir ici, six mois de suite, le 13 de chaque mois.» La Vierge leur recommande de réciter souvent le chapelet. «Vous ajouterez cette prière après le Gloria Patri: «O mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer, et conduisez au ciel toutes les âmes, spécialement celles qui ont le plus besoin de Votre miséricorde.» Puis, Elle Se tait et S'éloigne doucement, comme poussée par un zéphir et disparaît dans la lumière du soleil.
A tous les 13 des cinq mois suivants, les enfants ont la joie insigne de revoir la belle Dame. La nouvelle des apparitions se répand rapidement dans la région. Le 13 juillet, la foule des curieux atteint cinq mille et en août, elle se chiffre à près de vingt mille.
Enfin, le 13 octobre, environ soixante-dix-mille personnes accourent malgré la pluie.
Tout à coup, le ciel s'éclaircit, le soleil tremble... se secoue... et se met à tourner sur lui-même à une vitesse vertigineuse, lançant d'énormes faisceaux lumineux et multicolores. Les nuages, les arbres, les rochers prennent les teintes les plus variées. Pendant que la foule haletante contemple ce saisissant spectacle, les trois enfants voient la Très Sainte Vierge accompagnée cette fois de Jésus et de saint Joseph. Ce prodige inouï dura une douzaine de minutes et fut aperçu distinctement à plus de quatre milles à la ronde.
Ce miracle se réalisait exactement au jour, à l'heure et à l'endroit annoncés, pour exciter les hommes à croire à la réalité des apparitions et à obéir au message que la Très Sainte Vierge apportait du Ciel. A Fatima comme à Lourdes, Notre-Dame recommandait la pénitence et la récitation du rosaire. «Si l'on répond à Ma demande de faire pénitence et de prier, la Russie se convertira et vous aurez la paix,» a promis la Vierge Marie. «...Sinon, elle répandra ses erreurs dans le monde, suscitant des guerres et des persécutions à l'Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties.» Mais n'oublions pas que Notre-Dame de Fatima a ajouté: «A la fin, Mon Coeur Immaculé triomphera.»

Tiré du Message Marial par F.E.C., édition 1947, p. 82-90




Les Églises font mémoire…

Anglicans : Edouard le Confesseur (+1066), roi d’Angleterre
Catholiques d’occident : Marguerite Marie Alacoque (+1690), vierge (calendrier ambrosien) ; Fauste, Janvier et Martial de Cordoue (III-IVe s.), martyrs (calendrier mozarabe)
Coptes et Ethiopiens (3 babah/teqemt) : Simon II (+env.830), 51e patriarche d’Alexandrie (Église copte-orthodoxe) ; Grégoire l’Illuminateur (+env.328), patriarche d’Arménie (Église d’Ethiopie et copte-catholique)
Luthériens : Théodore de Bèze (+1605), théologien à Genève
Maronites : Carpus et Papyle de Pergame (+251), martyrs
Orthodoxes et gréco-catholiques : Carpus et Papyle, martyrs ; Michel (+992), premier métropolite de Kiev (Église russe)




MADELEINE DELBRÊL (1904-1964) témoin

En 1964, Madeleine Delbrêl, témoin de l’Évangile, meurt subitement, alors qu’elle est dans la plénitude de sa maturité humaine et chrétienne.
Madeleine était née à Mussidan, en Dordogne, en 1904. Adolescente, elle avait subi l’influence des libre-penseurs que son père fréquentait, au point d’unir sa voix au choeur de ceux qui proclamaient, ces années-là : « Dieu est mort ».
Mais ce fut précisément à cause de cette affirmation, de la découverte que Dieu n’était pas une nécessité pour sa vie, que Madeleine s’ouvrit à une quête des autres hors du commun, qui la mènera à retrouver aussi l’Autre, Dieu même, d’abord dans la prière, puis dans un rapport vital et quotidien avec l’Évangile.
Après sa conversion, à la fois très sobre et pourtant radicale, Madeleine fit des études d’assistante sociale et se retrouva en 1933 à Ivry, dans un faubourg de Paris déchristianisé et acquis au communisme. C’est à Ivry qu’elle vécut la seconde moitié de sa vie, en simple laïque, partageant sa modeste demeure, une maison ouverte à tous, avec une petite communauté de femmes.
Madeleine sut témoigner de l’Évangile dans le compagnonnage avec les hommes avant tout par sa vie. En effet, elle avait compris que derrière l’athéisme se cachent bien des fautes des chrétiens, souvent prompts à annoncer un Dieu qui soit en opposition avec les autres, plutôt qu’une vérité qui ne peut jamais se donner sans l’autre, du moment qu’elle coïncide, en dernière instance, avec la charité.
Tout au long de sa vie, et ce jusqu’au dernier souffle, Madeleine unit, avec audace et persévérance, l’écoute des raisons de Dieu et l’écoute des raisons des hommes, rayonnant la paix et la joie dans toutes ses rencontres.




