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jubilatedeo
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Catéchèse catholique -Messe du jour (commentaire et homélie) -Les Saints du jour (leurs vies)
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Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
28.05.2007
Dernière mise à jour :
15.10.2008
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Sainte Faustine L APOTRE DE LA MISERICORDE DIVINE

Sainte Faustine - L’APÔTRE DE LA MISÉRICORDE DIVINE Chap 261 à 280

Posté le 03.05.2008 par jubilatedeo
261. Je suis arrivée à Wilno. Le couvent est constitué de petites cabanes dispersées. Cela semble étrange en comparaison des grands bâtiments de Jozefow. Il n’y a que dix-huit Sœurs. La maison est petite, mais la vie commune est admirable. Toutes les Sœurs m’accueillirent très affectueusement. Ce fut pour moi un grand encouragement pour endurer les fatigues qui m’attendaient. Sœur Justyna a même nettoyé le plancher pour mon arrivée.
262. Quand je suis allée à la Bénédiction, Jésus m’éclaira sur la façon dont je devais me comporter avec certaines personnes.
Je me suis serrée de toutes mes forces contre le Très Doux Cœur de Jésus, lorsque je vis combien je serais exposée extérieurement à la dissipation puisque l’emploi que je vais avoir ici, au jardin, me forcera à avoir des relations avec des personnes laïques.
263. La semaine de la confession arriva et, à ma grande joie, j’aperçu ce prêtre que je connaissais déjà avant de venir à Wilno. Je le connaissais pour l’avoir vu en vision. J’entendis à ce moment ces paroles dans mon âme : « Voila Mon fidèle serviteur, il t’aidera à accomplir Ma Volonté sur terre. » Mais je ne me fis pas connaître à lui, comme le Seigneur le désirait. Pendant quelque temps, je résistai à la grâce. A chaque confession, la grâce divine me pénétrait singulièrement. Cependant je ne dévoilais pas mon âme à ce prêtre et me proposai de ne plus me confesser à lui. Dès que j’eus pris cette décision, mon âme fut en proie à une terrible inquiétude. Dieu me réprimandait bien fort.
Quand, enfin, j’ai dévoilé toute mon âme à ce prêtre, Jésus y versa une surabondance de grâces. Je comprends maintenant, ce qu’est la fidélité à une grâce particulière : elle attire toute une série d’autres grâces.
264. O mon Jésus, gardez-moi près de Vous, voyez comme je suis faible. Seule je ne puis faire un seul pas en avant. Vous donc, Jésus, devez être constamment avec moi, comme une mère auprès d’un faible enfant, et plus encore.
265. Les jours de travail, de combat et de souffrances ont commencé. La vie religieuse va son train. On est toujours novice, on doit apprendre beaucoup de choses et les connaître. La règle est la même. Malgré cela chaque maison à ses habitudes, donc chaque changement est un tout petit noviciat.
266. 5.VIII.1933. La fête de Notre-Dame de la Miséricorde.
Aujourd’hui j’ai reçu une grande grâce, purement intérieure, pour laquelle je suis reconnaissante à Dieu dans cette vie et pour l’éternité…
267. Jésus m’a dit que je Lui serai le plus agréable lorsque je méditerai Sa Douloureuse Passion, et que cette méditation ferait descendre sur mon âme de nombreuses lumières. Que celui qui veut apprendre la véritable humilité considère la Passion de Jésus. J’ai une claire conception de beaucoup de choses que je ne pouvais comprendre d’abord. Je veux être semblable à Vous, Jésus, à Vous crucifié et humilié. Jésus, que Votre humilité se reflète dans mon âme et dans mon Cœur. Je Vous aime, Jésus, à la folie, Vous, anéanti, tel que le prophète Vous montre, lorsqu’il dit ne plus pouvoir discerner en Vous l’être humain, si grandes étaient Vos douleurs. C’est dans cet état que je vous aime, Jésus, à la folie. Qu’a fait de vous l’amour, Dieu éternel et infini ?...
268. 11.X.1933. Jeudi je tâchais de faire l’Heure Sainte, mais j’ai eu beaucoup de peine à la commencer. Une certaine langueur commença à me pénétrer le cœur. Mon esprit s’assombrit tellement que je ne pouvais comprendre les plus simples formules de prière. Ainsi passa une heure d’oraison ou plutôt de combat.
Je résolus de prier une seconde heure, mais les souffrances intérieures grandissaient; grande sécheresse et découragement.
Je résolu de prier une troisième heure. Pendant cette troisième heure, que j’ai décidé de faire à genoux, sans aucun appui, mon corps commença à réclamer un peu de relâche… Mais je ne lui ai rien accordé. J’ai étendu les bras et, sans un mot, je persistai par un acte de volonté. Après un moment, j’ai ôté l’anneau de mon doigt et j’ai demandé à Jésus de regarder ce signe de notre éternelle union. J’ai offert à Jésus les sentiments que j’avais le jour des vœux perpétuels. Après un moment j’ai senti qu’une vague d’amour commençait à envahir mon cœur.
Puis l’esprit soudain recueilli, les sens silencieux, la présence de Dieu m’enveloppa. Je sais seulement que Jésus est là. Je Le vis à nouveau tel que je L’avais vu, immédiatement après mes vœux perpétuels, pendant l’Heure Sainte. Là aussi, Jésus se tint soudain devant moi, dépouillé de ses vêtements, le Corps couvert de plaies, les yeux noyés de sang et de larmes, le Visage défiguré et couvert de crachats. Alors le Seigneur me dit : « L’épouse doit être semblable à son époux. » J’ai compris ces paroles à fond. Il n’y a pas l’ombre d’un doute ici. Ma ressemblance avec Jésus doit passer par la souffrance et par l’humilité. « Vois ce qu’a fait de Moi Mon amour, Ma fille. Dans ton cœur Je trouve tout ce que Me refuse un grand nombre d’âmes. Ton cœur est un repos pour Moi, Je te réserve souvent de grandes pour la fin de l’oraison. »
Une fois, ayant fini une neuvaine au Saint-Esprit à l’intention de mon confesseur, le Seigneur me répondit ainsi : « Je te l’ai dit bien avant que tes Supérieures ne t’envoies ici : J’agirai envers toi comme tu agiras envers ton confesseur. Si tu lui caches quelque chose, serait-ce même la plus petite grâce, Moi aussi, Je me cacherai de toi et tu resteras seule. » Je me conformai donc au désir de Dieu et une profonde paix régna dans mon âme. Je comprends maintenant comment Dieu défend les confesseurs et comment il prend leur parti.
270. Conseil de l’Abbé Sopocko
« Sans humilité, nous ne pouvons plaire à Dieu. Exercez-vous au troisième degré d’humilité. C'est-à-dire que, non seulement il ne faut pas s’expliquer ni se justifier quand on nous reproche quelque chose, mais se réjouir de l’humiliation. Si ces choses dont vous me parlez viennent vraiment de Dieu, alors préparez votre âme à de grandes souffrances. Vous rencontrerez la désapprobation, la persécution ; vous passerez pour une hystérique, une toquée, mais Dieu vous comblera de Ses grâces. Les véritables œuvres de Dieu rencontrent toujours des difficultés, et sont marquées du sceau de la souffrance. Si Dieu veut mener quelque chose à bonne fin, tôt ou tard, Il y arrivera malgré les difficultés. Et vous, en attendant, armez-vous d’une grande patience. »
271. Lorsque l’abbé Sopocko partit pour la Terre Sainte, le Père Dabrowski, S.J., confessa la Communauté. Pendant une des confessions, il me demanda si j’étais consciente de la grandeur de la vie de mon âme. J’ai répondu que j’en étais consciente et que je savais ce qui se passait en moi. A quoi le Père répondit : « Il ne vous est pas permis, ma Sœur, de détruire ni de changer quoi que ce soit dans votre âme, de vous-même. Le bonheur et la grâce d’une vie intérieure de grande élévation ne sont pas visibles dans chaque âme, comme ils le sont chez vous, ma Sœur. Faite attention de ne pas gaspiller de si grandes grâces divines, une grande… »-ici, Sœur Faustine a interrompu sa pensée.
272. Cependant, ce Père m’a d’abord exposée à beaucoup d’épreuves. Quand je lui avais dit que ce que le Seigneur exigeait de moi, il s’était moqué de moi et il m’avait dit de venir me confesser à huit heures du soir. Quand je suis venue à huit heures, un Frère fermait déjà l’église. Lorsque je lui ai dit qu’il fasse savoir au Père que j’étais là, ainsi qu’il me l’avait ordonné, le brave Frère y est allé.
Le Père me fit répondre que les Pères ne confessaient plus à cette heure là. Je suis rentrée à la maison, les mains vides et j’ai cessé de me confesser à lui. Mais j’ai fait une heure d’adoration et certaines mortifications pour lui obtenir la lumière de Dieu, afin qu’il connaisse les âmes. Lorsque l’abbé Sopocko, partit et qu’il le remplaça, je fus forcée de me confesser à lui. Et bien qu’auparavant il n’ait pas voulu me croire, maintenant, il m’engageait à une grande fidélité envers ces inspirations intérieures. Dieu permet parfois cela ; qu’Il soit loué en tout. Il faut cependant une grande grâce pour ne pas chanceler.
273. Retraite annuelle 10.1.1934.
Mon Jésus, de nouveau approche le moment où je resterai en tête-à-tête avec Vous. Jésus, de tout mon cœur je Vous prie de me faire connaître ce qui ne Vous plait pas en moi. Et, en même temps, faites-moi connaître ce que je dois faire pour Vous être plus agréable. Ne me refusez pas cette grâce et restez avec moi. Je sais que sans Vous, mes efforts ne conduiraient pas à grand-chose. Oh ! Comme je me réjouis de Votre grandeur, Seigneur. Plus je Vous connais et plus je Vous désire ardemment et soupire après Vous.
274. Jésus m’a accordé la grâce de me connaître moi-même. Dans cette lumière divine j’ai vu mon défaut dominant : c’est l’orgueil qui a pris la forme du repliement sur moi-même, et du manque de simplicité envers la Mère Supérieure.
La seconde lumière concerne la parole : Il m’arrive de trop parler. Je passe trop de temps à régler des affaires pour lesquelles deux ou trois mots suffiraient. Et Jésus voudrait que je passe ce temps à réciter de petites prières pour les âmes souffrantes du Purgatoire. Et le Seigneur dit que chaque mot sera pesé au jour du jugement.
La troisième lumière concerne notre règlement. J’évite trop peu les occasions qui mènent à l’enfreindre, surtout la règle du silence. Désormais, j’agirai comme si la règle n’était écrite que pour moi. La façon dont les autres agissent ne me regarde pas, pourvu que moi j’agisse comme Dieu le désire.
Résolution. Quand il s’agit de choses extérieures, j’irai immédiatement dire aux Supérieures tout ce que Jésus exige de moi. Et dans mes relations avec la Supérieure, je tâcherai d’être franche et sincère comme un enfant.
275. Jésus aime les âmes cachées. La fleur cachée renferme le plus de parfum. M’efforcer de créer à l’intérieur de mon âme un endroit retiré pour le Cœur de Jésus. Dans les moments pénibles et douloureux, je fredonnerai pour Vous Ô mon Créateur, un hymne de confiance. Car le gouffre de ma confiance envers Vous, envers Votre Miséricorde, est sans bornes.
276. Depuis que je me suis mise à aimer la souffrance, elle a cessé d’être souffrance. C’est la nourriture quotidienne de mon âme.
277. Je n’irai pas parler avec telle personne, car je sais que cela déplait à Jésus, et elle n’en tire aucun profit.
278. Aux pieds du Seigneur. Jésus caché, Amour éternel, notre vie, Vous oubliant Vous-même, Vous ne voyez que nous. Avant de créer le ciel et la terre, Vous nous portiez déjà dans Votre Cœur. O Amour, ô profondeur de votre abaissement, ô mystère du bonheur, pourquoi si peu d’âmes Vous connaissent-elles ? Pourquoi ne trouvez-Vous pas de réciprocité ? O Divin Amour, pourquoi cachez-Vous Votre beauté ? O Inconcevable et Infini, plus je Vous connais, moins je Vous comprends. Mais parce que je ne puis Vous comprendre, je conçois mieux Votre grandeur. Je n’envie pas leur feu aux Séraphins, car un don plus grand est déposé en mon coeur.
En extase, eux Vous admirent, mais Votre Sang s’unit au mien. L’Amour, c’est le ciel qui nous est déjà donné ici sur la terre. Oh ! Pourquoi Vous cachez-Vous dans la foi ? L’Amour déchire le voile. Il n’y a pas de voile. Il n’y a pas de voile devant le regard de mon âme. Car Vous-même, Vous m’avez attirée au sein du mystérieux amour, pour l’éternité. Gloire et louange à Vous, Ô Indivisible Trinité, Dieu unique pour tous les siècles !
Partie 278
Jésus m’a accordé la grâce de me connaître moi-même. Dans cette lumière divine j’ai vu mon défaut dominant : c’est l’orgueil qui a pris la forme du repliement sur moi-même, et du manque de simplicité envers la Mère Supérieure.
La seconde lumière concerne la parole. Il m’arrive de trop parler. Je passe trop de temps à régler des affaires pour lesquelles deux ou trois mots suffiraient. Et Jésus voudrait que je passe ce temps à réciter de petites prières pour les âmes souffrantes du purgatoire. Et le Seigneur dit que chaque mot sera pesé au jour du jugement.
La troisième lumière concerne notre règlement. J’évite trop peu les occasions qui mènent à l’enfreindre, surtout la règle du silence. Désormais, j’agirai comme si la règle n’était écrire que pour moi. La façon dont les autres agissent ne me regarde pas, pourvu que moi j’agisse comme Dieu le désire.
Résolution. Quand il s’agit de choses extérieures, j’irai immédiatement dire aux Supérieures tout ce que Jésus exige de moi. Et dans mes relations avec ka Supérieure, je tacherai d’être franche et sincère comme un enfant.
275. Jésus aime les âmes cachées. La fleur cachée renferme le plus de parfum. M’efforcer de créer à l’intérieur de mon âme un endroit retiré pour le cœur de Jésus. Dans les moments pénibles et douloureux, je fredonnerai pour Vous, ô mon Créateur, un hymne de confiance. Car le gouffre de ma confiance envers Vous, envers Votre Miséricorde, est sans borne.
276. Depuis que je me suis mise à aimer la souffrance, elle a cessé d’être souffrance. C’est la nourriture quotidienne de mon âme.
277. Je n’irai pas parler avec telle personne, car je sais que cela déplaît à Jésus, et elle n’en tire aucun profit.
278. Aux pieds du Seigneur. Jésus caché, Amour éternel, notre vie, Vous oubliant Vous-même, Vous ne voyez que nous. Avant de créer le ciel et la terre, Vous nous portiez déjà dans Votre Cœur. O Amour, ô profondeur de Votre abaissement, ô mystère du bonheur, pourquoi si peu d’âmes Vous connaissent-elles ? Pourquoi ne trouvez-Vous pas de réciprocité ? O Divin Amour, pourquoi cachez-Vous votre beauté ? O Inconcevable et Infini, plus je Vous connais, moins je Vous comprends. Mais parce que je ne puis Vous comprendre, je conçois mieux Votre grandeur. Je n’envie pas leur feu aux Séraphins, car un don plus grand est déposé en mon cœur. En extase, eux Vous admirent, mais Votre Sang s’unit au mien. L’amour c’est le ciel qui nous est déjà donné ici sur la terre. Oh ! pourquoi Vous cachez-Vous dans la foi ? L’Amour déchire le voile. Il n’y a pas de voile devant le regard de mon âme. Car Vous-même m’avez attirée au sein du mystérieux amour pour l’éternité. Gloire et louange à Vous, ô indivisible Trinité, Dieu unique pour tous les siècles !
279. Dieu m’a fait comprendre en quoi consiste l’amour et Il m’a accordé la lumière pour que je sache comment je dois Lui témoigner en pratique.
Le véritable amour de Dieu consiste à accomplir la volonté divine. Pour manifester l’amour de Dieu dans nos actions, il faut que toutes, même les plus petites, découlent de notre amour pour Dieu. Et le Seigneur me dit : " Mon enfant, tu Me plais davantage par la souffrance. Dans les souffrances physiques, comme dans les souffrances morales. Ne cherche pas, Ma fille, de compassion auprès des créatures. Je veux que le parfum de tes souffrances soit pur et sans mélange. J’exige que tu te détaches, non seulement des créatures, mais aussi de toi-même. Ma fille, Je veux Me désaltérer à l’amour de ton cœur, un amour pur, virginal, immaculé et sans aucune éclipse. Plus tu aimeras la souffrance, Ma fille, plus pur sera ton amour envers Moi. "
280. Jésus me donne l’ordre de célébrer la fête de la Miséricorde Divine, le premier dimanche après Pâques. Avec un grand recueillement intérieur, portant la ceinture pendant, en guise de mortification extérieure, je n’ai cessé de prier pour les pécheurs, et pour obtenir la miséricorde divine dans le monde entier. Alors Jésus me dit : " Mon regard repose aujourd’hui avec plaisir sur cette maison. "



