Sainte Faustine L' APÔTRE DE LA MISÉRICORDE DIVINE
Publié le 03/05/2008 à 12:00 par jubilatedeo
261. Je suis arrivée à Wilno. Le couvent est constitué de petites cabanes dispersées. Cela semble étrange en comparaison des grands bâtiments de Jozefow. Il n’y a que dix-huit Sœurs. La maison est petite, mais la vie commune est admirable. Toutes les Sœurs m’accueillirent très affectueusement. Ce fut pour moi un grand encouragement pour endurer les fatigues qui m’attendaient. Sœur Justyna a même nettoyé le plancher pour mon arrivée.
262. Quand je suis allée à la Bénédiction, Jésus m’éclaira sur la façon dont je devais me comporter avec certaines personnes.
Je me suis serrée de toutes mes forces contre le Très Doux Cœur de Jésus, lorsque je vis combien je serais exposée extérieurement à la dissipation puisque l’emploi que je vais avoir ici, au jardin, me forcera à avoir des relations avec des personnes laïques.
263. La semaine de la confession arriva et, à ma grande joie, j’aperçu ce prêtre que je connaissais déjà avant de venir à Wilno. Je le connaissais pour l’avoir vu en vision. J’entendis à ce moment ces paroles dans mon âme : « Voila Mon fidèle serviteur, il t’aidera à accomplir Ma Volonté sur terre. » Mais je ne me fis pas connaître à lui, comme le Seigneur le désirait. Pendant quelque temps, je résistai à la grâce. A chaque confession, la grâce divine me pénétrait singulièrement. Cependant je ne dévoilais pas mon âme à ce prêtre et me proposai de ne plus me confesser à lui. Dès que j’eus pris cette décision, mon âme fut en proie à une terrible inquiétude. Dieu me réprimandait bien fort.
Quand, enfin, j’ai dévoilé toute mon âme à ce prêtre, Jésus y versa une surabondance de grâces. Je comprends maintenant, ce qu’est la fidélité à une grâce particulière : elle attire toute une série d’autres grâces.
264. O mon Jésus, gardez-moi près de Vous, voyez comme je suis faible. Seule je ne puis faire un seul pas en avant. Vous donc, Jésus, devez être constamment avec moi, comme une mère auprès d’un faible enfant, et plus encore.
265. Les jours de travail, de combat et de souffrances ont commencé. La vie religieuse va son train. On est toujours novice, on doit apprendre beaucoup de choses et les connaître. La règle est la même. Malgré cela chaque maison à ses habitudes, donc chaque changement est un tout petit noviciat.
266. 5.VIII.1933. La fête de Notre-Dame de la Miséricorde.
Aujourd’hui j’ai reçu une grande grâce, purement intérieure, pour laquelle je suis reconnaissante à Dieu dans cette vie et pour l’éternité…
267. Jésus m’a dit que je Lui serai le plus agréable lorsque je méditerai Sa Douloureuse Passion, et que cette méditation ferait descendre sur mon âme de nombreuses lumières. Que celui qui veut apprendre la véritable humilité considère la Passion de Jésus. J’ai une claire conception de beaucoup de choses que je ne pouvais comprendre d’abord. Je veux être semblable à Vous, Jésus, à Vous crucifié et humilié. Jésus, que Votre humilité se reflète dans mon âme et dans mon Cœur. Je Vous aime, Jésus, à la folie, Vous, anéanti, tel que le prophète Vous montre, lorsqu’il dit ne plus pouvoir discerner en Vous l’être humain, si grandes étaient Vos douleurs. C’est dans cet état que je vous aime, Jésus, à la folie. Qu’a fait de vous l’amour, Dieu éternel et infini ?...
268. 11.X.1933. Jeudi je tâchais de faire l’Heure Sainte, mais j’ai eu beaucoup de peine à la commencer. Une certaine langueur commença à me pénétrer le cœur. Mon esprit s’assombrit tellement que je ne pouvais comprendre les plus simples formules de prière. Ainsi passa une heure d’oraison ou plutôt de combat.
Je résolus de prier une seconde heure, mais les souffrances intérieures grandissaient; grande sécheresse et découragement.
Je résolu de prier une troisième heure. Pendant cette troisième heure, que j’ai décidé de faire à genoux, sans aucun appui, mon corps commença à réclamer un peu de relâche… Mais je ne lui ai rien accordé. J’ai étendu les bras et, sans un mot, je persistai par un acte de volonté. Après un moment, j’ai ôté l’anneau de mon doigt et j’ai demandé à Jésus de regarder ce signe de notre éternelle union. J’ai offert à Jésus les sentiments que j’avais le jour des vœux perpétuels. Après un moment j’ai senti qu’une vague d’amour commençait à envahir mon cœur.
Puis l’esprit soudain recueilli, les sens silencieux, la présence de Dieu m’enveloppa. Je sais seulement que Jésus est là. Je Le vis à nouveau tel que je L’avais vu, immédiatement après mes vœux perpétuels, pendant l’Heure Sainte. Là aussi, Jésus se tint soudain devant moi, dépouillé de ses vêtements, le Corps couvert de plaies, les yeux noyés de sang et de larmes, le Visage défiguré et couvert de crachats. Alors le Seigneur me dit : « L’épouse doit être semblable à son époux. » J’ai compris ces paroles à fond. Il n’y a pas l’ombre d’un doute ici. Ma ressemblance avec Jésus doit passer par la souffrance et par l’humilité. « Vois ce qu’a fait de Moi Mon amour, Ma fille. Dans ton cœur Je trouve tout ce que Me refuse un grand nombre d’âmes. Ton cœur est un repos pour Moi, Je te réserve souvent de grandes pour la fin de l’oraison. »
Une fois, ayant fini une neuvaine au Saint-Esprit à l’intention de mon confesseur, le Seigneur me répondit ainsi : « Je te l’ai dit bien avant que tes Supérieures ne t’envoies ici : J’agirai envers toi comme tu agiras envers ton confesseur. Si tu lui caches quelque chose, serait-ce même la plus petite grâce, Moi aussi, Je me cacherai de toi et tu resteras seule. » Je me conformai donc au désir de Dieu et une profonde paix régna dans mon âme. Je comprends maintenant comment Dieu défend les confesseurs et comment il prend leur parti.
270. Conseil de l’Abbé Sopocko
« Sans humilité, nous ne pouvons plaire à Dieu. Exercez-vous au troisième degré d’humilité. C'est-à-dire que, non seulement il ne faut pas s’expliquer ni se justifier quand on nous reproche quelque chose, mais se réjouir de l’humiliation. Si ces choses dont vous me parlez viennent vraiment de Dieu, alors préparez votre âme à de grandes souffrances. Vous rencontrerez la désapprobation, la persécution ; vous passerez pour une hystérique, une toquée, mais Dieu vous comblera de Ses grâces. Les véritables œuvres de Dieu rencontrent toujours des difficultés, et sont marquées du sceau de la souffrance. Si Dieu veut mener quelque chose à bonne fin, tôt ou tard, Il y arrivera malgré les difficultés. Et vous, en attendant, armez-vous d’une grande patience. »
271. Lorsque l’abbé Sopocko partit pour la Terre Sainte, le Père Dabrowski, S.J., confessa la Communauté. Pendant une des confessions, il me demanda si j’étais consciente de la grandeur de la vie de mon âme. J’ai répondu que j’en étais consciente et que je savais ce qui se passait en moi. A quoi le Père répondit : « Il ne vous est pas permis, ma Sœur, de détruire ni de changer quoi que ce soit dans votre âme, de vous-même. Le bonheur et la grâce d’une vie intérieure de grande élévation ne sont pas visibles dans chaque âme, comme ils le sont chez vous, ma Sœur. Faite attention de ne pas gaspiller de si grandes grâces divines, une grande… »-ici, Sœur Faustine a interrompu sa pensée.
272. Cependant, ce Père m’a d’abord exposée à beaucoup d’épreuves. Quand je lui avais dit que ce que le Seigneur exigeait de moi, il s’était moqué de moi et il m’avait dit de venir me confesser à huit heures du soir. Quand je suis venue à huit heures, un Frère fermait déjà l’église. Lorsque je lui ai dit qu’il fasse savoir au Père que j’étais là, ainsi qu’il me l’avait ordonné, le brave Frère y est allé.
Le Père me fit répondre que les Pères ne confessaient plus à cette heure là. Je suis rentrée à la maison, les mains vides et j’ai cessé de me confesser à lui. Mais j’ai fait une heure d’adoration et certaines mortifications pour lui obtenir la lumière de Dieu, afin qu’il connaisse les âmes. Lorsque l’abbé Sopocko, partit et qu’il le remplaça, je fus forcée de me confesser à lui. Et bien qu’auparavant il n’ait pas voulu me croire, maintenant, il m’engageait à une grande fidélité envers ces inspirations intérieures. Dieu permet parfois cela ; qu’Il soit loué en tout. Il faut cependant une grande grâce pour ne pas chanceler.
273. Retraite annuelle 10.1.1934.
Mon Jésus, de nouveau approche le moment où je resterai en tête-à-tête avec Vous. Jésus, de tout mon cœur je Vous prie de me faire connaître ce qui ne Vous plait pas en moi. Et, en même temps, faites-moi connaître ce que je dois faire pour Vous être plus agréable. Ne me refusez pas cette grâce et restez avec moi. Je sais que sans Vous, mes efforts ne conduiraient pas à grand-chose. Oh ! Comme je me réjouis de Votre grandeur, Seigneur. Plus je Vous connais et plus je Vous désire ardemment et soupire après Vous.
274. Jésus m’a accordé la grâce de me connaître moi-même. Dans cette lumière divine j’ai vu mon défaut dominant : c’est l’orgueil qui a pris la forme du repliement sur moi-même, et du manque de simplicité envers la Mère Supérieure.
La seconde lumière concerne la parole : Il m’arrive de trop parler. Je passe trop de temps à régler des affaires pour lesquelles deux ou trois mots suffiraient. Et Jésus voudrait que je passe ce temps à réciter de petites prières pour les âmes souffrantes du Purgatoire. Et le Seigneur dit que chaque mot sera pesé au jour du jugement.
La troisième lumière concerne notre règlement. J’évite trop peu les occasions qui mènent à l’enfreindre, surtout la règle du silence. Désormais, j’agirai comme si la règle n’était écrite que pour moi. La façon dont les autres agissent ne me regarde pas, pourvu que moi j’agisse comme Dieu le désire.
Résolution. Quand il s’agit de choses extérieures, j’irai immédiatement dire aux Supérieures tout ce que Jésus exige de moi. Et dans mes relations avec la Supérieure, je tâcherai d’être franche et sincère comme un enfant.
275. Jésus aime les âmes cachées. La fleur cachée renferme le plus de parfum. M’efforcer de créer à l’intérieur de mon âme un endroit retiré pour le Cœur de Jésus. Dans les moments pénibles et douloureux, je fredonnerai pour Vous Ô mon Créateur, un hymne de confiance. Car le gouffre de ma confiance envers Vous, envers Votre Miséricorde, est sans bornes.
276. Depuis que je me suis mise à aimer la souffrance, elle a cessé d’être souffrance. C’est la nourriture quotidienne de mon âme.
277. Je n’irai pas parler avec telle personne, car je sais que cela déplait à Jésus, et elle n’en tire aucun profit.
278. Aux pieds du Seigneur. Jésus caché, Amour éternel, notre vie, Vous oubliant Vous-même, Vous ne voyez que nous. Avant de créer le ciel et la terre, Vous nous portiez déjà dans Votre Cœur. O Amour, ô profondeur de votre abaissement, ô mystère du bonheur, pourquoi si peu d’âmes Vous connaissent-elles ? Pourquoi ne trouvez-Vous pas de réciprocité ? O Divin Amour, pourquoi cachez-Vous Votre beauté ? O Inconcevable et Infini, plus je Vous connais, moins je Vous comprends. Mais parce que je ne puis Vous comprendre, je conçois mieux Votre grandeur. Je n’envie pas leur feu aux Séraphins, car un don plus grand est déposé en mon coeur.
En extase, eux Vous admirent, mais Votre Sang s’unit au mien. L’Amour, c’est le ciel qui nous est déjà donné ici sur la terre. Oh ! Pourquoi Vous cachez-Vous dans la foi ? L’Amour déchire le voile. Il n’y a pas de voile. Il n’y a pas de voile devant le regard de mon âme. Car Vous-même, Vous m’avez attirée au sein du mystérieux amour, pour l’éternité. Gloire et louange à Vous, Ô Indivisible Trinité, Dieu unique pour tous les siècles !
Partie 278
Jésus m’a accordé la grâce de me connaître moi-même. Dans cette lumière divine j’ai vu mon défaut dominant : c’est l’orgueil qui a pris la forme du repliement sur moi-même, et du manque de simplicité envers la Mère Supérieure.
La seconde lumière concerne la parole. Il m’arrive de trop parler. Je passe trop de temps à régler des affaires pour lesquelles deux ou trois mots suffiraient. Et Jésus voudrait que je passe ce temps à réciter de petites prières pour les âmes souffrantes du purgatoire. Et le Seigneur dit que chaque mot sera pesé au jour du jugement.
La troisième lumière concerne notre règlement. J’évite trop peu les occasions qui mènent à l’enfreindre, surtout la règle du silence. Désormais, j’agirai comme si la règle n’était écrire que pour moi. La façon dont les autres agissent ne me regarde pas, pourvu que moi j’agisse comme Dieu le désire.
Résolution. Quand il s’agit de choses extérieures, j’irai immédiatement dire aux Supérieures tout ce que Jésus exige de moi. Et dans mes relations avec ka Supérieure, je tacherai d’être franche et sincère comme un enfant.
275. Jésus aime les âmes cachées. La fleur cachée renferme le plus de parfum. M’efforcer de créer à l’intérieur de mon âme un endroit retiré pour le cœur de Jésus. Dans les moments pénibles et douloureux, je fredonnerai pour Vous, ô mon Créateur, un hymne de confiance. Car le gouffre de ma confiance envers Vous, envers Votre Miséricorde, est sans borne.
276. Depuis que je me suis mise à aimer la souffrance, elle a cessé d’être souffrance. C’est la nourriture quotidienne de mon âme.
277. Je n’irai pas parler avec telle personne, car je sais que cela déplaît à Jésus, et elle n’en tire aucun profit.
278. Aux pieds du Seigneur. Jésus caché, Amour éternel, notre vie, Vous oubliant Vous-même, Vous ne voyez que nous. Avant de créer le ciel et la terre, Vous nous portiez déjà dans Votre Cœur. O Amour, ô profondeur de Votre abaissement, ô mystère du bonheur, pourquoi si peu d’âmes Vous connaissent-elles ? Pourquoi ne trouvez-Vous pas de réciprocité ? O Divin Amour, pourquoi cachez-Vous votre beauté ? O Inconcevable et Infini, plus je Vous connais, moins je Vous comprends. Mais parce que je ne puis Vous comprendre, je conçois mieux Votre grandeur. Je n’envie pas leur feu aux Séraphins, car un don plus grand est déposé en mon cœur. En extase, eux Vous admirent, mais Votre Sang s’unit au mien. L’amour c’est le ciel qui nous est déjà donné ici sur la terre. Oh ! pourquoi Vous cachez-Vous dans la foi ? L’Amour déchire le voile. Il n’y a pas de voile devant le regard de mon âme. Car Vous-même m’avez attirée au sein du mystérieux amour pour l’éternité. Gloire et louange à Vous, ô indivisible Trinité, Dieu unique pour tous les siècles !
279. Dieu m’a fait comprendre en quoi consiste l’amour et Il m’a accordé la lumière pour que je sache comment je dois Lui témoigner en pratique.
Le véritable amour de Dieu consiste à accomplir la volonté divine. Pour manifester l’amour de Dieu dans nos actions, il faut que toutes, même les plus petites, découlent de notre amour pour Dieu. Et le Seigneur me dit : " Mon enfant, tu Me plais davantage par la souffrance. Dans les souffrances physiques, comme dans les souffrances morales. Ne cherche pas, Ma fille, de compassion auprès des créatures. Je veux que le parfum de tes souffrances soit pur et sans mélange. J’exige que tu te détaches, non seulement des créatures, mais aussi de toi-même. Ma fille, Je veux Me désaltérer à l’amour de ton cœur, un amour pur, virginal, immaculé et sans aucune éclipse. Plus tu aimeras la souffrance, Ma fille, plus pur sera ton amour envers Moi. "
280. Jésus me donne l’ordre de célébrer la fête de la Miséricorde Divine, le premier dimanche après Pâques. Avec un grand recueillement intérieur, portant la ceinture pendant, en guise de mortification extérieure, je n’ai cessé de prier pour les pécheurs, et pour obtenir la miséricorde divine dans le monde entier. Alors Jésus me dit : " Mon regard repose aujourd’hui avec plaisir sur cette maison. "
Publié le 02/05/2008 à 12:00 par jubilatedeo
241 J.M.J.
Résolutions particulières de la retraite 1933. V. I.
L’amour du prochain.
Premièrement : empressement envers les sœurs.
Secondement : ne pas parler des absents et défendre la réputation du prochain.
Troisièmement : Se réjouir des réussites du prochain.
242. O Dieu, comme je désire être une petite enfant. Vous êtes mon père. Vous savez comme je suis petite et faible, je Vous supplie donc, gardez-moi près de Vous, dans tous les moments de ma vie et particulièrement à l’heure de la mort. Jésus, je sais que Votre bonté surpasse la bonté de la plus tendre mère.
Je remercierai Jésus pour chaque humiliation, je prierai particulièrement pour la personne qui me donne l’occasion de m’humilier. Je vais m’anéantir au profit des âmes. Ne compter aucun sacrifice, m’étendant sous les pieds des Sœurs comme un tapis sur lequel elles peuvent, non seulement marcher, mais aussi s’essuyer les pieds. Ma place est sous les pieds des Sœurs. Je tacherai de mettre ceci en pratique de façon imperceptible pour l’œil humain. Il suffit que Dieu le voie.
Le jour gris et quotidien a déjà recommencé. Les instants solennels des vœux perpétuels sont passés, mais cette grande grâce de Dieu demeure en mon âme. Je sens que je suis toute à Dieu, je sais que je suis Son enfant. Je sens que je suis toute entière propriété de Dieu. J’expérimente ceci même de façon physique et sensible. Je suis parfaitement tranquille en tout, car je sais que c’est l’affaire de l’Epoux de penser à moi. Je ne me soucie plus du tout de moi-même. Ma confiance dans son Cœur très Miséricordieux est sans bornes. Je Lui suis continuellement unie. Il me semble que Jésus ne pourrait pas être heureux sans moi, ni moi sans Lui. Je comprends bien cependant qu’étant Dieu Il est heureux en Lui-même et qu’Il n’a besoin d’absolument aucune créature. Mais sa bonté le contraint à Se communiquer à Sa créature, et cela avec une inconcevable générosité.
245. Mon Jésus, je vais faire des efforts maintenant, pour l’honneur et la gloire de Votre Nom, combattant jusqu’au jour où Vous Seul me direz : Assez ! Je vais tâcher de secourir chacune des âmes que Vous m’avez confiée, je vais tâcher de les secourir par la prière et le sacrifice, pour que votre grâce puisse agir en elles. O grand amant des âmes, mon Jésus, je vous remercie pour cette grande confiance avec laquelle Vous avez daigné confier ces âmes à notre protection.
Jours de travail et de routine, vous n’êtes pas du tout monotones, car chaque moment m’apporte de nouvelles grâces et la possibilité de bien faire.
246. 25.III.1933. Les permissions mensuelles
En passant, entrer à la chapelle.
Prier aux moments libres.
Accepter peu de choses, donner, prêter.
Pour le deuxième petit déjeuner et goûter.
Parfois je ne pourrai participer à la récréation.
Je ne pourrai pas toujours assister aux exercices communs.
Je ne pourrai pas toujours réciter en commun les prières du soir et du matin.
Parfois rester un moment à mes devoirs après neuf heures.
Parfois faire les exercices après neuf heures.
Ecrire ou noter quelque chose quand j’aurai un moment.
Téléphoner.
Sortir de la maison.
Entrer à l’Eglise lorsque je suis en ville.
Rendre visite aux Sœurs malades.
Entrer dans la cellule d’une autre Sœur en cas de besoin.
Boire parfois un peu d’eau, en dehors du temps prescrit.
Petites mortifications
Réciter le chapelet à la Miséricorde Divine les bras en croix.
Le samedi, une partie du rosaire, les bras en croix.
Parfois réciter une prière, prosternée.
Jeudi, l’Heure Sainte.
Vendredi quelque plus grande mortification pour les pécheurs agonisants.
247. Jésus, ami du cœur solitaire, Vous êtes mon port, Vous êtes ma paix, Vous êtes mon seul secours. Vous êtes le calme dans mes combats et dans mes doutes. Vous êtes le lumineux rayon qui éclaire la route de ma vie. Vous êtes tout pour l’âme solitaire. Vous comprenez l’âme, même quand elle se tait. Vous connaissez nos faiblesses comme un bon médecin. Vous consolez et soignez, ménageant les souffrances, parce que Vous nous connaissez bien.
248. Les paroles que Monseigneur l’Evêque, prononça pendant la cérémonie des vœux perpétuels : « Acceptez ce cierge en signe de la lumière céleste et de l’amour enflammé. » Donnant l’anneau : « Je vous unis à Jésus-Christ, le Fils du Père, du Très Haut, qu’Il vous garde sans tache. Recevez cet anneau en signe de l’éternelle alliance que vous contractez avec le Christ, Epoux des Vierges. Qu’Il soit pour vous l’Anneau de la foi, le signe de l’Esprit Saint, pour que vous vous appeliez épouse du Christ, et que vous soyez couronnée pour l’éternité, si vous Le servez fidèlement. »
249. O Jésus, j’ai confiance en Vous, j’ai confiance en Votre inépuisable Miséricorde, Vous êtes ma Maman !
250. Cette année 1933 est particulièrement solennelle pour moi, car en cette année du Jubilé de la Passion du Seigneur, j’ai prononcé mes vœux perpétuels. J’ai déposé mon offrande, tout particulièrement avec l’Offrande de Jésus Crucifié, pour être par là-même plus agréable à Dieu. Je réalise toutes mes actions avec Jésus, par Jésus, en Jésus.
251. Après les vœux perpétuels, je restai encore tout le mois de mai à Cracovie. Je devais aller soit à Rabka, soit à Wilno. Un jour, la Mère Générale me demanda : « Eh bien ! Ma Sœur, Vous restez tranquille et Vous ne Vous disposez à partir nulle part » ? Je répondis : « Je veux la volonté de Dieu à l’état pur. Où Vous m’ordonnerez d’aller, petite Mère, là je saurai que c’est la pure volonté de Dieu, sans aucune addition de ma part. » « Très bien ! » me répondit-elle.
Le lendemain, la Mère Générale m’appela et me dit : « Vous vouliez, ma Sœur, avoir la volonté de Dieu à l’état pur. Eh bien, vous partirez pour Wilno. » J’ai remercié et j’attendis le jour de mon départ. Cependant une certaine joie mêlée de peur remplit mon âme. Je sentais que Dieu me préparait là bas de grandes grâces, mais aussi de grandes souffrances. Mais je suis restée à Cracovie jusqu’au 27 mai. Je n’avais pas d’emploi stable, j’allais seulement aider au jardin et, comme je travaillais seule, j’ai pu, pendant tout un mois, faire les exercices de Saint Ignace, bien qu’assistant à la récréation commune. J’ai obtenu pendant ce temps beaucoup de lumières divines.
252. Quatre jours ont passé depuis mes vœux perpétuels. Je tâchais de faire l’Heure Sainte. C’était le premier jeudi du mois. Dès que je suis rentrée dans la chapelle, je fus envahie jusqu’au plus profond de moi-même par la présence de Dieu. Je sentais nettement que le Seigneur était près de moi. Après un moment je vis le Seigneur, tout couvert de plaies. Il me dit : « Vois, Celui que tu as épousé. » J’ai compris la signification de ces mots, et je répondis à Jésus : « Je vous aime plus, en vous voyant ainsi blessé et anéanti, que si je Vous voyais dans Votre Majesté. » Jésus demanda « Pourquoi ? » Je répondis : « Une grande Majesté me fait peur, à moi, le petit néant que je suis ; tandis que Vos Plaies m’attirent vers Votre Cœur et me parlent de Votre grand amour pour moi. »
Un silence régna après cette conversation. Je fixais mes yeux sur Ses Saintes Plaies,
et je me sentais heureuse de souffrir avec Lui. Souffrant ainsi, je ne souffrais pas, car je me sentais heureuse en reconnaissant la profondeur de Son amour, et cette heure passa comme une minute.
