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Nom du blog :
jubilatedeo
Description du blog :
Catéchèse catholique -Messe du jour (commentaire et homélie) -Les Saints du jour (leurs vies)
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
28.05.2007
Dernière mise à jour :
17.12.2010

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Juges (5, 1-13) - Débora chantant son cantique

Publié le 26/10/2008 à 12:00 par jubilatedeo
Juges (5, 1-13) - Débora chantant son cantique
1 En ce jour-là, Débora et Barac, fils d'Abinoëm, chantèrent en disant:
2 Les chefs se sont mis à la tête en Israël; le peuple s'est volontairement offert pour le combat, bénissez-en Yahweh!
3 Ecoutez, ô rois: princes, prêtez l'oreille. C'est moi, c'est moi qui chanterai Yahweh; je dirai un cantique à Yahweh, le Dieu d'Israël.
4 Yahweh, quand tu sortis de Séïr, quand tu t'avanças des campagnes d'Edom, la terre trembla, les cieux mêmes se fondirent, et les nuées se fondirent en eau.
5 Devant Yahweh s'ébranlèrent les montagnes, ce Sinaï, devant Yahweh, le Dieu d'Israël.
6 Aux jours de Samgar, fils d'Anath, aux jours de Jahel, les routes étaient désertes, et les voyageurs prenaient des sentiers détournés.
7 Les campagnes étaient dans l'abandon en Israël, jusqu'à ce que je me sois levée, moi Débora, que je me sois levée, une mère en Israël.
8 On choisissait des dieux nouveaux alors la guerre était aux portes, et l'on ne voyait ni bouclier ni lance chez quarante milliers en Israël!
9 Mon coeur s'élance vers les conducteurs d'Israël, vers ceux du peuple qui se sont offerts: Bénissez Yahweh!
10 Vous qui montez de blanches ânesses, qui vous asseyez sur des tapis, et vous qui parcourez les chemins, chantez!
11 Que de leur voix les archers, près des abreuvoirs, célèbrent les justices de Yahweh, les justices envers ses campagnes en Israël! Alors le peuple de Yahweh est descendu dans ses portes.
12 Eveille-toi, éveille-toi, Débora! Eveille-toi, éveille-toi, dis au cantique! Lève-toi, Barac, et fais tes prisonniers, fils d'Abinoëm
13 En ce moment descends, reste des nobles du peuple! Yahweh, descends vers moi parmi ces héros!

Bible Augustin Crampon chanoine catholique

Tout ce qu'il y a dans l'Écriture – dans la Loi et les prophètes – dépend de ces deux commandements

Publié le 26/10/2008 à 12:00 par jubilatedeo
Livre de l'Exode 22,20-26.

Quand Moïse transmettait au peuple les lois du Seigneur, il disait : « Tu ne maltraiteras point l'immigré qui réside chez toi, tu ne l'opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte.
Vous n'accablerez pas la veuve et l'orphelin.
Si tu les accables et qu'ils crient vers moi, j'écouterai leur cri.
Ma colère s'enflammera et je vous ferai périr par l'épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.
Si tu prêtes de l'argent à quelqu'un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n'agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d'intérêts.
Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil.
C'est tout ce qu'il a pour se couvrir ; c'est le manteau dont il s'enveloppe, la seule couverture qu'il ait pour dormir. S'il crie vers moi, je l'écouterai, car moi, je suis compatissant ! »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Psaume 17 (18), 2-3, 4.20, 47.51ab

Je t'aime, Seigneur, Dieu qui me rends fort !

Je t'aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.
Lui, m'a dégagé, mis au large,
il m'a libéré, car il m'aime.

Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Qu'il triomphe, le Dieu de ma victoire,
Il donne à son roi de grandes victoires,
il se montre fidèle à son messie pour toujours.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1,5-10.

Frères, vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien.
Et vous, vous avez commencé à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves avec la joie de l'Esprit Saint.
Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de toute la Grèce.
Et ce n'est pas seulement en Macédoine et dans toute la Grèce qu'à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s'est si bien répandue partout que nous n'avons plus rien à en dire.
En effet, quand les gens parlent de nous, ils racontent l'accueil que vous nous avez fait ; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable,
et afin d'attendre des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible





Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22,34-40.

Les pharisiens, apprenant qu'il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent,
et l'un d'entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l'épreuve :
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit.
Voilà le grand, le premier commandement.
Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Tout ce qu'il y a dans l'Écriture - dans la Loi et les Prophètes - dépend de ces deux commandements. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible



Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l'Église
Lettre 112, à Hugues le reclus ; Opera omnia, 3, p. 245 (trad. Orval)


« Tout ce qu'il y a dans l'Écriture – dans la Loi et les prophètes – dépend de ces deux commandements »


Puisque régner dans le ciel n'est rien d'autre que d'adhérer à Dieu et à tous les saints, par l'amour, en une seule volonté, au point que tous n'exercent ensemble qu'un seul et même pouvoir, aime donc Dieu plus que toi-même, et déjà tu commences à tenir ce que tu veux posséder parfaitement dans le ciel. Accorde-toi avec Dieu et avec les hommes -- si du moins ceux-ci ne se séparent pas de Dieu -- et déjà tu commences à régner avec Dieu et avec tous les saints. Car, dans la mesure où tu t'accordes maintenant avec la volonté de Dieu et avec celle des hommes, Dieu et tous les saints s'accorderont avec ta volonté. Si donc tu veux être roi dans le ciel, aime Dieu et les hommes comme tu le dois, et tu mériteras d'être ce que tu souhaites.

Mais cet amour, tu ne pourras le posséder à la perfection que si tu vides ton coeur de tout autre amour... Voilà pourquoi ceux qui remplissent leur coeur d'amour de Dieu et du prochain n'ont de vouloir que celui de Dieu, ou celui d'un autre homme, pourvu qu'il ne soit pas contraire à Dieu. Voilà pourquoi ils sont fidèles à prier, ainsi qu'à s'entretenir et à se souvenir du ciel ; car il leur est agréable de désirer Dieu et de parler de celui qu'ils aiment, d'entendre parler de lui et de penser à lui. C'est aussi pourquoi ils se réjouissent avec qui est dans la joie, ils pleurent avec qui est dans la peine (Rm 12,15), ils ont compassion des malheureux et ils donnent aux pauvres, car ils aiment les autres hommes comme eux-mêmes... Oui, c'est bien ainsi que « toute la Loi et les prophètes se rattachent à ces deux commandements » de l'amour.



Homélie Messe

Pharisiens et sadducéens se relaient pour harceler Jésus de questions pièges. Les pharisiens ont ouvert le feu : ils ont essayé de compromettre Jésus sur le terrain politique avec la demande concernant le tribut redevable à César (Mt 22, 15-22). Mis en échec ils se sont retirés et ont laissé la place aux sadducéens. Ceux-ci ont tenté de démontrer que la doctrine de la résurrection soutenue par Notre-Seigneur est absurde ; leur argumentation s’appuyait sur le cas de figure de six frères épousant successivement la femme de leur frère défunt pour lui assurer une descendance (Mt 22, 23-33). Le rappel des conditions de vie dans le Royaume les a obligés eux aussi à battre en retraite.
Devenus plus prudents, « les pharisiens se réunirent » et par la voix d’un légiste, ils tendent un piège bien plus subtil. Il était de tradition que les Maîtres résument les prescriptions de la Loi autour d’un commandement central d’où tous les autres sont sensés procéder et auquel ils devraient ramener. Cette synthèse originale caractérisait l’enseignement de chaque Rabbi. L’exercice n’était pas facile car les quelques sentences retenues devaient proposer une synthèse fidèle de l’essentiel de la Thora. Le « grand commandement » auquel se réfèrent les pharisiens est donc celui qui pour Jésus s’impose de manière absolue et autour duquel il entend construire sa doctrine. Ces messieurs espèrent bien sûr que la réponse du Rabbi sera insuffisante et qu’ils auront ainsi matière pour mettre en doute son orthodoxie.
La réponse de Notre-Seigneur est plutôt embarrassante pour le docteur, qui se trouve pris à son propre piège ; en effet, s’il reconnaît le bien-fondé de la réponse de Jésus, il est obligé d’avouer la fausseté de son attitude qui est tout sauf charitable envers son prochain ! Curieusement, Jésus ne se réfère pas à la Loi, c’est-à-dire au Décalogue, mais il rassemble un verset du Deutéronome (Dt 6, 5) et un autre du Lévitique (Lv 19, 18) pour composer un seul précepte, qui selon lui s’impose inconditionnellement. On pourrait donc lui reprocher de ne pas répondre à la demande qui lui est adressée. Mais en fait, il dépasse la Loi vers son accomplissement dans l’amour. Dans les deux passages convoqués, le programme à mettre en œuvre consiste en effet à « aimer ». Par deux fois, ce verbe est proposé au futur, non pas pour indiquer une action à venir, mais pour signifier qu’il s’agit de l’occupation principale tout au long du chemin qui conduit au Royaume. Le futur a ici valeur d’un impératif qui vaut de manière définitive : « Cherchez le Seigneur et sa force, sans vous lasser, recherchez son visage » (Ps 104, 4), confirmait l’Antienne d’ouverture de notre liturgie.
L’objet de cet amour est double. Il s’agit d’abord d’aimer « le Seigneur » et de l’aimer dans la radicalité d’un engagement de tout son être. Conjointement et dans l’élan d’un unique amour qui se donne résolument et sans retour, nous sommes invités à « aimer notre prochain comme nous-même ». Jésus précise que les deux commandements sont d’égale importance, et à vrai dire n’en font qu’un, le second étant le lieu de vérification du premier. La première lecture tirée de l’Exode est on ne peut plus claire à ce propos : Dieu se situe explicitement du côté de l’immigré, de la veuve et de l’orphelin dont il prend la défense de manière enflammée, « car moi, je suis compatissant ». Une compassion active qui culmine dans l’incarnation du Verbe, venu partager notre condition humaine afin de nous introduire dans sa condition divine.
Pourtant Notre-Seigneur nous invite à respecter une priorité : pour aimer comme il convient notre prochain, il nous faut d’abord nous enraciner dans l’amour de Dieu et nous attacher à lui « de tout notre cœur, de toute notre âme et de toute notre pensée ». Ce n’est que lorsque nous serons ainsi totalement décentré de nous-même vers celui qui est notre Source et notre Fin, que nous pourrons aimer notre prochain « en esprit et vérité » (cf. Jn 4, 23-24), c’est-à-dire dans la chasteté d’un amour non possessif et dans la liberté du don et du service gratuits. La charité chrétienne est tout autre chose qu’une philanthropie : elle est consentement à l’action de l’Esprit de Jésus-Christ en nous, travaillant à l’instauration du Royaume.
Jean-Paul II souhaitait ardemment que « le monde redécouvre que le christianisme est la religion de l’amour ». Et comment pourrait-il le découvrir si ce n’est grâce au témoignage de l’engagement des chrétiens au service de leurs frères ? Avant lui, Paul VI soulignait déjà que notre monde a davantage besoin de témoins que de maîtres ; et s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont avant tout des témoins. C’est bien ce qu’écrivait Saint Paul aux chrétiens de Thessalonique : il ne les invite pas seulement à répéter ce qu’il a dit, mais à imiter son comportement. C’est ainsi qu’ils demeureront « un modèle pour tous les croyants » (2nd lect.). En effet, si leur prédication de la Parole « en Macédoine et dans toute la Grèce » porte tant de fruit, c’est parce que leur foi s’est répandue en œuvres de charité, bien plus éloquentes que tous les discours. Seule une foi qui se met en peine, atteste que nous sommes « convertis à Dieu en nous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable, et afin d’attendre des cieux son fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient » (Ibid.). En ce dimanche des missions, puissions-nous mieux prendre conscience que l’annonce de notre foi et le témoignage de notre espérance, commencent par une vie de service, en cohérence avec l’Evangile que nous confessons.

« “Je t’aime Seigneur ma force, mais augmente ma charité ; Seigneur mon roc, ma forteresse, je m’appuie sur toi, mais fais grandir ma foi ; Dieu mon libérateur, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire, je suis sûr de toi, mais arrache-moi à mes peurs” (cf. Ps 17), et accorde-moi dans l’Esprit Saint, l’audace d’une vrai conversion, d’un amendement sincère de ma vie, afin qu’en t’aimant plus que tout et en te servant en mes frères, je devienne un vrai disciple de Jésus, et un témoin crédible de la Bonne Nouvelle du salut que tu nous envoies proclamer à tous les hommes ».



Fil rouge

Il était de tradition que les Maîtres résument les prescriptions de la Loi autour d’un commandement central d’où tous les autres procèdent et auquel ils ramènent. Cette synthèse originale caractérisait l’enseignement de chaque Rabbi. L’exercice n’était pas facile car les quelques sentences retenues devaient proposer une image fidèle de la Thora dont elles devaient synthétiser l’essentiel. Le « grand commandement » que réclame le docteur de la loi envoyé par les pharisiens, est donc celui qui pour Jésus s’impose de manière absolue et autour duquel il entend construire sa doctrine. Ces messieurs espèrent que la réponse du Rabbi sera insuffisante et qu’ils auront ainsi matière à contester son orthodoxie.