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Sainte Faustine - L’APÔTRE DE LA MISÉRICORDE DIVINE Chap 241 à 260

Posté le 02.05.2008 par jubilatedeo
241 J.M.J.
Résolutions particulières de la retraite 1933. V. I.
L’amour du prochain.
Premièrement : empressement envers les sœurs.
Secondement : ne pas parler des absents et défendre la réputation du prochain.
Troisièmement : Se réjouir des réussites du prochain.
242. O Dieu, comme je désire être une petite enfant. Vous êtes mon père. Vous savez comme je suis petite et faible, je Vous supplie donc, gardez-moi près de Vous, dans tous les moments de ma vie et particulièrement à l’heure de la mort. Jésus, je sais que Votre bonté surpasse la bonté de la plus tendre mère.
Je remercierai Jésus pour chaque humiliation, je prierai particulièrement pour la personne qui me donne l’occasion de m’humilier. Je vais m’anéantir au profit des âmes. Ne compter aucun sacrifice, m’étendant sous les pieds des Sœurs comme un tapis sur lequel elles peuvent, non seulement marcher, mais aussi s’essuyer les pieds. Ma place est sous les pieds des Sœurs. Je tacherai de mettre ceci en pratique de façon imperceptible pour l’œil humain. Il suffit que Dieu le voie.
Le jour gris et quotidien a déjà recommencé. Les instants solennels des vœux perpétuels sont passés, mais cette grande grâce de Dieu demeure en mon âme. Je sens que je suis toute à Dieu, je sais que je suis Son enfant. Je sens que je suis toute entière propriété de Dieu. J’expérimente ceci même de façon physique et sensible. Je suis parfaitement tranquille en tout, car je sais que c’est l’affaire de l’Epoux de penser à moi. Je ne me soucie plus du tout de moi-même. Ma confiance dans son Cœur très Miséricordieux est sans bornes. Je Lui suis continuellement unie. Il me semble que Jésus ne pourrait pas être heureux sans moi, ni moi sans Lui. Je comprends bien cependant qu’étant Dieu Il est heureux en Lui-même et qu’Il n’a besoin d’absolument aucune créature. Mais sa bonté le contraint à Se communiquer à Sa créature, et cela avec une inconcevable générosité.
245. Mon Jésus, je vais faire des efforts maintenant, pour l’honneur et la gloire de Votre Nom, combattant jusqu’au jour où Vous Seul me direz : Assez ! Je vais tâcher de secourir chacune des âmes que Vous m’avez confiée, je vais tâcher de les secourir par la prière et le sacrifice, pour que votre grâce puisse agir en elles. O grand amant des âmes, mon Jésus, je vous remercie pour cette grande confiance avec laquelle Vous avez daigné confier ces âmes à notre protection.
Jours de travail et de routine, vous n’êtes pas du tout monotones, car chaque moment m’apporte de nouvelles grâces et la possibilité de bien faire.
246. 25.III.1933. Les permissions mensuelles
En passant, entrer à la chapelle.
Prier aux moments libres.
Accepter peu de choses, donner, prêter.
Pour le deuxième petit déjeuner et goûter.
Parfois je ne pourrai participer à la récréation.
Je ne pourrai pas toujours assister aux exercices communs.
Je ne pourrai pas toujours réciter en commun les prières du soir et du matin.
Parfois rester un moment à mes devoirs après neuf heures.
Parfois faire les exercices après neuf heures.
Ecrire ou noter quelque chose quand j’aurai un moment.
Téléphoner.
Sortir de la maison.
Entrer à l’Eglise lorsque je suis en ville.
Rendre visite aux Sœurs malades.
Entrer dans la cellule d’une autre Sœur en cas de besoin.
Boire parfois un peu d’eau, en dehors du temps prescrit.

Petites mortifications
Réciter le chapelet à la Miséricorde Divine les bras en croix.
Le samedi, une partie du rosaire, les bras en croix.
Parfois réciter une prière, prosternée.
Jeudi, l’Heure Sainte.
Vendredi quelque plus grande mortification pour les pécheurs agonisants.
247. Jésus, ami du cœur solitaire, Vous êtes mon port, Vous êtes ma paix, Vous êtes mon seul secours. Vous êtes le calme dans mes combats et dans mes doutes. Vous êtes le lumineux rayon qui éclaire la route de ma vie. Vous êtes tout pour l’âme solitaire. Vous comprenez l’âme, même quand elle se tait. Vous connaissez nos faiblesses comme un bon médecin. Vous consolez et soignez, ménageant les souffrances, parce que Vous nous connaissez bien.
248. Les paroles que Monseigneur l’Evêque, prononça pendant la cérémonie des vœux perpétuels : « Acceptez ce cierge en signe de la lumière céleste et de l’amour enflammé. » Donnant l’anneau : « Je vous unis à Jésus-Christ, le Fils du Père, du Très Haut, qu’Il vous garde sans tache. Recevez cet anneau en signe de l’éternelle alliance que vous contractez avec le Christ, Epoux des Vierges. Qu’Il soit pour vous l’Anneau de la foi, le signe de l’Esprit Saint, pour que vous vous appeliez épouse du Christ, et que vous soyez couronnée pour l’éternité, si vous Le servez fidèlement. »
249. O Jésus, j’ai confiance en Vous, j’ai confiance en Votre inépuisable Miséricorde, Vous êtes ma Maman !
250. Cette année 1933 est particulièrement solennelle pour moi, car en cette année du Jubilé de la Passion du Seigneur, j’ai prononcé mes vœux perpétuels. J’ai déposé mon offrande, tout particulièrement avec l’Offrande de Jésus Crucifié, pour être par là-même plus agréable à Dieu. Je réalise toutes mes actions avec Jésus, par Jésus, en Jésus.
251. Après les vœux perpétuels, je restai encore tout le mois de mai à Cracovie. Je devais aller soit à Rabka, soit à Wilno. Un jour, la Mère Générale me demanda : « Eh bien ! Ma Sœur, Vous restez tranquille et Vous ne Vous disposez à partir nulle part » ? Je répondis : « Je veux la volonté de Dieu à l’état pur. Où Vous m’ordonnerez d’aller, petite Mère, là je saurai que c’est la pure volonté de Dieu, sans aucune addition de ma part. » « Très bien ! » me répondit-elle.
Le lendemain, la Mère Générale m’appela et me dit : « Vous vouliez, ma Sœur, avoir la volonté de Dieu à l’état pur. Eh bien, vous partirez pour Wilno. » J’ai remercié et j’attendis le jour de mon départ. Cependant une certaine joie mêlée de peur remplit mon âme. Je sentais que Dieu me préparait là bas de grandes grâces, mais aussi de grandes souffrances. Mais je suis restée à Cracovie jusqu’au 27 mai. Je n’avais pas d’emploi stable, j’allais seulement aider au jardin et, comme je travaillais seule, j’ai pu, pendant tout un mois, faire les exercices de Saint Ignace, bien qu’assistant à la récréation commune. J’ai obtenu pendant ce temps beaucoup de lumières divines.
252. Quatre jours ont passé depuis mes vœux perpétuels. Je tâchais de faire l’Heure Sainte. C’était le premier jeudi du mois. Dès que je suis rentrée dans la chapelle, je fus envahie jusqu’au plus profond de moi-même par la présence de Dieu. Je sentais nettement que le Seigneur était près de moi. Après un moment je vis le Seigneur, tout couvert de plaies. Il me dit : « Vois, Celui que tu as épousé. » J’ai compris la signification de ces mots, et je répondis à Jésus : « Je vous aime plus, en vous voyant ainsi blessé et anéanti, que si je Vous voyais dans Votre Majesté. » Jésus demanda « Pourquoi ? » Je répondis : « Une grande Majesté me fait peur, à moi, le petit néant que je suis ; tandis que Vos Plaies m’attirent vers Votre Cœur et me parlent de Votre grand amour pour moi. »
Un silence régna après cette conversation. Je fixais mes yeux sur Ses Saintes Plaies,
et je me sentais heureuse de souffrir avec Lui. Souffrant ainsi, je ne souffrais pas, car je me sentais heureuse en reconnaissant la profondeur de Son amour, et cette heure passa comme une minute.
253. Ne jamais juger personne, avoir un regard indulgent pour les autres et, pour soi-même, un regard sévère. Tout rapporter à Dieu et, me montrer à mes propres yeux, telle que je suis, c’est-à-dire la plus grande misère et le néant. Garder la patience et la tranquillité dans les souffrances, sachant que tout passe avec le temps.
252. Il ne faut pas parler des moments que j’ai vécus pendant les vœux perpétuels.
Je suis en Lui, et Lui en moi. Au moment où Monseigneur l’Evêque mettait l’anneau à mon doigt, Dieu envahit tout mon être. Je ne sais l’exprimer, je passe donc ce moment sous silence. Mes rapports avec Dieu sont, depuis ces vœux perpétuels, si étroits que je n’en ai jamais connu de tels auparavant. Je sens que j’aime Dieu et que Lui m’aime. Mon âme ayant goûté Dieu, ne saurais plus vivre sans Lui. Une heure passée au pied de l’autel, dans la plus grande sécheresse de l’âme, m’est plus agréable que cent ans de délices mondains. J’aime mieux être au couvent un souffre-douleur insignifiant, que reine dans le monde.
255. Je vais cacher aux yeux des hommes ce que je pourrais faire de bien, pour que Dieu seul soit ma récompense. Comme la petite violette cachée dans l’herbe ne blesse pas le pied qui la foule, mais exhale son parfum, ainsi, m’oubliant moi-même, je tâcherai de faire plaisir à la personne qui m’a foulée aux pieds. C’est très dur pour la nature, mais la grâce de Dieu me vient en aide.
256. Merci, Jésus, pour cette grande grâce de m’avoir permis de mesurer tout l’abîme de ma misère. Je sais que je suis un gouffre de néant et, si Votre grâce ne me soutenait pas, je retournerais en un instant au néant. C’est donc par chaque battement de mon cœur que je Vous remercie, mon Dieu, pour Votre grande miséricorde envers moi.
257. Demain je dois partir pour Wilno. Je suis allée me confesser au Père Andrasz, ce prêtre qui est tellement habité par l’esprit de Dieu. Il a délié mes ailes pour me permettre de voler sur les hauteurs les plus élevées. Il m’a tranquillisée en toutes choses et m’ordonne de croire en la Providence. « Ayez confiance, avancez courageusement. » Une singulière puissance divine fut mon partage après cette confession.
Le Père a insisté pour que je sois fidèle à la grâce divine. Et il m’a dit : « Rien ne vous arrivera de mal si, à l’avenir, vous gardez la même simplicité et la même obéissance. Ayez confiance en Dieu, vous ^tes dans la bonne voie et en bonnes mains : dans les Mains de Dieu.
258. Le soir, je suis restée un peu plus longtemps à la chapelle. Je causais avec Jésus à propos de… Encouragée par sa bonté, j’ai dit : « Jésus, Vous m’avez donné ce Père qui m’a comprise dans mes inspirations ; et de nouveau, Vous me prenez. Que ferai-je à Wilno ? Je n’y connais personne, même le langage de là-bas m’est étranger. » Et le Seigneur m’a dit : « N’aie pas peur, je ne te laisserai pas seule. » Mon âme s’abîma alors dans la louange, pour toutes les grâces que Dieu m’a accordées par l’intermédiaire du Père Andrasz.
Tout à coup, je me suis rappelée cette vision, dans laquelle j’avais vu un prêtre entre le confessionnal et l’autel. J’ai confiance que je ferai un jour sa connaissance, et les mots que j’avais entendu alors résonnèrent vivement à mes oreilles : « Il t’aidera à faire Ma volonté sur terre. »
259. Aujourd’hui, le 27 mai 1933, je pars pour Wilno. Quand je suis sortie de la maison, j’ai regardé le jardin, la maison, et lorsque mon regard s’arrêta, les larmes jaillirent soudain de mes yeux. Je me suis souvenue de tous les bienfaits et grâces que le Seigneur m’avait accordés. Subitement, d’une manière inattendue, j’aperçus, près de la plate-bande, le Seigneur qui me dit : « Ne pleure pas, Je suis toujours avec toi. » La présence de Dieu, qui m’enveloppa quand Jésus parlait, dura pendant tout le voyage.
260. J’avais la permission d’entrer dans le sanctuaire, en passant à Czestochowa. C’était la première fois que je voyais l’icône de la Mère de Dieu. A mon arrivée, à cinq heures, on dévoilait l’image. Je priai sans interruption jusqu’à onze heures, et il me semblait que je venais d’entrer. La Mère Supérieure de là-bas envoya une Sœur me chercher pour que j’aille déjeuner.
Elle s’affligeait de ce que j’allais manquer mon train. La Mère de Dieu m’a beaucoup parlé. Je lui ai renouvelé mes vœux perpétuels, je sentais que j’étais son enfant et qu’elle était ma Mère. Elle ne m’a rien refusé de ce que je lui ai demandé.