Lecture

Il y a une grâce de l’hospitalité. Nous voudrions retrouver sa fraîcheur, telle que la connurent et la vécurent les premières communautés chrétiennes.
L’hospitalité, c’est que les autres soient chez eux chez nous. Aux repas, ils sont attendus quand ils ne sont pas invités. Notre toit est le leur. Leur entrée dans notre vie engage leur entrée dans notre maison.
Ce qui est dans notre maison est à eux quand ils n’en ont pas l ‘équivalent. Ils y sont préférés à nous-mêmes.
L’hôte n’est pas traité selon la justice, mais selon l’amour. Il ne peut pas être jugé, mais estimé dans la miséricorde.
De lui et de nous, l’obligé c’est nous, car peu de mystères évangéliques sont plus riches que celui de l’hospitalité. En lui, nous recevons Jésus dans une sorte de communion collective ; par lui, nous revivons Jésus qui a accompli dans sa vie la loi juive et orientale de l’accueil ; par lui, nous avons l’occasion d’obéir à des préceptes chargés de promesses.

« Là où plusieurs sont rassemblés en mon nom je suis au milieu d’eux ».
Vivre en communauté, c’est exploiter pour le monde une sorte de sacrement. C’est assurer la présence de Jésus.
Le témoignage d’un seul, qu’il le veuille ou non, porte sa propre signature. Le témoignage d’une communauté porte, si elle est fidèle, la signature du Christ.

(Madeleine Delbrêl, Communautés selon l’Évangile).

Saint Edouard le Confesseur

Posté le 13.10.2008 par jubilatedeo
Saint Edouard le Confesseur Roi d'Angleterre (+ 1066)

Dieu donne souvent les mauvais princes dans sa colère ; mais un bon roi est aussi le présent le plus précieux qu’Il puisse faire à une nation.

" Un roi sage est le soutien du peuple ", dit la Sagesse.

Et l’Ecclésiastique :

" Tel qu’est le juge du peuple, tels sont les ministres ; tel qu’est le prince de la ville, tels sont aussi les habitants. Le roi insensé perdra son peuple ; et les villes se peupleront par la sagesse de ceux qui les gouvernent."
La vérité de ces maximes est confirmée par le bonheur qui accompagna le règne d’Edouard le Confesseur.

Le roi Ethelred II eut d’Elvige, sa première femme, Edmond, surnommé Côte de fer, qui lui succéda. Il épousa depuis Emme, fille de Richard Ier, duc de Normandie ; il en eut deux fils, Alfred et Edouard.
Le règne d’Ethelred fut malheureux parce qu’il fut faible. Les Danois, qui depuis environ soixante ans n’avaient point inquiété la Grande-Bretagne, vinrent l’attaquer de toutes parts, et y commirent d’horribles ravages. Ethelred acheta d’eux une paix honteuse, et ne rougit pas de s’engager à leur payer tous les ans un tribut considérable, qui fut levé par une taxe à laquelle on donna le nom de Danegelt.
Swein, ou Suénon, roi des Danois, fit la conquête de toute l’Angleterre peu de temps après, en 1015. Ce prince mourut la même année, laissant un fils nommé Knut ou Canut (que l’on ne confondra pas avec saint Canut III d’Odensée, roi de Danemark et martyr, petit neveu de ce Canut, dont le père fut Suénon II, et que l’on fête au 19 janvier).