La réponse de Notre-Seigneur est plutôt embarrassante pour le docteur, qui se trouve pris à son propre piège ; en effet, s’il reconnaît le bien-fondé de la réponse de Jésus, il est obligé d’avouer la fausseté de son attitude qui est tout sauf charitable envers son prochain ! Curieusement, Jésus ne se réfèrent pas à la Loi, c'est-à-dire au Décalogue, mais au Deutéronome (6, 5) et au Lévitique (19, 18). On pourrait donc lui reprocher de ne pas répondre à la demande qui lui est adressée. Mais en fait, il dépasse la Loi vers son accomplissement dans l’amour. Les préceptes du Décalogue - et à leur manière, ceux du Lévitique - posent les limites à ne pas franchir pour rester dans la fidélité à l’Alliance ; en citant le Deutéronome, Jésus révèle la finalité de la Loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu », ainsi que le lieu de vérification de cet orientation fondamentale : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». La première lecture est on ne peut plus claire à ce propos : Dieu se situe explicitement du côté de l’immigré, de la veuve et de l’orphelin dont il prend la défense de manière enflammée, « car moi, je suis compatissant ». Une compassion active qui culmine dans l’incarnation du Verbe, venu partager notre condition humaine afin de nous introduire dans sa condition divine. Depuis que Dieu s’est fait homme, le chemin vers le Père passe nécessairement par nos frères, en qui nous sommes invités à reconnaître le visage du Fils unique.

Actualisation

Paul VI soulignait déjà que notre monde a davantage besoin de témoins que de maîtres ; et s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont avant tout des témoins. C’est bien ce que dit Saint Paul aux chrétiens de Thessalonique dans la seconde lecture : il ne les invite pas seulement à répéter ce qu’il a dit, mais à imiter son comportement. C’est ainsi qu’ils demeureront « un modèle pour tous les croyants ». En effet, si leur prédication de la Parole « en Macédoine et dans toute la Grèce » porte tant de fruit, c’est parce que leur foi s’est répandue en œuvres de charité, bien plus éloquentes que tous les discours. Seule une foi qui se met en peine au service de nos frères, atteste que nous sommes « convertis à Dieu en nous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable, et afin d’attendre des cieux son fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient » (2nd lect.). En ce dimanche des missions, puissions-nous prendre conscience que l’annonce de notre foi et le témoignage de notre espérance, commencent par une vie de service, en cohérence avec l’Evangile que nous confessons.

Les Saints du jour

Publié le 26/10/2008 à 12:00 par jubilatedeo
Saint Démétrius Ermite (4ème s.)
Démétrios ou Dimitri.
Son culte fut extrêmement populaire en Orient. Le diocèse de Gap en France voulut même se l'annexer en en faisant son premier évêque. D'autres en font un martyr du premier siècle. En fait, il y eût au quatrième siècle un saint Démétrios, martyr à Thessalonique, qui bénéficia de l'enjolivement de la piété populaire. On en fit un soldat chrétien et fier de l'être, on en fit même le proconsul de Grèce et de Macédoine. Dénoncé comme fauteur de troubles, il fut condamné à lutter dans l'arêne contre un gladiateur plus robuste que lui, l'on vit arriver, avec lui, un jeune garçon nommé Nestor, frêle et courageux, qui d'un geste mit à mort ce géant. Dépité, l'empereur présent, fit mettre à mort l'enfant et Dimitri. De son corps se mit à jaillir une huile odoriférante et miraculeuse.



Saint Alor (6ème s.)
évêque de Quimper. Beaucoup de paroisses des régions de Pont l'Abbé et de Paimpol le choisirent comme saint patron. C'est bien tout ce que l'histoire retient de lui.
"saint Alor ou Alour fut, au 6e siècle, le troisième évêque de Cornouaille après Corentin et Conogan (ou Guenoc)"
(Source: Les saints du diocèse de Quimper et Léon)
http://catholique-quimper.cef.fr/decouvrez_notre_patrimoine/bol-d-air-breton/saint-alor/



Saint Amand de Strasbourg (4ème s.)
Il participa au concile de Sardique en tant qu'évêque de Strasbourg.



Saint Aptone évêque d'Angoulème (+ v. 566)
C'est lui qui ordonna saint Cybard*.

*Moine près d'Angoulême (6ème s.)Il distribue aux pauvres tous les dons qu'on lui destinait. Ses disciples s'en inquiétaient. Il les rassurait en leur répétant que la foi n'a pas peur de la faim.




Bienheureux Bonaventure de Potenza (+ 1711)
de l'Ordre des Frères Mineurs que le Pape Pie VI mis au nombre des bienheureux en raison de son obéissance et de bien d'autres vertus.



Bienheureuse Bonne d'Armagnac (+ 1462)
Elle naquit dans une grande famille de la noblesse de l'Armagnac. Son neveu, duc de Nemours, sera condamné à mort par le roi Louis XI. Elle refusa d'abord les projets que l'on faisait sur elle : la faire entrer dans un couvent de clarisses. Et puis, un beau jour, elle changea d'avis et, grande dame pour montrer que ce n'était pas une déchéance, elle partit de Carlat dans le Cantal jusqu'à Lézignan dans l'Aude avec un noble escorte : un sénéchal, sept gentilshommes, sept demoiselles et six gardes mousquetons sur l'épaule. Suivaient les pages et les laquais. Cette décision contrariait les vues politiques de son frère le duc de Nemours. Mais elle resta ferme. Elle meurt à vingt ans, après trois années de vie monastique : « Gentiment moqueuse et toujours joyeuse. »



Saint Cédric (+ 664)
ou Cedde, frère de Saint Chad*.
Il fut élevé à Lindisfarne par saint Aidan**. Il évangélisa les Saxons de l'Angleterre orientale et devint leur évêque. Il mourut de la peste à l'abbaye de Lastingham qu'il avait fondée dans le Yorkshire.
Un internaute nous informe:
"Au sujet de Saint Cedd, Wikipédia nous apprend que Saint Cedd fut un interprète consciencieux et possédait des facilités pour l'apprentissage des langues. Ainsi, il pratiquait les langues gaélique, anglaise, francique, le gallois et le latin.
Ce qui lui vaut aujourd'hui le titre de Saint Patron des interprètes.
Il est aussi le Saint Patron du Conté d'Essex en Angleterre, et du village de Lastingham (North Yorkshire)."


* Evêque d'York, frère de saint Cédric (+ 672)ou Ceadda. Nous le fêtons avec la Communion anglicane. Abbé de Lastingham, à York en Angleterre, il y pratiqua la stricte observance de la règle de saint Columba.


**Evêque-abbé (+ 651)
Missionnaire qui établit la religion chrétienne dans le district de Lindisfarne (Irlande) et qui devint évêque du pays qu'il avait converti (vers 635)




Saint Foulques (+ 1229)
Chanoine régulier d'origine irlandaise ou écossaise devenu évêque de Plaisance en Italie puis de Pavie. Homme pacifique, dévoué avec le plus grand soin à l’action pastorale et à la charité, il travailla à réconcilier les deux villes déchirées par des factions.



Saint Joasaph (+ 1536)
le nouveau martyr. Moine au Mont Athos, il confessa sa foi en la Très Sainte Trinité et en l'Incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ devant le tribunal turc de Constantinople. Après avoir été soumis à la torture, il eût la tête tranchée.



Saint Lucien et Saint Marcien (+ 250)
martyrs à Nicomédie.
Selon les "Actes" de leur Passion, ils étaient magiciens et même persécuteurs des chrétiens. Ils se convertirent et le dialogue qui nous est rapporté entre le juge et les deux condamnés porte cette réponse "Je suis un homme libre puisque c'est la gloire des chrétiens que de gagner la vraie vie." Ils furent condamnés à être brulés vifs.



Saint Quod Vult Deus (+ 468)
évêque de Carthage, il s'opposa à Genséric, vandale et arien, qui l'arrêta avec plusieurs membre de son clergé. Ils furent mis à la mer sur des barques brisées, sans voile ni rames. Mais le vent les poussa sur les côtes de Naples où ils finirent leur vie ainsi exilés.



Saints Rogatien et Félicissime Prêtres et martyrs à Carthage (3ème s.)
martyrs. Saint Cyprien dira de saint Rogatien : « Il vous montre la route par la vaillance de sa foi. »



Saint Rustique Evêque de Narbonne (+ 462)
Ce fils d'un évêque de la Gaule Narbonnaise, saint Bonose*, alla à Rome pour étudier. De retour dans sa patrie, il embrassa la vie religieuse dans un monastère de Marseille puis fut évêque de Narbonne. Il est cité parmi les «Pères» du concile d'Ephèse en 431, lequel concile condamna les thèses théologiques de Nestorius.
Dans le diocèse Montpellier, il y a une paroisse Saint Salvi** et Saint Rustique en Minervois
[url] http://catholique-montpellier.cef.fr/index.htm[/url]

*Evêque de Trèves et confesseur (+ 381)Il gouvernait son diocèse au temps difficile où l'empereur Constance favorisait l'arianisme. Il se montra d'un grand zèle et d'une fermeté inébranlable sous le règne du persécuteur Julien l'Apostat.


**Evêque d'Albi (+ 584)Après des études de droit et ses humanités, il exerça quelque temps comme avocat à Albi. Devenu moine, il conserva ses relations avec les Grands de ce monde. Il sut convaincre le roi Chilpéric de s'occuper mieux de son royaume plutôt que d'élaborer une mauvaise théologie.



Les Églises font mémoire…

Anglicans : Alfred le Grand (+899), roi de Saxe occidentale, savant ; Cedd (+664), abbé de Lastingham, évêque en Saxe orientale
Catholiques d’occident : Luigi Orione (+1940), prêtre (calendrier ambrosien)
Coptes et Ethiopiens : Agathon (+ env. 660), 39e patriarche d’Alexandrie (église copte-orthodoxe) ; Pantéleimon de Nicomédie (+305), martyr (église copte-catholique)
Luthériens : Frumence (IVe s.), évangélisateur en Ethiopie
Maronites : Démétrios le Myroblite et Oreste (+env. 306), martyrs ; Evariste Ier (IIe s.), pape
Orthodoxes et gréco-catholiques : Démétrios le Myroblite, mégalomartyr, Séisme de 740 à Constantinople ; Antoine de Cqondidi (+1815), évêque (Église géorgienne).

Juges (4, 15-22) - Yaël et Sisera

Publié le 25/10/2008 à 12:00 par jubilatedeo
Juges (4, 15-22) - Yaël et Sisera
15 Yahweh mit en déroute Sisara, tous ses chars et toute son armée, par le tranchant de l'épée, devant Barac; et Sisara des-cendit de son char et s'enfuit à pied.
16 Barac poursuivit les chars et l'armée jusqu'à Haroseth-Goïm, et toute l'année de Sisara tomba sous le tranchant de l'épée; pas un homme n'échappa.
17 Sisara se réfugia à pied dans la tente de Jahel, femme de Héber, le Cinéen; car il y avait paix entre Jabin, roi d'Asor, et la maison de Héber, le Cinéen.
18 Jahel sortit au-devant de Sisara et lui dit "Entre, mon seigneur, entre chez moi, ne crains point." Il entra chez elle dans la lente, et elle le cacha sous une couverture.
19 Il lui dit: "Donne-moi, je te prie, un peu d'eau à boire, car j'ai soif." Elle ouvrit l'outre du lait, lui donna à boire et le couvrit.
20 Il lui dit: Tiens-toi à l'entrée de la tente et, si l'on vient l'in-terroger, en disant: Y a-t-il un homme ici? tu répondras: Non."
21 Jahel, femme de Héber, saisit le pieu de la tente et, ayant pris en main le marteau, elle s'approcha de lui doucement et lui en-fonça dans la tempe le pieu, qui pénétra dans le sol, car il dormait profondément, étant accablé de fatigue; et il mourut.
22 Et voici, comme Barac poursuivait Si-sara, Jahel sortit à sa rencontre et lui dit: "Viens, et je te montrerai l'homme que tu cherches." Il entra chez elle et vit Sisara étendu mort, le pieu dans la tempe.

Bible Augustin Crampon chanoine catholique

« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez »

Publié le 25/10/2008 à 12:00 par jubilatedeo
Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens 4,7-16.

Frères, chacun d'entre nous a reçu le don de la grâce comme le Christ nous l'a partagée.
C'est pourquoi l'Écriture dit : Il est monté sur la hauteur, emmenant des prisonniers, il a fait des dons aux hommes.
Que veut dire : Il est monté ? - Cela veut dire qu'il était d'abord descendu jusqu'en bas sur la terre.
Et celui qui était descendu est le même qui est monté au plus haut des cieux pour combler tout l'univers.
Et les dons qu'il a faits aux hommes, ce sont d'abord les Apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l'Évangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent.
De cette manière, le peuple saint est organisé pour que les tâches du ministère soient accomplies, et que se construise le corps du Christ.
Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l'unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l'état de l'Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ.
Alors, nous ne serons plus comme des enfants, nous laissant secouer et mener à la dérive par tous les courants d'idées, au gré des hommes, eux qui emploient leur astuce à nous entraîner dans l'erreur.
Au contraire, en vivant dans la vérité de l'amour, nous grandirons dans le Christ pour nous élever en tout jusqu'à lui, car il est la Tête.
Et par lui, dans l'harmonie et la cohésion, tout le corps poursuit sa croissance, grâce aux connexions internes qui le maintiennent, selon l'activité qui est à la mesure de chaque membre. Ainsi le corps se construit dans l'amour.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Psaume 121 (122), 1-2, 3-4ab, 4cd-5

Nous irons dans la joie vers la maison de Dieu.

Quelle joie quand on m'a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu'un!
C'est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur.

C'est là qu'Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur.
C'est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible





Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13,1-9.