Sainte Faustine - L’APÔTRE DE LA MISÉRICORDE DIVINE Chap 221 à 240

Posté le 01.05.2008 par jubilatedeo
221. Aujourd’hui je n’ai pu comprendre la méditation. Mon esprit était singulièrement noyé en Dieu. Je n’arrivais pas à me forcer à penser à ce que le Père disait pendant la retraite. Il m’est souvent difficile de méditer selon les points donnés. Mon esprit est avec le Seigneur et c’est là ma méditation.
222. Quelques mots de mon entretien avec la Mère Maîtresse Marie-Joseph. Elle m’a éclairée et tranquillisée en beaucoup de choses quant à ma vie intérieure, disant que je suis dans la bonne voie. J’ai remercié Jésus pour cette grande grâce, car c’est la première des Supérieures à ne pas avoir de doutes à ce sujet. Oh ! Que la bonté de Jésus est infinie !
223. Vivante Hostie, ma seule force, Source d’amour et de miséricorde, emparez-vous du monde entier, fortifiez les âmes défaillantes. Oh ! Béni soit l’instant et le moment où Jésus nous laissa Son Coeur Très Miséricordieux.
224. Souffrir sans se plaindre, consoler autrui et noyer ses propres souffrances dans le Cœur très saint de Jésus. Je passerai toutes mes heures libres auprès du Saint Sacrement. Aux pieds de Jésus je vais chercher lumière, consolation et force. Je vais témoigner au Seigneur une incessante reconnaissance pour sa grande miséricorde envers moi. Je n’oublierai jamais les bienfaits que le Seigneur m’a accordés, et surtout la grâce de la vocation…
Je me cacherai parmi les Sœurs comme une petite violette entre les lis… Je veux fleurir pour mon Créateur et mon Seigneur, m’oublier moi-même, m’anéantir complètement au profit des âmes immortelles, voila ce qui fait mon délice.
225. Certains de mes avis
Quant à la Sainte Confession : Je vais choisir ce qui m’humilie et me coûte le plus. Parfois un rien coûte davantage qu’une chose plus importante. A chaque confession, je me rappellerai la Passion de Jésus et je veux ainsi susciter le repentir dans mon cœur. Autant que possible, avec la grâce de Dieu, m’exercer toujours à la contrition parfaite. J’y consacrerai davantage de temps. Avant de m’approcher de confessionnal, j’entrerai d’abord dans le Cœur ouvert et très miséricordieux de Jésus. Après la confession, j’éveillerai dans mon âme ma profonde reconnaissance envers la Sainte Trinité, pour ce merveilleux et inconcevable miracle de Miséricorde, qui s’opère en elle. Et plus mon âme est misérable, plus je sens que l’océan de la Miséricorde divine me pénètre et me donne force et vigueur.
226. Les règles contre lesquelles je suis le plus souvent fautive: rompre le silence, ne pas obéir au signal de la cloche, me mêler des affaires d’autrui. Je ferai mon possible pour m’en corriger.
Je vais éviter les Sœurs qui murmurent et, si je ne peux pas les éviter, au moins je me tairai devant elles, pour montrer ainsi combien il est pénible de les écouter.
Ne pas faire attention à l’opinion des autres, mais écouter sa propre conscience, pour savoir quel témoignage elle nous donne. Avoir Dieu pour témoin de toutes nos actions. Je vais me conduire ainsi maintenant et régler toutes mes affaires comme je voudrais me conduire et les régler au moment de la mort. C’est pourquoi je dois vivre constamment sous le regard de Dieu.
Eviter les permissions présumées. Expliquer aux Supérieures les choses mineures, et si possibles, en détail. Fidélité aux exercices, ne pas recourir facilement aux dispenses. En dehors du temps de la récréation, me taire. Eviter les plaisanteries et les bons mots qui provoquent le rire et rompent le silence
Accorder une grande importance aux plus minimes prescriptions :
Ne pas me laisser absorber par le tourbillon du travail, mais savoir l’interrompre un instant pour regarder vers le ciel. Parler peu avec les gens – mais beaucoup avec Dieu.
Eviter la familiarité.
Ne pas tenir compte de ce qui est pour moi et qui est contre moi. Ne pas faire de confidence sur ce que j’ai enduré.
Eviter de parler avec quelqu’un à haute voix pendant le travail
Garder la paix et l’équilibre dans les souffrances.
Aux moments difficiles recourir aux Plaies de Jésus ; chercher en elles la consolation, le soulagement, la lumière et la force.
227. Dans les épreuves, je vais tâcher de voir la main aimante de Dieu. Il n’y a rien d’aussi durable que la souffrance : elle tient toujours fidèlement compagnie à l’âme. O Jésus, je ne permettrai à personne de me devancer dans mon amour pour Vous.
228. Jésus, caché dans le Saint Sacrement
Jésus, caché dans le Saint Sacrement, Vous voyez qu’en prononçant mes vœux perpétuels, je sors aujourd’hui du noviciat. Vous connaissez ma faiblesse et ma petitesse. Eh bien ! Dès aujourd’hui je passe d’une manière toute particulière dans Votre noviciat. Je continue à être novice, mais Votre novice, Jésus, et Vous serez mon Maître jusqu’au dernier jour. Me tenant à Vos pieds, je vais chaque jour me mettre à Votre école. Je ne ferai pas la plus petite chose de moi-même, sans Vous avoir d’abord consulté comme mon Maître.
Jésus, je suis si heureuse que Vous m’ayez attirée et agrée à Votre noviciat, c'est-à-dire au tabernacle. En prononçant mes vœux, je ne suis pas une parfaite religieuse – non, non ! Je continue à être une toute petite et faible novice de Jésus et je vais tâcher d’acquérir la perfection, comme pendant les premiers jours du noviciat. Et je vais m’efforcer d’avoir la même disposition d’âme que le premier jour, quand la porte du cloître s’ouvrit pour moi. Avec la confiance et la simplicité d’un petit enfant, je me rends aujourd’hui à Vous, Jésus mon Maître. Je vous laisse la liberté complète de diriger mon âme. Conduisez-moi par les voies que Vous voulez, je ne vais pas chercher à pénétrer Vos raisons. Confiante, je vous suivrai ! Votre Cœur Miséricordieux peut tout ! La petite novice de Jésus – Sœur Faustine.
229. Au commencement de la retraite Jésus me dit : « Pendant cette retraite Je vais, Moi-même, diriger ton âme. Je veux t’affermir dans la paix et l’amour. » Et ainsi passèrent les premiers jours. Le quatrième jour, des doutes commencèrent à me tourmenter. Ne suis-je pas dans une fausse paix. Soudain j’entendis ces paroles : « Ma fille, figure-toi que tu es la souveraine de toute la terre et que tu as le pouvoir de disposer de tout selon ton bon plaisir. Tu as tout pouvoir pour faire le bien. Quand soudain, un petit enfant frappe à ta porte. Il est tout tremblant, les larmes aux yeux, mais avec une grande confiance en ta bonté, il demande un morceau de pain pour ne pas mourir de faim. Comment agiras-tu envers cet enfant ? Réponds-moi, ma fille. »
Et j’ai dit : « Jésus, je lui donnerais tout ce qu’il demande et encore mille fois plus » Et le Seigneur mme dit : « J’agis de la même manière envers ton âme. Au cours de cette retraite, Je t’accorde non seulement la paix, mais aussi une telle disposition d’âme que, même si tu voulais t’inquiéter, tu ne le pourrais pas. Mon amour s’est emparé de ton âme et Je veux que tu t’affermisses dans cet amour. Approche ton oreille de Mon Cœur oublie tout et contemple Mon inconcevable Miséricorde. Ton amour te donnera la force et le courage, qui te sont nécessaires dans ces affaires. »
230. Jésus, Vivante Hostie, Vous êtes une Mère pour moi, Vous êtes mon tout ! C’est avec simplicité et amour, avec foi et confiance que je viens à Vous, Jésus ! Je vais tout partager avec Vous, comme un enfant avec sa mère aimée, mes joies et mes souffrances, en un mot, tout.
231. Quand je pense que Dieu s’unit à moi par les voeux, c'est-à-dire moi à Lui, personne n’est en état de concevoir ce que ressent mon âme. Déjà maintenant Dieu me donne la connaissance de toute l’immensité de l’amour dont Il m’aimait bien avant les siècles ; et moi je viens de commencer à L’aimer dans le temps. Son amour était grand, pur et désintéressé, et mon amour pour Lui provient de ce que je commence à Le connaître.
Plus je Le connais, plus je L’aime et de plus en plus ardemment et fortement, et mes actes deviennent de plus parfaits. Cependant quand je me souviens que, dans quelques jours, je dis devenir un avec le Seigneur par les vœux perpétuels, mon âme est inondée d’une joie inouïe, que je ne peux décrire. Depuis le premier instant où je fis la connaissance du Seigneur, le regard de mon âme se perdit en Lui pour l’éternité. A chaque fois que le Seigneur S’approche de moi et que je Le connais plus profondément, un amour plus parfait grandit dans mon âme.
232. Avant de me confesser j’ai entendu ces paroles : « Ma fille, dis-lui tout et dévoile ton âme comme tu le fait avec Moi. N’aie peur de rien, c’est pour te tranquilliser que Je place ce prêtre entre toi et Moi, et les paroles par lesquelles il te répondra ; seront Mes paroles. Dévoile les choses les plus secrètes de ton âme. Je lui accorderai la lumière qui lui fera connaître ton âme. »
233. Quand je me suis approchée du confessionnal, j’ai ressenti dans mon âme une si grande facilité pour lui parler de tout, que plus tard, j’en fus moi-même très surprise. Ses réponses établirent une paix profonde dans mon âme. Ses paroles étaient, sont et resterons toujours des colonnes flamboyantes, qui ne cesseront d’éclairer mon âme dans son élan vers la plus haute sainteté.
J’ai noté sur une autre page de ce cahier les indications que j’ai reçues du Père Andrasz.
234. Après avoir fini cette confession, mon esprit s’anéantit en Dieu. Je restai en oraison pendant trois heures mais il me sembla que ce n’était que quelques minutes. Depuis lors je ne fais plus obstacle à la grâce qui agit dans mon âme. Jésus savais pourquoi j’avais peur des rapports intimes avec Lui, et cela ne L’a pas du tout offensé. Depuis que le confesseur m’a assuré que ce n’était pas une illusion mais la grâce de Dieu, je tâche d’être en tout fidèle à Dieu. Je vois maintenant qu’il y a peu de prêtres qui comprennent toute la profondeur de l’action divine dans l’âme. Depuis ce temps j’ai les ailes déployées pour voler et je désire planer dans le brasier même du soleil. Mon vol ne s’arrêtera que lorsque je reposerai en Dieu pour l’éternité.
Si nous planons très haut, toutes les vapeurs, les brumes, les nuages se trouvent sous nos pieds : c’est ainsi que tout notre être sensible doit être soumis à l’esprit.
235. O Jésus, je désire le salut des âmes, des âmes immortelles. C’est dans le sacrifice que je donnerai libre cours à mon cœur, un sacrifice dont personne ne se doutera. Et je vais m’anéantir et me consumer invisiblement dans les saintes flammes de l’amour de Dieu. La présence divine m’aidera pour que mon sacrifice soit parfait et pur.
236. Que les apparences sont trompeuses et les jugements injustes ! Que la vertu souffre souvent seulement parce qu’elle est silencieuse ! Il faut beaucoup d’abnégation pour avoir des relations sincères avec ceux qui vous piquent incessamment. On sent que le sang diminue, mais on ne voit pas les blessures. O Jésus, que de choses ne sera dévoilées qu’au dernier jour ! Quelle joie ! Rien ne périra de nos efforts.
237. L’Heure Sainte. Pendant cette heure d’adoration j’ai perçu tout le gouffre de ma misère. Ce que j’ai de bon en moi est tout à Vous, Seigneur. Mais parce que je suis petite et misérable, j’ai le droit de compter sur Votre infinie Miséricorde.
238. Le soir. Jésus, demain matin, je vais prononcer mes vœux perpétuels. J’ai prié tout le ciel et toute la terre et tout les êtres. Je les ai appelés pour qu’ils glorifient Dieu de cette grâce immense, inconcevable. Soudain, j’entendis ces paroles : « Ma fille, ton cœur est mon ciel. »
Encore un moment de prière et puis il faut fuir. On nous chasse de partout, car pour demain on arrange la chapelle, le réfectoire, la salle et la cuisine ; et nous devons aller dormir.
La joie m’a ôté le sommeil. Je pensais : « Qu’est ce qu’il y aura au Ciel, si déjà ici, dans cet exil, Dieu comble mon âme de cette façon ? »
239. Prière, pendant la Sainte Messe, le jour des vœux perpétuels : je dépose aujourd’hui mon coeur sur cette patène où repose votre cœur, et je m’offre aujourd’hui, avec Vous à Dieu, Votre Père et le mien, en oblation d’amour et de louanges. Père de Miséricorde, jetez un regard sur le sacrifice de mon cœur, offert par la Plaie du Cœur de Jésus.
1933 année, V . Première journée.
L’union avec Jésus, le jour de mes vœux perpétuels. Jésus, Votre Cœur est ma propriété depuis aujourd’hui comme mon cœur est exclusivement Vôtre. La seule évocation de Votre Nom, Jésus, fait le délice de mon cœur. En vérité, je ne saurai vivre un seul moment sans Vous, Jésus. Aujourd’hui mon âme s’est fondue en Vous qui êtes mon unique trésor. Aucun obstacle n’empêchera mon amour d’en donner des preuves à mon Bien-Aimé.
Les paroles de Jésus pendant les vœux perpétuels : « Mon épousée, nos cœurs sont unis pour tous les siècles. Rappelle-toi à Qui tu as fait tes vœux…. » Tout ne se peut dire. Ma demande. Pendant que nous étions étendues sous le drap noir. J’ai demandé au Seigneur qu’il m’accorde la grâce de ne jamais L’offenser, volontairement et sciemment par aucun péché, même le plus minime, par aucune imperfection. Jésus, je Vous aime de tout mon cœur ! Dans les moments les plus difficiles, Vous êtes ma Maman.
Je meurs aujourd’hui complètement à moi-même par amour pour Vous, Jésus, et je commence à vivre pour la plus grande gloire de Votre Saint nom !
L’amour. C’est par amour que je m’offre à Vous, Très Sainte Trinité, comme une offrande de louange, un holocauste de complet anéantissement de soi. Par cet anéantissement de moi-même, je désire que votre nom soit sanctifié, Seigneur. Je me jette à Vos pieds, Seigneur, comme un tout petit bouton de rose. Que le parfum de cette fleur ne soit connu que de Vous, Seigneur.
240. Trois demandes au jour des vœux perpétuels. Je sais, Jésus, qu’aujourd’hui Vous ne me refuserez rien.
La première demande. Jésus, mon Epoux Bien-aimé, je prie pour le triomphe de l’Eglise, surtout en Russie et en Espagne. Bénissez le Saint Père Pie XI et tout le clergé. Je demande la grâce de la conversion pour tous les pécheurs endurcis, et une bénédiction particulière, et la lumière, pour tous les prêtres auxquels je vais me confesser durant ma vie.
La deuxième demande. Je demande Votre bénédiction pour notre congrégation ; dotez-la d’un grand zèle. Bénissez, Jésus, la Mère Générale, la Mère Maîtresse et tout le noviciat et toutes les Supérieure. Bénissez mes parents bien-aimés. Accordez, Jésus, Votre grâce à nos élèves.. Fortifiez-les puissamment dans Votre grâce, pour que celles qui quittent nos maisons ne Vous offensent plus par aucun péché. Jésus, je prie pour ma Patrie, défendez-la contre les assauts de l’ennemi.
La troisième demande. Jésus, je Vous prie pour les âmes qui ont le plus besoin de prières. Je Vous prie pour les agonisants, Soyez miséricordieux envers eux. Je Vous prie aussi pour la libération de toutes les âmes du Purgatoire ! Jésus, je Vous recommande particulièrement mes confesseurs, les personnes qui se sont recommandées à mes prières, une certaine personne…, le Père Andrasz, l’abbé Czaputa et ce prêtre dont j’ai fait la connaissance à Wilno, et qui doit être mon confesseur.
Ensuite, telle âme…, tel prêtre, tel religieux, à qui, Vous le savez, Jésus, je dois tant. Jésus, en ce jour, Vous pouvez tout faire pour ceux pour lesquels je vous prie. Pour moi, Seigneur, je Vous le demande, transfigurez-moi complètement en Vous, maintenez-moi constamment dans un saint zèle pour Votre gloire, donnez-moi la grâce et la force d’esprit pour accomplir en tout Votre Sainte Volonté.
Je Vous remercie, mon Epoux bien-aimé, pour la dignité que Vous m’avez accordée. Et spécialement pour les armoiries royales que je reçois dès aujourd’hui, et que les Anges mêmes ne possèdent pas : la croix, le glaive et la couronne d’épines. Mais, ô mon Jésus, par-dessus tout, je Vous remercie pour Votre Cœur : Il va me suffire en tout.
Marie, Très Sainte Mère de Dieu, ma Mère, Vous l’êtes maintenant, tout particulièrement, puisque Votre Fils bien-aimé est mon Epoux, nous sommes donc tous deux Vos enfants. Par égard pour Votre Fils, Vous devez m’aimer, Marie, ma Mère bien aimée, dirigez ma vie intérieure pour qu’elle soit agréable à Votre Fils.
Dieu Saint et Tout-Puissant, en ce moment où Vous me faite la grande grâce de m’unir à Vous pour l’éternité, moi, tout petit néant, je me jette à Vos pieds avec la plus profonde gratitude, comme une petite fleur inconnue ; et le parfum de cette fleur d’amour va s’élever chaque jour jusqu’à Votre trône.
Dans les moments de combat et de souffrances, de ténèbres et d’orages, de nostalgie et de tristesse, dans les moments de dure épreuve, dans les moments où je ne serai comprise par aucune créature, et où je serai même condamnée et dédaignée, je me souviendrai de ce jour de mes vœux perpétuels, jour d’inconcevable grâce divine.