Ethelred, qui s’était retiré en Normandie, revint en Angleterre, lorsqu’il eut été instruit de la mort de Suénon, et il remonta sur le trône ; mais il mourut l’année suivante, laissant encore la Mercie et quelques provinces de ses Etats entre les mains des Danois.
Edmond Côte de fer se présenta pour lui succéder. Malheureusement pour lui, il avait affaire à des ennemis puissants, et il lui fallut livrer plusieurs batailles. Enfin, les choses en vinrent au point que l’on proposa de part et d’autre un traité ; il fut conclu près de Gloucester et l’on arrêta que Canut aurait le royaume de Mercie, de Northumberland (ou Northumbrie) et d’Est-Anglie.
Peu de temps après, Edmond fut indignement assassiné par un Danois qu’il avait comblé de bienfaits. Le Danois Canut profita de cette occasion pour s’emparer de toute l’Angleterre.
Emme s’était retirée en Normandie avec ses deux fils Alfred et Edouard. Canut la demanda en mariage au duc Richard son frère, et elle lui fut accordée ; mais les deux jeunes princes restèrent en Normandie, à la cour de Richard II et de ses successeurs, Richard III, et Guillaume le Conquérant.

Canut régna dix-neuf ans en Angleterre. Il fut magnifique, libéral, brave et zélé pour la religion ; mais l’ambition ternit l’éclat de ses vertus. Il mourut en 1036, et ses Etats furent partagés entre ses enfants : Suénon eut la Norvège, Harold l’Angleterre, et Hardi-Cajut le Danemark.
Alfred et Edouard vinrent de Normandie à Winchester pour voir Emme leur mère. Godwin, qui commandait dans le West-Sex et qui avait contribué principalement à établir l’autorité d’Harold dans cette partie de l’Angleterre, convint avec le roi d’attirer les deux princes à la cour, dans le dessein de les faire périr secrètement. Emme, se défiant de ce qui se tramait, craignit pour ses enfants ; elle se contenta d’envoyer Alfred et garda Edouard près d’elle.
Godwin alla au devant d’Alfred et se saisit de sa personne : il le fit d’abord enfermé au château de Guilford d’où il fut conduit ensuite Ely. On lui creva les yeux, et on le mit dans un monastère où il mourut peu de jours après.
Edouard retourna promptement en Normandie et Emme se retira chez le comte de Flandres.


Après la mort d’Harold, qui arriva en 1039, Hardi-Canut vint en Angleterre avec quarante vaisseaux et s’y fit reconnaître roi. Le prince Edouard y vint aussi de Normandie, et il fut reçu par le nouveau roi avec les égards qui lui étaient dus.
Il demanda vengeance de la mort de son frère ; mais Godwin l’évita, en faisant serment qu’il n’avait point eu part dans la triste fin d’Alfred.

Hardi-Canut, prince vicieux, mourut subitement en 1041. Suénon, autre fils de Canut, existait encore et régnait en Norvège ; mais les Anglais, las de vivre sous la domination de rois étrangers et qui les traitaient avec indignité, résolurent de rétablir sur le trône leurs princes légitimes. C’était l’unique moyen qu’ils eussent de s’affranchir d’un joug pesant qu’ils portaient avec impatience depuis plus de quarante ans. D’un autre côté, les vertus d’Edouard avaient gagné les ennemis de sa famille, et tout le monde s’accordait à vouloir lui rendre la couronne de ses pères. Léofrick, comte de Mercie, Siward, comte de Northumberland, et Godwin, comte de Kent – qui était en même temps gouverneur du royaume de West-Sex, les trois hommes les plus puissants de la nation, furent les principaux auteurs de la révolution qui fit rentrer l’Angleterre sous la domination de ses véritables maîtres.

Edouard avait été formé à l’école de la vertu, et il en avait fait un bon usage. Il savait apprécier à leur juste valeur les biens de ce monde visible. Jamais il n’avait cherhcé de consolation ailleurs que dans la vertu et la religion. Elevé dans le palais du duc de Normandie, il avait su se préserver de la corruption des vices qui régnaient à la cour de ce prince ; il s’appliqua même à acquérir les vertus contraires dès son enfance ; il était fidèle aux pratiques que prescrit le christianisme, et il aimait à converser avec les personnes de piété. Toutes ses actions étaient extérieures portaient l’empreinte de la modestie. Il parlait peu, mais ce n’était ni par ignorance, ni par défaut de talent ; tous les historiens s’accordent en effet à dire qu’il était d’une gravité et d’une sagesse au-dessus de son âge. Son amour pour le silence venait donc d’un fond d’humilité et de la crainte de perdre le recueillement ou de tomber dans les fautes qu’entraîne ordinairement la démangeaison de parler. Son caractère était composé de l’heureux assemblage de toutes les vertus chrétiennes et morales. On distinguait cependant en lui une douceur admirable, qui avait sa source dans une humilité profonde et dans une tendre charité qui embrassait tous les hommes. Il était aisé de s’apercevoir qu’il était entièrement port à lui-même : de là cette horreur pour l’ambition et pour tout ce qui pouvait flatter les autres passions.