A ce moment, des gens vinrent rapporter à Jésus l'affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu'ils offraient un sacrifice.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien non, je vous le dis ; et si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. »
Jésus leur disait encore cette parabole : « Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n'en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : 'Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n'en trouve pas. Coupe-le. A quoi bon le laisser épuiser le sol ?'
Mais le vigneron lui répondit : "Seigneur, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas." »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Guillaume de Saint-Thierry (vers 1085-1148), moine bénédictin puis cistercien
Oraisons méditatives, n° 5 (trad. cf. Pain de Cîteaux, 21 et SC 324, p. 99)



« Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez »


Pauvre de moi, ma conscience m'accuse sans cesse et la vérité ne peut pas m'excuser en disant : il n'a pas su ce qu'il faisait. Pardonne donc, Seigneur, au prix de ton précieux sang, tous les péchés où je suis tombé, consciemment ou inconsciemment... Oui, Seigneur, j'ai vraiment péché, et volontairement, et beaucoup. Après avoir reçu la connaissance de ta vérité, j'ai offensé l'Esprit de grâce ; pourtant, lors de mon baptême, il m'avait accordé gratuitement la rémission des péchés. Mais moi, après avoir reçu la connaissance de ta vérité, je suis revenu à mes péchés, « comme le chien à son vomissement » (2P 2,22 ; Pr 26,11).

Ô Fils de Dieu, t'ai-je foulé aux pieds en te reniant ? Pourtant je ne peux pas dire que Pierre, en te reniant, t'a foulé aux pieds, lui qui t'aimait si ardemment, même s'il t'a renié une première fois, une deuxième et une troisième fois... À moi aussi Satan a parfois réclamé ma foi pour la passer au crible comme du froment ; mais ta prière est descendue jusqu'à moi, de sorte que ma foi n'a jamais failli (Lc 22,31-32), elle ne t'a pas abandonné... Tu sais combien j'ai toujours voulu adhérer à la foi en toi ; toi donc, garde-moi dans cette volonté jusqu'au bout.

Toujours j'ai cru en toi..., toujours je t'ai aimé, même quand j'ai péché contre toi. Mes péchés, je les regrette, et à en mourir. Mais de mon amour, je n'ai aucun regret, sinon de ne pas t'avoir aimé autant que je l'aurais dû.


Homélie Messe

Considérer les maux comme un châtiment lié à une faute est une manière d’appréhender les souffrances bien enracinée dans la mentalité humaine. Trouver une raison et un responsable au mal a toujours hanté la pensée de l’homme. Dans le cas du massacre commandité par Pilate, on peut se rabattre sur la responsabilité humaine de ce gouverneur violent, connu des historiens pour avoir toujours su réprimer les moindres mouvements de foule. Mais dans le cas de l’écroulement de la tour de Siloé où aucune volonté ni méchanceté humaine ne se voient impliquées, à qui attribuer la cause d’un tel désastre et pourquoi ? Nous sentons bien qu’il n’y a ici qu’un petit pas à faire pour renvoyer à Dieu la responsabilité d’une telle catastrophe soit directement pour l’avoir provoqué soit indirectement pour ne pas l’avoir empêchée. Et dans le cas où il en aurait été l’initiateur, serait-ce encore une forme de punition qu’il aurait infligée à ces hommes en raison de leurs péchés ?

Jésus ne veut pas dans ce passage d’évangile répondre à la question de Dieu et du mal. La manière dont il interroge ses interlocuteurs et les réponses qu’il donne lui-même en témoignent. « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? […] Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? » Jésus met l’accent sur le fait que les victimes et les personnes épargnées ne sont ni plus innocentes ni plus coupables les unes que les autres. Il est aussi remarquable que ce que ce n’est pas l’innocence que Jésus relève mais le fait que tous sont pécheurs. L’absence de drame dans la vie de certains ne doit en aucun cas être perçue comme le signe de leur innocence. Tous sont pécheurs et tous ont à se convertir avant de se retrouver au moment de leur mort devant le Seigneur.
Jésus insiste à deux reprises : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux. […] si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière. » Jésus nous rappelle l’urgence de notre conversion. Le triste destin de ces hommes victimes de Pilate ou de la catastrophe de la tour de Siloé devrait réveiller nos consciences et nous conduire à une conversion salutaire. Nous aussi, tous nous sommes pécheurs et tous nous avons besoin de la miséricorde divine.
Ce réalisme spirituel est aujourd’hui comme hier la condition même de l’interprétation juste de l’avènement du Christ. Comment pourrions-nous reconnaître dans la venue du Fils de l’Homme, l’ultime grâce de salut, si nous n’avons pas la claire conscience d’être pécheurs et d’avoir besoin d’un Sauveur ? Si je remets à demain l’accueil de la miséricorde, cela signifie en réalité que je n’ai pas clairement conscience de mon état de pécheur et donc de mon besoin d’être sauvé. Que se passerait-t-il si je me retrouvais alors devant le Seigneur ? Serais-je disposer à l’accueillir comme mon Sauveur ?

La conversion ne peut donc attendre. Mais elle ne désigne pas pour autant un état définitif qui nous ferait dire : « Ca y est, je suis converti ». Au cours de notre pèlerinage terrestre, elle signifie plutôt un chemin, une remise en question permanente et un appel toujours renouvelé à la grâce de Dieu pour tendre toujours davantage vers lui. C’est d’ailleurs pour nous fortifier sur cette route exigeante que Jésus nous donne à contempler le vigneron miséricordieux qui garde l’espérance et continue de croire en nous.

« Seigneur donne-nous cette vigilance de cœur qui nous permettra de voir ce qui dans nos vies ne correspond pas avec ce que nous professons. Merci pour ta patience et pour ta miséricorde envers nous qui tout en dénonçant notre péché nous en libère. Puissions-nous toujours l’accueillir et ne jamais remettre à demain un si beau cadeau de vie éternelle. »

Les Saints du jour

Publié le 25/10/2008 à 12:00 par jubilatedeo
Les Saints du jour
Martyr de st Chrysanthe et de ste Darie. Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.

Saints Chrysante et Darie Martyrs à Rome (+ 284)
ou Chrysanthe et Daria.
Deux martyrs romains dont les «Acta» ont disparu. Etaient-ils mari et femme? Etait-ce la première fois qu'ils se rencontraient lorsqu'ils furent martyrisés? En tout cas, ils furent enterrés côte à côte sur la «via salaria» à Rome ce qui leur valut par la suite de recevoir quelques anecdotes légendaires.
"Chrysanthe, époux vierge de la vierge Daria, s'unit dans la confession du Seigneur à celle qu'il a conquise au christianisme et à l'amour de l'angélique vertu. Nos pères entouraient d'une vénération fervente les saints époux qui ne connurent d'autre lit nuptial que la carrière de sable où Rome païenne les ensevelit vivants pour venger ses faux dieux."
Source: L'Année liturgique, Dom Guéranger, numérisation: Abbaye Saint Benoît de Port-Valais.
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/gueranger/anneliturgique/pentecote/pentecote05/057.htm

autre biographie:

Chrysanthe, fils d'un sénateur romain, était né en Egypte. Jeune encore, il accompagna son père dans la grande Rome, où sa haute intelligence fut bientôt apprécié. Convaincu de la vanité des idoles, il cherchait, par tous les moyens, à connaître la véritée, afin de délivrer son âmes des doutes qui la désolaient.

Un vieillard lui fut indiqué comme un sage ; Chrysanthe d'adressa à lui. Le vieillard, qui était chrétien, n'eut pas de peine à dessiller les yeux du jeune néophyte. La vérité connue fut à l'instant même embrassée avec ardeur : Chrysanthe devint apôtre.
Son père s'étonna, s'irrita, et jura de faire revenir son fils de ce qu'il appelait ses superstitions et ses erreurs. Caresses, prières, menaces, tout fut mis en oeuvre ; mais tout resta inutile. Cédant alors aux instigations de ses proches, le père de Chysanthe enferma son fils dans son palais, et tendit à sa vertu le piège le plus dangereux.

Les personnes amenées pour le séduire n'ayant pu l'ébranler, on fit le choix d'une Vestale, également fameuse par ses attraits, par ses connaissance et par le charme de son élocution. Prêtresse d'une idole, dont le culte était regardé comme la sauvegarde de l'empire, Darie déploya tous ses artifices pour corrompre le jeune chrétien, et l'amener comme une conquête à l'autel des dieux ; mais elle devint elle-même la conquête de la grâce. Chrysanthe et Darie, se voyant unis par les liens de la foi, de l'espérance et de la charité, s'unirent alors par les liens sacrés d'un mariage virginal. Cette résolution mit Chrysanthe en liberté, et lui donna les moyens, ainsi qu'à sa chaste épouse, de continuer à prêcher Notre Seigneur Jésus-Christ. De nombreuses conversions dans les hauts rangs de la société devinrent le fruit de leur apostolat ; une des plus remarquables fut celle du tribun Claudius, avec sa femme, ses deux fils, ses domestiques et soixante-dix soldats.

Des plaintes furent portées au préfet Célérin qui fit arrêter les jeunes époux. Après d'autres supplices, on exposa saint Chrysanthe ensuite, cousu dans la peau d'un boeuf, aux rayons d'un soleil brûlant ; puis, les pieds et les mains chargés de chaînes, on le jeta au fond d'un obscur cachot ; mais les chaînes tombèrent, et une lumière éclatante remplit la prison. Pour Darie, enfermée dans un lieu de débauche, elle eut recours à la prière, et fut protégée contre toute injure par un lion divinement envoyé.
Le Seigneur veillat sur eux comme Il veillat sur tant d'autres ; et ils sortirent intacts et purs. Pour en finir, l'empereur irrité les condamna à être enterrés vivants. Tous deux furent donc enfin conduits dans un arénaire de la voie Salaria, y furent précipités dans une fosse que l’on remplit de pierres ; ce fut ainsi qu'ensemble ils gagnèrent la couronne du martyre.

Il est vraisemblable que cet affreux supplice fut choisi afin de faire subir à Darie le genre de mort réservée aux Vestales infidèles. Cette conjecture devient d'autant plus probable qu'on fit expirer les saints Martyrs près de la porte Salaria, lieu désigné pour le supplice des Vestales.

Les principales reliques de saint Chrysanthe et de sainte Darie furent portées en 842 à l'abbaye de Pruym (province Rhénane). Deux ans après on les transféra à l'abbaye de Saint-Avold, au diocèse de Metz.
Une partie de leur reliques se trouvent aussi à l'abbaye de Bad Munstereifel à l'Ouest de l'archidiocèse de Cologne.


Saint Chrysanthe et sainte Darie sont les saints patrons des villes d'Eissel, de Reggio-di-Modena, de Salzbourg et d'Oria, entre autres.


" Chrysanthe, époux vierge de la vierge Daria, s'unit dans la confession du Seigneur à celle qu'il a conquise au christianisme et à l'amour de l'angélique vertu. Nos pères entouraient d'une vénération fervente les saints époux qui ne connurent d'autre lit nuptial que la carrière de sable où Rome païenne les ensevelit vivants pour venger ses faux dieux (Sponsus torus, fossa capit vivos : Sequentia ex Proprio Eiffliensi, Munstereifel.)."

La fosse meurtrière, se refermant sur eux, leur avait donné la fécondité du martyre. Au jour anniversaire de leur triomphe, un groupe nombreux de fidèles s'était porté à l'arénaire de la via Salaria pour la synaxe liturgique, quand des païens survenant murèrent l'entrée du souterrain. Bien des années s'écoulèrent. Lorsque l'heure de la victoire eut sonné pour l'Eglise et que les chrétiens retrouvèrent le chemin de la crypte sacrée, un spectacle unique s'offrit à leurs yeux : en face de la tombe où reposaient Chrysanthe et Daria, la famille engendrée par eux au martyre était rangée dans l'attitude où l'avait saisie le moment suprême ; près des ministres de l'autel, qu'entouraient les hommes, les femmes et les enfants formant l'assistance de cette Messe solennelle s'il en fut, se voyaient encore les vases d'argent du Sacrifice auquel l'Agneau vainqueur avait si pleinement associé tant de nobles victimes.

Damase orna de monumentales inscriptions ce lieu vénérable. Nul cependant n'osa toucher les corps saints, ni rien changera la disposition de l'incomparable scène. La crypte fut de nouveau murée ; mais une étroite ouverture permettait au pèlerin de plonger la vue dans l'auguste sanctuaire, et de s'animer pour les luttes de la vie en contemplant ce qu'avaient exigé de nos devanciers dans la foi les siècles du martyre (Greg. Turon. De gloria Martyrum, I, XXXVIII.).

Je donnerai à mes Saints une place de marque dans le royaume de mon Père, dit le Seigneur (Ant. Ia IIe Noct. plurim. Mart.). Ainsi chante l'Epouse, célébrant les Martyrs. Et voulant elle-même se conformer en ce qui vous concerne à la parole de l'Epoux, elle fait de l'insigne basilique du Latran votre demeure sur terre, et vous assigne comme lit d'honneur et de repos le réduit sacré, la confession même sur laquelle repose l'autel majeur de l'Eglise maîtresse et mère des Eglises !
Digne récompense de vos labeurs et de vos souffrances, en cette Rome où il vous fut donné de participer à la prédication des Apôtres et de sceller comme eux de votre sang la parole sainte. Ne cessez pas de justifier la confiance de la Ville éternelle : rendez sans cesse plus féconde sa foi qui fut toujours pure ; jusqu'au moment où sonnera l'heure de chasser l'étranger, maintenez inaltérable son dévouement au Pontife-roi dont le séjour fait d'elle la capitale du monde, le vestibule du ciel. Mais vos reliques saintes ont aussi, par la munificence de Rome, porté au loin leur protection puissante. Daignez appuyer de votre crédit la prière que nous empruntons à vos dévots clients d'Eifflia (Bad Munstereifel, monastère et ville de l'archidiocèse de Cologne, honorant comme patrons saint Chrysanthe et sainte Daria) :

" Ô Dieu qui avez dans vos saints Chrysanthe et Daria relevé l'honneur de la virginité par la consécration du martyre, faites que, soutenus de leur intercession, nous éteignions en nous la flamme des vices et méritions d'être votre temple en la compagnie des cœurs purs."