Sainte Faustine - L’APÔTRE DE LA MISÉRICORDE DIVINE Chap 201 à 220

Posté le 30.04.2008 par jubilatedeo
201. Je désire si bien me cacher, qu’aucune créature ne connaisse mon cœur. Jésus, vous seul le connaissez et le possédez tout entier. Personne ne connaît notre secret. Nous nous comprenons mutuellement d’un regard. Depuis ce moment où nous avons fait connaissance, je suis heureuse. Votre grandeur est ma plénitude. Jésus, quand je suis la dernière, plus bas que les postulantes, même les plus jeunes, c’est alors que je me sens à ma place. Je ne savais pas que dans ces petits coins sans éclats le Seigneur avait placé tant de bonheur. Je comprends maintenant que, même en prison, peut jaillir d’une poitrine pure vers Vous, Seigneur, la plénitude de l’amour. Les choses extérieures n’ont pas d’importance pour le pur amour, il pénètre tout. Ni les portes de la prison, ni les portes du Ciel n’ont de force contre lui. Il atteint Dieu seul et rien ne peut le faire mourir. Il n’y a pas d’obstacle pour lui, il est libre comme un roi, et peut passer librement partout. La mort même doit baisser la tête devant lui…
202. Aujourd’hui, ma sœur est venue me voir. Quand elle me fit part de ses épreuves, la peur me saisit. Etait-ce possible ? Une petite âme, si belle devant Dieu, et cependant environnée de telles ténèbres qu’elle ne savait pas comment se tirer d’affaire. Elle voyait tout en noir ; Le Bon Dieu me l’a confiée et pendant deux semaines je pouvais m’occuper d’elle. Mais combien cette âme m’a coûté de sacrifices, Dieu seul le sait. Pour personne d’autre je n’ai porté devant le trône de Dieu autant de sacrifices, de souffrances et de prières. Je sentais que j’avais forcé Dieu à lui accorder Sa grâce. Je considère ceci comme un vrai miracle. Je vois maintenant quelle force a, devant Dieu, la prière d’intercession.
203. En ce moment, au cours de ce carême, je ressens souvent la Passion de Jésus dans mon corps et j’endure profondément dans mon cœur ce qu’Il a souffert. Cependant rien ne trahit extérieurement mes souffrances, seul mon confesseur les connaît.
204. Une courte conversation avec la Mère Maîtresse. Je lui ai demandé quelques conseils de conduite dans la vie intérieure. Cette sainte Mère me répondit à tout avec une grande clarté. Elle me dit : « Si vous continuez à collaborer ainsi avec la grâce de Dieu, vous serez, ma Sœur, bien près de l’intime union avec Dieu. Vous comprenez, ma Sœur, ce que je veux dire. Que votre trait caractéristique soit la fidélité à la grâce du Seigneur. Dieu ne mène pas toutes les âmes par cette voie. »
205. La Résurrection. Aujourd’hui, pendant la célébration de la Résurrection, je vis Jésus dans une grande clarté. Il s’approcha de moi et dit : « Que la paix soit avec vous, Mes enfants. » Il leva la main et nous bénit. Les plaies de Ses Mains, de Ses Pieds et de Son Côté n’étaient pas effacées, mais lumineuses. Il me regarda avec une telle bonté et un tel amour que mon âme entière se fondit en Lui. Il me dit : « Tu as pris une grande part à Ma Passion, c’est pour cela que Je te donne cette grande part à Ma gloire et à Ma joie. » Tout le temps de la Résurrection me sembla durer une minute à peine. Un singulier recueillement envahit mon âme et y demeura pendant toute la durée des fêtes. La grâce de Jésus est si grande que je ne puis l’exprimer.
206. Le lendemain, après la Sainte Communion, j’entendis une voix qui disait ; « Ma fille, regarde l’abîme de Ma Miséricorde. Honore-là et glorifie-la de la façon suivante: rassemble tous les pécheurs du monde entier et plonge-les dans le gouffre de Ma Miséricorde. Je désire Me communiquer aux âmes. Je désire les âmes, Ma fille. Pendant Ma fête, la Fête de la Miséricorde, tu vas parcourir le monde entier et amener les âmes défaillantes à la source de Ma Miséricorde. Je les guérirai et les fortifierai. »
207. Aujourd’hui, j’ai prié pour une agonisante, qui mourait sans les Saints Sacrements qu’elle désirait pourtant ardemment. Mais il était trop tard. C’est une parente, la femme de mon oncle. Cette âme était agréable à Dieu. A ce moment là, l’espace n’existait pas entre nous.
208. O vous, menues offrandes, vous êtes pour moi comme les fleurs des champs dont je jonche les pieds de mon Bien-aimé Jésus. Je compare ces petites choses aux vertus héroïques, car pour les renouveler constamment, il faut de l’héroïsme.
209. Dans les souffrances, je ne cherche pas l’aide des créatures, mais Dieu est tout pour moi. Cependant, plus d’une fois il m’a semblé que même le Seigneur ne m’entendais pas. Je m’arme de patience et de silence comme un pigeon qui ne se plaint pas et n’a pas de rancune quand on lui prend ses petits. Je veux planer sans cesse dans l’air embrasé du soleil, et ne veux pas m’arrêter dans les brumes. Je ne faiblirai pas, car de Vous je reçois tout, ô Vous, ma force.
210. Je prie le Seigneur qu’Il daigne fortifier ma foi, pour que je ne me conduise pas dans la grisaille de la vie quotidienne selon des dispositions humaines, mais selon celles de l’esprit. Oh ! Comme tour retient l’homme à terre, mais la foi vive attire l’âme vers les régions supérieures, et remet l’amour propre à la place qui lui est due – c'est-à-dire la dernière.
211. De nouveau les ténèbres commencent à descendre sur mon âme. Il me semble que je suis sous l’influence de l’illusion. Quand je suis allée me confesser pour puiser de la lumière et de la paix, je ne les ai pas trouvées. Le confesseur m’a créé encore plus de doutes que je n’en avais d’abord. Il m’a dit : « Je ne puis discerner quelle force agit sur vous, ma Sœur ; peut-être dieu, ou peut-être le mauvais esprit ; » En m’éloignant du confessionnal, j »ai reconsidéré ses paroles. Plus je les méditais, plus mon âme se plongeait dans les ténèbres. Jésus, que faire ? Quand Jésus s’approchait gracieusement de moi, j’avais peur. Etes-vous vraiment Jésus ? D’un côté l’amour m’attire, de l’autre la peur me retient. Quel supplice, je ne sais le décrire !
212. Lorsque je suis allée me confesser à nouveau, je reçus cette réponse : « Je ne vous comprend pas, ma Sœur, il vaudrait mieux que vous ne confessiez pas à moi. » Mon Dieu, je dois me faire violence avant de dire quoi que ce soit de ma vie intérieure. Et voila que je reçois comme réponse : « Je ne vous comprend pas, ma sœur ! »
213. Quand j’ai quitté le confessionnal, une multitude de tourments s’abattirent sur moi. Je suis allée devant le Saint Sacrement et j’ai dit : « Jésus, sauvez-moi. Vous voyez combien je suis faible. » Soudain j’entendis ces paroles : « Pendant la retraite avant les vœux, Je te donnerai de l’aide. »
Réconfortée par ces mots, j’ai commencé à progresser, ne demandant plus conseil à personne. Mais j’éprouvais une telle méfiance envers moi-même que je résolus d’en finir une fois pour toutes avec ces doutes. J’attendais donc spécialement cette retraite qui devait précéder les vœux perpétuels. Plusieurs jours auparavant déjà, je ne cessais de demander à Dieu la lumière pour le prêtre qui allait me confesser, afin qu’il décide une bonne fois nettement ce qui en était. Et je pensais que je serais tranquillisée une fois pour toutes. Mais je continuais à m’affliger à l’idée que personne ne voudrait m’écouter dans toutes ces affaires. Je me résolus à ne plus penser à tout cela et à faire confiance au Seigneur. Ses paroles à propos de la retraite résonnaient à mes oreilles.
214. Tout est prêt. Demain matin nous partons en retraite à Cracovie. Aujourd’hui je suis entrée à la chapelle pour remercier Dieu des innombrables grâces qu’Il m’avait accordées pendant ces cinq mois. Mon cœur était tout attendri à la vue de tant de grâces et de la protection des Supérieures.
215. « Ma fille, soit tranquille, Je prends sur Moi toutes tes affaires. Je vais seul arranger les choses avec tes Supérieures et avec le confesseur. Parle au Père Andrasz comme tu me parles, avec la même simplicité et la même confiance. »
216. 18.4.1933. Nous sommes arrivées aujourd’hui à Cracovie. Quelle joie de me trouver de nouveau ici où j’ai appris à faire mes premiers pas dans la vie spirituelle. La chère Mère Maîtresse est toujours la même, gaie et pleine d’amour du prochain. Je suis entrée à la chapelle pou y passer un moment. En un éclair je me suis rappelée les flots de grâce qui me furent accordés ici, étant encore novice.
217. Et aujourd’hui nous nous rassemblons pour passer une heure au noviciat. Mère Marie-Joseph nous dit quelques mots et prépare le programme de la retraite. Pendant qu’elle nous parlait, se présenta mes yeux tout ce que cette chère Mère avait fait de bon pour nous et j’en ressentis en mon âme une grande reconnaissance. A la pensée que c’était la dernière fois que j’étais au noviciat, une douleur serra mon cœur. Je dois déjà combattre avec Jésus, travailler avec Jésus et souffrir avec Jésus. En un mot : vivre et mourir avec Jésus. Désormais la Maîtresse ne va plus marcher pas à pas derrière moi, pour m’instruire ici, m’avertir là ou m’adresser des reproches, des encouragements ou encore des blâmes. J’ai singulièrement peur de rester seule. Jésus, veuillez arranger les choses. J’aurai toujours une Supérieure, pourtant je me sentirai très seule.
Cracovie, le 21. 4.1933
218. A la plus grande Gloire de Dieu
La retraite de huit jours avant les vœux perpétuels.
Je commence aujourd’hui la retraite. Jésus, mon Maître, dirigez-moi. Gouvernez-moi selon votre volonté, purifiez mon amour pour qu’il soit digne de Vous, faites de moi ce que désire Votre Cœur très miséricordieux. Jésus, nous resterons pendant ces jours en tête à tête jusqu’au moment de notre union. Gardez-moi ô Jésus dans le recueillement de l’esprit.
219. Le soir le Seigneur me dit : « Ma fille, que rien ne t’effraye ni ne te trouble. Garde une paix profonde. Tout est dans Ma main. Je te ferai tout comprendre par la bouche du Père Andrasz. Sois comme un enfant envers lui. »
220. Un moment devant le Saint Sacrement
O Mon Seigneur et mon Créateur éternel, comment dois-je vous remercier pour cette grande grâce d’avoir daigné me choisir pour Votre épouse, moi misérable, et de m’unir à Vous par un vœu perpétuel. O bien-aimé Trésor de mon cœur, je dépose devant Vous toute les adorations et les actions de grâce des âmes saintes, de tous les cœurs angéliques, en m’unissant tout spécialement à Votre Mère. O Marie, Mère chérie, je vous le demande humblement, couvrez mon âme de votre manteau virginal en ce moment si important pour moi, afin que je devienne plus agréable à votre Fils et que je puisse dignement glorifier Sa miséricorde à la face du monde entier et pour toute l’éternité.