253. Ne jamais juger personne, avoir un regard indulgent pour les autres et, pour soi-même, un regard sévère. Tout rapporter à Dieu et, me montrer à mes propres yeux, telle que je suis, c’est-à-dire la plus grande misère et le néant. Garder la patience et la tranquillité dans les souffrances, sachant que tout passe avec le temps.
252. Il ne faut pas parler des moments que j’ai vécus pendant les vœux perpétuels.
Je suis en Lui, et Lui en moi. Au moment où Monseigneur l’Evêque mettait l’anneau à mon doigt, Dieu envahit tout mon être. Je ne sais l’exprimer, je passe donc ce moment sous silence. Mes rapports avec Dieu sont, depuis ces vœux perpétuels, si étroits que je n’en ai jamais connu de tels auparavant. Je sens que j’aime Dieu et que Lui m’aime. Mon âme ayant goûté Dieu, ne saurais plus vivre sans Lui. Une heure passée au pied de l’autel, dans la plus grande sécheresse de l’âme, m’est plus agréable que cent ans de délices mondains. J’aime mieux être au couvent un souffre-douleur insignifiant, que reine dans le monde.
255. Je vais cacher aux yeux des hommes ce que je pourrais faire de bien, pour que Dieu seul soit ma récompense. Comme la petite violette cachée dans l’herbe ne blesse pas le pied qui la foule, mais exhale son parfum, ainsi, m’oubliant moi-même, je tâcherai de faire plaisir à la personne qui m’a foulée aux pieds. C’est très dur pour la nature, mais la grâce de Dieu me vient en aide.
256. Merci, Jésus, pour cette grande grâce de m’avoir permis de mesurer tout l’abîme de ma misère. Je sais que je suis un gouffre de néant et, si Votre grâce ne me soutenait pas, je retournerais en un instant au néant. C’est donc par chaque battement de mon cœur que je Vous remercie, mon Dieu, pour Votre grande miséricorde envers moi.
257. Demain je dois partir pour Wilno. Je suis allée me confesser au Père Andrasz, ce prêtre qui est tellement habité par l’esprit de Dieu. Il a délié mes ailes pour me permettre de voler sur les hauteurs les plus élevées. Il m’a tranquillisée en toutes choses et m’ordonne de croire en la Providence. « Ayez confiance, avancez courageusement. » Une singulière puissance divine fut mon partage après cette confession.
Le Père a insisté pour que je sois fidèle à la grâce divine. Et il m’a dit : « Rien ne vous arrivera de mal si, à l’avenir, vous gardez la même simplicité et la même obéissance. Ayez confiance en Dieu, vous ^tes dans la bonne voie et en bonnes mains : dans les Mains de Dieu.
258. Le soir, je suis restée un peu plus longtemps à la chapelle. Je causais avec Jésus à propos de… Encouragée par sa bonté, j’ai dit : « Jésus, Vous m’avez donné ce Père qui m’a comprise dans mes inspirations ; et de nouveau, Vous me prenez. Que ferai-je à Wilno ? Je n’y connais personne, même le langage de là-bas m’est étranger. » Et le Seigneur m’a dit : « N’aie pas peur, je ne te laisserai pas seule. » Mon âme s’abîma alors dans la louange, pour toutes les grâces que Dieu m’a accordées par l’intermédiaire du Père Andrasz.
Tout à coup, je me suis rappelée cette vision, dans laquelle j’avais vu un prêtre entre le confessionnal et l’autel. J’ai confiance que je ferai un jour sa connaissance, et les mots que j’avais entendu alors résonnèrent vivement à mes oreilles : « Il t’aidera à faire Ma volonté sur terre. »
259. Aujourd’hui, le 27 mai 1933, je pars pour Wilno. Quand je suis sortie de la maison, j’ai regardé le jardin, la maison, et lorsque mon regard s’arrêta, les larmes jaillirent soudain de mes yeux. Je me suis souvenue de tous les bienfaits et grâces que le Seigneur m’avait accordés. Subitement, d’une manière inattendue, j’aperçus, près de la plate-bande, le Seigneur qui me dit : « Ne pleure pas, Je suis toujours avec toi. » La présence de Dieu, qui m’enveloppa quand Jésus parlait, dura pendant tout le voyage.
260. J’avais la permission d’entrer dans le sanctuaire, en passant à Czestochowa. C’était la première fois que je voyais l’icône de la Mère de Dieu. A mon arrivée, à cinq heures, on dévoilait l’image. Je priai sans interruption jusqu’à onze heures, et il me semblait que je venais d’entrer. La Mère Supérieure de là-bas envoya une Sœur me chercher pour que j’aille déjeuner.
Elle s’affligeait de ce que j’allais manquer mon train. La Mère de Dieu m’a beaucoup parlé. Je lui ai renouvelé mes vœux perpétuels, je sentais que j’étais son enfant et qu’elle était ma Mère. Elle ne m’a rien refusé de ce que je lui ai demandé.
Publié le 01/05/2008 à 12:00 par jubilatedeo
221. Aujourd’hui je n’ai pu comprendre la méditation. Mon esprit était singulièrement noyé en Dieu. Je n’arrivais pas à me forcer à penser à ce que le Père disait pendant la retraite. Il m’est souvent difficile de méditer selon les points donnés. Mon esprit est avec le Seigneur et c’est là ma méditation.
222. Quelques mots de mon entretien avec la Mère Maîtresse Marie-Joseph. Elle m’a éclairée et tranquillisée en beaucoup de choses quant à ma vie intérieure, disant que je suis dans la bonne voie. J’ai remercié Jésus pour cette grande grâce, car c’est la première des Supérieures à ne pas avoir de doutes à ce sujet. Oh ! Que la bonté de Jésus est infinie !
223. Vivante Hostie, ma seule force, Source d’amour et de miséricorde, emparez-vous du monde entier, fortifiez les âmes défaillantes. Oh ! Béni soit l’instant et le moment où Jésus nous laissa Son Coeur Très Miséricordieux.
224. Souffrir sans se plaindre, consoler autrui et noyer ses propres souffrances dans le Cœur très saint de Jésus. Je passerai toutes mes heures libres auprès du Saint Sacrement. Aux pieds de Jésus je vais chercher lumière, consolation et force. Je vais témoigner au Seigneur une incessante reconnaissance pour sa grande miséricorde envers moi. Je n’oublierai jamais les bienfaits que le Seigneur m’a accordés, et surtout la grâce de la vocation…
Je me cacherai parmi les Sœurs comme une petite violette entre les lis… Je veux fleurir pour mon Créateur et mon Seigneur, m’oublier moi-même, m’anéantir complètement au profit des âmes immortelles, voila ce qui fait mon délice.
225. Certains de mes avis
Quant à la Sainte Confession : Je vais choisir ce qui m’humilie et me coûte le plus. Parfois un rien coûte davantage qu’une chose plus importante. A chaque confession, je me rappellerai la Passion de Jésus et je veux ainsi susciter le repentir dans mon cœur. Autant que possible, avec la grâce de Dieu, m’exercer toujours à la contrition parfaite. J’y consacrerai davantage de temps. Avant de m’approcher de confessionnal, j’entrerai d’abord dans le Cœur ouvert et très miséricordieux de Jésus. Après la confession, j’éveillerai dans mon âme ma profonde reconnaissance envers la Sainte Trinité, pour ce merveilleux et inconcevable miracle de Miséricorde, qui s’opère en elle. Et plus mon âme est misérable, plus je sens que l’océan de la Miséricorde divine me pénètre et me donne force et vigueur.
226. Les règles contre lesquelles je suis le plus souvent fautive: rompre le silence, ne pas obéir au signal de la cloche, me mêler des affaires d’autrui. Je ferai mon possible pour m’en corriger.
Je vais éviter les Sœurs qui murmurent et, si je ne peux pas les éviter, au moins je me tairai devant elles, pour montrer ainsi combien il est pénible de les écouter.
Ne pas faire attention à l’opinion des autres, mais écouter sa propre conscience, pour savoir quel témoignage elle nous donne. Avoir Dieu pour témoin de toutes nos actions. Je vais me conduire ainsi maintenant et régler toutes mes affaires comme je voudrais me conduire et les régler au moment de la mort. C’est pourquoi je dois vivre constamment sous le regard de Dieu.
Eviter les permissions présumées. Expliquer aux Supérieures les choses mineures, et si possibles, en détail. Fidélité aux exercices, ne pas recourir facilement aux dispenses. En dehors du temps de la récréation, me taire. Eviter les plaisanteries et les bons mots qui provoquent le rire et rompent le silence
Accorder une grande importance aux plus minimes prescriptions :
Ne pas me laisser absorber par le tourbillon du travail, mais savoir l’interrompre un instant pour regarder vers le ciel. Parler peu avec les gens – mais beaucoup avec Dieu.
Eviter la familiarité.
Ne pas tenir compte de ce qui est pour moi et qui est contre moi. Ne pas faire de confidence sur ce que j’ai enduré.
Eviter de parler avec quelqu’un à haute voix pendant le travail
Garder la paix et l’équilibre dans les souffrances.
Aux moments difficiles recourir aux Plaies de Jésus ; chercher en elles la consolation, le soulagement, la lumière et la force.
227. Dans les épreuves, je vais tâcher de voir la main aimante de Dieu. Il n’y a rien d’aussi durable que la souffrance : elle tient toujours fidèlement compagnie à l’âme. O Jésus, je ne permettrai à personne de me devancer dans mon amour pour Vous.
228. Jésus, caché dans le Saint Sacrement
Jésus, caché dans le Saint Sacrement, Vous voyez qu’en prononçant mes vœux perpétuels, je sors aujourd’hui du noviciat. Vous connaissez ma faiblesse et ma petitesse. Eh bien ! Dès aujourd’hui je passe d’une manière toute particulière dans Votre noviciat. Je continue à être novice, mais Votre novice, Jésus, et Vous serez mon Maître jusqu’au dernier jour. Me tenant à Vos pieds, je vais chaque jour me mettre à Votre école. Je ne ferai pas la plus petite chose de moi-même, sans Vous avoir d’abord consulté comme mon Maître.
Jésus, je suis si heureuse que Vous m’ayez attirée et agrée à Votre noviciat, c'est-à-dire au tabernacle. En prononçant mes vœux, je ne suis pas une parfaite religieuse – non, non ! Je continue à être une toute petite et faible novice de Jésus et je vais tâcher d’acquérir la perfection, comme pendant les premiers jours du noviciat. Et je vais m’efforcer d’avoir la même disposition d’âme que le premier jour, quand la porte du cloître s’ouvrit pour moi. Avec la confiance et la simplicité d’un petit enfant, je me rends aujourd’hui à Vous, Jésus mon Maître. Je vous laisse la liberté complète de diriger mon âme. Conduisez-moi par les voies que Vous voulez, je ne vais pas chercher à pénétrer Vos raisons. Confiante, je vous suivrai ! Votre Cœur Miséricordieux peut tout ! La petite novice de Jésus – Sœur Faustine.
229. Au commencement de la retraite Jésus me dit : « Pendant cette retraite Je vais, Moi-même, diriger ton âme. Je veux t’affermir dans la paix et l’amour. » Et ainsi passèrent les premiers jours. Le quatrième jour, des doutes commencèrent à me tourmenter. Ne suis-je pas dans une fausse paix. Soudain j’entendis ces paroles : « Ma fille, figure-toi que tu es la souveraine de toute la terre et que tu as le pouvoir de disposer de tout selon ton bon plaisir. Tu as tout pouvoir pour faire le bien. Quand soudain, un petit enfant frappe à ta porte. Il est tout tremblant, les larmes aux yeux, mais avec une grande confiance en ta bonté, il demande un morceau de pain pour ne pas mourir de faim. Comment agiras-tu envers cet enfant ? Réponds-moi, ma fille. »
Et j’ai dit : « Jésus, je lui donnerais tout ce qu’il demande et encore mille fois plus » Et le Seigneur mme dit : « J’agis de la même manière envers ton âme. Au cours de cette retraite, Je t’accorde non seulement la paix, mais aussi une telle disposition d’âme que, même si tu voulais t’inquiéter, tu ne le pourrais pas. Mon amour s’est emparé de ton âme et Je veux que tu t’affermisses dans cet amour. Approche ton oreille de Mon Cœur oublie tout et contemple Mon inconcevable Miséricorde. Ton amour te donnera la force et le courage, qui te sont nécessaires dans ces affaires. »
230. Jésus, Vivante Hostie, Vous êtes une Mère pour moi, Vous êtes mon tout ! C’est avec simplicité et amour, avec foi et confiance que je viens à Vous, Jésus ! Je vais tout partager avec Vous, comme un enfant avec sa mère aimée, mes joies et mes souffrances, en un mot, tout.
231. Quand je pense que Dieu s’unit à moi par les voeux, c'est-à-dire moi à Lui, personne n’est en état de concevoir ce que ressent mon âme. Déjà maintenant Dieu me donne la connaissance de toute l’immensité de l’amour dont Il m’aimait bien avant les siècles ; et moi je viens de commencer à L’aimer dans le temps. Son amour était grand, pur et désintéressé, et mon amour pour Lui provient de ce que je commence à Le connaître.
Plus je Le connais, plus je L’aime et de plus en plus ardemment et fortement, et mes actes deviennent de plus parfaits. Cependant quand je me souviens que, dans quelques jours, je dis devenir un avec le Seigneur par les vœux perpétuels, mon âme est inondée d’une joie inouïe, que je ne peux décrire. Depuis le premier instant où je fis la connaissance du Seigneur, le regard de mon âme se perdit en Lui pour l’éternité. A chaque fois que le Seigneur S’approche de moi et que je Le connais plus profondément, un amour plus parfait grandit dans mon âme.
232. Avant de me confesser j’ai entendu ces paroles : « Ma fille, dis-lui tout et dévoile ton âme comme tu le fait avec Moi. N’aie peur de rien, c’est pour te tranquilliser que Je place ce prêtre entre toi et Moi, et les paroles par lesquelles il te répondra ; seront Mes paroles. Dévoile les choses les plus secrètes de ton âme. Je lui accorderai la lumière qui lui fera connaître ton âme. »
233. Quand je me suis approchée du confessionnal, j’ai ressenti dans mon âme une si grande facilité pour lui parler de tout, que plus tard, j’en fus moi-même très surprise. Ses réponses établirent une paix profonde dans mon âme. Ses paroles étaient, sont et resterons toujours des colonnes flamboyantes, qui ne cesseront d’éclairer mon âme dans son élan vers la plus haute sainteté.
J’ai noté sur une autre page de ce cahier les indications que j’ai reçues du Père Andrasz.
234. Après avoir fini cette confession, mon esprit s’anéantit en Dieu. Je restai en oraison pendant trois heures mais il me sembla que ce n’était que quelques minutes. Depuis lors je ne fais plus obstacle à la grâce qui agit dans mon âme. Jésus savais pourquoi j’avais peur des rapports intimes avec Lui, et cela ne L’a pas du tout offensé. Depuis que le confesseur m’a assuré que ce n’était pas une illusion mais la grâce de Dieu, je tâche d’être en tout fidèle à Dieu. Je vois maintenant qu’il y a peu de prêtres qui comprennent toute la profondeur de l’action divine dans l’âme. Depuis ce temps j’ai les ailes déployées pour voler et je désire planer dans le brasier même du soleil. Mon vol ne s’arrêtera que lorsque je reposerai en Dieu pour l’éternité.
Si nous planons très haut, toutes les vapeurs, les brumes, les nuages se trouvent sous nos pieds : c’est ainsi que tout notre être sensible doit être soumis à l’esprit.
235. O Jésus, je désire le salut des âmes, des âmes immortelles. C’est dans le sacrifice que je donnerai libre cours à mon cœur, un sacrifice dont personne ne se doutera. Et je vais m’anéantir et me consumer invisiblement dans les saintes flammes de l’amour de Dieu. La présence divine m’aidera pour que mon sacrifice soit parfait et pur.
236. Que les apparences sont trompeuses et les jugements injustes ! Que la vertu souffre souvent seulement parce qu’elle est silencieuse ! Il faut beaucoup d’abnégation pour avoir des relations sincères avec ceux qui vous piquent incessamment. On sent que le sang diminue, mais on ne voit pas les blessures. O Jésus, que de choses ne sera dévoilées qu’au dernier jour ! Quelle joie ! Rien ne périra de nos efforts.
237. L’Heure Sainte. Pendant cette heure d’adoration j’ai perçu tout le gouffre de ma misère. Ce que j’ai de bon en moi est tout à Vous, Seigneur. Mais parce que je suis petite et misérable, j’ai le droit de compter sur Votre infinie Miséricorde.
238. Le soir. Jésus, demain matin, je vais prononcer mes vœux perpétuels. J’ai prié tout le ciel et toute la terre et tout les êtres. Je les ai appelés pour qu’ils glorifient Dieu de cette grâce immense, inconcevable. Soudain, j’entendis ces paroles : « Ma fille, ton cœur est mon ciel. »
Encore un moment de prière et puis il faut fuir. On nous chasse de partout, car pour demain on arrange la chapelle, le réfectoire, la salle et la cuisine ; et nous devons aller dormir.
La joie m’a ôté le sommeil. Je pensais : « Qu’est ce qu’il y aura au Ciel, si déjà ici, dans cet exil, Dieu comble mon âme de cette façon ? »
239. Prière, pendant la Sainte Messe, le jour des vœux perpétuels : je dépose aujourd’hui mon coeur sur cette patène où repose votre cœur, et je m’offre aujourd’hui, avec Vous à Dieu, Votre Père et le mien, en oblation d’amour et de louanges. Père de Miséricorde, jetez un regard sur le sacrifice de mon cœur, offert par la Plaie du Cœur de Jésus.
1933 année, V . Première journée.
L’union avec Jésus, le jour de mes vœux perpétuels. Jésus, Votre Cœur est ma propriété depuis aujourd’hui comme mon cœur est exclusivement Vôtre. La seule évocation de Votre Nom, Jésus, fait le délice de mon cœur. En vérité, je ne saurai vivre un seul moment sans Vous, Jésus. Aujourd’hui mon âme s’est fondue en Vous qui êtes mon unique trésor. Aucun obstacle n’empêchera mon amour d’en donner des preuves à mon Bien-Aimé.
Les paroles de Jésus pendant les vœux perpétuels : « Mon épousée, nos cœurs sont unis pour tous les siècles. Rappelle-toi à Qui tu as fait tes vœux…. » Tout ne se peut dire. Ma demande. Pendant que nous étions étendues sous le drap noir. J’ai demandé au Seigneur qu’il m’accorde la grâce de ne jamais L’offenser, volontairement et sciemment par aucun péché, même le plus minime, par aucune imperfection. Jésus, je Vous aime de tout mon cœur ! Dans les moments les plus difficiles, Vous êtes ma Maman.
Je meurs aujourd’hui complètement à moi-même par amour pour Vous, Jésus, et je commence à vivre pour la plus grande gloire de Votre Saint nom !
L’amour. C’est par amour que je m’offre à Vous, Très Sainte Trinité, comme une offrande de louange, un holocauste de complet anéantissement de soi. Par cet anéantissement de moi-même, je désire que votre nom soit sanctifié, Seigneur. Je me jette à Vos pieds, Seigneur, comme un tout petit bouton de rose. Que le parfum de cette fleur ne soit connu que de Vous, Seigneur.
240. Trois demandes au jour des vœux perpétuels. Je sais, Jésus, qu’aujourd’hui Vous ne me refuserez rien.
La première demande. Jésus, mon Epoux Bien-aimé, je prie pour le triomphe de l’Eglise, surtout en Russie et en Espagne. Bénissez le Saint Père Pie XI et tout le clergé. Je demande la grâce de la conversion pour tous les pécheurs endurcis, et une bénédiction particulière, et la lumière, pour tous les prêtres auxquels je vais me confesser durant ma vie.
La deuxième demande. Je demande Votre bénédiction pour notre congrégation ; dotez-la d’un grand zèle. Bénissez, Jésus, la Mère Générale, la Mère Maîtresse et tout le noviciat et toutes les Supérieure. Bénissez mes parents bien-aimés. Accordez, Jésus, Votre grâce à nos élèves.. Fortifiez-les puissamment dans Votre grâce, pour que celles qui quittent nos maisons ne Vous offensent plus par aucun péché. Jésus, je prie pour ma Patrie, défendez-la contre les assauts de l’ennemi.
La troisième demande. Jésus, je Vous prie pour les âmes qui ont le plus besoin de prières. Je Vous prie pour les agonisants, Soyez miséricordieux envers eux. Je Vous prie aussi pour la libération de toutes les âmes du Purgatoire ! Jésus, je Vous recommande particulièrement mes confesseurs, les personnes qui se sont recommandées à mes prières, une certaine personne…, le Père Andrasz, l’abbé Czaputa et ce prêtre dont j’ai fait la connaissance à Wilno, et qui doit être mon confesseur.
Ensuite, telle âme…, tel prêtre, tel religieux, à qui, Vous le savez, Jésus, je dois tant. Jésus, en ce jour, Vous pouvez tout faire pour ceux pour lesquels je vous prie. Pour moi, Seigneur, je Vous le demande, transfigurez-moi complètement en Vous, maintenez-moi constamment dans un saint zèle pour Votre gloire, donnez-moi la grâce et la force d’esprit pour accomplir en tout Votre Sainte Volonté.
Je Vous remercie, mon Epoux bien-aimé, pour la dignité que Vous m’avez accordée. Et spécialement pour les armoiries royales que je reçois dès aujourd’hui, et que les Anges mêmes ne possèdent pas : la croix, le glaive et la couronne d’épines. Mais, ô mon Jésus, par-dessus tout, je Vous remercie pour Votre Cœur : Il va me suffire en tout.
Marie, Très Sainte Mère de Dieu, ma Mère, Vous l’êtes maintenant, tout particulièrement, puisque Votre Fils bien-aimé est mon Epoux, nous sommes donc tous deux Vos enfants. Par égard pour Votre Fils, Vous devez m’aimer, Marie, ma Mère bien aimée, dirigez ma vie intérieure pour qu’elle soit agréable à Votre Fils.
Dieu Saint et Tout-Puissant, en ce moment où Vous me faite la grande grâce de m’unir à Vous pour l’éternité, moi, tout petit néant, je me jette à Vos pieds avec la plus profonde gratitude, comme une petite fleur inconnue ; et le parfum de cette fleur d’amour va s’élever chaque jour jusqu’à Votre trône.
Dans les moments de combat et de souffrances, de ténèbres et d’orages, de nostalgie et de tristesse, dans les moments de dure épreuve, dans les moments où je ne serai comprise par aucune créature, et où je serai même condamnée et dédaignée, je me souviendrai de ce jour de mes vœux perpétuels, jour d’inconcevable grâce divine.
Publié le 30/04/2008 à 12:00 par jubilatedeo
201. Je désire si bien me cacher, qu’aucune créature ne connaisse mon cœur. Jésus, vous seul le connaissez et le possédez tout entier. Personne ne connaît notre secret. Nous nous comprenons mutuellement d’un regard. Depuis ce moment où nous avons fait connaissance, je suis heureuse. Votre grandeur est ma plénitude. Jésus, quand je suis la dernière, plus bas que les postulantes, même les plus jeunes, c’est alors que je me sens à ma place. Je ne savais pas que dans ces petits coins sans éclats le Seigneur avait placé tant de bonheur. Je comprends maintenant que, même en prison, peut jaillir d’une poitrine pure vers Vous, Seigneur, la plénitude de l’amour. Les choses extérieures n’ont pas d’importance pour le pur amour, il pénètre tout. Ni les portes de la prison, ni les portes du Ciel n’ont de force contre lui. Il atteint Dieu seul et rien ne peut le faire mourir. Il n’y a pas d’obstacle pour lui, il est libre comme un roi, et peut passer librement partout. La mort même doit baisser la tête devant lui…
202. Aujourd’hui, ma sœur est venue me voir. Quand elle me fit part de ses épreuves, la peur me saisit. Etait-ce possible ? Une petite âme, si belle devant Dieu, et cependant environnée de telles ténèbres qu’elle ne savait pas comment se tirer d’affaire. Elle voyait tout en noir ; Le Bon Dieu me l’a confiée et pendant deux semaines je pouvais m’occuper d’elle. Mais combien cette âme m’a coûté de sacrifices, Dieu seul le sait. Pour personne d’autre je n’ai porté devant le trône de Dieu autant de sacrifices, de souffrances et de prières. Je sentais que j’avais forcé Dieu à lui accorder Sa grâce. Je considère ceci comme un vrai miracle. Je vois maintenant quelle force a, devant Dieu, la prière d’intercession.