" Livrez-vous avec soin et avec ardeur à des travaux honorables pour ne pas vous assujétir à la fatigue de vains travaux."
Saint Ephrem.




Saint Chély (Hilaire de Mende) (+ 540)
ou Illier, évêque de Mende.
Il eut à lutter contre des fanatiques païens et contre les soldats francs qui s'avançaient dans le Gévaudan. De tous, il sut défendre ses fidèles et nous savons, par sa présence au concile de Bourges, qu'il fut un artisan de paix et de réconciliation. Des villes de la Lozère et de l'Aveyron portent ce nom.




Saints Crépin et Crépinien Martyrs à Soissons (+ 285)
Venus de Rome, ils se firent cordonniers pour mieux annoncer l'Evangile, ils chaussaient gratis les pauvres et les riches ne connaissaient pas de meilleures chaussures. Tous ils s'attardaient avec plaisir pour entendre parler du Christ. Les français les disent avoir vécu dans la région de Soissons. Les anglais les font vivre dans le Kent. Shakespeare en fait la louange dans «Henri V» et dans «Jules César». Mais tous s'accordent à dire qu'ils donnèrent le témoignage du martyre. Leur «Passion» précise même que leurs bourreaux coupèrent leur peau en lanières. Avec eux, nous fêtons saint Rufin et saint Valère, qui, eux, choisirent d'être gardiens de grenier à blé afin de parler plus facilement avec les paysans des alentours. Ils donnèrent aussi le témoignage suprême de la foi.
Un internaute nous signale: "Ces deux saints ont été adoptés par les Anglais sur ordre de Henri V car leur fête correspond au jour de la victoire anglaise d'Azincourt"




Saint Doulchard ermite (+ 584)
ou Dulcard ou Ouchard.
Il vécut longtemps au monastère de Micy-Saint Mesmin, près d'Orléans. Il le quitta pour vivre la solitude dans les environs de Bourges et la localité où il naquit s'est mise sous son patronage : 18230 Saint-Doulchard.



Sainte Engracia (8ème s.)
et ses compagnons saint Frutos et saint Valentin. Deux frères et une soeur qui vivent chacun en ermite sur un rocher abrupt non loin de Sepulvada en Vieille Castille. Frutos meurt en 715 peu après l'invasion arabe. Valentin et Engracia sont martyrisés par les envahisseurs. Le sanctuaire qui s'édifie sur le lieu de leur martyre devient très vite un lieu de pèlerinage très fréquenté.



Saint Enguerrand Evêque de Metz (+ 791)
Pépin de Bref le tira de son abbaye pour en faire un évêque de Metz. Charlemagne en fit son grand chapelain, son grand chancelier et son « apocrisiaire ». L'empereur écrivit un jour au pape Hadrien : « J'ai besoin de l'avoir sans cesse à mes côtés. » C'est ainsi qu'il ne s'occupa de sa charge épiscopale que par chanoines délégués. Il meurt en Hongrie au cours d'une campagne de Charlemagne contre les Avars. Son corps sera ramené à Saint-Avold son monastère d'origine.



Saint Front Evêque de Périgueux (+ 74)
Aurait été évêque de Périgueux, envoyé par saint Pierre lui-même dès la période apostolique. Ce fut de mode à un moment de l'histoire de la nation française que de se donner des racines très anciennes. Il y eut bien un premier évêque de Périgueux et, comme tant d'autres, cela demandait bien un courage héroïque que la sainteté a couronné. On ignore les faits réels de son existence, mais une cathédrale magnifique en rappelle la mémoire.
Dans la région, bien des localités se sont mises sous sa protection : 24460 Saint-Front d'Alemps, , 24300 Saint Front-la-Rivière 24400 Saint Front de Pradoux, où une église fut construite là où séjournait souvent notre saint.
Des internautes nous indiquent:
- "sa célébrité reste encore inscrite dans la toponymie en Italie où, tout au long de son chemin du retour il a laissé des marques de son ministère à Bolsène (il est présent dans la légende de Sainte Christine), à Frontone (il est représenté dans un vitrail de l'église) et aussi à Sanfron"
- "Saint Front a également évangélisé le nord de la France. Il est venu dans mon village qui s'appelle depuis Neuilly Saint Front. Il y a terrassé le 'dragon' qui menaçait le village, puis il a célébré la messe sur un grés. Un colombe lui a porté le vin pour la célébration. Une chapelle a été construite à coté de ce grés. Il y a des vitraux à l'église à la chapelle ainsi qu'une peinture (bien cachée) dans la cathédrale de Périgueux qui relatent cette histoire."



Saint Gaudence Evêque de Brescia (+ 410)
ou Ence.
Disciple de saint Philastre, il lui succéda et fut ordonné évêque par saint Ambroise vers 387. Envoyé défendre saint Jean Chrisostome en Orient, il fut prisonnier à Thrace et mourut peu après.
Illustre par son érudition et, bien sûr aussi, par sa sainteté. Les textes qui nous restent de lui dans la «Patrologie Latine» de Migne en témoignent.



Saint Goueznou (+ 675)
ou Guinou. A la mort de son père, il se bâtit un petit oratoire près de Brest et sa sainteté rayonnante lui attira de nombreux disciples. Ce monastère fut à l'origine de la localité qui porte son nom : 29239 Gouesnou.



Sainte Hildemarque (+ 635)
Cette bordelaise s'en fut rejoindre le monastère bénédictin dont elle devint l'abbesse avant de rejoindre le ciel.



Saint Marnoch (?)
Un saint écossais qui a eu pour mérite devant l'histoire d'être le patron de Kilmarnock. On ne sait rien de plus de cet évêque.



Saints Martyrios et Marcianos (+ 355)
secrétaires du patriarche de Constantinople dont saint Jean Chrysostome a vanté les vertus et qui restèrent en grande vénération sous le nom populaire « les saints notaires ». Durant le règne de l'empereur arien Constance, ils défendirent la foi orthodoxe ce qui leur valut d'être décapités.



Saint Maur (+ 1070)
Moine, il fut l'un des fondateurs du monastère Saint-Martin de Pannonhalma et remarqué pour son observance scrupuleuse par le roi saint Étienne, qui le jugea digne de l’épiscopat. Evêque des "Cinq Eglises" (Pecs) en Hongrie, en 1036, il continua l'œuvre d'évangélisation qu'avait commencée la conversion du roi saint Etienne. Il rencontra saint Emeric. Il écrivit plusieurs vies des saints. Son culte, populaire dès les premières années après sa mort, fut confirmé par le Pape Pie IX en 1848.



Saint Miniato (+ 251)
ou Miniat, un soldat qui combattit vaillamment pour la foi en refusant d'adorer les idoles. Florence en a conservé la mémoire et une grande abbaye hors les murs lui est dédiée.




Saint Prote (+ 303)
Martyr en Sardaigne avec son diacre, saint Janvier, qui avaient été envoyés par le pape saint Caïus, pour y annoncer l'Evangile.



Quarante martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles
Groupe de quarante martyrs canonisés le 25 octobre 1970 par le pape Paul VI pour représenter les catholiques martyrisés en Angleterre et au Pays de Galles entre 1535 et 1679.
Anglais et gallois, qui entre 1535 et 1679, ont été martyrs de leur fidélité à l'Eglise catholique romaine. Ils sont fêtés le jour de leur canonisation commune, parce que l'unité de leur foi les a réunis malgré des dates éloignées... Durant ces années de persécutions, parce qu'ils refusaient l'adhésion au schisme du roi d'Angleterre, chacun à sa manière a souscrit à cette parole de saint John Plessington : "Que Dieu bénisse le roi et sa famille et daigne accorder à sa Majesté un règne prospère en cette vie et une couronne de gloire en l'autre. Que Dieu accorde la paix à ses sujets en leur donnant de vivre dans la vraie foi, dans l'espérance et dans la charité."
Alban Roe, Alexandre Bryant, Ambroise Barlow, Anne Line, Augustin Webster, Cuthbert Mayne, David Lewis, Edmond Arrowsmith, Edmond Campion, Edmond Jennings, Eustache White, Henry Morse, Henry Walpole, Jean Almond, Jean Boste, Jean Houghton, Jean Jones, Jean Kemble, Jean Lloyd, Jean Paine, Jean Plessington, Jean Rigby, Jean Roberts, Jean Southworth, Jean Stone, Jean Wall, Luc Kirby, Margaret Clitherow, Margaret Ward, Nicholas Owen, Philippe Evans, Philippe Howard, Polydore Plasden, Ralph Sherwin, Richard Gwyn, Richard Reynolds, Robert Lawrence, Robert Southwell, Swithun Wells, Thomas Garnet.
Extraits de l'homélie de Paul VI:
Les martyrs ont offert à Dieu le sacrifice de leur vie, poussés par le plus haut et le plus grand amour.
L'Eglise continue à croître et à grandir par l'amour héroïque qui anime les martyrs... Notre siècle a besoin de saints ! Il a surtout besoin de l'exemple de ceux qui ont donné le témoignage suprême de leur amour pour le Christ et pour son Eglise : «Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime.»



Sainte Tabitha Ressuscitée par l'apôtre Pierre (1er s.)
ou Dorcas, ressuscitée à Joppé par saint Pierre. (Actes des apôtres 9. 37)


Anniversaire de la dédicace des églises

La liturgie de la dédicace

La liturgie de la dédicace vise essentiellement à préparer un lieu pour la célébration eucharistique, une demeure de Dieu parmi les hommes. C'est, a écrit le R.P Louis Bouyer, la sacralisation du lieu où s'accomplit l'Eucharistie dans l'Eglise, mais on pourrait aussi bien dire du lieu où l'Eglise s'accomplit dans l'Eucharistie.
La dédicace utilise largement le quadruple symbolisme de l'eau de l'huile, du feu et de la lumière. Certains de ses rites, de caractère apotropaïque remontent à la nuit des temps : toutes les religions, en effet, ont délimité des espaces sacrés en commençant par en détourner (c'est le sens du mot apotropaïque) les puissances maléfiques.
Il y a donc, dans la liturgie de la dédicace, une bénédiction de l'eau suivie d'une aspersion des fidèles et de l'autel : O Dieu, cette eau, sanctifiez-la donc par votre bénédiction ; répandue sur nous, qu'elle devienne le signe de ce bain salutaire où, purifiés dans le Christ, nous sommes devenus le temple de votre Esprit. Nous vous en supplions, faites qu'elle soit délivrée de la maligne influence des esprits impurs et que tous les maux s'en éloignent par la vertu de votre bienveillante protection. Quant à nous qui, avec tous nos frères, allons célébrer les divins mystères, accordez-nous de parvenir à la Jérusalem céleste.
Déjà apparaît dans cette oraison de bénédiction ce qui est sous-jacent à toute la liturgie de la dédicace son aspect eschatologique ; l'église de pierres est l'image et la préfiguration de l'Eglise du Ciel. Cette Eglise du Ciel, on n'y arrive que par le passage obligé de la Croix du Christ. Le mystère chrétien est mystère de mort et de résurrection ; cela est éclatant dans la liturgie baptismale. Le monde entier doit être reconquis par la Croix, cette Croix sur laquelle le Christ s'est offert à son Père dans le sacrifice par lequel il a racheté le monde. C'est pourquoi, dans le rite de la dédicace, douze croix sont tracées sur les murs de l'église et chacune d'elle est ointe de saint chrême par l'évêque après qu'il en ait largement répandu sur l'autel. En cette consécration de l'autel culmine d'ailleurs toute la liturgie de la dédicace.
Dans cet autel du sacrifice eucharistique sont placés solennellement des reliques de martyrs et de saints apportées processionnellement. Elles associent en quelque sorte, à l'unique sacrifice du Christ offert une fois pour toutes, les martyrs qui ont donné leur vie pour Lui et les autres saints qui ont vécu pour Lui, complétant, comme le dit saint Paul, ce qui manque à la Passion du Christ.
Après ce rite qui se déroule au chant de psaumes et d'antiennes, l'évêque embrase l'encens qu'il a répandu sur l'autel : au rite et au symbole de l'eau, puis de l'huile, s'ajoute celui du feu qui se complétera par l'illumination des cierges lorsque l'autel aura été recouvert de nappes neuves et blanches, tout comme les nouveaux baptisés sont revêtus de vêtements blancs.


Sermon de Saint Augustin

Sermon CCCXXXVI (pour une dédicace)

La solennité qui nous réunit est la dédicace d'une maison de prière. La maison de nos prières, nous y sommes ; la maison de Dieu, c'est nous-mêmes. Si la maison de Dieu, c'est nous-mêmes, nous sommes construits en ce monde, pour être consacrés à la fin du monde. L'édifice, ou plutôt sa construction, se fait dans la peine ; la dédicace se fait dans la joie.