S’il monta sur le trône de ses ancêtres, c’est qu’il y fut appelé par la volonté de Dieu ; aussi ne se proposa-t-il d’autre but que de faire aimer la religion et de venir au secours d’un peuple malheureux. Il était si éloigné de tout sentiment d’ambition, qu’il déclara refuser la plus puissante monarchie, si, pour l’obtenir, il fallait faire couler le sang d’un seul homme. Les ennemis mêmes de la famille royale se réjouirent de le voir sur le trône. Tous se félicitaient d’avoir un saint pour roi, surtout après tant de malheurs sous le poids desquels la nation avait gémi ; ils espéraient que les maux publics et particuliers allaient être réparés par sa piété, sa justice et sa bienfaisance.
Edouard fut sacré le jour de Pâques de l’année 1042, à l’âge d’environ 40 ans.

Malgré les circonstances critiques dans lesquelles il monta sur le trône, son règne fut l’un des plus heureux qu’on eut jamais vus. Les Danois même établis en Angleterre le craignaient, l’aimaient et le respectaient. Quoiqu’ils se regardassent comme maîtres du pays en vertu d’un prétendu droit de conquête, qu’ils en eussent été maîtres pendant quarante ans, et qu’ils eussent rempli de leurs colonies les royaumes de Northumberland, de Mercie et d’Est-Anglie, on ne les vit cependant s’agiter nulle part, et depuis le temps dont nous parlons, il ne fut plus question d’eux en Angleterre.
Pontan, un de leurs historiens, calomnie les Anglais, lorsqu’il les accuse d’avoir massacré tous les étrangers sous le règne d’Edouard. Une pareille entreprise aurait été aussi dangereuse qu’injuste et barbare ; son exécution aurait sans doute fait plus d’éclat qu’un massacre arrivé sous Ethelred II, dans un temps où les Danois étaient moins puissants et moins nombreux.

Si l’on demande ce que devinrent ceux dont il s’agit, nous répondrons que s’étant mêlés avec les Anglais, ils ne firent plus bientôt qu’un même corps de peuple avec eux, à l’exception de quelques uns d’entre eux qui retournaient de temps en temps dans leur patrie.

Suénon, fils de Canut, qui régnait en Norvège, équipa une flotte pour venir attaquer l’Angleterre. Edouard mit son royaume en état de défense, et envoya en Danemark Gulinde, nièce de Canut, de peur que si elle restait en Angleterre elle ne favorisât secrètement l’invasion projetée.

Sur ces entrefaites, le roi de Danemark, appelé aussi Suénon, fit une irruption dans la Norvège et fit ainsi échouer l’expédition contre les Anglais. Peu de temps après, Suénon fut détrôné par Magnus, fils d’Olaüs le Martyr, que Canut le Grand avait dépouillé de la Norvège.

En 1046, des pirates danois se présentèrent à Sandwich, puis sur les côtes d’Essex ; mais la vigilance des principaux officiers d’Edouard les força de se retirer avant qu’ils eussent pu ravager le pays, et ils n’osèrent plus reparaître par la suite.

Edouard n’entreprit qu’une seule guerre, qui eut pour objet de rétablir Malcolm, roi d’Ecosse, et qui se termina par une victoire glorieuse. Il y eut quelques mouvements à l’intérieur du royaume, mais ils furent apaisés avec autant de promptitude que de facilité. On vit alors ce que peut un roi qui est véritablement le père de ses sujets. Tous ceux qui approchaient de sa personne essayaient de régler leur conduite sur ses exemples. On ne connaissait à sa cour i l’ambition, ni l’amour des richesses, ni aucune de ces passions qui, malheureusement, sotn si communes parmi les courtisans et qui préparent peu à peu la ruine des Etats. Edouard paraissait uniquement occupé du soin de rendre ses peuples heureux et d’établir une société qui favorisât le salut du plus grand nombre de ses sujets.