203. En ce moment, au cours de ce carême, je ressens souvent la Passion de Jésus dans mon corps et j’endure profondément dans mon cœur ce qu’Il a souffert. Cependant rien ne trahit extérieurement mes souffrances, seul mon confesseur les connaît.
204. Une courte conversation avec la Mère Maîtresse. Je lui ai demandé quelques conseils de conduite dans la vie intérieure. Cette sainte Mère me répondit à tout avec une grande clarté. Elle me dit : « Si vous continuez à collaborer ainsi avec la grâce de Dieu, vous serez, ma Sœur, bien près de l’intime union avec Dieu. Vous comprenez, ma Sœur, ce que je veux dire. Que votre trait caractéristique soit la fidélité à la grâce du Seigneur. Dieu ne mène pas toutes les âmes par cette voie. »
205. La Résurrection. Aujourd’hui, pendant la célébration de la Résurrection, je vis Jésus dans une grande clarté. Il s’approcha de moi et dit : « Que la paix soit avec vous, Mes enfants. » Il leva la main et nous bénit. Les plaies de Ses Mains, de Ses Pieds et de Son Côté n’étaient pas effacées, mais lumineuses. Il me regarda avec une telle bonté et un tel amour que mon âme entière se fondit en Lui. Il me dit : « Tu as pris une grande part à Ma Passion, c’est pour cela que Je te donne cette grande part à Ma gloire et à Ma joie. » Tout le temps de la Résurrection me sembla durer une minute à peine. Un singulier recueillement envahit mon âme et y demeura pendant toute la durée des fêtes. La grâce de Jésus est si grande que je ne puis l’exprimer.
206. Le lendemain, après la Sainte Communion, j’entendis une voix qui disait ; « Ma fille, regarde l’abîme de Ma Miséricorde. Honore-là et glorifie-la de la façon suivante: rassemble tous les pécheurs du monde entier et plonge-les dans le gouffre de Ma Miséricorde. Je désire Me communiquer aux âmes. Je désire les âmes, Ma fille. Pendant Ma fête, la Fête de la Miséricorde, tu vas parcourir le monde entier et amener les âmes défaillantes à la source de Ma Miséricorde. Je les guérirai et les fortifierai. »
207. Aujourd’hui, j’ai prié pour une agonisante, qui mourait sans les Saints Sacrements qu’elle désirait pourtant ardemment. Mais il était trop tard. C’est une parente, la femme de mon oncle. Cette âme était agréable à Dieu. A ce moment là, l’espace n’existait pas entre nous.
208. O vous, menues offrandes, vous êtes pour moi comme les fleurs des champs dont je jonche les pieds de mon Bien-aimé Jésus. Je compare ces petites choses aux vertus héroïques, car pour les renouveler constamment, il faut de l’héroïsme.
209. Dans les souffrances, je ne cherche pas l’aide des créatures, mais Dieu est tout pour moi. Cependant, plus d’une fois il m’a semblé que même le Seigneur ne m’entendais pas. Je m’arme de patience et de silence comme un pigeon qui ne se plaint pas et n’a pas de rancune quand on lui prend ses petits. Je veux planer sans cesse dans l’air embrasé du soleil, et ne veux pas m’arrêter dans les brumes. Je ne faiblirai pas, car de Vous je reçois tout, ô Vous, ma force.
210. Je prie le Seigneur qu’Il daigne fortifier ma foi, pour que je ne me conduise pas dans la grisaille de la vie quotidienne selon des dispositions humaines, mais selon celles de l’esprit. Oh ! Comme tour retient l’homme à terre, mais la foi vive attire l’âme vers les régions supérieures, et remet l’amour propre à la place qui lui est due – c'est-à-dire la dernière.
211. De nouveau les ténèbres commencent à descendre sur mon âme. Il me semble que je suis sous l’influence de l’illusion. Quand je suis allée me confesser pour puiser de la lumière et de la paix, je ne les ai pas trouvées. Le confesseur m’a créé encore plus de doutes que je n’en avais d’abord. Il m’a dit : « Je ne puis discerner quelle force agit sur vous, ma Sœur ; peut-être dieu, ou peut-être le mauvais esprit ; » En m’éloignant du confessionnal, j »ai reconsidéré ses paroles. Plus je les méditais, plus mon âme se plongeait dans les ténèbres. Jésus, que faire ? Quand Jésus s’approchait gracieusement de moi, j’avais peur. Etes-vous vraiment Jésus ? D’un côté l’amour m’attire, de l’autre la peur me retient. Quel supplice, je ne sais le décrire !
212. Lorsque je suis allée me confesser à nouveau, je reçus cette réponse : « Je ne vous comprend pas, ma Sœur, il vaudrait mieux que vous ne confessiez pas à moi. » Mon Dieu, je dois me faire violence avant de dire quoi que ce soit de ma vie intérieure. Et voila que je reçois comme réponse : « Je ne vous comprend pas, ma sœur ! »
213. Quand j’ai quitté le confessionnal, une multitude de tourments s’abattirent sur moi. Je suis allée devant le Saint Sacrement et j’ai dit : « Jésus, sauvez-moi. Vous voyez combien je suis faible. » Soudain j’entendis ces paroles : « Pendant la retraite avant les vœux, Je te donnerai de l’aide. »
Réconfortée par ces mots, j’ai commencé à progresser, ne demandant plus conseil à personne. Mais j’éprouvais une telle méfiance envers moi-même que je résolus d’en finir une fois pour toutes avec ces doutes. J’attendais donc spécialement cette retraite qui devait précéder les vœux perpétuels. Plusieurs jours auparavant déjà, je ne cessais de demander à Dieu la lumière pour le prêtre qui allait me confesser, afin qu’il décide une bonne fois nettement ce qui en était. Et je pensais que je serais tranquillisée une fois pour toutes. Mais je continuais à m’affliger à l’idée que personne ne voudrait m’écouter dans toutes ces affaires. Je me résolus à ne plus penser à tout cela et à faire confiance au Seigneur. Ses paroles à propos de la retraite résonnaient à mes oreilles.
214. Tout est prêt. Demain matin nous partons en retraite à Cracovie. Aujourd’hui je suis entrée à la chapelle pour remercier Dieu des innombrables grâces qu’Il m’avait accordées pendant ces cinq mois. Mon cœur était tout attendri à la vue de tant de grâces et de la protection des Supérieures.
215. « Ma fille, soit tranquille, Je prends sur Moi toutes tes affaires. Je vais seul arranger les choses avec tes Supérieures et avec le confesseur. Parle au Père Andrasz comme tu me parles, avec la même simplicité et la même confiance. »
216. 18.4.1933. Nous sommes arrivées aujourd’hui à Cracovie. Quelle joie de me trouver de nouveau ici où j’ai appris à faire mes premiers pas dans la vie spirituelle. La chère Mère Maîtresse est toujours la même, gaie et pleine d’amour du prochain. Je suis entrée à la chapelle pou y passer un moment. En un éclair je me suis rappelée les flots de grâce qui me furent accordés ici, étant encore novice.
217. Et aujourd’hui nous nous rassemblons pour passer une heure au noviciat. Mère Marie-Joseph nous dit quelques mots et prépare le programme de la retraite. Pendant qu’elle nous parlait, se présenta mes yeux tout ce que cette chère Mère avait fait de bon pour nous et j’en ressentis en mon âme une grande reconnaissance. A la pensée que c’était la dernière fois que j’étais au noviciat, une douleur serra mon cœur. Je dois déjà combattre avec Jésus, travailler avec Jésus et souffrir avec Jésus. En un mot : vivre et mourir avec Jésus. Désormais la Maîtresse ne va plus marcher pas à pas derrière moi, pour m’instruire ici, m’avertir là ou m’adresser des reproches, des encouragements ou encore des blâmes. J’ai singulièrement peur de rester seule. Jésus, veuillez arranger les choses. J’aurai toujours une Supérieure, pourtant je me sentirai très seule.
Cracovie, le 21. 4.1933
218. A la plus grande Gloire de Dieu
La retraite de huit jours avant les vœux perpétuels.
Je commence aujourd’hui la retraite. Jésus, mon Maître, dirigez-moi. Gouvernez-moi selon votre volonté, purifiez mon amour pour qu’il soit digne de Vous, faites de moi ce que désire Votre Cœur très miséricordieux. Jésus, nous resterons pendant ces jours en tête à tête jusqu’au moment de notre union. Gardez-moi ô Jésus dans le recueillement de l’esprit.
219. Le soir le Seigneur me dit : « Ma fille, que rien ne t’effraye ni ne te trouble. Garde une paix profonde. Tout est dans Ma main. Je te ferai tout comprendre par la bouche du Père Andrasz. Sois comme un enfant envers lui. »
220. Un moment devant le Saint Sacrement
O Mon Seigneur et mon Créateur éternel, comment dois-je vous remercier pour cette grande grâce d’avoir daigné me choisir pour Votre épouse, moi misérable, et de m’unir à Vous par un vœu perpétuel. O bien-aimé Trésor de mon cœur, je dépose devant Vous toute les adorations et les actions de grâce des âmes saintes, de tous les cœurs angéliques, en m’unissant tout spécialement à Votre Mère. O Marie, Mère chérie, je vous le demande humblement, couvrez mon âme de votre manteau virginal en ce moment si important pour moi, afin que je devienne plus agréable à votre Fils et que je puisse dignement glorifier Sa miséricorde à la face du monde entier et pour toute l’éternité.
Publié le 28/04/2008 à 12:00 par jubilatedeo
161. O Marie, Vierge Immaculée,
Pur cristal pour mon cœur,
Vous êtes ma force, ô ancre puissante.
Vous êtes le boulier et la défense du cœur pauvre.
O Marie, vous êtes pure, incomparable,
Vierge et Mère en même temps,
Vous êtes belle comme le soleil, sans tache.
Incomparable est votre âme !
Votre beauté a charmé le regard du Trois fois Saint,
Quittant le Trône éternel, Il descendit du Ciel,
Et Il a reçu Son Corps et Son Sang de Votre Cœur,
Pendant neuf mois se cachant dans le cœur d’une Vierge.
O Vierge Mère, personne ne concevra ceci :
Dieu infini devint homme.
Par Son amour et Son insondable Miséricorde.
Par vous, Mère, Il nous est donné de vivre éternellement avec Lui.
O Marie, Vierge, Mère et Porte du Ciel
Par vous le salut nous est venu.
De vos mains jaillit chaque grâce pour nous,
Une fidèle imitation de vous peut seule me sanctifier.
O Vierge Marie, le plus beau des Lys,
Votre Cœur était pour Jésus le premier tabernacle sur terre.
C’est parce que votre humilité était la plus profonde
Que vous êtes élevée au dessus des Chœurs angéliques et des Saints.
O Marie, ma douce mère,
Je vous rends mon âme, mon corps et mon pauvre cœur,
Soyez gardienne de ma vie,
Et particulièrement à l’heure de la mort, dans le combat suprême.
162. J.M.J. 1er janvier 1937
Jésus, j’ai confiance en vous.
La carte du contrôle intérieur de l’âme. L’examen particulier.
S’unir au Christ Miséricordieux.
Pratique : le silence intérieur, garder strictement le silence.
La conscience
Janvier :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires: 41; chutes 4.
Court acte de piété : « Et Jésus gardais le silence. »
Février
Dieu et l’âme, le silence. Victoires 36 ; chutes 3
Mars :
Dieu et l’âme, le silence. Chutes : 3.
Court acte de piété : « Jésus, enflammez mon cœur d’amour.»
Avril :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 61 ; chutes : 4.
Court acte de piété : « Avec Dieu, je peux tout. »
Mai :
Dieu et l’âme, le silence. Victoire : 92 ; chutes : 3.
Court acte de piété : « Dans Son Nom est ma force. »
Juin :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 64, chutes : 1.
Court acte de piété : « Tout pour Jésus. »
Juillet
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 62 ; chutes : 8.
Court acte de piété : « Reposez-vous, Jésus, dans mon cœur. »
Août
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 88 ; chutes : 7.
Court acte de piété : « Jésus, Vous savez… »
Septembre
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 99 ; chutes 1.
Court acte de piété : « Jésus, cachez-moi dans Votre Cœur. »
Octobre :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 41 ; chutes : 3.
Court acte de piété : « Marie, unissez-moi à Jésus. »
(Ici c’est une nouvelle page. Retraite.)
Novembre :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires, chutes
Court acte de piété : « O mon Jésus, miséricorde ! »
Décembre :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires, chutes.
Court acte de piété : « Salut, vivante Hostie ! »
163. J.M.J. Année 1937
Exercices généraux
O très Sainte Trinité, je désire adorer Votre Miséricorde par chaque souffle de mon être, chaque battement de mon cœur, chacune de mes pulsations.
Je désire être toute transformée en Votre Miséricorde et être ainsi un vivant reflet de Vous, Seigneur. Que le plus grand des attributs divins Votre insondable Miséricorde, se déverse par mon âme et mon cœur sur le prochain.
Aidez-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne jamais ni ne juge d’après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l’âme de mon prochain et que je lui vienne en aide.
Aidez-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes.
Aidez-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne dise jamais du mal de mon prochain, mais que j’aie pour chacun un mot de consolation et de pardon.
Aidez-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes œuvres, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes.
Aidez-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. Mon véritable repos est de rendre service à mon prochain.
Aidez-moi, Seigneur, pour que mon cœur soit miséricordieux afin que je ressente toutes les souffrances de mon prochain. Je ne refuserai mon cœur à personne. Je fréquenterai sincèrement même ceux qui, je le sais, vont abuser de ma bonté ; et moi, je m’enfermerai dans le Coeur Très Miséricordieux de Jésus. Je tairai mes propres souffrances. Que Votre miséricorde repose en moi, Seigneur.
Vous m’ordonnez Vous-même de m’exercer aux trois degrés de la miséricorde. Le premier : l’acte de charité quel qu’il soit ; le second : la parole miséricordieuse : si je ne puis aider par l’action, j’aiderai par la parole ; le troisième : la prière. Si je ne peux témoigner la miséricorde ni par l’action, ni par la parole, je le pourrai toujours par la prière. J’envoie ma prière même là où je ne puis aller physiquement. O Jésus, transformez-moi en Vous, car Vous pouvez tout. (Ici quatre pages sont restées libres).
164. J.M.J. Varsovie, 1933
Probation avant les vœux perpétuels
Lorsque j’appris que je devais partir pour la probation, mon cœur fut empli de joie à la perspective d’une telle joie : mes vœux perpétuels ! Je suis allée devant le Saint Sacrement et je me suis plongée dans l’action de grâce. J’ai entendu : « Mon enfant, tu es mon délice, tu es le soulagement de Mon Cœur. Je t’accorde autant de grâces que tu es capable d’en supporter. Parle au monde entier de Ma grande et insondable Miséricorde, si tu veux Me faire plaisir. »
165. Quelques semaines avant l’annonce de mon entrée en probation, je suis allée passer un moment à la chapelle, et Jésus me dit : « A cet instant les Supérieures annoncent quelles Sœurs prononceront leurs vœux perpétuels. Elles ne recevront pas toutes cette grâce, mais c’est leur faute. Qui ne profite pas des petites grâces n’en reçoit pas de grandes. Mais à toi, mon enfant, cette grâce est donnée. »
Un joyeux étonnement envahit mon âme, parce que, quelques jours auparavant, une des Sœurs m’avait dit : « Vous ne ferez pas la troisième probation, ma Sœur. Je vais déconseiller moi-même de vous laisser faire vos vœux ; » Je n’ai rien répondu à cette Sœur, mais j’en ai grandement souffert ; pourtant je tâchais de cacher ma douleur. O Jésus, comme vos actions sont singulières. Je vois maintenant que les gens ne peuvent grande chose par eux mêmes, car je vas en probation comme l’a dit Jésus.
166 Je trouve toujours lumière et force de l’âme dans la prière. Bien qu’à certains moments particulièrement lourds et pénibles il me soit difficile d’imaginer que ces choses puissent avoir lieu dans un couvent. Dieu le permet parfois étrangement ainsi, mais toujours pour que la vertu se manifeste dans l’âme ou s’y développe. Voilà la raison d’être des ennuis.
167. Novembre, 1932. Je suis arrivée aujourd’hui à Varsovie pour ma troisième probation. Après avoir salué affectueusement les chères Mères, je suis entrée dans la petite chapelle. Soudain la présence divine inonda mon âme et j’entendis ces paroles : « Ma fille, je désire que ton cœur soit semblable à Mon Cœur miséricordieux. Tu dois être toute imprégnée de Ma miséricorde. »
Ma chère Mère Maîtresse me demanda tout de suite si j’avais fait une retraite cette année ; je répondis que non. « Eh bien ma Sœur, il faut que vous fassiez une retraite de trois jours au moins. » Dieu merci il y avait à Valendov une retraite de huit jours, je pouvais donc en profiter. Mais des difficultés survinrent quant au départ pour cette retraite. Une certaine personne y était opposée et il était déjà décidé que je ne partirais pas. Après dîner, j’entrai à la chapelle pour une adoration de cinq minutes. Tout à coup je vis Jésus, qui me dit : « Ma fille, je te prépare beaucoup de grâces. Tu les recevras pendant la retraite que tu commenceras demain. » Je répondis : « Jésus, cette retraite est commencée et je ne dois pas partir. » Et Il me dit : « Prépares toi à commencer demain la retraite. Et c’est moi qui arrangerai ton départ avec les Supérieures. » Et soudain Jésus disparut. Je me suis demandée comment cela allait arriver. Mais tout de suite j’ai rejeté toute réflexion, et j’ai consacré tout mon temps à la prière, demandant au Saint-Esprit la lumière pour connaître toute la misère que je suis. Et après un moment, je sortis de la chapelle pour aller à mon devoir. Bientôt la Mère Générale m’appela et me dit : « Ma Sœur, vous partirez aujourd’hui avec Mère Valéria à Valendov. Vous pourrez ainsi commencer votre retraite demain. Mère Valéria est là, vous partirez avec elle. » Près de deux heures après, j’étais à Valendov. Je rentrai un instant en moi-même, et je reconnus que seul Jésus peut arranger des affaires de la sorte.
168. Dès que la personne qui était si fortement opposée à ce que je fasse cette retraite me vit, elle manifesta son étonnement et son mécontentement. Sans y prêter attention, je l’ai saluée affectueusement, et je suis allée chez le Seigneur pour savoir comment me conduire pendant la retraite.
169. Dans une conversation avec Lui, avant la retraite, Jésus m’apprit que cette retraite serait un peu différente des autres : « Tu vas tâcher d’avoir une grande paix dans tes rapports avec Moi. J’éloignerai tous tes doutes à cet égard. Je sais que maintenant, quand je te parle, tu es tranquille. Mais, dans un moment, quand J’aurai cessé, tu recommenceras à chercher des raisons de douter. Sache cependant que J’affermirai si bien ton âme que même si tu voulais t’inquiéter, ce ne sera pas en ton pouvoir. Et, comme preuve que c’est Moi qui te parle, tu iras le deuxième jour de la retraite te confesser au prêtre qui la prêche. Tu iras à lui dès qu’il aura fini sa conférence. Tu lui exposeras tes craintes envers Moi, et je te répondrai par sa bouche. Alors tes craintes se dissiperont. Pendant cette retraite, garde un silence complet, comme si rien n’existait autours de toi. Tu ne parleras qu’avec Moi et ton confesseur ; à tes Supérieures tu ne demanderas que des pénitences. » J’éprouvai un immense bonheur de voir le Seigneur Jésus me montrer tant de bienveillance et S’abaisser ainsi jusqu’à moi.
170. Le premier jour de la retraite, j’ai tâché d’être la première le matin à la chapelle. Avant la méditation, j’avais un moment pour prier le Saint Sacrement et la Sainte Vierge. Je demandais ardemment à la Mère de Dieu qu’Elle m’obtienne la grâce de la fidélité aux inspirations intérieures et à la volonté divine, quelque qu’elle soit. J’ai commencé cette retraite avec un singulier courage.
171. Combat pour garder le silence. Comme il est de coutume, des Sœurs de toutes les maisons se réunissent pour la retraite. Une Sœur, que je n’avais pas vue depuis longtemps, vint dans ma cellule et me dit qu’elle voulait me parler. Ne lui ayant rien répondu, elle s’aperçut que je ne voulais pas rompre le silence et me dit : « Je ne savais pas que vous étiez si étrange. » Et elle s’en alla. J’ai compris que cette personne n’avait d’autre souci que de rassurer sa propre curiosité. O mon Dieu, maintenez-moi dans la fidélité.
172. Le Père qui prêchait la retraite arrivait d’Amérique. Il était venu faire un court séjour en Pologne et les circonstances avaient fait qu’il nous prêchait la retraite. Une profonde vie intérieure l’animait, c’était visible. Son aspect respirait l’intelligence ; l’esprit de mortification et de recueillement caractérisait ce prêtre. Mais malgré ses hautes vertus, j’éprouvais d’immenses difficultés à lui dévoiler entièrement mon âme. Pour ce qui rst des péchés, c’est toujours facile ; mais quand au grâces reçues, je devais vraiment faire un grand effort, et encore je ne disais pas tout.
Les tentations du démon pendant la méditation
Une singulière peur me prit que le prêtre ne me comprenne pas ou qu’il n’aie pas assez de temps pour me laisser m’exprimer jusqu’au bout. Comment lui parler de tout cela ? Si encore il s’agissait du Père Bukowski, je l’aurais fait plus facilement. Mais c’était la première fois que je voyais ce Jésuite. Ici, je me suis rappelée un conseil du Père Bukowski, qui m’avait dit que, lorsque je faisais une retraite, je devais prendre au moins quelques notes au sujet des lumières que Dieu m’envoyait, et lui en faire un bref compte rendu.
Mon Dieu, pendant une journée et demie tout allait si bien ; et voilà que commençait. Un combat à mort. Dans une demi heure il y aurait la conférence, et ensuite la confession. Le démon me persuada que, si les Supérieures avaient dit que ma vie intérieure était une illusion, à quoi on questionner et fatiguer encore le confesseur ? Mère X t’a dit que Jésus ne vivait pas en intimité avec des âmes aussi misérables. Ce confesseur te répondra de même. Pourquoi en parler ? Ce ne sont pas des péchés, et Mère X t’a dit bien précisément que toute cette intimité avec Jésus n’est que rêverie ou pure hystérie. Pourquoi en parler au confesseur ? Tu ferais mieux de rejeter toutes ces illusions. Vois, tu as souffert tant d’humiliations déjà, et beaucoup d’autres t’attendent encore. Et les Sœurs savent que tu es hystérique. J’ai appelé de toutes les forces de mon âme : « Jésus ! » - A ce moment, le Père commença la conférence.
174. Il a parlé peu de temps, comme s’il se dépêchait. Après la conférence il alla au confessionnal. Voyant qu’aucune des Sœurs ne s’y rendait, je me suis élancée de mon prie-Dieu et m’agenouillai dans le confessionnal. Je n’avais pas le temps de réfléchir. Au lieu de dire au Père tous les doutes qu’on avait formulé à l’égard de mes rapports avec Jésus, j’ai commencé à parler de toutes ces tentations que j’ai décrites plus haut. Mais le confesseur comprit tout de suite ma situation, et il dit : « Vous vous méfiez, ma Sœur, de Jésus, parce qu’il est si bienveillant envers vous. N’est-ce pas ? Soyez donc complètement tranquille. Jésus est votre Maître, et vos rapports avec Jésus ne sont ni hystérie, ni rêverie, ni illusion. Sachez que vous êtes dans la bonne voie. Tâchez d’être fidèle à ces grâces ; il vous est défendu de vous en écarter. Vous n’avez pas du tout besoin d’en parler à vos Supérieures, sauf quand Jésus vous donne un ordre précis et dans ce cas, il faut d’abord vous entendre avec votre confesseur. Mais si Jésus exige quelque chose d’extérieur, alors, après vous être entendue avec votre confesseur, vous devez accomplir ce qu’exige le Seigneur, même si cela doit vous coûter énormément. d’un autre côté, vous devez tout dire à votre confesseur. Il n’y a absolument pas d’autre voie pour vous, ma Sœur.