Ce qui se passait, quand s'élevait cet édifice, c'est ce qui se passe maintenant quand se réunissent ceux qui croient au Christ. Lorsque l'on croit, c'est comme lorsque l'on coupe du bois dans la forêt et que l'on taille des pierres dans la montagne ; lorsque les croyants sont catéchisés, baptisés, formés, c'est comme s'ils étaient sciés, ajustés, rabotés par le travail des charpentiers et des bâtisseurs.

Cependant, on ne fait la maison de Dieu que lorsque la charité vient tout assembler. Si ce bois et cette pierre n'étaient pas réunis selon un certain plan, s'ils ne s'entrelaçaient pas de façon pacifique, s'ils ne s'aimaient pas, en quelque sorte, par cet assemblage, personne ne pourrait entrer ici. Enfin, quand tu vois dans un édifice les pierres et le bois bien assemblés, tu entres sans crainte, tu ne redoutes pas qu'il s'écroule.

Le Christ Seigneur, parce qu'il voulait entrer et habiter en nous, disait, comme pour former son édifice : Je vous donne un commandement nouveau, c'est que vous vous aimiez les uns les autres. C'est un commandement, dit-il, que je vous donne. Vous étiez vieux, vous n'étiez pas une maison pour moi, vous étiez gisants, écroulés. Donc, pour sortir de votre ancien état, de votre ruine, aimez-vous les uns les autres.

Que votre charité considère encore ceci : cette maison est édifiée, comme il a été prédit et promis, dans le monde entier. En effet, quand on construisait la maison de Dieu après la captivité, on disait dans un psaume : Chantez au Seigneur un chant nouveau ; chantez au Seigneur terre entière. On disait alors : un chant nouveau ; le Seigneur a dit : un commandement nouveau. Qu'est-ce qui caractérise un chant nouveau, sinon un amour nouveau ? Chanter est le fait de celui qui aime. Ce qui permet de chanter c'est la ferveur d'un saint amour.

Ce que nous voyons réalisé ici physiquement avec les murs doit se réaliser spirituellement avec les âmes ; ce que nous regardons ici accompli avec des pierres et du bois, doit s'accomplir dans vos corps, avec la grâce de Dieu.

Rendons grâce avant tout au Seigneur notre Dieu : les dons les meilleurs, les présents merveilleux viennent de lui. Célébrons sa bonté de tout l'élan de notre coeur. Pour que soit construite cette maison de prière, il a éclairé les âmes de ses fidèles, il a éveillé leur ardeur, il leur a procuré de l'aide ; à ceux qui n'étaient pas encore décidés, il a inspiré la décision ; il a secondé les efforts de bonne volonté pour les faire aboutir. Et ainsi Dieu, qui produit, chez les siens, la volonté et l'achèvement parce qu'il veut notre bien, c'est lui qui a commencé tout cela, et c'est lui qui l'a achevé.

Saint Augustin





Les Églises font mémoire…
Anglicans : Crépin et Crépinien (+287), martyrs à Rome
Coptes et Ethiopiens (15 babah/teqemt) : Pantéleimon de Nicomédie (+305), martyr (Église copte) ; Eunanios (IV s.), martyr (Église copte-catholique)
Luthériens : Philipp Nicolaï (+1608), poète en Westphalie et à Hambourg
Orthodoxes et gréco-catholiques : Marcien et Martyrius de Constantinople (+env. 355), martyrs
Syro-orientaux : Phétion de Perse (Ve s.), martyr.

Juges (2, 1-7) - Un ange apparaît à l'armée de Josué

Publié le 24/10/2008 à 12:00 par jubilatedeo
Juges (2, 1-7) - Un ange apparaît à l'armée de Josué
1 L'ange de Yahweh monta de Galgala à Bokim, et dit: "Je vous ai fait mon-ter hors d'Egypte et je vous ai amenés dans le pays que j'ai juré à vos pères de vous donner. J'ai dit: Jamais je ne rom-prai mon alliance avec vous;
2 et vous, vous ne ferez, point alliance avec les ha-bitants de ce pays, vous renverserez leurs autels. Mais vous n'avez pas obéi à ma voix. Pourquoi avez-vous fait cela?
3 Et moi aussi, j'ai dit: Je ne les chasserai point devant vous; ils seront à vos côtés, et leurs dieux vous seront un piège."
4 Comme l'ange de Yahweh disait ces paroles à tous les enfants d'Israël, le peuple éleva la voix et pleura.
5 Ils donnèrent à ce lieu le nom de Bokim, et ils y offrirent des sacrifices à Yahweh.
6 Josué renvoya le peuple, et les enfants d'Israël s'en allèrent chacun dans son héritage pour prendre possession du pays.
7 Le peuple servit Yahweh pendant toute la vie de Josué, et pendant toute la vie des anciens qui survécurent à Josué et qui avaient vu toute la grande oeuvre une Yahweh avait accomplie en faveur d'Israël.

Bible Augustin Crampon chanoine catholique

Discerner les signes des temps

Publié le 24/10/2008 à 12:00 par jubilatedeo
Lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens 4,1-6.

Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous encourage à suivre fidèlement l'appel que vous avez reçu de Dieu :
ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ;
ayez à coeur de garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix.
Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit.
Il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême,
un seul Dieu et Père de tous, qui règne au-dessus de tous, par tous, et en tous.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Psaume 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6

La terre est à Dieu, et toute sa richesse.



Voici le peuple immense de ceux qui t'ont cherché.

Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
C'est lui qui l'a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L'homme au coeur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible





Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,54-59.

Jésus disait à la foule : « Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt qu'il va pleuvoir, et c'est ce qui arrive.
Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu'il fera très chaud, et cela arrive.
Esprits faux ! L'aspect de la terre et du ciel, vous savez le juger ; mais le temps où nous sommes, pourquoi ne savez-vous pas le juger ?
Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ?
Ainsi, quand tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, pendant que tu es en chemin efforce-toi de te libérer envers lui, pour éviter qu'il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre au percepteur des amendes, et que celui-ci ne te jette en prison.
Je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier centime. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible




Concile Vatican II
Décret sur l'oecuménisme, 4

Discerner les signes des temps


Aujourd'hui, en diverses parties du monde, sous le souffle de la grâce de l'Esprit Saint, beaucoup d'efforts s'accomplissent par la prière, la parole et l'action pour arriver à la perfection de l'unité voulue par Jésus Christ ; le Concile exhorte donc tous les fidèles catholiques à reconnaître les signes des temps et à prendre part active à l'effort oecuménique.

Par « mouvement oecuménique » on entend les entreprises et les initiatives provoquées et organisées en faveur de l'unité des chrétiens, selon les nécessités variées de l'Eglise et selon les circonstances. Ainsi en premier lieu, tout effort accompli pour éliminer les paroles, les jugements et les faits qui ne correspondent ni en justice, ni en vérité à la situation des frères séparés, et contribuent ainsi à rendre plus difficiles les relations avec eux. Ensuite au cours de réunions de chrétiens de diverses Églises ou communautés, organisées dans un esprit religieux, le dialogue mené par des experts bien informés, où chacun explique à fond la doctrine de sa communauté et montre de façon claire ce qui la caractérise. Par ce dialogue, tous acquièrent une connaissance plus véritable, en même temps qu'une estime plus juste, de l'enseignement et de la vie de chaque communauté. De la même manière, ces communautés viennent à collaborer plus largement à toutes sortes d'entreprises qui, selon les exigences de toute conscience chrétienne, contribuent au bien commun. On peut aussi, à l'occasion, se réunir pour une prière unanime. Enfin, tous examinent leur fidélité à la volonté du Christ par rapport à l'Eglise et entreprennent, comme il le faut, un effort soutenu de rénovation et de réforme.

Tout cela, accompli avec prudence et patience par les fidèles de l'Église catholique sur lesquels veillent leurs pasteurs, contribue au progrès de la justice et de la vérité, de la concorde et de la collaboration, de l'amour fraternel et de l'union. Par cette voie, peu à peu, après avoir surmonté les obstacles qui empêchent la parfaite communion ecclésiale, tous les chrétiens se trouveront rassemblés par une célébration eucharistique unique, dans l'unité d'une seule et unique Église.



Homélie Messe

La sagesse des paysans de Galilée (et sans doute de tous les paysans de la planète !) est légendaire. Les moindres signes de la nature sont pour eux porteurs de messages. La direction du vent, la luminosité du ciel : rien n’est muet, tout parle à qui veut bien se donner la peine d’écouter la voix de la nature.
C’est précisément cette excellence qui fâche Jésus : y aurait-il moins de signes de l’avènement du Royaume que du prochain changement météorologique ? Le livre de la Révélation serait-il donc plus obscur que celui de la création ? Non, bien sûr ! La venue du Messie était clairement annoncée par les prophètes et Jésus accomplit les signes qui permettent de le reconnaître. Comment se fait-il que les hommes d’hier comme ceux d’aujourd’hui refusent d’entendre ou de voir ? Pourquoi ne « savent-ils pas juger le temps où nous sommes » ? Serait-ce parce qu’inspecter la terre de notre cœur, évaluer notre docilité au souffle de l’Esprit, présente des risques ? Le risque de prendre conscience qu’il est urgent de nous convertir ; le risque de découvrir qu’il nous faut prendre en main notre vie, vaincre nos inerties et nous mettre en route sur les traces de Jésus …
« Esprits faux, s’exclame Jésus ; vous étouffez la voix de votre conscience afin de pouvoir vivre à votre guise ; vous élucubrez des pseudo-sagesses pour justifier vos comportements immoraux ; vous vous croyez riches, et vous “ne savez pas que vous êtes malheureux, pitoyables, aveugles et nus” (Ap 3, 17) ». Pour tenter de nous arracher à notre aveuglement et réveiller notre bon sens spirituel, Jésus nous propose une parabole très simple, qui devrait nous permettre de « juger par nous-mêmes ce qui est juste ». Notre-Seigneur raconte l’histoire d’un homme menacé d’un procès pour fraude financière - une situation que connaissent bien ceux qui sont plus préoccupés du royaume terrestre que de celui du ciel. Inutile de miser sur la clémence du tribunal : l’issue des débats sera sans surprise. Pour éviter le pire, il ne reste à l’inculpé que la durée du chemin qui le sépare du lieu du procès. Aussi devrait-il logiquement tout mettre en œuvre pour trouver une solution à l’amiable avant d’être pris dans l’engrenage judiciaire. Sa seule issue est de se réconcilier au plus vite avec son adversaire avant qu’il ne soit trop tard.
« Cet homme, c’est toi, nous dit Jésus. Crois-tu que tu puisses transgresser impunément la loi divine sans avoir des comptes à rendre ? Certes, tu as l’intention, demain, d’amender ta vie ; mais “demain” t’appartient-il ? C’est aujourd’hui le temps de la conversion et de la miséricorde. Demain il sera peut-être trop tard : tu ne connais pas la distance qui te sépare du juste Juge. Reconnais donc le temps où Dieu te visite, et hâte-toi d’accueillir la grâce de la réconciliation qu’il t’offre, pour éviter de paraître devant lui chargé d’une dette insolvable ! »

« Seigneur, permets-moi de venir “acheter chez toi des vêtements blancs pour me couvrir et cacher la honte de ma nudité ; un remède pour me frotter les yeux afin de voir clair. Voici que tu te tiens à ma porte et que tu frappes” (cf. Ap 3, 18) : accorde-moi de ne pas laisser passer le temps de ta grâce, mais de “me convertir, afin que j’entende ta voix, que je t’ouvre la porte et que tu puisses entrer chez moi pour prendre avec moi ton repas” (cf. Ap 3, 20) ».

Les Saints du jour

Publié le 24/10/2008 à 12:00 par jubilatedeo
Les Saints du jour
Saint Magloire confirmé par saint Michel dans son souhait de renoncer à l'épiscopat. Saint Michel lui apparaitra plus tard et à deux reprises pour l'avertir de la date de son décès. Verrière de la cathédrale de Dol-de-Bretagne. Bretagne.


Saint Magloire de Dol Moine, évêque (+ 586)
Ce grand prélat est devenu trop célèbre par la translation de ses reliques à Paris, et par la maison des Pères de l'Oratoire, qui y portèrent son nom, pour ne pas faire connaître aux fidèles de quel mérite il a été pendant sa vie.

Quelques auteurs le font Anglais ; d'autres disent qu'il était du diocèse de Vannes, en Bretagne. Son père Timbrafel, et sa mère Asfello, nobles, riches et pieux, le mirent de bonne heure sous la conduite de saint Samson, son cousin-germain, qui était devenu abbé en Angleterre, puis archevêque d'York.
Ce jeune homme fit de grands progrès dans les sciences et dans la vertu sous un aussi excellent maître.

Dès qu'il eut l"âge fixé par les Canons, il entra dans les Ordres et fut ordonné prêtre. Sa vie était conforme à sa dignité ; il était sobre, chaste, modeste, patient, retenu dans ses discours, fervent dans l'oraison, et plein de zèle pour procurer le salut du prochain. Saint Samson, le voyant si parfait, l'amena avec lui en Bretagne et le fit abbé du monastère de Lanmeur ; ensuite, ayant été fait évêque de Dol, par l'érection de cette ville en évêché, il lui donna la conduite de son abbaye de Dol.

Magloire gouverna cette maison pendant cinquante-deux ans avec une prudence et une sainteté merveilleuses. Il instruisait plus ses religieux par ses exemples que par ses paroles; sa douceur les gagnait, sa sévérité les retenait. Ils marchaient à grands pas à la perfection, sous un guide si éclairé et si généreux.