Il diminua les impôts et chercha tous les moyens de ne laisser personne en souffrance. Comme il n’avait point de passion à satisfaire, tous ses revenus étaient employés à récompenser ceux qui le servaient fidèlement, à soulager les pauvres, à doter les églises et les monastères. Il fit un grand nombre de fondations dont le but était de faire chanter à perpétuité les louages de Notre Seigneur Jésus-Christ ; les divers établissements qu’il fit ne furent jamais à la charge du peuple. Les revenus de son domaine lui suffisaient pour toutes les bonnes œuvres qu’il entreprenait. On ne connaissait point encore les taxes, ou l’on y avait recours qu’en temps de guerre ou de nécessités pressantes. Le saint roi abolit le Danegelt.

Les grands du royaume, s’imaginant que le saint roi avait épuisé ses finances par ses aumônes, levèrent une somme considérable sur leurs vassaux sans l’en prévenir, et la lui apportèrent comme un don que lui faisaient ses peuples pour l’entretien de ses troupes, et pour les autres frais occasionnés par les dépenses publiques.
Saint Edouard, ayant appris ce qui s’était passé, remercia ses sujets de leur bonne volonté et voulut que l’on rendît l’argent à tous ceux qui avaient contribué à former la somme. Toute sa conduite annonçait qu’il était parfaitement maître de lui-même ; il avait une égalité d’âme qui ne se démentait dans aucune circonstance, sa conversation était agréable mais toujours accompagnée d’une majesté qui inspirait le respect. Il aimait, il est vrai, surtout parler à Dieu et des choses spirituelles.

Edouard avait toujours fait une estime particulière de la pureté, et il conserva cette vertu sur le trône par l’amour de la prière, par la fuite des occasions, par la pratique de l’humilité et de la mortification. Il veillait avec soin sur tous ses sens et prenait les précautions les plus sages pour se garantir de la moindre souillure. Cependant on désirait le voir marié, et il ne put résister aux instances que la noblesse et le peuple lui faisaient à cet égard.

Godwin mit tout en œuvre pour que le choix du prince se fixât sur Edithe, sa fille, qui joignait une vertu éminente à toutes les qualités du corps, de du cœur et de l’esprit. Une chose arrêtait le roi : c’est qu’il avait fait vœu de garder une chasteté perpétuelle. Il se recommanda à Dieu, puis il découvrit à celle qu’on lui proposait pour épouse l’engagement qu’il avait contracté. Edithe entra dans ses vues, et ils convinrent l’un et l’autre qu’ils vivraient dans l’état du mariage comme frère et sœur.
C’est par un effet de la calomnie que quelques écrivains ont attribué la résolution de saint Edouard à la haine qu’il aurait portée à Godwin. De tels sentiments sont incompatibles avec la haute vertu dont il faisait profession ; il était d’ailleurs incapable de traiter, avec l’injustice qu’on lui suppose, un princesse accomplie, à laquelle il s’était uni par les liens les plus sacrés.

Godwin était le sujet le plus riche et le plus puissant du royaume. Canut l’avait fait général de son armée, l’avait créé comte de Kent et lui avait fait épouser sa belle-sœur. Il fut ensuite grand trésorier de duc de West-Sex, c’est-à-dire général de toutes les armées au midi de la Mercie. Dévoré par l’ambition, il viola souvent les lois divines et humaines. Swein, le plus jeunes de ses fils, marcha sur ses traces et porta même le libertinage jusqu’aux excès les plus coupables. Edouard le punit par l’exil, mais il lui pardonna dans la suite. Godwin lui-même, s’étant rendu coupables de plusieurs crimes, fut menacé de proscription s’il ne paraissait pas devant le roi alors qu’il était à Gloucester.

Il refusa d’abord et prit la fuite ; mais il revint bientôt avec une armée pour attaquer le roi. Quelques uns de ses amis demandèrent sa grâce, et, quoique Edouard fut vainqueur, il lui pardonna et le rétablit dans son premier état.

Pendant la rébellion de Godwin, on crut nécessaire de renfermer Edithe dans un monastère de peur qu’on ne ses servit de sa dignité pour exciter les vassaux et les amis de son père. Malgré cette précaution, saint Edouard n’en était pas moins attaché à la reine, qui de son côté l’aimait tendrement, et ils vécurent toujours l’un de l’autre dans l’union la plus intime et la plus parfaite.