Priez pour avoir un directeur spirituel, car autrement vous gaspillerez ces grands dons de Dieu. Je le répète encore une fois : soyez tranquille. Vous êtes dans la bonne voie. Ne faites attention à rien de ce que l’on dit de vous. C’est justement avec de telles âmes misérables que Jésus est en intimité et plus vous vous abaisserez, plus Jésus s’unira à vous. »
175. Quand j’ai quitté le confessionnal, une joie inconcevable inonda mon âme, de sorte que je m’écartais dans un endroit solitaire du jardin, pour me cacher des Sœurs et permettre à mon cœur de s’épancher intérieurement en Dieu. La présence divine me submergea et, en un instant, mon être s’anéantit totalement en Dieu et je sentis, je discernai alors les Trois Personnes Divines qui demeuraient en moi. Et j’éprouvais une si grande paix dans mon âme que je m’étonnais d’avoir pu tellement m’inquiéter.
176. Résolution : fidélité aux inspirations intérieures, quoi qu il pût m’en coûter. Ne rien faire de moi-même sans m’être entendue avec mon confesseur.
177. La rénovation des vœux. Dès le matin, lorsque je m’éveillai, mon esprit fut tout entier immergé en Dieu, cet océan d’amour. Je sentais que j’étais toute plongée en Lui ! Pendant la Sainte Messe, mon amour pour Lui arriva à une grande puissance. Après la rénovation des vœux et la Sainte Communion, je vis soudain Jésus, qui me dit avec bienveillance : « Ma fille, regarde Mon Cœur miséricordieux. ». Fixant mon regard sur ce Cœur Très Saint .
176. Résolution : fidélité aux inspirations intérieures, quoi qu il pût m’en coûter. Ne rien faire de moi-même sans m’être entendue avec mon confesseur.
177. La rénovation des vœux. Dès le matin, lorsque je m’éveillai, mon esprit fut tout entier immergé en Dieu, cet océan d’amour. Je sentais que j’étais toute plongée en Lui ! Pendant la Sainte Messe, mon amour pour Lui arriva à une grande puissance. Après la rénovation des vœux et la Sainte Communion, je vis soudain Jésus, qui me dit avec bienveillance : « Ma fille, regarde Mon Cœur miséricordieux. ». Fixant mon regard sur ce Cœur Très Saint je vis en sortir des rayons comme du Sang et de l’Eau, les mêmes que sur le tableau, et je compris combien la miséricorde du Seigneur est grande. Et de nouveau, Jésus me dit gracieusement : « Ma fille, parles aux prêtres de mon inconcevable Miséricorde. Les flammes de Ma Miséricorde Me brûlent, Je veux les déverser sur les âmes, mais les âmes ne veulent pas croire en ma bonté. » Et tout à coup Jésus disparut. Mais mon esprit resta toute la journée plongée en Dieu, dans sa présence divine, sensible malgré le bruit et les conversations qui suivent habituellement une retraite. Cela ne me dérangeais pas. Mon esprit était en Dieu, tout en prenant part aux conversations. Je suis même allée visiter Derdy.
178. Aujourd’hui nous commençons la troisième probation. Nous nous sommes rassemblées, toutes les trois, chez Mère Marguerite, car les autres Sœurs avaient leur troisième probation au noviciat. Mère Marguerite commença par une prière, elle nous expliqua en quoi consiste la troisième probation, et rappela combien la grâce des vœux perpétuels était grande. Soudain j’ai commencé à pleurer à haute voix. En un instant, toutes les grâces de Dieu parurent devant le regard de mon âme. Et je me voyais tellement misérable et ingrate envers Lui. Les Sœurs commencèrent à me réprimander disant : « Pourquoi éclate-t-elle en sanglots ? » Cependant Mère Marguerite pris ma défense et dit qu’elle ne s’en étonnait pas.
L’heure finie, je suis allée devant le Saint Sacrement et, consciente de mon immense misère, Je Lui demandai miséricorde afin qu’il daigne purifier et guérir ma pauvre âme. Alors j’entendis ces paroles : « Ma fille toutes tes misères sont brûlées dans le feu de Mon amour, comme un brin d’herbe jeté dans un brasier dévorant. Par cet abaissement, tu attires sur toi et sur d’autres âmes toute l’immensité de Ma Miséricorde. » Je répondis : « Jésus, façonnez mon pauvre cœur à votre gré. »
179. Pendant tout le temps de la troisième probation, j’avais le devoir d’aider la Sœur au vestiaire. Ce devoir me donna de nombreuses occasions de m’exercer à la pratique des vertus. Parfois il fallait aller par trois fois chez certaines Sœurs avec le linge, et encore on ne pouvait les satisfaire. Mais j’ai découvert aussi les grandes vertus de certaines sœurs, qui demandaient toujours de leur donner ce qu’il y avait de pire dans tout le vestiaire. J’admirais cet esprit d’humilité et de mortification.
180. Pendant l’Avent, une grande nostalgie de Dieu s’éveilla dans mon âme. Mon esprit, de toutes les forces de son être, s’élançait vers Dieu. Et le Seigneur m’accorda de nombreuses lumières dans la connaissance de Ses attributs. Le premier attribut que le Seigneur me fit connaître, ce fut Sa Sainteté. Cette Sainteté, est si grande que toutes les Puissances, les Vertus, tremblent devant Lui. Les purs esprits voilent leur face et s’abîment dans une incessante adoration. La Sainteté de Dieu se répand sur l’Eglise de Dieu et sur chaque âme vivant en elle – à des degrés divers. Il y a des âmes toutes pénétrées de Dieu, et ils y en a qui vivent à peine.
Publié le 27/04/2008 à 12:00 par jubilatedeo
141. Mais mes tourments arrivaient à leur fin. Le Seigneur me donna l’aide promise. Je la vis en la personne de deux prêtres : le Père Andrasz et l’abbé Sopocko. Pendant la retraite, avant mes vœux perpétuels, je fus, pour la première fois, tranquillisée à fond. Et plus tard, je fus guidée dans la même direction par l’Abbé Sopocko. Ainsi s’accompli la promesse du Seigneur.
142. Lorsque je fus tranquillisée et instruite de la façon dont je devais avancer dans les voies divines, mon esprit s’est réjoui dans le Seigneur, et il me semblait que je ne marchais pas, mais que je courrais. Les ailes déployées pour le vol, j’ai commencé à planer en plein soleil, et je ne descendrai pas jusqu’à ce que je repose en Celui en qui mon âme s’est perdue pour l’éternité. Et je me suis totalement soumise à l’influence de la grâce ; les abaissements de Dieu envers mon âme sont bien grands. Je ne m’écarte ni ne me refuse; mais je me noie en lui, comme mon seul trésor. Je suis un avec le Seigneur. Le gouffre qui nous sépare : le Créateur et sa créature, semble avoir disparu.
Pendant quelques jours, mon âme vécut comme en une incessante extase. La présence de Dieu ne me quittait pas un instant. Et je restais en continuelle union amoureuse avec le Seigneur. Cependant cela ne m’empêchait pas d’accomplir mes devoirs. Je sentais que j’étais transformée en amour, je brûlais toute mais sans me consumer. Je m’anéantissais continuellement en Dieu. Dieu m’attirait à Lui avec une telle force et une telle puissance que par moment je ne me rendais plus compte que j’étais sur terre.
Si longtemps j’avais gêné et craint la grâce ! Et maintenant Dieu, par l’intermédiaire du Père Andrasz éloignait toutes les difficultés. Mon esprit fut tourné vers le soleil et s’épanouit dans sa lumière pour Lui seul, je ne comprends plus… (Ici la phrase s’interrompt et Sœur Faustine commence une toute autre pensée à la ligne suivante
143. J’ai gaspillé bien des grâces divines, car j’avais toujours peur d’être dans l’illusion. Dieu m’attirait à Lui avec une telle puissance que souvent il n’était pas en mon pouvoir de résister à Sa grâce lorsque j’étais soudain plongée en Lui. Dans ces moments, Il me remplissait d’une telle paix que, même quand je voulais, par la suite, m’inquiéter, je ne le pouvais pas.. Et, un jour, j’entendis dans mon âme ces paroles : « Pour que tu sois assurée que c’est Moi qui suis l’auteur de toutes ces exigences, Je t’accorderai une paix si profonde que, même si tu voulais t’inquiéter et t’effrayer, aujourd’hui ce ne sera pas en ton pouvoir ; l’amour va inonder ton âme jusqu’à l’oubli de toi. »
144. Plus tard, Jésus me donna un autre prêtre, devant lequel il m’ordonna de dévoiler mon âme. Je le fis au premier moment avec un peu d’hésitation ce qui me valut une sévère réprimande de Jésus, à la suite de laquelle mon âme fut envahie par une profonde humilité. Sous sa direction cependant, mon âme progressait rapidement dans l’amour de Dieu, et de nombreuses demandes du Seigneur furent extérieurement accomplies. Plus d’une fois, son courage et sa profonde humilité retinrent mon attention
145. Oh ! que mon âme est misérable, elle a gaspillé’ tant de grâces ! Je fuyais Dieu et il me poursuivait de Ses grâces. Le plus souvent je recevais des faveurs de Dieu lorsque je ne m’y attendais pas. Depuis que le Seigneur m’a donné un directeur, je suis plus fidèle à la grâce. C’est avec ce directeur, et en vertu de sa vigilance pour mon âme que j’ai expérimenté ce qu’est la direction spirituelle, et comment Jésus la conçoit. Jésus m’avertissait de la plus petite faute. Il insistait sur le fait que c’est Lui qui décide dans toutes les affaires que je soumettais à mon directeur et que tous les manquements envers celui-ci L’atteignaient Lui-même.
Quand mon âme commença à goûter un profond recueillement et la paix, sous cette direction, j’entendis souvent ces mots, plus d’une fois répétés : « Fortifie-toi pour le combat. »
Jésus m’a souvent révélé que ce qui lui déplait en moi, et plus d’une fois, Il m’a réprimandée pour des choses minimes en apparence, mais qui, à vrai dire, avaient une grande signification. Il m’avertissait et m’exerçait comme un Maître. Pendant de nombreuses années c’est Lui-même qui m’a élevée, jusqu’au moment où Il me donna un directeur de conscience. Auparavant, il m’expliquait Lui-même ce que je ne comprenais pas ; maintenant il m’ordonne de questionner en toutes choses mon confesseur. Il m’a souvent dit : « Je te répondrai par sa bouche, sois tranquille. »
Il ne m’est jamais arrivé de recevoir une réponse contraire à ce que le Seigneur exigeais de moi, dans le cadre de ce que j’avais soumis à mon directeur. Parfois Jésus me recommandait certaines choses, ignorées de tous, et quand je m’adressais à mon confesseur, celui-ci me recommandait la même chose. Cela n’arrivais pas souvent.
Lorsqu’une âme a longtemps reçu lumière et inspiration en abondance et que ses confesseurs ont confirmé sa paix et la provenance divine de ces inspirations, si son amour est grand, Jésus lui indique qu’il est temps d’utiliser ce qu’elle a reçu et de passer à l’action. L’âme réalise que le Seigneur compte sur elle et cette connaissance augmente ses forces. Elle sait que, pour rester fidèle, elle devra, plus d’une fois s’exposer à des difficultés, mais elle a confiance en Dieu et, grâce à cette confiance, elle arrive là où Dieu l’appelle. Les difficultés ne l’effrayent pas, elles sont pour elle comme le pain quotidien. Elles ne l’effrayent ni ne l’épouvantent, de même que le fracas des canons ne terrifie pas le chevalier qui est constamment au cœur du combat. Loin d’avoir peur elle écoute, afin de remporter la victoire, de quel côté l’ennemi attaque. Elle ne fait rien aveuglément, mais elle scrute, elle réfléchit profondément et, ne comptant pas sur elle-même, elle prie avec ferveur et consulte des chevaliers expérimentés et sages. Lorsqu’elle agit de la sorte, elle remporte presque toujours la victoire
Il y a des attaques où l’âme n’a le temps ni de réfléchir ni de consulter, alors il faut combattre à la vie, à la mort Il est bon parfois de se réfugier dans la Blessure du Cœur de Jésus, sans répondre un seul mot, par cela même l’ennemi est déjà vaincu.
En temps de paix l’âme doit aussi s’imposer des efforts comme au moment du combat, Elle doit s’exercer et bien s’exercer, sinon elle n’a aucune chance de victoire. J’estime le temps de paix comme un temps de préparation à la victoire. Elle doit veiller sans cesse ; vigilance et encore vigilance. L’âme qui réfléchit reçoit beaucoup de lumière. L’âme dissipée s’expose à la chute ; qu’elle ne s’étonne pas si elle tombe. O Esprit divin, Directeur de l’âme, sage est celui que vous avez exercé. Mais pour que l’Esprit divin puisse agir dans une âme, la paix et le recueillement sont nécessaires.
146. L’oraison : Par l’oraison, l’âme s’arme pour le combat ; en quelque état qu’elle soit, elle doit prier. L’âme pure et belle doit prier, sous peine de perdre sa beauté. L’âme qui tend vers cette pureté, sinon elle n’y arriverait pas. L’âme qui vient de se convertir doit prier, pour persévérer. L’âme pécheresse, plongée dans le péché, doit prier pour pouvoir se relever. Ainsi il n’y a pas d’âme qui ne soit obligée de prier, car s’est par la prière que la grâce descend sur elle.
147. Je me rappelle que j’ai reçu beaucoup de lumière pendant les adorations que je faisais pendant une demi-heure chaque jour, pendant le Carême, prosternée devant le Saint-Sacrement. C’est alors que j’approfondis la connaissance que j’avais de moi-même, ainsi que celle de Dieu. Bien qu’ayant la permission des Supérieures, j’eus beaucoup de difficulté à faire ainsi oraison. Que l’âme sache que pour prier et persévérer dans l’oraison, il faut s’armer de patience et surmonter courageusement toutes les difficultés intérieures t extérieures. Les difficultés intérieures : les découragements, les sécheresses, les lourdeurs, les tentations. Les difficultés extérieures: c’est l’opinion humaine. Il faut savoir sauvegarder les moments destinés à l’oraison. J’en ai fait moi-même l’expérience, car si je ne faisais pas mon oraison au moment fixé, je la négligeais parce que, plus tard, mes devoirs m’en empêchaient ; et même si j’avais la chance de la faire, c’était à grande peine, car ma pensée fuyais vers mes devoirs.
J’avais aussi une autre difficulté: quand l’âme a bien fait son oraison, elle reste ensuite profondément recueillie intérieurement; et si d’autres personnes contrarient, alors, son recueillement, elle doit être patiente pour persévérer dans l’union à Dieu. Plus d’une fois il m’est arrivé que lorsque mon âme était très profondément abîmée en Dieu elle retirât un plus grand profit de l’oraison. Et Dieu m’accompagnait de sa présence durant la journée Et; je restais recueillie pendant mon travail et je réalisais avec plus de soins et de précision. Et c’est justement alors qu’il m’est arrivé de recevoir le plus de reproches : sur mon manque de fidélité à mon devoir, sur mon indifférence à tout. Car les âmes moins recueillies veulent que les autres, qui sont pour elles un remord incessant, leur ressemblent.
148. L’âme noble et sensible qui peut même être très simple, mais qui a des sentiments délicats, voit Dieu en tout et Le rencontre partout, elle sait trouver Dieu même dans les choses les plus secrètes. Tout a de l’importance pour elle. Elle apprécie tout, elle remercie Dieu pour tout, elle tire un profit spirituel de tout, et tout lui est une occasion de louer Dieu. Elle a confiance en Lui et ne de trouble pas quand vient le temps des épreuves. Elle sait que Dieu est toujours le meilleur des Pères, et elle fait peu de cas de l’opinion humaine. Attentive au moindre souffle de l’Esprit Saint elle jouit de cet hôte spirituel et se tient près de Lui comme un enfant près de sa mère.
Là, où d’autres âmes s’arrêtent et ont peur, elle passe sans crainte et sans difficulté.
149. Quand le Seigneur veut être Seul près de l’âme et la conduire, Il éloignera d’elle tout ce qui est extérieur. Lorsque je tombai malade et qu’on me transporta à l’infirmerie, cela me causa des ennuis. Nous étions deux malades à l’infirmerie. Les Sœurs venaient voir
Sœur N., personne ne venait me voir. Il est vrai que c’est une infirmerie, mais chacune a sa cellule.
Sœur N., personne ne venait me voir. Il est vrai que c’est une infirmerie, mais chacune a sa cellule. Les soirées d’hiver étaient longues, Sœur N. avait de la lumière, un récepteur de radio, moi je ne pouvais même pas préparer ma méditation, faute de lumière.
Près de deux semaines plus tard, un soir, je me plaignis au Seigneur de beaucoup souffrir et de ne même pas pouvoir préparer ma méditation, faute de lumière. Et le Seigneur me répondit que chaque soir Il viendrait et m’indiquerait les points à méditer le lendemain.. Ces points concernaient toujours Sa douloureuse Passion. Il me disait : « Considère Ma Passion devant Pilate ». – Et ainsi, pendant toute la semaine, je considérais, un par un, les différents moments de Sa douloureuse Passion. A partir de ce moment, une grande joie pénétra dans mon âme, et je ne désirais plus ni visites ni lumière : Jésus me suffisait en tout. La sollicitude des Supérieures pour les malades était bien grande, pourtant le Seigneur en avait disposé ainsi : je me sentais délaissée. Pour pouvoir agir Seul, ce Maître incomparable éloigne tout ce qui est crée.
Parfois j’éprouvais de telles persécutions et souffrances que, même Mère Marguerite me dit : sur votre voie, ma Soeur, les souffrances surgissent comme d’elles-mêmes sous vos pas. Je vous vois, ma Sœur, comme une crucifiée. Cependant j’ai remarqué que Jésus y est pour quelque chose. Soyez fidèle au Seigneur.
150. Je désire noter un rêve que j’ai eu : j’ai rêvé de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. J’étais encore novice et j’avais certaines difficultés que je ne pouvais surmonter. Ces difficultés étaient intérieures et des difficultés extérieures s’y mêlaient. Je faisais des neuvaines à divers Saints. Mais l’épreuve devenait de plus en plus lourde. Mes souffrances étaient si grandes que je ne savais plus comment vivre et soudain l’idée me vint de prier Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. J’ai commencé une neuvaine à cette Sainte. Avant mon entrée au couvent, j’avais une grande dévotion envers elle. Je l’avais un peu négligée depuis. Mais dans la nécessité où je me trouvais, j’ai recommencé à la prier avec une grande ferveur.
Le cinquième jour de la neuvaine, Sainte Thérèse m’apparut en rêve, mais elle me semblait être encore sur la terre. Elle m’avait caché qu’elle était Sainte et elle me consolait, disant que je ne devais pas tellement m’attrister de cette affaire, mais être plus confiante envers Dieu. Elle me disait « Moi aussi, j’ai beaucoup souffert ». Je ne croyais pas trop qu’elle avait tant souffert, et je lui dis : « Il me semble que vous ne souffrez pas du tout. » Cependant Sainte Thérèse me répondit d’une manière convaincante. Elle: ajouta, « Sachez ma Soeur que dans trois jours cette affaire arrivera à bonne fin. » Comme je ne voulais pas trop la croire, elle me révéla qu’elle était Sainte. A ce moment une grande joie emplit mon âme et je lui dis : « Vous êtes Sainte ? » Elle me répondit : « Oui, je suis Sainte. Ayez confiance, cette affaire sera réglée en trois jours. » Et je lui dit : « Sainte Thérèse, dites-moi, est ce que j’irai au ciel ? » Elle répondit: « Oui, vous irai au Ciel, ma Sœur. » « Et serais-je Sainte ? » - « Oui, vous serez sainte » répondit-elle. – « Mais, Thérèse, serais-je sainte comme Vous, sur les autels ? » Et elle répondit : « Oui, vous serez Sainte comme moi.. Mais vous devez avoir une grande confiance en Jésus. »
Et je lui demandai alors si mon père et ma mère iraient au Ciel, si…( ici Sœur Faustine a interrompu la phrase). Elle me répondit qu’ils iraient au Ciel. – « Et mes frères et mes sœurs iront-ils au Ciel ? » Elle ne me donna pas une réponse sûre, mais elle me dit que je devais beaucoup prier pour eux. Je compris qu’ils avaient besoin de beaucoup de prières.
C’était comme un rêve et, comme dit le proverbe : « Dieu est foi, songe est mensonge. Cependant le troisième jour, je réglai cette difficulté très facilement. Tout s’accomplit exactement comme elle me l’avait dit. C’est un rêve, mais il avait sa signification.
151. Une fois, alors que j’étais à la cuisine avec Sœur N., elle s’est un peu fâchée contre moi ; et comme pénitence elle me fit asseoir sur la table. Elle-même s’activait, elle nettoyait, frottait ; et moi je restais assise sur la table. Les sœurs venaient et s’étonnaient de me voir ainsi. Chacune disait son mot ; - Elle est désoeuvrée… - Quelle extravagante ! – Quelle Sœur fera-t-elle ? (Je n’étais alors que postulante).
Néanmoins, au nom de l’obéissance, je ne pouvais descendre, puisque la sœur m’avait ordonné, au nom de l’obéissance de rester assise jusqu’à ce qu’elle me dise de descendre. Vraiment, Dieu sait combien d’actes d’abnégations je fis alors. Il me semblait brûler de honte. Plus d’une fois, Dieu m’éprouva de la sorte pour me tremper intérieurement, mais il me récompensa de cette humiliation par une grande consolation. Pendant la Bénédiction, je le vis très beau. Jésus me regarda avec bienveillance et dit : « Ma fille, n’aie pas peur des souffrances, Je suis avec toi. »
152. Une autre fois j’étais de service pendant la nuit, et la peinture de ce tableau me faisait beaucoup souffrir. Je ne savais plus à quoi m’en tenir tant on m’avais persuadé que c’était une illusion. Par ailleurs, un prêtre m’avait dit que peut-être justement, Dieu voulait être honoré par ce tableau et qu’il fallait donc tâcher de le faire peindre. Cependant mon âme était très fatiguée. Quand je suis entrée dans la petite chapelle, j’ai approché ma tête du tabernacle, j’ai frappé à la porte et j’ai dit : « Jésus, voyez quelles grandes difficultés me cause ce tableau. » J’entendis alors une voix venant du Tabernacle : « Ma fille, tes souffrances ne vont plus durer longtemps. »
153. Un jour je vis deux routes : l’une large, sablonneuse et semée de fleurs, pleine de joie, de musique et de toutes sortes de plaisirs. Les hommes passaient sur cette route dansant et s’amusant. Ils arrivaient au terme sans s’en apercevoir. Or à la fin de cette route il y avait un horrible gouffre, l’abîme infernal. Les âmes y tombaient aveuglément et en si grand nombre qu’on ne pouvait les compter ;
La deuxième était plutôt un sentier, car elle était étroite, semée de ronces et de pierres. Et ceux qui avançaient sur cette route étaient en larmes, la souffrance était leur part. Les uns tombaient sur les pierres, mais ils se relevaient aussitôt et continuaient à avancer. Au bout de la route, il y avait un magnifique jardin rempli de toutes sortes de bonheurs. Toutes les âmes y entraient et dès qu’elles en avaient franchi le seuil, elles en oubliaient leurs souffrances.
154. Une fois il y avait l’adoration chez les Sœurs de la Sainte Famille, j’y suis allée le soir, avec une de nos Sœurs. Dès que je suis entrée dans la petite chapelle, la présence de Dieu envahit mon âme. Je priais comme en de tels moments, sans prononcer de paroles. Soudain je vis le Seigneur qui me dit : « Sache que si tu néglige la peinture de ce tableau et toute l’œuvre de la miséricorde, tu devras rendre compte au Jour du Jugement, d’un grand nombre d’âmes. » A ces paroles du Seigneur, la frayeur s’empara de moi. Je n’arrivais pas à me tranquilliser. Ces mots sonnaient à mes oreilles. Ainsi je ne devrai pas répondre seulement pour moi-même au Jour du Jugement de Dieu, mais aussi pour d’autres. Ces mots se gravèrent profondément dans mon cœur.