Saint Samson étant mort, il fut élu évêque à sa place. Il résista quelque temps à cette élection ; mais, apprenant qu'elle avait été faite selon le désir de son prédécesseur, il se rendit à ta volonté de Dieu, qui lui était manifestée par le choix d'un homme si judicieux ; cependant, il ne tint le siège que deux ou trois ans, parce que, se voyant déjà cassé de vieillesse et plus que septuagénaire, il fit tant par ses prières et par ses larmes auprès de Dieu, qu'un ange vint lui apporter, de la part de Dieu, la permission de se retirer dans la solitude. Il fit aussi agréer sa démission à son clergé et à son peuple ; et leur laissant pour pasteur saint Budoc, qu'il avait fait son successeur dans l'abbaye de Dol, et qui était actuellement son grand-vicaire.

Il choisit pour sa demeure un marais assez écarté au bord de la mer ; il y bâtit un oratoire et quelques cellules, tant pour lui que pour un petit nombre de religieux, qui souhaitèrent de demeurer en sa compagnie.
Il avait choisi ce désert plutôt que ses monastères de Dol ou de Lanmeur, pour être plus solitaire et moins exposé aux visites des gens du monde, mais il y trouva ce qu'il voulait éviter ; car, la réputation de sa sainteté se répandant partout, des malades venaient à son ermitage pour être guéris ; des possédés, pour obtenir leur délivrance ; des affligés, pour trouver dans son entretien la consolation dont ils avaient besoin ; et toutes sortes de personnes, pour recevoir par ses instructions les lumières qui leur étaient nécessaires pour se bien conduire.

Plusieurs même lui apportaient des présents pour rendre sa solitude plus supportable ; il ne les acceptait que pour en faire la distribution aux pauvres et aux malheureux qui avaient recours à lui. Ce grand concours lui déplut, et, ne pouvant plus le supporter, il conçut le dessein de quitter cet ermitage et de se retirer plus loin ; mais saint Budoc, qu'il consulta sur une affaire de cette importance, l'en dissuada, lui remontrant fort sagement que, n'étant pas au monde pour lui seul, il ne devait pas refuser son assistance à tant d'âmes qui trouvaient auprès de lui le remède à leurs maux et ta consolation dans leurs peines.

Notre Saint était si humble et si peu attaché à son propre sens, qu'il déféra sans difficulté à l'avis de ce grand serviteur de Dieu. Mais la divine Providence lui donna bientôt après l'occasion de faire ce qu'il désirait ; car le comte Loïcscon, un des plus grands seigneurs du Dolois, ayant été guéri par ses prières d'une lèpre qui le rongeait depuis sept ans, lui fit don, pour bâtir un monastère, de la moitié de l'île de Jersey, qui était de son domaine.

Le partage en fut fait ; une moitié demeura au comte, et l'autre moitié fut destinée pour la fondation d'une abbaye ; mais, par un grand miracle, dès que ce partage fut fait, tout le gibier, les oiseaux et les poissons, qui faisaient la richesse de cette île, abandonnèrent le côté du comte et passèrent dans celui des religieux.
La comtesse, à qui cette donation n'avait pas plu, se trouva très troublée de cet accident, et elle persuada enfin au comte, son mari, de changer de lot et de prendre pour lui celui qu'il avait donné aux religieux. Ce qu'il fit pour lui complaire ; mais il ne put pas empêcher les effets de la libéralité de Dieu envers ses serviteurs : en effet, ces animaux quittèrent alors le côté où ils s'étaient retirés et passèrent dans celui qui avait été donné à saint Magloire. Loïescon vit bien, par ce prodige, que Dieu ne voulait pas que son présent fût à demi. Aussi, sans écouter les plaintes de sa femme, il abandonna toute l'île à la disposition du Saint.

Magloire y bâtit un monastère et y assembla soixante-deux religieux, avec lesquels il passa le reste de sa vie dans une sainteté merveilleuse. Il ne mangeait que du pain d'orge et ne buvait que de l'eau ; un peu de légumes les jours ouvriers, et quelques petits poissons sans assaisonnement les fêtes et les dimanches, faisaient tout son ordinaire. Il ne prenait rien du tout les mercredis et les vendredis, en l'honneur de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ses habits étaient propres, mais fort pauvres, et il portait toujours la haire ou le cilice sur sa chair. Il demeurait en oraison sur le bord de la mer jusqu'à Matines, et lorsqu'elles sonnaient, il s'y rendait le tout premier, pour être l'exemple de ses confrères. Après Matines, il prenait un repos fort léger et, de grand matin, il se levait et faisait ses préparatifs pour la messe.
Il conserva inviolablement sa virginité jusqu'à la mort ; et pour cela il évitait autant qu'il lui était possible l'entretien avec les femmes, et même avec les plus vertueuses. Sa charité pour le prochain était extrême. Il recevait les autres avec toutes sortes de bienveillance, faisait abondamment l'aumône aux pauvres, et opérait de grands miracles pour le secours des malheureux ; entre autres, il ressuscita le serviteur du couvent, qui s'élait noyé en péchant dans la mer pour la subsistance des religieux.

Un ange l'avertit deux fois du temps de son décès ; il s'y prépara avec une grande ferveur et un redoublement admirable de tous ses exercices de dévotion ; vers le 15 octobre de l'an 586, le même ange l'honora d'une visite, et lui donna, de sa propre main, le corps adorable de Notre-Seigneur Jésus-Christ en Viatique.
Depuis ce temps-là, il ne voulut plus sortir de son église, et il répétait sans cesse ce verset de David :
" J'ai demandé une chose au Seigneur, et je ne cesserai point de la lui demander c'est d'avoir le bonheur de demeurer dans sa maison tous les jours de nia vie."
Enfin, ayant donné sa bénédiction à ses religieux, il mourut entre leurs bras, assisté de saint Budoc, le 24 octobre de la même année.

On le représente :
1. debout, couronné par un ange ;
2. quittant l'épiscopat pour vivre dans la solitude.

CULTE ET RELIQUES

Le corps de saint Magloire fut enterré dans son église, et, peu de tenps après, levé de terre et exposé à la vénération des fidèles, à cause des grands miracles qni se faisaient par son intercession. Depuis, le roi Nominoë le fit transporter au prieuré dc Léhon-sur-Rance, près de Dinan, qu'il avait fondé avec bcaucoup de magnificence, et il y est demeuré cent seize ans, savoir depuis l'an 857 jusqu'en 973.

A cette époque, Salvateur, évéque de Saint-Malo, l'apporta à Paris, par crainte des Normands qui ravageaient toute la Bretagne. il fut premièrement déposé dans la chapelle royale du palais, qui est devenue la paroisse Saint-Barthélemy, et le prince Hugues le Grand, comte de Paris, l'y reçut avec nue dévotion extraordinaire. Il fonda auprès de cette chapelle un monastère de religieux de l'Ordre de Saint-Benoît, en l'honneur de saint Barthélemy et du mène saint Magloire, et, dans l'acte de sa fondation, il l'appelle archiprélat de Bretagne.

L'an 1138, les religieux quittèrent ce lieu, qui était trop étroit, et passèrent à la rue Saint-Denis, dans une chapelle de Saint-Georges, qui leur appaitenait, et où était leur cimetière, avec le corps du saint prélat ce nouveau monastère fut appelé Saint-Magloire.
Enfin, en 1572, ils cédèrent encore cette maison aux Filles-Pénitentes, à la prière de la reine Catherine de Médicis, et allèrent s'établir au faubourg Saint-Jacques, près la paroisse Saint-Jacques du Haut-Pas. Mais comme leur plus grand trésor était la châsse vénérable de ce Saint tout miraculeux, ils la transportèrent avec eux.

Plus tard celle église fut donnée aux Pères de l'Oratoire qui y établirent un séminaire. Le corps de saint Magloire s'y gardait entier, à l'exception d'un bras et d'un fémur qui se trouvaient dans la cathédrale de Dol, et de quelques autres ossements qu'on voyait à la Sainte-Chapelle de Paris et chez les Filles-Pénitentes dont nous avons parlé ci-dessus.
Le sainl corps était renfermé dans une châsse d'argent depuis 1318. En 1791, le Père Tournaire, supérieur de la maison de Saint-Magloire, ayant eu le malheur d'apostasier, commanda à un frère domestique d'enterrer dans le jardin du séminaire toutes les reliques qui se trouvaient dans l'église.
Cette opération eut lieu eu 1793. Mais, en 1797, la religion catholique ayant joui de quelque liberté jusqu'au 18 fructidor, le mêne frère indiqua le lieu où il les avait déposées. Elles furent alors exhumées et placées dans le massif du maître-autel de l'église de Saint-Jacques du Haut-Pas, voisine de celle de Saint-Magloire. Elles y restèrent jusqu'en 1835, époque à laquelle on les retira de la caisse qui les contenait pour les renfermer dans une belle châsse de bois doré. On n'a pu reconnaitre à quels Saints appartenait chaque partie de ces précieux restes, parce qu'un séjour de quatre ans en terre avait détruit les inscriptions et les titres mais on n'a aucun doute sur leur authenticité qui a été reconnue par Mgr de Quélen, arobevéque de Paris.

Quant à l'église de Saint-Magloire, elle a été détruite, et les bâtiments du séminaire sont devenus l'école des sourds-muets.





Saint Florentin Abbé du monastère des Saints-Apôtres (10ème s.)
Il s'en vint d'Ecosse et se fixa à Bonnet dans la Meuse. Il est certain qu'on vénérait ses reliques et qu'un pèlerinage célèbre se rendait chaque année devant elles.
Eglise de Bonnet (source, Conseil Régional des Notaires de Lorraine):
http://www.chambre-meurthe-moselle.notaires.fr/meuse/circuit18.htm
"peintures murales relatant la légende de Saint Florentin. Fontaine de St-Florentin. Égayoir.
Mettez vos pas dans ceux de St-Florentin, qui vivait à Bonnet au VIIème s.
Ce fils d'un Roi d'Écosse qui avait traversé les mers on ne sait comment, gardait humblement les porcs tout en multipliant miracles et guérisons. Si bien que dès le Moyen-Âge , Bonnet était devenu un lieu de pèlerinage très fréquenté et recommandé en cas de troubles mentaux : passer sous le gisant de Saint Florentin qui se trouve à l'intérieur de l'Église était et reste encore, parait-il très efficace !
L'ancien village a été abandonné par ses habitants qui l'ont rebâti là où il est actuellement, autour de la sépulture du saint. Il avait souhaité être enterré sur la colline qui dominait son village. Vingt-et-une des peintures murales de l'Église racontent cette vie légendaire. "



Saint Antoine-Marie Claret
Fondateur des Missionnaires Fils du Coeur Immaculé de Marie (+ 1870)
Catalan, originaire des environs de Barcelone. Il fut d'abord apprenti-tisserand, profession familiale. Puis il fut typographe, juste le temps d'aimer la diffusion de la Parole de Dieu par la presse. Il trouva sa voie à 22 ans en entrant au séminaire de Vicq. Prêtre, il parcourt la Catalogne, chapelet en main, distribuant des brochures édifiantes qu'il avait lui-même imprimées. Mais ces horizons étaient encore trop étriqués à ses yeux. En 1849, il fonde une nouvelle congrégation à vocation missionnaire : « les Fils de Marie Immaculée » qu'on appelle les Clarétins. En 1850, le Pape le nomme archevêque de Santiago de Cuba, et cela ne le déconcerte pas. Il y exerce un intense apostolat, homme de feu brûlé par l'amour du Christ. Là encore il imprime et distribue images et brochures, prend la défense des esclaves, condamne les exactions des grands propriétaires. Ce qui lui attire bien des ennemis. Il échappe alors à quinze tentatives d'assassinat. En 1857, après 6 années d'un tel ministère, la reine Isabelle l'appelle en Espagne comme conseiller et confesseur. En 1868, la révolution éclate. Saint Antoine-Marie suit la reine, réfugiée à Paris. Les Claretains sont expulsés de leurs six maisons et fondent en France celle de Prades. Il prend part au concile du Vatican en 1869 et 1870. Au retour, il se retirera au monastère cistercien de Fontfroide où il meurt.


autre biographie:

Cinquième des onze enfants du tisserand Jean Claret et de Joséphine Clara, Antoine naquit le 23 décembre 1807, à Sallent, dans le diocèse de Vich, en Catalogne. En même temps qu'il s'initiait au métier de tisserand, il étudiait le latin avec le curé de sa paroisse qui lui donna une solide formation religieuse et une tendre dévotion à la Sainte Vierge ; à dix-sept ans, son père l'envoya se perfectionner dans une entreprise de Barcelone où, aux cours du soir, il apprit, sans abandonner le latin, le français et l'imprimerie. Après une terrible crise spirituelle où il fut au bord du suicide, il avait songé à se faire chartreux mais, sur les conseils de son directeur de conscience, il choisit d'entrer au séminaire de Vich (29 septembre 1829). Tonsuré le 2 février 1832, minoré le 21 décembre 1833, il reçut le sous-diaconat le 24 mai 1834, fut ordonné diacre le 20 décembre 1834 et prêtre le 13 juin 1835. Il acheva ses études de théologie en exerçant le ministère de vicaire puis d'économe de sa ville natale.

Désireux de partir en mission, il se rendit à Rome pour se mettre à la disposition de la Congrégation de la Propagande. Le cardinal préfet étant absent, Antoine suivit les Exercices de saint Ignace chez les Jésuites qui lui proposèrent d'entrer dans leur compagnie. Il commença son noviciat (2 novembre 1839) qu'une plaie à la jambe l'obligea à quitter (3 mars 1840).