En 1053, le comte Godwin fut emporté par une mort subite. Harold, son fils, lui succéda dans toutes ses dignités. Il vainquit le roi des Gallois méridionaux, qui faisaient des incursions dans les Etats de saint Edouard. Quelques années après, ce prince fut fait prisonnier et mis à mort par le roi des Gallois septentrionaux. Celui-ci envoya la tête de son ennemi à Harold, afin qu’il la présenta à Edouard. Le saint roi, naturellement généreux, laissa ces provinces conquises par ses troupes, dans le Pays de Galles, aux deux frères du prince qui venait de périr.

En 1058, saint Edouard perdit le pieux et brave Siward. C’était lui qui, l’année précédente, avait rétabli Malcolm III sur le trône d’Ecosse, dont l’usurpateur Macbeth l’avait dépouillé. Dans cette guerre, Siward donna la plus haute idée de son courage. Quelqu’un lui ayant appris que son fils avait été tué sur le champ de bataille, il demanda s’il était blessé par devant ou par derrière ; et comme on lui assura qu’il était tombé les armes à la main et qu’il était blessé par devant, il se consola en disant qu’il avait toujours souhaiter ce genre de mort pour lui et pour son fils. Sa vertu était d’autant plus solide qu’il était d’un caractère bouillonnant et impétueux. Il fut enterré dans l’église Sainte-Marie de York.

Quelques temps après, Léofrick mourut aussi ? C’était un homme d’une piété éminente et d’une prudence consommée. Les abondantes aumônes qu’il distribua aux pauvres, les églises qu’il bâtit ou répara, le célèbre monastère qu’il fonda à Coventry, furent les monuments publics de son zèle et de sa charité ; mais il joignit encore à ses vertus une humilité profonde. Les privilèges qu’il accorda à la ville de Coventry ont rendu son nom immortel dans le pays. Saint Edouard trouvait autant de secours que de consolation dans les pieux et sages conseils de ce grand homme. Algard, fils de Léofrick, fut fait duc de Mercie ; mais il ne se montra pas digne de son père.

Saint Edouard le Confesseur s’est surtout rendu célèbre par ses lois ? Il adopta ce qu’il y avait d’utile dans celles que l’on suivait alors et fit les changements et les additions qu’il crut nécessaires. Depuis, son code devint commun à toute l’Angleterre sous le nom de Lois d’Edouard le Confesseur, titre par lequel elles sont distinguées de celles que donnèrent les rois normands. Elles font partie du droit britannique, excepté en quelques points qui depuis ont subi des changements. Les peines infligées aux coupables par ces lois ne sont point sévères, elles reconnaissent peu de crimes punissables de mort ; les amendes y sont déterminées d’une manière fixe et ne dépendent point de la volonté des juges. Elles pourvoient à la sûreté publique et assurent à chaque particulier la propriété de ce qu’il possède. On était rarement dans le cas de sévir, parce qu’on veillait à l’observation des lois et que la justice était bien administrée.

L’écrivain Gurdon de commenter :
" La sage administration du pieux roi avait autant et même plus de pouvoir sur le peuple que le texte des lois."

" Edouard le Confesseur, ce grand et sage législateur, régnait dans le cœur de ses sujets. L’amour, l’harmonie, l’intelligence qu’il y avait entre lui et l’assemblée générale de la nation, produisirent un bonheur qui devint la mesure de celui que le peuple désirait les siècles suivants. Les barons anglais et normands en appelaient à la loi et au gouvernement d’Edouard."