Rentrée à ma maison je suis allée chez le Petit Jésus, je me suis prosternée devant le Saint Sacrement et j’ai dit au Seigneur : « Je ferai tout mon possible, mais je Vous en supplie, soyez toujours avec moi et donnez-moi la force d’accomplir votre Sainte Volonté. Car Vous pouvez tout, et moi je ne peux rien de moi-même. »
155. Il m’arrive depuis quelque temps que mon âme sente aussitôt quand quelqu’un prie pour moi ; et de même si une âme désire (même sans me le dire) que je prie pour elle, je le ressens aussi dans mon âme, au point que j’éprouve une certaine inquiétude, comme si quelqu’un m’appelait. Et, quand je prie, je recouvre la paix.
156. À un certain moment je désirais beaucoup communier. Mais j’avais un doute, et je ne suis pas allé à la Sainte Table. J’en souffrais terriblement. Tandis que j’étais occupée à mon travail ; il me semblait que mon cœur éclatait de douleur. Tandis que j’étais occupée à mon travail, le cœur plein d’amertume, Jésus se trouva soudain près de moi et me dit : « Ma fille, n’omets pas la Sainte Communion, à moins que tu sache que tu es tombée gravement. De plus qu’aucun doute ne t’arrête pour t’unir à Moi dans Mon mystère d’amour. Tes menues fautes disparaîtront dans mon amour, comme un brin de paille jeté dans une grande fournaise. Sache que tu M’attristes beaucoup quand tu Me délaisses dans la Sainte Communion. »
157. Le soir, quand je suis entrée dans la petite chapelle, j’entendis : « Ma fille, médite ces paroles : Etant tombé en agonie, Il priait plus instamment. » - Lorsque j’ai commencé à réfléchir plus profondément, mon âme fut envahie par une grande lumière. J’ai reconnu qu’il nous faut beaucoup de persévérance dans l’oraison et que notre salut dépend souvent d’une prière bien difficile.
158. J’étais à Kiekrz pour peu de temps, pour remplacer une de mes Sœurs. Or un après midi, passant par le jardin, je me suis arrêtée au bord du lac. Pendant un long moment je restais là, pensive. Soudain, je vis Jésus près de moi. Il me dit avec bonté : « J’ai crée tout ceci pour toi, Mon épouse. Mais sache que toutes ces beautés ne sont rien comparées à ce que Je t’ai préparé dans l’éternité. » Mon âme fut inondée d’une si grande consolation que je restai là jusqu'au soir. Et il me sembla que ce n’était qu’un moment bien court. C’était mon jour libre destiné à la retraite d’un jour, j’avais donc liberté complète de tester en oraison. Oh ! Que la bonté de Dieu est infinie ! Il nous poursuit de Sa bonté. Il arrive le plus souvent que le Seigneur me donne les plus grandes grâces alors que je m’y attends le moins.
159. O Sainte Eucharistie ! Pour loi,
Vous êtes enfermé dans le ciboire d’or,
Pour que, dans le grand désert de l’exil je puisse passer immaculée, intacte
Par la puissance de Votre amour.
O Sainte Eucharistie ! Pour moi,
Vous êtes enfermé dans le ciboire d’or,
Pour que, dans le grand désert de l’exil, je puisse passer immaculée, intacte,
Par la puissance de votre amour.
O Sainte Eucharistie ! Hôte de mon âme,
Le plus pur amour de mon cœur,
Que votre clarté dissipe les ténèbres.
Vous ne refusez pas vos faveurs au cœur plein d’humilité
.O Sainte Eucharistie ! Enchantement du ciel,
Bien que vous cachiez Votre beauté,
Et que Vous Vous présentiez à moi dans une parcelle de pain,
La force de la foi déchire ce voile.
160. Le jour de la croisade, qui est le cinquième jour du mois, tombait le premier vendredi du mois. Aujourd’hui c’est mon jour pour monter la garde d’honneur devant Jésus. Mon devoir était de réparer tous les outrages et les manques de respect envers le Seigneur, de prier qu’en ce jour aucun sacrilège ne soit commis. Mon esprit était ce jour là d’un singulier amour pour l’Eucharistie. Il me semblait être changée en brasier. Quand je m’approchai de la Sainte Communion et que le prêtre me donna Jésus, une seconde hostie s’accrocha à sa manche et je ne savais pas laquelle des deux je devais recevoir. Alors que je réfléchissais un instant, le prêtre impatient me fit de la main le signe de recevoir l’hostie qu’il me présentait. Dès que je l’eus reçue, l’autre tomba sur mes mains. Le prêtre continua à donner la Sainte Communion jusqu’au bout de la table de Communion, cependant que moi je tenais Jésus sur mes mains pendant tout ce temps. Quand le prêtre revint, je lui présentai l’hostie pour qu’il la remette dans le ciboire. Car, après avoir reçu Jésus, je ne pouvais, avant de L’avoir consommé, dire que l’autre hostie était tombée…
Mais pendant tout le temps où j’ai eu l’hostie en main, je ressentais une telle puissance d’amour que, de toute la journée, je ne pus ni manger ni reprendre connaissance. J’ai entendu ces paroles venant de l’hostie : « Je désirais reposer sur tes mains et pas seulement dans ton cœur. » Et soudain, au même instant, je vis Jésus. Mais quand le prêtre s’approcha, je ne vis plus que l’hostie à nouveau.
Publié le 26/04/2008 à 12:00 par jubilatedeo
121. De nombreuses grâces que Dieu accorde à l’âme après cette épreuve du feu, lui permettent de jouir d’une étroite union avec Dieu. Elle a un grand nombre de visions sensibles et spirituelles. Elle entend un grand nombre de paroles surnaturelles et plus d’une fois des ordres précis ; mais malgré ces grâces, elle ne se suffit pas à elle-même. D’autant que, comme Dieu la visite de Ses grâces, elle s’expose à toutes sortes de dangers et peut facilement tomber dans l’illusion. Elle devrait prier pour avoir un guide spirituel ; car il faut s’efforcer d’en trouver un qui s’y connaisse, tel un chef dont le devoir est de connaître les chemins par lesquels il doit mener ses troupes au combat. Il faut préparer l’âme unie à Dieu à soutenir de grandes batailles, des combats acharnés.
Après ces purifications et ces épreuves, Dieu demeure dans l’âme d’une façon singulière ; mais l’âme ne collabore pas toujours avec ces grâces. Non qu’elle se refuse d’elle-même œuvrer, mais elle rencontre de si grandes difficultés extérieures et intérieures que vraiment il faut un miracle pour qu’elle se maintienne sur ces hauteurs. Ici, elle a absolument besoin d’un directeur averti.
Faustine 5
Souvent, on emplissait mon âme de doute, quand ce n’était pas moi qui m’alarmais moi-même, en me disant qu’après tout, je n’étais qu’une ignorante, qui connaissait si peu, et en particulier aux choses spirituelles. Cependant, quand les doutes augmentaient, j’allais chercher de la lumière auprès de mon confesseur ou des Supérieures. Mais je n’obtenais pas ce que j’aurais désiré.
122. Quand j’ai dévoilé mon âme aux Supérieures, l’une d’elles reconnut mon âme et la voie où Dieu voulait me conduire. En mettant en pratique ses indications, j’ai commencé à progresser sur la voie de la perfection. Mais cela n’a pas duré longtemps. Quand je lui ai dévoilé mon âme plus à fond, je n’ai pas reçu ce que je désirais. Ces grâces semblaient invraisemblables à la Supérieure, je ne pouvais donc plus trouver aucune aide auprès d’elle. Elle me disait qu’il était impossible que Dieu ait de tels rapports avec une créature. « J’ai peur pour vous, ma Sœur, n’est-ce pas une illusion ? Consultez un prêtre. » Mais le confesseur, lui non plus ne m’a pas comprise, il me dit : « Il vaudrait mieux, ma Sœur, parler de ces choses avec vos Supérieures. » Et je passais ainsi des Supérieures au confesseur et du confesseur aux Supérieures, sans trouver aucun apaisement.
Les grâces divines devinrent, pour moi, de grandes souffrances. Plus d’une fois il m’arriva de dire carrément au Seigneur : « Jésus, j’ai peur de Vous. N’êtes-vous pas quelque fantôme ?» Il me tranquillisait toujours mais je restais incrédule. Chose étonnante : plus j’étais, plus Jésus me donnait de preuves qu’il était l’auteur de ces choses.
123. Quand je me rendis compte que je ne recevais aucun apaisement de la part des Supérieures, je pris la résolution de ne plus leur parler de ces choses purement intérieures. A l’extérieur je tâchais, comme doit le faire une bonne religieuse, de tout dire aux Supérieures ; mais je ne parlais qu’au confessionnal des besoins de mon âme. Je reconnus pour maintes raisons très justes, que la femme n’avait pas été appelée à discerner de tels mystères. Je m’étais exposée à beaucoup de souffrances inutiles.
Pendant longtemps, je fus considérée comme une possédée du démon et on me regardait avec pitié. La Supérieure pris certaines précautions à mon égard. Il m’arrivait d’entendre que les Sœurs aussi me considéraient comme telle. Et l’horizon s’assombrit autour de moi. Je tentais d’éviter ces grâces divines, mais ce n’était pas en mon pouvoir. Soudain, un tel recueillement s’empara de moi que, contre ma volonté, je me plongeai en Dieu et le Seigneur me garda auprès de Lui.
124. Mon âme toujours un peu alarmée au début, connut ensuite une paix ineffable et une force envahissante.
125. Tout était encore à supporter car, lorsque le Seigneur exigea que je peigne ce tableau, on se mit à parler de moi et à me regarder vraiment comme une hystérique, une illuminée, et on commença à en parler un peu ouvertement. Une Sœur vint me parler cœur à cœur. Elle commença à s’apitoyer sur moi : « J’entends dire de vous, ma Sœur, que vous êtes illuminée, que vous avez des visions. Ma pauvre Sœur, défendez-vous de cela. » Elle était sincère et me rapportait fidèlement qu’elle avait entendu. Mais c’est chaque jour que je devais écouter de semblables choses : Dieu seul sait combien cela me fatiguait.
126. Je résolus, malgré tout, de tout supporter en silence et de ne pas m’expliquer quand on me questionnait. Les uns étaient irrités de mon silence, surtout les plus curieux ; d’autres, qui réfléchissaient plus profondément disaient : « Pourtant Sœur Faustine doit être très près de Dieu puisqu’elle a la force de tant souffrir. » Et je voyais devant moi comme deux groupes de juges. Je tâchais d’être silencieuse intérieurement et extérieurement. Je ne parlais pas de ce qui concernait ma personne, malgré les questions directes de certaines Sœurs. Ma bouche devint muette. Je souffrais sans me plaindre comme une colombe. Mais certaines Sœurs trouvaient, semble-t-il, du plaisir à me vexer d’une manière ou d’une autre. Ma patience les irritait, mais Dieu me donnait tant de force intérieure que je supportais cela paisiblement.
127. J’ai compris qu’en de tels moments, personne ne m’aiderait, et j’ai commencé à prier et à demander au Seigneur de me donner un confesseur. Je désiras qu’un prêtre me dise seulement : « Soyez tranquille, vous êtes en bonne voie » ; ou bien : « Rejetez tout ceci, car cela ne vient pas de Dieu. » Mais je ne trouvais aucun prêtre aussi résolu, qui m’aurais ainsi parlé clairement au nom du Seigneur. L’incertitude se prolongeait donc. O Jésus, si c’est Votre volonté que je vive dans une telle incertitude, que Votre nom soit béni. Je Vous prie, Seigneur, dirigez Vous-même mon âme et soyez avec moi, car de moi-même, je ne suis rien.
128. Voilà que je suis jugée de tous côtés. Il n’y a plus rien en moi, qui n’ait échappé aux jugements de mes Sœurs. Mais bientôt tout se tassa en quelque sorte, et on commença à me laisser en paix. Mon âme exténuée se reposa un peu. Mais j’ai reconnu que le Seigneur était plus proche de moi au temps de ces persécutions. Cela ne dura pas longtemps. Un violent orage éclata à nouveau. Les soupçons d’autrefois étaient devenus désormais une sorte de certitude. Et il me fallut, à nouveau, écouter les mêmes chansons. C’est ainsi qu’il plut au Seigneur. Mais, chose singulière, même à l’extérieur je rencontrais des insuccès.
Cela me causa beaucoup de souffrances de toutes sortes, connues de Dieu seul. Je faisais tout mon possible pour tout faire avec la plus grande pureté d’intention. Je voyais désormais que j’étais partout surveillée, comme un voleur, comme un voleur : à la chapelle, pendant mon travail, dans ma cellule. Je sais que maintenant, outre la présence de Dieu, une présence humaine était sans cesse près de moi. Cette présence humaine me fatiguait beaucoup. A certains moments je me demandai si je devais oui ou nom me déshabiller pour me laver. Mon pauvre lit était décidément souvent contrôlé. Le rire me prit quand je vis qu’on ne laissait même pas mon lit en paix. Une Sœur me dit elle-même, que chaque soir, elle venait voir dans ma cellule comment je me comportais.
Mais malgré tout, les Supérieures sont toujours des Supérieures, et en dépit des humiliations personnelles que j’en reçus plus d’une fois et des doutes de toutes sortes dont elles me remplirent, elles me permettaient toujours ce que le Seigneur exigeait de moi, Non comme je le demandais, mais d’une autre façon, elles satisfaisaient les exigences du Seigneur, et me donnaient la permission de ces pénitences et de ces rigueurs
Un jour, une de ces Mères se fâcha si fort contre moi, et m’humilia tellement que je crus que je ne pourrais pas le supporter. Elle me dit : « Extravagante, hystérique, visionnaire allez-vous-en de cette chambre, que je ne vous voie plus. » Elle déversa sur moi tout ce qui lui passait par la tête. Arrivée dans ma cellule, je suis tombée devant la croix et je regardais Jésus, ne pouvant plus prononcer un mot. Pourtant je gardai ceci secret devant les autres et je fis comme si rien ne s’était passé entre nous.
129. Satan profite toujours de tels moments; des pensées de découragement commencèrent à me venir à l’esprit ; « Voila la récompense de ta fidélité et de ta sincérité. Comment peut-on être sincère lorsqu’on est si incomprise ? » Jésus, Jésus, je n’en puis plus. Et je tombais de nouveau à terre sous le poids de ce fardeau. La sueur commença à m’inonder, et je fus saisie de frayeur. Je n’avais personne sur qui m’appuyer intérieurement. Tout à coup, j’entendis une voix dans mon âme : « N’aie pas peur, Je suis avec toi ». Une singulière lumière éclaira mon esprit et je compris que je ne devais pas me laisser aller à une telle tristesse. Une force me remplit et je sortis de la cellule avec un nouveau courage pour souffrir.
130. Cependant j’ai commencé à me négliger un peu. Je ne prêtais plus attention à ces inspirations intérieures et m’appliquais à me dissiper. Mais malgré le bruit et la dissipation, je voyais ce qui se passait en mon âme. La parole de Dieu est éloquente et rien ne peut l’assourdir. J’ai commencé à éviter les rencontres du Seigneur dans mon âme, car je ne voulais pas être victime d’illusions. Mais Lui me poursuivait pour ainsi dire de Ses dons. Et vraiment je ressentais tour à tour tourments et joie. Je ne mentionne pas ici les diverses visions et grâces que Dieu m’accorda dans ces moments, j’en ai parlé ailleurs. Je noterai seulement ici que ces souffrances, ayant déjà atteint un sommet, je pris la résolution d’en finir avec mes doutes avant mes vœux perpétuels.
131. Pendant tout ce temps d’épreuve, je priais pour que Dieu éclaire le prêtre auquel je devais dévoiler mon âme à fond. Je demandais à Dieu, de m’aider Lui-même et de me donner la grâce de pouvoir exprimer les choses les plus cachées qui ont lieu entre le Seigneur et moi, et de me disposer à accepter toutes les décisions de ce prêtre comme venant de Jésus Seul. Sa décision m’importait peu. Je ne désire que la vérité, et une réponse décisive, à certaines questions. Je m’en remets complètement à Dieu, et mon âme désire la vérité. Je ne puis rester plus longtemps dans le doute, tout en ayant dans mon âme une si grande certitude que ces choses proviennent de Dieu, que je donnerai ma vie pour cela. J’ai cependant placé l’avis du confesseur au-dessus de tout. Et j’ai décidé de faire ce qu’i déciderait, et d’agir d’après les indications qu’il me donnera. Je regarde ce moment comme étant décisif pour le progrès de toute ma vie. Je sais que de cela dépendra tout. Peu importe, si ce qu’il me dira, sera en accord avec mes inspirations, ou tout à fait contraire, cela ne me trouble pas. Je désire connaître la vérité et la suivre.
« Jésus, vous pouvez m’aider ! » Et depuis ce moment j’ai pris une nouvelle voie. Gardant secrètes toutes les grâces reçues, j’attends ce que le Seigneur m’enverra. Ne doutant de rien, dans mon cœur, je priais le Seigneur qu’il daigne m’aider dans ces moments, et un certain courage entra dans mon âme.
132. Je dois encore mentionner que certains confesseurs aident l’âme et sont comme des pères spirituels quand tout va bien. Mais quand l’âme se trouve dans de plus grands besoins, alors ils sont perplexes et ne peuvent ou ne veulent pas comprendre l’âme. Ils tâchent de se débarrasser d’elle au plus vite ; mais si l’âme est humble, elle peut en retirer au moins un peu de profit. Dieu seul jettera parfois un faisceau de lumière au fond de cette âme, à cause de son humilité et de sa foi. Quelquefois le confesseur dit des choses qu’il n’avait pas du tout l’intention de dire, sans s’en rendre compte lui-même. Oh ! Que l’âme croie bien que ce sont les paroles mêmes du Seigneur. Certes nous devons croire que chaque mot entendu dans le confessionnal a un caractère divin, mais les paroles dont je viens de parler proviennent, elles, directement de Dieu. Et l’âme sent que le prêtre ne parle pas de lui-même, il dit des choses qu’il n’avait pas l’intention de dire. Voilà comment Dieu récompense la foi.
J’ai éprouvé cela moi-même à maintes reprises. Il y avait un prêtre très savant et fort estimé – il m’arrivait parfois d’aller me confesser à lui – qui était toujours très sévère. Et il s’opposait à ces choses. Mais une fois il me répondit « Sachez, ma Sœur que si Dieu exige que vous acheviez ceci, il ne faut pas vous y opposer. Dieu veut parfois être loué justement de cette façon. Soyez tranquille, ce que Dieu a commencé, Dieu le finira. Mais je vous le dis : fidélité envers Dieu et humilité. Une fois encore : humilité. Rappelez-vous bien ce que je vous ai dit aujourd’hui. » Je me suis réjouie et j’ai pensé que peut-être, ce prêtre m’avais comprise. Mais les circonstances changèrent de telle sorte que je ne me suis plus jamais confessée à lui.
133. Une fois, une des Mères plus âgées m’appela et ce fut sur ma tête comme un coup de foudre dans un ciel qui semblait serein, à tel point que je ne savais pas ce dont il s’agissait. Je compris assez vite que c’était pour des choses qui ne dépendaient pas de moi. Elle me dit : « Otez-vous de la tête, ma Sœur, que Jésus soit si intime avec vous. Une telle misère, une telle imperfection ! Rappelez-vous que Jésus n’est en rapport si intime qu’avec les Saints. » J’ai avoué qu’elle avait raison, que j’étais misérable, mais néanmoins confiante en la Miséricorde divine. Quand j’ai rencontré le Seigneur, je me suis humiliée et j’ai dit : « Jésus Vous n’êtes pas, à ce qu’il parait, en rapport intime avec des misérables comme moi ? »-« Sois tranquille, ma fille, c’est justement par une telle misère, que je veux montrer la puissance de Ma Miséricorde. » J’ai compris que cette Mère voulait seulement m’humilier.
134. O mon Jésus, Vous m’avez bien éprouvée pendant cette courte vie, j’ai compris beaucoup de choses, tellement même que cela m’étonne maintenant. Oh ! Comme il est bon de se livrer totalement à Dieu et de lui permettre d’agir pleinement dans l’âme !
135. Pendant la troisième probation, le Seigneur me fit comprendre que je devais me sacrifier pour Lui, afin qu’il puisse faire de moi tout ce qu’il Lui plairait. Je dois me placer devant Lui en attitude d’oblation. Au premier moment, j’étais toute effrayée, sentant que j’étais un abîme de misère, moi qui me connaissais bien. J’ai répondu encore une fois au Seigneur : « Je suis la misère même, comment puis-je être un otage ? » - « Tu ne le comprendra pas aujourd’hui. Demain, pendant ton adoration, je te le ferai connaître. » Mon cœur frémit autant que mon âme. Ces mots s’enfoncèrent profondément dans mon âme. La parole de Dieu est vivante.
Lorsque je suis venue pour l’adoration, j’ai senti intérieurement que j’étais entrée dans le temple du Dieu vivant dont la Majesté est grande et inconcevable. Et Il me fit connaître ce que sont vis-à-vis de Lui les esprits les plus purs. Bien que ne voyant rien, la présence divine me pénétra jusqu’au fond de moi-même. Dans le moment même, mon esprit fut singulièrement éclairé. Devant les yeux de mon âme passa une vision, comme la vision de Jésus au Jardin des Oliviers. D’abord les souffrances physiques et toutes les circonstances qui augmenteront, puis les souffrances spirituelles dans toute leur étendue et celles aussi dont personne ne saura jamais rien. Tout entra dans cette vision : les soupçons injustes, la perte de la bonne renommée. Je l’ai écrit en résumé, mais cette connaissance était déjà si nette, que tout ce par quoi je suis passée plus tard, n’a rien changé au moment où je l’ai connu. Mon nom doit être : »sacrifice ».
Quand la vision fut finie, une sueur froide baignait mon front. Jésus me fit savoir que m^me si je n’y consentais pas, je pouvais me sauver. Il ne me donnerais pas moins de grâces, et Il continuerait a avoir avec moi les mêmes rapports intimes. Donc, même si je ne consentais pas à ce sacrifice, la largesse de Dieu ne diminuerait pas en ma faveur. Et le Seigneur me fit savoir que tout le mystère dépendait de moi, de mon consentement volontaire au sacrifice avec la pleine connaissance de mon esprit. C’est cet acte volontaire et conscient qui fait toute sa puissance et sa valeur aux yeux de Sa Majesté. Même si rien de ces choses pour lesquelles je me suis offerte n’arrivait, tout était déjà comme consommé pour le Seigneur.
136. A ce moment je connus que j’entrais directement en communication avec la Majesté inconcevable. Je sentis que Dieu attendait ma réponse, mon consentement. Alors mon esprit se plongea dans le Seigneur et je dis : « Faites ce qu’il Vous plaira de moi, Seigneur. Je me livre à Votre volonté qui sera désormais ma nourriture. Je serai fidèle à Vos exigences, avec l’aide de Votre grâce. Faites de moi ce qu’il Vous plaira. Mais je vous en supplie, Seigneur, soyez avec moi à chaque instant de ma vie. »
137. Au moment où j’ai consenti au sacrifice avec ma volonté et mon cœur, la Présence divine me pénétra. Mon âme fut plongée en Dieu et inondée d’un tel bonheur, que je ne puis le décrire, même en partie. Je sentais que la Majesté divine m’entourait. J’étais singulièrement unie à Dieu. Je voyais à quel point je plaisais à Dieu et réciproquement, mon esprit s’abîmait en Lui. Consciente de cette union avec Dieu, je sens que je suis particulièrement aimée, et, en retour, je L’aime de toute la force de mon âme. Un grand mystère eut lieu pendant cette adoration. Un mystère entre le Seigneur et moi. Il me semblait en voyant l’amour dans Son regard que j’allais expirer. J’eu une longue causerie avec le Seigneur, sans prononcer un mot. Et il me dit : « Tu es le délice de mon Cœur. A partir d’aujourd’hui, le moindre de tes actes, est un plaisir à Mes yeux, quoi que tu fasses. » De ce moment je me sentis consacrée. L’enveloppe du corps reste la même, mais l’âme est autre. Dieu demeure en elle et se complait en elle. Ce n’est pas un sentiment, mais une réalité consciente que rien ne peut assombrir. Un grand mystère s’est accompli entre Dieu et moi. Mon âme en fut affermie et fortifiée.