Sainte Faustine - L’APÔTRE DE LA MISÉRICORDE DIVINE Chap 161 à 180

Posté le 28.04.2008 par jubilatedeo
161. O Marie, Vierge Immaculée,
Pur cristal pour mon cœur,
Vous êtes ma force, ô ancre puissante.
Vous êtes le boulier et la défense du cœur pauvre.
O Marie, vous êtes pure, incomparable,
Vierge et Mère en même temps,
Vous êtes belle comme le soleil, sans tache.
Incomparable est votre âme !
Votre beauté a charmé le regard du Trois fois Saint,
Quittant le Trône éternel, Il descendit du Ciel,
Et Il a reçu Son Corps et Son Sang de Votre Cœur,
Pendant neuf mois se cachant dans le cœur d’une Vierge.
O Vierge Mère, personne ne concevra ceci :
Dieu infini devint homme.
Par Son amour et Son insondable Miséricorde.
Par vous, Mère, Il nous est donné de vivre éternellement avec Lui.
O Marie, Vierge, Mère et Porte du Ciel
Par vous le salut nous est venu.
De vos mains jaillit chaque grâce pour nous,
Une fidèle imitation de vous peut seule me sanctifier.
O Vierge Marie, le plus beau des Lys,
Votre Cœur était pour Jésus le premier tabernacle sur terre.
C’est parce que votre humilité était la plus profonde
Que vous êtes élevée au dessus des Chœurs angéliques et des Saints.
O Marie, ma douce mère,
Je vous rends mon âme, mon corps et mon pauvre cœur,
Soyez gardienne de ma vie,
Et particulièrement à l’heure de la mort, dans le combat suprême.
162. J.M.J. 1er janvier 1937
Jésus, j’ai confiance en vous.
La carte du contrôle intérieur de l’âme. L’examen particulier.
S’unir au Christ Miséricordieux.
Pratique : le silence intérieur, garder strictement le silence.
La conscience
Janvier :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires: 41; chutes 4.
Court acte de piété : « Et Jésus gardais le silence. »
Février
Dieu et l’âme, le silence. Victoires 36 ; chutes 3
Mars :
Dieu et l’âme, le silence. Chutes : 3.
Court acte de piété : « Jésus, enflammez mon cœur d’amour.»
Avril :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 61 ; chutes : 4.
Court acte de piété : « Avec Dieu, je peux tout. »
Mai :
Dieu et l’âme, le silence. Victoire : 92 ; chutes : 3.
Court acte de piété : « Dans Son Nom est ma force. »
Juin :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 64, chutes : 1.
Court acte de piété : « Tout pour Jésus. »
Juillet
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 62 ; chutes : 8.
Court acte de piété : « Reposez-vous, Jésus, dans mon cœur. »
Août
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 88 ; chutes : 7.
Court acte de piété : « Jésus, Vous savez… »
Septembre
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 99 ; chutes 1.
Court acte de piété : « Jésus, cachez-moi dans Votre Cœur. »
Octobre :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires : 41 ; chutes : 3.
Court acte de piété : « Marie, unissez-moi à Jésus. »
(Ici c’est une nouvelle page. Retraite.)
Novembre :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires, chutes
Court acte de piété : « O mon Jésus, miséricorde ! »
Décembre :
Dieu et l’âme, le silence. Victoires, chutes.
Court acte de piété : « Salut, vivante Hostie ! »

163. J.M.J. Année 1937
Exercices généraux
O très Sainte Trinité, je désire adorer Votre Miséricorde par chaque souffle de mon être, chaque battement de mon cœur, chacune de mes pulsations.
Je désire être toute transformée en Votre Miséricorde et être ainsi un vivant reflet de Vous, Seigneur. Que le plus grand des attributs divins Votre insondable Miséricorde, se déverse par mon âme et mon cœur sur le prochain.
Aidez-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne jamais ni ne juge d’après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l’âme de mon prochain et que je lui vienne en aide.
Aidez-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes.
Aidez-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne dise jamais du mal de mon prochain, mais que j’aie pour chacun un mot de consolation et de pardon.
Aidez-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes œuvres, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes.
Aidez-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. Mon véritable repos est de rendre service à mon prochain.
Aidez-moi, Seigneur, pour que mon cœur soit miséricordieux afin que je ressente toutes les souffrances de mon prochain. Je ne refuserai mon cœur à personne. Je fréquenterai sincèrement même ceux qui, je le sais, vont abuser de ma bonté ; et moi, je m’enfermerai dans le Coeur Très Miséricordieux de Jésus. Je tairai mes propres souffrances. Que Votre miséricorde repose en moi, Seigneur.
Vous m’ordonnez Vous-même de m’exercer aux trois degrés de la miséricorde. Le premier : l’acte de charité quel qu’il soit ; le second : la parole miséricordieuse : si je ne puis aider par l’action, j’aiderai par la parole ; le troisième : la prière. Si je ne peux témoigner la miséricorde ni par l’action, ni par la parole, je le pourrai toujours par la prière. J’envoie ma prière même là où je ne puis aller physiquement. O Jésus, transformez-moi en Vous, car Vous pouvez tout. (Ici quatre pages sont restées libres).
164. J.M.J. Varsovie, 1933
Probation avant les vœux perpétuels
Lorsque j’appris que je devais partir pour la probation, mon cœur fut empli de joie à la perspective d’une telle joie : mes vœux perpétuels ! Je suis allée devant le Saint Sacrement et je me suis plongée dans l’action de grâce. J’ai entendu : « Mon enfant, tu es mon délice, tu es le soulagement de Mon Cœur. Je t’accorde autant de grâces que tu es capable d’en supporter. Parle au monde entier de Ma grande et insondable Miséricorde, si tu veux Me faire plaisir. »
165. Quelques semaines avant l’annonce de mon entrée en probation, je suis allée passer un moment à la chapelle, et Jésus me dit : « A cet instant les Supérieures annoncent quelles Sœurs prononceront leurs vœux perpétuels. Elles ne recevront pas toutes cette grâce, mais c’est leur faute. Qui ne profite pas des petites grâces n’en reçoit pas de grandes. Mais à toi, mon enfant, cette grâce est donnée. »
Un joyeux étonnement envahit mon âme, parce que, quelques jours auparavant, une des Sœurs m’avait dit : « Vous ne ferez pas la troisième probation, ma Sœur. Je vais déconseiller moi-même de vous laisser faire vos vœux ; » Je n’ai rien répondu à cette Sœur, mais j’en ai grandement souffert ; pourtant je tâchais de cacher ma douleur. O Jésus, comme vos actions sont singulières. Je vois maintenant que les gens ne peuvent grande chose par eux mêmes, car je vas en probation comme l’a dit Jésus.
166 Je trouve toujours lumière et force de l’âme dans la prière. Bien qu’à certains moments particulièrement lourds et pénibles il me soit difficile d’imaginer que ces choses puissent avoir lieu dans un couvent. Dieu le permet parfois étrangement ainsi, mais toujours pour que la vertu se manifeste dans l’âme ou s’y développe. Voilà la raison d’être des ennuis.
167. Novembre, 1932. Je suis arrivée aujourd’hui à Varsovie pour ma troisième probation. Après avoir salué affectueusement les chères Mères, je suis entrée dans la petite chapelle. Soudain la présence divine inonda mon âme et j’entendis ces paroles : « Ma fille, je désire que ton cœur soit semblable à Mon Cœur miséricordieux. Tu dois être toute imprégnée de Ma miséricorde. »
Ma chère Mère Maîtresse me demanda tout de suite si j’avais fait une retraite cette année ; je répondis que non. « Eh bien ma Sœur, il faut que vous fassiez une retraite de trois jours au moins. » Dieu merci il y avait à Valendov une retraite de huit jours, je pouvais donc en profiter. Mais des difficultés survinrent quant au départ pour cette retraite. Une certaine personne y était opposée et il était déjà décidé que je ne partirais pas. Après dîner, j’entrai à la chapelle pour une adoration de cinq minutes. Tout à coup je vis Jésus, qui me dit : « Ma fille, je te prépare beaucoup de grâces. Tu les recevras pendant la retraite que tu commenceras demain. » Je répondis : « Jésus, cette retraite est commencée et je ne dois pas partir. » Et Il me dit : « Prépares toi à commencer demain la retraite. Et c’est moi qui arrangerai ton départ avec les Supérieures. » Et soudain Jésus disparut. Je me suis demandée comment cela allait arriver. Mais tout de suite j’ai rejeté toute réflexion, et j’ai consacré tout mon temps à la prière, demandant au Saint-Esprit la lumière pour connaître toute la misère que je suis. Et après un moment, je sortis de la chapelle pour aller à mon devoir. Bientôt la Mère Générale m’appela et me dit : « Ma Sœur, vous partirez aujourd’hui avec Mère Valéria à Valendov. Vous pourrez ainsi commencer votre retraite demain. Mère Valéria est là, vous partirez avec elle. » Près de deux heures après, j’étais à Valendov. Je rentrai un instant en moi-même, et je reconnus que seul Jésus peut arranger des affaires de la sorte.
168. Dès que la personne qui était si fortement opposée à ce que je fasse cette retraite me vit, elle manifesta son étonnement et son mécontentement. Sans y prêter attention, je l’ai saluée affectueusement, et je suis allée chez le Seigneur pour savoir comment me conduire pendant la retraite.
169. Dans une conversation avec Lui, avant la retraite, Jésus m’apprit que cette retraite serait un peu différente des autres : « Tu vas tâcher d’avoir une grande paix dans tes rapports avec Moi. J’éloignerai tous tes doutes à cet égard. Je sais que maintenant, quand je te parle, tu es tranquille. Mais, dans un moment, quand J’aurai cessé, tu recommenceras à chercher des raisons de douter. Sache cependant que J’affermirai si bien ton âme que même si tu voulais t’inquiéter, ce ne sera pas en ton pouvoir. Et, comme preuve que c’est Moi qui te parle, tu iras le deuxième jour de la retraite te confesser au prêtre qui la prêche. Tu iras à lui dès qu’il aura fini sa conférence. Tu lui exposeras tes craintes envers Moi, et je te répondrai par sa bouche. Alors tes craintes se dissiperont. Pendant cette retraite, garde un silence complet, comme si rien n’existait autours de toi. Tu ne parleras qu’avec Moi et ton confesseur ; à tes Supérieures tu ne demanderas que des pénitences. » J’éprouvai un immense bonheur de voir le Seigneur Jésus me montrer tant de bienveillance et S’abaisser ainsi jusqu’à moi.
170. Le premier jour de la retraite, j’ai tâché d’être la première le matin à la chapelle. Avant la méditation, j’avais un moment pour prier le Saint Sacrement et la Sainte Vierge. Je demandais ardemment à la Mère de Dieu qu’Elle m’obtienne la grâce de la fidélité aux inspirations intérieures et à la volonté divine, quelque qu’elle soit. J’ai commencé cette retraite avec un singulier courage.
171. Combat pour garder le silence. Comme il est de coutume, des Sœurs de toutes les maisons se réunissent pour la retraite. Une Sœur, que je n’avais pas vue depuis longtemps, vint dans ma cellule et me dit qu’elle voulait me parler. Ne lui ayant rien répondu, elle s’aperçut que je ne voulais pas rompre le silence et me dit : « Je ne savais pas que vous étiez si étrange. » Et elle s’en alla. J’ai compris que cette personne n’avait d’autre souci que de rassurer sa propre curiosité. O mon Dieu, maintenez-moi dans la fidélité.
172. Le Père qui prêchait la retraite arrivait d’Amérique. Il était venu faire un court séjour en Pologne et les circonstances avaient fait qu’il nous prêchait la retraite. Une profonde vie intérieure l’animait, c’était visible. Son aspect respirait l’intelligence ; l’esprit de mortification et de recueillement caractérisait ce prêtre. Mais malgré ses hautes vertus, j’éprouvais d’immenses difficultés à lui dévoiler entièrement mon âme. Pour ce qui rst des péchés, c’est toujours facile ; mais quand au grâces reçues, je devais vraiment faire un grand effort, et encore je ne disais pas tout.
Les tentations du démon pendant la méditation
Une singulière peur me prit que le prêtre ne me comprenne pas ou qu’il n’aie pas assez de temps pour me laisser m’exprimer jusqu’au bout. Comment lui parler de tout cela ? Si encore il s’agissait du Père Bukowski, je l’aurais fait plus facilement. Mais c’était la première fois que je voyais ce Jésuite. Ici, je me suis rappelée un conseil du Père Bukowski, qui m’avait dit que, lorsque je faisais une retraite, je devais prendre au moins quelques notes au sujet des lumières que Dieu m’envoyait, et lui en faire un bref compte rendu.
Mon Dieu, pendant une journée et demie tout allait si bien ; et voilà que commençait. Un combat à mort. Dans une demi heure il y aurait la conférence, et ensuite la confession. Le démon me persuada que, si les Supérieures avaient dit que ma vie intérieure était une illusion, à quoi on questionner et fatiguer encore le confesseur ? Mère X t’a dit que Jésus ne vivait pas en intimité avec des âmes aussi misérables. Ce confesseur te répondra de même. Pourquoi en parler ? Ce ne sont pas des péchés, et Mère X t’a dit bien précisément que toute cette intimité avec Jésus n’est que rêverie ou pure hystérie. Pourquoi en parler au confesseur ? Tu ferais mieux de rejeter toutes ces illusions. Vois, tu as souffert tant d’humiliations déjà, et beaucoup d’autres t’attendent encore. Et les Sœurs savent que tu es hystérique. J’ai appelé de toutes les forces de mon âme : « Jésus ! » - A ce moment, le Père commença la conférence.
174. Il a parlé peu de temps, comme s’il se dépêchait. Après la conférence il alla au confessionnal. Voyant qu’aucune des Sœurs ne s’y rendait, je me suis élancée de mon prie-Dieu et m’agenouillai dans le confessionnal. Je n’avais pas le temps de réfléchir. Au lieu de dire au Père tous les doutes qu’on avait formulé à l’égard de mes rapports avec Jésus, j’ai commencé à parler de toutes ces tentations que j’ai décrites plus haut. Mais le confesseur comprit tout de suite ma situation, et il dit : « Vous vous méfiez, ma Sœur, de Jésus, parce qu’il est si bienveillant envers vous. N’est-ce pas ? Soyez donc complètement tranquille. Jésus est votre Maître, et vos rapports avec Jésus ne sont ni hystérie, ni rêverie, ni illusion. Sachez que vous êtes dans la bonne voie. Tâchez d’être fidèle à ces grâces ; il vous est défendu de vous en écarter. Vous n’avez pas du tout besoin d’en parler à vos Supérieures, sauf quand Jésus vous donne un ordre précis et dans ce cas, il faut d’abord vous entendre avec votre confesseur. Mais si Jésus exige quelque chose d’extérieur, alors, après vous être entendue avec votre confesseur, vous devez accomplir ce qu’exige le Seigneur, même si cela doit vous coûter énormément. d’un autre côté, vous devez tout dire à votre confesseur. Il n’y a absolument pas d’autre voie pour vous, ma Sœur.
Priez pour avoir un directeur spirituel, car autrement vous gaspillerez ces grands dons de Dieu. Je le répète encore une fois : soyez tranquille. Vous êtes dans la bonne voie. Ne faites attention à rien de ce que l’on dit de vous. C’est justement avec de telles âmes misérables que Jésus est en intimité et plus vous vous abaisserez, plus Jésus s’unira à vous. »
175. Quand j’ai quitté le confessionnal, une joie inconcevable inonda mon âme, de sorte que je m’écartais dans un endroit solitaire du jardin, pour me cacher des Sœurs et permettre à mon cœur de s’épancher intérieurement en Dieu. La présence divine me submergea et, en un instant, mon être s’anéantit totalement en Dieu et je sentis, je discernai alors les Trois Personnes Divines qui demeuraient en moi. Et j’éprouvais une si grande paix dans mon âme que je m’étonnais d’avoir pu tellement m’inquiéter.
176. Résolution : fidélité aux inspirations intérieures, quoi qu il pût m’en coûter. Ne rien faire de moi-même sans m’être entendue avec mon confesseur.
177. La rénovation des vœux. Dès le matin, lorsque je m’éveillai, mon esprit fut tout entier immergé en Dieu, cet océan d’amour. Je sentais que j’étais toute plongée en Lui ! Pendant la Sainte Messe, mon amour pour Lui arriva à une grande puissance. Après la rénovation des vœux et la Sainte Communion, je vis soudain Jésus, qui me dit avec bienveillance : « Ma fille, regarde Mon Cœur miséricordieux. ». Fixant mon regard sur ce Cœur Très Saint .
176. Résolution : fidélité aux inspirations intérieures, quoi qu il pût m’en coûter. Ne rien faire de moi-même sans m’être entendue avec mon confesseur.
177. La rénovation des vœux. Dès le matin, lorsque je m’éveillai, mon esprit fut tout entier immergé en Dieu, cet océan d’amour. Je sentais que j’étais toute plongée en Lui ! Pendant la Sainte Messe, mon amour pour Lui arriva à une grande puissance. Après la rénovation des vœux et la Sainte Communion, je vis soudain Jésus, qui me dit avec bienveillance : « Ma fille, regarde Mon Cœur miséricordieux. ». Fixant mon regard sur ce Cœur Très Saint je vis en sortir des rayons comme du Sang et de l’Eau, les mêmes que sur le tableau, et je compris combien la miséricorde du Seigneur est grande. Et de nouveau, Jésus me dit gracieusement : « Ma fille, parles aux prêtres de mon inconcevable Miséricorde. Les flammes de Ma Miséricorde Me brûlent, Je veux les déverser sur les âmes, mais les âmes ne veulent pas croire en ma bonté. » Et tout à coup Jésus disparut. Mais mon esprit resta toute la journée plongée en Dieu, dans sa présence divine, sensible malgré le bruit et les conversations qui suivent habituellement une retraite. Cela ne me dérangeais pas. Mon esprit était en Dieu, tout en prenant part aux conversations. Je suis même allée visiter Derdy.
178. Aujourd’hui nous commençons la troisième probation. Nous nous sommes rassemblées, toutes les trois, chez Mère Marguerite, car les autres Sœurs avaient leur troisième probation au noviciat. Mère Marguerite commença par une prière, elle nous expliqua en quoi consiste la troisième probation, et rappela combien la grâce des vœux perpétuels était grande. Soudain j’ai commencé à pleurer à haute voix. En un instant, toutes les grâces de Dieu parurent devant le regard de mon âme. Et je me voyais tellement misérable et ingrate envers Lui. Les Sœurs commencèrent à me réprimander disant : « Pourquoi éclate-t-elle en sanglots ? » Cependant Mère Marguerite pris ma défense et dit qu’elle ne s’en étonnait pas.
L’heure finie, je suis allée devant le Saint Sacrement et, consciente de mon immense misère, Je Lui demandai miséricorde afin qu’il daigne purifier et guérir ma pauvre âme. Alors j’entendis ces paroles : « Ma fille toutes tes misères sont brûlées dans le feu de Mon amour, comme un brin d’herbe jeté dans un brasier dévorant. Par cet abaissement, tu attires sur toi et sur d’autres âmes toute l’immensité de Ma Miséricorde. » Je répondis : « Jésus, façonnez mon pauvre cœur à votre gré. »
179. Pendant tout le temps de la troisième probation, j’avais le devoir d’aider la Sœur au vestiaire. Ce devoir me donna de nombreuses occasions de m’exercer à la pratique des vertus. Parfois il fallait aller par trois fois chez certaines Sœurs avec le linge, et encore on ne pouvait les satisfaire. Mais j’ai découvert aussi les grandes vertus de certaines sœurs, qui demandaient toujours de leur donner ce qu’il y avait de pire dans tout le vestiaire. J’admirais cet esprit d’humilité et de mortification.
180. Pendant l’Avent, une grande nostalgie de Dieu s’éveilla dans mon âme. Mon esprit, de toutes les forces de son être, s’élançait vers Dieu. Et le Seigneur m’accorda de nombreuses lumières dans la connaissance de Ses attributs. Le premier attribut que le Seigneur me fit connaître, ce fut Sa Sainteté. Cette Sainteté, est si grande que toutes les Puissances, les Vertus, tremblent devant Lui. Les purs esprits voilent leur face et s’abîment dans une incessante adoration. La Sainteté de Dieu se répand sur l’Eglise de Dieu et sur chaque âme vivant en elle – à des degrés divers. Il y a des âmes toutes pénétrées de Dieu, et ils y en a qui vivent à peine.