On a vu peu de princes qui se soient montrés aussi zélés qu’Edouard pour le bonheur de leurs peuples. Il prenait spécialement les malheureux sous sa protection, faisait observer les lois, et voulait que la justice fut rendue avec autant de d’intégrité que de promptitude. Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, fut lui-même le témoin des vertus et de la sagesse de son parent, lorsqu’en 1052 il vint le voir en Angleterre.
Saint Edouard, pendant son exil en Normandie, avait fait vœu d’aller visiter le tombeau de saint Pierre à Rome, si Dieu mettait fin aux malheurs de sa famille. Lorsqu’il se fut solidement établi sur le trône, il prépara de riches offrandes pour l’autel du Prince des Apôtres, et disposa tout pour se mettre en état de passer en Italie. Ayant convoqué ensuite l’assemblée générale de la nation, il y déclara l’engagement qu’il avait contracté, et fit sentir l’obligation où il était de témoigner à Dieu sa reconnaissance. Il proposa ensuite les moyens qui lui paraissaient les plus propres à faire fleurir le commerce et à maintenir la paix ; il finit par mettre ses sujets sous la protection du Ciel. Les principaux de l’assemblée alléguèrent les raisons les plus fortes pour le dissuader de l’exécution de son dessein. Après avoir loué sa piété, ils lui représentèrent avec larmes les dangers auxquels l’Etat serait exposé ; qu’on aurait à craindre tout à la fois les ennemis du dedans et du dehors ; qu’ils s’imaginaient déjà voir toutes les calamités tomber sur le royaume.

Edouard fut si touché de leurs raisons et de leurs prières, qu’il promit, avant de rien entreprendre, de consulter Léon IX, qui occupait alors la chaire de Pierre. Il envoya à Rome, pour ce sujet, Aëlred, archevêque d’York, Herman, évêque de Winchester, et deux abbés. Le Pape, persuadé que le roi ne pouvait quitter ses Etats sans exposer son peuple à de grands dangers, le dispensa de l’accomplissement de son vœu ; mais ce fut à condition qu’il distribuerait aux pauvres l’argent qu’il aurait dépensé en venant à Rome, et qu’il bâtirait ou doterait un monastère en l’honneur de saint Pierre.
Sébert, roi des Est-Angles, avait fondé la cathédrale de Saint-Paul de Londres. Quelques auteurs lui ont aussi attribué la fondation d’un monastère en l’honneur de saint Pierre, qui était hors les murs et au couchant de la ville. On dit que ce monastère occupait l’emplacement d’un ancien temple d’Apollon, qu’un tremblement de terre avait renversé : mais le silence de saint Bède le Vénérable fait croire qu’il fut bâti quelques années plus tard par quelque particulier et qu’il était peu de chose dans son origine. On l’appelait Torney. Des Danois l’ayant détruit, le roi Edgard le fit reconstruire. Saint Edouard, après l’avoir réparé, y fit des donations considérables ; il voulut encore qu’il fut honoré d’exemptions et de privilèges ; ce qu’il obtint du pape Nicolas II en 1059. On lui donna le nom de Westminster, à cause de sa situation. Il est devenu fort célèbre depuis par le sacre des rois et par la sépulture des grands hommes du royaume. C’était l’abbaye la plus riche de toute l’Angleterre lorsqu’on y détruisit tous les monastères.
Saint Edouard faisait sa résidence à Winchester, à Windsor et à Londres, mais plus communément à Islip, dans la province d’Oxford, où il était né. Anciennement les seigneurs du royaume demeuraient à la campagne et vivaient parmi leurs vassaux ; ils n’allaient à la cour qu’aux grandes fêtes et dans quelques occasions extraordinaires. La fête de Noël était une des principales où la noblesse se rendait auprès du roi. Saint Edouard la choisit pour la dédicace de la nouvelle église de Westminster, afin que la cérémonie s’en fît avec plus de solennité. Les personnes les plus qualifiées du royaume y assistèrent. Le roi signa l’acte de fondation, et y fit insérer à la fin de terribles imprécations contre ceux qui oseraient violer les privilèges de son monastère.
Plusieurs historiens rapportent divers miracles opérés par saint Edouard. Un lépreux le pria instamment de le porter sur son dos royal dans l’église de Saint-Pierre, disant que ce saint avait promis qu’il guérirait par ce moyen. Ce bon prince se prêta à cette cérémonie rebutante et obtint ainsi la guérison du malade. Par le signe de la croix, il guérit une femme d’une tumeur chancreuse reconnue incurable. Trois aveugles ont recouvré la vue en s’appliquant l’eau dont le prince s’était servi pour se laver les mains. Saint Edouard mérita un jour de voir Notre Seigneur Jésus-Christ pendant le saint sacrifice de la messe et de recevoir visiblement sa bénédiction.
Après le Prince des Apôtres, celui des saints auquel saint Edouard avait le plus de dévotion était saint Jean l’Evangéliste, ce p