138. L’adoration finie, je sortis, regardant paisiblement en face tout ce dont j’avais tellement peur avant. Quand j’arrivai dans le corridor, une grande souffrance et une humiliation m’attendaient infligées par une certaine personne. Je les acceptais en soumission à une volonté plus haute et je me suis fortement serrée contre le Sacré-Cœur de Jésus montrant, de cette façon, que je suis prête à ce à quoi je me suis offerte. La souffrance semblait surgir sous mes pas, même Mère Marguerite Gimbutt en fut étonnée. Beaucoup de choses échappaient aux autres, car vraiment il n’y avait pas de quoi y faire attention. Mais à moi rien n’échappait, chaque mot était analysé, chaque pas observé.
Une Sœur me dit : « Préparez-vous, ma Sœur à recevoir une petite croix, que vous réserve la Mère Supérieure, j’ai pitié de vous, ma Sœur. » Et mon âme se réjouit, car j’y étais prête depuis longtemps ; quand elle perçut mon courage elle fut étonnée. Je vois maintenant que l’âme seule ne peut grand-chose par elle-même, mais avec Dieu elle peut tout. Telle est la puissance de la grâce de Dieu. Peu d’âmes restent toujours attentives aux inspirations de Dieu; et encore moins, suivent ces inspirations divines.
139. Cependant l’âme fidèle à Dieu ne peut pas décider seule de ses inspirations, elle doit les soumettre au contrôle d’un prêtre prudent et avisé et tant qu’elle n’a pas acquit la certitude, il faut qu’elle reste incrédule. Quelle ne se fie pas, seule, à ces inspirations et à toutes ces grâces reçues d’en haut ; car elle peut s’exposes à de grands désastres.
Bien que l’âme discerne les fausses inspirations de celles de Dieu, qu’elle soit cependant prudente. Car il y a beaucoup de choses incertaines. Dieu aime et apprécie quand l’âme ne croit pas en Lui, par amour pour Lui, quand elle demeure prudente, qu’elle demande et cherche de l’aide pour se prouver à elle-même que c’est vraiment Dieu, qui agit en elle. Et si un confesseur éclairé le lui affirme, quelle soit tranquille et se rende à Dieu suivant les indications du confesseur.
140. L’amour pur est capable de grandes actions et ni les difficultés ni les contrariétés ne peuvent le briser. Quand l’amour surmonte de grandes difficultés, il est aussi persévérant dans la vie monotone et ennuyeuse de chaque jour. Il sait qu’une seule chose plaît à Dieu : tout faire, même les moindres choses avec un grand amour – l’amour et l’amour seul.
L’amour pur ne s’égare pas et ne fait rien qui pourrait déplaire à Dieu. Il est ingénieux pour faire ce qui est le plus agréable à Dieu et personne ne l’égalera ; son bonheur est de s’anéantir et de brûler comme une offrande pure. Plus il se donne, plus il est heureux. De plus, personne ne sait deviner les dangers d’aussi loin que lui. Il sait démasquer et il sait aussi à qui il a affaire.
Publié le 25/04/2008 à 12:00 par jubilatedeo
Sainte Faustine - Héléna Kolwaska
Le Petit Journal
101. Jésus, vous seul savez comment l’âme, enveloppée de ténèbres, gémit dans ces supplices et que, malgré cela, elle a faim et soif de Dieu comme une bouche brûlée a soif d’eau. Elle meurt et se dessèche, elle meurt d’une mort sans mort, c'est-à-dire qu’elle ne peut pas mourir. Ses efforts sont inutiles, une main puissante est posée sur elle.
Désormais elle est au pouvoir du Juste. Toutes les tentations extérieures cessent, tout ce
Qui l’entoure se tait. Comme l’agonisant, l’âme perd de vue tout ce qui est extérieur :
Elle est toute entière recueillie sous la puissance du Dieu Juste et Trois fois Saint.
« Rejetée pour l’éternité » : c’est le moment suprême, et Dieu seul peut éprouver l’âme de cette façon, car lui seul sait qu’elle est capable de le supporter. Quand l’âme a été
entièrement consumée par ce feu infernal, elle est prise de désespoir.
Mon âme a vécu ce moment, alors que j’étais seule dans ma cellule. Quand elle commença à s’enfoncer dans le désespoir, j’entrais en agonie ; je saisis ma petite croix et la serrait convulsivement dans la main. Je sentis qu’en moi, le corps se détachait de l’âme, si bien que, désirant aller voir mes Supérieures, je n’en avais plus la force. J’ai alors prononcé les derniers mots : « Miséricorde de Dieu, j’ai confiance en vous ! » et il m’a semblé que j’avais augmenté la colère de Dieu.
Je sombrais dans le désespoir et seul, de temps en temps, un gémissement douloureux,
un gémissement inexprimable s’exhalait de mon âme, à l’agonie. Il me semblait que je resterais dans cet état, car je me sentais incapable d’en sortir par mes propres forces. Chaque souvenir de Dieu me plonge dans un océan d’indicibles souffrances ; et malgré cela, il y a quelque chose dans l’âme qui est attiré vers Lui, mais il lui semble que ce n’est que pour qu’elle souffre davantage. Le souvenir de l’amour dont Dieu l’entourait
autrefois lui est un surcroît de tourment. Son regard la transperce, et sous ce regard, tout est brûlé dans l’âme.
102. Après un certain temps, une des Sœurs entra dans la cellule et me trouva presque morte. Effrayée, elle alla trouver la Mère Maîtresse, qui, en vertu de l’obéissance, m’ordonna de me lever. Aussitôt, je sentis des forces me revenir et je me relevai de terre, toute tremblante. La Maîtresse identifia d’emblée mon état, elle me parla de l’inconcevable miséricorde divine : « Ne vous affligez de rien, ma sœur, je vous l’ordonne en vertu de l’obéissance. » Elle ajouta : « Maintenant je sais que Dieu vous appelle à une haute sainteté, le Seigneur veut vous avoir bien près de Lui, puisque Il permet de telles choses si tôt. Soyez fidèle à Dieu, ma Sœur, car c’est le signe qu’Il veut vous avoir haut dans le ciel. » Mais je ne comprenais rien à ces paroles.
Quand je suis entrée à la chapelle, je sentis comme si tout se détachait de mon âme, comme si je venais de sortir de la Main de Dieu. Je sentis l’inviolabilité de mon âme. Je sentis que j’étais un tout petit enfant.
103. Soudain je vis intérieurement le Seigneur qui me dit : « N’aie pas peur, ma fille, Je suis avec toi. » A ce moment tous les tourments et les ténèbres prirent fin, mes sens furent pénétrés d’une joie indicible et les puissances de mon âme inondées de lumière.
104. Je veux encore mentionner que, bien que mon âme fut déjà sous les rayons de Son amour, les traces du tourment passé restèrent sur mon corps : pendant deux jours j’eus la figure mortellement pâle et les yeux injectés de sang. Jésus seul sait ce que j’ai souffert.
Ce que j’ai écrit est bien faible en comparaison de la réalité. Je ne sais comment l’exprimer, il me semble que je suis revenue de l’au-delà. Je sens un dégoût pour ce qui est crée. Je me blottis contre le Cœur de Dieu comme un nourrisson contre la poitrine de sa mère. Je vois tout avec un autre regard. Je suis consciente de ce que le Seigneur a achevé, d’un mot, en mon âme : je vis de cela. Au souvenir du supplice passé, un frisson me saisit. Je n’aurais pas cru qu’on pût tant souffrir si je n’étais pas moi-même passée par là. C’est une souffrance purement spirituelle.
105. Cependant au milieu de toutes ces souffrances et ces combats, je n’ai jamais omis la Sainte Communion. Quand il me semblait que je ne devais pas communier, j’allais avant la Messe chez la Maîtresse pour lui dire que je ne pouvais communier, car il me semblait que je ne le devais pas. Mais elle ne me permettait pas d’y manquer et je reconnais que l’obéissance seule m’a sauvée.
La Maîtresse me confia plus tard que ces épreuves avaient rapidement pris fin, parce que: « Vous étiez obéissante, ma Sœur. C’est par la force de l’obéissance que vous avez passée ceci, avec tant de courage. » C’est vrai, que, Seul le Seigneur fait sortir de ce tourment. Mais la fidélité à l’obéissance Lui plaît. Bien que ce soit là des supplices affreux, l’âme ne doit pas s’en effrayer ; car Dieu n’éprouve pas au-delà de ce que nous pouvons supporter. D’un autre côté, Il pourrait ne jamais nous donner de telles souffrances.
106. J’écris ceci, car s’il plait au Seigneur de faire passer une âme par de pareils tourments, qu’elle n’ait pas peur ; mais qu’elle soit, autant que cela dépend d’elle, fidèle à Dieu qui ne lui fera pas de tort. Car il est tout amour. Il l’a créée en vertu de cet amour inconcevable. Quand j’étais ainsi tourmentée, je ne comprenais pas.
107. O mon Dieu, je reconnais que je ne suis pas de cette terre :le Seigneur a fortement imprégné mon âme de ce sentiment. Je me trouve davantage en contact avec le Ciel qu’avec la terre, mais je ne néglige rien de mes devoirs.
108. À ce moment-là, je n’avais pas de directeur spirituel et je ne recevais aucune direction. Je demandai un directeur au Seigneur, mais il ne m’en donnait pas. C’est Jésus, Lui-même, qui est mon maître depuis l’enfance jusqu'à maintenant. Il m’a menée à travers tous les déserts et tous les dangers ; et je vois clairement que seul Dieu pouvait me faire traverser de tels dangers, sans qu’il n’en résultat aucun dégât, ni aucun dommage pour mon âme qui resta intacte. Je remportais la victoire sur toutes les difficultés, qui étaient inconcevables, et j’en sortais… Le Seigneur ne me donna un directeur que plus tard.
109. Après ces souffrances, l’âme connaît une grande pureté spirituelle et se trouve très proche de Dieu ; je dois cependant remarquer qu’au milieu de ces tourments spirituels, , elle est proche de Dieu, mais elle est aveugle. Le regard de l’âme est plongé dans les ténèbres ; Dieu est tout proche de l’âme qui souffre, seulement tout le secret est qu’elle n’en sait rien. Elle affirme que non seulement Dieu l’a délaissée, mais qu’elle l’objet de Sa haine. Quelle grave maladie que cet aveuglement de l’âme ! Frappée de la lumière divine, l’âme affirme que cette lumière n’existe pas, alors que justement elle est si forte qu’elle l’aveugle. Malgré tout, j’ai reconnu plus tard que Dieu est plus proche de l’âme dans ces moments qu’à d’autres, car elle ne pourrait pas endurer ces épreuves à l’aide d’une simple grâce. La toute –puissance de Dieu agit ici à l’aide d’une grâce extraordinaire, car autrement l’âme succomberait au premier choc.
110. O Divin Maître, Vous seul êtes à l’œuvre dans mon âme. O Seigneur, Vous ne craignez pas de placer une âme au bord d’un précipice où elle ressent peur et angoisse, et de nouveau vous la rappelez vers Vous. Voilà Vos inconcevables mystères.
111. Lorsque pendant ces tourments de l’âme, je tâchais de m’accuser dans la confession de toutes les plus petites choses, le prêtre s’étonnait que je ne commette pas de faute plus grave et il me dit « Si vous êtes aussi fidèle à Dieu pendant ces tourments, ceci, seul, est la preuve que Dieu vous soutient, ma Sœur, d’une grâce particulière ; et c’est aussi bien que vous ne le compreniez pas. » Mais c’est chose étonnante que dans cette matière, les confesseurs n’aies pu me comprendre, ni m’apaiser, jusqu’à ce que je rencontre le père Andrasz Sopocko.
112. Quelques mots sur la confession et les confesseurs. C’est seulement le souvenir de ce que j’ai éprouvé dans mon âme. Il y a trois choses qui empêchent l’âme de tirer profit de la confession dans ces moments exceptionnels :
a) Quand le confesseur connaît peu les voies extraordinaires et qu’il manifeste de l’étonnement lorsque l’âme lui dévoile les grands mystères que Dieu opère en elle. Cet étonnement effraye une âme sensible. Elle se rend compte que le confesseur hésite à donner son avis, elle ne s’apaise pas. Et elle éprouvera encore plus de doutes après la confession qu’avant, car elle sent que le confesseur s’efforce de la tranquilliser sans conviction.
Ou bien, ce qui m’arriva, le confesseur, ne pouvant pénétrer quelques uns des secrets de l’âme, refuse d’entendre sa confession et manifeste une certaine peur quand cette personne s’approche du confessionnal. Comment peut-on, dans ces conditions, puiser de l’apaisement au confessionnal ?
A mon avis dans ces moments d’épreuves divines peu ordinaires pour l’âme, il devrait lui indiquer un confesseur expérimenté et instruit, ou bien chercher lui-même la lumière pour donner à l’âme ce dont elle a besoin, mais non pas lui refuser la confession. Car en agissant ainsi, il expose le pénitent à u grand danger et plus d’une âme peut s’écarter de la voie où Dieu voulait la voir s’engager. C’est une chose très grave, je l’ai moi-même expérimentée. Je commençais déjà à vaciller malgré les dons tout particuliers de Dieu ; et bien que Dieu, Seul, m’apaisât, j’ai toujours désiré y ajouter le sceau de l’Eglise.
b) Quand le confesseur ne permet pas de s’exprimer en toute sincérité et qu’il montre son impatience. Alors l’âme se tait et ne dit pas tout. Et elle retirera moins encore si le confesseur commence à éprouver cette âme, sans la connaître ; car alors au lieu de l’aider, il lui fait du tort. Car elle sait que le confesseur ne la connaît pas, puisqu’il ne lui a pas permis de dévoiler complètement ses grâces et sa misère. L’épreuve n’est donc pas conforme. J’ai subi quelques épreuves qui m’ont fait rire.
J’exprimerai mieux ceci par une comparaison : le confesseur est le médecin de l’âme. Mais comment le médecin peut-il donner le remède qui convient s’il ne connaît pas la maladie ? Ou bien, le remède ne produit pas l’effet désirable, ou bien le remède sera trop fort et augmentera encore la maladie, ou provoquera même, parfois, la mort. Je dis cela, car j’ai éprouvé qu’en certain cas, le Seigneur, Seul, me soutenait directement.
c) Le troisième cas. Il arrive aussi que le confesseur méprise parfois les petites choses. Or, il n’y a rien de petit dans la vie spirituelle. Parfois un détail, en apparence insignifiant, permettra de découvrir une chose plus grave, et sera pour le confesseur le faisceau lumineux qui lui permettra de connaître l’âme. Les choses infimes recèlent beaucoup de nuances spirituelles. Si nous rejetons les petites briques, le magnifique édifice ne s’élèvera jamais. Si Dieu exige de telle âme une grande pureté, il lui donnera une connaissance plus profonde de sa misère. Et éclairée par la lumière d’en haut, elle découvrira mieux ce qui plait à Dieu et ce qui lui déplait. Le péché est selon la connaissance et la lumière de l’âme, le même mal que les imperfections, bien qu’elle sache que le péché est strictement la matière du sacrement.
Mais pour l’âme qui tend à la sainteté, ces petites choses sont d’une grande importance, et le confesseur ne peut les mépriser. La patience et la douceur du confesseur ouvrent la voie aux plus profonds secrets de l’âme. Elle dévoile à son insu, ce qui est au plus profond d’elle-même, et elle se sent plus forte et plus résistante. Elle combat plus courageusement, elle tâche de mieux faire, car elle sait qu’elle doit en rendre compte.
Je mentionnerai encore une chose, à propos du confesseur. Il doit mettre l’âme à l’épreuve, la sonder, l’exercer pour savoir s’il a affaire à de la paille, à de fer ou à de l’or pur. Ces trois catégories d’âmes ont besoin d’exercices différents. Il doit – et ceci absolument – se former un jugement clair sur chacune d’elles pour savoir ce qu’elles peuvent supporter dans de tels moments, telles circonstances, tel cas. Quant à moi, plus tard, après beaucoup d’épreuves, lorsque je voyais que je n’étais pas comprise, je ne dévoilais plus mon âme et je ne troublais plus sa paix. Mais je ne le fis qu’à partir du moment où toutes ces grâces étaient soumises au jugement d’un confesseur sage, instruit et expérimenté. Maintenant je sais comment je dois me conduire dans certains cas.
113. Et à nouveau je voudrais ajouter quelques mots pour les âmes qui désirent tendre à la sainteté et porter du fruit grâce à la confession.
Premièrement : entière sincérité, franchise absolue. Le plus saint et le plus sage des confesseurs ne peut faire violence à l’âme pour y infuser de force ce qu’il veut pour elle, si celle-ci n’est ni sincère ni franche. L’âme qui n’est pas sincère et qui dissimule, s’expose à de grands dangers dans sa vie spirituelle. Et Jésus, Lui-même ne se donnera pas d’une manière plus profonde à cette âme, car Il sait qu’elle ne profitera pas de ces grâces particulières.
Deuxièmement : humilité. L’âme ne profite pas comme il faut du sacrement de la confession, si elle n’est pas humble. L’orgueil la tient dans l’obscurité. Elle ne sait pas et ne veut pas rentrer avec précision au fond de sa misère. Elle se masque et évite tout ce qui pourrait la guérir.
Troisièmement : obéissance. L’âme désobéissante ne remportera aucune victoire, même si Jésus Lui-même la confesserait directement. Le plus expérimenté des confesseurs n’aidera en rien cette âme. L’âme désobéissante s’expose à de grands dangers. Elle ne progressera pas dans la perfection. Dieu comble très généreusement l’âme de Ses grâces, mais seulement l’âme obéissante.
114. Oh ! Qu’ils sont beaux les hymnes que chante une âme souffrante. Elle enchante le ciel entier quand elle se répand en en lancinantes élégies, surtout quand Dieu l’éprouve. Sa beauté est grande, car elle vient de Dieu. Cette âme passe par le désert de la vie, blessée par l’amour divin. Elle ne touche pas terre, elle l’effleure.
115. Quand l’âme est sortie de ces tourments, elle est profondément humble. Sa pureté est grande. Sans réfléchir, elle sent mieux ce qu’elle doit faire à tel moment et ce à quoi elle doit renoncer. Elle ressent la plus légère touche de la grâce et elle est très fidèle à Dieu. Elle reconnaît Dieu de loin et se réjouit continuellement en Lui. Elle découvre très rapidement Sa Présence dans les âmes des autres, et en général dans son entourage. Elle est purifiée par Dieu seul. Dieu étant pur esprit, introduit l’âme dans une vie purement spirituelle. Dieu, Seul, l’a tout d’abord préparée et purifiée, c’est-à-dire, qu’Il l’a rendue capable d’une étroite intimité avec Lui. Reposant dans l’amour, d’une manière toute spirituelle, elle demeure avec le Seigneur. Elle parle à Dieu, sans s’exprimer avec les sens. Dieu remplit l’âme de Sa lumière. Son intelligence voit clairement et distingue les degrés de la vie spirituelle. Elle voit qu’elle était unie à Dieu de façon imparfaite : ses sens prenaient part à cette union, et le spirituel se trouvait mêlé au sensoriel d’une manière déjà supérieure et particulière, il est vrai, mais encore imparfaite. Il existe une union à Dieu plus haute et plus parfaite : c’est l’union spirituelle. L’âme y est davantage à l’abri des illusions. Sa spiritualité est plus profonde et plus pure. Dans la vie, où les sens jouent un rôle, on est plus exposé aux illusions. La prudence de l’âme elle-même, et des confesseurs, devrait être plus grande. Il y a des moments où Dieu introduit l’âme dans un état purement spirituel. Les sens s’éteignent et sont quasi morts. L’âme est unie à Dieu de la façon la plus étroite : elle est plongée dans la Divinité. Sa connaissance est complète et parfaite, non plus sporadique – comme auparavant, mais totale et entière. Elle en éprouve de la joie.
Mais je veux encore parler des moments d’épreuves : il faut alors que les confesseurs soient patients envers l’âme. Mais l’âme doit aussi avoir la plus grande patience avec elle-même.
116. Mon Jésus, vous savez ce que ressent mon âme au souvenir de ces souffrances. Plus d’une fois je m’étonnais que les anges et les Saints puissent se taire devant de telles souffrances de l’âme. Mais ils nous aiment particulièrement dans ces moments là. A maintes reprises, mon âme a crié vers Dieu, comme un petit enfant, quand sa mère se voile le visage et qu’il ne peut la reconnaître ; il crie alors de toutes ses forces. O mon Jésus, honneur et gloire Vous soit rendus pour ces épreuves d’amour. Votre miséricorde est grande et inconcevable. Toutes vos intentions envers mon âme sont imprégnées de votre miséricorde.
117. Je noterai ici que l’entourage ne devrait pas ajouter aux souffrances extérieures, car vraiment, lorsque le calice de l’âme est plein jusqu’au bord, c’est parfois justement cette petite goutte que nous ajoutons qui sera de trop, et la coupe d’amertume débordera. Et qui en sera responsable ?
Prenons garde de ne pas ajouter aux souffrances des autres, car cela ne plait pas au Seigneur. Si les Sœurs ou les Supérieures savaient ou soupçonnaient seulement qu’une âme est soumise à de telles épreuves, et lui ajoutaient des souffrances supplémentaires, elles pécheraient gravement et Dieu Lui-même revendiquerait Ses droits. Je ne parle pas des cas qui de par leur nature sont péché ; je parle de ce qui ne l’est pas d’habitude. Gardons-nous d’avoir de telles âmes sur la conscience. C’est grande faute dans la vie religieuse, d’ajouter des souffrances à une âme souffrante. Je ne parle pas pour tous, mais cela arrive. Ne nous permettons pas d’émettre des jugements de toutes sortes et de parler quand il vaudrait mieux se taire.
118. La langue n’est qu’un petit membre, mais elle fait de grandes choses. Une religieuse, qui n’est pas silencieuse n’arrivera jamais à la sainteté, c’est-à-dire qu’elle ne deviendra jamais sainte. Qu’elle ne s’illusionne pas. A moins que ce soit l’Esprit Divin qui parle par sa bouche ; il lui est alors défendu de se taire. Cependant pour entendre la voix divine, il faut garder le silence intérieur, et être silencieuse, non d’un silence morne, mais d’un silence de l’âme qui est recueillement en Dieu. On peut beaucoup parler sans rompre le silence, et par contre, parler peu et toujours rompre le silence.
Oh ! Quel dommage irréparable cause le manque de silence ! On fait beaucoup de tort au prochain, mais plus encore à soi-même. A mon avis, et d’après mon expérience la règle concernant le silence devrait figurer à la première place. Dieu ne se donne pas à une âme bavarde qui bourdonne comme un faux-bourdon dans la ruche, mais n fait pas de miel : l’âme bavarde est vide à l’intérieur. Il n’y a en elle ni vertu fondamentale, ni intimité avec Dieu. Il n’est pas question pour elle, d’une vie plus profonde, d’une douce paix, ni du silence où demeure le Seigneur. Celui qui n’a jamais goûté à la douceur du silence intérieur est un esprit inquiet qui trouble le silence d’autrui. J’ai vu beaucoup d’âmes qui étaient dans les gouffres de l’enfer pour n’avoir pas su garder le silence. Elles me l’ont dit elle mêmes, lorsque je les questionnais pour savoir ce qui avait causé leur perte. C’était des âmes religieuses. Mon Dieu, quelle douleur de penser qu’elles pourraient non seulement être au Ciel, mais même être Saintes.
119. O Jésus Miséricorde, je tremble à la pensée de devoir rendre compte de ma langue. Elle peut engendrer la vie, mais aussi causer la mort et nous tuons plus d’une fois avec notre langue. Nous commettons de véritables meurtres. Et cela aussi nous devrions le considérer comme choses de peu d’importance ? Vraiment je ne comprends pas ceux qui ont la conscience ainsi faite. J’ai connu une personne, qui ayant appris d’une autre qu’on avait dit telle et telle chose sur son compte,…tomba gravement malade. Elle perdit beaucoup de sang, versa beaucoup de larmes et ainsi jusqu’au dénouement fatal… qui fut ainsi l’effet, non du glaive, mais de la langue.
O mon Jésus silencieux, miséricorde pour nous !