Sainte Faustine - L’APÔTRE DE LA MISÉRICORDE DIVINE Chap 141 à 160

Posté le 27.04.2008 par jubilatedeo
141. Mais mes tourments arrivaient à leur fin. Le Seigneur me donna l’aide promise. Je la vis en la personne de deux prêtres : le Père Andrasz et l’abbé Sopocko. Pendant la retraite, avant mes vœux perpétuels, je fus, pour la première fois, tranquillisée à fond. Et plus tard, je fus guidée dans la même direction par l’Abbé Sopocko. Ainsi s’accompli la promesse du Seigneur.
142. Lorsque je fus tranquillisée et instruite de la façon dont je devais avancer dans les voies divines, mon esprit s’est réjoui dans le Seigneur, et il me semblait que je ne marchais pas, mais que je courrais. Les ailes déployées pour le vol, j’ai commencé à planer en plein soleil, et je ne descendrai pas jusqu’à ce que je repose en Celui en qui mon âme s’est perdue pour l’éternité. Et je me suis totalement soumise à l’influence de la grâce ; les abaissements de Dieu envers mon âme sont bien grands. Je ne m’écarte ni ne me refuse; mais je me noie en lui, comme mon seul trésor. Je suis un avec le Seigneur. Le gouffre qui nous sépare : le Créateur et sa créature, semble avoir disparu.
Pendant quelques jours, mon âme vécut comme en une incessante extase. La présence de Dieu ne me quittait pas un instant. Et je restais en continuelle union amoureuse avec le Seigneur. Cependant cela ne m’empêchait pas d’accomplir mes devoirs. Je sentais que j’étais transformée en amour, je brûlais toute mais sans me consumer. Je m’anéantissais continuellement en Dieu. Dieu m’attirait à Lui avec une telle force et une telle puissance que par moment je ne me rendais plus compte que j’étais sur terre.
Si longtemps j’avais gêné et craint la grâce ! Et maintenant Dieu, par l’intermédiaire du Père Andrasz éloignait toutes les difficultés. Mon esprit fut tourné vers le soleil et s’épanouit dans sa lumière pour Lui seul, je ne comprends plus… (Ici la phrase s’interrompt et Sœur Faustine commence une toute autre pensée à la ligne suivante
143. J’ai gaspillé bien des grâces divines, car j’avais toujours peur d’être dans l’illusion. Dieu m’attirait à Lui avec une telle puissance que souvent il n’était pas en mon pouvoir de résister à Sa grâce lorsque j’étais soudain plongée en Lui. Dans ces moments, Il me remplissait d’une telle paix que, même quand je voulais, par la suite, m’inquiéter, je ne le pouvais pas.. Et, un jour, j’entendis dans mon âme ces paroles : « Pour que tu sois assurée que c’est Moi qui suis l’auteur de toutes ces exigences, Je t’accorderai une paix si profonde que, même si tu voulais t’inquiéter et t’effrayer, aujourd’hui ce ne sera pas en ton pouvoir ; l’amour va inonder ton âme jusqu’à l’oubli de toi. »
144. Plus tard, Jésus me donna un autre prêtre, devant lequel il m’ordonna de dévoiler mon âme. Je le fis au premier moment avec un peu d’hésitation ce qui me valut une sévère réprimande de Jésus, à la suite de laquelle mon âme fut envahie par une profonde humilité. Sous sa direction cependant, mon âme progressait rapidement dans l’amour de Dieu, et de nombreuses demandes du Seigneur furent extérieurement accomplies. Plus d’une fois, son courage et sa profonde humilité retinrent mon attention
145. Oh ! que mon âme est misérable, elle a gaspillé’ tant de grâces ! Je fuyais Dieu et il me poursuivait de Ses grâces. Le plus souvent je recevais des faveurs de Dieu lorsque je ne m’y attendais pas. Depuis que le Seigneur m’a donné un directeur, je suis plus fidèle à la grâce. C’est avec ce directeur, et en vertu de sa vigilance pour mon âme que j’ai expérimenté ce qu’est la direction spirituelle, et comment Jésus la conçoit. Jésus m’avertissait de la plus petite faute. Il insistait sur le fait que c’est Lui qui décide dans toutes les affaires que je soumettais à mon directeur et que tous les manquements envers celui-ci L’atteignaient Lui-même.
Quand mon âme commença à goûter un profond recueillement et la paix, sous cette direction, j’entendis souvent ces mots, plus d’une fois répétés : « Fortifie-toi pour le combat. »
Jésus m’a souvent révélé que ce qui lui déplait en moi, et plus d’une fois, Il m’a réprimandée pour des choses minimes en apparence, mais qui, à vrai dire, avaient une grande signification. Il m’avertissait et m’exerçait comme un Maître. Pendant de nombreuses années c’est Lui-même qui m’a élevée, jusqu’au moment où Il me donna un directeur de conscience. Auparavant, il m’expliquait Lui-même ce que je ne comprenais pas ; maintenant il m’ordonne de questionner en toutes choses mon confesseur. Il m’a souvent dit : « Je te répondrai par sa bouche, sois tranquille. »
Il ne m’est jamais arrivé de recevoir une réponse contraire à ce que le Seigneur exigeais de moi, dans le cadre de ce que j’avais soumis à mon directeur. Parfois Jésus me recommandait certaines choses, ignorées de tous, et quand je m’adressais à mon confesseur, celui-ci me recommandait la même chose. Cela n’arrivais pas souvent.
Lorsqu’une âme a longtemps reçu lumière et inspiration en abondance et que ses confesseurs ont confirmé sa paix et la provenance divine de ces inspirations, si son amour est grand, Jésus lui indique qu’il est temps d’utiliser ce qu’elle a reçu et de passer à l’action. L’âme réalise que le Seigneur compte sur elle et cette connaissance augmente ses forces. Elle sait que, pour rester fidèle, elle devra, plus d’une fois s’exposer à des difficultés, mais elle a confiance en Dieu et, grâce à cette confiance, elle arrive là où Dieu l’appelle. Les difficultés ne l’effrayent pas, elles sont pour elle comme le pain quotidien. Elles ne l’effrayent ni ne l’épouvantent, de même que le fracas des canons ne terrifie pas le chevalier qui est constamment au cœur du combat. Loin d’avoir peur elle écoute, afin de remporter la victoire, de quel côté l’ennemi attaque. Elle ne fait rien aveuglément, mais elle scrute, elle réfléchit profondément et, ne comptant pas sur elle-même, elle prie avec ferveur et consulte des chevaliers expérimentés et sages. Lorsqu’elle agit de la sorte, elle remporte presque toujours la victoire
Il y a des attaques où l’âme n’a le temps ni de réfléchir ni de consulter, alors il faut combattre à la vie, à la mort Il est bon parfois de se réfugier dans la Blessure du Cœur de Jésus, sans répondre un seul mot, par cela même l’ennemi est déjà vaincu.
En temps de paix l’âme doit aussi s’imposer des efforts comme au moment du combat, Elle doit s’exercer et bien s’exercer, sinon elle n’a aucune chance de victoire. J’estime le temps de paix comme un temps de préparation à la victoire. Elle doit veiller sans cesse ; vigilance et encore vigilance. L’âme qui réfléchit reçoit beaucoup de lumière. L’âme dissipée s’expose à la chute ; qu’elle ne s’étonne pas si elle tombe. O Esprit divin, Directeur de l’âme, sage est celui que vous avez exercé. Mais pour que l’Esprit divin puisse agir dans une âme, la paix et le recueillement sont nécessaires.
146. L’oraison : Par l’oraison, l’âme s’arme pour le combat ; en quelque état qu’elle soit, elle doit prier. L’âme pure et belle doit prier, sous peine de perdre sa beauté. L’âme qui tend vers cette pureté, sinon elle n’y arriverait pas. L’âme qui vient de se convertir doit prier, pour persévérer. L’âme pécheresse, plongée dans le péché, doit prier pour pouvoir se relever. Ainsi il n’y a pas d’âme qui ne soit obligée de prier, car s’est par la prière que la grâce descend sur elle.
147. Je me rappelle que j’ai reçu beaucoup de lumière pendant les adorations que je faisais pendant une demi-heure chaque jour, pendant le Carême, prosternée devant le Saint-Sacrement. C’est alors que j’approfondis la connaissance que j’avais de moi-même, ainsi que celle de Dieu. Bien qu’ayant la permission des Supérieures, j’eus beaucoup de difficulté à faire ainsi oraison. Que l’âme sache que pour prier et persévérer dans l’oraison, il faut s’armer de patience et surmonter courageusement toutes les difficultés intérieures t extérieures. Les difficultés intérieures : les découragements, les sécheresses, les lourdeurs, les tentations. Les difficultés extérieures: c’est l’opinion humaine. Il faut savoir sauvegarder les moments destinés à l’oraison. J’en ai fait moi-même l’expérience, car si je ne faisais pas mon oraison au moment fixé, je la négligeais parce que, plus tard, mes devoirs m’en empêchaient ; et même si j’avais la chance de la faire, c’était à grande peine, car ma pensée fuyais vers mes devoirs.
J’avais aussi une autre difficulté: quand l’âme a bien fait son oraison, elle reste ensuite profondément recueillie intérieurement; et si d’autres personnes contrarient, alors, son recueillement, elle doit être patiente pour persévérer dans l’union à Dieu. Plus d’une fois il m’est arrivé que lorsque mon âme était très profondément abîmée en Dieu elle retirât un plus grand profit de l’oraison. Et Dieu m’accompagnait de sa présence durant la journée Et; je restais recueillie pendant mon travail et je réalisais avec plus de soins et de précision. Et c’est justement alors qu’il m’est arrivé de recevoir le plus de reproches : sur mon manque de fidélité à mon devoir, sur mon indifférence à tout. Car les âmes moins recueillies veulent que les autres, qui sont pour elles un remord incessant, leur ressemblent.
148. L’âme noble et sensible qui peut même être très simple, mais qui a des sentiments délicats, voit Dieu en tout et Le rencontre partout, elle sait trouver Dieu même dans les choses les plus secrètes. Tout a de l’importance pour elle. Elle apprécie tout, elle remercie Dieu pour tout, elle tire un profit spirituel de tout, et tout lui est une occasion de louer Dieu. Elle a confiance en Lui et ne de trouble pas quand vient le temps des épreuves. Elle sait que Dieu est toujours le meilleur des Pères, et elle fait peu de cas de l’opinion humaine. Attentive au moindre souffle de l’Esprit Saint elle jouit de cet hôte spirituel et se tient près de Lui comme un enfant près de sa mère.
Là, où d’autres âmes s’arrêtent et ont peur, elle passe sans crainte et sans difficulté.
149. Quand le Seigneur veut être Seul près de l’âme et la conduire, Il éloignera d’elle tout ce qui est extérieur. Lorsque je tombai malade et qu’on me transporta à l’infirmerie, cela me causa des ennuis. Nous étions deux malades à l’infirmerie. Les Sœurs venaient voir
Sœur N., personne ne venait me voir. Il est vrai que c’est une infirmerie, mais chacune a sa cellule.
Sœur N., personne ne venait me voir. Il est vrai que c’est une infirmerie, mais chacune a sa cellule. Les soirées d’hiver étaient longues, Sœur N. avait de la lumière, un récepteur de radio, moi je ne pouvais même pas préparer ma méditation, faute de lumière.
Près de deux semaines plus tard, un soir, je me plaignis au Seigneur de beaucoup souffrir et de ne même pas pouvoir préparer ma méditation, faute de lumière. Et le Seigneur me répondit que chaque soir Il viendrait et m’indiquerait les points à méditer le lendemain.. Ces points concernaient toujours Sa douloureuse Passion. Il me disait : « Considère Ma Passion devant Pilate ». – Et ainsi, pendant toute la semaine, je considérais, un par un, les différents moments de Sa douloureuse Passion. A partir de ce moment, une grande joie pénétra dans mon âme, et je ne désirais plus ni visites ni lumière : Jésus me suffisait en tout. La sollicitude des Supérieures pour les malades était bien grande, pourtant le Seigneur en avait disposé ainsi : je me sentais délaissée. Pour pouvoir agir Seul, ce Maître incomparable éloigne tout ce qui est crée.