Revenu en Espagne, il fut curé de Viladrau où, à peine arrivé, pour le 15 août, il prêcha une mission qui eut tant de succès qu'on le demanda ailleurs et l'évêque le déchargea de sa cure pour qu'il se consacrât aux missions intérieures (mai 1843) ; il prêcha et confessa dans toute la Catalogne et soutint ses prédications par plus de cent cinquante livres et brochures. Sa vie étant menacée, l'évêque l'envoya aux îles Canaries (février 1848 à mars 1849) où il continua son ministère missionnaire. Avec cinq prêtres du séminaire de Vich, il fondait la congrégation des Missionnaires Fils du Coeur Immaculé de Marie (16 juillet 1849).

A la demande de la reine Isabelle II d'Espagne, Pie IX le nomma archevêque de Santiago de Cuba dont le siège était vacant depuis quatorze ans ; il fut sacré le 6 octobre 1850 et ajouta le nom de Marie à son prénom ; il s'embarqua, le 28 décembre 1850, à Barcelone, et arriva dans son diocèse le 16 février 1851. Il s'efforça d'abord d'instruire le peu de prêtres de son diocèse (vingt-cinq pour quarante paroisses) et de leur assurer un revenu suffisant ; il fit venir des religieux ; il visita son diocèse et y prêcha pendant deux ans où il distribua 97 217 livres et brochures, 83 500 images, 20 665 chapelets et 8 397 médailles ; en six ans, il visita trois fois et demi son diocèse où il prononça 11 000 sermons, régularisa 30 000 mariages et confirma 300 000 personnes. Il prédit un tremblement de terre, une épidémie de choléra et même la perte de Cuba par l'Espagne ; il fonda une maison de bienfaisance pour les enfants et les vieillards pauvres où il attacha un centre d'expérimentation agricole ; il créa 53 paroisses et ordonna 36 prêtres. Les esclavagistes lui reprochaient d'être révolutionnaire, les autonomistes lui reprochaient d'être espagnol et les pouvoirs publics lui reprochaient d'être trop indépendant : il n'y eut pas moins de quinze attentats contre lui et l'on pensa que le dernier, un coup de couteau qui le blessa à la joue, lui serait fatal (1° février 1856).

Le 18 mars 1857, l'archevêque fut mandé en Espagne par la reine Isabelle qui le voulait pour confesseur et il fut nommé archevêque titulaire (in partibus) de Trajanopolis sans pour autant cesser d'assurer de Madrid l'administration de Cuba. Confesseur de la Reine, il eut assez d'influence pour faire nommer de bons évêques, pour organiser un centre d'études ecclésiastiques à l'Escurial et pour imposer la morale à la cour. Voyageant avec la Reine à travers l'Espagne, il continua de prêcher et ne manqua pas de s'attirer la haine des nombreux ennemis du régime. Quand Isabelle II fut chassée de son trône (novembre 1868), Mgr. Claret y Clara suivit sa souveraine en France : il quitta définitivement l'Espagne le 30 septembre 1868.

Pendant ce temps, la congrégation des Missionnaires Fils du Coeur Immaculé de Marie se développait lentement : elle avait reçu l'approbation civile (9 juillet 1859) et ses constitutions avaient été approuvées par Rome (decretum laudis du 21 novembre 1860) et définitivement reconnues le 27 février 1866 ; l'approbation perpétuelle, donnée le 11 février 1870, fut confirmée le 2 mai 1870. D'abord établie au séminaire de Vich, puis installée dans l'ancien couvent des Carmes, la congrégation, dirigée depuis 1858 par le P. Xifré, fonde à Barcelone (1860) et dans d'autres villes espagnoles avant d'ouvrir des maisons à l'étranger : en France (1869), au Chili (1870), à Cuba (1880), en Italie (1884), au Mexique (1884), au Brésil (1895), au Portugal (1898), en Argentine (1901), aux Etats-Unis (1902), en Uruguay (1908), en Colombie (1909), au Pérou (1909), en Autriche (1911), en Angleterre (1912), en Bolivie (1919), au Vénézuéla (1923), à Saint-Domingue (1923), au Panama (1923), en Allemagne (1924), en Afrique portugaise (1927), en Chine (1933), à Porto-Rico (1946), aux Philippines (1947), en Belgique (1949).

Après la révolution de 1868 ou un prêtre de la congrégation fut assassiné, le nouveau gouvernement ferma les six maisons espagnoles et les missionnaires s'exilèrent en France (Prades).

Mgr. Antoine-Marie Claret y Clara bien que sa santé fut de plus en plus mauvaise, s'occupa de la colonie espagnole de Paris ; le 30 mars 1869, il partit pour Rome, afin de participer aux travaux du premier concile du Vatican, mais il y tomba si malade qu'il dut se retirer à Prades où il arriva le 23 juillet 1870. Il parut pour la dernière fois en public à la distribution des prix au petit séminaire où il fit un discours en Catalan (27 juillet 1870). L'ambassadeur d'Espagne demanda son internement mais le gouvernement français fit en sorte que l'évêque de Perpignan l'avertît et, lorsqu'on vint l'arrêter (6 août 1870), il était réfugié chez les Cisterciens de Fontfroide où il mourut le 24 octobre 1870. Il fut béatifié en 1934 et canonisé en 1950.





Homélie de Pie lors de la canonisation

« Lorsque Nous évoquons la vie de saint Antoine-Marie Claret, dit Pie XII dans l’homélie de la canonisation, Nous ne savons ce qu'il faut le plus admirer : l'innocence de son âme que, dès sa plus tendre enfance, des soins attentifs et sa prudence conservèrent intacte, tel un lis entre les épines ; ou l'ardeur de sa charité qui le faisait tendre au soulagement de toutes les misères ; ou enfin son zèle apostolique qui le fit contribuer si fortement, par une activité de jour et de nuit, par des prières instantes pour le salut des âmes, par de nombreux voyages, par des discours enflammés d'amour pour Dieu, à la réforme des mœurs privées et publiques selon l'esprit de l'Evangile.

Lorsque, jeune homme, il exerçait le métier de tisserand pour obéir à la volonté de son père, il donna à ses compagnons de travail de tels exemples de vertu chrétienne, qu'il excitait l'admiration de tous ; et dès qu'il pouvait cesser le travail et se reposer, il gagnait une église où il passait ses meilleures heures en prières et en contemplation devant l'autel du Saint Sacrement ou l'image de la Vierge. Car il était dans les vues de la Providence qu'avant même d'être élevé à un état de vie supérieure, il donnerait aux travailleurs des exemples admirables et imitables d'honneur et de sainteté.

Après quelques années, surmontant bien des obstacles, il put enfin réaliser, le cœur rempli de gratitude pour Dieu, ce qu'il avait toujours souhaité et se consacrer totalement à Dieu. Admis au séminaire diocésain, il se donna avec joie et courage à l'étude, obéissant avec soin au règlement, et s'efforça partout de développer en son âme les dons naturels pour reproduire par ses paroles et ses actes la vivante image de Jésus-Christ. Aussi est-ce comme un infatigable soldat qu'ayant achevé ses études et devenu prêtre, il se lança tout heureux dans le champ de l'apostolat, comptant moins sur les moyens humains que sur la puissance divine ; et, dès le début de son ministère sacerdotal, il obtint d'admirables fruits de salut. En s'acquittant de ce ministère, il prit toujours un soin particulier à rechercher ce qui lui paraissait répondre le mieux aux besoins de son époque. C'est ainsi que voyant une ignorance assez générale des préceptes divins et la tiédeur d'un grand nombre vis-à-vis de la religion être cause d'un affaiblissement de la piété chrétienne, d'une désertion des églises et de la ruine lamentable des mœurs, il forma avec opportunité le projet d'entreprendre des courses missionnaires pour organiser dans diverses villes et villages des prédications de plusieurs jours. Pendant qu'il prêchait, son visage rayonnait de la charité dont brillait son âme : les paroles qui sortaient de ses lèvres, ou plutôt de son cœur, étaient telles que les assistants étaient souvent émus jusqu'aux larmes et, qui plus est, inclinés à tendre d'un cœur sincère vers une vie meilleure et plus sainte.

Aussi lui arrivait-il d'obtenir plus que de salutaires améliorations, le renouvellement des mœurs, qu'il confirmait efficacement en accomplissant au nom de Dieu d'extraordinaires miracles. Comme sa réputation de sainteté se répandait chaque jour davantage, il fut jugé digne d'être promu archevêque et de se voir confier l'île de Cuba. Bien qu'il y rencontrât de graves difficultés et des obstacles sans cesse renaissants, il ne se laissa pas décourager par les travaux les plus durs, ni les périls de tous genres ; ce qu'en bon soldat du Christ il avait fait en Espagne, cet excellent, cet intrépide pasteur s'efforça de le réaliser dans l'île.

Rappelé ensuite dans sa patrie, et choisi comme confesseur de la Reine et son conseiller, il n'eut pas d'autres préoccupations que la recherche de ce qui était le plus utile au salut de son auguste pénitente : la défense des droits de l'Eglise et le développement de tout ce qui pouvait concourir à l'expansion de la religion catholique.

L'œuvre si utile qu'il avait déjà commencée depuis longtemps, à savoir la fondation d'un groupe de missionnaires consacrés au Cœur Immaculé de la Vierge Marie fut achevée et si bien affermie et dotée de Règles très sages qu'elle se propagea peu à peu avec succès en Espagne, dans presque toutes les nations d'Europe et jusqu'aux Amériques, ainsi qu'en Afrique et en Asie.

Tels sont, vénérables frères et chers fils, les principaux traits de la physionomie de ce saint et le très bref résumé de ses œuvres. On voit clairement combien saint Antoine-Marie Claret s'est signalé par sa sublime vertu et par tout ce qu'il accomplit pour le salut de son prochain. Si les ouvriers, les prêtres, les évêques et tout le peuple chrétien tournent leurs regards vers lui, ils auront certes tous des raisons d'être frappés par ses exemples lumineux et d'être entraînés, chacun selon son état, à l'acquisition de la perfection chrétienne, seule source d'où pourront sortir les remèdes que réclame la situation troublée actuelle et d'où pourront naître des temps meilleurs.

Puisse le nouveau saint nous obtenir cela du Divin Rédempteur et de sa Mère Immaculée. Et que ce soit le fruit béni de cette solennelle célébration. Amen.


Saint Arethas (+ 523)
et des centaines de ses compagnons martyrs.
Le Yémen du Nord était chrétien et dirigé par Arethas lorsque Dhû-Nowas, ennemi des chrétiens, vint mettre le siège devant la ville de Nedjeran. Sous le prétexte de négociations, Dhû-Novas put entrer dans la ville, et au moment où il s'en retournait, il réussit l'embuscade et fit prisonnier la plupart des habitants. Il voulut les convaincre de quitter le christianisme, ce qu'il ne put obtenir. L'on fit boire le sang des uns aux autres et le saint roi Arethas eut la tête tranchée. Le roi d'Ethiopie, averti de ces massacres, lança une expédition de représailles. Mais il était trop tard.



Saint Ebrégise évêque de Cologne et martyr (+ v. 590)
ou Evergiste.
Disciple et successeur de saint Séverin à Cologne, alors qu’il s’acquittait avec soin de son office de pasteur, en route vers Poitiers, il tomba sous les coups de brigands, vénéré à Tongres dans le Brabant.



Saint Eleuzoe (+ 555)
Roi d'Ethiopie dont les sujets n'eurent qu'à se louer de sa foi et de sa charité.



Saint Félix de Thibiuca Evêque et martyr (+ 303)
Evêque de Thibiuca, ville romaine située à l'Ouest de Carthage. et ses compagnons martyrs. Arrêtés en Afrique, ils furent transférés, enchaînés, d'abord en Sicile puis dans le sud de l'Italie, pour ne pas avoir livré les Livres Saints et les objets sacrés du culte. Ils périrent par le glaive ou condamnés aux mines.



Saint Fromond (7ème s.)
Evêque de Coutances, sans doute originaire de la région de Saint-Lô ou Carentan. Il fut un bon évêque, c'est pourquoi il fut considéré comme un saint.



Bienheureux Joseph Baldo
Fondateur de la Congrégation des Petites Filles de Saint Joseph (+ 1916)
Né en 1843, prêtre du diocèse de Vérone, éducateur dans un collège puis curé de paroisse, il fonda la Congrégation des Humbles Filles de Saint Joseph pour aider les vieillards et les malades et pour éduquer les enfants et les jeunes à Ronco sur l’Adige.
Béatifié le 31 octobre 1989 à Rome par Jean-Paul II.