120. Je me surprends à parler du silence et ce n’est pas de cela que je voulais parler, mais de la vie de l’âme avec Dieu et comment elle répond à la grâce. Quand l’âme est purifiée, que le Seigneur a établi avec elle une relation d’intimité, elle commence à tendre vers Dieu de toute sa force. Mais elle ne peut rien par elle-même. Dieu seul fait tout, l’âme le sait et elle en a conscience. Elle vit encore en exil et elle sait bien qu’il peut y avoir encore des jours gris et pluvieux ; mais elle le voit d’une autre manière. Loin de s’endormir dans une fausse paix, elle tend au combat. Elle sait qu’elle appartient à une génération chevaleresque. Elle se rend mieux compte de tout maintenant. Elle sait qu’elle est de race royale et que tout ce qui est grand et saint la concerne.
Publié le 24/04/2008 à 12:00 par jubilatedeo
81. Oh ! Qui comprendra Votre amour et Votre insondable miséricorde envers nous ! O prisonnier de l’amour, j’enferme mon pauvre cœur dans ce tabernacle pour qu’il vous adore sans cesse nuit et jour; je ne connais aucun obstacle à cette adoration et même quand je serai éloignée physiquement, mon cœur sera toujours avec Vous. Rien ne peut mettre de barrières à mon amour pour Vous. Les obstacles n’existent pas pour moi. O mon Jésus, je vais Vous consoler de toutes les ingratitudes, blasphèmes froideurs, haines et sacrilèges des impies. O Jésus, je désire brûler comme une offrande pure, immolée devant le trône de Votre abaissement, Vous priant sans cesse pour les pécheurs agonisants…
O Sainte Trinité, Dieu Unique, Indivisible, soyez béni pour cet immense don et ce testament de Miséricorde. Mon Jésus, en expiation pour les blasphémateurs, je garderai le silence quand on me réprimandera injustement, pour réparer au moins un peu. Je vous chante un hymne incessant dans mon âme, et personne ne s’en doutera, ni ne comprendra. Le chant de mon âme n’est connu que de Vous, ô mon Créateur et mon Seigneur.
82. Je ne permettrai pas que le tourbillon du travail m’absorbe au point d’oublier Dieu. Je passerai tous mes moments libres aux pieds du Maître, caché dans le Saint Sacrement. Là Il m’enseigne depuis mes plus tendres années.
83. « Ecris ceci : Avant de venir comme un Juge équitable, Je viens d’abord comme Roi de Miséricorde. Avant qu’advienne le jour de Justice, il sera donné aux hommes ce signe dans les cieux :
Toute lumière dans le ciel s’éteindra et il y aura de grandes ténèbres sur toute la terre. Alors le signe de la Croix se montrera dans le ciel ; des Plaies des Mains et des Pieds du Sauveur, sortiront de grandes lumières, qui, pendant quelque temps, illumineront la terre. Ceci se passera peu de temps avant le dernier jour. »
84. O Sang et Eau, qui ont jailli du Coeur de Jésus, comme source de miséricorde pour nous, j’ai confiance en vous !
Wilno 2.VIII. 1934
85. Vendredi, après la Sainte Communion, je fus transportée en esprit devant le Trône de Dieu entouré par les Puissances célestes qui L’adorent sans cesse. Derrière le trône, je vis une clarté inaccessible aux créatures, uniquement réservée au Verbe Incarné, Médiateur. Lorsque Jésus pénétra dans cette clarté, j’entendis ces paroles : « Ecris tout de suite, ce que tu entends : Je suis le Seigneur dans Sa réalité et Je ne connais ni ordres, ni besoins. Si J’appelle la créature à la vie, c’est en vertu de Ma Miséricorde infinie. »
Et à ce moment je revins à la réalité ; j’étais dans notre chapelle, sur mon prie-Dieu, la Sainte Messe finissait. Ces paroles étaient déjà écrites.
86. Quand je vis combien mon confesseur aurait à souffrir à cause de cette œuvre que Dieu veut mener à bien par son entremise, la peur me prit un instant et je dis au Seigneur : « Jésus, cette affaire est vôtre pourquoi agissez-Vous de la sorte envers lui ? Il me semble que Vous lui suscitez des difficultés, tout en lui ordonnant d’agir. »
« Ecris que nuit et jour Mon regard se pose sur lui et que Je permets ces contrariétés pour augmenter ces mérites. Ce n’est pas la réussite que Je récompense, mais la patience et la peine prises pour Moi. »
Wilno, 26.X. 1934
87. Vendredi, quand je revenais du jardin avec nos élèves à l’heure du souper (il était six heures moins dix), je vis Jésus au dessus de notre chapelle, exactement comme Il était lorsque je Le vis pour la première fois, tel qu’Il est peint sur l’image. Les deux rayons qui sortaient de Son Cœur couvraient notre chapelle et l’infirmerie, puis toute la ville et ils se répandirent sur le monde entier. Cela dura environ quatre minutes, puis tout s’évanouit.
Une des enfants, qui m’accompagnait, un peu en arrière des autres, voyant également ces rayons, mais pas Jésus, ne pouvait imaginer d’où sortaient ces rayons. Elle était saisie et le raconta à ses compagnes. Les élèves riaient d’elle disant qu’elle avait rêvé ; peut-être était-ce la lumière d’un avion ? Mais elle s’obstinait et disait que jamais elle n’avait vu de tels rayons. Des compagnes lui dirent alors que ce pouvait être un réflecteur ; elle répondit qu’elle savait ce qu’était la lumière d’un réflecteur, mais qu’elle n’avait jamais vu de tels rayons. Après le souper, cette enfant me dit que ces rayons l’avaient tellement émue qu’elle ne pouvait rester tranquille. « J’en parlerai toujours ! » Cependant elle n’avait pas vu Jésus. Revenant sans cesse sur ces rayons elle me mit dans une position difficile, car je ne pouvais lui dire que j’avais vu Jésus. Je priais pour elle, demandant au Seigneur qu’Il lui donne les grâces dont elle avait tant besoin. Mon cœur se réjouit que Jésus seul se fasse connaître dans Son œuvre. Cela m’a causé de grands ennuis, mais on peut tout supporter pour Jésus.
88. Pendant mon adoration, je sentis la proximité de Dieu. Après un moment, j’aperçus Jésus et Marie. Cette vision emplit mon âme de joie, et je demandai au Seigneur : « Quelle est Votre volonté, Jésus, dans cette affaire ? Mon confesseur m’a ordonné de Vous le demander. » Jésus répondit : « Ma volonté est qu’il soit ici et qu’il ne se dispense de rien lui-même. »J’ai demandé à Jésus : « Est-ce que l’inscription peut-être comme suit : « Christ, Roi de Miséricorde » ? Il me répondit : « Je suis le Roi de Miséricorde – et il n’a pas dit « Christ ». – Je désire que cette image soit publiquement exposée le premier dimanche après Pâques, jour de la fête de la Miséricorde. Par le Verbe Incarné, Je fais connaître l’infini de ma Miséricorde. »
89. Il est étonnant de voir que les choses s’arrangèrent comme le Seigneur l’exigeait. La première fois, que cette image reçut les honneurs publics, elle était placée à Ostra Brama, au faîte de la fenêtre, et l’on pouvait l’apercevoir de très loin. A Ostra Brama, l’on célébrait solennellement, durant ces trois jours, la Clôture du Jubilé de la Rédemption du monde, 1900 après la Passion du Sauveur. Je comprends maintenant que l’œuvre de la Rédemption est unie à cette œuvre de la Miséricorde que le Seigneur exige.
90. Un jour, je vis intérieurement combien mon confesseur allait souffrir. Tous vont vous contredire et vos forces physiques diminueront. Je vous ai vu telle une grappe de raisins, choisie par le Seigneur et jetée dans le pressoir des souffrances. Votre âme, mon Père, sera à certains moments remplie de doute et d’incertitude à propos de cette œuvre et de moi. Et j’ai vu, comment Dieu seul vous contredisait. J’ai demandé au Seigneur pourquoi Il agissait de la sorte envers vous, comme pour rendre difficile ce qu’Il ordonnait Lui-même. Et le Seigneur dit :« J’agis ainsi envers lui pour témoigner que cette œuvre est Mienne . Dis-lui qu’il n’ait peur de rien, Mon regard repose sur lui nuit et jour. Il y aura tant de fleurons dans sa couronne et tant d’âmes seront sauvées par cette œuvre ! Je ne récompense pas le succès du travail, mais la souffrance. »
91. Mon Jésus, Vous seul savez quelles persécutions je souffre, uniquement parce que je Vous suis fidèle et que j’accepte Vos exigences. Vous êtes ma force – soutenez-moi, pour que j’accomplisse toujours fidèlement ce que Vous exigez de moi. Seule, je ne puis rien, mais toutes les difficultés s’évanouissent si Vous me soutenez. O mon Seigneur, ma vie est devenue un combat continuel et de plus en plus acharné dès le moment où mon âme reçut la faculté de Vous connaître. Chaque matin pendant la méditation, je me prépare au combat pour toute la journée; la Sainte Communion est une garantie que je remporterai la victoire, et il en est ainsi. Je crains le jour où je ne pourrais recevoir la Sainte Hostie. Ce pain des Forts me donne toute l’énergie nécessaire pour accomplir cette œuvre, et le courage de faire tout ce qu’exige le Seigneur. Le courage et la force qui sont en moi ne viennent pas de moi, mais de Celui qui demeure en moi par l’Eucharistie.
Mon Jésus que l’incompréhension est grande ! Parfois, sans l’Eucharistie, je n’aurais pas le courage d’aller plus loin sur la voie que Vous m’indiquez.
92. L’humiliation est ma nourriture de chaque jour. Je comprends que l’épouse participe à tout ce qui concerne son Epoux, donc son manteau d’injures oit me couvrir aussi. Aux moments où je souffre beaucoup, je tâche de me taire, car je me méfie de ma langue qui, en de tels moments, est encline à parler de soi, alors qu’elle doit me servir à louer Dieu pour tant de bienfaits et de dons accordés. Quand je reçois Jésus dans la Sainte Communion, je Le prie avec ferveur de guérir ma langue pour que par elle, je n’offense ni Dieu, ni le prochain. Je veux qu’elle ne cesse de rendre gloire à Dieu. Les fautes que commet la langue sont graves. L’âme ne parviendra pas à la sainteté si elle ne maîtrise pas sa langue.
93. Abrégé du catéchisme des vœux religieux
Question : Qu’est-ce qu’un vœu ?
Réponse : Le vœu est une promesse volontaire, faite à Dieu d’accomplir un acte plus parfait.
Question : Est-ce que le vœu oblige dans une matière ordonnée par un commandement ?
Réponse : Oui. La réalisation d’un acte dans la matière ordonnée par un Commandement est à double valeur et mérite ; et sa négligence est double transgression et perversité, car si on viole un vœu, on ajoute alors au péché contre le Commandement, celui du sacrilège.
Question : Pourquoi les vœux religieux ont-ils une telle valeur ?
Réponse : Parce qu’il sont le fondement de la vie religieuse approuvée par l’Eglise, dans laquelle les membres réunis en une communauté religieuse, s’engagent à tendre toujours vers la perfection par trois vœux religieux : de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, observé selon les règles.
Question : Que veut dire : tendre à la perfection ?
Réponse : Tendre à la perfection veut dire que l’état religieux n’exige pas de perfection déjà acquise, mais oblige, sous peine de péché à un travail quotidien pour l’atteindre. Donc, le religieux qui ne veut pas se perfectionner, néglige son principal devoir d’état.
Question : Que sont les vœux religieux solennels ?
Réponse : Les vœux religieux solennels sont tellement absolus que, dans les cas extraordinaires, seul le Saint Père peut en relever.
Question : Que sont les vœux simples ?
Réponse : Ce sont des vœux moins absolus – Le Saint Siège peut relever des vœux perpétuels et des vœux simples.
Question : Quelle est la différence entre le vœu et la vertu ?
Réponse : Le vœu renferme seulement ce qui est commandé sous peine de péché. La vertu s’élève plus haut et facilite l’exécution de vœu. Au contraire en violant le vœu, on manque à la vertu et on la blesse.
Question : A quoi engagent les vœux religieux ?
Réponse : Les vœux engagent à s’efforcer d’acquérir les vertus et à se soumettre complètement à ses Supérieurs et aux Règles en vigueur ; ainsi le religieux donne sa personne à la Communauté, renonce à tout droit sur elle et sur ses actions qu’il sacrifie au service de Dieu.
Le vœu de pauvreté
Le vœu de pauvreté est un renoncement volontaire au droit de propriété ou à l’usage de cette propriété dans le but de plaire à Dieu.
Question : Quels objets concernent le vœu de pauvreté ?
Réponse : Tous les biens et objets appartenant à la Communauté, Tout ce que l’on a donné, choses ou argent : lorsque ces dons ont été acceptés, on y a plus droit. Tous les dons ou les présents à titre de remerciement ou autre, appartiennent de droit à la Communauté. On ne peut employer, sans violer le vœu, tout payement de travail y compris la rente viagère.
Question : Quand rompt-on ou viole-t-on le vœu selon le septième commandement ?
Réponse : On le rompt ou on le viole, lorsque sans permission :
- On prend pour soi ou pour quiconque une chose appartenant à la maison ;
- On garde une chose pour se l’approprier ;
- On vend ou on échange une chose appartenant à la Communauté ;
- On emploie un objet à un autre usage que celui auquel le Supérieur l’avait destiné ;
- On donne ou on accepte n’importe quoi ;
- On détruit ou abîme par négligence ;
- On emporte avec soi quelque chose en changeant de maison.
En cas de rupture de vœu, le religieux est obligé à la restitution envers la Communauté.
La vertu de pauvreté
C’est une vertu évangélique qui contraint le cœur à se libérer de l’attachement aux choses temporelles ; en vertu de sa profession, le religieux y est strictement obligé.
Question : Quand pèche-t-on contre la vertu de pauvreté ?
Réponse : Lorsqu’on désire une chose contraire à cette vertu. Lorsqu’on s’attache à quelque chose et lorsqu’on emploie des choses superflues.
Question : Quels sont les degrés de pauvreté ?
Réponse : Il y a pratiquement quatre degrés de pauvreté selon la profession :
- Ne disposer de rien ; dépendre des Supérieurs : la stricte matière du vœu.
- Eviter le luxe, se contenter des choses indispensables, cela dépend de la vertu.
- Se contenter volontiers des choses les moins bonnes en ce qui concerne la cellule, le vêtement, la nourriture etc. et en éprouver du contentement intérieur.
- Se réjouir de la gène.
Le vœu de chasteté
Question : A quoi oblige ce vœu ?
Réponse : À renoncer au mariage et à éviter tout ce qui est interdit par le sixième et le neuvième Commandements.
Question : Est-ce que une faute contre cette vertu est une violation de vœu ?
Réponse : Chaque faute contre cette vertu est en même tems une violation du vœu, car ici il n’y a pas de différence, comme dans la pauvreté ou l’obéissance, entre le vœu et la vertu.
Question : Est-ce que chaque mauvaise pensée est un péché ?
Réponse : Non, chaque mauvaise pensée n’est pas un péché, elle le devient seulement lorsque la complaisance de la volonté et le consentement se joignent à la considération de l’esprit..
Question : Qu’est-ce qui, outre les péchés contre la chasteté, nuit à cette vertu ?
Réponse : La liberté des sens, la liberté de l’imagination et la liberté des sentiments, la familiarité et les tendres amitiés, nuisent à cette vertu.
Question : Par quels moyens conserve-t-on cette vertu ?
Réponse : En repoussant les tentations intérieures par la pensée de la présence de Dieu et en les combattant sans peur. Et pour les tentations extérieures, en évitant les occasions de pécher.
Il y a en tout sept principaux moyens :
-Surveiller les sens ;
-Eviter les occasions ;
-Eviter l’oisiveté ;
-Eloigner promptement les tentations ;
-S’écarter de toute amitié, notamment des amitiés particulières ;
-Cultiver l’esprit de mortification ;
-Révéler toutes les tentations à son confesseur.
Outre cela il y a encore cinq moyens de préserver cette vertu :
-l’humilité ;
-l’esprit d’oraison ;
-la modestie ;
-la fidélité à la règle :
-une sincère dévotion à la Sainte Vierge Marie.
Vœu d’obéissance
Le vœu d’obéissance est supérieur aux deux premiers, car il est, à vrai dire, un holocauste. Et il est le plus nécessaire, parce qu’il forme et anime le corps monastique.
Question : A quoi oblige le vœu d’obéissance ?
Réponse : Par le vœu d’obéissance, le religieux promet à Dieu d’être obéissant à ses Supérieurs légitimes en tout ce qu’ils ordonneront au om de la règle. Le vœu d’obéissance rend le religieux dépendant de son supérieur, au nom de la règle, dans toute sa vie et toutes ses affaires. Le religieux commettra un péché grave contre ce vœu, chaque fois qu’il désobéira à un ordre donné.
La vertu d’obéissance
La vertu d’obéissance va plus loin que le vœu, elle embrasse les règles, les règlements et même les conseils des supérieurs.
Question : Est-ce que la vertu d’obéissance est indispensable au religieux ?
Réponse : La vertu d’obéissance lui est tellement indispensable que, même s’il faisait des bonnes actions en dehors de l’obéissance, elles deviendraient mauvaises ou sas mérite.
Question : Peut-on pécher gravement contre la vertu d’obéissance ?
Réponse : On pèche gravement quand on méprise l’autorité ou l’ordre du Supérieur. Quand un dommage spirituel ou temporel pour la Communauté résulte de la désobéissance.
Question : Quelles fautes mettent le vœu en danger ?
Réponse : Etre prévenu contre le Supérieur ou avoir de l’antipathie pour lui-les murmures ou critiques, la lenteur et la négligence.
Les degrés de l’obéissance
1. L’exécution prompte et entière. 2. L’obéissance de la volonté, lorsque la volonté décide la raison à se soumettre à l’avis du Supérieur. Pour faciliter l’obéissance, Saint Ignace suggère trois moyens :
-Toujours voir Dieu dans son Supérieur, quel qu’il soit.
-Justifier en soi l’ordre ou l’avis du Supérieur.
-Accepter chaque ordre comme un ordre de Dieu, sans examiner ou réfléchir.
Moyen général : l’humilité par laquelle rien n’est difficile.
94. O mon Seigneur, enflammez mon cœur d’amour pour Vous, pour que mon esprit ne se lasse pas parmi les orages, les souffrances et les épreuves. Vous voyez comme je suis faible. L’amour peut tout.
95. La connaissance plus profonde de Dieu peut effrayer l’âme. Au commencement, Dieu se révèle comme Sainteté, Justice, Bonté, c’est-à-dire Miséricorde. L’âme ne connaît pas tout à la fois, mais par étapes ou lueurs successives, qui la rapprochent, chaque fois de Dieu. Ces lueurs sont de courte durée, car l’âme ne pourrait supporter l’intensité de cette lumière. C’est pendant l’oraison que l’âme reçoit les éclairs de cette lumière, qui rendent impossible son ancienne manière de faire oraison. L’âme peut faire les efforts qu’elle voudra pour revenir à l’ancienne oraison, ce sera en vain ; il lui devient complètement impossible de continuer à prier de la même façon qu’avant d’avoir reçu cette lumière. La lumière qui a touché l’âme brille en elle, sans que rien puisse l’étouffer, ni l’obscurcir. Cette lueur de la connaissance de Dieu attire
L’âme et allume son amour pour Lui. Mais cette vive clarté révèle en même temps à l’âme son état particulier ; elle se voit intérieurement toute entière dans la lumière d’en haut, et elle se lève effrayée et alarmée. Mais elle ne reste pas sous l’effet de cette frayeur et commence à se purifier, à s’humilier et à s’abaisser devant le Seigneur. Et ces lumières deviennent plus fortes et plus fréquentes. Plus l’âme s’épure et plus ces lumières sont pénétrantes. Dieu comble de Ses consolations et Se donne de manière sensible à l’âme qui répond fidèlement et courageusement à ces premières grâces. Elle entre par instants dans une sorte d’intimité avec Dieu et en éprouve une grande joie. Elle croit déjà avoir atteint le degré de perfection qui lui était destiné; ses imperfections et ses défauts sommeillent toujours en elle, mais elle croit les avoir perdus. Rien ne lui semble difficile, elle est prête à tout. Elle commence à se plonger en Dieu et à En goûter les délices. Portée par la grâce, elle ne se rend pas du tout compte que le temps de l’épreuve peut venir. Et en effet, cet état ne dure pas longtemps. Voici venir des moments d’une autre nature. Mais je dois souligner que l’âme répond plus fidèlement à la grâce divine, si elle a un confesseur éclairé à qui elle confie tout.
96. Les épreuves de Dieu dans une âme particulièrement aimée de Lui. Tentations et ténèbres, Satan.
L’amour de Dieu, en cette âme, n’est pas encore tel que Dieu l’exige. Elle perd tout-
a-coup le sentiment de la présence de Dieu, toutes sortes de fautes et de défauts, qu’elle doit combattre avec acharnement, se lèvent en elle. Toutes ses propres imperfections réapparaissent, mais sa vigilance est grande. Au lieu de sentir la présence de Dieu, elle connaît la sécheresse spirituelle. Elle ne se sent plus aucun goût pour les exercices spirituels. Elle ne peut plus prier, ni comme autrefois, ni comme elle priait désormais. Elle s’élance de tous cotés et ne trouve nulle part de satisfaction.
Dieu s’est caché d’elle,et elle ne trouvera de consolation en rien ni en personne. L’âme désire passionnément Dieu, mais elle voit sa propre misère et commence à ressentir la justice divine. Elle croit avoir perdu tous les dons de Dieu, sa raison en est comme affaiblie. Les ténèbres l’envahissent toute entière. C’est le commencement de tourments
inconcevables. Elle tente d’exposer son état intérieur à son confesseur qui ne la comprend pas. Son trouble augmente encore. Satan commence son œuvre.
97. La foi de l’âme commence à chanceler, c’est une lutte acharnée. L’âme fait des efforts ; par un acte de volonté, elle reste auprès de Dieu.
Satan, avec la permission de Dieu, avance encore plus loin : l’espérance et l’amour sont
mis à l’épreuve. Ces tentations sont terribles. Secrètement, sans qu’elle le sache, Dieu
soutient l’âme ; autrement il lui serait impossible de se maintenir, et Dieu sait combien il
peut permettre à l’âme de souffrir. L’âme est tentée par l’infidélité envers les vérités révélées, par le manque de franchise envers son confesseur. Satan lui dit : « Vois, personne ne te comprend, à quoi bon parler de tout cela ? »
Des paroles effrayantes sonnent à ses oreilles, et il lui semble qu’elle les prononce contre Dieu. Elle voit ce qu’elle ne voudrait ne pas voir. Elle entend ce qu’elle voudrait ne pas entendre ; et il est terrible en de tels moments, de ne pas avoir de confesseur expérimenté.
Elle porte seul tout le fardeau ; cependant, autant qu’il est en son pouvoir, elle doit s’efforcer de trouver un confesseur éclairé, car ‘elle risque de succomber sous le poids, ce qui la mènerait au bord du précipice.
Toutes ces épreuves sont dures et pénibles ; et Dieu ne les envoie pas à une âme qui n’aurait pas d’abord été admise à une profonde intimité avec Lui, et qui n’aurait pas goûté aux délices divines. Il a aussi, dans tout cela, Ses desseins, qui nous sont impénétrables. Souvent, Dieu prépare de cette manière les âmes à de futurs desseins et à de grandes œuvres. Il veut les éprouver comme l’or pur, mais ce n’est pas encore la fin.
Il reste l’épreuve suprême : le complet délaissement de l’âme par Dieu.
98. L’épreuve suprême, le délaissement complet. Le désespoir.
L’âme sort victorieuse des batailles précédentes, même si elle a trébuché, elle se bat vaillamment ; elle appelle Dieu en toute humilité : « Sauvez-moi, je péris ! » Elle est encore capable de combattre.
Maintenant de terribles ténèbres enveloppent l’âme. Elle ne voit en elle que péché. Elle souffle cruellement. Elle se voit complètement abandonnée de Dieu, elle a le sentiment
d’être pour Lui un objet de haine ; elle est au bord du désespoir. Elle se défend de son mieux, elle tâche d’éveiller la confiance. Mais l’oraison n’est pour elle qu’une plus grande peine ; il lui semble qu’elle attise la colère de Dieu. Elle se tient sur un sommet qui se perd dans les nuées, mais qui surplombe un gouffre.