Parfois j’éprouvais de telles persécutions et souffrances que, même Mère Marguerite me dit : sur votre voie, ma Soeur, les souffrances surgissent comme d’elles-mêmes sous vos pas. Je vous vois, ma Sœur, comme une crucifiée. Cependant j’ai remarqué que Jésus y est pour quelque chose. Soyez fidèle au Seigneur.
150. Je désire noter un rêve que j’ai eu : j’ai rêvé de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. J’étais encore novice et j’avais certaines difficultés que je ne pouvais surmonter. Ces difficultés étaient intérieures et des difficultés extérieures s’y mêlaient. Je faisais des neuvaines à divers Saints. Mais l’épreuve devenait de plus en plus lourde. Mes souffrances étaient si grandes que je ne savais plus comment vivre et soudain l’idée me vint de prier Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. J’ai commencé une neuvaine à cette Sainte. Avant mon entrée au couvent, j’avais une grande dévotion envers elle. Je l’avais un peu négligée depuis. Mais dans la nécessité où je me trouvais, j’ai recommencé à la prier avec une grande ferveur.
Le cinquième jour de la neuvaine, Sainte Thérèse m’apparut en rêve, mais elle me semblait être encore sur la terre. Elle m’avait caché qu’elle était Sainte et elle me consolait, disant que je ne devais pas tellement m’attrister de cette affaire, mais être plus confiante envers Dieu. Elle me disait « Moi aussi, j’ai beaucoup souffert ». Je ne croyais pas trop qu’elle avait tant souffert, et je lui dis : « Il me semble que vous ne souffrez pas du tout. » Cependant Sainte Thérèse me répondit d’une manière convaincante. Elle: ajouta, « Sachez ma Soeur que dans trois jours cette affaire arrivera à bonne fin. » Comme je ne voulais pas trop la croire, elle me révéla qu’elle était Sainte. A ce moment une grande joie emplit mon âme et je lui dis : « Vous êtes Sainte ? » Elle me répondit : « Oui, je suis Sainte. Ayez confiance, cette affaire sera réglée en trois jours. » Et je lui dit : « Sainte Thérèse, dites-moi, est ce que j’irai au ciel ? » Elle répondit: « Oui, vous irai au Ciel, ma Sœur. » « Et serais-je Sainte ? » - « Oui, vous serez sainte » répondit-elle. – « Mais, Thérèse, serais-je sainte comme Vous, sur les autels ? » Et elle répondit : « Oui, vous serez Sainte comme moi.. Mais vous devez avoir une grande confiance en Jésus. »
Et je lui demandai alors si mon père et ma mère iraient au Ciel, si…( ici Sœur Faustine a interrompu la phrase). Elle me répondit qu’ils iraient au Ciel. – « Et mes frères et mes sœurs iront-ils au Ciel ? » Elle ne me donna pas une réponse sûre, mais elle me dit que je devais beaucoup prier pour eux. Je compris qu’ils avaient besoin de beaucoup de prières.
C’était comme un rêve et, comme dit le proverbe : « Dieu est foi, songe est mensonge. Cependant le troisième jour, je réglai cette difficulté très facilement. Tout s’accomplit exactement comme elle me l’avait dit. C’est un rêve, mais il avait sa signification.
151. Une fois, alors que j’étais à la cuisine avec Sœur N., elle s’est un peu fâchée contre moi ; et comme pénitence elle me fit asseoir sur la table. Elle-même s’activait, elle nettoyait, frottait ; et moi je restais assise sur la table. Les sœurs venaient et s’étonnaient de me voir ainsi. Chacune disait son mot ; - Elle est désoeuvrée… - Quelle extravagante ! – Quelle Sœur fera-t-elle ? (Je n’étais alors que postulante).
Néanmoins, au nom de l’obéissance, je ne pouvais descendre, puisque la sœur m’avait ordonné, au nom de l’obéissance de rester assise jusqu’à ce qu’elle me dise de descendre. Vraiment, Dieu sait combien d’actes d’abnégations je fis alors. Il me semblait brûler de honte. Plus d’une fois, Dieu m’éprouva de la sorte pour me tremper intérieurement, mais il me récompensa de cette humiliation par une grande consolation. Pendant la Bénédiction, je le vis très beau. Jésus me regarda avec bienveillance et dit : « Ma fille, n’aie pas peur des souffrances, Je suis avec toi. »
152. Une autre fois j’étais de service pendant la nuit, et la peinture de ce tableau me faisait beaucoup souffrir. Je ne savais plus à quoi m’en tenir tant on m’avais persuadé que c’était une illusion. Par ailleurs, un prêtre m’avait dit que peut-être justement, Dieu voulait être honoré par ce tableau et qu’il fallait donc tâcher de le faire peindre. Cependant mon âme était très fatiguée. Quand je suis entrée dans la petite chapelle, j’ai approché ma tête du tabernacle, j’ai frappé à la porte et j’ai dit : « Jésus, voyez quelles grandes difficultés me cause ce tableau. » J’entendis alors une voix venant du Tabernacle : « Ma fille, tes souffrances ne vont plus durer longtemps. »
153. Un jour je vis deux routes : l’une large, sablonneuse et semée de fleurs, pleine de joie, de musique et de toutes sortes de plaisirs. Les hommes passaient sur cette route dansant et s’amusant. Ils arrivaient au terme sans s’en apercevoir. Or à la fin de cette route il y avait un horrible gouffre, l’abîme infernal. Les âmes y tombaient aveuglément et en si grand nombre qu’on ne pouvait les compter ;
La deuxième était plutôt un sentier, car elle était étroite, semée de ronces et de pierres. Et ceux qui avançaient sur cette route étaient en larmes, la souffrance était leur part. Les uns tombaient sur les pierres, mais ils se relevaient aussitôt et continuaient à avancer. Au bout de la route, il y avait un magnifique jardin rempli de toutes sortes de bonheurs. Toutes les âmes y entraient et dès qu’elles en avaient franchi le seuil, elles en oubliaient leurs souffrances.
154. Une fois il y avait l’adoration chez les Sœurs de la Sainte Famille, j’y suis allée le soir, avec une de nos Sœurs. Dès que je suis entrée dans la petite chapelle, la présence de Dieu envahit mon âme. Je priais comme en de tels moments, sans prononcer de paroles. Soudain je vis le Seigneur qui me dit : « Sache que si tu néglige la peinture de ce tableau et toute l’œuvre de la miséricorde, tu devras rendre compte au Jour du Jugement, d’un grand nombre d’âmes. » A ces paroles du Seigneur, la frayeur s’empara de moi. Je n’arrivais pas à me tranquilliser. Ces mots sonnaient à mes oreilles. Ainsi je ne devrai pas répondre seulement pour moi-même au Jour du Jugement de Dieu, mais aussi pour d’autres. Ces mots se gravèrent profondément dans mon cœur.
Rentrée à ma maison je suis allée chez le Petit Jésus, je me suis prosternée devant le Saint Sacrement et j’ai dit au Seigneur : « Je ferai tout mon possible, mais je Vous en supplie, soyez toujours avec moi et donnez-moi la force d’accomplir votre Sainte Volonté. Car Vous pouvez tout, et moi je ne peux rien de moi-même. »
155. Il m’arrive depuis quelque temps que mon âme sente aussitôt quand quelqu’un prie pour moi ; et de même si une âme désire (même sans me le dire) que je prie pour elle, je le ressens aussi dans mon âme, au point que j’éprouve une certaine inquiétude, comme si quelqu’un m’appelait. Et, quand je prie, je recouvre la paix.
156. À un certain moment je désirais beaucoup communier. Mais j’avais un doute, et je ne suis pas allé à la Sainte Table. J’en souffrais terriblement. Tandis que j’étais occupée à mon travail ; il me semblait que mon cœur éclatait de douleur. Tandis que j’étais occupée à mon travail, le cœur plein d’amertume, Jésus se trouva soudain près de moi et me dit : « Ma fille, n’omets pas la Sainte Communion, à moins que tu sache que tu es tombée gravement. De plus qu’aucun doute ne t’arrête pour t’unir à Moi dans Mon mystère d’amour. Tes menues fautes disparaîtront dans mon amour, comme un brin de paille jeté dans une grande fournaise. Sache que tu M’attristes beaucoup quand tu Me délaisses dans la Sainte Communion. »
157. Le soir, quand je suis entrée dans la petite chapelle, j’entendis : « Ma fille, médite ces paroles : Etant tombé en agonie, Il priait plus instamment. » - Lorsque j’ai commencé à réfléchir plus profondément, mon âme fut envahie par une grande lumière. J’ai reconnu qu’il nous faut beaucoup de persévérance dans l’oraison et que notre salut dépend souvent d’une prière bien difficile.
158. J’étais à Kiekrz pour peu de temps, pour remplacer une de mes Sœurs. Or un après midi, passant par le jardin, je me suis arrêtée au bord du lac. Pendant un long moment je restais là, pensive. Soudain, je vis Jésus près de moi. Il me dit avec bonté : « J’ai crée tout ceci pour toi, Mon épouse. Mais sache que toutes ces beautés ne sont rien comparées à ce que Je t’ai préparé dans l’éternité. » Mon âme fut inondée d’une si grande consolation que je restai là jusqu'au soir. Et il me sembla que ce n’était qu’un moment bien court. C’était mon jour libre destiné à la retraite d’un jour, j’avais donc liberté complète de tester en oraison. Oh ! Que la bonté de Dieu est infinie ! Il nous poursuit de Sa bonté. Il arrive le plus souvent que le Seigneur me donne les plus grandes grâces alors que je m’y attends le moins.
159. O Sainte Eucharistie ! Pour loi,
Vous êtes enfermé dans le ciboire d’or,
Pour que, dans le grand désert de l’exil je puisse passer immaculée, intacte
Par la puissance de Votre amour.
O Sainte Eucharistie ! Pour moi,
Vous êtes enfermé dans le ciboire d’or,
Pour que, dans le grand désert de l’exil, je puisse passer immaculée, intacte,
Par la puissance de votre amour.
O Sainte Eucharistie ! Hôte de mon âme,
Le plus pur amour de mon cœur,
Que votre clarté dissipe les ténèbres.
Vous ne refusez pas vos faveurs au cœur plein d’humilité
.O Sainte Eucharistie ! Enchantement du ciel,
Bien que vous cachiez Votre beauté,
Et que Vous Vous présentiez à moi dans une parcelle de pain,
La force de la foi déchire ce voile.
160. Le jour de la croisade, qui est le cinquième jour du mois, tombait le premier vendredi du mois. Aujourd’hui c’est mon jour pour monter la garde d’honneur devant Jésus. Mon devoir était de réparer tous les outrages et les manques de respect envers le Seigneur, de prier qu’en ce jour aucun sacrilège ne soit commis. Mon esprit était ce jour là d’un singulier amour pour l’Eucharistie. Il me semblait être changée en brasier. Quand je m’approchai de la Sainte Communion et que le prêtre me donna Jésus, une seconde hostie s’accrocha à sa manche et je ne savais pas laquelle des deux je devais recevoir. Alors que je réfléchissais un instant, le prêtre impatient me fit de la main le signe de recevoir l’hostie qu’il me présentait. Dès que je l’eus reçue, l’autre tomba sur mes mains. Le prêtre continua à donner la Sainte Communion jusqu’au bout de la table de Communion, cependant que moi je tenais Jésus sur mes mains pendant tout ce temps. Quand le prêtre revint, je lui présentai l’hostie pour qu’il la remette dans le ciboire. Car, après avoir reçu Jésus, je ne pouvais, avant de L’avoir consommé, dire que l’autre hostie était tombée…
Mais pendant tout le temps où j’ai eu l’hostie en main, je ressentais une telle puissance d’amour que, de toute la journée, je ne pus ni manger ni reprendre connaissance. J’ai entendu ces paroles venant de l’hostie : « Je désirais reposer sur tes mains et pas seulement dans ton cœur. » Et soudain, au même instant, je vis Jésus. Mais quand le prêtre s’approcha, je ne vis plus que l’hostie à nouveau.