Saint Joseph Lê Dang Thi martyr (+ 1860)
Officier dans l’armée, il fut détenu en prison, sous l’empereur Tu Duc, parce que chrétien, témoigna, parmi ses co-détenus, de sa foi, dont il ne s’écarta jamais, et fut enfin étranglé à Hué en Annam.
Canonisé le 19 juin 1988 avec les Martyrs du Vietnam (+1745-1862): Andrea Dung-Lac, prêtre, Tommaso Thien et Emanuele Phung, laïcs, Girolamo Hermosilla, Valentino Berrio Ochoa, O.P. et six autres evêques, Teofano Venard, prêtre M.E.P. et 105 compagnons, martyrs.
La persécution déclenchée par le roi Tu-Duc dans le Tonkin central fut particulièrement cruelle.
Ce sont des milliers de martyrs qui témoignèrent de leur foi et parmi eux de très nombreux pères dominicains.
Ils ont été béatifiés pour les uns en 1906, pour d'autres en 1951. Ils furent canonisés en 1988.
http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_19880619_martiri_vietnam_fr.html




Bienheureux Louis Guanella (+ 1915)
À Côme en Lombardie, prêtre, qui fonda la Congrégation des Serviteurs de la Charité et celle des Filles de la Providence, pour subvenir aux besoins des miséreux et des affligés et les faire parvenir au salut.
Né en 1842 dans une famille simple et pieuse, son désir était de servir les pauvres et les plus nécessiteux. Ordonné prêtre en mai 1866, il passa de nombreuses années à servir en différents lieux. Ses idées étaient influencées par le travail effectué par saint Jean Bosco* pour les jeunes et par saint Joseph Cottolengo** pour les handicapés. Il passa trois ans avec Jean Bosco. En 1881, il fonda la communauté religieuse des Filles de Sainte Marie de la Providence puis, en 1908, une communauté de frères et de prêtres, les serviteurs de la Charité, pour aider, instruire et réhabiliter les miséreux. Il commenca aussi à oeuvrer pour les personnes agées dont les besoins étaient souvent ignorés.
Béatifié par Paul VI le 25 octobre 1964
"Saississez toute occasion de vous aider les uns les autres"

*Fondateur de la société de Saint-François-de-Sales et de l'Institut des Filles de Marie-Auxiliatrice (+ 1888)C'était un fils de pauvres paysans piémontais. Adolescent, il joue à l'acrobate pour distraire sainement les garnements de son village. Devenu prêtre à force de sacrifices, il se dévoue aux jeunes ouvriers de Turin abandonnés à eux-mêmes.

**Prêtre à Turin (1786-1842)
Prêtre italien qui fonda à Turin "la petite maison de la Providence" au service des nécessiteux et des malades. La fondation est devenue aujourd'hui une oeuvre imposante.




Saint Marcellin Pape (29 ème) de 296 à 304 et martyr (+ 304)
Son pontificat commença dans une ère de paix pour s'achever dans la persécution de Dioclétien qui fit détruire les églises déjà ouvertes et brûler les Livres Saints. Les fidèles étaient privés de leurs charges. Selon les régions, la persécution fut plus ou moins violente. La bibliothèque de l'Eglise romaine fut détruite et les supplices commencèrent envers les chrétiens qui refusaient de sacrifier aux dieux. Une tradition veut même que saint Marcellin aurait cédé à un moment donné, mais l'évêque de Rome se reprit et mourut martyr par fidélité à sa foi en Jésus-Christ.




Saint Marin de Nantes Ermite à Montemassico en Campanie (+ 601)
A cette époque, les confins occidentaux de la Bretagne et le nord du Poitou étaient encore païens. Alors qu'il n'était pas encore prêtre, il en fut un des grands évangélisateurs, malgré bien des difficultés. Puis, il se fit pèlerin et nous le trouvons aux tombeaux des saints Apôtres à Rome. Il revint dans sa contrée d'origine, solitaire non loin de Nantes où ses vertus attirèrent des disciples. On dit de lui bien des merveilles qui, sans doute, ne sont pas sans fondement dans la réalité.



Saint Martin de Vertou abbé (+ 601)
"Au Vème siècle, Martin fut envoyé par son évêque St Félix pour évangéliser les populations du sud de la Loire. Selon la tradition, St Martin de Vertou se serait installé quelque temps dans un ermitage à peu de distance du village de Notre Dame de Monts."
source diocèse de Luçon.
http://catholique-vendee.cef.fr/paroisses/popupParoisse.asp?id_d=7&id=42
"Peut-être le premier St Patron d'Aignes a été Saint Martin de Vertou."
source Histoire de notre Église et de la Paroisse de St-Sébastien
http://jjsf-nantes.cef.fr/St_sebastien/Egl_Seb2x.htm

autre biographie:

Saint Martin de Vertou, digne émule de saint Martin de Tours, était issu d'une famille très riche et très illustre de Nantes. Tout adonné à la piété dès son enfance, il se sentit, jeune encore, attiré au service des saints autels. L'Évêque de Nantes l'ordonna diacre et l'envoya prêcher l'Évangile dans les contrées voisines.
Il y avait, aux environs de la mer, une ville nommée Herbauge, dont il est difficile aujourd'hui de préciser l'emplacement. Ni l'éloquence, ni les prières, ni les vertus de l'apôtre, ne purent gagner cette nouvelle Sodome; il s'enfuit avec une famille qui avait seule écouté sa parole et pria Dieu de punir la cité coupable. Bientôt, à sa prière, la terre s'entr'ouvrit, les monuments et les maisons s'écroulèrent; et la mer furieuse, se précipitant sur ces ruines, engloutit la ville avec ses habitants, sans en laisser de trace. C'est alors qu'il se rendit au pays de Vertou, voisin de la ville des Sables-d'Olonne, où il passa quelques années dans la solitude et la prière, consolé par ses pieuses relations avec un saint solitaire du voisinage, appelé Vivent.
Averti par un ange, Martin quitta sa retraite et alla fonder un monastère en Bretagne, non loin de Nantes, au lieu appelé aujourd'hui Vertou, en souvenir de l'ermitage que le Saint avait précédemment habité. Là, ses travaux furent tellement bénis de Dieu, qu'il se vit bientôt à la tête de trois cents religieux et dut fonder encore, dans les environs, plusieurs monastères.
Martin était l'âme de sa vaste communauté; il était le premier à la psalmodie, au jeûne, à la prière, au silence. Au travail, surtout aux pratiques de la pénitence. Parmi ses miracles, on rapporte la résurrection de plusieurs morts. Martin, accompagné de quelques disciples, visitait souvent ses monastères et profitait de ces courses pour évangéliser les populations de la contrée, où sa mémoire est restée en vénération.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.




Notre Dame Joie des Affligés
L'Eglise russe fête la Très Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie en son icône « Joie des affligés ». (1640)



Saint Proclus (+ 446)
Disciple de saint Jean Chrysostome*, il fut d'abord évêque de Cyzique, mais les habitants le refusèrent parce qu'ils ne voulaient pas d'un évêque venu de la capitale de l'empire. Il retourna donc à Constantinople où il lutta contre l'hérésie nestorienne pour rétablir l'orthodoxie à l'égard de Marie, Mère de Dieu, en particulier par une célèbre homélie devant l'empereur lui-même. Secrétaire du Patriarche Maximien, il lui succéda en 434 et affermit l'Eglise dans l'unité et la charité. C'est lui qui introduisit le "Trisagion" dans la liturgie ("Trois fois saint") et qui fit revenir les reliques de saint Jean Chrysotome qui était mort en exil.

*Evêque de Constantinople, Docteur de l'Eglise (+ 407)
Il soutint la foi catholique même contre la pression du pouvoir impérial. Ce qui lui valut d'être destitué de son siège patriarcal de Constantinople et d'être exilé sur les bords de la mer Noire, aux confins du Caucase, à Soukhoumi en Abkhazie géorgienne.




Saint Senoch (+ 576)
Moine en Touraine, il fut pleuré par une foule de miséreux qu'il secourait dans leurs corps et dans leurs âmes. Ils en gardèrent le souvenir en appelant le village né de son ermitage : 37600 Saint Sénoch.
Un internaute nous signale que ses reliques sont vénérées en Bourgogne dans le village de Sassenay 71530, à côté de Chalon/Saône, dont le nom serait une déformation : San Seno, Sassena, Sassenay.



Les Églises font mémoire…

Catholiques d’occident : Antoine Marie Claret (+1870), évêque (calendrier romain et ambrosien) ; Louis Guanella (+1915), prêtre (calendrier ambrosien)
Coptes et Ethiopiens (14 babah/teqemt) : Philippe (1er s.), un des sept diacres (Église copte) ; Aba Zamika’el Aragawi, moine (Église éthiopienne)
Luthériens : Léonidas d’Optina (+1841), moine et père spirituel en Russie
Maronites : Arétas de Najran et ses compagnons (+523), martyrs
Orthodoxes et gréco-catholiques : Arétas, mégalo-martyr, et ses compagnons ; Synaxe des saints d’Optina (Église russe).



ZAMIKA ‘EL ARAGAWI moine (VIe s.)
L’Église d’Ethiopie fait aujourd’hui mémoire de Abuna Zamika’el Aragawi, l’un des « neuf saints romains » (ou syriaques) qui affermirent la foi chrétienne en Ethiopie au cours du VI è siècle.
Aragawi veut dire « le vieil homme », tandis qu’il s’appelait de son vrai nom Zamika’el. Il doit sa célébrité à la fondation du monastère de Dabra Dämo au nord de l’Ethiopie, dans une région où aujourd’hui encore on a pour lui grande dévotion.
On le représente d’ordinaire transporté sur le plateau de Dabra Dämo par un énorme serpent, en raison de l’antique culte éthiopien pour cette espèce de reptile, culte qui prit fin avec l’arrivée du christianisme.

Les commentaires des internautes

Publié le 23/10/2008 à 12:00 par jubilatedeo
Les commentaires des internautes
mariage mixte
Posté par bibi le 23.10.2008

pourriez vous me confirmer si l'on peut annuler un mariage entre chrétien catholique et musulman ?

Voir sur le site:
http://catholique-nanterre.cef.fr/faq/mariage_divorce.htm


Sacrement de la vocation, le mariage est un engagement de toute une vie. En lui, s'incarne la fidélité de Dieu envers les hommes.

Le mariage mixte : Quête culturelle ou simple coïncidence ?

En dépit des barrières que les traditions dressent entre eux, ils choisissent d’unir leur vie à des femmes étrangères. S’agit-il d’un « coup de foudre » ou d’une « love story » ou tout simplement du désir de connaître « l’autre » ? A l’heure actuelle, les flux internationaux de populations étant développés pour des raisons économiques, politiques et culturelles, chaque pays occidental est confronté aux cosmopolitisme conjugal.


Dans leur majorité écrasante, ces Maghrébins poursuivent leurs études supérieures à l’étranger (en Europe, aux Etats-Unis, au Canada...) Au terme de leurs études, ils reviennent le diplôme dans la poche et une épouse aux bras. « Bien avant d’épouser ma femme, disent certains, j’avais déjà épousé sa culture ». Il est vrai que la plupart de ces jeunes gens ne sont pas concernés par les émois de la quête culturelle. Seul le jeu de l’amour, et du hasard, les a mis en situation d’appartenir au groupe des adeptes du mariage mixte. Ils savent que la mixité n’est pas uniquement sexuelle, mais aussi religieuse, culturelle, raciale et sociale. Dans certains cas et surtout chez les ouvriers immigrés, le mariage devient un moyen rapide pour obtenir la naturalisation. Certains pensent que le mariage mixte donne très souvent une union parfaite, que les couples « mixtes » vivent leurs différences comme une source d’enrichissement mutuel et réussissent à établir une relation équilibrée et durable. « Ma petite fille, dit l’un, est ravie... Elle bénéficie des fêtes de nos deux pays. En fait, notre vie de couple est un formidable bricolage qui exige curiosité et respect pour la culture de l’autre. Une seule chose nous sépare : nos enfants n’ont pas les mêmes parfums ». Sacrifice

Le mariage mixte ne serait viable que si l’un des conjoints accepte de se fondre dans la culture de l’autre et de faire le sacrifice de son identité. Dans certaines familles maghrébines, le couple mixte est parfois mal accepté. Le barrage de la religion est le plus difficile à franchir. Quelques difficultés surgissent aussi après le mariage : le choix du prénom de l’enfant, sa religion, son éducation, la cuisine, comment communiquer avec la belle famille qui ne parle que l’arabe ou le berbère etc. Le mariage mixte engendre très souvent des situations difficiles, et parfois même des séparations et des divorces. Aussi, les divorces chez les couples mixtes sont-ils aussi nombreux que chez les couples « homogènes ». Le choc des cultures est parfois trop brutal. Certaines familles maghrébines n’accueillent pas à bras ouverts cette belle fille venue d’ailleurs, qui ne parle pas leur langue, qui ne peut pas partager leur joie pendant les fêtes religieuses (le Ramadan, le Mouloud, l’Aïd El Kébir, Achoura...), qui refuse de porter le costume traditionnel (le caftan, la djellabah, les babouches...). Pendant les réunions familiales et les cérémonies, elles se sentent observées, dévisagées, parfois désahbillées du regard. Les différences culturelles et religieuses s’avèrent à la base de ces conflits et de ces désaccords. D’après un sociologue, les différences entre les partenaires dans le couple « mixte » sont plus « l’expression des différences entre les groupes qu’entre les individus ». D’autre part, nous constatons qu’actuellement, un nombre appréciable de jeunes filles maghrébines choisissent de se marier avec un conjoint étranger, mais aisé, profitant des possibilités matérielles pour mener une vie confortable et heureuse en faisant profiter toute sa famille. Certaines réussissent, mais difficilement, à faire embrasser à leur mari la religion musulmane. Le lourd silence qui pesait sur cette question a disparu. Un sociologue a dit : « Toute une complexité des différences a fait jour à travers la subjectivité de chaque partenaire, modelé elle-même par son niveau social d’éducation et aussi par la nature du rapport qui le lie plus ou moins fortement à son groupe et à celui de son partenaire. Aujourd’hui, les occasions de rencontre entre Marocaines et étrangers ne manquent pas, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur du pays.