L’âme brûle du désir d’être près de Dieu, mais elle se sent repoussée. Tous les supplices du monde ne sont rien, comparés au sentiment dont elle est la proie ; l’abandon de Dieu.
Personne ne peut la soulager. Elle voit qu’elle est toute seule, qu’elle n’a personne pour la défendre. Elle lève les yeux au ciel, mais elle sait qu’elle n’a rien à en attendre ; pour elle, tout est perdu. Elle tombe dans des ténèbres de plus en plus épaisses ; Il lui semble qu’elle a perdu Dieu pour toujours, ce Dieu qu’elle a tant aimé. Cette pensée lui cause
un tourment indescriptible. Mais elle n’y consent pas. Elle tente de regarder vers le ciel, en vain : et cela redouble son tourment.
Personne n’éclairera cette âme si Dieu veut la maintenir dans les ténèbres. Elle a le sentiment aigu et terrifiant d’être rejetée de Dieu. Des élans douloureux jaillissent de son
cœur si douloureux, qu’aucun prêtre ne les comprendra, à moins qu’il ne soit lui-même passé par ces épreuves. Et en tout cela, Satan ajoute encore aux souffrances de l’âme par
ses moqueries : « Tu vois bien ! Resteras-tu encore fidèle ? Voilà ton sort, tu es en notre pouvoir ! » Mais Satan n’a pas plus d’influence sur cette âme que Dieu ne le permet, et
Dieu sait combien nous pouvons supporter. –« A quoi cela t’a-t-il servi de te mortifier ?
D’être fidèle à la règle ? A quoi bon tous ces efforts ? Tu es rejetée de Dieu ! » Dit Satan.
-Ce mot « rejetée » devient un feu qui brûle chaque nerf ; il transperce tout l’être jusqu’à
la moelle des os. Le moment le plus important de cette épreuve arrive. L’âme ne cherche plus d’aide nulle part : elle se plonge en elle-même, perd tout le reste de vue. C’est
comme si elle acceptait ce supplice du délaissement. C’est un moment que je ne saurais décrire. C’est l’agonie de l’âme
99. La première fois que j’eus à vivre un tel moment, j’en fus arrachée en vertu de la Sainte Obéissance. La Mère Maîtresse, effrayée à ma vue, m’envoya me confesser ; mais
le confesseur ne me comprit pas, je ne sentis pas l’ombre d’un soulagement. O Jésus, donnez-nous des prêtres expérimentés ! Quand je lui dis que mon âme traversait les tourments de l’enfer, il me répondit qu’il était tranquille quant à l’état de mon âme, car il y voyait une grande grâce de Dieu. Mais je ne comprenais rien à tout cela, et pas un rayon de lumière ne pénétra dans mon âme.
100. Puis les forces physiques commencèrent à me manquer ; Je n’étais plus en état de remplir mes devoirs. Je ne pouvais plu dissimuler mes souffrances, bien que n’en disant rien à personne, car la douleur que reflétait mon visage, me trahissait. La Supérieure me dit que les Sœurs venaient lui dire qu’elles étaient prises de pitié lorsqu’elles me voyaient à la chapelle, tant ma mine était effrayante. Malgré ses efforts, l’âme n’est plus en état de
dissimuler cette souffrance.
Publié le 23/04/2008 à 12:00 par jubilatedeo
61. « Jésus, je Vous remercie pour cette grand grâce, ce confesseur que Vous avez Vous-même daigné me choisir, et que vous m’avez fait connaître par une vision avant de l’avoir jamais rencontré. » Lorsque je me confessais au Père Andrasz, je lui confiais mon désir d’être libéré de ces inspirations intérieures. Le Père me répondit que ce n’était pas en son pouvoir et m’encouragea à prier pour avoir un directeur de conscience.
Après une coure et fervente prière, je vis une deuxième fois l’abbé Sopocko. Je le vis dans notre chapelle, entre le confessionnal et l’autel. J’étais alors à Cracovie. Ces deux visions fortifièrent mon esprit d’autant plus que je le trouvais tel que je l’avais vu dans mes visions, tant celle de Varsovie lors de ma troisième probation, que celle de Cracovie. Jésus, je Vous remercie pour cette grande grâce.
Maintenant, je suis maintes fois saisie de crainte lorsque j’entends des personnes dire qu’elles n’ont pas de confesseur attitré, c'est-à-dire de directeur de conscience. Car je sais quels grands dommages j’ai moi-même subi alors que je n’avais pas cette aide. Sans directeur, on s’égare facilement.
62. O vie grise et monotone, que de trésors tu recèles ! Aucune heure ne ressemble à une autre, car la grisaille et la monotonie disparaît quand je regarde tout avec l’œil de la foi. La grâce qui m’est donnée à cette heure-ci ne se représentera pas à l’heure suivante. La grâce me sera encore donnée, mais ce ne sera plus la même. Le temps passe et ne reviens jamais. Ce qu’il contient ne changera plus. Il est scellé du sceau éternel.
63. L’abbé Sopocko doit être très aimé de Dieu. Je le dis, parce que j’ai éprouvé avec quelle force Dieu le réclame à certains moments ; voyant ceci, je me réjouis infiniment que Dieu ait de tels élus.
64. 1928. –Excursion à Kalwaria
J’avais été désignée pour remplacer pendant deux mois une Sœur de Wilno, partie pour sa troisième probation. J’y restai un peu plus longtemps.
Un jour, voulant me faire plaisir, la Mère Supérieure, m’autorisa à me rendre à Kalwaria en compagnie d’une Sœur pour faire ce qu’on appelle le tour des petits sentiers du Chemin de la Croix. J’en étais très heureuse. Nous devions faire le voyage en bateau bien que cela fût tout près. La veille au soir, Jésus me dit : « Je désire que tu restes à la maison. » Je répondis « Jésus tout est prêt pour partir demain matin ; que dois-je faire ? » Le Seigneur ajouta « Cette excursion serait préjudiciable à ton âme. » Je répondis : « dirigez les circonstances pour que Votre Volonté soit faite ». A ce moment la cloche sonna le coucher. D’un regard je dis adieu à Jésus et je me rendis à ma cellule.
Le lendemain matin, la journée s’annonçait belle. Ma compagne se réjouissait à l’idée de tout visiter. Quant à moi, j’étais sûre que nous ne partirions pas. Cependant aucun obstacle ne semblait s’opposer au départ. Nous allions communier plus tôt et nous mettre en route immédiatement après l’action de grâce. Pendant la Sainte Communion, le temps changea. Des nuages assombrirent le ciel et une averse se mit à tomber. Tout le monde s’étonna d’un changement aussi soudain.
La Mère Supérieure nous dit : « Mes Sœurs, cela me peine que vous puissiez partir. » Je répondis : Petite Mère, cela ne fait rien ; c’était la volonté de Dieu que nous restions à la maison ». Cependant personne ne savait que c’était le désir exprès de Jésus pour moi. Je passai toute la journée dans le recueillement et la méditation : je remerciais le Seigneur de m’avoir retenue à la maison. Ce jour là, Dieu m’accorda beaucoup de consolations célestes
65. Au noviciat, lorsque la Mère Maîtresse me destina à la cuisine des enfants, je m’en affligeais grandement, car j’étais incapable de maîtriser les énormes marmites. Le plus difficile pour moi était de vider l’eau des pommes de terre cuites dont la moitié parfois s’échappait avec l’eau de cuisson. La Mère Maîtresse à qui j’avais exposé mes craintes, me répondit que je m’accoutumerais et que j’allais acquérir de l’expérience. Cependant la difficulté demeurait. Et je sentais mes forces diminuer de jour en jour. Pour cette raison je m’écartais lorsque venait le moment de vider l’eau des pommes de terre. Les Sœurs s’aperçurent que j’évitais ce travail et s’en étonnèrent beaucoup car elles ignoraient que malgré tous mes efforts et sans me ménager, je ne pouvais arriver à les aider. A midi pendant l’examen de conscience je me plaignis à Dieu de ma faiblesse. Soudain j’entendis ces paroles. « A partir d’aujourd’hui tu n’aura plus aucune peine à faire e travail. Je vais accroître tes forces. »
Le soir, lorsque vint le moment de ce service, je me hâtai la première, confiante dans la promesse du Seigneur. Je pris le récipient avec facilité et versai l’eau parfaitement. J’ôtai le couvercle pour faire évaporer les pommes de terre et que vis-je ? Des bottes de roses rouges d’une beauté indescriptible. Je n’en ai jamais vues de pareilles. Cela m’étonna beaucoup, je n’en comprenais pas la signification.
A ce moment, j’entendis une voix en mon âme : « Je change ton travail si pénible en bouquet des plus belles fleurs et leur parfum monte jusqu’à Mon trône.
Des lors, je tâchais de vider l’eau des pommes de terre non seulement pendant la semaine qui m’était assignée, mais aussi durant celle des autres Sœurs. J’essayais de m’offrir la première pour tous les travaux pénibles, car j’avais expérimenté combien cela plaît à Dieu.
66. O trésor inépuisable de la pureté d’intention, qui rend toutes nos actions parfaites et si agréables à Dieu !
O Jésus, Vous savez combien je suis faible, soyez donc toujours avec moi. Dirigez mes actes et tout mon être. Vous, mon Maître incomparable ! En vérité, O Jésus je suis saisie d’angoisse quand je vois ma misère. Mais je retrouve la paix dès que je vois Votre insondable miséricorde, qui de toute éternité, est plus grande que ma misère. Cette disposition intérieure me fait revêtir Votre puissance, et quelle joie de connaître ce que je suis. O Vous, Vérité Inaltérable, Votre durée est éternelle.
67. Je suis tombée malade après mes premiers vœux. Malgré les soins affectueux et attentifs de mes Supérieures et les efforts du médecin je ne me sentais ni mieux, ni moins bien. J’appris que l’on croyait que je simulais. Cela me causa une grande souffrance morale et dura assez longtemps. Un jour que je me plaignais à Jésus d’être à charge de mes Sœurs, Il me répondit : « Tu ne vis pas pour toi, mais pour les âmes qui vont profiter de tes souffrances. Tes souffrances prolongées leur donneront lumière et force pour accepter Ma Volonté. »
68. La souffrance qui me pesait le plus était la pensée que ni mes prières ni mes bonnes actions ne plaisaient à Dieu. Je n’osais regarder le Ciel. Cela m’occasionnait une peine si profonde, durant les exercices spirituels communs, qu’un jour la Mère Supérieure me fit venir après les exercices et me dit : « Demandez à Dieu, ma Sœur la grâce de la consolation, car je vois bien moi-même ce que me disent les Sœurs. On a pitié rien qu’a vous voir. Je ne sais vraiment que faire de vous. Je vous ordonne de ne vous affliger de rien ».- Mais ces entretiens avec la Mère Supérieure ne m’apportaient aucun soulagement, et ne m’éclairaient en rien. Des ténèbres encore plus épaisses me voilaient Dieu.
Je cherchais de l’aide au confessionnal, mais là non plus je n’en trouvais pas. Un saint prêtre voulut m’aider, mais j’étais si malheureuse que je ne savais même pas définir mes souffrances et cela ajoutait encore à mes tourments. Une tristesse mortelle saisissait mon âme à tel point que je ne pouvais pas la cacher et que cela transparaissait au dehors. Je perdis espoir. La nuit devint de plus en plus sombre. Le prêtre à qui je me confessais me dit : « Je vois en vous des grâces particulières, et je suis tout à fait tranquille en ce qui concerne. Pourquoi vous tourmentez-vous autant ? Cependant je ne comprenais pas alors, et j’étais très étonnée lorsque, pour pénitence, il me disait de réciter un Te Deum ou un Magnificat, parfois de faire un tour dans le jardin au pas de course le soir, ou encore de rire tout haut dix fois par jour. Ces pénitences me surprenaient beaucoup. Et pourtant ce prêtre ne me fut pas d’un grand secours. Manifestement Dieu voulait que je lui rende gloire par ma souffrance. Le prêtre cherchait à me consoler en me disant que j’étais plus agréable à Dieu dans cet état que si je jouissais en abondance des plus grandes consolations.
« Quelle grande grâce l’état de tourment où vous vous trouvez, ma Sœur ! Non seulement vous n’offensez pas Dieu, mais vous vous exercez à la vertu. En considérant votre âme, je découvre en vous de grands desseins de Dieu, des faveurs spéciales, et je Lui en rend grâce ».
Malgré cela, mon âme était à la torture, en proie à des tourments indicibles. Comme un aveugle qui se confie à son guide et lui tient fermement la main, je m’attachais à l’obéissance qui devint, pour moi, la main secourable durant cette épreuve.
Journal Faustine 3
« Jésus, Vérité éternelle, affermissez mes faibles forces. Vous pouvez tout, Seigneur. Je sais que sans Vous mes efforts sont inutiles, O Jésus. Ne me cachez pas Votre Visage, car je ne puis vivre sans Vous. Soyez attentif à l’appel de mon âme, ayez pitié de ma misère, parce que Votre miséricorde est inépuisable. Votre amour infini dépasse l’intelligence des Anges et celle de l’humanité toute entière, et bien qu’il me semble que Vous ne m’entendiez pas, j’ai déposé ma confiance dans l’océan de Votre miséricorde et je sais que mon espoir ne sera pas déçu.
Jésus seul sait combien il est difficile et pénible de s’acquitter de ses devoirs, lorsque l’âme est tourmentée intérieurement, les forces physiques amoindries, et l’esprit assombri. Dans le calme de mon cœur, je répétais : « O Christ à Vous les délices, l’honneur et la gloire, à moi la souffrance. Je ne ralentirai pas d’un seul pas à Votre suite bien que les épines me blessent les pieds ».
71. Lorsque je fus envoyée pour une cure à la maison de Plock, j’eus le bonheur d »avoir à orner la chapelle de fleurs. C’était à Biala, Sœur Tekla n’en avait pas toujours le temps. Je fleurissais donc souvent, seule, la petite chapelle. Un jour j’avais cueilli de très belles roses pour fleurir la chambre d’une certaine personne. Comme j’arrivais près de la galerie, j’y aperçus Jésus qui me demanda gracieusement ; « Ma fille, à qui portes-tu ces fleurs ? » Mon silence fut ma réponse, car au même moment, je reconnus que j’éprouvais pour cette personne un très subtil attachement dont je ne m’étais pas encore aperçue. Et Jésus disparut. A l’instant même, j’ai jeté les fleurs et me suis rendue devant le Saint Sacrement, le cœur comblé de gratitude pour la grâce de la connaissance de moi-même.
O Soleil divin ! A la lumière de vos rayons, l’âme voit les plus petits grains de poussière qui peuvent vous déplaire.
72. Jésus, Vérité éternelle, notre vie, j’implore et je mendie Votre miséricorde pour les pauvres pécheurs. Très doux cœur de mon Seigneur, empli de pitié et d’indicible bonté, je vous supplie pour les pauvres pécheurs. O Cœur Sacré, Source de Miséricorde dont les rayons de grâces inconcevables se répandent sur tout le genre humain, je vous en supplie, donnez la lumière aux pauvres pécheurs. O Jésus, souvenez-Vous de Votre Passion amère et ne permettez pas que périssent les âmes rachetées au prix de Votre précieux Sang. O Jésus, lorsque je considère le don de Votre Sang, je me réjouis de son inestimable valeur car une goutte aurait suffi pour tous les pécheurs. Bien qu le péché soit un gouffre de méchanceté et d’ingratitude, le prix donné pour nous est sans commune mesure – c’est pourquoi chaque âme doit avoir confiance en la passion du Seigneur, confiance dans Sa miséricorde. Dieu ne refuse Son Pardon à personne. Le ciel et la terre peuvent changer, mais la Miséricorde de Dieu ne s’épuisera jamais. Oh ! Quelle joie brûle dans mon cœur quand je vois Votre inconcevable bonté. O mon Jésus, je désire amener tous les pécheurs à Vos pieds pour qu’ils louent Votre Amour infini, pendant des siècles sans fin.
73. Mon Jésus, bien que la nuit soit obscure autour de moi et que de sombres nuages me voilent l’horizon, je sais que le soleil ne s’éteint pas. O Seigneur, bien que je ne puisse concevoir ni comprendre Votre action, j’ai confiance en Votre Miséricorde. Si Votre Volonté, Seigneur, est que je vive toujours dans de telles ténèbres, soyez béni. Je vous demande une chose, mon Jésus, ne permettez pas que je vous offense jamais, en quoi que ce soit. O mon Jésus, vous seul connaissez les langueurs et les douleurs de mon cœur. Je me réjouis de pouvoir souffrir, si peu qu ce soit, pour vous.
Lorsque je sens que la souffrance dépasse mes forces, j’ai recours au Seigneur dans le Saint Sacrement et un profond silence est ma façon de parler au Seigneur.
La confession d’une de nos élèves
74. Un jour, je fus poussée à faire des démarches pour obtenir la Fête de la Miséricorde et je ne pouvais goûter de repos avant que ne fût peinte l’image de Jésus Miséricordieux. Ce sentiment me pénétra entièrement, mais une certaine peur me prit : Est-ce que je n’étais pas dans l’illusion ? A vrai dire, ces incertitudes venaient toujours du dehors, car au fond de moi, je sentais que mon âme était toute pénétrée du Seigneur. Le confesseur, auquel je me confessais alors me dit que parfois on peut s’illusionner et je sentais que ce prêtre semblait avoir peur de me confesser. C’était pour moi un supplice. Voyant que je nr pouvais attendre beaucoup d’aide de la part des hommes, je recourus d’autant plus à Jésus, ce Maître incomparable. Une fois, dans l’incertitude où j’étais de savoir si la voix qui me parlait était ou non celle du Seigneur, Je me suis adressée à Jésus intérieurement sans prononcer de paroles. Tout de suite une force me pénétra et je dis : « Si Vous êtes vraiment mon Dieu, si c’est Vous qui m’êtes présent et qui me parlez, je Vous en prie, Seigneur, que cette élève aille aujourd’hui encore se confesser ; ce signe me rassurera. » Au même moment, cette enfant demanda à se confesser. La Maîtresse de classe s’étonna de cette décision soudaine mais elle tâcha, tout de suite de trouver un prêtre et l’enfant se confessa avec grande contrition. Alors, j’entendis en mon âme cette voix : « Est-ce que tu Me crois maintenant ». Et de nouveau, une force étonnante me pénétra et m’affermit de telle sorte, que j’étais stupéfaite moi-même d’avoir pu me laisser envahir par le doute. Ces doutes viennent toujours de l’extérieur, ce qui me dispose à m’enfermer en moi-même.
75. Lorsque je perçois l’incertitude du prêtre pendant la confession, alors je ne dévoile pas mon âme plus profondément, je m’accuse seulement de mes péchés. Un tel prêtre ne me donnera pas la paix puisque lui-même ne la possède pas. O prêtres, vous, les cierges lumineux qui éclairent les âmes, que votre clarté ne s’obscurcisse jamais. J’ai compris alors que ce n’était pas la volonté de Dieu que je dévoile le fond de mon âme. Plus tard, Dieu me donna cette grâce.
76. « Mon Jésus, dirigez mon âme, prenez complète possession de tout mon être, enfermez-moi au fond de votre cœur et défendez moi contre les attaques de l’ennemi. En vous est ma seule espérance ! Parlez par ma bouche quand je serai avec les puissants et les savants, moi, la plus misérable des créatures, pour qu’ils reconnaissent que cette affaire est la Vôtre et qu’elle vient de vous ».
Ténèbres et tentations
77. Mon esprit était assombri d’une manière singulière ; aucune vérité ne me semblait claire. Quand on me parlait de Dieu, mon cœur était comme un roc. Je ne pouvais en tirer un seul sentiment d’amour pour lui.
Lorsque je m’efforçais de rester auprès de Dieu par un acte de volonté, j’éprouvais de grands tourments et il me semblait que je poussais Dieu à une plus grande colère. Je ne pouvais plus méditer comme auparavant. J’ai senti dans mon âme un grand vide que je ne pouvais remplir. J’ai commencé à souffrir la soif et la nostalgie de Dieu, mais je voyais toute mon impuissance. J’essayais de lire lentement, phrase par phrase, et de méditer de cette façon, mais cela aussi était vain. Je ne comprenais rien de ce que j’avais lu. Mon gouffre de misère m’était sans cesse présent. Chaque fois que j’entrais pour quelque exercice à la chapelle, j’éprouvais les pires tourments et tentations. Plus d’une fois j’ai du combattre des pensées de blasphèmes qui, pendant toute la Sainte Messe, se pressaient sur mes lèvres. Je ressentais un désir de m’éloigner des Saints Sacrements. Il me semblait que je n’en profitais aucunement. Je ne les fréquentais que par obéissance à mon confesseur, et cette obéissance aveugle était pour moi le seul chemin sur lequel je devais marcher, la Voie du salut. Le prêtre m’expliquait que c’était des épreuves permises par Dieu et que dans l’état où j’étais, non seulement je n’offensais pas Dieu, mais que je lui étais très agréable.
C’est un signe, me disait-t-il que Dieu vous aime énormément, qu’Il a confiance en vous lorsqu-Il vous afflige par de pareilles épreuves. Mais ces mots ne me consolaient pas, il me semblait qu’ils ne s’appliquaient nullement à moi. Une chose m’étonnait : il m’arriva plus d’une fois, lorsque je souffrais terriblement, qu’au moment où je m’approchais du confessionnal, ces terribles tourments mais dès que je m’éloignais, ils revenaient à la charge avec encore plus d’acharnement. Alors je tombais face contre terre, devant le Saint Sacrement et je répétais ces paroles : « Même si vous me tuez, j’aurai confiance en Vous ! » Il me semblait que j’agonisais dans ces douleurs. Une pensée terrible pour moi était de croire que j’étais rejetée par Dieu. Puis d’autres pensées me venaient : - Pourquoi tâcher d’acquérir des vertus et de faire des bonnes actions ? Pourquoi se mortifier et s’anéantir ? A quoi bon faire des vœux ? A quoi bon prier ? A quoi bon se sacrifier et s’anéantir ? A quoi bon faire, à chaque pas, le sacrifice de soi-même ? A quoi bon ? Si j’étais déjà rejetée par Dieu, à quoi bons ces efforts ? Ici Dieu seul sait ce qui se passait dans mon cœur.
78. Un jour où ces souffrances terribles m’étreignaient, j’entrai à la chapelle et je dis ces mots du fond de mon âme : « Faites de moi ce qui Vous plaît, ô Jésus, je veux Vous adorer en tout. Que Votre volonté soit faite en moi, ô mon Seigneur et mon Dieu, et moi je vais louer votre infinie miséricorde ». Cet acte de soumission dissipa mes terribles tourments. Tout à coup, j’aperçus Jésus, qui me dit : « Je suis toujours dans ton cœur. » Une joie inconcevable pénétra mon âme et la remplit d’un grand amour de Dieu, ce qui enflamma mon pauvre cœur. Je vois que Dieu ne permet jamais plus que ce que nous pouvons supporter. Oh ! je n’ai peur de rien. Si Dieu envoie à l’âme un si grand tourment, il la soutien par une grâce plus grande encore, bien que nous ne nous en rendions pas compte. Dans de tels moments, un acte de confiance rend à Dieu plus de gloire que des heures entières passées en prières, remplies de consolation. Maintenant je vois que si Dieu veut maintenir une âme dans les ténèbres, aucun livre, ni aucun confesseur ne pourra l’éclairer.
79. Marie, notre Mère et notre Reine, je vous confie mon âme, mon corps, ma vie, ma mort et tout ce qui la suivra. Je dépose tout entre vos mains. O ma Mère, couvrez mon âme de votre manteau virginal et donnez-moi la grâce de la pureté du cœur, de l’âme t du corps ; défendez-moi par votre puissance de tous les ennemis et spécialement de ceux qui cachent leur méchanceté sous le masque de la vertu. O Lis ravissant, vous êtes pour moi un miroir, ô ma Mère !
80. Jésus, divin prisonnier de l’amour, lorsque je considère Votre amour et Votre anéantissement pour moi, mes sens m’abandonnent. Vous cachez Votre inconcevable majesté et Vous Vous abaissez vers mon néant. O Roi de gloire, bien que Vous cachiez Votre beauté, le regard de mon âme déchire le voile. Je vois les chœurs angéliques qui ne cessent de Vous rendre honneur et toutes les Puissances célestes, qui vous louent sans fin, chantant : « Saint, Saint, Saint. »