Sainte Faustine - L’APÔTRE DE LA MISÉRICORDE DIVINE Chap 121 à 140

Posté le 26.04.2008 par jubilatedeo
121. De nombreuses grâces que Dieu accorde à l’âme après cette épreuve du feu, lui permettent de jouir d’une étroite union avec Dieu. Elle a un grand nombre de visions sensibles et spirituelles. Elle entend un grand nombre de paroles surnaturelles et plus d’une fois des ordres précis ; mais malgré ces grâces, elle ne se suffit pas à elle-même. D’autant que, comme Dieu la visite de Ses grâces, elle s’expose à toutes sortes de dangers et peut facilement tomber dans l’illusion. Elle devrait prier pour avoir un guide spirituel ; car il faut s’efforcer d’en trouver un qui s’y connaisse, tel un chef dont le devoir est de connaître les chemins par lesquels il doit mener ses troupes au combat. Il faut préparer l’âme unie à Dieu à soutenir de grandes batailles, des combats acharnés.
Après ces purifications et ces épreuves, Dieu demeure dans l’âme d’une façon singulière ; mais l’âme ne collabore pas toujours avec ces grâces. Non qu’elle se refuse d’elle-même œuvrer, mais elle rencontre de si grandes difficultés extérieures et intérieures que vraiment il faut un miracle pour qu’elle se maintienne sur ces hauteurs. Ici, elle a absolument besoin d’un directeur averti.
Faustine 5
Souvent, on emplissait mon âme de doute, quand ce n’était pas moi qui m’alarmais moi-même, en me disant qu’après tout, je n’étais qu’une ignorante, qui connaissait si peu, et en particulier aux choses spirituelles. Cependant, quand les doutes augmentaient, j’allais chercher de la lumière auprès de mon confesseur ou des Supérieures. Mais je n’obtenais pas ce que j’aurais désiré.
122. Quand j’ai dévoilé mon âme aux Supérieures, l’une d’elles reconnut mon âme et la voie où Dieu voulait me conduire. En mettant en pratique ses indications, j’ai commencé à progresser sur la voie de la perfection. Mais cela n’a pas duré longtemps. Quand je lui ai dévoilé mon âme plus à fond, je n’ai pas reçu ce que je désirais. Ces grâces semblaient invraisemblables à la Supérieure, je ne pouvais donc plus trouver aucune aide auprès d’elle. Elle me disait qu’il était impossible que Dieu ait de tels rapports avec une créature. « J’ai peur pour vous, ma Sœur, n’est-ce pas une illusion ? Consultez un prêtre. » Mais le confesseur, lui non plus ne m’a pas comprise, il me dit : « Il vaudrait mieux, ma Sœur, parler de ces choses avec vos Supérieures. » Et je passais ainsi des Supérieures au confesseur et du confesseur aux Supérieures, sans trouver aucun apaisement.
Les grâces divines devinrent, pour moi, de grandes souffrances. Plus d’une fois il m’arriva de dire carrément au Seigneur : « Jésus, j’ai peur de Vous. N’êtes-vous pas quelque fantôme ?» Il me tranquillisait toujours mais je restais incrédule. Chose étonnante : plus j’étais, plus Jésus me donnait de preuves qu’il était l’auteur de ces choses.
123. Quand je me rendis compte que je ne recevais aucun apaisement de la part des Supérieures, je pris la résolution de ne plus leur parler de ces choses purement intérieures. A l’extérieur je tâchais, comme doit le faire une bonne religieuse, de tout dire aux Supérieures ; mais je ne parlais qu’au confessionnal des besoins de mon âme. Je reconnus pour maintes raisons très justes, que la femme n’avait pas été appelée à discerner de tels mystères. Je m’étais exposée à beaucoup de souffrances inutiles.
Pendant longtemps, je fus considérée comme une possédée du démon et on me regardait avec pitié. La Supérieure pris certaines précautions à mon égard. Il m’arrivait d’entendre que les Sœurs aussi me considéraient comme telle. Et l’horizon s’assombrit autour de moi. Je tentais d’éviter ces grâces divines, mais ce n’était pas en mon pouvoir. Soudain, un tel recueillement s’empara de moi que, contre ma volonté, je me plongeai en Dieu et le Seigneur me garda auprès de Lui.
124. Mon âme toujours un peu alarmée au début, connut ensuite une paix ineffable et une force envahissante.
125. Tout était encore à supporter car, lorsque le Seigneur exigea que je peigne ce tableau, on se mit à parler de moi et à me regarder vraiment comme une hystérique, une illuminée, et on commença à en parler un peu ouvertement. Une Sœur vint me parler cœur à cœur. Elle commença à s’apitoyer sur moi : « J’entends dire de vous, ma Sœur, que vous êtes illuminée, que vous avez des visions. Ma pauvre Sœur, défendez-vous de cela. » Elle était sincère et me rapportait fidèlement qu’elle avait entendu. Mais c’est chaque jour que je devais écouter de semblables choses : Dieu seul sait combien cela me fatiguait.
126. Je résolus, malgré tout, de tout supporter en silence et de ne pas m’expliquer quand on me questionnait. Les uns étaient irrités de mon silence, surtout les plus curieux ; d’autres, qui réfléchissaient plus profondément disaient : « Pourtant Sœur Faustine doit être très près de Dieu puisqu’elle a la force de tant souffrir. » Et je voyais devant moi comme deux groupes de juges. Je tâchais d’être silencieuse intérieurement et extérieurement. Je ne parlais pas de ce qui concernait ma personne, malgré les questions directes de certaines Sœurs. Ma bouche devint muette. Je souffrais sans me plaindre comme une colombe. Mais certaines Sœurs trouvaient, semble-t-il, du plaisir à me vexer d’une manière ou d’une autre. Ma patience les irritait, mais Dieu me donnait tant de force intérieure que je supportais cela paisiblement.
127. J’ai compris qu’en de tels moments, personne ne m’aiderait, et j’ai commencé à prier et à demander au Seigneur de me donner un confesseur. Je désiras qu’un prêtre me dise seulement : « Soyez tranquille, vous êtes en bonne voie » ; ou bien : « Rejetez tout ceci, car cela ne vient pas de Dieu. » Mais je ne trouvais aucun prêtre aussi résolu, qui m’aurais ainsi parlé clairement au nom du Seigneur. L’incertitude se prolongeait donc. O Jésus, si c’est Votre volonté que je vive dans une telle incertitude, que Votre nom soit béni. Je Vous prie, Seigneur, dirigez Vous-même mon âme et soyez avec moi, car de moi-même, je ne suis rien.
128. Voilà que je suis jugée de tous côtés. Il n’y a plus rien en moi, qui n’ait échappé aux jugements de mes Sœurs. Mais bientôt tout se tassa en quelque sorte, et on commença à me laisser en paix. Mon âme exténuée se reposa un peu. Mais j’ai reconnu que le Seigneur était plus proche de moi au temps de ces persécutions. Cela ne dura pas longtemps. Un violent orage éclata à nouveau. Les soupçons d’autrefois étaient devenus désormais une sorte de certitude. Et il me fallut, à nouveau, écouter les mêmes chansons. C’est ainsi qu’il plut au Seigneur. Mais, chose singulière, même à l’extérieur je rencontrais des insuccès.
Cela me causa beaucoup de souffrances de toutes sortes, connues de Dieu seul. Je faisais tout mon possible pour tout faire avec la plus grande pureté d’intention. Je voyais désormais que j’étais partout surveillée, comme un voleur, comme un voleur : à la chapelle, pendant mon travail, dans ma cellule. Je sais que maintenant, outre la présence de Dieu, une présence humaine était sans cesse près de moi. Cette présence humaine me fatiguait beaucoup. A certains moments je me demandai si je devais oui ou nom me déshabiller pour me laver. Mon pauvre lit était décidément souvent contrôlé. Le rire me prit quand je vis qu’on ne laissait même pas mon lit en paix. Une Sœur me dit elle-même, que chaque soir, elle venait voir dans ma cellule comment je me comportais.
Mais malgré tout, les Supérieures sont toujours des Supérieures, et en dépit des humiliations personnelles que j’en reçus plus d’une fois et des doutes de toutes sortes dont elles me remplirent, elles me permettaient toujours ce que le Seigneur exigeait de moi, Non comme je le demandais, mais d’une autre façon, elles satisfaisaient les exigences du Seigneur, et me donnaient la permission de ces pénitences et de ces rigueurs
Un jour, une de ces Mères se fâcha si fort contre moi, et m’humilia tellement que je crus que je ne pourrais pas le supporter. Elle me dit : « Extravagante, hystérique, visionnaire allez-vous-en de cette chambre, que je ne vous voie plus. » Elle déversa sur moi tout ce qui lui passait par la tête. Arrivée dans ma cellule, je suis tombée devant la croix et je regardais Jésus, ne pouvant plus prononcer un mot. Pourtant je gardai ceci secret devant les autres et je fis comme si rien ne s’était passé entre nous.
129. Satan profite toujours de tels moments; des pensées de découragement commencèrent à me venir à l’esprit ; « Voila la récompense de ta fidélité et de ta sincérité. Comment peut-on être sincère lorsqu’on est si incomprise ? » Jésus, Jésus, je n’en puis plus. Et je tombais de nouveau à terre sous le poids de ce fardeau. La sueur commença à m’inonder, et je fus saisie de frayeur. Je n’avais personne sur qui m’appuyer intérieurement. Tout à coup, j’entendis une voix dans mon âme : « N’aie pas peur, Je suis avec toi ». Une singulière lumière éclaira mon esprit et je compris que je ne devais pas me laisser aller à une telle tristesse. Une force me remplit et je sortis de la cellule avec un nouveau courage pour souffrir.
130. Cependant j’ai commencé à me négliger un peu. Je ne prêtais plus attention à ces inspirations intérieures et m’appliquais à me dissiper. Mais malgré le bruit et la dissipation, je voyais ce qui se passait en mon âme. La parole de Dieu est éloquente et rien ne peut l’assourdir. J’ai commencé à éviter les rencontres du Seigneur dans mon âme, car je ne voulais pas être victime d’illusions. Mais Lui me poursuivait pour ainsi dire de Ses dons. Et vraiment je ressentais tour à tour tourments et joie. Je ne mentionne pas ici les diverses visions et grâces que Dieu m’accorda dans ces moments, j’en ai parlé ailleurs. Je noterai seulement ici que ces souffrances, ayant déjà atteint un sommet, je pris la résolution d’en finir avec mes doutes avant mes vœux perpétuels.
131. Pendant tout ce temps d’épreuve, je priais pour que Dieu éclaire le prêtre auquel je devais dévoiler mon âme à fond. Je demandais à Dieu, de m’aider Lui-même et de me donner la grâce de pouvoir exprimer les choses les plus cachées qui ont lieu entre le Seigneur et moi, et de me disposer à accepter toutes les décisions de ce prêtre comme venant de Jésus Seul. Sa décision m’importait peu. Je ne désire que la vérité, et une réponse décisive, à certaines questions. Je m’en remets complètement à Dieu, et mon âme désire la vérité. Je ne puis rester plus longtemps dans le doute, tout en ayant dans mon âme une si grande certitude que ces choses proviennent de Dieu, que je donnerai ma vie pour cela. J’ai cependant placé l’avis du confesseur au-dessus de tout. Et j’ai décidé de faire ce qu’i déciderait, et d’agir d’après les indications qu’il me donnera. Je regarde ce moment comme étant décisif pour le progrès de toute ma vie. Je sais que de cela dépendra tout. Peu importe, si ce qu’il me dira, sera en accord avec mes inspirations, ou tout à fait contraire, cela ne me trouble pas. Je désire connaître la vérité et la suivre.
« Jésus, vous pouvez m’aider ! » Et depuis ce moment j’ai pris une nouvelle voie. Gardant secrètes toutes les grâces reçues, j’attends ce que le Seigneur m’enverra. Ne doutant de rien, dans mon cœur, je priais le Seigneur qu’il daigne m’aider dans ces moments, et un certain courage entra dans mon âme.
132. Je dois encore mentionner que certains confesseurs aident l’âme et sont comme des pères spirituels quand tout va bien. Mais quand l’âme se trouve dans de plus grands besoins, alors ils sont perplexes et ne peuvent ou ne veulent pas comprendre l’âme. Ils tâchent de se débarrasser d’elle au plus vite ; mais si l’âme est humble, elle peut en retirer au moins un peu de profit. Dieu seul jettera parfois un faisceau de lumière au fond de cette âme, à cause de son humilité et de sa foi. Quelquefois le confesseur dit des choses qu’il n’avait pas du tout l’intention de dire, sans s’en rendre compte lui-même. Oh ! Que l’âme croie bien que ce sont les paroles mêmes du Seigneur. Certes nous devons croire que chaque mot entendu dans le confessionnal a un caractère divin, mais les paroles dont je viens de parler proviennent, elles, directement de Dieu. Et l’âme sent que le prêtre ne parle pas de lui-même, il dit des choses qu’il n’avait pas l’intention de dire. Voilà comment Dieu récompense la foi.
J’ai éprouvé cela moi-même à maintes reprises. Il y avait un prêtre très savant et fort estimé – il m’arrivait parfois d’aller me confesser à lui – qui était toujours très sévère. Et il s’opposait à ces choses. Mais une fois il me répondit « Sachez, ma Sœur que si Dieu exige que vous acheviez ceci, il ne faut pas vous y opposer. Dieu veut parfois être loué justement de cette façon. Soyez tranquille, ce que Dieu a commencé, Dieu le finira. Mais je vous le dis : fidélité envers Dieu et humilité. Une fois encore : humilité. Rappelez-vous bien ce que je vous ai dit aujourd’hui. » Je me suis réjouie et j’ai pensé que peut-être, ce prêtre m’avais comprise. Mais les circonstances changèrent de telle sorte que je ne me suis plus jamais confessée à lui.
133. Une fois, une des Mères plus âgées m’appela et ce fut sur ma tête comme un coup de foudre dans un ciel qui semblait serein, à tel point que je ne savais pas ce dont il s’agissait. Je compris assez vite que c’était pour des choses qui ne dépendaient pas de moi. Elle me dit : « Otez-vous de la tête, ma Sœur, que Jésus soit si intime avec vous. Une telle misère, une telle imperfection ! Rappelez-vous que Jésus n’est en rapport si intime qu’avec les Saints. » J’ai avoué qu’elle avait raison, que j’étais misérable, mais néanmoins confiante en la Miséricorde divine. Quand j’ai rencontré